DISCLAIMER: Death Note appartient à MM. (?) Obata et Ohba.

La présente histoire ne contient aucun fait réel, du moins rien de réel dans notre univers. Ce que j'en dis, moi, après.

A l'heure où je réecris ce disclaimer, n'est plus à la mode et "100 jours", notre cher projet, a passé le cap des 6 ans et est en passe d'être achevée.

Vous l'aurez compris, je suis repassée sur certains chapitres qui ont été rédigés pour la première fois lorsque j'avais 5 ans de moins. Y'en avait besoin.


100 jours à la Wammy's

Jour premier, un , I ou 1

Le grand inconvénient des jours d'été illuminés par un soleil brûlant est le taux d'excitation que l'astre en question produit sur les populations.
Les chauffards deviennent de grossiers chauffards, les mômes se changent en sales gosses couverts de sueur et les sales gosses se transforment en de véritables catastrophes.

Mello, qui était un sale gamin à la base, se mutait en un monstre radicalement ingérable les jours de grande chaleur. Il se comportait de telle façon que l'on ne pouvait souhaiter qu'une seule et unique chose: le retour de l'hiver.
Roger était à deux doigts de donner sa démission, de même pour les surveillants et la cuisinière de la Wammy's House.

«Monsieur Roger, j'en tolère des choses, vraiment ! Mais tout de même ! Il s'est mis à frapper le pauvre petit Near sans aucune raison ! Et il taxe le chocolat de tout le monde ! braillait la surveillante principale.
-Et que voulez vous que j'y fasse ? soupira Roger, dépité.
-Mais enfin ! Sous prétexte que Monsieur est un petit génie...Je ne sais pas moi ! Il n'y a donc rien qui le calme ?
-Hé, les interrompit Mello avec un grand sourire narquois aux lèvres, ne parlez pas de moi comme si j'étais pas là, poil de carotte !»

La surveillante serra les dents et les poings tandis que son visage pâle se teintait de rouge, au grand amusement du jeune garçon. Face à l'immense sourire méprisant et railleur de ce dernier, Roger craqua:

«MELLOOO ! Je n'en peux plus ! rugit le vieil homme en se levant, viens avec moi !»

Mello parut terriblement offusqué:
«Lâche moi putain Roger ! J'vais pas me laisser faire ! beuglait-il tandis que Roger l'empoignait par le bras de force.
-Cette fois-ci Mello, dans ta chambre, pour la journée !»

La perspective d'être cloîtré dans sa chambre irrita un peu plus le garçon de dix ans, mais il disposait d'une réserve secrète de chocolat et un don fort développé pour les évasions. Il décida d'oublier sa tirade sur les Droits de l'Homme et du Citoyen et de feindre d'accepter son inique punition.
Lorsque Roger referma la porte à clef derrière lui, Mello se rua dans son armoire, histoire de se remplir l'estomac.

«Maaaatt ! Mais qu'est-ce que tu fous dans mon armoire !?
-Fais chaud, j'avais pas envie de sortir, répliqua l'intéressé sans lever les yeux de sa Game Boy.
-Mouais. Bref. Pousse toi... Oh, t'es trop con ! Tu t'es assis sur ma boîte de chocolat ! s'écria Mello en constatant l'ampleur des dégâts.
-Ouais, et avec la chaleur, tout a fondu… » cru bon d'ajouter Matt

Mello s'effondra par terre, découragé, ce qui étonna grandement son ami. Un Mello dépité relevait de la science-fiction.

«Allez, Mel', c'est pas grave ! Viens, on se tire, j'ai le double des clefs !
-Le double des clefs...de ma chambre ? Comment...
-T'occupe. Near a du chocolat dans sa..» l'appâta Matt.

Cependant, le roux ne put terminer sa phrase que Mello l'interrompit brusquement les yeux écarquillés sous le choc :

«HEIN ! Pourquoi ?!
-Bah...tu sais…le chouchou. Le pire c'est qu'il s'en tape merveilleusement.»

Mello rougit de rage, les dents et les poings serrés, les lèvres pincées, il semblait être sur le point d'exploser. «Ou de pondre un oeuf» songea Matt.

Le chouchou... toujours ce petit albinos apathique... mais il allait voir...
Un grand sourire sadique se dessina sur le visage angélique de Mello, ce qui inquiéta et excita la curiosité de son ami rouquin au plus haut point.

Quand Mello avait une idée, c'était toujours génial. Ou dangereux ce qui revenait au même, selon Matt.

« Suis-moi !» déclara Mello.
Ce que s'empressa de faire Matt.

Ils se dirigèrent vers une chambre bien particulière.

A un étage en dessous de cette tragique scène, un vieil homme se torturait en exécutant les cent pas dans son bureau rafraîchi par un ventilateur trônant dans un coin de la pièce.
Ce vieux monsieur se torturait pour une seule et unique raison qui n'avait rien, mais absolument rien à voir avec l'amour : Mello.
Et dire que ce gamin insupportable serait peut-être amené à succéder à L...
Que feraient-ils dans cette éventualité ? Mello était bien trop sentimental et impulsif... mais malheureusement Near ne l'était pas assez...
Quoi qu'il en serait...

«MR ROOGERRR» aboya une voix féminine. Une des surveillantes (communément appelée «Poil de Carotte» par Mello, bien que ses cheveux abordaient une teinte autrement blonde) entra dans le bureau en trombe, et sans frapper.
«Que se passe-t-il encore ?» geignit Roger.

Il y eut un silence, la malheureuse chercha ses mots, puis articula: «Mello n'est plus dans sa chambre !.»

En effet, il y avait de quoi s'inquiéter.

Quelques minutes plus tôt, deux enfants, un immense sourire étalé sur leurs lèvres, contemplaient les chutes du Niagara. Non pas sur une quelconque photo. Non les chutes du Niagara devant eux, en ce moment même...

«C'est vraiment trop cool, sussura Matt
-Normal, je suis un génie.» répliqua Mello, en toute simplicité.

Il fallait avouer que son idée avait quelque chose de réellement machiavélique: prendre le tuyau d'arrosage du jardin, le couper puis le relier au robinet de la salle de bains afin d'inonder complètement la chambre de Near.

Cette idée, simple de réalisation (encore fallait-il vouloir gâcher un tuyau d'arrosage) se révélait grandiose, au final.

Mello n'avait bien sûr pas omis de d'ouvrir placards et armoires au préalable, comme ça rien n'échappait à la marée.
Et, évidemment la cerise sur le gâteau: la dégustation de chocolaaaaaaat...

«MATT !»

L'interpellé rêvassait, les pieds dans l'eau. (ils avaient bien pris soin de ne pas laisser l'eau passer dans le couloir, ils s'étaient dit qu'ils ouvriraient la porte une fois le niveau d'eau assez élevé)

«MAAAATTTT!»

Le rouquin se réveilla enfin.

«Quoi ?»

Le blond le fixa avant d'hurler:
«ET LE CHOCOLAT, CRÉTIN ?»
Matt le regarda d'un regard torve un moment avant de murmurer:
«Merde...»
Et Mello de continuer à beugler, les bras en l'air:
«C'EST PAS POSSIBLE, T'ES PAS CAPABLE DE FAIRE CE QU'ON TE DEMANDE ?»
Il parlait vite et sa peau se teintait de rouge, c'était plutôt cocasse.
Matt finit par annoncer, presque héroïquement:
«Je vais le chercher»
Et sans attendre une quelconque approbation de la part de son ami furibond, il plongea (inutile de préciser, qu'a ce moment là, le niveau d'eau atteignait leurs épaules)
Mello ne s'en inquiéta pas, au début, du moins.
Puis le stress le gagna. Et si Matt ne trouvait pas le chocolat...ou...

«Matt ?
-Bloub, bloub, firent les bulles qui remontaient à la surface.
-Mell ...AHHHHHHHAHAHHHHHHHH !» hurla Roger qui venait d'ouvrir la porte, et par conséquent, libéré des trombes d'eau et de jouets qui déferlèrent à une vitesse dépassant l'imagination.

Lorsque tout liquide eut filé dans les étages inférieurs faisant, évidemment, plusieurs blessés et des dégâts matériels hors du commun, Mello hurla de rire. Roger et Matt se relevèrent.

«Ah Ah Ah ! La tronche qu'il va tirer le fantôme !
-Mellooooo ! rugit Roger, Mais tu es complètement fou ?! Et en plus tu as ENCORE entraîné Matt, bravo !»
Le gérant de l'orphelinat saisit les deux jeunes garçons par le col et les traîna dans son bureau, tant bien que mal.
«Cette fois, j'en ai MARRE ! Mello, tu dépasses les limites, est-ce que tu te rends compte des dégâts ?!»

Lui et Matt eurent la présence d'esprit de baisser les yeux et d'adopter un air penaud.

«Vraiment Mello ! Tout ça pour causer du tord à...»
Une sonnerie kitsch l'interrompit. Le portable de Roger sonnait.
«Oui ? dit-il en décrochant, QUOI ? Là, maintenant ? C'est que...oh non, il aura la surprise, tiens..»
Roger tourna son regard vers Mello, qui présentait quelque chose extrêmement mauvais.

«Mello...L et Watari arrivent, tu tâcheras d'expliquer l'état actuel des choses...mh ?»

Le jeune blond pâlit tellement qu'il aurait pu se confondre avec son rival. Personne ne put en savourer l'ironie.

Mello et Matt, tous deux assis dans la salle principale, partageaient une angoisse croissante.
Ils n'avaient pas eu à nettoyer les dégâts, Roger avait laissé cette tâche aux surveillants et avait obligé les deux garçons à «réfléchir à ce qu'il c'était produit» durant l'heure du repas, donc, maintenant.

Finalement, c'était pire. Rester assis là, sans distraction.
A attendre leur mort.
L allait les tuer.
«Il va nous déshériter !» avait lancé Matt avant que son ami ne lui renvoie un «Y'a PAS d'héritage, Matt !» furieux.
Par contre, il allait être en colère, ça, oui. Peut-être.
Si Mello pleurait...non.
Il ne s'apitoierait pas.

Soudain, le visage du jeune garçon s'illumina.
«J'ai la solution !»
Son ami sourit, un peu inquiet, quand même. Deux idées «géniales» le même jour...

«Tap Tap Tap» faisaient les pas de Near et de la surveillante sur le carrelage encore tout humide.
Ils venaient tous les deux de terminer de nettoyer la chambre, tant bien que mal.
«Je suis désolée pour ce qu'il t'es arrivé...» couina la jeune femme, l'air peinée.
«Mello a déjà fait pire...» répondit simplement le petit garçon.

Arrivés devant la salle commune, elle lui dit:
«Va manger avec les autres, je vais finir.»
Near laissa la surveillante terminer. Celle-ci poussa la porte menant à la salle commune:

«Mello, Matt.. AHHH !»

Elle étouffa son cri. Aller chercher Roger. Une fois de plus.

«Vrrrrrrffffffouuuuft» faisait l'hélicoptère, heureux d'enfin atterrir.
Deux personnes que vous connaissez en sortirent.
Des cris retentirent un peu partout dans l'orphelinat: «L est là ! L est là ! L est là ! Et Watari aussi ! Et Watari aussi !»
Roger daigna sortir de son cher bureau, fier de l'impitoyable punition qu'il avait infligée à Mello et Matt. «S'excuser, pire, montrer les dégâts à L (et Watari)»

«Hem, M. Roger, je.. l'apostropha une surveillante.
-Plus tard, plus tard» coupa le vieil homme en accélérant.

Il accouru vers L, ayant reconnu, au loin, sa singulière démarche.
Après avoir salué le détective et son acolyte, et avoir calmé les enfants toujours excités par la chaleur ambiante, il les conduit jusqu'à la salle commune afin d'entendre les explications de Mello et Matt.
Roger entra le premier et se trouva nez à nez face aux murs. Couverts de ...sang ?

«AHHH ! hurla de nouveau Roger, une main au coeur, avant de s'effondrer.
-Mais qu'est-ce que… ?» bafouilla Watari.

L, lui, s'eclipsa vers la chambre de Mello, sans un mot.

«Matt, t'es trop con !
-C'est de ta faute, avec tes idées stupides...franchement, Mello..»

Furieux et offensé comme lui seul savait l'être, Mello rétorqua:
«Tu la trouvais géniale mon idée !
-Bonjour les garçons»

Les deux enfants se retournèrent en chœur :

«Ah…L
-Mello est-ce que tu peux m'expliquer...?
-De quoi ? répondit le blond, boudeur.
-Les inscriptions à la peinture rouge dans la salle commune. Du style «Mello est innocent» ou «Near au bûcher» tu crois que c'est bien intell...oh Mello ! Ne pleure pas !
-J'Y PEUX RIEN ! Mes larmes, elles coulent toutes seules ! brailla-t-il, le visage complètement mouillé
-Oh, Mello...»

Le garçon se jeta dans les bras d'un L attendri, sous les regards amusés et admiratifs de Matt et Watari (et furieux de Roger).
Ce qu'ils ne virent pas, c'est le sourire machiavélique qui se dessinait sur son visage