Allongé sur le lit, elle tente de se reposer. D'oublier le mal de tête qui raisonne en elle. Elle sent une présence à ses côtés et ouvre les yeux. Grégory est debout, le visage fermé, lui tendant un verre d'eau et un cachet d'aspirine.
_"Nous avons un déjeuner au Grenadines, dépêche toi!"

Elle ne répond, se redresse, prends le verre et le cachet et avale-le tout rapidement.

_"Je suis trop fatiguée, Gregory"
_"Non, tu as bu, c'est diffèrent."

Elle ferme un instant les yeux. Aujourd'hui, elle est trop fatiguée pour cette bagarre incessante. Ai lieu de répliquer avec hargne, elle murmure juste :
_"Cela revient au même."
Ignorant sa remarque, il quitte la pièce, précisant qu'elle n'a que cinq minutes. Machinalement, elle se lève, va se rafraichir dans la salle de bain et enfile un tailleur noir. Cela lui a pris bien plus de cinq minutes, mais lorsqu'elle descend, Gregory ne dit rien, lui passe son manteau sur les épaules et sort.

Au restaurant, Olivia sourit un peu, poliment. Le cachet d'aspirine n'a pas suffit à calmer la douleur de sa tête. Lorsque le serveur s'apprête à lui servir un verre de vin, elle décline. Personne ne pourrait deviner ce besoin d'alcool. Excepté Gregory, qui sourit brièvement, moqueur, avant de reprendre sa discussion avec le nouvel investisseur de la Liberty.
Vers la fin du repas, il quitte un instant la table. Olivia reste seul avec l'homme. Elle a eu tout le repas pour le regarder tandis qu'il parlait avec Gregory. Bel homme, sans conteste. Mais peu subtil. Tres vite, il commence à la flatter. C'est plaisant. Beaucoup moins lorsqu'il lui fait ouvertement des avances. Elle ne répond pas. Quelques minutes plus tard. Grégory revient annonçant qu'il doit partir. Il se tourne vers Olivia.
_ Je te dépose à la maison ?

L'homme ne lui laisse pas le temps de répondre qu'il annonce qu'il serait ravi de la raccompagner. Olivia le regarde. Elle n'a pas retenu son nom. Un nom de plus.
_ Merci. Mais je n'ai pas encore assez bu pour cela.

A peine la porte de la maison était elle fermé sur eux que Gregory explose :
_ Je peux savoir ce qui t a pris ?
Olivia dépose son manteau et enlève rapidement ces chaussures, sa tête douloureuse entre les mains.
_ Gregory, n'en fais pas toute une histoire !
_ Pardon ? Tu me feras le plaisir d'aller t'excuser. Je ne veux pas qu'il se retire parce que tu as été… impolie.
Olivia étouffe un rire en s'asseyant sur le canapé.
_ Je ne trouve pas ca drôle.
_ Mon chéri, tu es d'une hypocrisie. Tu me reproches mes aventures et tu me vends toi même pour le bien de tes affaires. Et bien, excuse moi, mais ta putain privée avait mal à la tête aujourd'hui.
_ Est ce que tu sais seulement ce que tu racontes ? Tu n'as pas besoin de moi pour te vautrer dans le lit du premier venu.
Elle le regarde un instant.
_C'est peut être ca qui te plait.
_ Ne dis pas n'importe quoi
_ Que j'appartienne à d'autres.
_ Tu n'appartiens à personne d'autre.
Elle s'installe plus au fond du canapé. Sans l'écouter.
_ Pouvoir prêter ces affaires, c'est toujours en disposer...
Son bras est agrippé brutalement, tiré vers le haut et elle se retrouve debout, secouée.
_ Tu es complètement malade. Si tu crois que tu peux rejeter la responsabilité de ton comportement sur moi.

Le silence s'installe entre eux. Le regard du de Gregory plonge dans celui de sa femme un instant.
_ J'ai mal à la tête. Elle se rassoit comme si de rien n'était. Et après tout, cela n'a rien changé.
_ Je dois y aller.
_ Je t'en prie, ne te soucie pas de moi.