Titre : Apprendre à être humain, par le Grand Harry Potter, sorcier ès psychologie.

Résumé : Draco Malfoy se meure depuis la bataille finale. Son regard est vide. Son sourire narquois a disparu. Sauf quand il se chamaille avec le Survivant. Rogue, inquiet, va demander un service à Harry, un grand service.

Rating : T

Genre : Humour, Romance

Disclaimer : Comme d'habitude, rien n'est à moi et blablabla


Pour le retard, mille fois pardon.

J'espère que cet avant dernier chapitre vous plaira!

Nouni


For any street or any scene, any place you've never been

I'll be your guide.

Aaron -Lili-


Apprendre à être humain,par le Grand Harry Potter, sorcier ès psychologie

Leçon n°6: Apprendre à aimer

Cobaye: Draco Malfoy

*

Ron Weasley était quelqu'un de déterminé. Et en ce moment même, il n'y avait pas plus déterminé que lui dans le vieux château de Poudlard ; mise à part peut-être Peeves qui s'apprêtait à balancer une bombe à eau sur la vénérée professeur Minerva MacGonagall...

Enfin bon, retournons à nos hypogriffes… Le Gryffondor se dirigeait, le pas altier et la démarche droite, vers la bibliothèque dans laquelle il avait décidé de déclarer sa flamme à la plus érudite de toutes les jeunes filles, l'élue de son cœur : Hermione Granger.

Dans le lycée, tout le monde s'accordait pour dire que ces deux là étaient faits l'un pour l'autre. Tout le monde le savait, du plus minuscule premier année à la plus imposante dernière année ; sauf, bien sûr, nos deux protagonistes. Et oui, l'élève qui faisait la fierté de Poudlard et que voulaient recruter les plus prestigieuses universités magiques, ne se rendait même pas compte des sentiments de son soi-disant meilleur ami et même des siens !

Même Harry Potter, le Survivant, le Sauveur du Monde sorcier, Celui-qui-avait-relevé-mille-défis (comme par exemples vaincre le plus grand mage noir de tous les temps ou encore tuer le Basilic en passant par l'incontournable sauvetage du bébé calamar géant de la noyade…) avait abandonné, las, l'idée de voir ses deux meilleurs amis enfin ensemble.

Notre Weasley préféré, pendant ce temps-là, avait considérablement ralenti à la vue de la porte de chêne annonçant le Sanctuaire béni de sa Mione. Son pas, auparavant droit et fier, se transforma en une sorte de mélange entre la course en avant et en arrière, et son visage, qui avait affiché un courage sans faille verdissait désormais de plus en plus.

Mais que diable ! Il était un Gryffondor, hardi et fort !

Redressant le nez, il pénétra dans l'antre du démon ou plutôt, excusez-moi, dans la charmante bibliothèque dirigée par la non moins délicieuse Mrs Pince puis se dirigea ensuite directement à la table occupée par une jeune fille dont on ne voyait que le haut de la tête, à cause du livre dans lequel était plongée ; mais cela suffit à Ron pour reconnaître la belle Hermione Granger et ses cheveux si… indomptables.

Il s'installa face à elle et déclama rapidement, de peur de stopper si elle le regardait une seule seconde : « Voilà. Je sais que ce n'est pas toujours évident entre nous, c'est vrai que tu n'as pas un caractère facile… mais moi non plus ! Je réagis souvent mal mais il faut que tu comprennes quelque chose… Si je monte sur mes grands chevaux, si, à chacune de tes paroles, je cherche à te contredire, c'est uniquement pour…

Pour que tu me voies. Pour qu'à tes yeux, j'existe.

Toutes mes crises de colère envers Krum, je prenais l'excuse qu'il était de Dumstrang pour le critiquer mais ça aurait été un autre, ça aurait été la même chose… J'étais fou de jalousie ! Et maintenant, tu te demandes pourquoi j'étais jaloux, n'est-ce pas Mione ? Parce que… Parce que je t'aime, tout simplement. Toi, tes yeux si expressifs, la fossette qui se dessine sur ta joue lorsque tu souris, l'éclat sans pareil de tes prunelles lorsque tu me hurles dessus, la façon que tu as de mordiller ta lèvre lorsque tu réfléchis,

Je t'aime, toi. Plus que ma vie. Plus que tout. »

A bout de souffle, il détacha son regard de l'araignée qui faisait son petit bonhomme de chemin sur le sol pour dévisager sa meilleure amie. Il l'imaginait à la fois très surprise mais totalement sous le charme, prête à se jeter à son cou, les yeux débordants de larmes de joie et ses lèvres collées aux siennes... Il releva enfin la tête et remonta doucement le long du cou fragile de la jeune fille puis... « Eh merde! »

Et le hardi Gryffondor s'enfuit en courant, un exploit en plus dans sa longue liste: Déclarer son amour à Eloïse Migden, la plus célèbre des pustules de Poudlard...

Bref, Ron en était toujours au même point, malgré qu'il était heureux d'avoir mis dans les merveilleux yeux (qui semblaient s'être accordés tacitement pour regarder chacun dans une direction opposée) de la Poufsouffle une lueur d'émotion...

*

Notre Survivant préféré se balladait dans les couloirs nonchalamment ; ou plutôt pratiquait son activité préférée depuis un certain temps: la chasse au Draco sauvage. C'est qu'il savait plutôt bien se cacher le bougre! Mais il se trouve, et Harry afficha un petit air supérieur (quelque peu malfoyen, il faut l'avouer) à cette idée séduisante, que ce cher Serpent ignorait que son prédateur et chieur en chef avait une arme secrète; que ce dernier déploya d'un air majestueux: la Carte du Maraudeur.

Il dénicha enfin sa victime et allait partir d'un pas guilleret tout en riant grassement lorsqu'une voix retentit derrière lui: « Hé mon pote! J'aurai une question! »

Ron. « Vas-y. »

Son meilleur ami affichait une moue dubitative: « Pourquoi est-ce tu cours toujours après Malfoy?! Après tout, si la fouine désire ton aide, elle n'a qu'à venir la chercher. Et en rampant si possible... »

« Toi, si tu cherches autant la petite bête, c'est que tu t'es encore embrouillé avec Hermione! »

Le rouquin acquiesca d'un air morose tandis que le brun lui faisait signe de poursuivre... Il avait bien le temps, Malfoy attendrait un petit peu (et honnêtement, il devait en être bien content!) »Je suis allé la voir à la bibliothèque,,, »

« Et tu as fait le coup à qui cette fois?! Mrs Pince?! »

« Ah ah! Très drôle! Non, en fait, je suis arrivé en face d'elle et j'ai eu tellement peur de me tromper encore une fois que je lui ai arraché violemment son livre pour la dévisager... »

Harry se tapa du plat de la main son front mais ne fit cependant aucun commentaire, pas par compassion, non, il savait juste que la suite devait encore être plus juteuse... « Et là, elle a commencé à m'engueuler, comme d'habitude... » Il gémit « Est-elle toujours obligée de me montrer jusqu'à quelle fréquence vocale elle est capable d'aller?! »

« Comme vous ne communiquez que par cri, c'est tout à fait compréhensible... »

« Mouais... Enfin, tu me fais la morale mais comment tu communiques, toi avec Malfoy?! En vous embrassant langoureusement peut-être?! Non, laissse-moi ri... » Il s'interrompit, dévisageant le Survivant qui arborait une jolie rougeur tout à fait seyante sur ses joues. Il verdit puis blanchit avant de s'exclamer: « Non, en me dis pas que... »

Tous les élèves de l'école purent alors voir Harry Potter, quis semblait pourtant toujours si calme et réfléchi, courir comme s'il avait le Diable, ou plutôt un Ronald Weasley vociférant, aux trousses:

« Potter! Il a quand même pas fourré sa langue répugnante dans ta bouche ce sale serpent?! »

*

Il avait pourtant été bien sage aujourd'hui, Si si, promis, Il n'avait pas embêté ne serait-ce qu'un misérable petit Gryffondor, il n'avait pas répondu méchamment (avec sa répartie pourtant exceptionnelle) à un des professeurs; même le minuscule Flitwick qui commençait

à lui courir sur le chapeau avec ses 'tout est dans le doigté Monsieur Malfoy, tout...' ET il n'avait même pas chapardé comme à son habitude le dessert de son voisin (de droite ou de gauche, cela dépendait du jour, selon que ça soit le premier ou le deuxième qui ait perdu à la courte-paille).

Donc, il avait été un modèle de civilité, de gentillesse et de modestie en ce jour merveilleusement pluvieux. Mais alors, pourquoi, POURQUOI Merlin ne l'exauçait-il pas?! Pourquoi n'avait-il pas une seule semaine complète de repos sans Potter-et-ses-leçons-à-la-c...?! Il en aurait presque pleurniché, couru dans les jupes de sa mère et hurlé en maudissant le Monde entier (et surtout son elfe de maison, son préfèré; celui qui avait fini en porte-manteau) mais tout cela n'allait définitivement pas avec son image de marque; et pourtant, Dieu sait combien il en mourait d'envie... Juste une fois!

Mais bon, Potter était là. Potter et ses joues légèrement rouges, le souffle court d'avoir trop couru, Potter et sa chemise débraillée, laissant deviner une poitrine qui se soulevait à un rythme effrenné. Le Potter dans toute sa splendeur en somme. Le Potter divinement à tomber par terre. Enfin, bref, ne nous égarons pas...

« Potter. Que me vaut l'honneur de ta visite? Et s'il te plait, la prochaine fois, aies au moins la décence si ce n'est le devoir de te pointer chez moi à peu près -je sais qu'on peut pas te demander d'être élégant comme moi- présentable... »

Le sus-nommé s'approcha du miroir et, après s'être détaillé quelques secondes puis tenté (sans grand effet) de discipliner un peu ses cheveux, il haussa les épaules. Après tout, il s'en contrefoutait pas mal de son look! Il afficha néanmoins un sourire enfantin et ajouta d'un ton boudeur: « J'y arrive pas chef! »

« Je savais qu'un jour, tu reconnaitrais enfin ma supériorité Potter! », répondit le Serpentard, qui essayait (sans grand effet) de ne pas prêter attention à la moue adorable qu'étalait le Lion sans vergogne. Il s'approcha de lui, posa des mains expertes sur ses épaules et déclama d'un ton grandiloquent: « Potter, je vais faire de toi un homme civilisé... »

Sur ces bonnes paroles, il alla fouiner (ou plutôt jeta par dessus son épaule toutes sortes de vêtements -dont un porte jaretelles?!- en marmottant dans sa barbe) dans sa gigantesque armoire puis revint, un pot de gel et des tas de tissus entre les mains. Puis, il jaugea Harry de la tête aux pieds -tout en essayant de dissimuler un sourire appréciateur- puis lui balança les quelques fringues qu'il tenait. « Va me mettre ça sur le dos Potter, ceux-ci sont à ta taille »

Harry dévisagea ce -crétin de- Malfoy et maugréa en tirant sur son propre tee-shirt qui lui arrivait sur les genoux: « Ils sont faits pour moi ceux-là... »

« Non, allez file, et ne me dis pas que tu n'as jamais voulu acquérir l'immense privilège de pouvoir porter le vêtements de Sir Draco Malfoy... » ajouta le blond d'un air condescendant.

Le Gryffondor, tout courageux comme il l'était, ferma violemment la porte de la salle de bains et revêtit les merveilleuses affaires que lui avait si gentiment donné l'autre véracrasse, tout en maugréant quelque chose comme: 'N'ai marre... Des fringues à ma taille, ah ah! Sale Serpent périmé!'

Et, sans même s'être regardé dans la glace, il sortit de la pièce et croisa le regard de Malfoy, qui était littéralement bouche bée. « Quoi?! », s'exclama le brun. « Ca me va si mal que ça?! ». Celui à qui il s'adressait, toujours sur le cul apparemment, le tourna lentement vers l'immense glace qui occupait toute une partie de la large pièce et...

« Woaw! C'est moi?! » Harry tournoya sur lui même, admirant son petit postérieur moulé dans un jean noir et les muscles de ses épaules qui roulaient sous le pull -noir également. « Et ben! »

« Ca, on peut le dire Potter! » Draco essayait en vain de reprendre une expression Malfoyenne mais il était bien obligé d'avouer que... Woaw!... Non, mais franchement, woaw!

Un Malfoy sans voix était une chose assez rare, voyez vous.

Parvenant enfin à se calmer -lui et ses petites hormones en ébullition qui lui chuchotaient des choses qui en choqueraient plus d'un-, il posa ses mains sur les épaules du lion et lança: « Bon, et c'est pas encore fini! Voyons un peu les cheveux, maintenant! »

Le futur scalpé s'écria, en essayant -sans succès- de s'échapper de l'étreinte du blond: « Naaaan! Pas les cheveux, Malfoy! Non, non, non! »

Le dominant de toute sa stature, le Serpentard se dit que cette situation lui rappelait étrangement quelque chose et sourit. La revanche, enfin!

« Si Potty, et même les lunettes. » Sur ces derniers mots, il contra une nouvelle tentative de sortie du brun et en profita pour lui enlever ses satanées lunettes qui gachaient vraiment tout. Puis, il le fit assoire de force et réussit tant bien que mal à dompter quelque peu sa touffe de cheveux, en l'ordonnant un peu.

Et le résultat fut... plus que probant.

Les fringues lui allaient parfaitement bien: il était même carrèment à tomber par terre dans ce jean! La coiffure sauvegardait son petit air sauvage, mais sans le nid d'oiseau habituel qui trônait sur sa tête. Mais le plus choquant pour Draco fut les yeux d'Harry. Verts, étincelants comme l'émeraude. Profonds, comme s'il cherchait à sonder son âme.

Et un petit quelque chose en plus, quelque chose qui se trouvait aussi dans les yeux du blond. Quelque chose comme du désir.

Harry se releva et se retrouva à hauteur du blond, assis sur un tabouret -enfin, il ne faisait plus si minuscule, à côté de lui. Sans rompre l'échange de regards et pris d'une envie inconnue, il leva la main avec hésitation mais, arrivée à quelques centimètres de la peau de Draco, elle s'arrêta et retomba mollement; laissant le Serpentard frustré.

Pour réparer cette injustice, il prit la main du Lion et la déposa lui même sur sa joue, et ses yeux se fermèrent, envoutés. L'instant sembla s'étirer à l'infini, chacun pris dans une transe qu'ils ne comprenaient pas. Perdus dans un autre Monde, qui avait un avant-goût de Paradis.

Enfin, Draco rouvrit les yeux et passa un doigt tremblant sur les lèvres du brun, qui se mit à trembler légèrement sous la caresse aussi légère qu'une plume. Le lac vert réapparut, plus profond que jamais, plus ému et le ciel gris orage se troubla, lui aussi.

Il en avait tellement envie... Depuis le dernier baiser qu'ils avaient échangés.

Il en crevait de désir alors doucement, le jeune homme aux yeux gris emprisonna les joues du lion et, toujours en le regardant, s'approcha doucement, jusqu'à sentir le souffle de l'autre sur ses lèvres. Qui se précipitait. Qui s'emballait en un rythme effréné.

Et, dans un sourire, Draco Malfoy embrassa pour la deuxième fois Harry Potter.

Doucement, d'abord, avec une tendresse qu'il ne s'était jamais connue, avec une dévotion toute particulière qui l'obligeait à caresser du bout des doigts la nuque de l'autre. Puis, le brun crocheta ses bras, presque violemment, autour de son cou et le baiser s'approfondit.

Passionnel.

Ce fut Draco qui se recula le premier, plongeant dans un océan vert encore plus magnifique, rayonnant d'une étincelle flamboyante.

Emu devant tant d'abandon, Draco plongea son visage dans le cou d'Harry et resta là, à le serrer dans une étreinte à couper le souffle. Heureux pour la première fois de sa vie.

Aucun ne voulait briser ce silence magique.

Les explications viendraient plus tard...


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