Radio Gaga


- Je suis tout de même très surpris.

Draco Malfoy est sceptique, et il le dit, un verre de limonade glacée au citron vert à demi-levé dans sa main hautaine. Harry Potter est tout à fait disposé à l'écouter, le couvant d'un regard amoureux qui peut passer pour moqueur.

Ils sont assis sous le luxueux auvent rayé de noir et d'argent de la tente des Malfoy.

Tente semble un nom erroné pour ce chapiteau de tissu contenant en ses flancs : un salon somptueusement tapissé, meublé de méridiennes et éclairé de grands chandeliers, deux chambres victoriennes, une salle de bain équipée d'une baignoire en cuivre montée sur pattes de griffon, une kitchenette à l'évier chromé où un elfe de maison s'occupe d'astiquer une vaisselle de camping – saucière en étain, fines cuillères armoriées - déjà étincelante.

Il est presque 16h00 et la plaine britannique baignée de soleil est peuplée à perte de vue d'une myriade de toits soyeux et chamarrés, de tourelles, de girouettes, de cheminées ; tout ce que les sorciers du monde font de dômes et de tuiles, de maisons de vacances pliables.

Nous sommes le 19 juillet 2021, et la finale de la 429ème Coupe du Monde de Quidditch se disputera le soir même.

Il est rare de voir l'Angleterre arriver au terme des sélections ; dans l'euphorie, l'anticipation du match a donné lieu à plusieurs jours de festival. Une vaste scène a été dressée au Sud du stade dans un pré annexe au terrain de camping. Anglais et hongrois s'y déversent à intervalles réguliers, exhibant aux tourniquets le fameux brassard prune pailleté ; il y a aussi des français, des suédois, des allemands ; des flots d'Européens non pas attirés par le match, mais par la reconstitution des Bizarr' Sisters et leur premier concert en vingt ans. Les nombreux déçus n'ayant pu obtenir un pass peuplent la colline surplombant la scène, leurs multiplettes déjà en action, se félicitant de ce point d'observation appréciable, de ce son toujours excellent, loin de la foule infernale tanguant en contrebas comme une mer japonaise par jour de typhon.

Le département des Jeux et des Sports Magiques a accompli un travail titanesque pour rendre la sécurité et les équipements à la hauteur de l'événement : des brumisateurs géants ont été installés aux quatre coins du camping ; des vigils encadrent les barrières des concerts, empoignent les filles sitôt qu'elles s'évanouissent, et les évacuent promptement vers les tentes de Ste Mangouste, reconnaissables à leur couleur orange vitamine barré de l'emblème de l'os et de la baguette croisés. Celles-ci quadrillent d'ailleurs tout le camping et ne désemplissent pas d'adeptes du pogo fracturés, de jeune mères de famille déshydratées, d'insolés voyant des comètes de chaleur…

A l'exact milieu du site, là où s'unissent les branches en étoile de toutes les rangées d'emplacements, le Centre social, avec sa haute antenne rouge en spirale, multiplie les annonces au Sonorus : « le petit Vector attend sa maman au Centre Rouge », « avons trouvé au niveau du bloc sanitaire B une fillette d'environ trois ans déguisée en Mélusine la Fée et refusant de dire son prénom », « la Fratrie des Gentlemen Chasseurs de Pipelettes Touffues est priée de ne pas laisser ses adeptes ivres uriner contre la tente de Mr Ellerby ».

Le ton change au porte-voix, se fait un peu moins formel :

« A l'artiste mystérieux qui a entièrement repeinte la tente de Mr Verpey : j'adore ce que vous faites, c'est merveilleux, mais il a dit que s'il vous retrouvait il vous ferait lécher la toile jusqu'à ce que toute la peinture soit partie. »

L'artiste de l'ombre, le regard vert et les pinceaux dépassant de la poche, sourit d'un air réjoui à sa complice qui le traine par le bras, brunette seulement désireuse d'accroitre la distance avec l'œuvre contestée.

Le plus vaste camping sorcier de l'histoire vibre d'animation et de musique ; chaud, si chaud et si moite qu'il semble se poisser d'huile sous les vapeurs pâmées de juillet. Un courant magnétique se répand des enceintes, fait grésiller les champs d'une grande fièvre électrique – un air de Woodstock.

Dans une petite parcelle agitée au milieu des milliers d'autres parcelles agitées, le Grand Hasard a fait que l'emplacement des Malfoy est voisin de celui des Potter. Une rencontre cordiale autour d'une citronnade givrée semble en ce cadre du plus naturel, même devant Mrs Potter qui ne manque pas de faire quelques crochets pressés par la tente familiale. Les deux hommes tiennent d'ailleurs une conversation des plus respectables ; seul un œil fort bien avisé pourrait trouver dans leur échange comme une application hypocrite et souriante, la petite comédie surjouée de ceux qui protègent un secret.

- Scorpius connait tout le solfège, dit Draco. Quand il était petit il a voulu jouer de la flûte traversière, et il était si motivé qu'il a accepté d'apprendre à lire les notes comme gage de son intérêt pour la matière avant que nous lui engagions un précepteur de musique. Il a des mains de flûtiste, mon fils. Il pourrait exécuter les meilleures partitions les yeux fermés…

Scorpius Malfoy, dont son père fait l'éloge, le regard plein d'orgueil, est occupé sous l'auvent de la tente des Potter à aplatir vigoureusement ses mains fines contre la peau tannée d'un djembé. Teddy Lupin, à son côté, ses cheveux bleus traversés d'une flammèche grise, l'accompagne et le guide en faisait résonner un instrument similaire.

Harry regarde Draco ; un peu goguenard, un peu transi ; puis dépose son verre vide sur la petite table de jardin en fer forgé.

- Tu devrais plutôt te réjouir qu'il s'intéresse à tant de choses différentes. Et puis, c'est une bonne occasion pour qu'il fasse vraiment connaissance avec Teddy. Ils sont parents après tout, et tu me disais toi-même qu'il n'avait pas de grandes affinités avec la famille du côté d'Astoria.

- C'est vrai, approuve Draco, il n'a rien que des cousines à demi-russes.

Et il sourit en y repensant :

- Quand Scorpius était petit et qu'elles venaient passer l'après-midi au manoir, il prétendait les faire jouer à cache-cache. Il criait « un, deux, trois, partez ! » et elles disparaissaient en piaillant dans les étages comme une volée de moineaux. Puis, comme si de rien n'était, il venait me voir, il réclamait une histoire, une ballade, comme si aucune fillette en jupon n'attendait en trépignant qu'il vienne la débusquer. C'était Astoria qui allait récupérer les cousines délaissées, somnolentes d'ennui sous un lit, les bouclettes pleines de poussière.

- Pas très sociable le jeune héritier ?

- Disons, qu'il sélectionnait déjà très finement ses connaissances… Pourquoi tu souris comme ça ?

- Tu as toujours été tellement préoccupé par ton fils… Je me souviens, une fois Hermione nous a raconté t'avoir aperçu au parc de Green Willow, avec Scorpius et Astoria. Il n'avait que quelques mois à l'époque. C'était trop drôle comme elle nous a décrit la scène : toi, haute silhouette au profil classieux, poussant doucement un landau aux roues fines et brillantes comme l'argent au soleil, ne quittant pas des yeux le bébé qui dormait dedans, une épouse finement parée accrochée languissamment à ton bras. Et pendant qu'Astoria hélait une amie et discutait vivement avec elle, tu te serais posé noblement sur un banc pour donner son goûter sur tes genoux à ton jeune premier, ouvrant des compotes, l'habillant d'un bavoir brodé... Je crois qu'elle t'a qualifié de… gaga. Oui, c'était ça : « Malfoy a l'air complètement gaga de son fils ».

Draco le fixe, un minuscule sourire contenu dans un coin de sa bouche.

- Vraiment ? Tu as d'autres vignettes dans ce goût-là ?

- En fait, oui… Une autre fois, une de mes connaissances t'a vu à l'Aiglon - tu sais, ce restaurant très chic du Chemin de Traverse qui a été repris par un cuisiner français. Déjeunant en tête à tête avec ton fiston – petit homme de quatre ans – tu y aurais modelé sa jardinière de légumes en forme de chat pour la lui rendre plus sympathique.

Draco penche la carafe ciselée sur le verre vide de son invité, puis y fait apparaître deux grands glaçons chatoyants comme des diamants avant de le lui tendre.

- Et que t'ont dit d'autre tes… espions ? susurre-t-il.

Harry hésite avant d'avouer tout bas, les yeux plantés dans les siens :

- Que tous les premiers mardi du mois tu emmenais ton petit ange chez Woody Wool, le grand magasin de jouets. Vous y passiez parfois toute la journée à jouer avec les petits trains magiques, et ressortiez le sourire aux lèvres en achetant juste un jeu de cartes… Je sais aussi que presque tous les mercredis tu emmenais Scorpius au parc, que tu lisais sur un banc – celui sous le chêne, juste en face du bac à sable - pendant qu'il tyrannisait les gosses du grand toboggan. Et s'il ne pleuvait pas vous faisiez le parcours boisé…

Harry semble avoir un peu de mal à respirer.

- Je le faisais aussi avec Al, le jeudi, en croyant très fort mettre mes pas dans les tiens…

Draco sent qu'il a envie de se dérober : ça va venir, d'une seconde à l'autre, c'est un sujet venimeux, ce serait mieux de ne plus en parler. Pourtant il se sent courageux aujourd'hui, il a envie de comprendre – des années et des années de mutisme, avoir de tes nouvelles dans les journaux en papier - alors il dit très doucement, soucieux de ne pas brusquer son amant :

- Tu aurais pu venir un mercredi, on aurait pu discuter sur ce banc pendant que nos enfants faisaient des pâtés de sable, et des tours de toboggan…

Harry a un rire étrange, un peu saumâtre.

- Et on se serait roulé une pelle devant nos fils, c'est ça ? Ou non, tu m'aurais plutôt fichu ton poing dans la figure, et tu aurais eu raison…

Draco ne veut pas qu'une rincée d'amertume vienne gâcher ce moment, il attrape la main de Harry dans la sienne, et de toute façon, personne, non, personne ne regarde par ici, les gens sont occupés d'eux-mêmes, de la chaleur, du bruit, des personnes qu'ils aiment, il y a des milliers de têtes et d'âmes ici, avec mille autres préoccupations que la main d'un potionniste enlaçant celle de l'Elu au beau milieu de l'après-midi.

Ce geste semble calmer le Survivant, étouffer net sa morgue.

- Ça m'aurait plu, souffle Harry. Discuter avec toi, quelques minutes à peine, une fois par semaine… Mais tu allais mieux, c'était tout ce que je voulais. Avec ce que j'entendais je retraçais ta vie, comme une lumière parallèle à mon quotidien. Savoir que tu y étais serein, que ton fils te rendait heureux, ça me suffisait. Je ne me donnais pas le droit d'influencer encore là-dessus, après ce que je t'avais fait.

- Alors tu ne venais jamais le mercredi, conclut posément Draco.

- Alors je ne venais jamais le mercredi…

Il sourit, attendri par une vision.

- Et nous ne saurons jamais si nos mioches se seraient ligués dès l'âge tendre…

Accompagné de Rose, Albus vient d'apparaître au bout de l'allée, et Scorpius, qui a suivi les leçons de Teddy avec une concentration profonde, a soudain un mouvement étrange, comme s'il avait eu l'œil attiré par un éclat. Al trouve Scorpius sans bien le voir, comme guidé par un fil invisible. Arrivé à sa hauteur, il se laisse aussitôt tomber dans l'herbe, le regard levé vers son ami, le menton et les bras appuyés sur sa cuisse. Il semble lui conter un mystère à mi-voix, et le regard de Scorpius, si sérieux d'apprentissage quelques instants plus tôt, prend très vite des nuances de tendres intérêts. Il semble soudain totalement incrédule et passionné, se lève d'un bond comme pour aller assister à une attraction de rue dont il vient d'entendre la rumeur.

On entend Rosie gémir alors que Al se relève lestement à son tour :

- Oh non, ne faites pas ça, si Verpey vous voit rôder autour de sa tente…

- Tu as vu ? souffle Harry. Si Hermione était là, elle dirait que nos fils sont gagas l'un de l'autre… Est-ce qu'on y peut quelque chose ? Est-ce qu'on peut transmettre ça comme un gène ; ta prunelle grise ; mes cheveux de corbeau ; ton allergie au pollen ?

Harry ressent une secousse autour du poignet, un courant d'air malgré les degrés ; sa main ballote seule dans le vide. L'aristocrate lui désigne la svelte silhouette d'une femme remontant l'allée dans leur direction. Ses beaux cheveux flamboyants sont relevés sur une nuque souple et neigeuse, piquée de grains de son.

Ginevra Potter est la journaliste la plus regardée du moment, ses chroniques pointues sont reprises partout, et ses célèbres entretiens menés avec les joueurs sur le ton du professionnalisme et de la complicité en fond une pointure enviée dans le milieu. Certains disent qu'elle pourrait passer rédactrice en chef dans les mois prochains – elle a le sens du divertissement, mais également l'intelligence vive et cette touche de pudeur qui empêche de sombrer dans le mauvais goût.

Ginny a un élégant badge « presse » épinglé sur son chemisier, de longues jambes habillées d'un tailleur-pantalon et une sacoche de cuir brunie à la main. Des boucles d'oreille en jade nimbent ses joues délicates où s'imprime un sourire machinal, pensée heureuse pas encore tout à fait évaporée.

- Bonjour vous deux ! s'exclame-t-elle en apercevant Harry et Draco, assis à l'ombre dans des chaises de jardin cosy.

- Hey ! fait Harry.

- Merlin, quelle chaleur ! C'est encore pire sous la tente du Cognard Eclatant, remarque-t-elle en s'éventant avec un prospectus. Vous ne vous ennuyez pas ici ?

La façon dont elle pose la main sur l'épaule de son mari évoque irrésistiblement à Draco une mère de retour au foyer s'enquérant des distractions de son enfant.

- Pas du tout, on boit un verre, on bavarde, comme tu vois… Comment se passent tes interviews ?

- Oh, très bien, je suis impatiente de les présenter à mon rédac' ! Mais ces joueurs de Quidditch, olala, quels dragueurs…

Harry sourit malicieusement.

- Tu penses, une jolie dame en chemisier ajusté venant les interviewer dans leurs vestiaires, bien sûr qu'ils se la jouent un peu !

Draco remarque le léger flottement sur son visage, comme si elle s'était attendue à une toute autre réaction. Elle badine :

- Bon, je vais me rafraîchir un peu et j'y retourne. On se retrouve ce soir dans la tribune de l'Eclatant ?

Harry hausse les sourcils.

- Les enfants et moi sommes dans la loge ministérielle… J'ai oublié de te le dire ?

- Ah bon ? Malfoy ? interroge-elle d'un ton légèrement froissé.

- Loge ministérielle aussi, dit celui-ci du bout des lèvres une nanoseconde avant de les tremper dans son verre.

- La vue est meilleure, explique Harry avec dégagement. Et tu sais que si nous nous installons dans la tribune réservée à la presse, on risque d'être importunés par les autres journalistes…

- Oui, bien sûr, acquiesce-t-elle, l'air surpris de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Elle ramasse sa mallette, essuie du poignet la fine sueur qui a collé ses cheveux à son front comme des flammes.

- Et bien, j'aurais énormément de travail après le match, on va devoir boucler l'édition dans la nuit pour le numéro spécial Coupe du Monde… Si le match ne dure pas trois jours bien sûr ! On se verra demain matin je suppose ?

- D'accord. Bon courage chérie.

- Merci. Au revoir Malfoy, transmets mes amitiés à Astoria.

- Elle t'envoie les siennes également.

Draco regarde pensivement Ginny s'éloigner.

- « La vue est meilleure », hein ?

- J'ai gaffé tu penses ?

- Non non…

Une ombre s'est installée sur le front de Harry Potter.

- Je suppose qu'au fond je suis un salaud…

- Ça me plaît, dit calmement Draco.

- Mon côté salaud ?

- Oui, sans ça tu ne t'autoriserais pas à être ici avec moi…

- Tu crois que je devrais lui dire ? Ce serait plus honnête, c'est sûr…

Ce point plairait particulièrement à Draco ; mais rien ne presse, il faut faire les choses bien.

- Il n'y a rien d'urgent Harry, et on peut profiter aussi sans être en règle avec l'univers… A propos… Vous ne partez pas du tout en vacances cette année, c'est certain ?

- Oui, Ginny a bien trop de travail, surtout avec notre vieille Angleterre en final. Et en août il y a ce grand sommet à Prague, réunissant tous le gratin de l'association Internationale de Quidditch… Elle se fait une joie d'y assister.

- Et tes enfants ?

- Jamie se carapate en Irlande avec des copains, Al et Lily accompagne Rose, Hugo et leurs parents à Barcelone pendant deux semaines, énumère Harry. Mais quel rapport ?

Draco sourit d'un air suave.

- Mon fils part avec sa mère rendre visite à ses grands-parents moscovites… Ton amant se disait donc que… tu pourrais souffler à ton côté salaud de te libérer corps et âme une semaine en août, pour un séjour clandestin absolument immoral en ma compagnie…

- Mon côté salaud approuve, chuchote Harry en laissant à nouveau sa main trainer près de la sienne. Tu convoites une destination en particulier ?

- Je ne te dirais rien pour le moment, c'est…

- Papa !

Scorpius vient de jaillir devant eux. Draco ne peut retenir le sursaut nerveux de sa jambe, et la petite table s'ébranle légèrement, faisant tanguer la carafe de limonade ; yo-yo de rondelles jaunes secouées à l'intérieur.

On a frôlé l'embolie cardiaque. En silence.

- Oui ?

- Albus peut-il dormir dans notre tente après le match ?

Il se reprend. (Non, son fils n'était pas en train de s'offusquer des projets de voyage romantique qu'il formatait pour lui et le propre père de son amoureux : bénir l'égoïsme aveugle de la jeunesse.) Déjà, son esprit organisé se réajuste et entame le procès du pour et du contre.

- Mais…

Et rien qu'au froncement du blond sourcil paternel, Scorpius semble deviner son plaidoyer : vos tentes sont déjà voisines, vous ne serez pas bien loin l'un de l'autre – le reste des arguments mijotent encore mais ne sauraient tarder.

- Après je pars en Russie avec maman, dit-il vivement, et on ne va pas se voir pendant presque trois semaines !

Et ses yeux semblent dire : sais-tu combien c'est long, trois semaines ?

Draco soupire. Parce qu'il sait bien, en effet, ce que sont trois semaines. Il sait aussi la différence qu'il y a entre les amoureux voisins et les amoureux qui peuvent dormir l'un contre l'autre. Son fils a cette chance : dormir tout contre celui de Harry, sans que de mauvaises raisons lui enjoignent de bâtir autour de leur lit des arcanes runiques de mensonges et de trompe l'œil.

- Si Mr Potter est d'accord, alors moi aussi.

Satisfait, le jeune homme tourne les talons et retourne auprès d'un Al occupé à sélectionner soigneusement des tubes de gouache dans sa boîte à couleurs. Rose tord ses longs cheveux : une nouvelle expédition artistique se prépare, et cette fois, l'acolyte blond joint sa multiscience à la leur.

Harry caresse du bout des doigts les longues phalanges qui reposent, blanches et douces contre l'accoudoir couvert de pénombre.


A suivre…

NdA : Merci à tous pour vos merveilleuses reviews, j'espère que ce chapitre sera à votre goût et adoucira un peu votre rentrée =) Un petit mot tout particulier pour Assommoir, dont le commentaire m'a incitée à me repencher sur ce chapitre laissé aux herbes folles – en fait, tous les commentaires me laissaient honteuse de ne pas vous offrir un beau chapitre sans pissenlits. Je vous embrasse très fort.