Quelques années plus tard...

- Grand-mère ! S'il te plaît encore quelques minutes !

Jacqueline Tyler qui était en train de border sa petite-fille, poussa un soupir d'impatience.

- Non, jeune fille ! Il est tard ! Et l'heure de dormir est déjà passé depuis un bout de temps !

- Mais...

La fillette se tût devant le regard sévère de sa grand-mère. Elle pinça les lèvres dans une moue boudeuse. Jackie tenta de cacher son sourire amusée devant cette attitude. C'était tout le portrait de ses parents. Haute de ces cinq ans, sa petite-fille avait de grands yeux chocolats dont l'intensité variait selon son humeur. De longs cheveux blonds tombaient en cascade sur ses épaules ; dont deux mèches, l'une noir, l'autre blanche s'emmêlaient pour ne devenir qu'une, pouvaient trahir ce qu'elle l'était véritablement. La fillette débordait de vie et était bien incapable de tenir tranquille plus de deux minutes à la même place. A la voir comme cela, elle paressait être une petite fille tout à fait ordinaire. Sauf qu'elle avait des parents pas tout à fait ordinaires, lui léguant une histoire, un lourd héritage. Jacqueline Tyler n'en était pas moins fière de son unique petite-fille.

Et elle aimait ce qu'était devenue sa famille, sa vie en ces six années. Elle avait retrouvée un mari, puis était devenue grand-mère. Elle avait un gendre, enfin techniquement il ne l'était pas encore mais ce n'était plus qu'une question de temps, qu'elle adorait malgré tout ce qu'elle pouvait montrer ou dire.

Jackie n'aurait pas pu rêver d'une vie meilleure.

- S'il te plaît, grand-mère... Supplia la petite avec de grands yeux larmoyants.

Elle aurait du être couchée depuis un moment. Mais, elle avait négociée pour retarder l'heure de dormir. Jackie secoua de la tête. Elle ne céderait pas.

- Tu sais parfaitement que tes parents ne rentreront que probablement demain matin. A cause d'un problème qu'ils ont à la Tour. Ils t'ont dit au téléphone que tu ne devais pas les attendre. Je t'ai laissée veiller bien plus tard que je n'aurais du, alors que tu a de l'école demain.

- Mais, j'ai pas eut mes câlins...

Jackie s'assit sur le lit et prit dans ses bras sa petite-fille. Elle la serra contre elle avec beaucoup de tendresse.

- Je sais, chérie. Mais, tes parents ne peuvent pas s'en empêcher. Il faut qu'ils aillent encore...

- Sauver le monde ! S'exclama la fillette avec beaucoup de fierté, comme si c'était une chose tout à fait normale.

- Je dirais plutôt à provoquer les problèmes, bougonna Jackie. Ton père a le don de les attirer et ta mère les cherche. Finalement, ils se sont bien trouvés ces deux là !

La petite pouffa de rire, et sa grand-mère l'embrassa sur la joue.

- Allez maintenant dodo !

Jackie se leva du lit et remonta la couette sur la fillette. Elle s'apprêtait à éteindre la lumière quand, elle entendit une sorte de couinement. Elle se retourna vers le lit et le scruta. Sa petite-fille s'était roulée en boule et semblait d'un coup étrangement calme. Ce que Jackie trouvait anormal. Cela signifiait qu'elle lui cachait quelque chose ou bien qu'elle s'apprêtait à faire une bêtise ! Un fichu trait de caractère qu'elle tenait bien de son père ! Et dont Jackie se serait bien passée ! Il y eut un autre bruit. Et elle comprit.

- Alonso !

Un petit jappement lui répondit. Puis une petite boule de poil, couleur sable rampa de dessous le lit avant d'aller se réfugier dans les bras de la fillette. Jackie regarda fixement le chiot dans les yeux. Et celui-ci, après quelques secondes de lutte, se cacha le museau sous le bras de sa maîtresse. Son père le lui avait offert au retour d'un de ses voyages qu'elle avait aussitôt adoptée. Au plus grand malheur de Jackie. Il y avait le père, maintenant la fille, qui adorait comploter derrière son dos. Et maintenant, cette foutue boule de poil ! A croire que c'était un sport olympique dans cette maison de vouloir la rendre folle !

De plus, c'était un chien sans truffe ! Il y avait bien quelque chose qui ne tournait pas rond dans cet univers ! Enfin était-ce vraiment un chien ? Car selon elle, l'animal, bien qu'il ressemble à une peluche vivante, n'était pas juste là pour tenir compagnie à la fillette. La boule de poil la suivait comme son ombre. Elle avait l'étrange sensation que si une personne mal intentionnée menaçait la petite, Alonso n'hésiterait pas à passer à l'attaque. Mais quoi que se soit, Jackie n'en n'était nullement effrayée.

- Alonso ! Sort de cette chambre ! Tout de suite !

- Papa m'a dit qu'il pouvait rester, avec moi, cette nuit ! Protesta la fillette.

- Je ne suis pas si sûre qu'il ait obtenu l'accord de ta mère ! Alonso a son panier dans le salon !

- Papa a aussi dit que maman était d'accord !

Jackie leva les yeux au ciel. Cinq ans et déjà, bien effrontée !

- Forcement ! Ta mère a du une nouvelle fois fondre comme neige au soleil devant son sourire idiot !

- Grand-mère ! La rouspéta sa petite-fille.

Elle était bien comme sa mère ! Elle défendait son père bec et ongles. Jacqueline poussa un long soupir. Elle était bien la seule à lui trouver des défauts. A croire qu'elle n'était que la méchante belle-maman !

- Qu'est ce qui a un sourire idiot ? Lança une voix féminine.

- Maman !

Le visage de la fillette s'illumina à la vue de sa mère, qui entrait dans la chambre. Elle se glissa hors du lit pour se précipiter dans ses bras. Jackie ne pu s'empêcher de comparer cette scène à une autre qui s'était déroulée, il y a quelques années avec un petit garçon. Elle observa, avec un sourire, Rose Tyler soulever sa fille dans ses bras et la serrer très fort contre elle.

Rose était devenue une femme resplendissante, épanouie et heureuse. Malgré que les premiers temps dans cet univers furent difficiles, elle avait dépassée tous les obstacles qu'elle rencontrait sur son chemin dignement.

Jackie avait vu sa fille s'éloignée d'elle après les adieux sur la plage. Elle avait comprit qu'elle avait besoin d'être seule pour faire le point sur elle-même et sur la situation. Seulement les jours s'étaient transformés en semaine, puis en mois. Rose n'avait donnée de ses nouvelles, qu'au bout du premier. Elle avait écrit qu'elle était en Écosse, pour des raisons qui étaient restées mystérieuses jusque là, qu'elle allait bien et qu'elle ne rentrerait que lorsqu'elle se sentirait prête.

Et ce fut qu'au bout de huit mois que Rose était réapparue par une belle mâtinée de printemps.

A un détail prés. Elle n'était pas revenue seule. Elle tenait dans ses bras une petite fille de quelques semaines. Il avait fallu à Jackie quelques minutes pour se remettre qu'elle était grand-mère. Sa fille s'était bien gardée de lui dire qu'elle était enceinte. D'ailleurs personne ne l'avait su. Et puis un seul regard avec sa fille, pour comprendre qui en était le père. Ce ne fut ni un secret ni un tabou, mais Rose ne l'avait jamais véritablement confirmée.

Puis Jackie avait eut une grande discussion avec sa fille, à savoir ses projets, ce qu'elle allait faire, surtout maintenant qu'elle était devenue mère à son tour. Rose lui avait répondu calmement qu'elle avait déjà organisée son retour. L'UNIT lui avait proposé un emploi qu'elle avait acceptée. Il ne lui restait plus qu'à emménager dans l'appartement avec sa fille qu'elle venait de louer. Elle souhaitait être indépendante et s'en sortir seule. Et elle avait bien insistée sur ces deux derniers points.

Sauf que Jackie n'avait pas été tout à fait d'accord. Malgré tout ce que Rose pouvait argumenter, elle aurait besoin d'aide. Ce n'était pas si facile que cela d'élever une enfant, seule. Elle en savait quelque chose. Et après quelques conflits, elles avaient réussit à trouver un compromis. Rose avait acceptée, non sans réticences, d'habiter dans une partie du manoir qui après quelques travaux serait un appartement autonome. Et Jackie lui avait la promesse qu'elle n'y mettra pas un pied sans être invitée, de la laisser vivre la vie qu'elle voulait. Mais que cela lui permettrait d'être là quand Rose en aurait besoin à n'importe quel moment. Et cela avait marché bien mieux, qu'elles ne l'auraient imaginées toutes les deux. Rose s'était ainsi battue sur deux fronts en même temps, être une mère et se faire une place dans ce monde. Et elle y était parvenue.

Puis, il y quatre ans, quelque chose d'inimaginable s'était produite, qui aurait bien pu réduire en poussière tous ce que Rose avait réussit à construire durant deux ans. Et tout le monde avait cru à tort que cela se terminerait très mal.

- Et moi aussi, j'ai droit à un câlin, lança Jackie taquine.

- A condition, lui répliqua Rose, que tu me dises qui a un sourire idiot.

- Comme si tu n'en avais aucune idée !

Rose secoua la tête amusée. Même après toutes ses années, sa mère ne pouvait s'en empêcher ! Et maintenant se rajoutait sa fille dans leurs chamailleries ! Le père et la fille s'affrontaient dans une espèce de guerre pour rendre Jackie un peu plus folle. Bien que de temps en temps, ils aimaient faire équipe ! Sa mère n'avait pas le loisir de s'ennuyer avec eux !

- Si papa sourit, grand-mère, c'est parce qu'il est amoureux de maman ! Prononça la fillette très sérieuse.

Les deux femmes Tyler se lancèrent un regard complice, devant tant de candeur et de spontanéité. Rose avança vers le lit et y installa sa fille.

- Dieu, seul, sait ce qui se passe par la tête de ton père quand il sourit !

- Et encore ! Rétorqua Jackie. Si il y a bien une chose...

- Grand-mère ! Protestèrent mère et fille.

Jacqueline poussa un grognement et leva les bras.

- Vous êtes toutes les deux aveugles ! Je me demande encore ce que vous pouvez lui trouver ! Mais très bien ! J'ai compris que je n'étais plus la bienvenue !

Elle tourna les talons et laissa derrière elle une pièce ou résonnait des rires cristallins de deux générations de Tyler. Rose s'assit sur le lit, et se pencha vers sa fille pour l'embrasser sur le front.

- Allez ma puce, il est l'heure de dormir maintenant.

- Ou est papa ?

- Il avait encore certaines choses à régler, puis il devait voir ton grand-père. Mais, il m'a dit de te faire plein de câlins à sa place...

La petite sourit et passa ses deux bras autour du cou de sa mère qui la blottit contre elle. Puis après un petit moment, elles se séparèrent.

- Bonne nuit mon ange, chuchota Rose en éteignant la lumière.

- Bonne nuit maman...

La fillette ferma les yeux et Rose se mit à caresser ses cheveux. Sa respiration se fit lente et régulière au bout de quelques minutes seulement. Rose s'étonnait toujours de la capacité que sa fille avait de s'endormir si rapidement. Alors que le matin, avant qu'elle ne se transforme en une véritable boule d'énergie, il lui fallait toujours du temps pour se réveiller. La jeune femme entendit un petit jappement et elle découvrit Alonso à ses pieds. Elle sourit devant l'adorable boule de poil. Il y a quelques années, elle n'aurait pensée à avoir une vie comme celle-ci. L'histoire tournait en une véritable guimauve ! Et pourtant, cette vie la comblait bien plus qu'elle ne l'aurait imaginée.

Rose se leva avec toute la douceur de l'univers du lit pour ne pas réveiller sa fille. Elle posa un doigt sur ses lèvres en regardant Alonso qui remuait la queue.

- Chut... Tu veille sur elle, Alonzo, d'accord...

Comme si le chiot acceptait sa mission, il s'allongea au pied du lit, la tête sur ses pattes, les oreilles dressées à l'affût du moindre bruit. Sur la pointe des pieds, elle quitta la chambre. Mais elle resta à observer, émerveillée, sa fille par l'entrebâillement de la porte. Doucement et tendrement, deux bras enlacèrent sa taille avant de l'attirer contre un torse dont elle connaissait le moindre recoin par cœur.

- Tu l'as loupée. Elle vient de s'endormir.

- Mais, je ne lui ais pas fait le câlin du soir, fit une voix d'un ton plaintif.

Rose sourit quand, il enfouit le nez dans son cou, alors que les bras se resserraient autour d'elle.

- Elle est adorable notre petite Gallifrey...

La jeune femme sentit une légère pointe de douleur dans la voix. Elle se tourna vers son compagnon et se servit de ses mains pour lui lever la tête afin de plonger son regard dans le sien.

- Elle ne les remplacera pas, Docteur.

- Je sais, soupira-t-il. C'est que...

Rose posa son front contre le sien, et lui caressa la joue. Elle savait très bien ce qui se passait dans la tête de son compagnon. Il avait mal, parfois, quand il observait sa fille. Il pensait à eux parce qu'il les voyait à travers elle.

- Parle-lui de ses frères et sœurs. Partage tes souvenirs avec elle, comme tu l'a fais avec moi...

- Tu crois ? Demanda-t-il d'une voix peu assurée.

La jeune femme lui déposa un baiser sur la joue.

- Oui, elle est assez grande pour comprendre. Raconte-lui.

Ils restèrent un moment, silencieux à contempler leur fille dormir. Alonso n'avait pas bougé d'un iota et avait l'air de prendre son rôle de gardien très à cœur.

- Gallifrey me fait penser de plus en plus à ce gamin dont je me suis occupée, il y a quelques années. Elle lui ressemble énormément. Elle a le même foutu caractère !

Rose sut qu'elle avait réussit à chasser les sombres pensées du Docteur, en le sentant sourire.

- Ce gamin, comme tu dit, à bien grandit depuis...

- Et avec lui, ses bêtises ! Ria-t-elle. Et qui malgré son âge, reste quelque peu effrayé par ma mère, alors qu'il a combattu bien plus d'effroyable et de pire...

- Hey ! Réagit-il boudeur. Ses baffes sont bien plus terrifiantes que tout le reste dans l'univers ! On ne peut jamais prédire quand ta mère frappera !

- Idiot ! Lui fit-elle amusée.

- Oui, mais un idiot amoureux...

Elle se tourna vers lui, et rencontra son regard malicieux. Elle était toujours surprise de l'entendre parler ainsi. Il se saisit de ses lèvres avec beaucoup de tendresse alors que des mains s'égaraient.

- Papa ? Appela une petite voix ensommeillée.

Rose poussa un grognement de frustration lorsque le Docteur mit un terme à leur baiser pour se précipiter au chevet de sa fille. Elle alla s'appuyer au chambranle de la porte, un sourire béat aux lèvres, une énorme bouffée de tendresse qui l'envahissait à la vue de ce qui se déroulait sous ses yeux. Son compagnon était accroupi à côté du lit, et parlait à voix basse à Gallifrey.

Le Docteur était un vrai papa gâteau, bien incapable de résister au sourire de sa fille. Elle savait tellement s'y prendre avec son père, qu'elle le menait par le bout du nez. Et Rose devait souvent y mettre le holà. Malgré sa certitude qu'il se laissait le plus souvent volontiers faire.

Cela faisait quatre ans que le Docteur partageait de nouveau sa vie. C'était déroutant, étrange et à la fois, incroyable. Rose n'avait jamais espérée le revoir. Elle n'avait pas tournée le dos au passé. Elle ne s'était pas résignée à vivre sans lui. Non, elle avait choisit d'avancer, de faire front à ce qui se passait, comme il le lui avait apprit. C'est ainsi qu'elle avait préférée transformer les bons moments passés avec lui, en de beaux souvenirs. Mettre son énergie à se construire une vie avec leur fille dans cet univers, au lieu de la mettre à la recherche d'un moyen pour le retrouver. Vivre une vie fantastique pour lui, comme il le souhaitait.

Et pourtant, l'impossible n'avait jamais existé pour le Docteur. Il était revenu dans sa vie, sans vraiment savoir, encore aujourd'hui, comment cela avait pu produire. Mais comme sa mère l'avait soulignée, il apparaissait toujours ou l'on s'y attendait le moins avec tout un contingent de problèmes qu'il traînait derrière lui ! Et en effet, le gallifréen avait débarqué dans cet univers, tout juste quelque temps avant qu'une guerre éclate.

En premier lieu, l'apparition de son compagnon, Rose l'avait vécu comme un choc. Elle avait essayée de nier l'évidence, de se persuader qu'il ne pouvait pas être là. Et pourtant, son charme incontestable, sa présence si unique qu'il dégageait, inondant la pièce, l'avait percutée de plein fouet. Elle avait sentit ses jambes se dérober sous elle. Alors qu'elle s'apprêtait à s'effondrer au sol, deux bras puissants la cueillir avec douceur, l'encerclant de sa chaleur. Elle fut blottit contre lui, sa tête contre son torse, sa joue contre ses cœurs. Et là, en sentant son parfum tout autour d'elle, en entendant de nouveau la douce mélodie de ses deux cœurs dont les battements irréguliers trahissaient une émotion partagée, elle avait su. Ce n'était pas un rêve. C'était lui, son Docteur. Qu'il était surtout réel.

Et au même moment, la guerre avait éclatée. L'UNIT et Torchwood avaient du rapidement faire front contre la menace. Le chaos menaçait et ce n'était ni le moment pour des retrouvailles, ni celui des explications. Mais malgré tout, ils avaient vite reformés leur tandem, retrouvant cette complicité qui les avait toujours unis. Ce fut comme si les deux années qu'ils avaient passés séparés de l'un de l'autre n'avaient quasiment pas existées. Pourtant, ils n'avaient échangés aucun mot sur ce qu'il était devenu. Rose avait ordonnée à tout le monde de taire au Docteur l'existence de Gallifrey alors qu'il cherchait à savoir. Mais, si il devait l'apprendre, ce serait par elle uniquement.

Elle avait apprit qu'elle était enceinte quelques jours avant les adieux de la baie du Méchant Loup. Alors qu'elle s'était jurée de ne pas en dire un mot, cela lui avait pourtant échappé. Elle avait vu une lueur étinceler dans ses yeux. Elle s'était maudite en cet instant. Pourquoi lui dire qu'elle attendait un enfant de lui dont il ne fera jamais la connaissance ? C'était lui faire du mal. Alors elle lui avait mentît. Sauf qu'il n'avait pas cru à son mensonge.

Peut-être qu'elle avait agit par lâcheté en continuant de lui cacher sa paternité. Mais, cela avait été avant tout pour se protéger. Elle ne pourrait pas le suivre en abandonnant tout, comme elle l'avait fait à l'époque. Il ne s'agissait plus d'elle. Mais de Gallifrey. La vie dans le Tardis n'était pas pour une enfant, même celle d'un Seigneur du Temps. Elle assumait les responsabilités de son choix d'avoir décidée, seule, de garder leur enfant. Il était, ainsi, hors de question qu'elle lui demande de rester, ne serait ce que pour leur fille. Elle ne le retiendrait pas en otage avec pour raison Gallifrey. C'était à lui de faire un choix...

Ce fut douloureux de le raccompagner au Tardis. Ils étaient restés un long moment à s'observer, ne savant que faire, quoi dire. Finalement, le Docteur avait mit un terme à leur confrontation silencieuse. Il avait tourné les talons. Et la porte du vaisseau s'était refermée sur lui. Rose, qui avait jurée de ne pas pleurer avait commencée à sentir ses yeux lui piquer. Elle avait eut l'infime espoir, quelque part en elle qu'il reste, que ce qu'il les avait relié était toujours là. Mais bon depuis deux ans, elle avait fait sa vie sans lui. Pourquoi, cela changerait, aujourd'hui ?

Et puis à peine une minute plus tard, il était ressortit, les mains dans les poches, un petit sourire aux lèvres. Il lui avait déclaré que la brèche s'était refermée définitivement. Rose n'avait pas eut le temps d'assimiler la chose, qu'il s'était précipitée dans ses bras. Et la première pensée qu'il lui avait traversée l'esprit, fut qu'elle avait un Docteur, qui se blottissait toujours plus contre elle, blessé, rongé par la culpabilité et une certaine colère. Après un moment, elle lui avait chuchotée qu'elle devait lui présenter quelqu'un qui avait hâte de faire sa connaissance.

Depuis ce jour là, quatre années s'étaient écoulées.

Les débuts ont été difficiles. Ils avaient fallut qu'ils s'expliquent, qu'ils se pardonnent, qu'ils se retrouvent. Ils avaient passés beaucoup de temps, aussi, à se raconter ce qu'ils avaient vécu chacun de leur côté. Puis de ce qu'ils allaient faire dans l'avenir...

Ils avaient l'un et l'autre fait des compromis. Rose, dès le début, avait eut conscience que le Docteur même si il le voulait véritablement ne se poserait jamais réellement. C'était un aventurier, il allait là ou le vent le portait. Le gallifréen était et sera toujours un voyageur dans l'âme. Elle l'aimait tel qu'il l'était. Alors, elle l'avait encouragée à poursuivre ses voyages, à rechercher un peuple qui serait l'équivalent des Seigneur du Temps dans cet univers. Rose savait qu'il reviendrait toujours vers elle, vers Gallifrey, vers sa famille. Il ne partait jamais bien longtemps et elle l'accompagnait le plus souvent.

Et malgré le début chaotique d'une vie à trois, ils étaient parvenus à concilier vie de famille et vie d'aventurier. Ils avaient réussit à se construire un foyer, ensemble. Ensemble, c'était cela le plus important.

Rose sursauta en sentant une main chaude se poser sur sa joue. Sortant de ses pensées, elle rencontra le regard inquiet de son compagnon. Elle lui sourit pour le rassurer que tout allait bien. Elle s'écarta de la porte et il la referma derrière lui sans un bruit. Rose avança vers leur chambre située un peu plus loin mais il la retient par la main. Elle se retourna vers lui. Il avait la tête penchée sur un côté, le lobe de son oreille pincée entre ses doigts, avec une petite moue pensive.

- Dis, je viens de trouver un magazine de mariage sur la table de cuisine ? Ne serait-ce pas, encore, un coup de ta mère ?

La jeune femme secoua la tête. Elle se serait bien passée de cette lubie de sa mère qui restait attachées à ses foutues traditions ! Et qui plus est ne lui avait même pas demandée son avis ! Jacqueline Tyler avait ainsi décidée de marier sa fille !

Depuis plusieurs mois, des magazines, des prospectus en tous genres, sur la noble institution qu'était le mariage, apparaissaient mystérieusement dans leur appartement. Une méthode de persuasion à la Jackie pour ainsi les faire craquer. Rose n'avait nullement l'intention de lui céder. Ni même l'envie de lui faire plaisir. Et puis ce sera quoi par la suite ? Le souhait d'être grand-mère, une deuxième fois ?

Même si c'était un message de Jackie à leur attention, c'est à dire au Docteur et à elle. Il l'était plus particulièrement adressé à son compagnon. Sa mère ne s'embarrassait pas de politesse pour l'interroger sur le temps qu'il lui faudrait encore attendre, pour qu'il se décide enfin à demander la main de sa fille. La première fois, au plus grand plaisir de Jackie, il fut hébété puis embarrassé quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Depuis, la question sonnait le départ d'une nouvelle joute verbale dont ils avaient le secret.

Rose avait tentée d'avoir une conversation avec sa mère, espérant lui faire arrêter cette croisade. Mais allez raisonner une tête de mule ! Jackie ne lâcherait pas le morceau avant d'avoir réussit à atteindre son objectif... Et les magazines, catalogues, etc..., continuaient d'apparaître comme par magie, et ce dans le moindre recoin ! Et Rose consacrait beaucoup de son énergie et de son temps à leur recherche, avant que le Docteur ne les trouve à sa place. Malheureusement quelqu'un réussissait à passer à travers les mailles du filet...

- Tu sais, j'y ais réfléchis...

Rose resta sans voix devant les mots de son compagnon. Depuis quand, il y réfléchissait ? Pourquoi, il y réfléchissait tout court, d'ailleurs ? Elle savait qu'il avait été marié, il y a longtemps. Des enfants sont nés de cette union, qu'il considérait comme la seule bonne chose qui en était sortit. Ce mariage avait été une douloureuse expérience pour lui.

- Et puis, si je peux faire plaisir à ta mère au moins, une fois...

La jeune femme du prendre appuie sur le mur. Son monde venait de vivre un tremblement de terre ! C'était à croire que dans cet univers tout fonctionnait de travers ! Elle venait d'entendre que... Que... Que pour son compagnon, se marier ne lui déplairait pas tant que ça...

Elle, Rose Tyler, se marier avec le Docteur, le Dernier Seigneur du Temps ! Dieu quel étrange idée ! Elle n'avait en aucun cas, imaginée une telle situation avec lui. Ils n'en avaient même jamais évoqués la possibilité. Et c'était encore moins pour Rose, une chose qu'elle voulait absolument ! Elle n'avait pas besoin que le gallifréen lui passe la bague au doigt ! Elle savait ce qu'il ressentait, et cela lui suffisait amplement.

Et puis pour faire plaisir à Jackie !

Rose était persuadée que quelque chose clochait. Elle observa son Docteur scrupuleusement des pieds à la tête. Il restait immobile, un sourire charmeur sur les lèvres, des yeux noisettes qui pétillaient de malice. Jackie avait du trouver un moyen de pression. Elle le faisait chanter. Il n'y avait pas d'autre solution ! Pourtant, elle voyait qu'il ne plaisantait pas. Préparait-il le terrain ? Ce n'était pas qu'une simple suggestion lancée en l'air. Ses yeux lui montraient qu'il était prêt à faire cela pour elle, qu'il voulait le faire pour eux.

La jeune femme se demanda l'espace d'un instant ou était Son Docteur ? Le dernier Seigneur du Temps qui affrontait le danger, qui luttait contre les injustices ? Le héros qui vivait au jour le jour, bien insouciant du lendemain ? L'homme qui ne se voyait vivre nul part autre que dans son Tardis ? L'aventurier dont elle était tombée amoureuse ?

Il y eut un temps ou ils s'étaient vu, toujours l'un à côté de l'autre, bravant les dangers ensemble, sans jamais s'arrêter de courir. C'était celui, avant les événements de Torchwood. Et là, ils vivaient avec des portes, des fenêtres, des tapis... Ils avaient une vie domestique ! Mais surtout, il y avait Gallifrey, leur fille...

Décidément le destin leur avait joué un drôle de tour !

Rose inconsciemment, regarda son annulaire de la main gauche. Pourquoi pas finalement ? Ce n'était que la logique de ce qu'ils avaient construit ensemble depuis quatre ans. Une sorte d'aboutissement. Et puis se marier avec le Docteur ne lui déplaisait pas. Au contraire, elle aimait l'idée de lui appartenir, qu'il lui appartienne.

Elle tressaillit. La vie de Rose Tyler ne deviendrait pas un de ses feuilletons à la guimauve que sa mère adorait regarder ! Et puis quoi encore ! Le Docteur était de nouveau à ses côtés. Ils élevaient Gallifrey, une adorable petite fille, tout en continuant à voyager et à vivre d'incroyables aventures. Sa vie lui convenait très bien ainsi ! Que demander de plus ! Sa vie était tout simplement fantastique !

Et ce n'était sûrement pas Jacqueline qui allait changer cela !

Mais d'un autre côté, si le Docteur le voulait. Si il était sûr de vouloir se lancer dans cette aventure avec elle, elle serait prête à faire le pas. Sauf qu'il allait devoir faire les choses dans les règles ! Parce que malgré tout, Rose était une éternelle romantique. Et peu importe dont la façon, gallifréenne ou terrienne, qu'il ferait sa demande...

Si il voulait jouer à ce petit jeu... Très bien... Cependant, il ne savait pas à quoi, il s'attendait si le mariage devait se faire... Étant fille unique, et connaissant sa mère comme elle la connaissait, ce ne serait en aucun cas un « petit » mariage... Bien au contraire...

Rose sentit le regard insistant de son compagnon la détailler. Et elle rougit comme une adolescente... Elle avait l'impression de réagir continuellement comme tel avec lui. Il la troublait toujours autant avec son regard. Le moindre contact fugace accompagné d'un regard caressant lui suffisait pour que son corps s'enflamme, qu'un désir irrépressible la submerge. Elle tentait parfois de résister... De ne pas se laisser séduire si facilement... Elle tenait à peine quelques secondes avant lui sauter dessus, et de l'embrasser fougueusement. Et plus si affinité...

- Rose...

La jeune femme se rendit-compte, qu'elle avait été bien silencieuse jusque là. Elle n'avait toujours rien répliquée. Et son mutisme signifiait bien des choses...

- Si tu te mets à comploter avec ma mère ! S'exclama-t-elle. Je vais devoir commencer à me demander ou va cet univers ! Le Docteur et Jacqueline Tyler !

- Il ne s'agit pas de ta mère et de moi, dit-il doucement. Mais de toi et moi. Et ce que je constate, c'est que tu n'as exprimée ni un quelconque dégoût ou refus...

Le Docteur eut un sourire amusé. Sa compagne, les joues en feux, jouant avec ses doigts, restait muette face à sa déclaration. Et, elle semblait plus que troublée. Il adorait la mettre dans cet état là !

Rose Tyler... Il poussa un soupir de bien-être. Il se rapprocha d'elle d'un pas, enfouissant ses mains dans les poches, le regard accroché au sien. Il sourit quand ses doigts effleurèrent une petite boîte. Cette même petite boîte qu'il traînait dans sa poche depuis un moment. Cela faisait déjà longtemps qu'il réfléchissait à la manière de la faire à Rose. Et, il n'avait jamais pensé que ce serait aussi compliqué, de prendre son courage à deux mains, et de lui demander. Mais, aujourd'hui, il savait comment il allait s'y prendre et ou ça se passerait. Il avait déjà tout mis en place. Ce n'était plus qu'une question de temps, et cela allait arriver plus vite qu'elle ne l'imaginait.

Le gallifréen n'avait jamais envisagé cette possibilité avec Rose. Mais depuis que Jackie lui avait posée la question, avec toute la délicatesse dont elle était capable, il n'avait jamais pu s'en débarrasser totalement. Et même, si il lui arrivait d'oublier quelque fois, elle avait trouvée un excellent moyen de le lui remémorer. Jackie était tenace. Usante. Et pouvait être très persuasive...

Il n'avait pas eut, pour ainsi dire, une très bonne expérience du mariage. Le sien avait été arrangé. Cela n'avait pas été un mariage d'amour, mais d'alliance entre « grande et vieille » famille pour une question de pouvoir et de position social. Alors quand Jackie lui avait demandée ouvertement si il se déciderait un jour à épouser sa fille, cela l'avait complètement estomaqué ! Et il avait aussitôt assimilé l'idée du mariage avec Rose avec sa pénible expérience. C'était pour lui une mauvaise chose. Une erreur qu'il voulait éviter de faire.

Et pourtant, la suggestion de Jackie n'avait cessée de le hanter. Et, il y avait réfléchit. Méthodiquement. Rationalisant la chose. Cherchant à comprendre pourquoi Jackie voulait absolument qu'il passe la bague au doigt de sa fille. De savoir ce que cela apporterait de plus à Rose et lui dans leur vie.

Et puis, il y a quelques temps, fouillant ses affaires dans le Tardis, il était tombé sur cette boite. La seule chose qu'il avait gardé de sa mère. Et aussi étrange qu'il soit, cela lui avait parut comme une évidence. Comme la chose à faire. C'était aussi simple que cela.

« Belle-maman » allait faire un bond, quand elle apprendrait la nouvelle. Il imaginait sans mal ce qu'elle dirait, remise de ses émotions : « Ce n'est pas trop tôt ! Je commençais à croire qu'on fêterait mon enterrement avant votre mariage ! ».

Cette sacrée Jackie n'avait pas changée d'un poil ! Elle avait beau avoir changée d'univers, elle restait égale à elle même ! Cependant, pour être tout à fait honnête, il aimait beaucoup « belle-maman ». Et ça, même sous la torture, il ne l'avouerait jamais. Seulement, elle était une des rares personnes à se moquer de ce qu'il était par son statut de Seigneur du Temps ou du fait d'être simplement le Docteur. Elle n'était nullement intimidée par lui. Elle le traitait comme l'être qui lui avait volé le cœur de sa fille. Il avait parfaitement conscience des terribles tourments dont Jackie serait capable, si Rose venait à souffrir à cause de lui.

Rose Tyler...

Le temps passait si vite à ses côtés. Cela faisait quatre ans...

Quatre années de bonheur...

Atterrir dans cet univers lui avait paru comme une seconde chance. Retrouver Rose. Pouvoir la serrer de nouveau dans ses bras. Vivre de nouveau avec elle, dans le Tardis. Être avec elle, chez eux. Pourtant, lorsqu'il s'était retrouvé devant elle, à quelques mètres, il s'était dit qu'il n'avait aucun droit de l'arracher à sa nouvelle vie. Qu'il fallait qu'il la laisse poursuivre sa vie dorénavant. Qu'en deux ans, elle avait du la reconstruire.

Pourtant, il était partit en quête de réponse aux questions qu'il se posait sur la vie de Rose. Il savait qu'elle lui avait mentît sur cette plage. Il ne lui en avait pas voulu. Elle l'avait fait dans l'intention de le protéger lorsqu'elle s'était rendu compte de son aveu. Et il voulait savoir ce qu'il en était véritablement. Mais tous ceux qui côtoyaient Rose, lui avait plus ou moins gentiment sous-entendu que ce qu'elle avait fait de sa vie ne le regardait en aucun cas. Il n'était que de passage...

Il ne savait toujours pas ce qu'il en était de la vie de sa compagne, en regagnant le Tardis. Et il avait brusquement réalisé qu'elle ne repartirait pas avec lui, ou bien qu'elle ne lui demanderait pas de rester. Rose le laissait prendre une décision, seul. Elle ne l'influencerait pas sur son choix. Si il restait, c'est parce qu'il le voulait, et non parce qu'elle le retiendrait. Il était rentré dans le Tardis, l'esprit tourmenté. Il savait. Il connaissait les possibilités qui s'offraient à lui. Il avait rapidement évalué les points négatifs et positifs de chacune. C'était à lui de savoir ce qu'il voulait. Quatre lettres l'avaient décidé. Un seul mot. Un prénom. Rose.

Alors, il avait un choix. Le même, auparavant, qui avait changé sa vie. Être moins lâche, arrêter de fuir et saisir ce qui la vie lui offrait.

Non, il n'avait pas abandonné l'univers qui l'avait vu naître. C'était le contraire. Il lui avait arraché à chaque fois les personnes qu'il aimait. Sa mère. Puis son peuple. Sa planète. Et quand, il avait commencé à être de nouveau heureux, ce fut le tour de Rose. Plus rien ne le rattachait à lui.

Alors non, il ne regrettait pas une seule seconde sa décision d'être resté. Il avait un nouvel univers à explorer, il en était tout excité comme un gamin, le matin de Noël. Mais surtout, il avait de nouveau à ses côtés Rose. Sa douce et tendre compagne. Et puis, ce qu'il considérait comme le plus beau cadeau qu'elle lui avait fait, Gallifrey, leur fille.

Un matin, il était installé, une tasse de thé à la main, avec sa fille devant la télévision. Il regardait avec un air suspicieux le dessin animé que Gallifrey adorait. Il cherchait à comprendre comment une éponge, qui avait le don de l'agacer, pouvait lui voler toute l'attention de sa fille qui accourait dés qu'elle en entendait le générique. Rose était dans la cuisine à préparer le pique-nique. Elle avait décrétée qu'aujourd'hui, ce serait « jour en famille ». Ce qui signifiait que cela pouvait être la fin du monde, elle s'en moquait éperdument. Jusqu'à ce que minuit sonne, la journée était consacrée exclusivement à la famille, il était ainsi hors de question de répondre au téléphone, ou d'aller courir les problèmes. Rose veillait scrupuleusement à ce qu'il n'y ait aucune exception à la règle.

Cela l'avait prit tout à coup. Une énorme bouffée de panique l'avait envahit. Lui qui avait l'habitude de vivre dans le chaos, tout allait bien dans sa vie. Trop bien. Cela lui avait fait peur. Et l'idée de tout quitter, lui était passé par la tête. Fuir cette vie. Fuir Rose et Gallifrey. Tôt ou tard, il finirait par leurs faires du mal. Il ne méritait pas une telle vie. Il n'avait aucun droit d'avoir une vie comme celle ci. Tout ce qu'il méritait, c'était une vie de douleur, de souffrance, et de solitude.

Et puis, deux bras s'étaient enroulés tendrement autour de son cou. Ce qui l'avait aussitôt apaisé. Il aimait cette présence contre lui, son odeur, sa chaleur. C'était là, ou il pouvait se réfugier, être fragile, pleurer, quand cela n'allait pas. Une voix emplit de tendresse lui avait alors demandée d'assumer son rôle de père en allant aider sa fille s'habiller, pendant qu'elle même se préparait.

Le Docteur, alors, avait posé son regard sur Gallifrey, à qui il allait pouvoir transmettre l'histoire, la connaissance, le savoir des Seigneurs du Temps. Et lui confier le Tardis quand il en sera l'heure. Et puis sur Rose. La plus téméraire, la plus incroyable de ses compagnes. Cette femme qu'il admirait tant, qui savait être si généreuse avec lui, qui avait toujours su lire en lui, qui savait être là et le laisser seul quand il en avait besoin. Celle qu'il aimait plus que tout.

Et ce fut comme un déclic pour lui. Cela pouvait paraître stupide comme ça, mais il avait eut peur du bonheur qu'il ressentait. Il était heureux. Il avait une famille. Des gens pour qui s'inquiéter. Des projets à mener. Une famille autour de lui qui l'aimait, qui prenait soin de lui. La vie lui souriait à nouveau.

Oui, le Docteur, le dernier Seigneur du Temps, avait une vie domestique. Et alors ?

Même lui, avait rêvé à une vie tout à fait ordinaire.

Et, cette vie le comblait pleinement. Comblé. Voilà un mot qui aurait parfaitement pu le décrire en cet instant. Lui, Rose, Gallifrey. C'était bien plus qu'il n'avait jamais osé espérer. Et pourtant c'était la réalité. Il n'avait rien fait pour mériter ça mais il ferait tout pour le conserver. Elle, tellement belle, tellement douce, tellement forte aussi. Sa compagne. Leur fille. C'était ça le bonheur.

Tout bonheur mérite de prendre des risques. Et là, alors qu'il se noyait dans le regard empli d'amour et d'envie de la femme qu'il aimait, il n'arrivait plus à concevoir sa vie autrement qu'auprès d'elle... Il avait réussit à survivre sans Rose, et il se demandait encore, comment il avait pu. Seulement l'idée de vivre sans elle à nouveau, lui paraissait inconcevable. Rose serait l'ultime compagne d'une vie qu'il avait déjà bien remplit. Il en avait décidé ainsi. Rose n'était pas immortelle, soit. Mais lui pouvait faire en sorte de vieillir en même temps qu'elle et de mourir à ses cotés.

Cependant, d'ici là, il ferait en sorte que les jours, les mois et les années à venir, soient les plus beaux de leur existence. Et puis, ils allaient avoir un mariage à organiser...

- Es-ce que l'intrépide Rose Tyler aurait peur ? Demanda-t-il d'un ton polisson.

Sa compagne sursauta mais se ressaisit vite. La situation avait l'air d'amuser énormément son compagnon.

- En aucun cas ! Mais j'espère que tu en mesure les conséquences...

- Ho oui, lui répondit-il en roulant des yeux. Je donnerais la victoire à ta mère. Ce qui signifie aussi, que je vais, non seulement, t'épouser, mais que je ne pourrais plus jamais me débarrasser de ta mère ! C'est un sacrifice auquel, je suis prêt à consentir !

Rose se rapprocha de lui et se hissa sur la pointe des pieds pour lui faire face.

- Je vois que Monsieur est prêt à donner de sa personne... Murmura-t-elle avec sensualité.

Le Docteur déglutit. Il ne répondit rien. Elle rapprocha son visage du sien, avec une lenteur insupportable, une lueur ardente illuminait ses yeux, jusqu'à ce que leurs souffles se mêlent. Elle jouait avec lui, effleurant ses lèvres des siennes sans jamais les toucher. Elle le mettait au supplice. Il ne désirait plus qu'une chose qu'elle l'embrasse sur le champ. Oh non, il n'aimait pas ça. Il aimait. Il adorait cet aspect de son caractère qui le rendait fou. Si elle continuait ainsi, il risquait ne pas pouvoir se contrôler plus longtemps. Tout son être ne vivait que dans l'espoir de ce baiser. Et elle ne semblait pas vouloir se lancer, plus que consciente de l'effet qu'elle produisait sur son compagnon. Il avait l'impression qu'il allait mourir d'une seconde à l'autre si elle ne se décidait. Alors, au moment ou elle frôlait à nouveau ses lèvres, il plaça une main derrière sa nuque et l'attira à lui pour s'emparer de sa bouche dans un baiser fiévreux auquel elle y répondit avec tout autant de fougue. Il fit glisser ses mains sur les hanches de la jeune femme et l'attira à lui, collant son bassin contre le sien. Alors que les mains de Rose remontaient depuis le torse de son amant, jusque sa nuque et ses cheveux.

L'intensité de leur étreinte les enflammait. Et d'une manière de plus en plus incontrôlable, le désir les tenaillait, engendrant de délicieux frissons. Ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes, Rose décida, au grand dam du Docteur, de mettre fin à cette étreinte plus que prometteuse.

- Je te promets une récompense digne de ton sacrifice, chuchota-t-elle contre ses lèvres.

Le gallifréen sourit. Cette femme le rendait complètement fou. Il n'y avait qu'elle pour lui faire endurer cette douce folie. Il ressentait en permanence cette envie folle de lui dire qu'il l'aimait comme pour compenser tout ce temps passé éloigner d'elle.

- Rose Tyler. Si jeune et toujours si insolente...

- Parce que Monsieur est peut-être vieux et poussiéreux...

Ce qu'elle pouvait être impossible ! Ils s'affrontèrent un instant du regard, avec beaucoup de tendresse et de malice. Puis il ne résista pas et réduisit à néant le peu d'espace qui les séparait pour capturer ses lèvres avec fougue. Et sans crier gare, il la hissa par la taille, et la jeta comme un vulgaire sac sur son épaule.

- Vous allez voir Miss Tyler, si je suis aussi vieux et poussiéreux que vous le dites !

Rose éclata de rire, et commença à le taper sans grande conviction de ses poings son dos. Il s'engouffra dans leur chambre et elle referma la porte derrière eux prête à subir, en représailles de son insolence, les terribles supplices de son amant. Et bientôt époux...