Revoilà de la lecture ! Cette fois notre Roy acquiert un don très particulier ... qui lui servira plus d'une fois.

Y a-t-il quelqu'un d'interressé par le fait que les persos de FMA ne sont pas à moi ? Je m'en doutais. Disclaimer valable pour toute la fic.

Bonne lecture !


Il faisait une journée splendide en ce jour d'été 1895. Le ciel était bleu sans un seul nuage. L'air était chaud. Un jour idéal pour aller courir dans les prés. C'est ce que décidèrent un après-midi deux petits garçons, âgés de dix et onze ans. Ils vivaient à East City, et connaissaient depuis tout petits.

« Allez Roy dépêche-toi ! » fit le premier enfant.

Brun aux verts, et d'un an l'aîné, le petit Maes Hughes se tenait aux pieds de l'escalier d'une grande maison.

« Voilà voilà ! J'arrive ! »

Roy Mustang, dix ans tout ronds, dévala les escaliers. Maes et lui sortirent puis firent le tour de la maison. Le père de Roy lui avait construit une petite voiture, et les garçonnets voulaient la tester aujourd'hui. Roy ouvrit le garage, Maes entra. Son ami lui montra la voiturette, peinte en rouge.

« Dis donc elle est chouette ! Y'a même deux places ! » s'exclama Maes, admiratif.

« Oui. Papa a même mis des pédales, comme pour les vélos. » ajouta Roy avec un sourire.

Il prit un cordon attaché au devant de la voiture, et la tira. Les jeunes quittèrent la propriété Mustang. Un peu en retrait de la ville il y avait de vastes étendues d'herbes. Les enfants arrivèrent en haut de l'une d'elles.

« C'est parti ! » dit Roy.

Il s'installa aux commandes, et Maes passa derrière. Roy pédala, la petite voiture dévala la pente, sous les cris amusés des enfants. Ils roulèrent ainsi pendant un bon moment, passant près d'une rivière où des camarades d'école péchaient.

« Ohééé ! » fit Maes en agitant le bras.

Les autres enfants lui rendirent son salut. Quand Roy fut fatigué de pédaler, il passa le relais à Maes. Les jeunes arrivèrent dans un endroit près d'une forêt qui formait une espèce de parcours. Une aubaine pour les deux enfants. Après avoir bien joué avec la voiture, les garçons s'arrêtèrent au bord d'une rivière. Ils laissèrent tremper leurs pieds dans l'eau fraîche.

« Dis, y'a des nuages noirs qui arrivent. » constata Maes.

« Ah non il va pas pleuvoir ! » protesta Roy.

« Je crois que si. T'te façon, on a pu jouer avec la voiture alors.» reprit le petit brun.

« Voui, mais on est loin de la maison. J'veux pas être mouillé moi. »

« T'as raison, on rentre. »

Ils remirent leurs chaussures et se hâtèrent de nouer les lacets. Roy attrapa le cordon de la voiture. Le vent s'était mis à souffler. Le ciel s'assombrissait de plus en plus. L'averse était imminente. Les enfants décidèrent d'accélérer la cadence. Seulement avec le gros vent qui soufflait de face, les jeunes avaient bien de la misère à courir. Un grondement se fit entendre. Le tonnerre résonna un moment. Les petits repassèrent près de l'endroit où ils avaient croisés d'autres enfants. Ces derniers n'étaient plus là : cannes et paniers avaient été remballés.

L'orage déchaînait sa colère au-dessus d'eux. Et ils n'aimaient pas ça. Les enfants avaient peur maintenant. Le tonnerre la nuit les tenait éveillés, alors être à l'extérieur.

« Plus vite Roy ! » lança Maes.

« Je vais aussi vite que je peux ! » répliqua le garçon.

Les éclairs se succédaient dans le ciel. Soudain, ce fut le drame. Un des éclairs toucha le sol. Ou plus précisément, il toucha un enfant.


« ROOYY ! » cria Maes.

Son ami gisait sur le sol. Maes se précipita. Il secoua son ami, mais ce dernier gardait obstinément les yeux clos. L'enfant regarda autour de lui, désemparé. Que faire ? Il n'y avait personne et ils étaient encore assez loin de la maison. Les yeux émeraude se portèrent la voiture à pédales. Maes décida d'y caser son ami. Après bien des efforts, Roy fut installé à l'arrière. La pluie tomba à ce moment-là. Maes se mit au volant, et pédala aussi fort qu'il put. Au bout d'une heure et demi, il atteignit la ville.

« A L'AIIIDEE ! » cria-t-il.

Personne n'était dehors par un temps pareil. Maes était de plus en plus affolé.

« AU SECOURS S'IL VOUS PLAIT ! »

Finalement une porte s'ouvrit. Celle d'un bar. Maes fit rouler la petite voiture jusqu'à l'homme vêtu d'un tablier.

« Aidez-moi monsieur ! » gémit-il.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda l'homme en avançant.

« Je sais pas … c'est l'orage. » fit Maes d'une voix où pointait les sanglots.

Comprenant que le petit avait dû se faire foudroyer, le tenancier du bar prit Roy dans ses bras et le fit entrer. Il le porta chez lui, passant par une porte de service. Il grimpa à son appartement, et déposa Roy sur le divan. Se précipitant sur le téléphone, il appela le médecin.

« Qu'y a-t-il ? » demanda une femme.

« Le gosse là-bas s'est prit la foudre sur la tête. »

« Oh mon dieu ! »

Maes vit une dame brune approcher. Remarquant que le garçonnet était trempé, elle alla chercher des serviettes. Elle en passa une autour de Maes, puis enroula Roy dans une autre. Le docteur arriva quelques instants plus tard. Il ausculta Roy.

« Il est vivant. Je ne vois aucune blessure externe.» fit le toubib.

« On devrait appeler ses parents. Tu connais leur numéro petit ?» demanda le barman.

« Oui. » répondit Maes.

Un quart d'heure plus tard, les parents du petit Mustang déboulèrent complètement affolés. On les conduisit auprès de leur enfant, toujours inconscient. Ils remercièrent le barman d'avoir appelé le docteur. Maes fut félicité pour l'avoir ramené. Mais ce compliment fut entendu d'une oreille distraite, l'enfant s'inquiétant surtout pour son ami. Le père de Roy prit son fils dans les bras. Maes fut déposé chez lui.

Trois jours. Roy resta inconscient pendant trois jours. Une éternité pour ses proches, qui ne pouvaient rien faire. Maes revint le voir, restant pendant des heures au chevet du petit brun. Roy ouvrit doucement les yeux au quatrième jour. Sa mère qui le veillait sans cesse, en eut les larmes aux yeux. Elle était tellement soulagée qu'il se réveille enfin.

« Roy mon chéri, comment te sens-tu ? » s'enquit-elle.

« Bien … qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-il.

« Tu as reçu un éclair. Ca fait trois jours que tu dors. »

« J'ai très faim maman. »

« Je vais t'apporter un plateau, reste tranquille. »

Elle alla avertir son mari, qui vint voir son fils. Un repas lui fut apporté, et le docteur vint le voir. Selon lui, Roy avait eut de la chance de survivre à un foudroiement. Mais il allait bien s'en remettre. Cependant, l'éclair avait laissé des traces, invisibles pour le commun des mortels.


Peu de temps après, Maes fut invité à dormir chez son meilleur ami. L'enfant était bien content que son ami aille mieux.

« Il est l'heure de dormir les enfants. » fit la mère de Roy en entrant.

« Mais m'man on peut pas arrêter, on envahi le château ! » protesta son fils.

Devant lui et Maes, un petit tas de soldats de plombs, et un château en carton que les enfants avaient construit. La mère de Roy sourit.

« Eh bien laissez vos soldats se reposer, ils attaqueront mieux demain. Et vous aussi. Allez au lit ! »

Les enfants émirent des oh déçus, puis allèrent se coucher. Mme Mustang borda les enfants, et leur fit une bise sur le front en leur souhaitant bonne nuit. Les petits dormaient dans le même lit. La lumière s'éteignit. Quelques heures plus tard, Roy fut réveillé par un drôle de bruit. Le petit écouta. Il entendit des reniflements, et des sanglots. Quelqu'un pleurait. Dans sa chambre. Roy alluma la lumière. Une adolescente était là, assise par terre. Elle avait les genoux ramenés contre elle, la tête posée sur ses bras. Une cascade de cheveux blonds flottait sur ses bras.

Roy écarquilla les yeux. Qui était-elle ? Comment était-elle entrée et que faisait-elle dans sa chambre ?

« Hé ! » appela-t-il.

La jeune fille releva la tête. Elle fixa le petit avec étonnement.

« T'es qui ? Comment t'es entrée là ? » demanda Roy.

« Tu peux me voir ? » s'étonna-t-elle.

« Ben bien sûr ! » répondit Roy surpris.

Quelle drôle de question. Pourquoi ne la verrait-il pas ? L'adolescente se releva.

« Ca alors depuis le temps que j'espérais entrer en contact avec quelqu'un. Je ne sais pas pourquoi toi tu peux me voir, mais j'en suis contente !» dit-elle.

Le petit Mustang cligna des yeux, sans comprendre. La fille en face lui sourit. Bon, elle n'avait pas l'air méchante.

« Pourquoi tu es dans ma chambre ? » reprit Roy.

A cet instant, Maes se réveilla.

« A qui tu parle Roy ? » questionna-t-il.

« A la fille là. »

Maes tourna la tête vers l'endroit que montrait son ami. Il ne vit rien.

« Quelle fille ? »

« Ben celle qui est devant toi banane ! » reprit Roy.

« Je vois personne. Tu dois rêver. »

Roy allait de nouveau insister, quand l'adolescente intervint.


« Il ne peut pas me voir. C'est normal. Je suis un fantôme après tout. » dit-elle.

« Un fantôme ? Mais c'est pas comme ça les fantômes, c'est comme un drap blanc avec des trous pour les yeux. » contredit Roy.

Maes le regardait les sourcils haussés. Mais à qui diable parlait-il ? Et c'est quoi cette histoire de fantôme ?

« T'en déjà vu au moins ? » reprit l'adolescente.

« Ben … non. »

« Donc ton don est récent. Ecoute, je m'appelle Johanna Winters, j'ai quatorze ans. Et … je suis morte il y a un an. Je suis bel et bien un fantôme.» annonça-t-elle.

Roy vit son soudain une main s'agiter devant ses yeux. Maes, qui ne comprenant rien à ce qui se passait, attirait l'attention de son ami.

« Maes, y'a un fantôme dans la pièce ! » dit Roy.

« Quoi où ça ? » demanda le brun en regardant partout.

« Je crois qu'y a que moi qui peut le voir. Euh … hé euh Johanna, est-ce que tu peux prouver à mon ami que tu es là ? » demanda Mustang.

Johanna fit alors tomber plusieurs objets. Roy réalisa qu'elle était vraiment un fantôme. Maes aussi comprit que son ami disait la vérité. Les garçons remontèrent leur couverture.

« Un fantôme, y'a un fantôme ! » dit Maes affolé.

Roy aussi commençait à baliser. Comme il avait une autre idée de l'apparence des fantômes, il ne l'avait pas totalement crue.

« Non n'ayez pas peur s'il vous plaît ! Je ne vous veux pas de mal, je cherche simplement de l'aide. Vous êtes les premiers avec qui j'arrive à parler. S'il vous plaît aidez-moi ! » supplia Johanna.

Roy vit l'inquiétude sur le visage de l'adolescente. Elle semblait même désespérée. Tout à l'heure il l'avait entendue pleurer. Johanna avait vraiment besoin qu'on l'aide. Roy baissa un peu sa couette. Maes lui, la tenait entre ses dents.

« Pourquoi tu … pourquoi tu es venue ? » questionna le petit.

« Pour trouver de l'aide. Je ne sais pas comment je me suis retrouvée là. Peut-être parce que tu peux voir les fantômes.» dit-elle.

« Mais je les voyais pas avant ! » contredit Roy en fronçant les sourcils.

« Ah ? J'ai lu des livres avant sur les fantômes. Est-ce que tu as eu un accident grave récemment ?» demanda l'esprit.

« Oui, j'ai reçu la foudre. »

« Alors c'est ça. C'est pour ça que tu peux voir les fantômes.» comprit Johanna.

« A cause de l'éclair ? » répéta Roy.

Elle hocha la tête. La foudre lui permettait de voir les morts. En voilà un drôle de don.

« Qu'est-ce qui se passe ? Il veut quoi ?» interrogea Maes.

« Elle. C'est une fille de quatorze ans. Johanna Winters.» précisa Roy.

Maes baissa la couverture. Elle était bien jeune pour un fantôme.

« Tu as dit que tu voulais de l'aide, pourquoi ? » reprit Roy.

« Pour la justice. J'ai été tuée par un homme, et je veux qu'il soit mis en prison. En plus, mes parents ne savent pas ce que je suis devenue. Tu veux bien m'aider s'il te plaît ? »

« Moi mais j'ai que dix ans ! Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? En plus personne va me croire !» protesta Roy.

« Je t'en supplie je n'ai que toi ! Tu imagines un peu ta vie si tes parents ne te voyaient plus, si quelqu'un t'avais fait beaucoup de mal et que tu ne puisses rien dire ? » reprit Johanna avec véhémence.

Roy baissa la tête. Il ne voyait vraiment pas comment l'aider. Mais cette fille avait l'air si triste, si désespérée. Il pensa à ce qui se serait passé s'il ne s'était pas réveillé après l'accident. Il serait très certainement un fantôme lui aussi, quelqu'un qu'on ne pouvait pas voir.Ca devait être pénible.

« D'accord, je vais t'aider. » décida Roy.

« Oh merci beaucoup ! Je serais là pour te guider ! »

Maes demanda ce qui se disait.

« Elle veut qu'on l'aide. A mettre quelqu'un en prison. Il lui a fait du mal, elle dit qu'il l'a tuée. » récapitula Roy.

« Mais … et qu'est-ce qu'on peut faire on est trop petits ! » rappela Maes.

« Je sais bien. Mais … j'ai compris qu'elle avait de la peine. Elle ne peut plus parler à personne, plus personne ne la voit. T'imagine un peu ? »

Maes hocha la tête. Roy l'informa que Johanna était partie. Les garçons n'avaient plus qu'à essayer de retrouver le sommeil.


Le lendemain matin, alors qu'il prenait le petit déjeuner, Roy vit Johanna traverser le mur de la cuisine.

« Salut ! » lança-t-elle.

Roy avala de travers. Maes le regarda.

« Johanna est revenue ! » murmura-t-il.

« Mince ! J'étais arrivé à croire que c'était un rêve !» répondit Maes sur le même ton.

Roy adressa un petit sourire confus à Johanna. Cette dernière observait la tablée.

« Oh des chocolatines ! J'en mangeais toujours à quatre heures ! Qu'est-ce que ça me manque.» dit-elle.

Roy continua à boire son lait. Ca ne devait pas être drôle d'être un fantôme, si on ne pouvait plus manger ce qu'on aimait. Un peu plus tard, lui et Maes allèrent s'habiller. Johanna attendait en bas.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » questionna Maes.

« Aucune idée. On va sortir, on verra bien ce qui se passe.» répondit Roy.

Ils redescendirent, et informèrent Mme Mustang de leur sortie. Elle leur recommanda de ne pas trop s'éloigner, et surtout de rentrer tout de suite si la pluie arrivait. Johanna suivi les enfants à l'extérieur.

« Je suis tellement contente d'avoir enfin trouvé de l'aide ! » s'exclama-t-elle gaiement.

« A ce propos, par où on commence ? » lui demanda Roy.

« Bonne question. Je crois que pour relancer l'affaire il faudrait déjà qu'on retrouve mon corps. Allons voir l'endroit.» dit Johanna.

Elle partit en courant. Roy la suivit, et Maes aussi. Son ami lui relatait sa conversation avec le fantôme. Johanna les emmena à la lisière du bois.

« Maman veut pas que j'y entre tout seul, on pourrait se perdre. » dit Roy.

« Pas besoin, c'est juste là au pied de l'arbre. C'est là que je me suis réveillée … après. » dit l'adolescente.

« Roy, demande-lui pourquoi on l'a tuée. » dit Maes.

Le garçon de dix ans posa la question au fantôme. La jeune fille leur raconta qu'elle avait surpris un homme un soir en rentrant de l'école. Il venait de tuer quelqu'un, et pour qu'elle ne le dénonce pas il l'avait tuée elle aussi. Les enfants en frissonnèrent. Ils n'avaient encore aucune notion de la mort, et l'entrée en matière était plutôt … originale et rude.

« Faut appeler la police. Mais comment leur dire qu'il y a quelqu'un au pied de l'arbre ? » demanda Roy.

Maes réfléchit un instant.

« J'ai une idée. On va dire qu'on jouait à la chasse au trésor, et qu'on a trouvé Johanna. »

« Bonne idée ! » firent Roy et Johanna.

Le garçonnet demanda à ce qu'on lui indique précisément l'endroit. Puis il commença à creuser. Au bout de quelques minutes, il découvrit une main.

« Euuurk ! C'est tout froid c'est dégoûtant ! » s'exclama-t-il en ôtant ses mains.

« Maintenant, il nous faut un téléphone. » dit Roy.


Lui et son ami retournèrent en ville accompagné de l'esprit. L'enfant demanda une pièce pour téléphoner, qui lui fut accordée facilement. Maes dénicha une cabine. Roy eut de la peine à composer le numéro, les touches étaient assez hautes. Quand quelqu'un lui répondit, il prit une voix affolée pour expliquer sa macabre découverte. On lui dit qu'un agent allait venir.

« Un policier va venir. » dit-il en raccrochant.

« Et comment on va trouver l'assassin ? » interrogea Maes.

« J'ai eu le temps de voir son visage. Le plus dur va être de convaincre la police.» dit Johanna.

L'agent de police en question arriva près de la cabine. Les enfants firent semblants d'être tout affolés. S'ils réalisaient vraiment ce qui se passait, ils auraient même été terrorisés. Ils indiquèrent ensuite au policier l'endroit où ils avaient trouvé le corps. L'homme descendit du véhicule et alla voir.

« Oh bon sang ! Mais c'est du sérieux ! » s'exclama-t-il.

Roy sourit à Johanna. Comme c'était un enfant qui avait appelé, la standardiste avait cru à une blague. Le policier était donc venu en pensant sermonner les enfants. Hélas, ce n'était pas le cas. Il appela des renforts. Les enfants furent éloignés.

« Bon, ça s'est fait. Et maintenant ? » demanda Roy.

« On doit trouver le moyen de faire avouer le coupable. Venez, je vais vous montrer où il est. » dit Johanna.

« Tu sais qui c'est ? » s'étonna Maes.

« Je te l'ai dit j'ai vu son visage. En un an j'ai eu le temps d'apprendre quelques choses sur lui. »

Elle les conduisit au centre-ville. L'assassin de l'adolescente tenait un magasin de musique. Les enfants le virent à travers la vitrine. Il était plutôt costaud. Maes et Roy ne voyaient toujours pas comment lui faire avouer son crime. Pour réfléchir en paix, ils décidèrent d'aller faire un tour au parc. Tous deux s'allongèrent dans l'herbe. Maes observa les gens alentour. Son regard se porta sur des enfants de son âge. Un garçon surgit, et cria, ce qui effraya une petite fille qui partit en rigolant.

« Hé ! On pourrait lui faire peur ! » s'exclama-t-il.

Roy et Johanna tournèrent la tête vers lui.

« Ben oui ! C'est pas dur, en plus tout le monde a peur des fantômes. On va aller le voir, et toi Johanna tu va lui faire peur.» expliqua Maes.

« Ca peut marcher. Mais il faudra des témoins.» fit Johanna en croisant les bras.

« Tes parents. Et la police.» proposa Roy.

L'adolescente acquiesça. Pour commencer, il fallait aller trouver les parents de Johanna. Ces derniers n'avaient pas encore appris la mort de leur fille. Celle-ci suggéra d'ailleurs à Roy de ne pas leur dire. Ce fut elle qui les amena à son ancien domicile. Maes frappa.

« Oui ? » dit une dame en entrant.

« Bonjour madame. On voudrait vous dire … on sait qui a fait du mal à Johanna.» commença Roy.

La femme en face de lui fronça les sourcils. Qui lui avait parlé de sa fille ?

« Comment savez-vous … »

« Il faut nous suivre madame, s'il vous plaît ! » dit Maes.

Elle les regarda un instant. Voyant qu'elle hésitait, les enfants la prirent chacun par une main. Elle eut juste le temps d'appeler son mari. Ce dernier arriva pour voir sa femme se faire emmener par deux enfants.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il.

« Ils disent qu'ils savent ce qui est arrivé à notre fille. » dit-elle.

« Il faut nous suivre. » reprit Roy.

Intrigués, les parents se laissèrent faire. Cela faisait un an qu'ils attendaient des nouvelles. Même si elles étaient apportées par des enfants, ils devaient aller voir. Maes repéra un agent occupé à surveiller une rue. Il courut vers lui.


« M'sieur ! J'ai besoin d'aide vous pouvez venir ? »

« Bien sûr mon garçon. »

Maes l'amena près des parents, devant la boutique de musique. Johanna fit signe à Roy qu'elle avait trouvé une porte de service. Les enfants y poussèrent les adultes.

« Dites, je peux savoir ce qui se passe ? » questionna l'agent.

« Il faut que vous entriez, s'il vous plait. »

« Mais enfin … » dit la mère de Johanna.

« Vous voulez savoir oui ou non ? » s'énerva Roy.

« Bien sûr que je … »

« Alors entrez ! »

Les trois adultes entrèrent. Ils étaient dans l'arrière boutique. Roy fit le tour, et entra avec Maes. Johanna était déjà l'intérieur. Le magasin était vide, c'était le moment.

« Bonjour M. l'assassin !» lancèrent les enfants.

Le tenancier se figea. Il dévisagea les enfants, qui observaient la marchandise.

« Comment vous m'avez appelé ? »

« Assassin. C'est bien vous qui avez tué Johanna Winters ? » dit Roy.

« Je n'ai rien fait. Sortez d'ici. »

« Vous l'avez tuée. Vous lui avez fait du mal, on doit vous mettre en prison. » dit Maes.

« Je n'ai tué personne ! Fichez-moi le camp sales morveux ! »

Les disques vinyles se mirent soudain à trembler. Les lampes bougèrent, quelques instruments tombèrent.

« Si vous l'avez tuée. Elle me l'a dit. Et elle est là.» dit Roy en le regardant.

Des cahiers de musiques furent projetés dans sa direction. L'homme se baissa. Les instruments en vitrines tombèrent tous.

« Dites que c'est vous ou elle saccage votre boutique. » avertit Maes.

« Je vais faire plus que ça ! » s'exclama Johanna.

Tout se mit à voler dans le magasin. Le fantôme semblait furieux, et décidé à tout casser. Roy commençait à se dire qu'ils avaient fait une erreur. Le tenancier du magasin était terrifié par ce phénomène qu'il ne comprenait pas. Des étagèrent se brisèrent. Il se baissa pour éviter une trompette.

« Arrêtez ! J'avoue tout : c'est moi qui l'aie tuée ! Je ne voulais pas qu'elle me dénonce ! Dites-lui d'arrêter ça ! » s'exclama-t-il.

Le calme revint. L'agent de police sortit, et passa les menottes au coupable. Le père de Johanna frappa le meurtrier.

« Espèce de pourriture ! Ma fille n'avait que quatorze ans ! »

L'homme fut emmené. Les enfants sortirent.

« Je vois une lumière. Je crois que je dois partir.» annonça Johanna.

Elle se tourna vers eux, et les remercia. Roy sourit, et la regarda partir. N'ayant pas envie de parler de son don, il s'éclipsa avec Maes. Ils revinrent chez lui, et passèrent la journée à la maison, parlant de cette première expérience avec un esprit. Ils réalisaient petit à petit ce qui s'était vraiment passé.

Roy ne savait pas encore que penser ce don. L'avenir seul lui en donnerait une idée.