Je m'appelle Elizabeth, et je viens d'avoir 21 ans. 21 ans de pur bonheur, 21 ans sans embuches et contrariétés, jusqu' a ce qu'il arrive.

J'ai eu le malheur de le croiser il y a exactement une semaine. Une petite et pourtant si longue et éprouvante semaine. Ainsi, lundi dernier je suis passée chez ma sœur Jane, et c'est la que j'ai rencontré cet ignoble individu ! Rien ni personne n'a jamais autant suscité le dégoût et le rejet en moi. Ce soir la, Jane avait prévu de me présenter au nouvel amour de sa vie : Charles. Bien sur, en tant que sœur aimante et attentionnée elle a eu la bonne idée de proposer à William Darcy de venir me tenir compagnie.

Lundi soir, j'ai donc saisis toute la profondeur du dicton « mieux vaut être seule que mal accompagnée ». William Darcy n'a ouvert la bouche qu'une seule et unique fois, et c'était pour me dire que mettre un pull a l'envers n'était plus mignon à mon âge, mais relevait d'une bêtise sans nom. Il m'a ensuite soigneusement ignorée pendant le reste de la soiree. Je suppose que quelqu'un incapable de mettre un pull correctement ne mérite pas son attention. Apres le diner, je me suis précipitée vers la sortie, prétextant un devoir à rendre pour le lendemain. Pour la première fois de ma vie, je fus heureuse et soulagée de quitter Jane. Quel plaisir que de quitter cet appartement plein d'animosité et rejoindre ma petite voiture. Je m'appuyais sur mon volant, histoire de récupérer de toutes ces émotions. Quand soudain William Darcy débarqua de nulle part et s'assit à mes cotés dans MA voiture. Je l'ai regarde l'air un peu bête. Il attacha sa ceinture et me dit simplement: " j'habite près de Kingcross". L'air toujours aussi ahuri, je lui dis : " Pardon ?"

" j'habite près de Kingcross"

" Heureuse de le savoir … Les fans d'Harry Potter tueraient pour ca " lui dis-je en essayant de paraitre aussi sarcastique que possible.

" Je n'aime pas Harry Potter " me dit-il, toujours aussi incapable de me regarder.

" Comment peut on décemment de pas aimer Harry Potter ? Bref, j'habite de l'autre cote de la ville. Désole. "

" Ma voiture est en panne. " Me dit-il impassible.

Je suis une bonne poire, incapable de laisser les gens avec leur problème. Je lui dis alors d'un ton acerbe : « êtes vous sur de vouloir vous faire raccompagner par une personne incapable d'enfiler un pull correctement ? » A ma grande surprise il se contenta de sourire et de bafouiller quelque chose comme désolé et merci. Pendant le trajet, les silences pesants et gênants se succédèrent. Le vocabulaire de cet homme se limite à oui et non. (triste mais vrai)



Sérieusement je pense que ma plante verte est bien plus loquace. Toutes les informations que je réussis à lui soutirer se limitaient a : Charles est son meilleur ami, il a une sœur, et non a ses yeux Harry Potter n'est pas de la littérature. Bref non seulement Darcy est condescendant mais en plus il n'a aucun gout. Une fois la corvée accomplie, j'ai enfin pu rentrer chez moi.

Bien sur comme vous vous en doutez, j'ai du le supporter le lendemain et le surlendemain etc…

Bref comme si ces 7 jours de torture n'étaient pas amplement suffisant, je dois aussi le supporter ce soir. En effet Jane m'a littéralement supplié de l'accompagner chez Charles. J'ai eu le droit au couplet « c'est un moment important pour moi j'ai besoin de ta présence, de ton soutien. Tu peux bien supporter William pendant une soirée pour ta sœur».

Pourquoi dois-je voir cet homme chaque jour que Dieu fait ? C'est à Charles que Jane est fiancée alors pourquoi dois-je souffrir la présence de William Darcy ? Vous ne le savez pas … Et bien moi non plus. Bref je vais à ce diner l'âme en peine et le cœur lourd ! Jane m'a prêté une robe que j'ai enfilée de mauvais gré. Darcy est venu nous chercher (apparemment sa voiture est réparée), Jane, un model de civilité, a tenté tant bien que mal de lui faire la conversation. Le trajet fut donc long penible et silencieux.

Arrivée chez Charles, je fus époustouflée par son appartement. C'était un appartement lumineux et spacieux, le tout décoré avec simplicité mais tellement de gout. Je ne savais ou me mettre dans ce salon sorti tout droit d'un magazine. Je ne me sentais pas à ma place, et Caroline la sœur de Charles avait l'air de partager mon opinion. (C'est sans doute la seule chose que nous partageons et ne partagerons jamais.)

Bref, Charles nous a chaleureusement accueillis, et sa sœur s'est contentée de m'ignorer. Apres tout on peut difficilement tenir une conversation civilisée et faire les yeux doux à Darcy en même temps. Elle ne cessait de dire a quel point il était beau parfait et intelligent et blablabla … Sérieusement cette fille a repoussé les limites de la bêtise le jour de sa naissance. Je veux bien concéder le fait que Darcy soit plutôt bien fait de sa personne mais le reste … Qu'a-t-elle a la place des yeux ?

Bref à la fin de soirée j'ai prié Jane de ne plus jamais m'imposer la présence de Darcy ou de Caroline. Elle parut s'offusquer et me dit : « Caroline est adorable, et tu as beaucoup trop de préjugés a l'égard de William. Donne-lui sa chance. » (Apparemment ma sœur et Caroline ont toutes deux un problème ophtalmologique voir cérébrale …)

« Jane pitié ! J'adore Charlie mais les blondes écervelées et enfants gâtés imbus de leurs personne ne sont pas ma tasse de thé »

« Soit … comme tu voudras »

« Merci tu es ma sœur préférée » lui dis-je en souriant.

« Je suis ta seule sœur, idiote … »

J'ai donc pu échapper à l'un et à l'autre depuis plusieurs jours. Sans Darcy, ma vie retrouve tout son charme. Je n'ai plus à supporter ses regards et ses remarques hautaines. Je me sens revivre. Ne plus voir Darcy, c'est comme Noel avant l'heure. Bref tout allait pour le mieux jusqu'à ce que la dure réalité me rattrape. IL EST DANS MA FAC !! J'étais installée a la BU quand je sentis quelqu'un s'approcher de moi.

« Je peux ? »

« Oui bien sur allez y. » lui dis-je sans décoller de mon bouquin.

« Quand vas-tu enfin arrêter de me vouvoyer ? Je n'ai qu'un an de plus que toi … »

Je me suis enfin décidée à lever les yeux, et la assis juste en face de moi Darcy en chair et en os. J'aurais voulu pleurer crier lui jeter mon livre en pleine face. Mais je me suis seulement contenter d'un vague : « humm »

« qu'est ce que signifie humm ? » me dit-il d'un air amusé

« depuis quand suis-je digne de votre attention monsieur Darcy ? » J'essayais à travers cette phrase de lui faire ressentir toute la haine et le dédain que je lui portais. Mais malheureusement ma réplique n'a pas eu l'effet escompté. Darcy a tout simplement haussé les épaules et a dit : « Tu continues toujours a me vouvoyer a ce que je vois. »

« Oh c'est que M. Darcy est perspicace. Il faut que j'appelle Caroline pour qu'elle rajoute ca à sa liste. Beau intelligent parfait ET perspicace. »

« C'est qu'on est de mauvais poil » murmura-t-il en me souriant.

« Qu'ai-je fais pour mériter un tel traitement ? Vous ai-je offensé vous ou l'un des membres de votre famille pour que vous vous acharniez ainsi à me gâcher mon existence M. Darcy ?

Il paru blessé, et en guise de réponse il se contenta de se replonger dans son livre. Au bout d'une heure (interminable) il partit enfin. Ce fut une libération. Je n'ai rarement était aussi heureuse que lorsque que je vis la porte de la bibliothèque se refermait sur lui.