22.

"Ah... Enfin ça y est, je reprends du service !" s'écria un Tony tout excité en sortant de l'ascenseur.

-Oui... Enfin..." répondit Gibbs. "Mais je maintiens ce que je t'ai dit avant de partir, Tony: il faut continuer à te ménager ! Le docteur Pitt te l'a d'ailleurs encore rappelé ce matin !

-T'inquiète pas, ça ira... Côté souffle, je sens nettement une amélioration et côté forme...tu as fait le nécessaire hier soir..." murmura l'Italien en baissant la voix alors que Kate et Mac Gee venaient les saluer.

-Dinozzo ! Enfin de retour parmi nous ! s'exclama Kate.

-Tony ! Salut, comment ça va ? ajouta Mac Gee.

-Salut vous deux ! Eh oui, Dinozzo est de retour ! Et cette fois-ci c'est la bonne ! Hein Patron ? dit Tony en se tournant vers Gibbs et en lui faisant un clin d'oeil.

-Oui, Tony, cette fois au moins, tu as repris le travail à la bonne date ! Et je dois dire que ton retour parmi nous tombe à pic: nous avions justement un peu de paperasse en retard !

-Gibbs... Tu te fiches de moi là, c'est ça ? répondit Tony.

-Pas du tout Dinozzo, nous avons eu fort à faire pendant ces deux dernières semaines, et nous avons manqué d'un peu de temps pour ranger, classer, finir nos rapports et j'en passe...

-Euh..."

Tony ne put s'empêcher de faire une moue boudeuse:

"Et moi qui croyais que j'allais vite retourner sur le terrain... Mais dis-moi, Gibbs, Fornell est avec nous pour la journée, protection rapprochée oblige... Il ne pourrait pas se joindre à nous pour... faire du classement ?

-Tony... Tu ne crois pas que l'agent Fornell a déjà assez à faire avec sa propre paperasse au FBI ? Tu penses vraiment que je vais lui imposer la notre ? répondit Gibbs avec un petit sourire en coin.

-Moi qui me sentais d'attaque pour aller enquêter... grâce à toi", ajouta Tony en baissant la voix et en adressant à son chef un regard ardent.

Gibbs sourit en voyant le désir dans les yeux de son agent. Lui aussi avait très envie d'embrasser son petit ami, mais ils étaient au bureau. L'ancien Marine se contenta donc de poser sa main sur l'épaule de Tony et de lui glisser au creux de l'oreille:

"Un peu de patience, mon amour... En attendant, si tu allais me chercher un autre café ?

-Mais bien sûr, Patron... Et si tu me permettais aussi d'aller faire un p'tit coucou à Abby et à Ducky ?

-Vas-y... Mais je veux te revoir dans vingt minutes !

-A tes ordres Patron ! répondit Tony en faisant un grand sourire à son petit ami.

"Ah... ça y est, j'ai enfin fini de trier tous ces documents !" s'écria un Tony soulagé. "Je ne pensais pas qu'il pouvait y avoir autant de paperasse par affaire !

-Je confirme agent Dinozzo !", ajouta l'agent Fornell qui avait fini par leur donner un coup de main. " Moi qui pensais qu'au FBI nous détenions la palme, je m'aperçois que le NCIS nous bat largement !

-Et encore, Tony", lui répondit Kate," tu n'étais pas là la semaine dernière ! Mais maintenant, tout est enfin rangé et classé comme il faut ! Et... je me demande s'il ne serait pas l'heure de déjeuner ! Mac Gee ! T'as l'heure ?

-Oui, Kate... Voyons voir... Il est midi trente exactement !

-On ne se commanderait pas quelque chose à déjeuner ? proposa Tony. "Gibbs ! Qu'est-ce que tu veux manger ? Et vous, Fornell ?

-Chinois, ça vous tente ? "demanda Kate. Comme l'assemblée semblait d'accord, elle enchaîna: "Je vais appeler Abby pour qu'elle se joigne à nous."

-Et Ducky aussi, Kate ! intervint Tony.

-Ducky rentre déjeuner chez lui, Dinozzo, tu devrais le savoir depuis le temps ! En plus, je crois qu'aujourd'hui il a un rendez-vous galant !

-Ah... Sacré Ducky !"

Le déjeuner s'était déroulé calmement. Kate et Abby n'avaient pas arrêté de papoter de l'entrée au dessert. Fornell s'était fait donner un cours d'informatique par Mac Gee. Quant à Tony et Gibbs, ils n'avaient pas dit un mot mais n'avaient cessé de se dévorer des yeux. N'y tenant plus, l'Italien avait profité de ce que ses camarades étaient tous occupés pour voler un baiser, et même plusieurs, à l'ancien Marine. Ce dernier, surpris mais ravi, avait répondu aux tendres sollicitations de son petit ami, jusqu'à ce que les gloussements des deux filles ne les fassent redescendre sur terre... Gibbs lança à ces dernières l'un de ses célèbres regards noirs et celles-ci se turent instantanément. Mais Abby ne put s'empêcher de dire que Tony était un sacré veinard, parce qu'il était le seul à avoir deux desserts !

Le déjeuner fini, chacun retourna à ses occupations. Mais juste avant de repartir à son laboratoire, Abby avait redit à Kate qu'elle avait un drôle de pressentiment suite au rêve étrange qu'elle avait fait la nuit dernière: elle voyait Tony debout sur le toit d'un immeuble, avec des éclaboussures de sang sur le visage... Kate avait réconforté son amie en lui disant qu'il s'agissait d'un cauchemar, et rien d'autre...

Tony, tout comme Kate et Mac Gee, espérait un coup de fil qui les enverrait sur le terrain. Mais les téléphones restaient obstinément muets, et les agents du NCIS commençaient à se résigner; lorsque...

"Ici l'Agent Spécial Gibbs ! Oui ? Qu'est-ce que vous dites ? Vos informateurs ont réussi à savoir..." L'ancien Marine attrapa un crayon et son carnet. "Danborn Avionics...là où travaillaient les deux Marines aux mains coupées... Un projet d'aéronef sans pilote... Oui, c'est bon j'ai tout noté. Merci. Quoi ? Quelqu'un de chez vous va passer nous déposer une cassette ?" Il griffonna encore quelques lignes. "OK, merci."

Puis il se redressa et lança à son équipe:

"Tony ! Kate ! Mac Gee ! Nous avons enfin du nouveau sur Ari ! Le FBI vient de nous fournir des éléments très intéressants !

-On t'écoute, Gibbs, répondit l'Italien.

-Nos deux Marines assassinés travaillaient sur un projet "ASP modulaire", autrement dit "Aéronef sans pilote". Ce genre d'appareil peut servir à différentes choses: mission de reconnaissance, transport d'armes nucléaires, attaques au sol...

-Ce sont donc des armes potentielles, Gibbs, l'interrompit Kate. "Effectivement, c'est tout à fait le genre de choses qui pourrait intéresser des terroristes !

-Pour une fois, je suis obligé de reconnaître que le FBI a fait du bon boulot, Tobias, lança Gibbs à l'adresse de Fornell."Les gars de chez vous ont réussi à savoir qu'un module a été dérobé à Danborn Avionics ! Mais il y a une chose qui les intrigue et moi aussi... pourquoi voler un ancien modèle ?

-C'est peut-être parce qu'il est plus facile à configurer ? suggéra Mac Gee. Quand j'ai fait des recherches sur nos deux victimes, j'ai contacté la société et le responsable du projet m'a expliqué que ses équipes planchaient sur un modèle plus performant ainsi que sur un logiciel pour les codes de vol plus difficilement "piratable" que l'ancien...

-Et, Mac Gee ?

-Et... Et alors, le modèle dérobé, de l'ancienne génération donc, a une portée d'environ soixante kilomètres et peut supporter une charge maximale d'environ...douze kilos, parce qu'au-delà, l'appareil aurait du mal à décoller... Le responsable du projet m'a raconté tout ça pour que je comprenne bien l'intérêt de cette nouvelle technologie...

-Jethro, si je puis me permettre...commença Fornell. "Comment se fait-il que cette société ne se soit pas aperçue plus tôt de la disparition de l'un de ses prototypes ? En général, quand on bosse sur un projet "top secret", la sécurité est plutôt renforcée, non ?

-Le module dérobé devait être emmené avec les autres de sa génération pour être démonté. Les employés ont cru qu'un premier appareil avait déjà été envoyé à destination ! Et comme en plus ils sont en pleine réorganisation de leurs locaux...

-Les voleurs ont donc profité de la confusion qui régnait là-bas pour aller tranquillement se servir, termina Tony.

-Exactement, poursuivit Gibbs. Et le gars du FBI qui m'a appelé m'a dit que quelqu'un de chez eux passerait nous déposer une copie de la vidéo de surveillance. Les types étaient cagoulés, mais le FBI est sûr qu'il s'agit des membres de la cellule d'Al-Qaïda basée à Washington ! Ari fait très certainement partie de ce groupe !

-Il aurait donc pour mission d'infiltrer cette cellule ? demanda Kate. C'est vrai que ses empreintes étaient sur la bombe qui nous a sautée à la figure, mais qui nous dit que c'est vraiment lui qui l'a fabriquée ? Après tout, il n'a peut-être fait que la transporter et la donner à l'agent qui l'a fixée sous la voiture ! Ou alors, il ne fait pas encore partie de la cellule et il cherche à y entrer !

-Je n'aurais jamais cru que tu défendrais ce type, Kate, lui lança séchement Gibbs.

-Je ne prends pas sa défense, Gibbs ! J'ai côtoyé Ari, c'est un agent du Mossad infiltré à Al-Qaïda, sa mission est de détruire cette organisation de l'intérieur, pas de l'aider à se développer ! Personnellement je n'ai jamais eu à infiltrer quoi que ce soit lorsque j'étais à la CIA, mais j'ai connu des gens qui l'ont fait, et je peux t'assurer que c'est très dur d'éviter de faire certaines choses, comme tuer des gens !

-C'est vrai, Kate, reprit Gibbs, lorsqu'on est infiltré chez l'ennemi, on n'a pas le choix parfois... Sauf que moi je ne l'ai jamais senti ce type ! C'est peut-être un agent du Mossad, mais il m'a toujours donné l'impression d'être... un loup dans une bergerie ! Un peu comme si c'était le Mossad qui était infiltré en fin de compte !

-Gibbs ! s'exclama Kate. "Tu ne vas quand même pas nous dire que tu soupçonnes Ari d'avoir toujours été du côté d'Al-Qaïda !

-Et pourquoi pas, Kate ? répondit l'ancien Marine. Après tout, nous ne savons quasiment rien sur ce type ! Et pour ma part...

-Tu ne le sens pas, je sais... soupira la jeune femme.

Au même moment, l'ascenseur s'ouvrit sur un homme que Tobias Fornell présenta aux agents du NCIS comme l'un des collègues de son service. L'agent du FBI remit une enveloppe à Gibbs et repartit prestement. L'ancien Marine ouvrit l'enveloppe et lança la cassette à Mac Gee. Ce dernier fit apparaître les images sur l'écran géant.

"D'après la date, le vol a eu lieu le lendemain du double assassinat de nos Marines", dit Gibbs. A voir leur tenue et leur façon de se déplacer, ils savaient parfaitement où se situaient les caméras de surveillance. Ils sont tous soigneusement cagoulés et font en sorte de tourner le plus possible le dos à la caméra...

-Le bleu, tu peux faire un zoom sur ce type-là ? demanda Tony.

-Bien sûr.

-Gibbs, je suis peut-être parano, mais ça, ça ne te rappelle rien ? fit l'Italien en pointant du doigt l'homme cagoulé qui se frottait l'épaule gauche.

-Son épaule semble le gêner..." Les yeux de Gibbs s'arrondirent. "Bon sang Tony ! Non tu n'es pas parano ! C'est... c'est Ari ! Et le fait qu'il soit là avec les autres montre qu'il ne cherche pas la cellule de Washington ! Il l'a déjà intégrée... Et je ne serais pas étonné s'il la dirigeait !"


23.

"Gibbs ! Ralentis bon sang ! Tu veux tous nous envoyer dans le décor ou quoi ?" s'exclama Tony à l'encontre du conducteur. " Je sais bien qu'Ari est à Newport News aujourd'hui, mais c'est pas une raison pour foncer comme un dingue sur la route !

-Dinozzo a raison, Gibbs", intervint Kate, "tu devrais ralentir... Fornell nous suit avec son équipe et si tu ne lèves pas le pied, il va nous perdre..."

-Je ralentirai lorsque je l'estimerai nécessaire ! Vu ? Aujourd'hui nous sommes le 24 mai et c'est le jour où le "Lincoln" revient: les familles des marins seront sur les quais à les attendre !

-Certes, Gibbs", répondit Tony, "c'est d'ailleurs le navire où Paula Cassidy a été affectée... Mais je ne vois pas bien le rapport avec Ari... Même s'il a volé un petit avion qui pourrait être utilisé à des fins terroristes, je ne crois pas que l'engin soit capable d'abîmer un bâtiment comme le "Lincoln"...

-Le navire non, Tony, mais que penses-tu des familles sur les quais ?

-Oh mon dieu Gibbs..." l'Italien se retourna vers ses collègues assis à l'arrière de la voiture. Eux aussi venaient de réaliser quelles étaient les intentions d'Ari: il voulait lancer l'avion sur les familles des marins !

-Mac Gee !" reprit l'ancien Marine. "Vous avez bien tout ce qu'il faut pour neutraliser le matériel volé par Aswari ?

-Euh... Oui, oui, Monsieur... Avec Abby, on a réussi à fabriquer un radio-transmetteur qui devrait brouiller sans problème les ondes que les terroristes vont utiliser pour guider l'avion..."

"Dis, maman, il va bientôt arriver, papa ?" demanda une petite fille à sa mère.

-Oui, ma puce", répondit celle-ci. "Il est dans le bâteau et celui-ci va bientôt accoster.

-On va encore attendre longtemps, hein maman ?

-Mais non Coralie, d'ici une dizaine de minutes, papa sera avec nous...

-Pardonnez-moi, Madame, mais cet ours en peluche ne serait-il pas à votre fille ?" demanda une voix masculine derrière elle.

La jeune maman se retourna et vit un homme aux cheveux courts bruns, aux yeux noirs et au sourire chaleureux. Il semblait avoir la trentaine et son allure était svelte. L'homme tenait dans ses mains un bel ours en peluche.

"Je vous demande pardon, Monsieur ? répondit la mère.

-Eh bien ,j'ai vu cet ours posé au sol et comme vous étiez juste à côté, j'ai pensé qu'il pouvait s'agir de celui de votre petite fille... J'ai cru qu'il était tombé de son sac à dos...

-Non, ce n'est pas la peluche de ma fille... Elle n'en a emporté aucune de la maison...

-Bon, tant pis... Mais c'est un bel ourson en peluche... Il est tout neuf on dirait, et je crois qu'il serait mieux dans les bras d'une adorable enfant comme la vôtre plutôt que dans les miens !"

Le jeune femme regarda la peluche puis l'homme qui la lui proposait. Elle trouvait celui-ci assez avenant et sympathique, et elle se dit que lui permettre de donner l'ourson à sa fille ne serait pas dangereux pour elle. Le jeune homme se pencha vers la petite fille et lui donna l'ourson.

"Merci, Monsieur..." répondit Coralie.

-Merci pour elle, Monsieur..." ajouta la maman.

-Aswari. Ari Aswari. Maintenant si vous le permettez, je vais retourner voir mes amis, nous attendons mon frère qui revient enfin ! Au revoir Madame... et au revoir, petite Coralie..."

Ari s'éloigna rapidement de la mère et de l'enfant. Puis, après s'être assuré que personne ne pouvait le voir, il sortit son talkie-walkie de sa poche et s'adressa à ses complices:

"C'est bon, la balise est en place."

"Fornell ! Appelez des renforts et aussi la police locale ! Il y a plein de civils dans le secteur, alors je veux prendre le moins de risque possible pour coincer Aswari !

-D'accord, Jethro. Je les contacte immédiatement.

-Bien, Gibbs, quels sont les consignes ?" demanda Tony.

-Vous..."

L'ancien Marine s'interrompit et observa les alentours. Son expérience de tireur d'élite chez les Marines lui soufflait qu'Ari avait probablement posté des hommes sur les toits des entrepôts. Il sortit son arme et tira un coup en l'air. Presqu'aussitôt, un homme apparut au bord du toit de l'un des bâtiments et tenta de riposter, mais Gibbs ne lui en laissa pas le temps. Il arma son fusil et toucha l'homme à la tête. Ce dernier tomba du toit.

"Bon, ça en fait un de moins !" dit Tony. "Mais ça ne nous dit pas combien ils sont en tout !

-Pour ce qu'ils projettent de faire, il n'est pas nécessaire qu'ils soient très nombreux. Je dirais... une dizaine de personnes maximum ! répondit Gibbs. Puis, se tournant vers ses agents:

"Mac Gee va chercher les fréquences pour pirater l'avion. Tony, tu vas emprunter l'échelle pour atteindre le toit, Kate et moi allons entrer dans le bâtiment et passer par les escaliers.

-Jethro, j'ai contacté la police locale: ils vont établir un périmètre de sécurité autour du port, de façon à contrôler toutes les entrées et sorties de cette zone. Quant aux notres, ils sont en route, un groupe d'intervention devrait arriver d'ici... cinq minutes...

-Très bien, Tobias, vous allez suivre l'agent Dinozzo. Quant à vos trois équipiers, ils vont s'occuper du bâtiment voisin.

-Entendu, Jethro.

-Gibbs ?

-Oui, Dinozzo ?

-Euh... Je... Fais att...Enfin, je veux dire, faites attention Kate et toi...

-Toi aussi, Tony..."

Les deux hommes se regardèrent un bref instant, puis chacun partit à la recherche des terroristes. Mac Gee était assis à côté de la voiture du NCIS et commença à étudier les fréquences. Il entendait régulièrement la voix de Gibbs dans son oreillette qui lui demandait s'il avait trouvé comment pirater l'avion d'Ari. Par trois fois, le jeune agent avait répondu qu'il n'avait pas encore les fréquences. Au quatrième contact, Mac Gee allait à nouveau dire "RAS", lorsque tout à coup:

"Patron ? Je les ai, ça y est j'ai les fréquences !"

"Gibbs ! " chuchota Kate. "J'ai deux types en visuel ! L'un des deux est devant une sorte d'écran, je suppose qu'il s'agit du panneau de contrôle pour l'avion !

-Moi aussi je les vois, Kate" murmura Gibbs. "Tiens-toi prête !"

Les deux agents échangèrent un bref regard, puis ils s'élancèrent simulatément vers les deux hommes. Ces derniers, qui étaient bien évidemment armés, n'hésitèrent pas à ouvrir le feu, mais les deux agents du NCIS ne leur laissèrent pas le temps de vider les chargeurs de leurs mitraillettes. Les deux terroristes s'écroulèrent, mais celui qui était devant l'écran de contrôle de l'avion avait néanmoins réussi à activer l'appareil... Kate et Gibbs rechargèrent leurs armes au moment même où Tony et Fornell arrivaient sur le toit.

"Patron ! L'avion a été activé, il est lancé ! " cria la voix de Mac Gee dans l'oreillette de l'ancien Marine. "Oh mon dieu, je n'ai que trois minutes pour le désactiver ! Et je..."

Des coups de feu se firent alors entendre.

"Mac Gee ! Mac Gee ! Bon dieu, qu'est-ce qui se passe ? Mac Gee !"

Les quatre agents fédéraux se regardèrent, tous commençaient à envisager le pire, lorsque la voix du jeune agent se fit à nouveau entendre dans l'oreillette:

"Patron ? C'est Mac Gee. Je... J'ai été pris pour cible par un tireur qui était embusqué dans le bâtiment. Je me suis planqué derrière la voiture mais mon transmetteur a été touché ! Je ne peux plus prendre le contrôle de l'avion !

-Et le tireur, Mac Gee ?

-Eh bien, j'ai riposté et je l'ai touché, mais j'ignore à quel point... En tout cas, je ne le vois plus à aucune fenêtre ! Et s'il y avait eu un second tireur, il se serait joint à son collègue pour me descendre ! Mais... Monsieur ? Pour l'avion, on fait quoi ?

-Je m'en charge !"

Gibbs se plaça devant la base de contrôle de l'avion. Sur l'écran on pouvait voir ce que "voyait" l'avion, il était en train de se rapprocher dangereusement des quais où se trouvaient les familles des marins... Gibbs arma son fusil et tira. Une lumière éblouissante apparut sur l'écran puis ce fut le noir total sur celui-ci. Au même moment, une détonation se fit entendre dans le ciel, ce qui fit lever la tête à quelques personnes sur les quais: l'avion piégé avait explosé en plein vol.

Kate et Tony se regardèrent et poussèrent un soupir de soulagement. Fornell et Gibbs étaient restés impassibles, mais eux aussi étaient heureux d'avoir réussi à déjouer les plans des terroristes. Alors qu'ils commençaient à examiner le matériel qui avait servi à l'équipe d'Ari, Kate vit un homme arriver par la porte menant aux toits. Celui-ci était armé et la jeune femme n'eut que le temps de se jeter sur Gibbs. L'ancien Marine fut cependant assez rapide pour ajuster son arme et tirer. Il abattit l'homme au moment même où Kate, qui avait plongé pour protéger son chef, se prit une balle en pleine poitrine...

Tony et Fornell se précipitèrent vers la jeune femme. Les deux hommes espéraient qu'elle était toujours en vie, lorsque Kate ouvrit les yeux:

"Ouch... J'avais oublié à quel point ça pouvait faire un mal de chien ces trucs-là !

-Tout va bien, Katie ? demanda Tony.

-A ton avis, Dinozzo ? Je viens de me prendre une balle en pleine poitrine, mais à part ça je pète la forme ! D'ailleurs tu vois, je vais me relever et aller courir dix kilomètres tellement je vais bien !

-Kate ! Pas trop de mal ?

-Non, Gibbs, ça va... J'espère que nous allons vite mettre la main sur Ari... Tu fais l'objet d'une protection rapprochée depuis maintenant trois semaines, je suppose que tu dois en avoir assez...

-Je mentirais si je disais que par moment, ça... ne me "gonfle" pas... Mais c'est ça ou risquer de me faire tuer, et je crois que quelqu'un ici n'apprécierait pas que cela m'arrive..." répondit Gibbs en regardant Tony, qui lui sourit.

-Non, en effet", déclara l'Italien. Et j'espère bien que..."

Le jeune homme ne put terminer sa phrase. Il entendit un sifflement à ses oreilles et il vit, horrifié, Kate s'effondrer sur le sol, un petit trou entre les yeux, et son sang se répandre. Gibbs et Fornell armèrent leurs fusils et cherchèrent d'où avait bien pu être tirée la balle. L'ancien Marine avait la sensation que la jeune femme n'avait pas été abattue par hasard:

"Ari..."murmura-t-il.

Sur le toit du bâtiment voisin, un homme commençait à ranger son fusil pour prendre la fuite avant l'arrivée des fédéraux.

"Désolé, Kate..." souffla Ari.

Le terroriste acheva de ranger son arme et se dirigea vers la sortie, lorsque la porte s'ouvrit violemment sur deux hommes:

"FBI ! Ne bougez plus !"

Ari lâcha sa valise et voulut courir vers l'échelle, mais ce fut peine perdue: un troisième homme se tenait devant celle-ci, lui coupant toute possibilité de fuite.

"FBI ! Vous êtes en état d'arrestation !

Deux des hommes se jetèrent sur lui et lui passèrent les menottes, tandis que le troisième agent ramassait la valise pour en examiner le contenu. Il montra à ses collègues l'arme en pièces détachées et leur fit remarquer que celle-ci venait de servir récemment.

"Eh bien, on dirait que votre compte est bon, Monsieur Aswari !"

Fornell et Gibbs, au bout de quelques instants, avaient fini par baisser leurs armes. Le tireur n'avait apparemment eu l'intention de ne sévir qu'une seule fois. Les deux hommes se tournèrent alors vers Kate qui gisait sans vie: elle avait été touchée entre les deux yeux et il ne fallait pas être légiste pour savoir qu'il s'agissait d'un coup mortel... Mais leur attention fut vite attirée par le comportement de Tony: l'Italien était tombé à genoux et avait lâché son arme. Il avait des éclaboussures de sang sur le visage et le cou et il semblait perdu dans ses pensées. Gibbs songea que son petit ami n'avait pas réagi en même temps que Fornell et lui suite au coup de feu, et il réalisa soudain que l'Italien était en état de choc !

"Tony... Tony !" L'ancien Marine s'était agenouillé face à son petit ami et essayait de le secouer. L'Italien bougea les lèvres, et murmura d'une toute petite voix alors que des larmes perlaient à ses yeux:

"Tony... Tony...salopards de dealers...

-Jethro, mais qu'est-ce qu'il raconte ? demande Fornell, stupéfait de voir le jeune homme dans cet état.

-Il est en train de repenser à ce qui est arrivé à une personne qu'il a connue à Baltimore et qui comptait beaucoup pour lui, Tobias... Tony, écoute-moi, nous sommes à Newport News, nous sommes le 24 mai 2005. Notre mission était de neutraliser une bande de terroristes dont Ari Aswari, mais malheureusement notre collègue Kate a été abattue. Kate, Tony ! Tu m'entends ? Kate ! Et pas Tony ! Tony, regarde-moi !

-Tony...

-Jethro, il est en état de choc, je crois que seul un médecin pourra l'aider à reprendre ses esprits...

-Tony... Tu m'entends ? C'est moi, Jethro ! C'est Gibbs ! Tu me reconnais encore quand même ? Dinozzo... C'est moi... Ne me dis pas que tu as oublié ce qui s'est passé entre nous ces trois dernières semaines !"

L'ancien Marine était très inquiet. La mort brutale de Kate sous ses yeux lui avait fait l'effet d'un coup de poing en pleine figure et voilà que maintenant c'était Tony qui n'allait pas bien ! Gibbs respira profondément: il s'était battu pendant des années pour essayer de se reconstruire après la disparition de Shannon et de Kelly. Il pensait y être enfin parvenu, surtout depuis que Tony et lui s'étaient avoués leurs sentiments, alors il était hors de question que ça recommence ! Il venait de perdre un agent, il n'allait pas en perdre un second ! Il regarda tendrement l'Italien, puis murmura:

"Pardonne-moi, Tony..."

Et il le gifla. Le jeune homme fut projeté sur le côté, mais Gibbs le tenait fermement. Tony cligna des paupières, sa joue lui faisait mal, et il tenta de la frotter... Son corps était comme engourdi... Il entendait une voix familière lui parler, sans toutefois parvenir à comprendre ce qu'elle lui disait... Et cette brûlure sur son visage... L'Italien sentit deux mains se poser de chaque côté de sa tête et aperçut deux yeux bleus qui le fixaient avec inquiétude.

"Tony ? Tony, tu m'entends ? C'est moi, c'est Gibbs... Oh... Je suis désolé de t'avoir giflé, mais tu étais... comme paralysé... Tony ?

-Gi... Gibbs ? C'est toi ?

-Tony...

-Que... Qu'est-ce qui s'est passé, j'ai vu..."

L'Italien ne put terminer sa phrase, car son compagnon avait capturé ses lèvres. Il ferma les yeux et se laissa envahir par les sensations agréables qu'il ressentait. Gibbs le prit dans ses bras.

"Oh mon dieu Tony, j'ai cru que j'allais te perdre toi aussi... Tu m'as fait peur tu sais... Tu... tu m'as fait renaître à la vie par ton amour, je n'aurais pas supporté de...te perdre...

-Gibbs... Kate... Elle...

-Oui, Tony... Elle a été abattue d'une balle entre les deux yeux...

-Kate..."

Tony fondit en larmes dans les bras de l'ancien Marine. Celui-ci sentait qu'il n'était pas loin de pleurer aussi mais son petit ami avait besoin de lui, aussi refoula-t-il ses pleurs pour soutenir l'homme qu'il aimait. "Il sera toujours temps de verser des larmes le jour de l'enterrement..." songea-t-il.

Lorsque Fornell avait vu Tony revenir un peu à lui, il s'était éloigné des deux hommes, sentant que ces derniers avaient besoin de se parler seul à seul. Il savait depuis quelques temps maintenant que les deux agents étaient amoureux et comprenait parfaitement l'inquiétude qu'ils avaient pu ressentir l'un pour l'autre. L'agent du FBI se sentait un peu gêné par cette relation amoureuse entre deux hommes, mais il les appréciait tous les deux et savait qu'ils seraient parfaitement capables l'un et l'autre de faire la part des choses entre le boulot et la vie privée.

Fornell était effondré par la mort de Kate, il avait beaucoup d'estime pour la jeune femme et ne parvenait pas à réaliser qu'elle n'était plus... L'agent du FBI en était là de ses pensées, lorsque son oreillette se mit à grésiller:

"Agent Fornell ! Ici Johnson ! Nous avons capturé Aswari ! Nous vous attendons en bas !"

"Tiens, Agent Gibbs ! Je savais bien qu'on se reverrait un jour !" lui lança Ari quand il le vit arriver avec Fornell et Tony. "Alors comme ça vous avez réussi à détruire l'avion !

-Oui, nous avons déjoué vos plans, Aswari", répondit l'ancien Marine, d'une voix où perçait une colère froide. " Mais un de nos agents y a laissé la vie, et ça, vous allez me le payer !"

-Vous voulez sans doute parler de l'Agent Todd... Je l'ai vue s'effondrer juste après avoir reçu une balle en pleine poitrine...

-Vous l'avez vue "s'effondrer" comme vous dites, parce que c'est vous qui l'avez abattue ! Non, n'essayez pas de nier, Aswari ! Je sais que c'est vous !

-Bien, si vous le dites, Agent Gibbs... Il est vrai que les agents du FBI m'ont pris avec une arme dans une valise, mais cela ne prouve pas pour autant que c'est moi l'assassin... Et puis... L'Agent Todd me connaissait un peu, Agent Gibbs... Elle savait que comme elle, j'étais dévoué à mon pays comme elle l'était au sien...

-Votre pays ! Dites plutôt la cause immonde que vous servez ! Vous êtes peut-être d'origine israëlienne, mais vous n'avez jamais été véritablement un agent du Mossad !

-En effet, Agent Gibbs, Israël est la patrie de mon père, mais il se trouve que je ne porte pas son nom... Il n'a pas eu le courage de quitter sa femme et sa fille pour épouser ma mère... Mais ne vous inquiétez pas pour moi, Agent gibbs... Mon père m'a néanmoins reconnu et a pourvu à mon éducation... Seulement, il ne pouvait pas savoir que je le haïrais au point d'adhérer aux idées des personnes qu'il s'est juré de combattre !

-Et moi, Ari ? Pourquoi m'avoir pris pour cible ?

-Mais parce que vous êtes comme mon père, Agent Gibbs... Vous représentez pour moi ce que je déteste le plus... De plus vous étiez et êtes toujours un obstacle pour nous... Vous avez peut-être réussi à m'arrêter, mais je crois que vous n'en profiterez pas longtemps... Notre cause vaincra !"

Le terroriste pencha sa tête vers l'arrière, puis il s'écroula au sol, pris subitement de convulsions. Les agents fédéraux appelèrent immédiatement une ambulance et tentèrent de lui prodiguer les premiers secours, mais quelques secondes plus tard, Ari Aswari avait cessé de vivre...

"Qu'est-ce qu'il a fait ?" demanda Gibbs aux deux agents du FBI qui avaient essayé de le maintenir en vie.

-Je n'en suis pas sûr, Agent Gibbs, mais je crois que les terroristes d'Al-Qaïda ont une dent creuse remplie de cyanure... L'autopsie nous dira de quoi il est mort, pourtant je suis presque sûr qu'il s'est empoisonné..."

Gibbs se retourna vers Tony qui était encore sonné. Fornell était à côté de l'Italien et gardait un oeil sur lui. L'ancien Marine alla vers eux et prit Tony dans ses bras. Pendant ce temps, Ducky et son assistant Palmer étaient arrivés sur les lieux. Ce n'était pourtant pas la première fois que Ducky récupérait le corps d'un agent du NCIS, mais le médecin sentait que cette fois, ce serait un moment très difficile à passer... Il échangea un regard avec Gibbs et partit vers les toits.

"J'arrive Caitlin, Monsieur Palmer et moi n'allons pas te laisser une minute de plus sur le toit de ce bâtiment. Je te promets que tu serais traitée avec le plus grand respect, j'y veillerai, quitte à t'envelopper moi-même dans le linceul à la place des ambulanciers !"


Epilogue - quatre jours plus tard.

"Tony ! Tu es prêt ? Il est temps de partir !" lança Gibbs du rez-de-chaussée.

-Oui, Jay, j'arrive !"

L'Italien descendit prestement les escaliers pour rejoindre l'ancien Marine au salon. Celui-ci était assis dans le canapé et regardait une photo de leur équipe. Cette photo avait été prise à l'initiative d'Abby qui voulait immortaliser la "famille" qu'ils étaient. Tony vint se placer derrière le divan, se pencha et enlaça son compagnon.

"Elle va sacrément me manquer", dit simplement l'Italien.

-A moi aussi, Tony... Elle était la touche féminine de notre équipe... Enfin... la touche féminine sur le terrain...

-Oui... C'est vrai qu'elle avait une façon bien à elle de parler aux gens, avec tact et intelligence... Je comprends pourquoi parfois tu préférais que ce soit elle qui interroge les suspects plutôt que moi ou Mac Gee... Tu faisais confiance à son "intuition féminine..."

-On peut dire ça, oui... Bon, on y va ?

-Je te suis, Jay."

Les deux hommes prirent leurs manteaux et sortirent de la maison. Tony s'installa au volant et démarra:

"Au fait, Jay, je... Je m'excuse de ne pas te l'avoir demandé plus tôt, mais ça n'a pas été trop... difficile d'annoncer la mort de Kate à sa famille ?

-Eh bien... Lorsque le corps de Kate a été rapatrié au NCIS, nous nous sommes tous réunis à la morgue autour d'elle pour lui dire au revoir avant que Ducky ne commence l'autopsie...

-Oui... On a même tous pleuré un bon coup, et je dois dire que ça m'a fait du bien de me lâcher à ce moment-là... Au moins comme ça, nous saurons à peu près nous tenir aujourd'hui, pour sa famille...

-Ensuite, je suis allé annoncer son décès au directeur Morrow, et là... Je ne le remercierai jamais assez de m'avoir épargné cette pénible tâche...

-C'est-à-dire ?

-Il a tenu à prévenir lui-même la CIA et la famille de Kate... Il m'a dit qu'il pouvait bien faire ça pour un de ses meilleurs agents, et que même si c'était la dernière chose qu'il accomplissait en tant que directeur, il serait honoré de le faire...

-Quoi ? Attends un peu là... La dernière chose en tant que directeur... Tu veux dire... que Morrow va quitter le NCIS ?

-Oui, Tony... On lui a proposé une place au Pentagone...

-Mais alors... Qui va le remplacer à la tête de notre agence ?

-Tu te rappelles de Jen Sheppard ?

-Oui, je ne l'ai pas connue, mais tu m'en as parlé... C'est l'une de tes ex...

-Désormais ce sera notre nouveau directeur.

-Oh ! Ton ex ?

-Oui, Tony... J'ai vraiment été surpris d'apprendre que c'était elle, mais d'un autre côté je pense qu'elle mérite cette place...

-Mais dis-moi... Toi aussi, tu aurais pu prétendre à ce poste... Tu as suffisamment de métier pour ça...

-Peut-être Tony, mais je suis un homme de terrain, moi, pas de bureau ! Et puis un poste à responsabilité comme celui-là signifie devoir faire des concessions, des tractations,...

-Tout ce que tu aimes, quoi !

-Exactement.

-Et pour Aswari ? L'autopsie a été faite par Ducky, mais son corps ? Il est toujours au NCIS, non ?

-En effet, Tony. Mais son agent traitant du Mossad, l'officier Ziva David, devrait bientôt arriver aux Etats-Unis pour le rapatrier en Israël. Pour elle non plus ce ne sera pas facile: son demi-frère était un traître... et elle est la fille du directeur adjoint du Mossad...

-Quoi ! Attends... Tu veux dire qu'Aswari était le fils d'un type haut placé des services secrets israëliens ? Attends... C'est vrai que lorsqu'on l'a arrêté, il avait dit que son père n'avait pas eu le courage de quitter sa femme et sa fille pour rejoindre sa mère... Oh mince... Tu parles d'une histoire de famille..."

Les deux hommes étaient arrivés à destination. Ils descendirent de voiture et se rendirent au cimetière où les attendaient déjà leurs camarades. Abby était en larmes dans les bras de Mac Gee qui essayait tant bien que mal de garder une contenance, et Ducky faisait de son mieux pour refouler ses larmes. Gibbs et Tony saluèrent leurs amis, puis tous se dirigèrent vers le lieu de la cérémonie. C'était une belle journée ensoleillée, et chacun se prit à espérer que leur amie deviendrait un ange, leur ange...

"Adieu, Kate. Tu auras toujours une place dans nos coeurs", songea Gibbs. "Pour Tony tu étais une soeur, pour Abby, Mac Gee et Ducky tu étais une amie... Pour moi, tu étais un peu la fille que j'aurais aimé avoir... Et quelque part, je crois que je peux te dire merci, car c'est un peu grâce à toi si j'ai trouvé l'amour auprès de Tony, c'est grâce à toi si je suis revenu à la vie... Alors pour tout ça, merci Kate."

FIN