Note d'auteur : Bonjour à tous. Je sais que je mets beaucoup de temps entre deux chapitres et j'en suis désolée. Cependant, comme de plus en plus d'étudiants de nos jours je dois associer la fac et un job étudiant à côté. C'est pourquoi vous comprendrez que je n'ai pas beaucoup de temps libre à consacrer à l'écriture hélas. J'espère cependant réussir à finir cette histoire le plus vite possible (A priori cet été je m'octroie réellement deux mois de vacances à ne rien faire, donc je pourrai écrire à ma guise). Quoi qu'il en soit, elle ne sera jamais abandonnée ne vous en faites pas.

Je rappelle que cette histoire est une fiction et que n'ayant aucun lien réel avec le milieu de la mode, il se peut bien évidemment que je fasse des erreurs.

Voici un chapitre qui me semble assez important. J'espère qu'il vous plaira. J'espère aussi qu'il reste quelques lecteurs fidèles malgré mes retards. Bonne lecture à tous.

Un grand merci à Pyanfar qui corrige cette histoire.


(Ayant du refaire la mise en page une fois le chapitre uploadé, je m'excuse d'avance s'il manque des tirades...)


Chapitre 7 :


- Londubat ! Je t'ai très bien vu alors sors de ta cachette, grogna une voix féminine.

Bon, tenter de se dissimuler derrière un pilier aussi fin n'était peut-être pas l'idée la plus intelligente qu'avait eu Neville.

- Je ne me cache pas du tout, tenta de se justifier piteusement l'intéressé.

- Tu admirais la décoration peut-être ? Se moqua le pire fléau de l'humanité pour le pauvre apprenti photographe en herbe.

Etait-ce sa faute si cette furie de Pansy le mettait toujours dans tous ses états ? Au point que même là, au beau milieu d'un couloir de Poudlard ,il ne savait comment se comporter. Cette fille lui faisait autant peur qu'elle pouvait le fasciner.

- Je peux faire quelque chose pour toi ? se reprit-il tant bien que mal.

- On doit discuter de la prochaine réunion des délégués je te rappelle.

- Ah…oui…oui. Ne peut-on pas faire ça plus tard ? J'ai déjà des projets pour aujourd'hui.

La brune soupira et s'approcha un peu plus du jeune homme. Soudain elle se mit à afficher un grand sourire, ce qui fit déglutir nerveusement le pauvre Neville.

- D'accord, disons ce samedi alors. Nous papoterons des sujets de la discussion tout en allant faire une ou deux courses en centre-ville. Tu m'aideras à porter mes achats, c'est la moindre des choses n'est-ce pas ?

- Euh…

- C'est arrangé donc. A samedi Londubat, j'habite au 9 Swan Square. Passe me prendre aux alentours de onze heures, on ira grignoter avant.

Sans attendre une réponse, elle fit demi-tour et laissa Neville planté là.


Il était assez tard à présent. La plupart des élèves de Poudlard étaient déjà rentrés chez eux. Ils n'étaient que quelques-uns, ceux encore présents dans les locaux. A vrai dire, chaque élève pouvait venir dans l'enceinte de l'école à n'importe quelle heure. Sa carte d'étudiant faisait office de pass ouvrant les portes. C'était assez pratique pour ceux qui avaient besoin de rester tard, pour terminer un projet entre autres.

Harry était dans une des salles désaffectées, là où Damian s'était perdu justement. Cette partie de l'école n'étant généralement plus utilisée, c'était le lieu de rendez-vous le plus approprié pour voir Colin Crivey.

Le brun avait réfléchi à d'autres endroits, mais rien ne lui convenait aussi bien. Déjà, il était hors de question que le photographe vienne chez lui. Très rares étaient les personnes qui savaient où il habitait et surtout qui étaient autorisées à y venir. C'était son jardin secret. Et dans un lieu public, il y avait toujours le risque que quelqu'un les entende.

Non, l'école restait le choix le plus judicieux même s'il avait fallu prendre des mesures supplémentaires. Comme rester tard ou aller dans une salle délabrée.

La porte s'ouvrit enfin pour laisser place à Colin. Harry prit soin de vérifier qu'il était seul et que personne ne l'avait suivi, avant de fermer la porte à clef.

- Euh, bonsoir Harry, commença le photographe mal à l'aise.

- Bonsoir Colin, répondit-il d'une voix grave.

- C'est tout bonnement incroyable. Personne ne se doute de rien alors que tout est sous nos yeux depuis des années, s'exclama le jeune Crivey à deux doigts de crier de joie.

- Parce qu'ils ne veulent pas le voir, soupira le brun. Ecoute Colin, je n'ai pas pour habitude de parler si durement, mais autant te dire que si une rumeur commence à courir, je saurais de qui ça vient.

- Euh, Relax Harry ! Je te promets sur ma future grande et magnifique carrière de photographe que je ne dévoilerai rien du tout, nada, niet.

Le mannequin hocha doucement la tête.

- Bien, nous sommes d'accord. Je t'accorde donc cinq questions pour l'interview, pas une de plus. Réfléchis bien à ce que tu vas me demander.

Le blond grommela pour la forme plus qu'autre chose, fronçant les sourcils en signe de réflexion.

- T'es dur en affaires quand même hein. On ne dirait pas comme ça à te voir, le tout gentil Harry Potter.

En faisant attention, Harry remarqua que le photographe disait ça d'un petit ton amusé.

- Tu imaginais quoi sur James Evans avant tout ça ? Questionna-t-il, intrigué. A quoi t'attendais-tu au juste ?

- Je ne sais pas vraiment, avoua Colin tout en attrapant un stylo entre ses doigts. D'une façon ou d'une autre, je me doutais qu'il y avait un lien avec Ginny Weasley, mais j'ignorais lequel.

Il fit une petite pause et reprit.

- James Evans m'a toujours fasciné par ce côté mystérieux justement. Si tu veux des infos sur Draco Malfoy, tu trouves tout, ou presque, en claquant des doigts. Si tu cherches sur Evans …Là, c'est le néant. On connaît sa taille, son poids, la couleur de ses yeux, de ses cheveux, le parfum qu'il porte. On peut trouver toutes les dates de ses défilés ou shooting . En somme, tout ce qui est professionnel mais absolument rien sur sa vie personnelle. Et pour cause, à présent je le sais, James Evans n'existe pas réellement en tant que tel.

- Là, je ne suis pas d'accord avec toi, contredit l'héritier Potter.

- Pour moi tu es Harry, essaya d'expliquer le blond. Je n'arrive toujours pas à assimiler le fait que ces deux personnes sont toi en réalité. Dans la vie de tous les jours, tu es si différent !

- Effectivement, répondit simplement le brun.

Les deux garçons se dévisagèrent en silence, tentant chacun de saisir la pensée de l'autre, en vain.

- Commençons à présent, nous avons assez perdu de temps.

- Hmm…Pourquoi es-tu devenu mannequin ?

- L'occasion s'est présentée à moi lors de mon adolescence. Comme ça semblait plaire aux personnes qui m'étaient chères, j'ai décidé de la saisir. D'une certaine façon, ça me procure à moi aussi du plaisir de voir que ce que je fais plaît aux autres.

Colin sembla assez surpris par sa déclaration et le fixa sans cligner des yeux pendant quelques secondes.

- Comment as-tu fait la connaissance de Draco Malfoy et qu'as-tu pensé de lui à ce moment-là ?

Le brun fronça les sourcils, semblant réfléchir à la question, ou du moins à s'il allait y répondre.

- Nous nous sommes croisés au cours d'une séance de photos alors que je faisais mes débuts en tant que mannequin. Je n'étais qu'un novice hésitant alors que lui était si confiant, si professionnel. D'une certaine façon, j'étais vraiment admiratif et je l'enviais. Il m'inspirait du respect.

- Pour autant, votre animosité est légendaire. Que s'est-il passé pour que ça en arrive là ?

- Je n'en ai pas la moindre idée, répondit Harry honnêtement. Je devine à présent que c'est plus une habitude qu'autre chose. Pour autant que je sache, il n'y a cependant aucune réelle raison…

Colin fit une pause de plus, réfléchissant aux questions suivantes.

- Comment vois-tu ton avenir dans le monde de la mode ?

- Je n'y pense pas vraiment. Je vis un peu au jour le jour. Je n'oublie pas cependant que c'est un univers éphémère et qu'il y a « un après ». Un mannequin en vogue ne le reste pas éternellement et doit se recycler à un moment ou un autre. C'est une des règles de ce monde de strass et de paillettes.

- Je ne pense pas que tu aies du souci à te faire avant un moment, glissa Colin d'un ton qui se voulait rassurant.

- Ne sois pas si sûr de toi. Tu sembles ne pas saisir la réalité que j'énonce. Pour autant, même si toi aussi tu deviens un photographe connu, il viendra un moment où ion oubliera ton nom. Le talent ne suffit pas, quand bien même il intervient. Certains parviennent à gravir les échelons alors qu'ils ne sont pas capables de grand-chose.

Bon, là il était peut-être en train d'aller trop loin, se disait Harry. Il n'avait pas pour habitude de laisser autant ressortir ses véritables opinions sur le monde qui l'entourait.

- Ah… Une dernière question, quels sont les conseils que tu donnerais à ceux qui souhaitent devenir mannequin professionnel ?

- De se préparer à entrer dans un monde difficile et de s'accrocher si vraiment ils veulent travailler dans ce milieu.

- Merci Harry. S'il n'y a pas de problème, ça paraîtra dans le prochain journal de l'école, déclara le jeune photographe avec un grand sourire. Je te promets de ne rien dévoiler concernant ta véritable identité.

- J'espère bien…

- Je devine que ça ne doit pas être facile tous les jours dans une école comme Poudlard. Tout le monde connaît le visage de James Evans, et pourtant personne ne fait le lien. C'est assez incroyable.

Harry attrapa son manteau et commença à l'enfiler.

- Que veux-tu que je te dise ? Répondit-il d'une voix plus calme. Je le cherche en grande partie. Je tiens beaucoup à ma tranquillité.


Pourquoi au juste avait-il accepté de venir à cette soirée mondaine de la famille Black ? Sirius lui avait sorti son grand air de chien battu et bien sûr il n'y avait pas résisté. Bon, il se doutait aussi que ça risquait fort de dégénérer entre Sirius et Severus et qu'il valait mieux qu'il soit là pour calmer ces deux-là.

Il était venu en mode Harry Potter ce qui lui permettait au moins d'être relativement tranquille. Il soupira une énième fois tout en avalant un verre de champagne. Il détestait les soirées mondaines…

- Harry ! L'interpela un homme aux cheveux noirs de jais bien connu. On ne s'est pas reparlé depuis l'autre jour.

- Effectivement Severus, je n'ai pas eu beaucoup de temps c'est tout.

- Tu ne m'en veux pas pour la proposition de Jedusor donc ? Tenta-t-il tout en observant bien son interlocuteur.

- Non…Je n'ai rien contre toi et tu le sais.

- Bien, je suis rassuré.

Ils entamèrent ensuite une discussion sur tout et rien.

- Harryyyyyyy ! Qu'est-ce que tu fais avec lui ? Se mortifia Sirius tout en approchant des deux hommes en pleine conversation.

- Sirius… S'il te plaît, supplia le brun.

Severus serra les poings, ce qui n'était pas étonnant. C'était toujours ainsi et Harry ne comprenait pas pourquoi ce dernier s'entêtait à venir à chacune des réceptions.

- Tu ressembles de plus en plus à notre père avec l'âge, je dois bien l'avouer, cracha Sirius au visage de Snape.

- Tu fais erreur, je tiens bien plus de ma mère. Ce qui est ton cas aussi si je ne m'abuse. Une très bonne chose, ainsi nous n'avons pas grand-chose en commun cher demi-frère.

- Ta mère n'est qu'une traînée qui a séduit un homme marié, sale bâtard !

- Dois-je te rappeler que ma mère était aussi mariée, je ne suis donc pas un bâtard comme tu le dis si bien. Sans parler du fait que ce soit ton très cher père qui ait séduit ma mère !

Harry hésitait entre tenter de séparer ces deux-là ou aller chercher un autre verre de champagne en les laissant se battre.

- Bon sang ! Vous ne pouvez pas vous arrêter deux minutes ? S'écria-t-il finalement. C'est fatigant ! Sirius, quand est-ce que tu vas accepter le fait que Severus n'est en rien responsable dans l'adultère de ton père ? Je comprends Rémus qui à présent ne veut plus être présent dès que vous êtes tous les deux réunis au même endroit. Vous êtres insupportables et je pèse mes mots.

Ce fut sur cette dernière tirade que le brun les planta là,en se jurant de ne plus jamais accepter de participer à la moindre soirée avec ces deux adultes, incapables de se voir sans se sauter à la gorge à la moindre occasion.


- Whaou, ça alors ! Vous avez vu le numéro de ce mois-ci du journal de l'école ? S'exclama Ron ébahi. Ils ont réussi à avoir une interview exclusive de James Evans, ben ça alors !

- Vraiment ? S'étonna Hermione.

- Oui, oui ! C'est à Colin Crivey qu'on doit l'exploit apparemment. Il a même réussi à prendre Evans en photo on dirait bien.

Hein ? Ce fut la seule réflexion cohérente que l'esprit de Harry réussit à faire. Quelle photo ?

- Fais voir ça, murmura-t-il tout en attrapant l'exemplaire que le roux tenait entre ses mains.

Cette photo… Il allait tuer Ginny ! C'était elle qui l'avait prise et ça, il en était certain.

- STOP ! s'écria une voix forte et bien connue.

Draco Malfoy semblait ne plus supporter la nuée de fans qui l'entouraient et le harcelaient de questions. Au moins il n'était pas le seul à être furieux de l'article à ce qu'il lui semblait.

- Ecoutez, je n'ai pas la moindre idée de ce qui se passe dans la tête d'Evans, c'est assez simple à comprendre non ?

Hermione tapota ses lèvres avec son index.

- Qu'y a-t-il sur Malfoy dans l'article ?

- Pas grand-chose, répondit Ron.

- Mais ça suffit à faire jaser.

- Heureusement que tu as rendu ton devoir commun depuis plusieurs semaines Harry, sinon tu aurais eu à supporter sa mauvaise humeur aujourd'hui, ricana le rouquin.

- Draco Malfoy n'est pas méchant tu sais, tempéra le brun.

Il le pensait sérieusement. Au cours des derniers mois, il en était venu à apprécier l'héritier Malfoy. A vrai dire. Il y avait un côté fascinant derrière son masque de froideur.

- Euh…Dois-je te rappeler toutes les fois où il s'est moqué de ton apparence ? Hasarda son meilleur ami.

- Je suis passé à autre chose, répondit Harry tout en haussant les épaules. D'ici moins de quatre mois nous aurons tous quitté cette école.

- Déjà…blanchit Hermione. Dans une semaine, le défilé de fin d'études ! Bon Dieu ! Dire qu'on y joue notre avenir !

La jeune fille pâlit à vue d'œil. Il était de notoriété publique qu'Hermione Granger stressait dès qu'il s'agissait de juger son travail. Or, lors du défilé de fin d'études, chaque étudiant en stylisme devait présenter un modèle unique de sa conception. C'était une étape très importante aussi pour les élèves de la filière mannequin qui portaient les créations des apprentis stylistes. Une sorte de coopération entre les deux voies complémentaires

Des journalistes de revues internationales de mode ainsi que des grands noms du milieu venaient assister à la représentation afin de repérer les talents prometteurs. D'où l'anxiété croissante de la brune. Pour une fois, elle ne surestimait pas l'importance de cet évènement.

- Mais j'admets qu'il était assez attendrissant avec le bout de chou, glissa Ron pour éviter qu'Hermione ne meure d'une syncope en pensant à la semaine à venir.


- Bon sang ! Mais qu'est-ce qu'il fout ?

Hermione faisait les cent pas, en vain. Dean Thomas qui était son mannequin pour le défilé n'était toujours pas arrivé. Elle lui avait pourtant demandé de venir en avance pour être sûre qu' il soit prêt à l'heure.

- On a encore plus d'une heure devant nous 'Mione. Sans compter que les loges n'ont pas encore été attribuées.

En effet, les étudiants attendaient encore de savoir où ils pourraient s'installer pour se préparer. Le bâtiment de l'école utilisé à l'occasion du défilé était doté, comme dans le monde professionnel, de plusieurs loges pour que les mannequins puissent s'habiller et se maquiller à leur aise. Généralement les stylistes restaient avec eux jusqu'au dernier moment pour effectuer les dernières retouches si nécessaure.

Hermione, Ron, Harry et Ginny étaient ensemble devant l'entrée du bâtiment. Pas loin d'eux Lavande Brown discutait avec les jumelles Patil. Ron devait défiler pour la première. Ils étaient déjà nombreux à être présents et la tension ne cessait de monter en grade.

Le professeur Sullivan, s'occupant en partie de la formation stylisme, arriva devant les élèves, tenant entre ses mains plusieurs feuilles de listes.

- Bien, nous avons établi l'ordre de passage et l'attribution des loges. Je vais les afficher dès à présent. Essayez de ne pas tous vous précipiter en même temps.

La première à revenir avec les informations nécessaires fut Lavande, qui entraîna alors de suite le rouquin avec elle.

- A tout à l'heure, eut tout juste le temps de leur glisser Ron.

Harry, Hermione et Ginny avancèrent à leur tour vers les fiches. La moitié du groupe d'étudiants était déjà partie en direction de la bonne loge.

- Numéro douze, s'exclama à voix haute Hermione pour elle-même, Dean n'étant toujours pas arrivé.

- Loge douze aussi, remarque Ginny en se tournant vers Harry. On reste ensemble tous les trois si je comprends bien.

Ils se dirigèrent vers les coulisses tout en discutant joyeusement, même si la brune gardait une moue très inquiète. Que pouvait donc bien faire son mannequin ?

Quand ils ouvrirent la porte, ils eurent la surprise de voir que la loge était déjà occupée par une autre personne. Draco Malfoy en personne, finissant de retoucher son fond de teint.

- Bonjour Malfoy, le salua poliment Hermione.

- Quels sont vos numéros de passage ? Demanda-t-il en guise de salutation.

- Vingt-sept, répondit la jeune styliste.

- Vingt-neuf ! S'exclama Ginny tout excitée à la place d'Harry.

- Je serais entre vous deux donc…, marmonna le blond.

Pour la rouquine, ce défilé représentait aussi une étape importante. Même si elle n'était pas encore officiellement à Poudlard, elle savait que c'était déjà une opportunité pour se faire remarquer par quelques recruteurs.

Draco de son côté voulait prouver qu'il était aussi bon styliste que mannequin. C'était pour cette raison qu'en plus d'avoir conçu seul la tenue qu'il présenterait ce jour-là, il était aussi celui qui la porterait au défilé.

La loge était minuscule, ils tenaient à peine à eux quatre. C'était une pièce unique de quelques mètres carrés. Il y avait un portant pour y suspendre les tenues posées sur des cintres, ainsi que des tablettes fixées au mur, avec devant un siège pour s'asseoir et en face un miroir. Quelques prises électriques et un sèche-cheveux complétaient le décor.

Rien n'était prévu pour ménager une quelconque intimité. Mannequins hommes comme femmes devaient se changer sous les yeux des autres.

Bip Bip Bip Bip. Le téléphone d'Hermione sonnait, celle-ci s'empressa de décrocher en voyant le nom apparaître sur l'écran.

- Bon sang Dean, où es-tu au juste ?

- …

- Quoi ? Mais est-ce que tu seras là à temps au moins ?

- …

- Le défilé débute dans dix minutes Dean…

- …

- Je ne sais pas, on est vingt-septième.

- …

- Merde ! cracha la styliste tout en lançant rageusement son portable contre le mur.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Ginny qui finissait d'enfiler la tenue créée par Harry.

- Dean ne sera pas là avant une bonne heure ! Voilà ce qui se passe ! Je n'ai plus de mannequin, c'est foutu ! Termina-t-elle tout en éclatant en sanglots.

Ginny se précipita à ses côtés, tentant de la réconforter.

- Pas de pot Granger…Demande toujours à la belette, avec de la chance il y a assez de délai entre le passage pour Brown et le tien, glissa Draco.

- Non, ce n'est pas possible. Ron est bien plus grand que Dean, sans même parler de ses cheveux qui ne seraient pas du tout en harmonie avec la couleur de ma création…

- Attends… S'écria Ginny tout en détaillant Harry. Tu as juste besoin d'un mannequin brun de la même carrure que Dean Thomas, c'est bien ça ? Termina-t-elle limite hystérique.

Harry ouvrit les yeux en grand en comprenant où la jeune fille voulait en venir.

- Mais oui ! Ginny, tu es géniale !

Le brun se précipita alors vers le portant et saisit la tenue créée par son amie.

- Qu'est-ce que ?

- Hermione, est-ce que tu as confiance en nous ? Demanda Ginny.

- Euh…

- Laisse-nous faire s'il te plaît, on te promet qu'on a une solution, et qui plus est, elle est de taille. Crois-moi, tu y gagnes largement au change, conclue-t-elle avec un sourire immense.

Draco arqua un sourcil de son côté mais ne dit rien. Il devait déjà finir de se préparer lui-même sans avoir à s'occuper des tracas de ses voisins de loge. Entre-temps le défilé avait déjà débuté, on pouvait entendre la musique de fond. Encore quelques finitions et il pourrait se rendre près de l'entrée du podium.

Ginny s'occupait de se maquiller seule, elle en avait l'habitude après tout et surtout Harry avait bien autre chose à faire à présent. Il avait ôté tous ses vêtements bien trop larges sous les yeux d'une Hermione toujours anxieuse.

Le brun souffla, rassuré, lorsqu'il enfila la tenue qui était à sa taille. Dean était bâti relativement comme lui par miracle.

- C'est incroyable… Murmura Hermione qui fixait toujours son mannequin remplaçant. Bordel Harry, pourquoi tu ne portes jamais de vêtements seyants alors que tu as un corps de rêve.

Cette phrase suffit à faire se retourner Draco qui se mit à déglutir. Combien de fois s'était-il moqué de Potter au juste ? Même si là il ne le voyait que de dos, le brun s'étant retourné pour se changer, le blond n'aurait jamais pensé que sous ses vêtements informes, Harry Potter pouvait être aussi bien fait de sa personne.

- Ginny, j'ai besoin de mes lentilles s'il te plaît. Demanda Harry, qui ne voulait pas encore se retourner, d'un ton bien plus assuré que celui qu'il avait généralement à Poudlard.

A vrai dire, il sentait l'angoisse monter en lui. Ce n'était pas à l'idée de défiler, loin de là, mais il savait que d'ici quelques minutes il devrait se retourner et ainsi dévoiler son plus grand secret à Hermione Granger…Et peut-être même à Draco Malfoy si ce dernier n'était pas sorti entre temps.

Le numéro quatorze fut appelé. Combien de temps leur restait-il avant de monter sur scène à leur tour ? Pas bien longtemps. Draco Malfoy était prêt, Ginny semblait l'être aussi, même si Harry aurait dû, en bon styliste, vérifier que tout était en ordre. Mais il n'avait pas le temps…

- Les voilà.

Ginny lui tendait une petite boite contenant les lentilles. Harry ôta ses lunettes et les donna à la rouquine qui s'empressa de les ranger. Puis elle se saisit d'une brosse, d'un sèche-cheveux, de gel et d'une trousse de maquillage pour venir en aide au brun qui terminait de poser les lentilles de contact sur ses iris.

- Ce n'est pas pour dire…Mais même si Potter peut se permettre de rentrer dans du 38, ça ne rattrapera pas sa tête, ne put s'empêcher de lancer Draco.

Le ton employé n'était pas moqueur, il se contentait d'énoncer les faits.

- Malfoy ! S'il te plaît …, le supplia Hermione. Ce n'est pas le moment, d'accord ? Rien ne se passe comme prévu et c'est déjà un miracle que ma création aille à Harry. Ce qu'il fait est déjà plus que suffisant à mes yeux.

- Mais puisque je vous dis de ne pas vous inquiéter, maugréa Ginny en levant les yeux au ciel, tandis qu'elle apportait une dernière touche de gel aux cheveux du brun.

Harry vérifia via le petit miroir intégré au poudrier qu'il n'y avait pas de retouche à faire. Il lui restait à appliquer légèrement du mascara et un trait de khôl. Ce qu'il fit. Ginny le regarda avec approbation.

- Compte tenu du peu de temps, on peut dire que tu es parfait, comme toujours. Tu es prête Hermione ?

Cette dernière hocha imperceptiblement la tête, redoutant le pire, mais elle ne s'attendait certainement pas ce qu'elle était sur le point de découvrir.

- OH MON DIEU ! OH…MON…DIEU ! C'EST IMPOSSIBLE ! Cria-t-elle de sa voix la plus aiguë possible.

Draco Malfoy faisait quant à lui le poisson rouge, refusant de croire à ce qu'il avait sous les yeux.

- C'est une blague ? Finit-il par répliquer.

- Visiblement non mon cher Draco Malfoy, mais je te saurais gré de ne pas ébruiter l'affaire. Pareil pour toi Hermione.

Ni Hermione, ni Draco ne répondirent quoi que ce soit. Ils n'arrivaient tout simplement pas à croire que James Evans était sous leurs yeux. D'autant plus que quelques minutes avant, cette même personne était Harry Potter, un jeune homme au physique bien ingrat.

Le numéro vingt-quatre fut appelé, il était temps pour Harry de rejoindre la scène. Il n'avait que deux minutes s'il se fiait à son expérience. Il se précipita hors de la loge, Ginny, Hermione et Draco juste sur ses pas.

Le blond gardait un air troublé, ne réussissant pas à reprendre contenance. Comment avait-il pu ne rien remarquer avant ? Comment avait-il pu ne jamais faire le lien alors qu'il avait eu si souvent James Evans et Harry Potter sous les yeux ? Il avait travaillé en binôme avec le binoclard sans ne jamais se douter de rien. C'était impossible…

La voix du présentateur retendit, le sortant de ses pensées.

- Hermione Granger vous présente un costume homme, porté par le mannequin Dean Thomas…

Harry fit son entrée, devant un public qui lui non plus n'en revenait pas.

- Ah… Mais non C'est James Evans qui porte le costume de Miss Granger, c'est incroyable !

Incroyable était bien le terme. Un léger brouhaha retentissait à présent, sans compter les nombreux flashes. Cette apparition inattendue du mannequin en vogue pour un défilé scolaire allait faire jaser.

- Draco Malfoy porte son propre ensemble décontracté…

Lorsque le brun sortit de scène, Ginny était sur le point d'y entrer à son tour, portant la création d'Harry à la perfection. Il avait toute confiance en elle et pouvait donc s'éloigner le plus rapidement possible. Il n'était pas question qu'il retourne dans sa loge, celle-ci allait à tous les coups être envahie de curieux en tout genre.

Le mannequin fut rarement si heureux de connaître Poudlard à ce point. Il savait par où passer pour sortir du bâtiment discrètement et rejoindre l'aile désaffectée de l'école. Après ça, il enverrait un SMS à Ginny pour qu'elle le rejoigne avec ses affaires. James Evans venant de défiler pour Hermione Granger, ce serait cette dernière que tout le monde suivrait à la trace, pas la rouquine.


Le soir même de la représentation de l'école, Harry avait un shooting en plein centre de Londres pour un magazine. Il savait par avance que son rival y serait aussi. A présent qu'il connaissait son secret, il redoutait de le voir.

Le brun soupira tout en entrant dans le bâtiment. Il s'était contenté de passer à son appartement pour prendre une douche, enfiler d'autres vêtements et refaire un make-up. Mis à part ça, il restait le même que quelques heures auparavant.

- Evans… Cracha Draco en le voyant, le bloquant alors dans un coin de couloir fort heureusement désert. Dois-je continuer à t'appeler comme ça ?

- Ça serait préférable et très gentil de ta part, oui, se contenta de répondre Harry d'un ton las.

- Tu as dû bien t'amuser n'est-ce pas ? proclama le blond, toujours avec hargne.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Ah ? Et toutes les fois où tu as joué la comédie à Poudlard, te montrant même « sympa » avec moi…

- Ecoute, le coupa le brun, je n'ai jamais joué une quelconque comédie. Tu peux être un vrai connard quand tu t'y mets Draco, mais tu as aussi un côté que j'apprécie, à mon grand dam. J'ai appris à faire la différence entre le Draco mannequin et le Draco du reste du temps. Tu devrais faire de même pour moi…

Sur ces dernières paroles, il laissa en plan le blond pour rencontrer le photographe pour qui il posait. Draco Malfoy mettrait du temps à tout digérer, mais il faudrait bien qu'il se fasse une raison.


A suivre…