Epilogue – Une semaine plus tard (ATTENTION LEMON !)

« Don ! Mais à quoi tu joues, là ? Je te signale que tu dois écrire un courrier recommandé pour mettre fin à ton bail de location !, dit Charlie en riant et en repoussant pour la énième fois son petit ami qui ne cessait de vouloir l'embrasser.

- Mais Charlie... Demain j'aurai TOUTE la journée pour faire cette fichue lettre ! Et puis tu sais que je n'ai jamais été très doué pour ce genre de formalités. Non pas que je ne sache pas le faire, mais je n'ai jamais été un expert pour les formules tarabiscotées de politesse qui concluent en général ce genre de correspondance ! De plus, je suis plutôt motivé pour faire autre chose..., répondit l'agent du FBI en capturant les lèvres de son compagnon.

- Don... »

Les deux hommes s'embrassèrent tendrement, puis le plus âgé alla poser le bloc-notes et le stylo qu'il avait sur les genoux sur la table de nuit. Le mathématicien le regarda faire en souriant et en secouant doucement la tête: quand Don avait une idée dans la tête... il était impossible de le faire changer d'avis ! Ce dernier se rassit à côté de son compagnon et l'enlaça pendant qu'il prenait à nouveau possession de ses lèvres. L'agent du FBI fit allonger son petit ami, se mit à califourchon sur lui et entreprit de l'embrasser dans le cou.

Charlie ne put rien faire d'autre que fermer les yeux et soupirer d'aise. Il était évident que Don avait envie de faire avec lui autre chose qu'un courrier administratif, et ce d'autant plus qu'ils ne s'étaient pas beaucoup vus de la semaine avec pour le mathématicien la préparation des examens de fin d'année à l'université. Le jeune homme se décida alors à caresser le dos de son compagnon, qui murmura, ses lèvres collées aux siennes:

« Charlie... J'ai envie de toi... Tes caresses et tes baisers m'ont trop manqués pendant la semaine... Je suis complètement en manque de toi là...

-Don... Ce n'est pas que je ne veuille pas, mais... je crois que je ne me sens pas encore prêt pour... « l'étape finale », répondit le plus jeune en rougissant.

Depuis leur toute première étreinte, Don avait doucement et progressivement préparé Charlie à accepter un jour cette fameuse étape finale que représentait l'union charnelle. L'agent fédéral parvenait maintenant à introduire deux doigts dans l'intimité de son compagnon et celui-ci appréciait peu à peu les sensations que pouvaient procurer ces caresses.

Don sourit et embrassa le mathématicien:

« Eh bien là tu vois, je n'en suis pas aussi sûr... Je sais que tu as encore des appréhensions, or depuis le temps tu sais aussi qu'avec une bonne préparation, il n'y a aucune raison pour que tu aies mal... D'ailleurs tu commences même à trouver cela agréable !

-Oui, c'est vrai... Mais je... je ne sais pas, j'ai l'impression que je ne vais pas y arriver, que tu vas être déçu...

-Et pourquoi je serais déçu ? Ecoute, Charlie, même si ce n'est pas encore aujourd'hui que je pourrai te faire l'amour, au moins nous aurons passé un moment ensemble, et c'est ça le plus important, non ?

-Tu as raison... Mais j'aimerais tellement que ma première fois se passe bien, et là j'ai comme un pressentiment...

- Charlie...

- Oui ?

- Et si tu déconnectais ton cerveau pour une fois ? Je suis sûr qu'en mettant tes neurones en stand-by, tu serais tellement détendu que tu ne t'inquièterais même pas de la pénétration, mais plutôt du plaisir que tu pourrais ressentir !

- Je...

- Plus un mot ! Maintenant tu fermes les yeux et tu te laisses aller, compris ? Ou alors tu t'occupes l'esprit avec tes formules de maths, mais tu te changes les idées ! OK ? »

Charlie obtempéra et reprit ses caresses. Don déboutonna la chemise de ce dernier et glissa ses mains sous le vêtement. Le mathématicien fit de même avec celle de son aîné, après avoir au préalable fait tomber la veste de costume de ce dernier au sol. Les deux hommes allaient s'attaquer chacun au pantalon de l'autre, lorsque...

« Don ! On dirait ton portable...

- On s'en fiche ! Il y a un répondeur, alors si c'est vraiment important, la personne laissera un message ! Là tu vois, j'ai beaucoup mieux à faire en cet instant que décrocher ce fichu téléphone !

- Mais Don, on ne sait jamais... C'est peut-être le FBI... ou peut-être, qui sait, mon... oncle... », dit timidement Charlie, conscient de refroidir quelque peu les ardeurs de son compagnon.

-Ok, Ok... C'est bon, ça va, je vais décrocher puisque tu y tiens tellement !, râla l'agent fédéral en se relevant pour aller chercher son portable sur la table de nuit. Oui, allo, ici l'agent Don Eppes... Oui ? Oh... Bonjour Monsieur Vezziano ! Oui, oui il est là, il est à côté de moi... Bien sûr, je vous le passe... »

Don tendit l'appareil à son compagnon, qui, à la mention du nom de Vezziano, s'était prestement relevé du lit:

« Eh bien Charlie, on dirait que tu l'as senti ! C'est ton... oncle. »

Le mathématicien prit l'appareil et souffla doucement:

« Allo ? Bonjour, Monsieur Vezziano.

-...

-Bien, merci, et vous ?

-...

- Si j'ai de quoi écrire ? Euh... attendez un instant, je... »

Avant que Charlie ait eu le temps de terminer sa phrase, Don avait déjà pris le bloc-notes et le stylo qu'il avait lui-même posés sur la table de nuit quelques instants auparavant, et les donna à son compagnon.

« C'est bon, Monsieur Vezziano, reprit le mathématicien, je vous écoute.

- ...

- Tanner ? C'est bien ça ? C'est le nom qu'elle porte aujourd'hui ?

-...

- Son mari s'appelle John, votre neveu Anthony et votre nièce Laura.

- ...

- D'accord...

- ...

- Et elle enseigne au collège... Mais...

- ...

- Ecoutez, l'année scolaire finit dans un mois, et je doute de pouvoir la rencontrer sur son lieu de travail pendant l'été... Vous ne voulez vraiment pas me dire où je pourrais la voir en dehors de là ?

-...

-Oui, d'accord, je comprends Monsieur Vezziano..., soupira Charlie. Je... Merci en tout cas de m'avoir donné toutes ces informations, c'était plus que je n'en pouvais espérer... Bon, eh bien si je veux la voir, il ne me restera plus qu'à attendre la rentrée scolaire donc !

-...

-Oui... Merci, Monsieur Vezziano, au revoir... »

Charlie mit fin à la communication et posa le téléphone à côté de lui sur le lit. Le jeune homme était perdu dans ses pensées. Don s'empressa de remettre son portable sur la table de nuit puis, enlaçant son compagnon:

« Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit ?

-Euh... Eh bien, ma mère est mariée depuis 24 ans à un homme du nom de John Tanner, ils ont eu deux enfants ensemble, Anthony et Laura. Il a 22 ans et elle 19. Ma mère est professeur de mathématiques au collège F.D.Roosevelt à San Francisco et si je veux la rencontrer, je devrai attendre la rentrée de septembre, car son frère n'a pas voulu me donner son adresse personnelle ! Mais bon, ça je peux le comprendre, c'est vrai, ce n'est pas parce que je suis son neveu biologique qu'il peut forcément me faire confiance et tout me dire... Donc maintenant il ne me reste plus qu'à patienter deux bons mois...

- Charlie, tu ne reprends les cours à la fac que début octobre, pas vrai ?

- Oui, mais pourquoi cette question, Don ?

- Eh bien... Au collège, la rentrée se fait début septembre, donc, pourquoi n'essaierais-tu pas d'aller à San Francisco à ce moment-là, je ne sais pas moi, mettons un vendredi ou un samedi, enfin un jour où tu seras sûr de trouver ta mère à son boulot, comme ça tu arrives, tu demandes à lui parler...

-Mais sous quel prétexte, Don ?, le coupa Charlie. En supposant que je me rende à San Francisco, quelle excuse pourrais-je bien lui présenter ? Tu me vois arriver devant elle et lui dire de but en blanc que je suis le fils qu'elle a mis au monde lorsqu'elle avait 19 ans ?

- Rien ne t'oblige à lui révéler la vérité le jour même ! Pour l'instant, il s'agit simplement d'établir le contact. Tu devrais bien trouver un sujet de conversation, non ? Tiens, pourquoi ne lui dirais-tu pas que tu as un projet, un... programme de maths à destination des collégiens, et que pour ça tu aurais besoin de collaborer avec des profs qui enseignent en collège, et que tu as entendu parler d'elle par des collègues !

- Encore faudrait-il qu'elle ait fait parler d'elle, justement... Si elle avait fait des recherches ou publié quelque chose, je pense que j'en aurais entendu parler... Quoique... Attends, tu te rappelles que lors de notre visite à Paolo Vezziano, il avait dit qu'elle lisait des revues consacrées aux maths ? Il me semble que « Mathematica » et le « Mathémagicien » sont des magazines plutôt destinés à l'enseignement secondaire, et... il serait tout à fait possible que ma mère ait un jour rédigé un article pour l'un ou l'autre de ces titres... Ce sont des magazines qui sont généralement fait pour les mathématiciens par d'autres mathématiciens, enfin... ceux qui ont le courage d'élaborer des textes et qui ne sont pas trop mauvais en rédaction !, ajouta Charlie en riant.

- Qui sait ? En tout cas, ça vaut la peine de chercher, non ? Comme ça, tu auras une bonne base pour démarrer la discussion !

- C'est vrai, je pourrais même éventuellement demander à Larry de m'aider dans cette recherche...

- Mais cette recherche peut attendre un peu, non ?

- Eh bien, je suppose que oui... Pourquoi ?

- Mmmmh... Nous n'avions pas commencé quelque chose quand le téléphone a sonné ?

- Je crois, oui...

- Et tu serais partant pour... reprendre là où nous nous étions arrêtés ?

- Je ne sais pas... dit Charlie avec un petit sourire en coin.

- C'est ce qu'on va voir... », déclara Don en prenant possession des lèvres de son compagnon, lequel le repoussa en riant:

«Pas si vite, mon cher ! Je viens tout juste de recueillir quelques précieuses informations, alors là, tu vois, j'aimerais bien d'abord les mettre en sûreté ! Je n'ai aucune envie que tu envoies ce bloc-notes valser dans un coin de la chambre, ou pire, que tu m'allonges dessus !

-Comme si je n'allais pas te laisser quelques instants pour poser tes affaires ! Non mais tu me prends pour un sauvage, ou quoi ?

- Tu sais, Don, je te connais maintenant depuis suffisamment longtemps sur le plan intime pour pouvoir dire que dans le feu de l'action...

-Quoi ?

- Tu es...

- Je suis... ?

- Eh bien, disons... tu es parfois quelque peu... impulsif, ou, si tu préfères, un brin fougueux... voire même beaucoup...

- Ah oui ? Et tu n'as pas peur que je te saute dessus alors ? Parce que je te rappelle qu'avant ce coup de téléphone, je t'ai dit que tu m'avais manqué pendant la semaine, non ?

- Oui, et ?

- Et alors, tu vas me faire le plaisir de poser ce fichu bloc-notes sur la table de nuit, ou alors tu seras obligé d'aller porter plainte contre moi pour agression sexuelle et viol ! »

En entendant ces dernières paroles, Charlie fut pris d'un fou rire, qui se propagea rapidement à Don. Les deux hommes passèrent ainsi plusieurs minutes à se tenir les côtes, puis, peu à peu, ils retrouvèrent leur souffle. L'agent du FBI adressa alors au mathématicien un regard plein de tendresse mais où brillait également une lueur de désir:

« Charlie...

- Oui ?

- Je peux te sauter dessus ? »

Pour toute réponse, le plus jeune fit un grand sourire en inclinant timidement la tête. Les deux hommes se regardèrent et sentirent que le désir qu'ils avaient l'un de l'autre revenait peu à peu. Ils se déshabillèrent entièrement assez rapidement, et bientôt Don gémit sous les caresses de Charlie qui avait entrepris de s'occuper de sa virilité avec ses lèvres. Après quelques minutes de délicieux tourments, l'agent du FBI demanda au mathématicien d'échanger les places et lui fit subir les mêmes outrages. Mais cette fois, il prit soin au préalable de sortir du tiroir de la table de nuit un tube de lubrifiant et un préservatif. Depuis leur première étreinte, Don s'était empressé d'acheter ce qu'il fallait, espérant de tout son coeur que Charlie se laisserait bientôt aimer.

Le mathématicien se sentait bien. Il n'aurait su dire pourquoi, mais le fait d'avoir eu cette petite discussion avec le frère de sa mère l'avait détendu, et il se surprit à avoir envie que Don aille titiller son intimité. Celui-ci, justement, avait momentanément cessé ses caresses pour enduire une de ses mains de lubrifiant. Les deux hommes se regardèrent, le plus jeune releva ses cuisses puis l'agent du FBI introduisit doucement un premier doigt et amorça un petit va-et-vient. Quelques minutes plus tard, un autre doigt vint rejoindre le précédent et Charlie commença à gémir.

Don se sentait terriblement excité par la situation, et il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas prendre son petit ami sur-le-champ. Celui-ci se détendait lentement mais sûrement et l'agent du FBI finit par ajouter un troisième doigt, ce qui fit réagir Charlie: son regard se posa sur la main qui le préparait et en voyant qu'ils étaient allés plus loin que la fois précédente, il comprit qu'il pouvait enfin envisager de s'unir charnellement à Don. Le mathématicien posa sa main sur celle de son compagnon et lui imposa le rythme des caresses. Il gémit plus fort puis il appuya doucement sur le bras de l'agent fédéral pour qu'il retire ses doigts. L'aîné des deux hommes prit alors un mouchoir pour y frotter rapidement sa main, et il ouvrit l'emballage du préservatif. Il déroula ce dernier sur son érection et y appliqua un peu de lubrifiant. Don positionna sa virilité à l'entrée de l'intimité de Charlie, puis, tout en lui caressant doucement la poitrine, il le pénétra lentement.

En sentant Don entrer en lui, le mathématicien s'était légèrement crispé, mais son amant lui avait pris la main et l'avait posée sur sa propre virilité pour l'encourager à se caresser. L'agent du FBI savait parfaitement que la première fois pouvait être un peu difficile, il était lui-même passé par là il y a bien longtemps... Aussi attendit-il patiemment que le jeune homme se décontracte pour venir un peu plus en lui. Ce dernier lui fit savoir qu'il avait un peu mal mais que c'était supportable, et au bout de plusieurs minutes ponctuées de baisers et de caresses, Don fut enfin complètement en Charlie. Celui-ci inspira plusieurs fois pour bien se relaxer, puis il dit à son compagnon qu'il pouvait commencer à bouger.

L'agent du FBI se mit alors à onduler très lentement des hanches, à la fois pour que son amant s'habitue peu à peu aux sensations et pour que lui-même parvienne à maîtriser son excitation afin que leur étreinte ne s'achève pas trop rapidement. Charlie se mit à soupirer, ses joues rougirent peu à peu, et il demanda à Don d'aller un peu plus vite. Ce dernier lui sourit tendrement et l'embrassa, pendant que les hanches du mathématicien se mettaient à onduler au même rythme que les siennes, de plus en plus vite. Tout à coup, Charlie se cambra en criant son prénom, et Don venait à peine de réaliser que son amant avait eu un orgasme qu'il fut lui aussi emporté par sa propre jouissance.

Les deux hommes restèrent dans les bras l'un de l'autre un moment, puis Don se retira doucement pour s'allonger sur le dos à côté de Charlie. Il tendit le bras pour attraper deux mouchoirs sur la table de nuit, l'un pour y mettre le préservatif, l'autre pour nettoyer le ventre de son petit ami. Les deux amants se regardèrent, puis le mathématicien vint se blottir dans les bras de son compagnon. Chacun des deux savait que la situation se passait de paroles, et tous deux savaient également que les événements récents ainsi que l'évolution de leur relation amoureuse allaient leur offrir de nouvelles perspectives.

FIN DU DEUXIEME VOLET.