Note de l'auteur:Ce one-shot est totalement indépendant et il n'y a pas d'autres Missions de prévues. Il y en aura peut-être, ou peut-être pas. Lire les aventures de l'agent Popo en premier peut aider à se mettre dans le bain, mais ça n'est pas indispensable. Pour ce que ça vaut, vous avez ma parole: personne ne mange de caca de manière visible dans cette Mission. Les reviews nourrissent la muse de nonjon. Merci.

Note de la traductrice: Et voilà le deuxième et pour l'instant dernier OS des Missions de l'AD. Si jamais il y en a d'autres, nulle crainte, je m'empresserai de sauter dessus. Pour ceux d'entre vous qui ont aimé ces deux fics, je précise que j'en ai une troisième du même auteur sous le coude, à hurler de rire bien que dans une veine plus... gauloise. Enfin j'ai un petit OS slash à faire avant mais ça ira vite (en plus ça fera plaisir aux sirristes, aux snaristes ET aux snackeuses, c'est pas beau ça ?).

Bon, bonne lecture, et obéissez bien à Pattenrond.

THE DA MISSIONS: AGENT FURRY FURY, par nonjon


LES MISSIONS DE L'AD : AGENT FOURRURE FURIEUSE

Albus parcourut du regard l'assemblée, constituée de membres de l'Ordre. Ses yeux s'arrêtèrent un peu plus longuement sur Rémus Lupin, et il poussa un soupir. "Je crains qu'Amos n'ait raison. Il est plus que probable que l'Acte de Régulation des Lycanthropes ne soit adopté. Les crimes commis pas Fenrir Greyback et les loup-garous qui se sont mis à son service ont eu un effet catastrophique sur l'opinion publique."

"Ca ne fera que les pousser tous vers Voldemort," ajouta Amos Diggory. "Mon contact dit qu'ils sont prêts à prendre le risque, les droits de quelques loup-garous ne pèsent pas lourd devant le désir de sécurité des masses."

"Il n'y a rien que l'on puisse faire ?" demanda Tonks d'un ton suppliant. "J'ai entendu dire qu'ils voulaient ajouter une annexe pour lever des fonds qui serviront à construire des camps de contrôle."

"Des centres ludiques," la corrigea Lupin. "Ca devrait être beaucoup plus facile à mettre en place une fois que tous les loup-garous seront enregistrés et qu'on leur aura tatoué leur numéro de contrôle."

"Je suis sincèrement navré, Rémus," admit Albus avec tristesse. "Il est peut-être temps de penser à déménager. Vous pourriez rassembler une aide internationale pour l'Ordre. Mais je crains que vous ne soyez plus en sécurité en Grande-Bretagne."

Dans un coin du bureau agrandi par la magie du Directeur, une plante en pot à laquelle personne n'avait prêté attention se leva et se retourna, révélant ainsi Hermione Granger, couverte de feuillage factice fait maison.

"Ceci est une mission pour l'AD !" s'exclama Hermione d'une voix forte en pointant vigoureusement un doigt en l'air.

Puis elle lança une petite palet rond au sol, qui explosa dans un grand éclair de lumière et d'épaisses volutes de fumée.

Alors que ceux qui étaient assis le plus près se mettaient à tousser et clignaient des yeux pour chasser l'image du flash, ils s'aperçurent qu'Hermione avait quitté le bureau.

Minerva toussait avec une main devant la bouche, tout en agitant l'autre pour chasser la fumée. "Je ne l'avais même pas vue. Quelqu'un savait qu'elle était là ?"

"Rien vu du tout," admit Maugrey. "L'est passée au travers de mon œil."

Albus lança un sortilège pour se débarrasser de toute cette fumée et poussa un soupir. "Comment se fait t-il que les membres de l'AD s'abaissent au niveau de maturité de Mr Potter ? Pourquoi aucun n'a-t-il l'effet inverse sur lui ?"

"Parce que c'est un chef né ?" suggéra Tonks.

"Parce qu'il est brillant ?" proposa Fred.

"Parce que c'est une machine à rétamer les mages noirs bavards et vantards ?" musa George à haute voix.

Rogue eut un sifflement irrité. "Vous n'avez jamais entendu parler des questions rhétoriques, bande d'imbéciles ?"

"Si, absolument," répondit Fred du tac au tac.

"A de nombreuses reprises," poursuivit George.

"Je sais pas," dit Tonks en se grattant le menton. "A quoi ça ressemble ?"

Rogue était livide de rage. "Elles ressemblent à…"

"C'était rhétorique," le coupa sèchement George.

"Imbécile," acheva Fred.

Tout le monde se tourna vers Tonks, qui se contenta de hausser les épaules. Au bout d'un moment, elle ajouta: "Enfoir…"

"Merci, Tonks," l'interrompit Albus. "Poursuivons, je vous prie." Albus fit un signe de tête à Kingsley, et se demanda silencieusement combien des réunions de l'AD étaient aussi productives pour Harry.


Ron grimpa sur l'estrade et s'assura que tous les membres de l'AD le regardaient. "Ok, c'est parti. Qui veut du gâteau ? Et qui veut retirer son pantalon ? Vous ne pouvez en choisir qu'un seul sur les deux."

"Ah, ah, ah," intervint Harry en pointant l'un des membres de l'assistance du doigt. "Pas toi, Jordan. Ton pantalon restera là où il est, c'est clair ? Et la prochaine fois que Neville te pose une question, qu'est-ce que tu fais ?"

"Je réponds avec des mots, pas avec des actes," répondit Lee en rechignant.

Harry sourit et se rassit avec un hochement de tête.

Ron, toujours sur l'estrade, demanda: "Tout le monde garde bien sa baguette dans sa poche arrière ?" En voyant les hochements de têtes et les murmures approbatifs, il poursuivit. "Quelqu'un s'est fait sauter une fesse ? Des démangeaisons ? Plus de gaz que d'habitude, peut-être ? Non ? Rien ?"

Ron soupira à la vue des signes négatifs de la tête et des nons murmurés. "Très bien. Encore un de leurs mensonges et leurs manipulations pour nous contrôler."

Colin Creevey releva le nez de l'immense registre dans lequel il était en train d'écrire. "Je vais le mettre juste avant "la pureté du sang a de l'importance" et après "obligation de faire enregistrer sa forme animagus".

"Un dernier sujet avant que je cède la place," dit Ron avec un coup d'œil à sa liste. "Pendant la dernière réunion, je sais pas qui c'est et je veux pas le savoir, mais quelqu'un a ensorcelé le papier dans les toilettes des garçons pour que les feuilles deviennent des pages du journal intime de Rogue. Pas cool, les gars. Sérieux, pas cool."

"Merci Ron," dit Harry en prenant sa place sur l'estrade. "Je pense que l'on peut estimer sans aucun doute que le coupable, qui que je sois, a été puni d'une grosse fessée pour avoir été un vilain chenapan. Et maintenant, la leçon du jour. Anthony et moi-même allons vous apprendre comment attraper, tuer et faire cuire un poulet en se servant uniquement des Impardonnables. Anthony, c'est toi qui fait le poulet."

"Commandant Suprême !" s'exclama Hermione en déboulant dans la pièce. "L'AD Junior a failli à sa tâche ! La solution finale lycanthropique se poursuit librement."

Harry poussa un soupir. "J'aimerais pouvoir dire que je suis surpris. Où en sont vos préparations, Madame le Président en Chef du Département de Recherche Granger ?"

"L'Opération Tolérance ou Sinon est fin prête et attend votre approbation," répondit Hermione en se tenant droite et raide.

"Officier en Chef du Contre-espionnage Lovegood," appela Harry. "Comment avance votre projet ?"

"Je n'ai toujours pas trouvé le moyen de faire tenir le balai dans le sens de la largeur," répondit immédiatement Luna.

"Pas ce projet là," la corrigea Harry.

"Oh," dit Luna dans un éclair de compréhension. "L'agent double Quidon est prêt à accomplir sa mission."

"Madame le Président en Chef du Département de Recherche Granger," Harry se leva et lui fit un salut. "L'Opération Tolérance ou Sinon est maintenant lancée, sous votre tutelle directe. Pour la durée de cette mission je vous baptise par la présente agent Fourrure Furieuse."

Le visage d'Hermione s'éclaira, et elle sembla gonfler de fierté. "Merci, Commandant Suprême. Avec votre permissions, je vais commencer immédiatement à travailler sur les potions, et je vous expliquerai votre rôle ce soir."

"Permission accordée, agent Fourrure Furieuse."

Hermione hocha la tête, et s'en fut à grands pas vers son laboratoire, la tête haute et le maintien ferme et résolu.

Harry jeta un coup d'œil à sa montre et dit: "On a presque une minute de retard par rapport à l'ordre du jour. Et si on annulait la session éducative d'aujourd'hui pour aller à la plage ?"

Tous les membres de l'AD éclatèrent en applaudissements et en sifflets, pour féliciter la plus géniale des organisations secrètes jamais créées.


Tonks sentit son bandeau se desserrer et tomber, et elle put enfin voir dans quelle pièce on l'avait emmenée. Elle était assise dans un siège en cuir douillet, dans un bureau mal éclairé qui lui était inconnu. En face d'elle, derrière un bureau en bois sculpté absolument massif, se tenait Harry Potter. Le jeune homme était installé dans un fauteuil encore plus impressionnant, les pieds posés sur le bureau, Pattenrond dans les bras. Il observait silencieusement Tonks tout en caressant le chat, qui ronronnait avec bonheur.

"Où sommes-nous, Harry ?" demanda Tonks en observant la pièce.

"Aujourd'hui, je ne suis pas là en tant que Harry," dit-il tout en continuant à laisser glisser sa main sur la fourrure de Pattenrond. "Aujourd'hui, je suis là en tant que ton Commandant."

Tonks se raidit et bondit sur ses pieds. "Je sers pour le plaisir de mon Commandant Suprême."

"Excellent, agent Quidon, car j'ai une mission pour vous," lui dit Harry. Il baissa les yeux sur le chat qui se tenait sur ses genoux. "Pattenrond, tu sais ce que je dois te demander. Si tu y es prêt…"

"Miaou," répondit le félin. Il bondit à terre et se rendit rapidement dans le couloir, en passant la porte à pattes de velour.

"Agent Quidon," Harry se leva, reportant ainsi l'attention de Tonks de la porte que venait de franchir Pattenrond sur lui. "Votre responsabilité sera de vous assurer que Rémus Lupin passe de bonnes vacances et reste dans l'ignorance quant à la situation en Grande-Bretagne jusqu'à ce que l'on vous ramène à bon port. Je laisse les moyens d'y parvenir à votre discrétion."

"Oui, Commandant Suprême," répondit Tonks en faisant un salut militaire.

"Bien, suivez-moi…," dit Harry en posant une main sur son épaules, "Square Grimmaurd." Juste au moment où Harry annonçait la destination, il lança violemment par terre un petit palet, qui éclata dans une explosion de lumière et de magie.

Tonks ferma les yeux juste avant que le flash ne l'aveugle, et elle se retrouva soudain sur les marches du perron, Square Grimmaurd, avec Harry. "Rémus a énormément de valeur, mais pour le moment il doit rester dans le noir, alors tâchez de repousser la tentation de le recruter," expliqua Harry en frappant à la porte d'entrée.

Rémus vint ouvrir, légèrement surpris. "Harry ? Tu n'es pas censé être en classe ?"

"Enfin Lunard," dit Harry avec un sourire. "Es-tu vraiment certain que je n'y sois pas ?"

Rémus eut un sourire en coin et ouvrit la porte pour les laisser entrer. "Est-ce que le Directeur sait que tu es là ?

Harry entra, et Tonks le suivit diligemment à l'intérieur. Il la désigna du pouce et répondit: "Tu crois que c'est qui qui a insisté pour que je sois accompagné d'un Auror ?"

"Bien, parfait," Rémus eut un rictus un peu vicieux. "Vous gagnez le droit de m'aider à faire mes bagages."

"Ouais," répondit lentement Harry. "Écoute, en parlant de ça, tu ne vas pas quitter le pays tout de suite."

"Ah bon ?"

"Non," dit Harry. "Tu pars en vacances."

Rémus fronça les sourcils et constata que Tonks ne faisait rien pour l'aider. "Et qu'en pense le Directeur ? Il a fait beaucoup d'efforts pour m'obtenir un entretien avec l'ambassadeur de France."

"T'inquiètes pas de ça," dit Harry en agitant nonchalamment une main. "Je le dirai à Albus moi-même. Mais comme tu le sais, Patmol m'a laissé une certaine somme à distribuer dans son testament. Et c'est la raison pour laquelle tu pars en croisière en Scandinavie. Et avant que tu essayes de refuser ou de t'enfuir, le bateau a des locaux spéciaux et du matériel pour s'occuper correctement de certains passagers qui auraient de petits soucis pendant la pleine lune."

Rémus n'avait jamais entendu parler d'une chose pareille, mais il était intrigué. En dépit de tout ça, il se sentit obligé de remettre l'idée en question. "Je ne crois vraiment pas que ce soit le bon moment pour ça."

"Stop. Non," dit Harry comme s'il était en train de gronder un jeune enfant. "Pas de discussion. Tu sais ce que stipule le testament de Sirius, et j'ai déjà acheté deux tickets non remboursables."

"Deux ?" Rémus avait vraiment besoin de clarifications. "Tu viens avec moi ?"

Harry fit non de la tête. "Désolé Lunard, pas cette fois, j'ai des trucs à faire. Mais je me suis dit que tu voudrais de la compagnie. Tu peux peut-être inviter, je sais pas moi, une métamorphomage qui te file de rêves mouillés, n'importe qui."

Rémus se sentit rougir, et le loup en lui se mit à hurler à la mort. "Très subtil, Harry."

Ce dernier vit que Tonks rougissait presque autant que Rémus. "J'ai donné aucun nom. Ca pourrait être n'importe qui. Mais je suis obligé de mentionner que j'ai ton portoloin pour les docks sur moi et que le paquebot lève l'ancre dans cinq minutes."

"Cinq minutes !"

Harry hocha la tête en vérifiant sur sa montre. "Attrape tout ce qui a une valeur sentimentale et dont tu peux pas te passer, mais tout ce qui peut être acheté, vêtements compris, ça sera sur la caisse noire de Sirius."

"D'accord, d'accord," dit Rémus, qui commençait à paniquer. "J'ai besoin de quoi ?"

"Un compagnon de voyage, ce serait pas mal," suggéra Harry.

"Okay," répondit brillamment Rémus. "Tonks… heu… tu veux bien…"

"D'accord, » répondit Tonks avec un petit sourire.

"Génial !" dit Rémus avec juste un peu trop d'excitation. Il répéta, un peu nerveusement : "Génial."

Harry les vit échanger des coups d'œil timides, tournant alternativement les yeux vers lui. Après quinze secondes d'un échange de regards silencieux, Harry en eut assez et plongea une main dans sa poche. Il en ressortit un préservatif, qu'il lança à Rémus. "Attrape !"

Les reflexes animaux de Rémus lui permirent de se saisir du prophylactique au vol, avec l'espoir que Tonks n'ait pas eu le temps de voir ce que c'était. Il n'envisagea même pas la possibilité que l'objet ait pu être son portoloin.

Tonks vit Rémus disparaître et se tourna vers Harry avec l'air méfiant. "Je vais avoir des problèmes au travail ?"

Harry fit signe que non. "Amélia me doit une faveur. Et ça dépend du ministre, mais tu pourrais bien te retrouver attachée de façon permanente."

"Attachée à quoi ?"

Harry eut un sourire et plongea la main dans son autre poche. Il en sorti un paquet de trois petites culottes comestibles. Il les lui lança et dit "Permission de vous retirer, agent Quidon."

Tonks serra le paquet contre elle et disparut.


"Harry, je trouve ça merveilleux que tu désires entrer dans le monde de la politique pour aider les loup-garous, et Rémus en particulier. Mais je ne crois pas que tu parviennes seul à faire une différence dans le vote pour l'Acte de Régulation des Lycanthropes," prévint Dumbledore alors qu'ils entraient tous deux dans la salle ou siégeait le Magenmagot.

Harry poussa un soupir. "Je vous suis reconnaissant de vous inquiéter Albus, mais je suis tout à fait prêt à être en minorité sur la question une fois que tout aura été dit."

Albus hocha la tête, et ils entrèrent dans le tribunal. De nombreuses têtes se tournèrent sur leur passage. Albus prit son siège à la place d'honneur en tant que Grand Manitou du Magenmagot, pendant que Harry se dirigeait vers l'endroit auquel les Black s'asseyaient traditionnellement, entre les Nott et les Jugson.

Albus, surpris, cilla en voyant où Harry avait choisi de s'asseoir. Il savait que Nicholas Nott et Jonathan Jugson ne tenteraient rien en plein milieu d'une session de vote, mais ça restait tout de même légèrement déconcertant.

Albus se leva pour parler. "Comme vous l'avez probablement remarqué, Harry Potter s'est joint à nous pour ce vote, comme le siège dont il a hérité lui en donne le droit. Il espérait pouvoir dire quelques mots à propos de l'Acte de Régulation des Lycanthropes."

"Merci, monsieur le Directeur," dit Harry avec un signe de tête tout en se levant. Il vit que les deux hommes soupçonnés d'être des Mangemorts avaient l'air extrêmement mal à l'aise de se retrouver ainsi dans la position inconfortable d'avoir le regard de toute la salle tourné vers eux. "J'ai bien lu tout le jargon légal touchant à l'Acte de Régulation des Lycanthropes, ainsi que toutes les additions et les amendements qui ont été proposés ou ajoutés. Et je dois dire que cette tentative de contrôle pathétique est totalement ridicule."

Albus fit la grimace et espéra que Harry savait dans quoi il allait se fourrer.

"Je me rend bien compte que vous avez tous consacré beaucoup de temps et de travail à tout ça," poursuivit Harry en secouant la tête. "Mais c'est à croire que vous n'y connaissez rien du tout aux loup-garous."

Harry constata que tout le monde l'observait attentivement, certains avec curiosité, d'autres avec un dédain à peine dissimulé. "Je parle de droits ici, de libertés. De droits civiques de base."

Harry inspira profondément et commença à élever de plus en plus la voix tout en abattant son poing dans la paume de son autre main. "Et si je ne veux pas avoir à cohabiter ces bêtes vicieuses et stupides, c'est mon droit et je ne devrais pas y être obligé. Où est la taxe sur les loup-garous ? On devrait pouvoir leur donner plus d'impôts qu'aux vrais gens. On devrait pouvoir leur refuser l'entrée à nos magasins, nos bâtiments publics, notre ministère et nos écoles. Ce sont des créatures dangereuses et maléfiques, et elles sont une verrue sur le face de notre société !" conclut Harry d'une voix forte qui recouvrit les quelques sifflets et insultes intermittents. La majorité de l'assemblée avait commencé à l'acclamer et à applaudir à l'instant où il avait prononcé le mot "bêtes".

Du coin de l'oeil, Harry vit l'air sidéré d'Albus. Harry poursuivit, et continua à jeter de l'huile sur le feu. "Les loup-garous devraient être obligés de rester à l'arrière du Magicobus si on leur donne le droit de monter ! Les loup-garous devraient avoir leurs propres toilettes pour ne pas polluer celles des vrais sorciers ! On ne veut pas de loup-garous à proximité de nos enfants. Le mariage est censé être entre un homme et une femme, pas entre un homme et une créature violente et incontrôlable !"

Le brouhaha des disputes dans tous les coins du tribunal devenait progressivement assourdissant. Harry criait maintenant à pleins poumons, sa voix raisonnant dans toute la pièce. "Si on les tuait tous, alors il n'y en aurait plus jamais d'autre !"

Des applaudissements délirants emplirent le tribunal, et les quelques opposants à l'Acte de Régulation des Lycanthropes avaient l'air complètement défait.

Les partisans, eux, commencèrent vivement à composer de nouveau amendements, à la lumière de soutien politique de Celui Qui A Survécu et de ses nombreuses suggestions quant au contrôle des loup-garous. La nouvelle annexe comprenait tout ce qu'il avait mentionné, mais l'opposition n'accepterait pas toutes ces altérations sans contrepartie.

En premier lieu, les opposants à l'Acte exigèrent que les loup-garous soient autorisés à travailler pour le Ministère, et qu'on mette en place une action de discrimination positive dans tous les départements ayant quinze employés ou plus. Les conservateurs refusèrent en bloc. Les opposants essayèrent de baisser le nombre requis d'employés lycanthropes, mais en vain.

Après près d'une demi-heure de chamailleries, les deux partis parvinrent à se mettre d'accord sur un compromis. Presque tout ce que la majorité voulait voir ajouté à l'Acte était inspiré des paroles enflammées de Harry. Dans un geste de bonté admirablement creux envers les opposants à l'Acte, on ajouta une appendice qui permettait au loup-garous de continuer à travailler au Ministère pendant un mois. Il n'était par ailleurs précisé nulle part qu'ils devaient être rémunérés, le texte disait simplement qu'il n'y avait aucune loi les empêchant de travailler au Ministère pendant les trente prochains jours, et pas plus.

Albus n'avait eu aucune opportunité de parler à Harry durant la session, mais il savait qu'il devait avoir un tour dans sa manche. La version augmentée et finalisée de l'Acte de Régulation des Lycanthropes fut néanmoins mise au vote et ratifiée avec une majorité très large.

"J'en tiens un !" s'exclama une voix depuis le fond de la salle. "J'ai un loup-garou. Il était en train de torturer une jeune fille !"

L'assemblée se tourna et vit un homme menoté obligé de descendre les escaliers à coups de pieds.

"Mais il est hideux !" s'exclama l'un des membres.

"Ne le laissez pas blesser quelqu'un d'autre !" beugla un autre.

"Je veux le voir mort !" cracha Harry. "Attachons-le ! On devrait le pendre ! On devrait lui faire une injection léthale ! Il faut électrocuter cette vermine répugnante !"

"Mr Potter, ça suffit !" tempêta Albus.

"Oui, il a raison," répondit un autre homme. "Deux sur trois sera amplement suffisant."

"Leurs pouvoirs maléfiques les rendent résistants," dit Harry d'une voix sèche en ignorant royalement le directeur. "Il faut lui lancer un Avada Kedavra en plus !"

"Oh, je vous en prie," supplia l'un des membres de l'opposition.

Harry fronça les sourcils. "Vous avez raison, ce serait cruel. Mais on peut toujours fabriquer une chaise électrique... en argent !"

"Mort à la vermine !" s'exclama une vieille femme en colère.

"Silence !" ordonna Albus. "Cet homme a le droit d'avoir un procès avant que vous ne le condamniez tous. Je n'avais jamais vu un alarmisme et une psychose aussi répugnants !"

"Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?" répliqua Harry, à présent leader de facto de la majorité anti loup-garous, d'une voix forte. "Il était en train de torturer une petite fille. Devons-nous vraiment refaire vivre l'enfer à cette pauvre enfant innocente en la forçant à se retrouver de nouveau en présence de cette bête ?"

L'homme menoté avait dévalé les marches jusqu'au milieu du tribunal et luttait à présent pour au moins se mettre à genoux. "J'ai torturé personne, je lui ai juste demandé si elle avait de la monnaie."

Harry bondit sur ses pieds et pointa un doigt vengeur sur l'homme allongé face contre terre. "Il a avoué ! Attachez-le ! Il est temps de montrer au monde que nous sommes sérieux à propose de l'Acte de Régulation de Lycanthropes !"

La foule s'était dressée derrière lui, et plusieurs personnes avaient commencé à prendre des mesures concrètes. Une chaise en argent poli fut érigée sur un podium qui pouvait monter et s'abaisser plus vite que la gravité ne devrait le permettre. Une seringue d'un vert fluorescent emplie d'un liquide d'origine mystérieuse fut programmée pour injecter son contenu à la première application de poids. Le prisonnier fut enchaîné au fauteuil et l'on serra un noeud coulant autour de son cou. Il haletait et tressaillait, et son corps grésillait au contact de la chaise. Quelqu'un enfonça la seringue dans son bras et on attendit que le réservoir se vide. On resserra le peu de mou qu'avait la corde pendant que la galerie continuait à papoter avec animation.

"Je ne peux pas laisser ça continuer en toute bonne conscience," insista Albus en élevant la voix. "Vous êtes en train de commettre une atroce injustice."

"Vous êtes en minorité, Grand Manitou," répliqua Tiberius Ogden, l'un des partisans les plus fervents de l'Acte assis tout près du directeur, d'un air sévère. "Nous avons une loi ratifiée et la majorité de notre côté cette fois."

Albus vit que Harry avait l'air parfaitement calme et continua de l'observer très attentivement. Le loup-garou tremblait, et son corps s'était mis à fumer aux endroits où la chaise touchait sa peau nue.

"La chaise est totalement chargée en foudre magique," annonça un sorcier vêtu d'une cape avec une capuche rabattue et doté d'une voix extraordinairement grave. "A votre signal."

Albus vit que Harry ne disait rien et en profita pour se tourner vers le loup-garou, qui à présent gémissait. Il ne savais pas quelle magie était à l'oeuvre ici, mais il était bien obligé de croire que Harry n'allait pas réellement soutenir et encourager l'exécution d'un loup-garou. "Quelles sont vos dernières paroles ?"

"Les dernières paroles sont réservées aux humains," insista Ogden. "Cette bête ne mérite pas de telles considérations. Allez y !"

Le sorcier encapuchonné hocha la tête et appuya sur le bouton qui était relié à la machine de mort faite à la va-vite.

L'effet fut instantané. L'électrocution fit passer un courant de magie dans tout le corps du malheureux pendant que l'injection répandait la substance mortelle dans ses veines, et la chaise commença à tomber sans que personne ne la retienne. Pendant un instant, la tête de l'homme sembla être sur le point de se détacher au cours de la chute.

Une énorme explosion de magie émana du corps du loup-garou condamné que tout le monde regardait à part deux personnes. Albus n'avais pas détaché les yeux de Harry, et ainsi ils furent les deux seuls à pouvoir ériger à temps un bouclier très rare et très spécialisé.

L'exécution devint brutalement encore plus répugnante lorsqu'un geyser de sang se répandit partout, aveuglant par là même tout le monde. La véritable fontaine du liquide épais et visqueux était clairement constituée de bien plus de sang qu'un corps humain, même très gros, ne pouvait naturellement contenir.

La vague de magie, sous forme d'une brume rouge, recouvrit tout et tout le monde. Le sang entra dans la bouche et les yeux des gens, les aveuglant, et recouvrit leur corps d'une épaisse couche tiède et poisseuse.

Harry retira son bouclier et vit Albus faire de même. Il adopta un air surpris. "Voilà qui était inattendu," commenta t-il.

Ensuite commencèrent les hurlements.

"Mon anneau ! Il me brûle ! Ca fait mal !"

"Aaah !" beugla une femme tout en arrachant son collier de sa poitrine. Elle le regarda brûler sa main avec horreur avant de le jeter par terre.

Dans la salle, tous ceux qui portaient de l'argent se rendirent compte que son simple contact leur était douloureux.

La plupart des gens avaient commencé à utiliser des sorts pour nettoyer le sang.

Albus se hâta de faire appeller tous les guérisseurs disponibles pour qu'ils viennent le plus vite possible.

Quelque volontaires venaient de terminer de faire disparaître les dernières traces de sang, y compris sur les murs et le plafond. Ils se mirent à humer l'air. "C'est quoi cette odeur ?"

Une vieille femme brisa sa baguette en deux par accident. "Doux Merlin ! Je ne maîtrise pas ma propre force !"

Jugson et Nott semblaient en pleine crise de panique, ce qui enchanta Harry.

Des guérisseurs se précipitèrent sur place pour examiner tout le monde, en commençant par les nettoyer de tout ce sang dans l'espoir de déterminer s'ils avaient ou non été blessés.

"A la lumière des horreurs dont nous venons tous d'être témoins," dit Albus en prenant son marteau. "Il me semble que nous devrions suspendre la séance pour aujourd'hui."

Tibérius Ogden lui confisqua le marteau juste au moment où il allait l'abattre sur le pupitre. "Non !"

"Mr Ogden," dit Albus en fronçant les sourcils. "Nous venons de traverser une terrible épreuve. Nous ne sommes pas en état d'accomplir quoi que ce soit de plus pour le moment."

"Non !" répliqua Ogden avec véhémence en serrant le marteau contre lui. "On ne peut pas suspendre la séance, pas tout de suite !"

Albus baissa légèrement la tête pour pouvoir regarder l'honoré membre du Magenmagot par dessus ses lunettes. "Sauf si vous avez suffisamment de soutien pour me mettre en minorité, ce n'est pas à vous de prendre cette décision."

"Hé, écoutez-moi tout le monde !" s'exclama Ogden. "Nous avons été exposés à une explosion magique et à du sang de loup-garou. Et maintenant, la plupart d'entre nous ont développé une allergie à l'argent, une sensibilité sensorielle plus aiguë et une plus grande force. Une fois sortis de ce tribunal nous risquons tous d'être sujets à l'Acte que nous venons de ratifier.

"Mme Fixington ?" demanda Albus.

La guérisseuse en chef se tourna vers lui et fit non de la tête avec un air triste. "Tous ceux qu'on a testé jusqu'à présent ont un résultat positif pour la lycanthropie."

"Vous êtes tous des monstres !" Harry bondit sur ses pieds, l'air furieux. Ils faisait sans cesse volte-face et bondissait en tous sens pour essayer de se maintenir à distance de tous ceux qui l'entouraient. "Ne m'approchez pas !"

Nicholas Nott fit un mouvement derrière Harry, mais ce dernier le vit faire du coin de l'oeil. Il se tourna vers lui à toute vitesse et l'envoya voler à travers la pièce avec un stupéfix dans lequel il avait mit trop de puissance.

"Il essayait de me mordre !" hurla Harry. "Vous êtes tous en train de devenir fous ! Finie la stupéfixion, le prochain qui m'approche goûtera à mon sortilège de Lance d'Argent !" Harry leva sa baguette bien haut tout en continuant à pivoter sur place.

"Baissez votre baguette, Mr Potter," dit Albus avec insistance tout en sortant sa propre baguette.

"Comment est-ce que je peux être sûr que vous n'êtes pas l'un d'eux ?" grogna Harry en pointant sa baguette vers lui.

"Est-ce qu'un guérisseur serait assez aimable pour nous tester, Mr Potter et moi-même ?" demanda Albus avec fermeté. "Et ensuite retournez vérifier la lycanthropie chez tous les autre."

Harry ne baissa pas sa garde et garda un oeil sur tout ce qui l'entourait. Les guérisseurs annoncèrent bientôt que ni Harry ni le directeur n'étaient des loup-garous, but jusqu'à présent ils étaient les seuls. Il n'échappa pas à ceux qui attendaient encore de passer le test que personne d'autre qu'eux n'avait réussi à ériger un bouclier à temps.

"Vermine puante," marmonnait Harry dans sa barbe. "Sang-mêlés... animaux... répugnants... pervers..."

"Je demande la radiation totale de l'Acte de Régulation des Lycanthropes," s'exclama Tibérius Ogden en rendant son marteau à Albus.

"Ne me touchez pas, lamentables vermines !" aboya Harry lorsque plusieurs personnes se tournèrent pour lui jeter des regards incrédules. Il s'adressa à l'assemblée alors qu'on finissait de déclarer les derniers en bonne santé mais positifs pour la lycanthropie. "Vous ne pouvez pas radier la loi que vous venez de ratifier. Votre opinion ne devrait même plus compter."

Albus n'était pas très sûr de ce qui était en train de se passer, mais apparemment Harry avait réussi à changer tous les membres du Magenmagot en loup-garous. "Quelque soit votre opinion sur le sujet Mr Potter, la loi stipule clairement que les loup-garous ont le droit de travailler pour le Ministère. Et si une majorité significative est d'accord pour annuler cette loi, alors elle le sera, c'est écrit dedans. Et vous-mêmes avez voté en faveur de cette loi."

"Flûte !" s'exclama Harry en claquant les doigts avec irritation. "Mis à bas par ma propre épée."

"Haha !" jubila Jugson un peu plus loin. "Laissez la politique aux adultes, petit Potter. Vous êtes en minorité et seul dans votre camp. L'Acte de Régulation des Lycanthropes sera rejeté."

Harry fit un mouvement de la tête attristé et lança la prochaine étape le l'opération Tolérance ou Sinon. "Je suis peut-être en minorité pour le moment, mais tout le monde sait que la lycanthropie n'a que que vingt-cinq pourcent de chances d'être génétiquement transmise. Attendez une seule génération et les vrais humains auront de nouveau le pouvoir. Et ensuite nous pourrons éliminer le problème, de manière permanente !"

"Jamais, Mr Potter !" s'exclama l'un des membres de l'assemblée. "Nous allons instituer de nouvelles lois. Des lois écrites par des loup-garous et dont il faudra une large majorité de loup-garous pour la renverser ou la radier."

"Damnation," jura Harry en levant le poing avec colère. "Mes plans sont déjoués !"

Albus se dit que Harry en faisait peut-être un peu trop, mais ce qu'il fit ensuite le laissa ébahi.

"Je sais !" s'exclama Harry. "J'ai le Ministre de mon côté. Il déteste les loup-garous encore plus que moi !"

Plusieurs membres du Magenmagot tinrent un conciliabule avant que l'homme ne donne sa réponse. "Nous avons une majorité. On peut le destituer immédiatement !"

"A la porte, Fudge !"

"Et qu'est-ce que vous ferez ?"demanda Harry avec hargne. "Vous n'allez quand même pas obliger le monde sorcier à vivre avec un Ministre lycanthrope ? Ca fera un tollé. Je mènerai la révolution moi-même avant de vous laisser transformer ces murs sacrés en votre petit zoo personnel."

Plusieurs personnes échangèrent des regards nerveux alors que Harry recommençait à agiter sa baguette pour forcer ceux qui se tenaient le plus près de lui à reculer un peu plus.

Tout le monde était complètement déconcerté, et Harry ne voulait pas leur laisser le temps de reprendre leurs esprits. "De toute façon, aucun d'entre vous ne comprend ce qu'est la douleur de la transformation, ni comment contrôler le loup en vous, comment ne pas vous soumettre à son pouvoir."

Un brouhaha apeuré à propos de leurs nouvelles vies et des ramifications de ce qu'il venait de se passer s'éleva dans tout le Magenmagot.

"Il faut construire des foyers gouvernementaux spéciaux pour les pleines lunes," suggéra quelqu'un. "On pourra fournir la potion Tue-Loup à ceux qui ne peuvent pas se la payer."

"Et des bourses pour Poudlard," aventura une femme. "Plus des modifications dans tous les bâtiments publics pour les rendre accessibles aux loup-garous."

"Dix millions de gallions pour la recherche d'un remède !" s'exclama une seconde femme, s'attirant ainsi des applaudissements.

"Cinquante millions !" répliqua un homme, suscitant des acclamations encore plus bruyantes.

"La discrimination basée sur une affliction non voulue sera rendue illégale !" beugla fièrement quelqu'un.

Albus tournait la tête en tous sens pour essayer de suivre, sans pouvoir en croire ses oreilles.

"Ca ne marchera jamais," leur hurla Harry. "Tant que je suis là et que j'ai le soutien du ministre, vous n'avez aucun pouvoir dans cette cour. Les vrais gens n'accepteront jamais ça !"

"Je sais !" s'exclama Jonathan Jugson en s'éloignant de Harry pour bien montrer qu'il ne lui voulait aucun mal. "Vous avez dit que nous ignorions ce que ça signifie d'être un loup-garou. C'est pourquoi nous allons nommer votre ami Rémus Lupin Ministre par intérim."

Harry étrécit les yeux sous le regard anxieux de l'assemblée. Il se tapota le menton, en pleine réflexion. "C'est quelqu'un d'assez bien..." Harry fronça les sourcil comme s'il venait d'avaler quelque chose de répugnant et ajouta: "Pour un loup-garou."

"Et nous allons créer un nouveau département," suggéra un autre homme. "Si le Ministre en poste n'est pas affecté par la lycanthropie, alors il faudra un Directeur des Affaires Lycanthropiques qui aura un pouvoir égal à celui du Ministre. Et il ne pourra être renvoyé de son bureau qu'avec l'accord du Magenmagot et les signatures d'au moins mille loup-garous sur une pétition."

Harry se tourna vers Dumbledore et lui adressa un petit sourire. "On dirait bien que je n'ai pas le choix."

Dumbledore se contenta de le fixer d'un regard incrédule et un peu effrayé à l'idée de ce qu'il venait d'accomplir. Tout les autres commencèrent promptement à rédiger les nouvelles lois après un vote officiel pour annuler la version originale de l'Acte de Régulation des Lycanthropes (qui était passé avec la majorité écrasante de 159 votants pour le oui et 1 Commandant Suprême pour le non). Fudge fut éjecté de son poste à l'unanimité et Rémus Lupin fut désigné Ministre par intérim sans que personne ne le prévienne ni ne lui demande son avis.


Une semaine plus tard, le matin suivant la pleine lune, Tonks reçut un portoloin et l'ordre de l'AD de ramener un Maraudeur épuisé et franchement suspicieux Place Grimmaurd, raccourcissant par la même leur croisière de quatre jours.

En entrant dans la cuisine ils trouvèrent un brunch qui les attendait sur la table.

Assis à une extrémité se trouvait Harry, occupé à mâcher des morceaux de banane en en donnant un sur deux à Hermione qui était perchée sur ses genoux, la tête posée sur son épaule.

"Salut, Lunard," salua Harry en cassant un morceau de fruit pour le glisser dans la bouche d'Hermione. "La forme ?"

"J'ai mal partout, je suis crevé, et je me demande pourquoi je suis revenu en Angleterre," grommela Rémus en s'asseyant à la table et en s'emparant de quelques morceaux de bacon.

"Hermione m'a fait remarquer quelque chose de très intelligent qui m'avait échappé," répondit Harry. "Ta campagne sera bien plus facile si on te vois frais et dispos le matin suivant la pleine lune, prêt à travailler."

"Ma campagne ?" répéta Rémus d'un ton perplexe. "Ecoute Harry, je sais que tu voulais m'éloigner pour que je ne sois pas au courant," Il se tourna pour adresser un sourire plein de douceur à Tonks. "Mais avant que je parte, Amos m'avait déjà donné un bracelet spécialement enchanté pour me donner les résultats du vote au cas où ils avancent la séance à ce mois-ci. Il a viré au noir il y a une semaine, alors je sais que l'Acte a été ratifié. Est-ce qu'il y a eu d'autres amendements de rajoutés ?"

Lorsqu'Hermione répondit, elle arborait un grand sourire. "Oui, Harry. Dis-lui quels amendements ont été ajoutés."

Harry leva les yeux au plafond. "Il y a eu quelques ajouts assez... peu ragoûtants," expliqua t-il. "Des restrictions sur un certain nombre de choses, comme un impôt sur la respiration par exemple, mais inutile de t'en inquiéter. Parce que ce que ton joli petit bracelet ne t'a pas dit, c'est que l'Acte a été totalement retiré moins de deux heures plus tard."

Rémus hochait la tête en s'attendant au pire. Surpris, il se figea et fixa Harry du regard, un morceau de bacon dépassant de sa bouche. Il l'avala et demanda : "C'est vrai ?"

Hermione souffla d'un air agacé en se tournant vers son ancien professeur. "Je vous l'avais dit que c'était un travail pour l'AD."

"Je dois admettre avoir eu quelques espoirs en t'entendant dire ça, mais après que le bracelet..." Rémus s'interrompit un instant avant de demander: "Alors c'est tout ? Plus besoin de m'inquiéter à l'idée d'être tatoué et balancé dans un camp ludique ?"

"Non," lui assura Harry. "Aucune raison de s'en faire."

"Une seconde," répondit Rémus. "Si l'Acte a été rejeté, pourquoi je dois aller me montrer ou faire campagne pour les droits des loup-garous ou je ne sais quoi ?"

Harry poussa un soupir. "Franchement, les membres de l'AD Junior ne sont pas très vifs."

"Vous n'avez pas écouté ? L'AD s'est chargée de tout," expliqua Hermione. "Les droits des loup-garous sont parfaitement garantis et vous n'aurez plus jamais besoin de vous inquiéter de ça."

"Alors pourquoi je peux pas aller me coucher ?" geignit Rémus.

"Parce qu'il est encore trop tôt pour repousser l'idée d'une réélection," répliqua Hermione. "Si après quelques semaines vous décidez que vous n'êtes pas fait pour être Ministre de la Magie, alors vous pourrez vous retirer de la course du printemps prochain et faire toutes les grasses matinées que vous voudrez."

Rémus regarda Tonks, puis Harry et Hermione. Il répéta les mots qu'il venait d'entendre dans sa tête encore et encore, avant de simplement répondre : "Quoi ?"

"Tu as été nommé Ministre intérimaire de la Magie ," répéta Harry fort et lentement.

"Quoi ?" demanda de nouveau Rémus.

"Tu veux que je te fasse un dessin ?" dit Harry avec lassitude. "L'agent Fourrure Furieuse, commandant en chef de l'Opération Tolérance ou Sinon, a créé une nouvelle maladie magique que les guérisseurs de Ste Mangouste ont commencé à appeler fausse-anthropie ce matin, parce qu'elle imite tous les aspects de la lycanthropie en dehors de la transformation lunaire."

"En dehors de la trans..." Rémus s'arrêta et se pinça pour s'assurer qu'il n'était pas en train de dormir. Lorsqu'il ne se réveilla pas, il se retourna vers Harry et Hermione. "Oui, oui il faut que tu me fasses un dessin. Donc, une fois de plus, hmm... quoi ?"

"L'agent Fourrure Furieuse," répéta Harry. "a créé une potion qui a pour effet de vous rendre allergique à l'argent de manière permanente tout en augmentant légèrement la force et l'odorat. Avec l'aide de l'agent Orange, elle est parvenue à en faire une arme et même à la faire répondre positivement au charme standard pour dépister la lycanthropie."

Hermione enchaîna avec un sourire. "Et donc, le Commandant Suprême est allé au Magenmagot et a déchaîné tout le monde avec son discours sur le danger et le fardeau que représentent les loup-garous pour la société. Moins d'une heure plus tard ils étaient tous surexcités et prêts à 'exécuter' les cinq cent litres de sang contaminé qu'ils croyaient être un loup-garou qui faisait la manche."

Rémus les écouta en marmonnant de temps à autre "Quoi ?" dans sa barbe.

Harry poursuivit. "En un clin d'oeil tout le monde à part Albus et moi croit être devenu un loup-garou et tout d'un coup l'Acte de Régulation des Lycanthropes n'a plus du tout l'air aussi fun pour les concernés. Un petit coup de coude ici et là et Fudge se retrouve à la porte, on a un Directeur des Affaires Lycanthropiques en poste permanent qui a autant d'autorité que le Ministre..."

"Des bourses pour Poudlard," ajouta Hermione. "La potion Tue-Loup fournie par le gouvernement..."

"Des foyers spéciaux pour les transformations, cinquante millions de gallions pour la recherche," reprit Harry. "Oh, et évidemment tu as été nommé Ministre de la Magie par intérim."

"Evidemment," répondit Rémus d'un ton moqueur en hochant la tête et en jetant un coup d'oeil à Tonks, qui avait l'air aussi surprise que lui. "Moi, Ministre de la Magie. Parfaitement logique."

"Ca l'est," expliqua Hermione. "Après tout, Harry était le dernier représentant anti loup-garous important qui restait, et donc ils avaient besoin de quelqu'un qu'il approuverait pour le poste. Dans le cas contraire il risquait de prendre la tête de la révolution contre les bêtes sauvages répugnantes qui remplissaient le Magenmagot."

"Et d'ici une semaine ou deux," compléta Harry. "La plus brillante sorcière de Poudlard créera un merveilleux traitement contre la fausse-anthropie qui fera date. Qui sait, peut-être que le Ministre la récompensera d'une médaille spéciale pour son incroyable découverte."

"Bien sûr," confirma Rémus. "Un geste d'approbation du Ministre."

"L'un dans l'autre," dit Harry en souriant à Hermione. "Je dirais que cette mission fut un succès, agent Fourrure Furieuse."

"Merci, Commandant Suprême."

"Je crois que je ferais bien d'aller me coucher," dit Rémus en se levant. Il coupa court à toute protestation en ajoutant d'un ton moqueur : "Les apparitions et les réélections peuvent attendre."

Harry sentit Hermione gigoter joyeusement sur ses genoux alors que Rémus était déjà à mi-chemin du couloir. "Et surtout, n'oublie pas Lunard, en tant que Ministre tu peux choisir toi-même les aurors attachés à ta protection permanente. Alors si jamais il y a une metamorphomage qui te files des rêves mouillés, tu pourrais peut-être penser à elle."

Rémus adressa un faible sourire à Tonks, qui elle souriait de toutes ses dents.

"Je vais faire une sieste," dit-il en sortant de la cuisine.

En le voyant partir, Harry s'exclama : "C'est pas vraiment ce que j'avais à l'idée en disant de penser à elle, mais ça marche aussi !"


Note de l'auteur: Ainsi s'achève le deuxième volet des Missions de l'AD. Pattenrond vous ordonne de reviewer.