NUMBERS TRILOGIE: "PASSE, PRESENT, FUTUR"

III - FUTUR: "De nouvelles perspectives"

Disclaimer: les personnages ne m'appartiennent pas, ils restent la propriété de leurs créateurs. J'écris pour le plaisir et ne perçois aucune rémunération.

Genre: NC-17, romance + un poil de drame + un zeste d'humour

Pairing: Don / Charlie

remarques de l'auteur:

Don et Charlie ont 5 ans d'écart et dans ma fic ils ont 35 et 30 ans (leurs dates de naissance seront celles des acteurs)

les flash-back sont en italique, de même que les pensées des personnages

les personnages de Carolina Johnson, Gabriella et Paolo Vezziano, John Tanner et ses enfants Laura et Anthony sont des inventions de mon cru.

AUCUN SPOILERS

Présence de « guest stars » dans les chapitre 1 et 3... et ne me dites pas que vous ne les reconnaîtrez pas !

Résumé: Charlie a appris qu'il a été adopté et que Don est amoureux de lui. Les deux hommes ont débuté une relation sentimentale, qui s'épanouit peu à peu. Don souhaite annoncer à tout le monde qu'ils sont dorénavant un couple et non plus des frères, et Charlie a entamé des démarches pour rencontrer sa mère biologique...

I: Cours de mathématiques au collège Roosevelt

La cloche du collège retentit, annonçant la fin du cours. Les élèves commencèrent à ranger leurs affaires, lorsque la voix de leur professeur les rappela momentanément à l'ordre:

« S'il vous plaît, je n'ai pas terminé ! Je sais bien qu'il est samedi et que la semaine est terminée, mais je vous rappelle que pour mardi, il vous faudra faire les cinq exercices de la page 42 ! La semaine prochaine nous continuerons encore les révisions pendant deux cours, avant d'attaquer le programme de cette année ! La page 42, tout le monde a bien noté ?

-Oui madame..., répondirent les élèves en choeur.

-Bien, sur ce, je vous souhaite un bon week-end, et un bon appétit.

-Merci madame !, lancèrent quelques adolescents..

- Au revoir Madame Tanner !, dirent les élèves en passant devant son bureau.

- Au revoir, répondit celle-ci. Oh, attendez, s'il vous plaît ! Nathan, Peter ! J'ai quelque chose à vous dire !, dit l'enseignante en s'adressant aux jumeaux Petrelli.

Ces derniers, âgés d'une quinzaine d'années, se présentèrent devant le bureau de leur professeur de mathématiques. Nathan et Peter Petrelli, originaires de New York, avaient emménagé à San Francisco vers la fin de l'été. Leur père, avocat, avait décidé de quitter la « grosse pomme » pour rejoindre un cabinet prestigieux de l'autre côté du pays. Dès le premier cours, Gabriella Tanner, professeur de mathématiques au collège Franklin D. Roosevelt, avait immédiatement senti que les jumeaux avaient les capacités nécessaires pour réussir dans la filière scientifique, ce que lui avaient d'ailleurs confirmé les dossiers scolaires des adolescents.

Nathan possédait manifestement ce que l'on pouvait appeler la « bosse des maths ». Quant à son frère Peter, il était passionné par la biologie. Lorsque Gabriella Tanner avait fait établir à ses élèves le jour de la rentrée une petite fiche de présentation, elle leur avait demandé s'ils avaient déjà une idée de ce qu'ils aimeraient faire plus tard, et qu'en tant que professeur principal de leur classe, son rôle était entre autre de les aider à trouver leur voie en lien avec le conseiller d'orientation.

L'enseignante exerçait sa profession depuis plus de vingt ans, mais jamais encore elle n'avait rencontré des élèves aussi prometteurs. Gabriella savait toutefois que si les frères Petrelli l'intéressaient autant, c'était d'abord parce qu'ils étaient de bons élèves, mais aussi parce que chacun des jumeaux lui rappelait un souvenir lointain pourtant resté vivace: le petit garçon qu'elle avait mis au monde lorsqu'elle-même était encore adolescente... Nathan, beau grand jeune homme d'allure sportive, aux cheveux bruns et aux yeux noirs, ressemblait assez à l'image que Gabriella se faisait du fils qu'elle avait dû abandonner, tandis que Peter, plus petit de taille, aux cheveux châtains et aux yeux marrons, avait un regard vif, curieux, et plein de douceur, en plus d'être un garçon sensible. Les jumeaux Petrelli incarnaient à eux deux l'enfant que l'enseignante n'avait jamais oublié...

Le professeur s'entretint quelques minutes avec les deux adolescents, juste le temps de leur demander s'ils avaient déjà une idée de leur orientation pour l'année prochaine au lycée, et si le concours de maths inter-collège organisé par l'Etat de Californie les intéressait, auquel cas elle se ferait un plaisir de les y inscrire pour représenter l'établissement. Les deux frères se regardèrent un instant, puis Nathan déclara qu'ils étaient d'accord pour participer au concours; quant à leurs orientations respectives, ils étaient sûrs de leurs choix: lui en filière scientifique pour ensuite partir en mathématiques appliquées à l'université, et Peter dans la même filière mais pour ensuite entamer des études médicales, pour être médecin, infirmier ou aide-soignant, il ne savait pas encore. Les deux garçons prirent ensuite congé de leur professeur, et Gabriella entreprit de ranger son bureau pour rejoindre son mari et ses enfants qui l'attendaient pour déjeuner. C'est alors que son regard se posa sur la revue « Mathématica », avec en couverture le professeur Eppes. L'enseignante soupira: ce jeune homme-là aussi lui faisait penser à son fils, et ce d'autant plus que ce dernier était du même âge et s'était tourné également vers les mathématiques, d'après la lettre qu'elle avait reçue de Carolina Johnson, l'assistante sociale qui s'était occupée d'elle pendant sa grossesse...

Flash-back

« Gaby ! Il y a du courrier pour toi ! », dit son mari, John, en entrant dans le salon. « C'est Carolina Johnson, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas écrit ! Qui sait, peut-être a-t-elle découvert des infos sur ton petit Tonio ! »

Gabriella regarda tendrement l'homme qui était devenu son époux et ouvrit la lettre qu'il lui avait donnée.

Lorsqu'ils s'étaient connus à l'université de San Francisco, John s'était immédiatement intéressé à elle, mais cela n'avait pas été réciproque, du moins au début. L'étudiante qu'elle était venait de vivre un enfer personnel: une grossesse surprise, une douloureuse rupture amoureuse, et la naissance d'un beau petit garçon auquel elle avait dû renoncer... Le jeune homme avait compris au comportement de Gabriella qu'elle avait plutôt besoin d'une personne à qui parler, et non d'un soupirant: il était donc devenu son ami puis, petit à petit, il avait gagné la confiance de la jeune femme. Un an plus tard, il avait pris son courage à deux mains pour lui demander de sortir avec lui. La jeune Italienne lui avait répondu qu'avant de pouvoir se prononcer, elle avait besoin de savoir s'il serait capable d'entendre son histoire sans la juger.

John, surpris, lui avait affirmé qu'un véritable ami estune personne qui vous écoute et vous soutient sans vous juger. Il avait donc encouragé gentiment Gabriella à se confier à lui. La jeune femme avait alors entrepris de tout lui raconter, depuis sa toute première rencontre avec celui qui allait devenir le père involontaire de son fils jusqu'à la naissance de ce dernier... Vers la fin de son récit, l'Italienne avait baissé la tête, pleurant à chaudes larmes. John était abasourdi: jamais il n'aurait soupçonné que son amie avait vécu de telles choses alors qu'elle n'allait avoir que 21 ans ! Au lieu de le choquer, la grossesse précoce de Gabriella lui fit éprouver beaucoup de peine pour la jeune femme. Il comprit pourquoi celle-ci ne se laissait guère approcher par les garçons: après une expérience de ce genre, il y avait en effet de quoi être refroidie pour un bon bout de temps...

John écouta alors son coeur et serra Gabriella dans ses bras:

« Je t'aimais déjà avant ton histoire, Gaby, mais après ce que tu viens de me raconter, je crois que je t'aimerai encore plus... Je... Je ne peux pas savoir ce que tu as pu ressentir lorsque tu as dû te séparer de ton fils, mais je suis sûr d'une chose: si tu veux bien de moi, je ferai en sorte de te rendre heureuse, et pourquoi pas, de t'aider un jour à retrouver ton enfant... enfin, si tu le souhaites aussi...

- John... », murmura la jeune Italienne en pleurs. «Tu... m'aimes, malgré tout ce que je viens de dire ?

- Oui, Gabriella. Je serais heureux que tu acceptes de sortir avec moi. »

Trois ans plus tard, les jeunes gens se fiançaient et un an après, ils célébraient leurs noces. La jeune femme était épanouie - même si le fait de penser à son fils lui étreignait le coeur - mais elle avait peur d'avoir d'autres enfants: elle craignait qu'en devenant à nouveau mère, elle n'oublie son petit Tonio Carlo. John l'avait très bien compris et avait rassuré sa femme en lui disant que quel que soit le nombre d'enfants qu'ils auraient ensemble, il compterait toujours son fils parmi ceux-ci. Et deux ans plus tard naissait leur premier enfant, Anthony. Gabriella avait pleuré à chaudes larmes lorsque le médecin lui avait dit pendant sa grossesse qu'elle attendait un garçon, tous les souvenirs liés à sa première maternité étaient alors remontés brutalement à la surface. John avait dû répéter des centaines de fois à son épouse que leur fils ne lui serait pas retiré, et que l'enfant qu'elle avait eu des années auparavant était certainement dans un foyer plein d'amour, puisque c'était elle-même qui avait choisi les parents de celui-ci. Gabriella avait fini par se reprendre, et l'idée de rechercher son fils aîné lui avait alors traversé l'esprit à plusieurs reprises... mais elle n'avait jamais eu le courage de se lancer...

Trois ans plus tard, le couple Tanner accueillait la petite soeur d'Anthony, Laura. La jeune mère s'était alors consacrée à l'éducation de ses enfants, ainsi qu'à son travail au collège F.D Roosevelt de San Francisco, mais elle discutait régulièrement avec son mari de Tonio Carlo. John lui avait souvent dit que si elle souhaitait vraiment retrouver son fils, il était prêt à la soutenir dans sa démarche, et qu' « il valait mieux vivre avec des remords plutôt qu'avec des regrets. »

« Oh mon Dieu ! John ! Carolina a rencontré mon fils le mois dernier ! Il... Il s'appelle Charles, ou plutôt « Charlie », il est mathématicien à l'Université Calsci de Los Angeles, et il est venu la voir avec son frère adoptif, Don, qui travaille au FBI ! Oh mon Dieu, je... Il... il n'a appris son adoption qu'en avril de cette année, parce que ses parents adoptifs voulaient attendre qu'il soit suffisamment mûr pour ça, mais sa mère, Margaret, est décédée... Pauvre Margaret... Je me souviens encore de son visage, une femme si adorable... La première fois que je l'ai rencontrée, j'étais une adolescente révoltée, perdue, et quand elle m'a parlé, j'ai ressenti comme un apaisement intérieur, un peu comme si je sentais que j'avais en face de moi une autre mère pour mon enfant... Oh, John, je... Qu'est-ce que je dois faire, là ?

- Agis selon ton coeur et ton intuition, Gaby, je ne pourrais pas mieux te dire", répondit ce dernier en la serrant dans ses bras.

Fin du flash-back

Gabriella avait passé l'été à se demander comment procéder pour rencontrer son fils. La veille de la rentrée scolaire, elle s'était enfin décidée à répondre au courrier de Carolina Johnson. Elle avait écrit à son amie qu'elle était heureuse d'avoir eu des nouvelles de son fils, mais qu'elle avait peur de s'immiscer dans la vie de celui-ci après autant d'années...

L'enseignante en était là de ses pensées, lorsque son téléphone portable vibra. Un bref coup d'oeil sur l'écran lui apprit que l'appel provenait de son mari et prit la communication:

« Rebonjour, Chéri.

- ...

- Oui, la semaine est enfin terminée, comme tu dis ! Je serai à la maison dans disons... vingt minutes, et pour treize heures nous devrions pouvoir nous trouver à notre restaurant habituel, comme tous les samedis !

- ...

- Oui, John, je sais que c'est bientôt mon anniversaire, et non, je n'ai pas franchement d'idées... Tu sais que j'ai passé ces deux derniers mois à me remettre du courrier de Carolina...

- ...

- Oui, je lui ai répondu... Je lui ai même d'ailleurs écrit que j'étais très heureuse d'avoir eu des nouvelles de mon fils, et qu'en même temps j'avais peur de le rencontrer, mais... Chéri, tu sais quoi ?

- ... ?

- Je vais entamer des recherches. Comme tu me l'as souvent dit, il vaut mieux vivre avec des remords plutôt qu'avec des regrets. »