Epilogue – Deux semaines plus tard

Charlie prit son sac de voyages sur le tapis roulant et attendit que son petit ami et son père adoptif fassent de même. Les trois hommes se dirigèrent ensuite vers la sortie de l'aéroport, en direction du parking où la famille Tanner devait venir les prendre. Une fois dehors, ils cherchèrent des yeux John et Gabriella, lorsqu'ils entendirent la voix de cette dernière sur leur gauche:

« Charlie ! Don ! Alan ! Je suis là !

- Maman ! Bonjour, lança joyeusement le mathématicien en s'avançant vers sa mère pour l'embrasser.

- Bonjour mon p'tit génie, lui répondit gaiement Gabriella. Avez-vous fait bon voyage ?, continua l'Italienne en s'adressant aux compagnons de son fils.

- Un très bon voyage, chère madame, déclara Alan Eppes en la saluant. Mais, dites-moi, vous êtes seule ? John et les enfants ne sont pas avec vous ?

- Non, ils m'ont dit qu'ils restaient à la maison pour finir de tout préparer pour ce soir, et que c'était à moi de vous accueillir à San Francisco !, répondit l'enseignante en souriant.

- Bonjour Gabriella, dit Don.

- Bonjour Don. Allez venez avec moi messieurs, je suis garée là-bas. »

Les trois hommes suivirent l'enseignante et prirent place à bord de sa voiture. Pendant le trajet, Gabriella confirma à la famille Eppes que les siens reviendraient avec plaisir à Los Angeles pour passer le Nouvel An avec eux et elle en profita pour leur demander s'ils n'auraient pas une petite idée de cadeaux pour l'occasion. Quarante minutes plus tard, tout le monde arriva devant la maison des Tanner.

« Voilà, nous y sommes !, lança Gabriella en sortant du véhicule. Comme vous pouvez le constater, nous vivons dans un quartier assez tranquille, mais pas trop loin pour autant du centre-ville, ce qui est bien utile quand il faut aller faire des courses !

- Justement, en parlant du centre-ville..., commença Charlie. Il y a un hôtel pas trop loin de chez toi ?

- Ah non Charlie, tu ne vas pas recommencer avec ça !, le coupa sa mère. Je t'ai dit qu'il n'y avait aucun problème pour vous faire dormir tous les trois à la maison. Mon fils vient me voir avec son frère et son père adoptifs, alors pour moi il est hors de question de ne pas vous accueillir ! Ce soir vous dormez ici, fin de la discussion !

- Bon, mais ça ne va pas être trop compliqué de nous loger pour cette nuit ?

- Absolument pas !, répondit Gabriella. L'un des deux canapés du salon est transformable en lit: Don et toi y dormirez, quant à Alan, il sera dans la chambre d'amis ! Tu vois bien que c'est possible !

- D'accord, si tu le dis, maman », soupira Charlie en regardant Don qui lui fit un clin d'oeil en souriant.

Quelques minutes plus tard, tout le monde était réuni dans le salon des Tanner. Gabriella proposa de faire du café, idée qui reçut les suffrages de son mari et de ses trois invités. Laura et Anthony, quant à eux, déclarèrent qu'ils préféraient plutôt boire un bon chocolat chaud avant de replonger dans leurs devoirs et leurs révisions. Charlie demanda à sa mère s'il pouvait faire le service avec elle, ce qu'elle accepta bien volontiers.

Le mathématicien suivit donc celle-ci dans la cuisine. L'Italienne lui indiqua où étaient rangées les tasses pendant qu'elle commençait à mettre de l'eau dans la cafetière et qu'elle faisait chauffer deux bols de lait au micro-ondes pour ses deux autres enfants.

Depuis leur dernière rencontre, Gabriella pensait à quelque chose concernant Charlie, et elle profita du fait que celui-ci était avec elle dans la cuisine pour le questionner en douceur:

« Dis-moi, Charlie, commença l'Italienne, tout le monde va bien chez toi, mais... et ton... petit ami... Il va bien aussi ?

- Oh, oh euh oui, il va bien, répondit le mathématicien, un peu surpris par la question. C'est gentil de le demander...

- Tu sais, tu aurais pu venir avec lui, on aurait pu l'héberger également... Vous êtes ensemble depuis un moment je crois ?

- Oui, depuis... fin avril. Enfin... disons qu'on s'est connus en avril mais qu'on n'a commencé à sortir ensemble que courant mai...

- Donc ça fait environ sept mois... et je suppose que c'est sérieux entre vous ?

- C'est bien parti pour en tout cas, répondit le mathématicien en rougissant légèrement.

- Et tu ne veux toujours pas me dire comment il s'appelle ?

- Maman... soupira Charlie. Je... Je te l'ai dit, c'est une relation toute... neuve...

- Et alors ? Quand bien même ce serait juste un flirt, je ne vois pas pourquoi son nom devrait me rester inconnu ! Quand ta soeur a commencé à avoir des petits copains, même si parfois ça ne durait pas longtemps, j'ai toujours su comment ces garçons s'appelaient !, répondit Gabriella en souriant.

- Maman..., souffla le mathématicien qui commençait à se sentir gêné. Pourquoi insistes-tu là-dessus ? Où veux-tu en venir ? Je t'ai dit que je fréquentais un homme, et crois-moi, c'est déjà beaucoup pour toi de le savoir !

- Tu sais, Charlie, depuis notre dernière rencontre, il y a une chose à laquelle je pense... Pendant le repas, nous discutions tous les uns avec les autres, et je me rappelle t'avoir observé alors que tu parlais de ton poste de consultant au FBI pour l'équipe de ton frère...

- Oui, et ?, l'interrrogea Charlie, intrigué par la tournure que prenait la conversation.

- Et alors, je voyais bien à quel point tu étais heureux de travailler avec Don et puis j'ai remarqué une chose...

- Laquelle ?

- Don avait les yeux fixés sur toi, et je serais prête à parier que son regard sur toi ce jour-là n'avait rien de ... fraternel... », déclara Gabriella en insistant sur ce dernier mot.

A cet instant précis, Charlie comprit que sa mère avait deviné la vraie nature des sentiments qui le liaient à l'agent du FBI. Le mathématien sentit ses joues s'empourprer pendant que son coeur s'emballait. Sa mère savait pour Don et lui ! Il baissa les yeux, incertain de la conduite à tenir, lorsque l'Italienne reprit la parole tout en s'avançant vers lui pour lui prendre la main:

« Charlie... Ne te mets pas dans un état pareil ! Tu es mon fils, et je t'aime comme tu es, d'accord ? Bon, c'est vrai, au début je n'étais pas véritablement enchantée que tu sois amoureux d'un homme, mais si tu es heureux comme ça, je ne peux que m'en réjouir. Les parents souhaitent toujours ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants, non ?

- Alors tu... tu n'es pas choquée ?

- Que tu sois en couple avec ton frère adoptif ?

- Oui... », murmura Charlie d'une toute petite voix pendant que des larmes commençaient à couler lentement le long de ses joues.

En voyant le visage si triste de son fils, Gabriella dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas se mettre à pleurer à son tour. Elle serra le mathématicien dans ses bras et lui dit doucement:

« Charlie... mon petit... Je te l'ai dit, je suis ta mère et je ne souhaite que ton bonheur... Tu aimes Don et il t'aime... Certes c'est ton frère adoptif, mais choisit-on toujours de qui on va tomber amoureux ? Je ne crois pas. Il y a parfois dans la vie des moments ou des sentiments qui nous dépassent, et la seule « réponse » à faire est alors de se laisser porter par les événements... Mais j'aimerais savoir une chose, si cela est possible: comment êtes-vous tombés amoureux, Don et toi ? »

Le mathématicien, rassuré par les paroles de sa mère, respira un grand coup et lui raconta tout depuis le jour où il avait appris qu'il avait été adopté: le choc de la révélation, puis la déclaration surprise de Don sur ses véritables sentiments... Charlie venait à peine de finir son récit lorsque son petit ami entra dans la pièce:

«Alors ce café, il en est où ? Pas qu'on s'impatiente dans le salon, mais on commençait à se demander si vous n'aviez pas tout simplement oublié pour quelle raison vous étiez partis dans la cuisine tous les deux !, dit Don en souriant, avant de voir les yeux rougis de Charlie. Euh... Tout va bien ?, demanda-t-il d'une voix où perçait l'inquiétude.

- Oui, Don, ça va, répondit doucement le mathématicien en se dégageant des bras de sa mère pour lui prendre la main. Ma mère... a compris pour nous deux...

- Oh..., fit l'agent du FBI. Et je...

- Ne vous en faites pas, Don, je ne suis pas choquée par les sentiments que vous vous portez l'un à l'autre, le rassura Gabriella. Charlie m'a raconté vos années passées loin de lui parce que vous étiez amoureux et que vos parents ne vous avaient pas dit tout de suite que vous n'étiez pas frères... »

Le mathématicien enlaça son petit ami et l'Italienne reprit en souriant:

« Je suis contente pour toi Charlie, tu as quelqu'un de bien à tes côtés...

- Merci, Gabriella..., murmura Don, ému. Charlie compte beaucoup pour moi et je suis soulagé que vous sachiez pour nous deux... et surtout que vous l'acceptiez...

- Maman, demanda le mathématicien, tu vas leur dire, à John, Laura et Anthony ?

- Non, Charlie, c'est votre relation, par conséquent c'est à vous de le leur annoncer. Tels que je les connais tous les trois, ils seront « sonnés » sur le coup, mais je pense qu'ils devraient s'y faire assez vite, et... Don ?

- Oui, Gabriella ?

- Je compte sur vous pour rendre mon fils heureux et si ce n'est pas le cas, je me fâcherai !, ajouta-t-elle en lui faisant un clin d'oeil.

- Je crois que vous n'aurez pas d'inquiétude à avoir pour ça..., répondit l'agent du FBI en serrant le mathématicien dans ses bras et en l'embrassant sur le front.

- Euh... dites tous les deux, ce n'est pas pour changer de sujet mais...il ne va pas refroidir, le café ? », questionna Charlie.

FIN.