/ !\ J'ai réédité tous les chapitre pour la mise en page des chapitres. / !\

Coucou me revoilà.

Donc comme promis je vous mets en ligne ma nouvelle fic : Petit frère. Elle n'est pas encore tout a fait écrite en entier et les parutions serons peut être comment dire espacée. Mais la trame est finie c'est donc surtout remanier, modifier la trame qui prend un peut de temps ^^ avec forcement la correction mais c'est tellement nécessaire ^^.

ATTENTION âme sensible j'ai pour habitude d'écrire des scènes qui pourraient être difficiles. Notamment cette fic ou est décrit dans le premier chapitre violence et viol. Sinon comme toujours, paring Harry Draco, slash, surement lemon, pas de Mpreg de prévus mais sait on jamais moi et mon imagination ^^.

Un très grand merci a ma kiki (celikwi) pour sa correction comme toujours indispensable a une lecture sans crise de nerfs.

Aller je vous embête encore une seconde, je mets a votre disposition l'adresse de mon blog si vous voulez être au courant de l'avancée jour après jours, m'écrire un mot pour parler de cette fic, avoir des images, des news quoi ! (Lien dans mon profil)

Voila je vous laisse lire et oubliez pas le bouton go en bas à gauche.

*** Petit frère ***

Harry, dans le train qui ramenait les élèves à leurs familles pour les vacances d'été, avait la mine sombre. Ses amis avaient bien essayé de lui remonter le moral mais en vain. La mort de Sirius l'avait anéanti et s'ajoutait à une liste qui commençait à être longue. Ressassant les visions d'horreur, Harry arrivait sur le quai de la gare rapidement emporté par la foule, à l'extérieur, son oncle l'attendait. Harry savait par expérience que ces vacances comme toutes les autres allaient être atroces.

Dès le premier jour, Vernon avait été plus véhément que d'ordinaire. Les insultes sur sa condition de sorcier fusaient. Il se faisait ouvertement rabaisser par n'importe quel moyen et Harry, déjà très faible psychologiquement, ne cherchait même plus à s'en défendre. Etrangement, sa tante paraissait détachée de la scène, intimant à Dudley de rester dans la salle de jeu la plupart du temps. Au bout de deux jours où Harry pensait être arrivé au plus bas, Vernon lui avait fait comprendre que ce n'était qu'un avant-goût de l'enfer.

Il avait cassé des assiettes et cela mit Vernon dans une rage folle. Si, en temps ordinaire, il se contentait de l'insulter et de l'affamer comme punition, ce soir-là, il avait décidé, sûrement aidé par le cognac, de donner bien mieux comme correction à son neveu. Il avait frappé Harry si violemment sur le crâne que le jeune homme en avait été presque assommé. Il n'avait pas eu le temps de voir le coup arrivé et les sacrées paluches de son oncle avaient écrasé abruptement son visage.

Une fois à terre, il lui avait donné des coups de pieds violents dans le ventre en le traitant de tous les noms. Jamais Harry n'aurait imaginé son oncle capable d'aller aussi loin sur lui. Pétunia n'était pas venue à son secours, elle et son fils ayant bien trop peur de lui à ce moment-là. Le lendemain Harry avait essayé de se faire le plus discret et le plus docile possible. Il sursautait au moindre son et était sur le qui-vive en permanence pour ne pas attirer les foudres de Vernon. Mais un tremblement plus violent avec un sursaut lui avait fait échapper un verre et le même manège s'était répété. Sauf que cette fois-ci, en plus des bleus, Harry avait écopé de plaies plus ou moins profondes dans son dos à cause de la ceinture de son oncle. Sa tante ne bougeait pas craignant surtout que son mari ne frappe son fils. Harry ne pouvait pas lui en vouloir : elle tentait de protéger son fils de la violence de Vernon. Celui-ci, à cause de l'odeur, s'était mis à boire régulièrement et semblait avoir l'alcool violent.

Pendant le week-end, il était resté seul avec son tortionnaire. Il avait vu son sourire sadique se dessiner sur son gros visage joufflu. Dans l'après midi, alors qu'il était enfermé dans son placard, son oncle était venu lui ouvrir, il l'avait giflé d'une force qui l'avait étalé sur le sol. Harry se tenait sur un coude, une main sur la joue et le regard irrémédiablement fixé au sol.

« Tu vas payer, toi et pour tous les monstres de ton espèce. Vous êtes des anormaux. »

Harry ne disait rien, répliquer aurait été stupide et de toute façon il pensait comme son oncle. Il devait payer la souffrance des morts. Il devait payer. Cette phrase tournait en boucle dans sa tête.

« Tu sais que tu es bien foutu, petite chienne ! »

Harry avait fermé les yeux, son oncle ne pensait tout de même pas à ça ? Pourtant son oncle avait entrepris de lui arracher sa chemise et de le débarrasser de son pantalon à une vitesse étonnante.

« C'est Lily que je voulais, la belle Lily mais elle ne m'a jamais regardé. DES ANORMAUX ! » Éructait Vernon en baissant son pantalon sous le regard horrifié d'Harry mis à genoux, la tête bien en face. Ses yeux verts étaient pleins de larmes silencieuses et il les ferma pour ne pas voir son oncle.

« Tu vas payer pour cette salope, tu seras ma petite chienne Harry. » Avait dit, amusé, Vernon. Il avait enfoncé son érection dans la bouche de son neveu sans cérémonie lui intimant de faire une fellation correcte s'il ne voulait pas subir plus de coups. Harry luttait contre l'envie de vomir, accentuée par les coups de reins de son oncle qui s'enfonçait profondément dans sa gorge. Il ne pouvait pas non plus faire de mouvements libres, son oncle tenait ses cheveux fermement des deux mains. Harry était parti dans un monde bien à lui mentalement en se répétant qu'il devait payer, en écho avec les insultes de son oncle. Il avait été tiré de sa rêverie par le liquide poisseux dans sa gorge. Il avait craché et vomi, les mains sur le sol, tentant de retrouver une respiration normale entre ses sanglots. Harry avait ensuite entendu son oncle se rhabiller notamment par le zip caractéristique de la braguette. La porte avait été refermée avec les quatre verrous, laissant Harry effondré sur le sol.

Son oncle, au fur et à mesure que les jours passaient, devenait de plus en plus violents, de plus en plus cruel. Les blessures non soignées du jeune garçon le faisaient affreusement souffrir en plus des os certainement brisés sous la rage de son oncle et Harry ne semblait même pas se rebeller. Quand ils étaient seuls, Harry avait droit au traitement de faveur. Vernon le mettait à quatre pattes et le pénétrait durement sans préparation aucune. Harry hurlait de douleur, les larmes aux yeux, le corps sale, blessé. Vernon lui agrippait fermement les hanches pour le pénétrer profondément, il n'arrêtait pas de lui répéter qu'il payait, sans cesse et Harry se le répétait lui aussi.

En un mois de ce traitement, Harry était méconnaissable. Vernon était même allé jusqu'à l'amusement de lui faire des marques décoratives sur le poignet droit un après-midi où Harry et lui étaient seuls. Harry se disait avec amertume qu'il ne passerait pas vivant cet été et que, la dernière semaine qu'il devait passer au terrier, il serait, au mieux sur un lit inconscient, au pire déjà mort. Alors que son oncle entrait le couteau dans sa chair, Harry priait pour que Voldemort se décide vite à l'achever, qu'il termine sa vie rapidement pour ne plus souffrir. La douleur, à la limite du supportable, l'avait fait tomber dans les pommes et c'était deux jours plus tard qu'il s'était réveillé dans son placard. La faim ne le dérangeait même plus, la vague douleur en continu de son estomac était couverte par les douleurs d'une côte cassée qui se faisait rappeler à lui à chaque inspiration ou expiration. Son poignet charcuté semblait être la vision et la douleur de trop pour Harry qui tentait de vomir, mais ne parvenait qu'à régurgiter de la bille, par manque de nourriture depuis trop longtemps. Sur son bras s'étendaient des arabesques. Il avait porté sa main instinctivement à son visage et y avait senti du sang séché. Après une inspection à tâton, il s'était rendu compte que son oncle l'avait charcuté à plaisir car sa cicatrice en forme d'éclair semblait avoir changé de forme. Mais Harry ne s'attardait plus à ce genre de détail, il portait maintenant trop de marque.

Incapable de bouger, Harry sanglotait de douleur. Il payait pour sa mère, c'est ce que lui avait dit Vernon entre deux insultes. Il payait pour tout ce que sa mère avait fait, tout ce que lui-même avait fait. Il devait payer pour tous les sorciers. Et Harry payait selon lui pour tout. Cette guerre, ses parents, tout et il l'avait bien mérité pensait-il, résigné.

Il avait été pris d'une douleur atroce au niveau de la tête quelques temps après avoir vomi. Harry aurait été réjoui de voir Voldemort l'inviter pour une séance de torture dans ses cachots. Malheureusement, c'était son oncle qui, se rendant compte que le garçon devait se faire soigner, avait lui-même entrepris de désinfecter ses plaies à coup d'alcool a 90°. La torture avait duré de longues heures où Vernon l'avait obligé à rester assis, bien droit sur la chaise. Harry avait lutté de toutes ses forces pour rester assis et droit et surtout ne pas hurler mais la douleur le rendait presque inconscient de ses mouvements. Vernon s'énervait et le claquait pour qu'il reprenne conscience jusqu'à ce que Harry, sous la douleur sombre dans une semi-conscience définitivement.

Lucius et Sévérus faisaient leur travail : torturer, faire des potions, concevoir des plans de batailles...bref des choses de mangemort. Voldemort venait de leur confier une nouvelle mission : une diversion dans un quartier moldu. Sévérus, dans la rue de droite, semait le chaos et Lucius, dans le ruelle de gauche, secouait les moldus pas forcément pour les tuer mais les pendre par les pieds, les faire léviter… histoire de mettre le ministère et les oubliators dans une position délicate. Il était à cet instant même en train de martyriser un gros monsieur sans cou.

« Vous n'êtes que des monstres, des anormaux ! Vous êtes comme lui ! Sortez de chez moi et emporter ce déchet avec vous ! »

Vernon, fou de rage, éructait contre Lucius Malfoy qui tapotait sa baguette contre son bras croisé.

« On n'insulte pas un Malfoy sans payer. Doloris. » Avait fait froidement Lucius.

Vernon criait de douleur en se roulant sur le tapis. Lucius lui roulait des yeux, toute cette comédie pour un doloris à peine plus fort qu'une énorme crampe… puis Lucius avait tiqué à la remarque du morceau de gras à ses pieds qui pleurait de douleur : il avait parlé d'une personne à emporter, un sorcier visiblement...

« Vous méritez tous de mourir comme lui dans son placard ! Ça me fera une bouche en moins à nourrir, emportez ce sale monstre avec vous ! » Avait fait Vernon, en se mettant sur les genoux. Il avait récolté un doloris plus puissant le faisant tomber dans les pommes alors que Lucius cherchait dans la maison un sorcier sûrement séquestrer dans un placard.

Il se tenait devant une porte minuscule sous l'escalier et qui comportait pas moins de cinq verrous différents. D'un « alohomora » il avait ouvert le placard et avait instantanément porté sa main sur sa bouche pour ne pas vomir. Une odeur nauséabonde de sueur acide, de bile, de sexe et même un relent de mort s'échappait de ce réduit sombre. Une voix tremblante lui parvenait sans qu'il ne voie dans le noir la personne.

« C'est fini ! » Avait fait une voix tremblante et presque soulagé.

Lucius, d'un sort, avait fait apparaître une boule lumineuse et le spectacle l'avait horrifié un peu plus…un garçon nu baignait dans son sang mêlé à la saleté, son corps marbré de plaies plus ou moins sanguinolentes et purulentes, des croûtes noirâtres par endroits, tremblant de peur ou de fièvre, allongé en position fœtale. Un jeune garçon de 15 ans, pas plus, visiblement sorcier… Lucius avait de nouveau failli vomir mais s'était bien tenu, il remarquait en même temps les cicatrices sur son bras et sur son front.

Il avait d'ailleurs été frappé à cette constatation ! Sous la cicatrice en forme de croix bizarre, une autre en forme d'éclair ... la cicatrice de Potter ! Et la phrase du garçon battait dans son crâne, il imaginait que lui, en bon mangemort, allait soit le mener à Voldemort qui allait le tuer soit l'achever lui-même, ici, dans ses immondices… Lucius n'avait pas cherché plus loin, il avait recouvert le jeune Potter de sa cape et avait transplané au manoir.

« Mon chéri tu es rentré tôt, tu me rejoindras dans le salon pour le programme de la semaine prochaine ? » Avait fait Mme Malfoy du salon.

« Cissa mon amour, appelle le médicomage, Draco est avec toi ? » Narcissa avait accouru imaginant déjà son mari blessé mais quand elle avait passé les portes, suivie de Draco, elle s'était figée et avait étouffé un cri d'effroi face au jeune homme dans les bras de Lucius. Draco lui avait réprimé un haut-le-cœur à cause de l'odeur puis, à la vue du corps à peine camouflé sous la cape de son père, un autre bien plus fort avait presque eu raison de son éducation.

« Moi je vais très bien, mais lui fait une septicémie à en croire sa fièvre et ses blessures. Draco fait préparer la chambre attenante à la tienne. »

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Draco avait couru (un fait rare pour un Malfoy) pour préparer ladite pièce avec un elfe et Narcissa s'était, quant à elle, précipitée à la cheminée. Lucius était dans la grande salle de bain et avait plongé Harry dans un bain fumant agrémenté de potion bleu-turquoise pour apaiser la douleur et cicatriser ses plaies. Peu de temps après, il le ressortait et l'installait toujours nu sous sa cape, dans son nouveau lit. La médicomage de famille était arrivée et avait fait sortir tout le monde, elle était tenue par différents sortilèges de confidentialité, indispensables pour avoir le droit à une cheminée directe au manoir Malfoy et une confiance totale de ses diagnostics.

La médicomage était revenue au salon où la famille l'attendait comme toujours.

« Bien, j'ai plusieurs mauvaises nouvelles et une bonne. La bonne, c'est que, grâce à vous, il est sauf ! La septicémie a été contrée à temps, quelques heures de plus et il mourrait. »

Lucius paraissait soulagé mais redoutait le pire, Draco et Narcissa semblaient eux aussi très inquiets.

« Je confirme bien que ce jeune garçon est Mr Potter. »

Draco écarquilla démesurément les yeux.

« Père ? Est-ce le lord qui lui a fait ça ? Et votre couverture d'espion ? C'était de la folie de le faire sortir des geôles… »

« Draco un peu de tenue ! Non je l'ai récupéré chez ses moldus de tuteurs et je ne veux même pas savoir comment ces cafards l'ont traité. »

La médicomage toujours debout se raclait la gorge pour signifier sa présence.

« Dois-je continuer ? Ou préférez-vous réellement ne pas savoir ? »

« Continuez, nous devons savoir ce qu'il a si nous voulons le soigner. » Draco était horrifié de constater que le brun avait été battu par des moldus ! Pire que Dumbledore, qui devait assurer sa sécurité l'avait confié à des tortionnaires aussi doués que le lord, et personne en un mois de temps ne s'était inquiété pour lui… Narcissa la main sur la bouche ne voulait même pas y croire mais son mari ne leur mentait jamais.

« Les sévices corporels sont importants, malgré toutes mes tentatives, les cicatrices ne pourront jamais s'effacer complètement. J'ai fait au mieux pour qu'elles soient propres et nettes. Les marques sur le dos sont dûes à un objet en cuire et métal. Peut-être une ceinture ou un martinet. Certaines sont des marques de griffures et des bleus dûs à une prise forte sur ses hanches. Les plaies sur son bras et son front ont été faites par un objet coupant chauffé à blanc pour cicatriser, j'ai été obligée de faire de la microchirurgie réparatrice pour faire des bords lisses. Son poids est alarmant, son dernier vrai repas remonte à un mois environ. J'ai réparé une dizaine de fractures un peu partout. »

Plus la médicomage énumérait l'état d'Harry, plus les trois Malfoy pâlissaient.

« Il faudra le soutenir du mieux que vous pourrez car ce n'est pas tout. En effet, le plus grave est que j'ai soigné une hémorragie dûe à des sévices sexuels. » Voilà ... la médicomage venait de donner le coup de grâce. Draco fila le plus vite possible aux toilettes ne pouvant plus en supporter d'avantage. Certes le lord aimait torturer aussi bien physiquement que mentalement mais jamais il ne retirait la dignité de ses victimes en les violant… les moldus étaient des monstres. Potter… ils étaient peut-être ennemis mais jamais il n'aurait souhaité un pareil traitement à ses ennemis. A l'instant où il l'avait vu dans cet état, Draco avait su qu'il voulait protéger ce garçon comme son frère, en apprenant qu'il s'agissait de Potter cette envie n'était pas partie mais de savoir que c'était des moldus qui avaient réussi à mettre Potter dans un tel état le révoltait et lui donnait encore plus envie de le protéger.

Oh non, il n'avait pas envie de rire de Potter, il ne voulait pas se moquer de lui, pas après ce qu'il avait vu. Jamais ces images ne s'effaceraient de sa mémoire… Jamais.

« Vous serez priée de lui réserver le même traitement qu'à chaque membre de la famille, discrétion et pas un mot sur lui. Faites comme si c'était Draco que vous soigniez, mademoiselle Carter. » Avait jugé bon de préciser Lucius avant que la médicomage ne reparte.

« Bien sûr Mr Malfoy. » Et elle avait déposé une liste de potions à donner à Potter avant d'emprunter la cheminée du salon.

Après deux jours de semi-coma, Harry se réveillait dans une chambre qu'il ne connaissait pas. Ses pensées semblaient complètement incohérentes et, avec le mal de tête qu'il avait, il ne pouvait pas réfléchir correctement. Il avait tout de même remarqué que ses mouvements étaient entravés par ce qui semblaient être des bandes. La boule lumineuse qui lui servait de veilleuse lui indiquait qu'il était chez des sorciers mais pas au terrier, pas au manoir Black non plus…

« Maître Harry est réveillé ! » couinai un elfe à ses côtés.

« Maître Harry doit prendre des forces et manger sa soupe. »

L'elfe lui donnait la soupe lentement et avec application, il nettoyait ensuite son corps avec une serviette humide entre les bandes médicales.

« Je m'appelle Viky, vous n'avez rien à craindre ici, vous êtes en sécurité. Vous avez passé deux jours dans le coma après que le maître vous ait sauvé la vie. Je vais aller prévenir mes maîtres que vous vous êtes réveillé. »

L'elfe était parti dans un pop sonore laissant Harry un peu plus perdu chaque seconde. Quand la porte avait fini par s'ouvrir Harry avait soupiré et sursauté en même temps. Il avait peur d'être tout seul comme dans son placard mais avait aussi peur d'avoir des réponses à ses interrogations. Une belle femme avait pris place sur le fauteuil à côté de lui et avait dit d'une voix extrêmement douce :

« Harry, tu me permets de t'appeler Harry ? »

Le brun avait hoché la tête.

« Je ne vais pas te mentir, mon mari t'as récupéré à la limite de la mort, depuis deux jours nous veillons tous à ton chevet. Tu nous as fait peur, tu sais. Mais ici tu es en sécurité et il ne t'arrivera plus rien. »

Harry attendait la suite, il commençait à rassembler les morceaux du puzzle doucement l'homme qui l'avait trouvé ... il pensait que c'était un mangemort qui l'aurait achevé ou bien mené au Lord. Mais apparemment, il était espion, mais qui.

« Lucius est espion pour l'ordre Harry. Il ne te sera fait aucun mal ici ! Si tu en doutes, il te suffit de réfléchir, en deux jours nous aurions pu te livrer au lord ou te tuer. »

Harry écarquillait les yeux. Il était au Manoir Malfoy, Lucius venait de lui sauver la vie…. Il était espion, et on le soignait. Ici, il était bien traité, Narcissa Malfoy paraissait être douce et tout ceci le déstabilisait au plus haut point. Ses nerfs allaient craquer, Narcissa l'avait emporté dans une douce étreinte délicate pour ne pas lui faire mal et Harry avait pleuré, de longues minutes où ses larmes coulaient pour tout. Les morts, les sévices, le regret, la peur, la douleur, l'angoisse, l'absence de parents. Narcissa lui caressait les cheveux pour le consoler doucement comme une mère fait avec son enfant et Merlin seul aurait pu savoir à quel point Harry en avait besoin à ce moment-là. Il avait fini par se rendormir et Narcissa était restée à son chevet le reste de la nuit. Au petit matin, Lucius était entré précautionneusement.

« Il dort amour ? »

« Oui, il a pleuré une bonne partie de la nuit et je crois que ça lui a fait du bien. Mais il ne parle pas, il n'a pas violemment réagi en apprenant que tu l'avais sauvé et qu'il était au manoir Malfoy. »

Lucius avait pris Narcissa dans ses bras.

« On doit lui laisser du temps, c'est normal. J'ai passé ma nuit à calmer et expliquer à Draco pour quoi certaines personnes faisaient ce genre de choses, on a beaucoup discuté. Il est choqué par ce qui est arrivé à Potter, et je le comprends, moi-même j'ai été très affecté. Mais Draco s'en veut énormément d'avoir été si méchant avec Potter alors qu'il était maltraité par ses moldus. »

« Mon chéri, il ne vas pas tarder à se réveiller, tu devrais sortir. »

Lucius avait embrassé sa tendre épouse avant de sortir de la pièce, Narcissa avait alors croisé les yeux verts bien ouverts, Harry s'était réveillé mais avait fait semblant de dormir.

« Bonjour Harry, que dirais-tu d'une balade dans le parc cet après-midi ? Il fait très beau et c'est l'occasion de te montrer le manoir. » Narcissa semblait être dans une forme olympique et Harry avait fait un maigre sourire avant d'acquiescer, il avait été mis dans un fauteuil très confortable et ensorcelé pour avancer en lévitation à quelques centimètres du sol. Il avait pris une position en tailleur mais Narcissa n'avait rien dit.

« Tout d'abord un petit déjeuner. »

Il avait été poussé dans une cour intérieure, un patio où régnait une chaleur agréable, entouré de végétation luxuriante mais pas trop, une table en fer forgé trônant au milieu. La table avait été remplie de mets différents : petit-déjeuner à la française, à l'anglaise…

« Bonjour mon petit dragon. » Avait fait Narcissa en installant Harry en face de son bol et en allant ensuite déposer un bisou sur le front de son fils. Draco lui semblait particulièrement mal à l'aise.

« Harry et moi allons faire le tour du parc cet après-midi, des volontaires ? » Harry regardait la maîtresse des lieux pleine de vie, débordant d'amour et il avait eu mal au cœur de n'avoir jamais vécu ça. En même temps, tout semblait si irréel, il allait sûrement se réveiller dans son placard en pleine crise de fièvre. Les Malfoy ne pouvaient être si gentils et paraître normaux que dans les rêves ... Harry devait paraître perdu car Narcissa lui avait mis la main sur l'épaule et l'avait fait sursauté violement et fermé les yeux de peur.

« Doucement Harry, je te répète que tu n'as rien à craindre ici. » Elle lui avait alors fait un sourire radieux et Harry avait essayé de lui sourire sans vraiment y parvenir.

« Je pourrais venir avec vous ? » Avait demandé Draco encore un peu secoué de voir Harry Potter avec ce genre de réactions. Lucius dardait ses yeux sur son fil.

« Et tes devoirs ? Ils sont tous finis ? »

« Oui ! »

« Tu oublies que tu es puni pour avoir désobéi la semaine dernière. Te retrouver en boite sorcière à 5h du matin dans un état d'ébriété avancé n'est vraiment pas une chose sur laquelle je vais passer ! »

Harry n'en croyait pas ses oreilles Draco avait été en boite, donc avait menti sur son âge, il était visiblement bourré et s'était fait punir. La vision de son ennemi bourré lui arracha un petit rictus. Draco l'aperçu et croisa les bras pour bouder.

« Un Malfoy ne boude pas ! » Avait fait Lucius visiblement lui aussi amusé par la scène.

« Je ne boude pas j'extériorise mon mécontentement ! » Avait répliqué Draco de mauvaise foi, Lucius et sa femme, eux, souriaient franchement.

« Aller, mon chéri, il fait beau et ça fera du bien à tout le monde ! Oh, je sais un pique-nique sous les arbres ! »

En moins de temps qu'il n'en faut pour dire quidditch, Narcissa avait filé dire aux elfes de préparer des paniers pour midi. Draco lui semblait heureux d'échapper à sa punition et Lucius soupirait face à sa femme. Harry s'était instantanément tendu se retrouvant seul avec Lucius et Draco. Même si sa logique lui hurlait que rien ne lui serait fait, il ne pouvait s'empêcher de craindre le pire. Lucius s'en était aperçu.

« Je peux t'appeler Harry ? » Avait demandé aimablement Lucius, Harry acquiesça craintivement.

« Bien, Harry, tu n'as rien à craindre, je ne te toucherais pas et je ne t'approcherais pas si tu ne veux pas. Tu préfères que ce soit Draco qui pousse ta chaise ? »

Harry avait ce regard perdu de proie acculée au mur, il avait peur de Lucius et avait honte de se trouver en état de faiblesse face à eux et surtout Draco. Draco lui même semblait se rendre compte de l'état de faiblesse qu'avait le brun face à son ennemis, il s'était mit à genoux devant lui.

« On était ennemis avant, je regrette beaucoup tout ce que j'ai dit ou fait contre toi. Contrairement à ce que tu peux penser, les Malfoy ont un cœur. Je m'excuse sincèrement et si c'est encore possible j'aimerais bien être ton ami. Moi je serai incapable de rester ennemis avec toi, mais ne prends pas ça pour de la pitié, ça me fait vraiment mal de te voir dans cet état. »

Harry regardait halluciné Draco, celui-ci venait de s'excuser, lui demandant pardon pour toutes les crasses passées … il savait que cela avait dû coûter à Malfoy de lui dire ça et sans aucun masque mais ça devenait de plus en plus difficile pour lui de s'imaginer dans la réalité, il ne pouvait être que dans un rêve. Malgré tout il tendait sa main pour sceller l'amitié nouvelle entre eux car si c'était un rêve, il était très agréable et Harry voulait en profiter avant de se réveiller dans l'enfer de son placard.

Draco poussait Harry dans le parc baigné de lumière et de chaleur, Narcissa babillait avec son mari et Harry gardait le silence. Le parc du manoir était de toute beauté, bordé par le jardin merveilleusement entretenu, rempli de fleurs sorcières toutes plus extravagantes les unes que les autres. Le tableau idyllique le mettait en confiance. Ce qui était étonnant quand il repensait avec qui il était. Draco avait approché la chaise d'une plante étrange.

« C'est une langue de vipère, ses feuilles ressemblent à une langue de serpent, elle est appréciée par ce que les fleurs bleues son très belles et très délicates. »

Draco avait mis une fleur d'un bleu électrique sous le nez d'Harry qui respirait un parfum fruité et enivrant. Il avait ensuite lancé un regard interrogateur au blond.

« J'aime beaucoup les fleurs. Mère entretient elle-même le jardin. »

Après s'être installés près du lac, Narcissa avait tendu une nappe sur le sol et s'y était assise suivie de près par Lucius le dos toujours très droit alors que Draco était presque affalé contre un tronc d'arbre. Harry regardait la scène perdu dans ses pensées moroses. Ce n'était pas une solution de s'enfermer dans un beau rêve étrange, quand son oncle allait ouvrir, il devrait être prêt pour les tâches ménagères sinon il allait encore être battu et si Pétunia n'était pas là alors il aurait même le droit à son traitement de faveur. Il devait payer et ce par n'importe quel moyen, pour lui le bonheur était interdit.

Perdu dans son monde il n'avait pas remarqué qu'il serrait convulsivement son poignet bandé et que les larmes coulaient sur ses joues, les yeux vides fixés dans le lointain.

« Harry ? » Narcissa essayait de le ramener dans la réalité et Harry n'entendait même pas ses appels.

« Harry ? Revient dans la réalité, tu es en sécurité ici. »

Harry la fixait en niant avec la tête.

« Tu penses que c'est un rêve ici ? » demandait doucement Lucius, Harry fit oui de la tête.

« C'est si impossible à croire que nous ne sommes pas des monstres ? Que tu sois bien ici ? »

Harry avec un temps de réflexion acquiesçait.

« On te jure que c'est ici la réalité, on te jure que tout ce que tu as vécu est vrai et Lucius t'a sorti de cet enfer ! Tous les jours, tu te réveilleras avec ce qui ce seras passé ici et ça ne partira pas comme un rêve, ça sera bien présent dans ta mémoire. »

Harry avait commencé à trembler de partout et Narcissa l'avait pris doucement dans ses bras.

« Mais ne t'en fait pas, tout ça c'est fini, complètement fini. Plus personne ne te fera de mal, tu es ici en sécurité chez toi. »

Harry s'accrochait à cette femme, désespérément. Elle était son oxygène, sa bouée de sauvetage, et elle le berçait tendrement comme jamais aucune femme ne l'avait fait pour lui.

Draco aurait pu être jaloux mais quelque chose, en lui, lui criait que Harry n'avait pas dû avoir beaucoup d'amour dans son enfance avec ses moldus et il acceptait de bonne grâce que sa mère le réconforte car visiblement il en avait cruellement besoin. Certes les Malfoy n'étaient pas du genre expansif, mais quand il en avait eu besoin sa mère n'avait jamais rechigné à lui donner un câlin. Plus petit, son père adorait le prendre sur ses genoux et avait même été jusqu'à rire de certaines de ses bêtises.

Le reste de l'après midi se passa beaucoup plus sereinement pour Harry qui se sentait entouré et soutenu. Il avait même fini par s'endormir en confiance avec les Malfoy.

« Il ne parle toujours pas. » avait constaté avec amertume Draco.

« J'espère que ça ne durera pas trop longtemps. Mais sa doit être difficile pour lui. » Se lamentait Narcissa.

« Il parlera, je ne m'inquiète pas pour ça. Il a encore peur de rompre le charme et se réveiller cher ses moldus. Laissez-lui le temps de réaliser. »

Draco avait raccompagné Harry dans sa chambre et l'avait réinstallé sur son lit. Il allait passer la porte quand un murmure rauque lui était parvenu.

« Reste. » Harry se sentait en sécurité avec son ennemi, c'était peut-être un garçon mais il était de son âge et Harry avait besoin d'une présence, il ne voulait pas se retrouver seul comme dans son placard. D'étonnement Draco avait fait un demi-tour sec et ses yeux se noyaient dans les deux yeux verts d'Harry qui le fixait suppliant. Il s'était installé sur le lit, dos sur le montant, et Harry s'était calé sur son torse. Draco l'avait serré dans ses bras heureux de pouvoir lui donner un peu d'affection. Harry s'était rendormi rapidement et Draco sombrait lui aussi dans le sommeil. C'est dans cette position que sa mère les avait trouvés mais elle n'avait pas eu le courage de les réveiller pour le dîner. Elle leur avait fait porter un plateau au cas où.

Harry s'était réveillé en sursaut, tremblant de tout son corps. Draco avait alors resserré doucement sa prise sur lui en le réconfortant et lui caressant les cheveux. Harry s'était calmé mais pleurait en silence contre le blond dans une position recroquevillé sur lui-même. Draco était chamboulé par tant de douleur et de souffrance.

« Tu sais quand je t'ai vu pour le première fois au manoir, j'ai eu cette envie bizarre, l'envie d'avoir un frère, l'envie de t'avoir comme frère de cœur. J'ai envie de te protéger, j'ai envie d'effacer toutes tes blessures. Je sais ce que tu vas me sortir, le grand prince qui fait dans le poufsouffle… mais je ne pourrais pas effacer ces horreurs malheureusement. Par contre je peux te promettre de toujours être là quand tu auras besoin de moi. De toujours t'écouter si tu as envie de parler. »

Timidement Harry avait déposé un bisou sur sa joue et s'était calmé dans son cou. Draco avait cru entendre dans un souffle un peu rauque un « merci ».

Le reste de la semaine se passait calmement, Harry pouvait maintenant bouger librement sans son fauteuil enchanté et il découvrait un peu le manoir. Il n'était toujours pas un grand bavard mais arrivait à prononcer un mot de temps en temps d'une voix rauque très abîmée qui avait fait s'inquiéter tout le monde. La médicomage avait examiné sa gorge et décelé des cordes vocales très abîmées par des hurlements répétés. Il avait un traitement de plus et même s'il retrouverait un jour sa voix normal, Mlle Carter lui avait bien fait comprendre que ce n'était pas certain et très long. Il devait s'habituer à cette voix grave, rauque et par moment dérapante.

Il avait de moins en moins l'impression de vivre dans un rêve mais avait encore cette impression d'irréalité de se trouver dans cette famille. Il ne voulait pas non plus retourner chez les Weasley. Pour dire quoi ? Qu'on l'avait violé, battu, affamé ? Comment peut-on dire ce genre de choses à des personnes qui croient en vous ? Comment leur dire qu'il avait mérité cette punition pour les morts par sa faute. Comment leur faire comprendre que même encore maintenant il voulait mourir, voir Voldemort et recevoir l'impardonnable sort mortel.

« A quoi tu penses, Harry ? » Avait demandé Draco en le voyant perdu dans la contemplation du paysage à travers la vitre.

« Aux autres. » Avait répondu Harry de sa voix rauque.

« On ne te séquestre pas ici, si tu veux aller les voir, tu en as tout à fait le droit. Ou même leur écrire, Père a bien insisté sur le fait que tu étais libre ici. La porte du manoir est ouverte. »

En effet, Lucius avait bien insisté sur le fait qu'il était libre de faire ses propres choix, rester ici ou retourner chez les Weasley. Même sortir si l'envie lui prenait. Il avait juste fait remarquer qu'il devait les prévenir avant et faire attention à une attaque de mangemort. Harry avait été très touché par les paroles de l'adulte, et même s'il craignait encore énormément Lucius petit à petit un certain respect naissait entre eux. Il avait encore peur d'être battu et violé mais, ici, il réapprenait à vivre normalement. À bien y réfléchir, il apprenait à vivre tout court. Il n'avait jamais eu d'amour dans sa famille de moldu, à Poudlard il avait des amis mais pas d'amour maternel ni paternel et ce qui si rapprochait le plus était mort quelques mois avant au ministère. Sirius avait passé le voile et ne pouvait plus rien pour l'aider. Les Weasley étaient bien trop accaparés par leurs nombreux enfants pour faire attention à lui comme il aurait fallu. Mme Weasley, pour se rattraper, l'étouffait dans des étreintes où il ne se sentait pas à sa place. C'était bien mais il avait toujours la culpabilité de voler la mère de son ami Ron, ou d'inquiéter Molly avec des choses futiles.

« Harry ? Tu es souvent pensif, si tu as besoin de parler, je suis là. Et ne trouves pas l'excuse de me déranger ou de m'inquiéter avec des choses sans intérêt. »

« J'ai encore du mal à m'y faire. » Avait répondu Harry de sa voix rauque.

La deuxième semaine avait été dans la continuité de la première si ce n'est qu'Harry devenait un peu plus bavard, il prenait un peu plus part aux conversations lors des repas, et prenait goût à faire des jeux sorcier au petit salon avec Draco. Narcissa le couvait beaucoup sans jamais être étouffante ce qui rassurait Harry qui se savait entouré en gardant toutefois sa liberté. Les règles du manoir étaient simples, les repas à l'heure et toujours avec tout le monde sauf si malade. Il devait se tenir bien sans en faire des tonnes et veiller à ne pas perturber le calme du manoir. Viky s'occupait de lui avec dévoument satisfaisant le moindre de ses désirs. Il faisait même des parties de Quidditch avec Draco.

Harry avait écrit une lettre à ses amis, les rassurant sur son état de santé mais n'avait pas révélé où il se trouvait ni s'il allait revenir bientôt. Il ne pouvait pas affronter ses amis, pas tout de suite. Harry réfléchissait à ce qu'il s'était passé la veille : Lucius et Draco lui avaient proposé de faire parti de la famille. Narcissa avait pratiquement sauté de joie dans le petit salon s'attirant les foudres de Lucius et Harry avait étiré son premier vrai sourire depuis qu'il était arrivé au manoir.

Harry avait accepté après avoir épuisé toutes les raisons de refuser. Lucius lui ayant bien fait comprendre que s'il dérangeait vraiment ou était un poids pour eux il aurait été viré d'ici depuis un moment. Narcissa avait même précisé que ce n'était vraiment pas un problème de place ni d'argent. Draco avait bien insisté sur le fait qu'il ne serait pas contre partager ses parents et qu'un petit frère était son rêve depuis des années … que pouvait bien répondre Harry à ça à part oui ?

Lucius l'avait donc emmené dans une pièce spéciale.

« Tu sais Harry, je ne veux pas te forcer. Je ne veux pas remplacer ton père biologique. Mais tu as besoins d'un modèle parental, une présence masculine bienveillante comme un pilier. Narcissa ne remplacera jamais ta mère, mais elle peut t'apporter l'amour et la protection d'une mère et tu en as vraiment besoin. Aucun enfant ne devrait vivre sans amour. Tu sais que, à tous moments, la porte du manoir te sera ouverte, dans un sens comme dans l'autre. Si tu décides de partir, c'est ton choix et si un jour tu as besoin n'hésite pas à venir. »

Harry avait les larmes aux yeux, ces mots le touchaient en plein cœur. Lucius venait de souffler sur ses craintes comme le vent d'automne sur les feuilles mortes. Lucius ouvrait la porte.

« A toi de faire ton choix, si tu veux être de la famille, tu poses ta main sur la sphère. »

Harry pouvait voir une grande sphère en cristal où des images défilaient rapidement. Les murs de la pièce semblaient parcourus de veines transportant des liquides de différentes couleurs et les menant à la sphère par le sol. On aurait pu se croire dans un cœur humain avec ses veines et ses artères palpitantes. La pièce était noire et seule la sphère apportait la lumière adéquate.

« Je suis le seul à pouvoir te donner les droits d'excès à certains endroits mais si tu veux y pénétrer sans autorisation tu ne seras pas attaqué. La porte restera close malgré tous tes sorts. »

Harry avait fait un pas en avant et se laissait porter par les douces pulsations de magie qui l'entourait. Il avait posé sa main sur la sphère qui lui prélevait un échantillon de magie et de sang. Lucius avait un petit sourire : Harry avait excepté de leur faire confiance et ça n'avait pas de prix pour Lucius. Tant qu'il ne le toucherait pas et ne crierait pas sur Harry, il garderait cette confiance précaire.

Harry était impressionné et admiratif face à tout ce manoir. Il n'était pas lugubre et impersonnel, mais bien paisible et, un peu comme Poudlard, il regorgeait de magie pour leur donner le meilleur agencement de pièce, une organisation propre à ceux qui y vivent et les envelopper de douceur. Le manoir communiquait en permanence avec les envies et les besoins de la famille, sans changer trop les parties plus anciennes. Tout se mélangeait et s'organisait au mieux.

Lucius ramenait Harry vers sa chambre et celui-ci vit tout de suite les effets. Impossible de se perdre, les murs communiquait avec sa magie pour lui indiquer où aller sans même qu'il ne le demande. S'il posait sa main sur le mur, sa magie et celle du manoir communiquait de façon intense. Harry était arrivé devant sa nouvelle chambre à côté de celle de Draco. Si Draco avait une poignée en forme de dragon, lui avait une poignée fine et sculptée en branche de ronce sinueuse. C'était son sanctuaire et l'annonce de la poignée criait clairement : si vous n'avez pas une choses importante à me dire pour me déranger, abstenez-vous.

La porte elle-même en bois et métal était petite et arrondie sur le haut. Une sorte de porte de cachot sans trappe ni barreaux, mais pas vraiment des plus engageante. Lucius avait soupiré à la vision de la porte, mais décidait de laisser Harry à sa chambre.

« Comme tu le vois ta chambre a changé, c'est ton toi profond qui a demandé ce genre de choses au manoir. Je te laisse t'organiser pour les aménagements. Il te suffit de demander au manoir ce que tu veux pour aménager ta chambre. »

Harry remercia Lucius et entra dans son sanctuaire. Le petit salon, ou antichambre, était en pierre comme les cachots mais avec des tapis sur le sol pour faire plus chaleureux. Des torches encadraient les deux fauteuils et la table basse en cristal. Les tons rouge-sang donnaient un côté chaleureux malgré l'obscurité de la pièce. Il passait l'antichambre pour arriver dans une pièce très lumineuse. Une grande baie vitrée à l'ancienne donnait une vue imprenable sur les jardins.

Son lit à baldaquin s'était transformé à sa demande en un lit en demie-sphère, comme une demie coquille protectrice entourée par du bois sculptée en forme de ronces entrelacées tout autour de couleur noire aux reflets de perle. Une couette épaisse en duvet d'oie le couvrait. Toute cette pièce était de couleur nacrée. Les meubles, eux, étaient de couleur gris perle.

La pièce était richement décorée et très lumineuse. Seuls de lourds rideaux noirs pouvaient cacher la lumière et plonger la pièce dans une obscurité apaisante. A côté de son lit, une lampe de chevet magique en forme de dragon trônait. Et enfin dans le coin à gauche, une grande cheminée de marbre blanc veinée de noir.

Dans la salle de bain tout était de marbre blanc et noir et de cristal, comme toutes les salles de bains des Malfoy, très grande et richement décorée dans le même style que sa chambre. Ronces, dragons, serpents et nacre, perles. Le robinet de la baignoire était une grosse palourde d'où s'échappait l'eau et les robinets à l'intérieur deux perles une blanche et l'autre noire. Harry pouffait en voyant la palourde, son imagination était débordante. Le lavabo lui avait, en guise de robinetterie, un serpent qui versait l'eau par sa gueule ouverte. Influence des Malfoy notait Harry avec un sourire.

Harry fit le tour et regardait son armoire. Plus un seul vêtement de Dudley n'y était. Il appelait Dobby qui avait failli faire une attaque en comprenant qu'il se trouvait au manoir Malfoy. Mais il avait réussit tout de même à le calmer.

« Ça ira ? » avait fait la voix inquiète et rauque du brun.

« Oui monsieur, Dobby servira Harry Potter même si c'est au manoir Malfoy. »

« Merci Dobby. Je voulais te demander de me rendre mes affaires que je t'avais donné à garder pendant l'été. »

« Bien sûr monsieur Harry. »

En un temps record Dobby lui rapportait ses affaires.

« Tu peux rester ici si tu veux, normalement c'est Viky qui s'occupe de moi. »

« Bien monsieur Harry, je vais aller la voir. »

Harry sortit ses affaires précieuses qu'il avait confié à Dobby, sa baguette, son balai, sa cape d'invisibilité et la carte des maraudeurs. Le miroir et le canif de Sirius et une plume de Buck qu'il gardait en souvenir. On frappa doucement à la porte.

« Entrez. » résonnait la voix grave.

Draco apparut et resta plus qu'ébahi devant sa chambre.

« Comment tu as fait tout ça ? »

« Et c'est ton manoir ? » demandait narquoisement Harry.

« Oui, mais il ne m'a jamais permis de faire tout ça. »

« Je l'ai un peu aidé avec ma magie pour certaines choses mais pas tout. »

« Je vois. » avait dit Draco blasé.

« Quoi ? »

« Et bien le manoir réagit au potentiel de magie de chacun. Tu ne peux pas lui demander de crée une salle si tu n'en as pas la capacité. Il puise dans tes ressources magiques et imaginatives. »

Harry se contentait de le regarder avec une moue d'excuse. Puis il avait pris le miroir de son parrain et le faisait incorporer au mur. Avec quelques cadres de photos de ses parents et de son parrain.

« Je suis désolé pour Black. »

« Ne le sois pas, ce n'est pas toi qui l'a poussé à travers le voile, ni ton père. C'est Bellatrix Lestrange. »

Draco avait regardé un moment le lit et avait cru y voir une forteresse ! D'aspect extérieur, un entrechat de ronce entourait complètement le lit qui semblait rond. Une fois qu'Harry avait eu fini d'aménager sa chambre, il s'était diriger vers le lit et les ronces s'étaient dégagées doucement pour lui laisser un passage. Il s'y était assis et fixait Draco.

« Tu crois que je suis un monstre ? »

Draco le fixait avec des yeux ronds et demandait silencieusement le droit de s'asseoir sur le bord du lit. Harry acquiesçait et Draco avait pris place.

« Merlin tu n'es pas un monstre ! Je ne sais pas pourquoi tu imagines ça, mais le seul monstre c'est ton oncle. »Crachait Draco avec haine.

« Je regrette de ne pas avoir été gentil avec toi avant, je regrette tout ce que j'ai dit, j'était jaloux d'une image que les autres faisaient de toi. Mais au fond tu es un garçon extra. Tu as peut-être, même sûrement, plus le droit au bonheur que les autres. Je suis vraiment fier d'être ton frère de cœur. »

Harry était touché par ces paroles réconfortantes mais était un peu perdu. Il devait payer les atrocités, il devait payer…non ? Draco l'avait pris dans ses bras pour le rassurer et Harry en était encore un peu plus perturbé. C'était peut-être vrai, il avait lui aussi peut-être le droit au bonheur d'avoir une famille.

La troisième semaine était entamée, quand Lucius lui avait fait la proposition de cacher durablement ses cicatrices par des tatouages sorciers. Ils recouvriraient les marques sans douleur qui plus est. Vernon avait fait une croix gammée sur le front et Harry avait gardé les bandes pour ne pas la voir le matin dans le miroir. C'est avec un certain soulagement qu'il avait donné ses envies au tatoueur. Il avait donc des lianes tropicales avec des petites feuilles vertes tendre et des épines pour cacher les cicatrices qui partaient du haut de sa main et entouraient son avant-bras jusqu'au coude.

Sur le front, un dragon magnifique noir et violet assis sur le haut du sourcil droit. Il ne bougeait que la tête et la queue en pointe, son corps immobile cachant sa cicatrice en forme d'éclair et la croix ajoutée par-dessus. Les lianes de son bras remuaient leurs feuilles de temps en temps, comme une brise fait bouger les feuilles. Les pics eux étaient immobiles pour cacher les cicatrices. Le dragon crachait de la fumée noire quand il était en colère et remuait la queue en fonction de son humeur, influencée par celle du porteur.

Il avait une petite fée à la basse de la nuque pour cacher une autre cicatrice. Elle battait des ailes et semait de la poussière de fée. Il avait fait tatouer un lion enlacé d'un serpent qui prenait tout le dos. Seule la tête du serpent bougeait avec la langue sortant en cadence. Le lion lui rugissait par moment mais silencieusement et sa queue se balançait en rythme. Harry avait fait rajouter un petit serpent qui lui pouvait bouger sur tout son corps et qui adorait se placer sur son poignet ou sa cheville. Ce petit serpent était un peu spécial puisque Lucius lui avait rajouté un enchantement. Il pouvait parler en fourchelang avec lui et il pouvait décider de passer sur le corps d'une autre personne. C'était le cadeau de Lucius et des Malfoy à Harry.

Harry était très touché, il se doutait que cela devait coûter très cher un tatouage de ce genre car extrêmement rare. Mais Lucius l'avait dissuadé de dire non, il n'avait pas commandé ce tatouage depuis une semaine pour rien. Draco était stupéfait de la nouvelle allure de son frère, il était terriblement beau et classe avec ses tatouages. Un coiffeur était passé juste après pour lui rallonger les cheveux et faire des mèches colorées. Il avait maintenant des cheveux lui tombant au bas des fesses avec des mèches rouges, oranges et violettes. Il les avait remontés en une queue haute histoire de ne pas s'assoir dessus.

« Tu es magnifique mon chéri ! » avait fait Narcissa sous le charme.

« Merci Mme Malfoy. » avait répondu Harry de sa voix rauque.

« Harry chéri, oublies le Madame Malfoy, appelles-moi Narcissa mon chaton. »

« Uniquement si vous ne m'appelez plus mon chaton. » avait rétorqué Harry avec un grand sourire.

« Tu es vraiment bien foutu comme ça ! »

« Draco ton langage ! Si Lucius était là tu aurais été puni. »

Draco chassa la remarque dédaigneusement de la main.

« Tu es quand même très sexy comme ça. »

Harry avait rougi et Narcissa avait ri de bon cœur avant de les traîner au dîner. Lucius, après avoir mis sous oubliettes les deux pauvres inconnus, était venu lui aussi à table. Harry craignait toujours les réactions de sa nouvelle famille, il avait toujours peur de faire mal. Il fut totalement rassuré en voyant le sourire en coin de Lucius.

« C'est vrai que c'est beaucoup mieux. Au moins comme ça tu peux discipliner tes cheveux. »

Les sujets dérivaient sur des choses beaucoup moins agréables.

« Harry, le monde sorcier est en plein désarroi. Ils te croient mort ou disparu. »

« Qu'ils croient ce qu'ils veulent. J'ai envoyé une lettre confidentielle à mes amis. »

« Très bien, tu a reçus ta lettre de Poudlard ? »

« Oui mais je me suis inscrit à Salem pour l'année qui vient. Gabriel Black fera sa rentrée en 6ème année. »

Lucius regardait son nouveau fil avec étonnement et fierté.

« Si c'est ce que tu veux. Tu as ta liste de fourniture ? »

« Oui ... je pourrais venir avec vous pour les fournitures ? » demandait anxieusement Harry de sa voix déraillante.

« Bien sûr Harry ! » lui avait répondu Narcissa. Draco était surprit de savoir que son frère serait à Salem mais à bien y réfléchir c'était sûrement mieux de lui laisser du temps pour souffler.

La dernière semaine était décontractée. Harry était maintenant un membre à part entière de la famille Malfoy, il avait fait ses achats avec Draco et Narcissa. Il était anxieux et excité de voir sa nouvelle école. Et rapidement la semaine s'était écoulée. Lucius avait emmené Harry par portauloin à sa nouvelle école alors que Narcissa accompagnait Draco à la gare.

« Donnes-nous de tes nouvelles souvent. »

« Oui Mère. »

« Ramènes-nous des bonnes notes. »

« Oui Mère. »

Elle avait fait un dernier signe de la main à Draco avant de le retrouver pour Noël.

Rapidement, Draco avait reprit son statut de prince froid et cynique. Blaise, Pansy et Théo retrouvaient leur ami très en forme cette année. Draco cachait bien son angoisse. Harry allait-il bien s'entendre avec ses camarades ? Allait-il être heureux là-bas ? Et si ça se passait mal ? Et s'il était frappé ? Ou pire ?

La répartition se passait calmement et il avait prit ses quartiers normalement comme chaque année. À son petit-déjeuner, il avait été entièrement rassuré quand l'aigle de son frère lui avait apporté une excellente nouvelle.

Le reste des élèves et surtout les gryffondor semblaient, eux, pris de dépression sans leur héro. Personne ne savait ce qui était arrivé à Harry Potter et beaucoup de rumeurs couraient sur lui. Hermione et Ron avaient eu une simple lettre où leur ami leur disait qu'il lui fallait souffler, il leur donnerait des nouvelles régulièrement mais il ne parlait de rien de plus.

Draco recevait des lettres toutes les semaines de son frère et ses parents en recevaient tous les mois. Rapidement les vacances de noël étaient arrivées. Harry avait passé les plus belles vacances de Noël depuis bien longtemps. Le calme du manoir n'était coupé que par certains rires des deux frères qui se rapprochaient de plus en plus. Harry doucement se confiait à son frère sans aborder vraiment franchement le problème, mais Draco savait être patient et il était persuadé qu'un jour Harry lui parlerait en totale confiance. Doucement les plaies cicatrisaient sur le cœur du brun.

Harry s'était fait des amis à Salem : Zack et Maya, ils étaient connus pour être un groupe particulièrement étrange. Zack qui ne parlait que pour râler, Maya un vrai moulin à parole et Gabriel un garçon froid comme le pôle nord. Maya et Gabriel passaient le plus clair de leurs temps à s'engeuler… les Malfoy en avaient fait la découverte pour les vacances d'avril en invitant le trio de Salem pour deux jours. Deux jours inoubliables entre les éclats de voix, les rires et les coups fourrés. Narcissa s'imaginait que même une tornade n'aurait pas pu faire autant de dégâts que ces monstres. Mais tous étaient heureux de voir Harry revivre insouciant du monde extérieur.

C'est la première semaine des grandes vacances que la sentence était tombée. Dumbledore obligeait Harry à revenir à Poudlard où qu'il soit. Pour le bien de la communauté sorcière soi-disant. Harry était rentré dans une fureur noire.

« Il n'a pas le droit de faire ça ! » la voix grave résonnait dans le salon.

« Malheureusement si. Nous ne sommes pas vraiment tes tuteurs. »

« Alors faites en sorte de le devenir ! Je vous dois bien plus qu'à ce vieux fou ! »

Si Lucius était surpris, il ne laissait rien voir.

« Tu voudrais que nous devenions tes tuteurs ? » Harry s'était calmé.

« Oui, je croyais que c'était déjà le cas en fait. Vous m'avez élevé comme un fils depuis un an… mais si vous ne voulez pas... »

Harry était vraiment gêné et sa voix grave tressautait avec la peur du rejet.

« Tu es un fils pour nous, et si tu le veux il n'y a pas de soucis, je ferais une demande au ministère. De toute façon, depuis que ma couverture d'espion est tombée, tu n'as plus à te cacher. Mais je doute que ça se règle simplement. »

« Je vais devoir faire ma 7ème année à Poudlard alors ? »

« Je le crains. »

C'est la mort dans l'âme qu'Harry s'était résigné à faire sa dernière année à Poudlard. Draco en avait été scandalisé en l'apprenant mais pour le moment personne ne pouvait rien y faire. Comme toujours Draco se faufilait dans le lit de son petit frère pour le bercer avant la nuit, ça leur arrivait de discuter un peu avant de s'endormir.

« Draco, tu m'aimeras comme ton petit frère quoique je fasse ? » sa voix était rauque et hésitante.

« Bien sûr, quelle drôle d'idée. »

« Parce que je suis un monstre, je suis sale. » Draco lui caressait les cheveux pour le rassurer.

« Tu n'es pas un monstre Harry, et tu n'es pas sale. C'est l'autre pourriture qui est sale. Mais pourquoi as-tu peur de ma réaction, tu sais très bien que papa et maman nous soutiennent. Et tu sais très bien que je t'aime comme mon frère quoiqu'il arrive. » fit Draco doucement.

Harry baissa les yeux de honte, comment dire ça avec ce qu'il avait vécu.

« J'ai peur… »

Draco lui remontait le visage avec sa main.

« Et tu as peur de quoi petit frère ? »

« De le salir. » c'était à peine un murmure rauque mais Draco avait comprit ce que cela impliquait.

« S'il t'aime alors tu ne le saliras pas. L'amour ne peut pas salir les gens, il les lave justement. Rien n'est plus beau que l'amour tu sais, tu as de la chance d'être amoureux. » Draco lui faisait un sourire bienveillant mais Harry ne semblait pas détendu du tout au contraire.

« Il y a autre chose n'est ce pas ? » Harry se mordait la lèvre inférieure signe d'un grands stress.

« Tu sais que tu peux tout me dire, je suis là pour ça. »

« Je… je crois que j'aime Zack, ça veut dire que je suis gay ? »

« Peut-être, si tu es attiré par les filles ça veut peut-être dire que tu es bi. » Draco imaginait le trouble de son frère, il essayait de lui faire comprendre que ça ne changerait rien à leur vision à lui et ses parents.

« Tu sais ce n'est pas parce que tu es gay que ça changera quoique ce soit à notre vision de toi. Père et mère nous aiment comme nous sommes, hétéro, bi ou gay. Bons, méchants, avec nos mauvais jours, notre bonne humeur… tout. »

« Merci, merci de rester le même, merci de m'accepter. Merci d'être là tout simplement. »

« C'est normal tu es mon frère, mais tu sais, c'est courant chez les sorcier et très bien excepté. Ils ont même le quartier gay. Le chemin de traverse a plusieurs bifurcations. Tu as l'allée des embrumes, l'allée des gallions après la banque, c'est le quartier des affaires. Tu as l'allée de la paix où toutes les nationalités sont représentées. Tu as des magasins de tous les endroits du monde, sorcier ou moldu. Et tu as le quartier gay. C'est, à mon avis, le plus beau et coloré de tous, particulièrement à Noël. C'est aussi là-bas que tu trouves tout ce qui touche à l'art, ils gardent le monopole je dois dire. Les plus beaux tableaux sont là-bas. Si tu veux, on ira faire un tour demain, je te montrerais tout ça. »

Harry se mordait toujours la lèvre.

« J'aurais dû être dégoûté avec ce que m'a fait mon oncle mais j'ai juste peur d'avoir mal. »

« Écoute Harry, ce que t'a fait ton oncle est loin de tout ce que peut t'apporter l'amour et au fond de toi tu le sais. Si Zack t'aime, et comptes sur moi pour y veiller, il fera attention de ne jamais te faire mal. Ça sera la plus belle expérience de ta vie et ta véritable première fois. Crois-moi, ça effacera toutes ces horreurs, peut-être pas tout de suite mais au fur et à mesure oui, mais pour ça tu dois être prêt et ne pas le faire pour lui faire plaisir. Si tu en as vraiment envie ça ne pourra qu'être le plus beau moment de ta vie. »

Draco essayait de rassurer Harry, il aurait pu lui dire que ça faisait un peu mal mais Harry se serait braqué complètement. S'il avait confiance en lui, alors il profiterait de ce moment sans angoisser. Il veillerait personnellement à ce que Zack soit à la hauteur de son frère. Mais, en plus, Draco devait réfléchir à comment aborder les choses de la vie avec Harry, ayant vécu chez les moldus il devait lui manquer quelques notions élémentaires.

« La belette n'a jamais abordé le sujet difficile de ton éducation sexuelle sorcière ? » Draco grimaçait : ça y était, il s'était jeté à l'eau. Merlin, il détestait vraiment parler de ça mais c'était nécessaire et son père ou sa mère s'en sortaient vraiment mal…. Expérience personnelle de Draco ! Il valait mieux qu'il le fasse lui-même. Harry le regardait avec des yeux ronds, son éducation sexuelle sorcière ? Bien sûr, il avait les bases mais il se doutait que si Draco, qui arborait une moue contrariée visiblement d'aborder le sujet, lui en parlait c'est que certaines choses liées à la magie entraient en ligne de compte.

« Non Ron ne m'a jamais parlé de ça. » Draco soupirait résigné, il n'y couperait pas.

« Le sida fait aussi des ravage chez les sorciers, heureusement on arrive à bien le soigner. Pour éviter la contamination, on a bien mieux que les moldus, une potion. Ensuite, tu dois savoir qu'un sorcier très puissant, peut enfanter. »

Harry écarquilla les yeux, lui était un sorcier très puissant….

« La magie du sorcier est capable de faire comme pour les femmes et de donner la vie. Pour éviter de se retrouver enceints, les homosexuels ont une potion qui bride leur magie et empêche la création de l'utérus magique. »

En fait, ça n'avait pas été si compliqué que ça, Draco ne comprenait pas vraiment pourquoi ses parents en avaient fait toute une histoire. Harry le regardait les yeux écarquillés.

« Ça bride toute la magie ou seulement au niveau du ventre ? » demanda Harry.

« Je n'en sait rien 'Ry, c'est trop technique comme question pour moi. On demandera au quartier gay si tu veux des informations. » Harry rougit, il se voyait mal demander ce genre de choses à un inconnu.

« Il n'y a que le sida chez les sorcier ou d'autres MST ? »

« Non, notre magie élimine les autres MST. Mais elle n'arrive pas à lutter complètement contre le sida. Je te ferais la potion, tu la garderas avec toi. »

Harry rougit une nouvelle fois.

« Pour le moment il ne se passera rien avec Zack tu sais. » Draco le regardait et souriait doucement.

« Comme ça, tu seras tranquille et tu ne me dérangeras pas à la dernière seconde pour en avoir une. »

Draco, comme promis, emmenait Harry visiter les différents quartiers et particulièrement le quartier gay sorcier. Harry avait vu tout les couples gay se balader librement en se tenant par la main, s'embrasser. Quelques couples hétéros faisaient des achats ou flânaient par-ci par-là. Comme Draco l'avait dit, la rue était multicolore et vraiment très belle. Beaucoup de galeries d'art exposaient leurs œuvres en vitrine rajoutant de la couleur et de la fantaisie au lieu. Draco menait son frère chez un apothicaire.

« Il n'y a qu'ici qu'on trouve la potion anti-grossesse mâle. Ils gardent jalousement la recette. »

Ils entraient dans le magasin tenu par un vieil homme barbu.

« Bonjour que puis-je faire pour vous ? Oh Mr Malfoy, c'est un honneur de vous voir ici. »

Draco soupirait intérieurement.

« Bonjour, pourrions-nous aller dans l'arrière-boutique pour plus de discrétions ? »

« Bien sûr. »

Le vieux monsieur les installait dans une petite pièce.

« Je ne viens pas ici pour moi, mais pour un ami timide, Gabriel ici présent. »

Harry rougissait et le vieil homme lui fit un sourire apaisant.

« Ne soyez pas si tendu, je suis connu et réputé pour tenir ma langue, sinon personne ne viendrait dans ma boutique. Je suis là pour répondre à toutes vos questions. »

Harry devenait aussi rouge qu'une tomate bien mûre et Draco souriais narquoisement.

« Pouvez-vous nous expliquer les effets de la potion ? » demandait Draco.

« Bien sûr. Elle agit essentiellement sur les spermatozoïdes et les détruits. Mais elle doit aussi agir sur le ventre pour bloquer la fabrication d'un utérus relié à l'intestin. Il est arrivé que, sans semence, le coït donne naissance à un enfant. C'est pourquoi on bride la formation de l'utérus dès le départ. »

Harry était choqué.

« Sans gènes ? La magie crée la vie ? »

« Oui monsieur, chez les sorciers les plus puissants la magie instinctive fera tout pour satisfaire les envies primaires du sorcier. La potion la restreint pour un trimestre, sans occasionner aucune gêne sur le reste de la magie du propriétaire. L'effet commence deux minutes après ingestion. »

Harry rougissait comme une pivoine et Draco se moquait doucement de son frère.

« Je peux vous en faire une parfaitement adaptée à vous si vous le désirez ? »

« Ce serait parfait. » Draco savait qu'ils pouvaient faire confiance à cet apothicaire qui n'aurait jamais pris part dans un camps sous peine de perdre ses clients.

« Pouvez-vous patientez ici une demie-heure ? »

Draco lui faisait signe que oui et le vieil homme s'en était allé dans son laboratoire. Une demie-heure plus tard, il les avait fait entrer dans le laboratoire.

« Mettez un peu de votre magie dans le chaudron jeune homme. »

La potion avait prit une couleur rose pastel. Il la mettait en bouteille et tout en remontant pour payer, l'apothicaire la lui donna. Au comptoir, ils étaient seuls, il n'y avait pas un rat dans le magasin.

« Je garde votre nom d'empreint pour vous enregistrez ou je mets votre vrai nom jeune homme ? »

« Comment savez vous que je vous ai donné un faux nom ? »

« Votre magie monsieur Potter est bien trop spéciale. »

Harry grognait.

« Gabriel Malfoy, et pourquoi enregistrez des informations ? »

« Pour vous renvoyez vos futures potions, Monsieur Malfoy. Vous n'aurez qu'à me renvoyer cette clé qui permettra d'ouvrir votre coffre ou 4 autres potions sont entreposées. Au delà des 4 fois, il faudra repasser. »

Harry restait sous le choc, on venait de le nommer Malfoy, par un adulte. Maya et Zack lui disait souvent mais sa lui faisait drôle venant d'un inconnu.

Draco le rassurait sur le vendeur et il l'avait emmené finir leurs emplettes.

A la fin de la journée c'est Lucius qu'ils avaient retrouvé dans le salon.

« C'était très calme au manoir sans vous. Où avez-vous été ? » Fit Lucius en lisant son journal.

Draco se servait un thé.

« J'ai fait découvrir à Harry l'allée de la paix et le quartier gay. »

Harry rougissait adorablement. Lucius en bon Serpentard remarqua vite ce phénomène.

« Ah oui ! Vous avez visité les coins les plus intéressants je suppose ? » Lucius changea un regard de connivence avec son fils à mesure qu'Harry devenait un homard à la sortie de la marmite. Lucius attendait une réponse de son fils de cœur en le fixant. Il bafouilla.

« Oui, oui, c'est vraiment très beau et très coloré. Je ne suis pas très fan des tableaux mais certains sont magnifiques. » Draco décida de sortir son frère de l'embarras.

« On est passé chez Gérard l'apothicaire. »

Lucius souleva un sourcil.

« Oh ? Et pour lequel de vous deux ? »

Harry ne savait plus où se mettre mais garda un peu de courage de gryffondor.

« C'était pour moi. » Harry attendait la bonne ou la mauvaise réaction de son père de cœur. Mais Lucius se contenta de prendre la tasse de thé devant lui et de regarder Harry en tailleur sur l'accoudoir du canapé et Draco confortablement installé dans le même canapé, le mollet sur le genou et les bras sur le dossier.

« Je suppose que Draco t'a expliqué ce que tu devais savoir ? »

Harry acquiesça.

« Merci merlin ! » soupira Lucius ce qui fit rire Draco.

« Je vous ai déchargé de cette corvée, vous n'avez jamais su y faire pour expliquer les choses de la vie. » Lucius grogna.

« Je te revaudrais ça fils. » Il était si soulagé que Harry, lui, pouffait intérieurement.

« Ça ne vous fait pas un choc ? » demanda timidement Harry.

« Merlin si ! Mes enfants grandissent sans que je m'en rende compte. Il va falloir que je me résigne à vous voir en adultes, et bientôt être grand-père sans que je ne vous vois grandir. »

Harry souffla, décidément il n'imaginait pas que ça se passe aussi bien, il avait en permanence peur du rejet et particulièrement des Malfoy. Complètement détendu à présent, Harry fit un petit rictus narquois.

« Le grand et froid Mr Malfoy fait dans le poufsouffle maintenant ? »

Lucius parut choqué, réellement choqué et Harry se tendit, il était peut-être allé un peu trop loin dans la rigolade.

« Tsss, Serpentard vicieux va ! Je ne me remettrai jamais de m'être fait traité de poufsouffle par le grand Harry Potter. » Fit Lucius un brin théâtralement ce qui fit rire tout le monde. Narcissa entra et fut émue par la scène.

« Quel est l'objet de tant de rires ? »

« Ma douce le grand Harry Potter vient de me traiter de poufsouffle ! Je suis profondément choqué ! » Fit plaintivement Lucius.

Narcissa regarda tout le monde sceptique.

« Ah et en quel honneur ? »

« Ma douce nos enfants grandissent et nous ne nous en sommes même pas aperçus. »

« Oh. » fit Narcissa doucement pleine de mélancolie.

« Narcissa, bientôt nos chérubins seront des adultes. Un jour, le manoir sera plein d'enfants, nos petits enfants courant partout. »

Les yeux de la maîtresse de maison s'illuminèrent.

« Et comment t'est venue cette révélation ? »

« Harry s'est fourni cher Gérard l'apothicaire. »

Harry vit Narcissa devenir inquiète.

« Harry s'il te fait le moindre mal je le tue. » Puis elle lui fit un grand sourire.

« Pardon, je suis un peu trop protectrice après tout si tu l'aimes ça ne peut qu'être merveilleux. »

Harry était soulagé, elle s'était sûrement inquiété qu'on ne lui fasse du mal et pas de voir son fils se transformer en monstre. Draco lui mit la main sur l'épaule.

« Je te l'avais dit qu'ils en seraient heureux. »

Harry était songeur ce soir-là. Demain, il prendrait le Poudlard express et reverrait tous ses amis. Il était dans les bras de son frère et semblait bien mélancolique.

« Dray ? »

« Oui 'Ry ? »

« Je veux pas retourner à Poudlard, Maya et Zack me manquent, je serais complètement perdu là bas. »

« Ne t'en fait pas, je serais là moi. Et puis tes amis seront contents de te revoir, l'ambiance sans toi est assez plombée. Les griffys semblent tous dépressifs et n'ont plus aucune repartie ça en devient ennuyeux. »

« Tu ne me quitteras pas ? »

« Non, comme père s'est fait démasqué l'année dernière, plus rien ne nous oblige à jouer la comédie et faire semblant d'être ennemis. Dorénavant, pour tout le monde tu es mon petit frère. Père ne risque rien puisqu'il reste ici au manoir et mère fait de même. Le lord ne viendra jamais nous embêter à Poudlard, trop dangereux. »

« Ce n'est pas du lord que j'ai peur mais de la réaction des gens face à moi et toi par la même occasion. »

« N'aies pas peur je te protégerais, et s'il ne le prenne pas bien c'est que ce ne sont pas de vrais amis. Tu viendras à notre table pour manger, tu viendras dans ma chambre de préfet pour dormir et tu suivras les cours de Serpentard si tu veux. Personne ne peut rien te dire et encore moins le vieux sénile. »

Harry se lova encore plus contre son frère et s'endormit. Draco tira la couverture sur eux et s'endormit avec lui dans son lit à baldaquin.

Le lendemain à la gare, beaucoup avaient les yeux rivés sur un étrange phénomène. La famille Malfoy avec un membre de plus, un garçon qui était en totale contradiction avec le reste à bien y regarder. Brun aux cheveux tressés et longs avec, au bout, des perles argenté. Tatoué de partout, un peu plus petit que Draco Malfoy et portant une robe de sorcier noire. Draco, à côté, portait un ensemble pantalon, chemise et cape blanche et argentée. Les cheveux blonds parfaitement lisses lui tombaient dans le cou. Lucius, dans une robe verte, les cheveux coiffés comme les hauts elfes, et Narcissa ses cheveux blonds tenue en chignon tiré aux quatre épingles, dans une superbe robe avec bustier violet.

« Mes chéris ne faites pas de bêtises. »

« Non Mère. »

« Non Narcissa. »

« Rapportez des bonnes notes et s'il y a un problème, envoyez un hibou express... »

« Oui père. »

« Oui Lucius. »

Sous les yeux incrédules, Narcissa prit ses deux enfants dans les bras et Lucius fit une accolade à ses deux monstres. Le quai était devenu bien silencieux pour une gare, mais les Malfoy ne s'en formalisaient pas. Plus d'obligation d'être froids et de porter un masque puisque le lord ne les menaçait plus.

« Passe le bonjour à Sévérus de ma part Draco. »

« Je n'y manquerai pas père. »

Dans le train, les rumeurs les plus folles courraient déjà. Harry et Draco, dans le compartiment, riaient à une blague.

« Ils vont mal le prendre j'en suis sûr ! »

« Pas nécessairement p'tit frère. »

« Pas avec moi Draco, tu peux bien mentir aux autres mais avec moi ça ne marche pas. »

Draco leva les mains au ciel.

« Je capitule tu me connaîs trop bien, je vais devoir t'éliminer. »

« Comment le grand Draco Malfoy ne sait pas jeter le sort d'oubliette ? Quel déshonneur ! »

Nouveau fou rire quand la porte s'ouvrit, Blaise, Théo et Pansy s'immobilisèrent devant la scène surréaliste sous leurs yeux. Leur prince et ami se tenait à un autre garçon dans un fou rire commun. Ils notèrent la voix du nouveau, une voix grave, comme abîmée.

« Grand frère, voilà les ennuis. »

Draco releva la tête et se reprit en une seconde comme son frère.

« Bonjour, asseyez-vous. »

Sans s'en rendre compte, les trois arrivants s'étaient assis.

« C'est une blague ? » demanda Blaise.

« Non, c'est bien mon petit frère. Je vous présente le nouveau membre de la famille Malfoy : Harry, Gabriel, James Potter Black Malfoy. Merlin 'Ry tu ne pouvais pas faire encore plus long ! »

« Non, c'est un hommage à mon parrain et hors de question d'abandonner un de ces noms. »

Les trois autres étaient stupéfaits. Harry Potter et Draco Malfoy amis, frères, riaient pas plus tard que tout à l'heure. Potter dans la famille Malfoy… Harry se rendait compte de l'état de poisson des trois autres.

« Ah ! Si vous voulez, vous pouvez m'appeler Harry Potter, ou Harry Malfoy. Et si c'est trop difficile pour vous je me contenterais de Gabriel Black ou Gabriel Malfoy. En fait, peu importe. » Sa voix rauque réveilla tout le monde. C'est vrai que sa voix rauque en plus de son ton froid était impressionnante. Draco devait avouer qu'il ne l'avait jamais vue en dehors du manoir protecteur, sauf pour les fournitures mais il se débrouillait en général seul.

Harry s'assis en tailleur sur le bord d'un siège dans un équilibre précaire droit et le visage complètement fermé. Draco attendait que ses amis sortent de leur léthargie.

« Je crois qu'ils sont morts. » fit Harry derrière son livre.

« Mais ? » fit Pansy.

« Comment ? » renchéri Blaise.

« Depuis quand ? » fini Théo.

« Ils ont au moins un cerveau pour trois. » fit cyniquement Harry.

« Tu es méchant Harry ! Ils sont choqués. » S'était outré Draco.

« Oh les pauvres chéris ! C'est mon côté Malfoy qui prédomine je suppose. »

Draco balaya la remarque de son frère de la main.

« Harry est arrivé au manoir, et vous n'en saurez pas plus, on est devenu amis et frères. Père est officiellement son tuteur à sa demande. »

« Alors c'était vrai ? » demanda Blaise.

« Oui, le jugement a été rendu hier. Ce n'est pas un canular. Vous le considérerez comme mon frère à partir de maintenant. »

Pansy se releva brusquement.

« Tu lui as fait boire une potion ? Un sort ? C'est impossible ! »

Harry leva ses yeux du livre et prit sa voix rauque et traînante à glacer le Sahara.

« Parkinson assis ! » Pansy obéit en blêmissant.

« Le pourquoi du comment ne vous concerne pas le moins du monde. Mais il est impossible de pénétrer le manoir Malfoy sans y avoir été invité. Je n'ai pas pu forcer Lucius à m'adopter. Si c'est trop difficile à concevoir pour toi je ne te retiens pas la porte est sur ta droite. »

Tout le monde eut la désagréable impression d'avoir été plongé dans l'eau du pôle nord. Personne n'osait plus faire de remarque et Harry reprit son livre comme si de rien n'était. C'est après un petit moment que les discutions sur un autre sujet reprirent sans la participation d'Harry.

« Ça fait un choc quand même. »

« A ça je te le fait pas dire Blaise ! » fit Pansy.

« Et depuis combien de temps vous êtes amis ? » demanda le petit Théo.

« Un an. »

« Vous ne vous êtes pas hurlés dessus ? Ni entre-tués ? » Demanda Blaise curieux de savoir.

« On se chamaille, mais jamais le ton n'est monté. Et comme tu le constates nous sommes toujours vivants. »

Effectivement, Draco n'avait jamais élevé la voix contre Harry, il arrivait qu'ils s'envoient des répliques cyniques au visage mais jamais l'un ou l'autre ne levait la voix. Harry réagissait très mal aux éclats de voix et se recroquevillait sur lui-même en tremblant. Draco prit un air sérieux et un ton grave.

« Le premier qui lève la voix devant Harry, qui essaye de le frapper ou de lui faire mal je le tue de mes mains. Vous pourrez faire passer le mot. »

Jamais les trois autres n'avaient vu leur ami comme ça. Il était surprotecteur mais Potter n'était pas une choses sans défense pourtant pensaient-ils. Harry avait fini son livre et s'était allongé sur les genoux de Draco qui par habitude jouait avec ses cheveux. Blaise ne montrait rien de son effarement, Théo lui voyait une facette étrange du nouveau Potter et Pansy était jalouse de l'attention qu'avait Harry.

« Dray, je ne vois vraiment pas pourquoi je dois revenir à Poudlard ! Salem était vraiment bien mieux. »

« C'est plus possible p'tit frère, depuis que père est ton tuteur tu n'es plus en sécurité à Salem, et Dumbledore a accepté uniquement si tu revenais à Poudlard. »

« Vieux grigou ! » rageait Harry la voix rauque.

« Pourquoi ta voix est si rauque Potter ? » Blaise essayait tant bien que mal de comprendre ce qui se passait. Harry le regardait avec froideur.

« J'ai les cordes vocales brisée. »

« On n'en saura pas plus ? » demanda Théo.

« En effet vous n'en saurez pas plus. »

A la grande salle, tout le monde avait remarqué le nouveau Malfoy. Harry était allé vers la table des lions. Hermione l'avait regardé dans les yeux et lui avait sauté dans les bras.

« Harry tu m'as manqué.»

« Je sais Mione désolé. »

Hermione le fixait l'air horrifié.

« Ta voix ! Qu'est-ce qui est arrivé à ta voix. »

Harry resserra la prise sur son amie.

« J'ai les cordes vocales brisées. Mais c'est rien, je peux parler c'est déjà ça. »

« Comment ? »

« Plus tard Mione. »

« Harry je suis si heureuse. Mais Ron ne veux rien entendre pour lui tu es un traitre. Moi je m'en fiche tant que tu es heureux. »

« Merci Mione. J'ai adoré tous vos cadeaux tu sais, ils sont magnifiques. Un jour Ron comprendra. Désolé Hermione mais je ne reste pas. Je t'expliquerais mais je serais de la maison Serpentard sans l'être cette année. »

Hermione pleurait dans les bras de son ami.

« C'est pour être digne des Malfoy ? »

Harry lui fit un sourire réconfortant.

« Non, mais je reste avec mon grand frère. C'est pas facile pour moi de revenir ici comme ça. Dis bien à Ron qu'il reste mon frère de cœur. » Harry déposa un baiser sur le front de son amie et retourna s'assoir en tailleur de profil à son assiette. A la table des Serpentards.

« Potter, je conçois très bien que Draco est maintenant ton frère mais tu a été réparti à gryffondor. » lui fit remarquer Pansy.

« Ah ! Et où est le problème ? »

« C'est ici la table des Serpentards. Et ce n'est pas une manière de se tenir à table. »

« Je me tiens comme il me plait. Lucius n'a jamais fait une seule réflexion à ce sujet et je trouve déplacé que d'autres me le fassent remarquer. Maintenant le choixpeaux voulait autant me mettre à Gryffondor que Serpentard. Je peux lui redemander si vous ne me croyez pas. »

Harry toisait la table de son regard et sa voix rauque avait pétrifié les autres élèves fraîchement repartis. Harry se leva et demanda à McGonagall de le repartir de nouveau.

« Mais Monsieur Potter personne ne se fait répartir une deuxième fois ! C'est insensé ! »

« Potter-Malfoy-Black. Et j'y tiens vraiment. »

Elle remit le tabouret en place avant que le directeur ne fasse son discourt. Harry s'assit sur le tabouret d'une manière totalement étrange une jambe pliée sous lui et l'autre par-dessus son genoux, sous les yeux médusé des autres élèves. Elle annonça d'une voix claire.

« Exceptionnellement Mr Potter-Malfoy-Black va de nouveau être reparti. »

Mais Harry ne mit pas le choixpeaux sur sa tête, il le tenait devant lui.

« Je ne reviens pas sur ce que je vous ai dit la première fois. Serpentard serait une aide vers le chemin de la grandeur. Mais votre maison de cœur est gryffondor. Vous avez fait votre choix la première année, vous ne vouliez pas de Serpentard. Maintenant je sens que vous avez beaucoup changé, Serpentard vous conviendrait bien mieux. »

Harry fit un beau sourire malicieux au choixpeaux.

« Merci bien. »

Il le déposa sur le tabouret. Rogue était pâle et McGonagall avait son air pincé, contrariée. Ron devenait presque vert jurant vraiment avec le roux de ses cheveux et Hermione se répétait des « Je le savais ! Je le savais ! ». La table des Serpentards fut irrémédiablement silencieuse quand Harry se rassit, seul Draco avait un petit sourire.

« Tu n'as pas pu t'empêcher de te mettre en avant. »

Harry le regardait contrarié sa voix rauque portait un peu plus qu'il n'imaginait et la table participait en silence à la conversation.

« Ah pas toi ! Je t'en prie, tu sais plus que moi comme je déteste ça ! Tu ne vas pas me ressortir l'affiche du saint Potter comme Rogue ! » Harry roulait des yeux visiblement entre la contrariété et être excedé de l'attitude de son frère.

« Pas besoin de monter sur tes grands hippogriffes. Je sais très bien que tu ne voulais pas revenir ici. »

Harry balaya la remarque de la main dédaigneusement.

« Comme ça on évitera de me prendre la tête avec des futilités de maison ridicules et de toute façon je n'ai pas de maison puisque je suis incapable de choisir. »

« Ça tombe bien, tous les Malfoy ont toujours été à Serpentard ! » Draco le regardait le défiant de le contredire.

« Merveilleux puisque tous les Potter ont toujours été à Gryffondor. »

« Les black vont aussi à Serpentard ! »

« Mon parrain a été à gryffondor je te rappelle. »

Aucun des deux ne voulait lâcher le morceau. Blaise souriait, ses deux là se chamaillaient comme des frères et ça l'amusait beaucoup, Théo lui essayait de cacher sa curiosité qui grandissait de minutes en minutes et Pansy se calmait visiblement rassurée de ne pas se faire voler son amour. Rogue se faufila derrière le 'survivant'.

« Mr Potter quel joie de vous voir dans ma maison. » susurra le maître des potions.

« Joie non partagée je vous rassure. Et pour, vous ça sera Mr Potter-Malfoy-Black. » La voix du brun choqua intérieurement l'adulte

« Vous serez prié de faire attention à votre langage jeune homme. Je ne souhaite pas le moins du monde vous avoir dans la maison des Serpentards. »

« Et moi j'aurais souhaité ne jamais vous avoir connu. Mais on a rarement ce que l'on souhaite professeur. » L'attitude du brun irritait vraiment Rogue.

« Et tenez-vous correctement ! »

« Aucune chance, je ne vous ferais pas cet honneur alors que même Lucius et Narcissa ne m'en ont jamais tenus rigueur. »

Rogue fut surpris d'entendre le nom des Malfoy dans la bouche de Potter, mais après tout la gazette avait fait un article sur ' l'adoption' de Potter par les Malfoy…

« Votre comportement est inqualifiable. »

Harry le fixait dans les yeux.

« Virez-moi donc de cette école je n'attends que ça ! »

Rogue ne pouvait rien dire à ça ! Ce sale mioche allait le faire tourner en bourrique. Par soucis d'avoir le dernier mot Rogue ajouta.

« Et aller voir l'infirmière pour votre voix insupportable ! »

« Navré de vous décevoir mais vous aurez ma voix douce à vos oreilles encore longtemps, je suis suivi par le médicomage de famille et il ne peut rien pour mes cordes vocales brisée. »

Rogue dut battre en retraite en fulminant et Harry ricanait sous le regard noir de son frère.

« Quoi ? »

« Petit frère tu en fais trop avec Rogue. »

Harry se replongea dans son livre.

« Merci pour le soutient fraternel... »

« C'est mon parrain. Et un ami de père ! »

« C'est un connard qui me déteste. Et ce n'est pas parce que j'estime beaucoup Lucius que je vais me mettre à copiner avec tous ses amis ! Rien que pour rire invitez donc les Lestrange à dîner, que je m'amuse. » Harry avait un rictus en coin et Draco se renfrogna sous les mines incrédules de leur amis.

« C'est pas des amis, c'est de la famille ! »

Mais Harry ne dit plus rien du repas et laissa Draco discuter avec ses amis des vacances. Peu à peu, il s'immisçait dans les conversations et put s'apercevoir des caractères des amis de son frères. Blaise, très intelligent, s'amusait vraiment de la situation, Théo, un curieux maladif, assiégeant tout le monde de question et Pansy jalouse toujours pendue à Draco. En fait l'ambiance était agréable, calme et agréable. C'était une sorte de famille où Harry se sentait bien, et visiblement les autres l'avaient accepté, en tout cas Blaise l'avait bien accepté. Harry prit note mentalement de faire attention à Blaise qui était une Hermione au masculin, trop intelligent pour son propre bien.

Le lendemain matin Harry fut le premier réveillé et alla se préparer dans la salle de bain. À sa sortie Draco entra à son tour et mit un temps record à se laver et s'habiller, 1h34minutes et 24 secondes. Draco bouda contre son frère si tâtillon sur le temps et Harry pouffa adorablement contre son maniaque de grand frère.

« C'est moi la tafiole mais c'est toi qui passe deux heures dans la salle de bain ! » Draco lui tira la langue très puérilement les bras croisés sur le torse en boudant. Quand on tambourina sur la porte.

« Bon vous sortez oui ! Ça fait une plombe qu'on attend nous ! Oh les frangins vous êtes sourds ou quoi ? »

« Ça va ! On sort Blaise cesse de taper. »

Ce matin, il avait une coupe de cheveux particulière, les mèches de couleurs étaient tressées et le tout était en queue de cheval haute sauf deux trois mèches sur le visage. Il était le nez dans un livre.

« 'Ry tu veux pas lâcher ce livre, tu va finir par te prendre un mur ou louper une marche. »

Harry sans lever son nez de son livre lui mit une pichenette sur l'arrière du crâne.

« Dray ! Vous m'entourez complètement je ne vois pas comment je pourrais me faire mal. »

« On ne tape pas son grand frère ! »

« Et si je te chatouille devant tout le monde dans la grande salle ? »

« Saleté de faux frère. »

« Moi aussi je t'adore. »

Harry claqua son livre pour sortir du rang et ouvrir la porte au groupe qui le regardait avec beaucoup d'amusement.

« Il est redoutable comme frère. » fit remarquer Pansy. Étrangement Draco ne fit qu'une grimace et passa le premier les portes.

Tout le groupe, Draco en tête, alla donc à la table, Harry comme à son habitude s'assis de manière décontractée mais non conventionnelle. Il s'installa sur les genoux sur le banc large. Malgré sa drôle de position, il était toujours le dos bien droit, habitude de la famille Malfoy.

« Harry, tu sais qu'il y a des bancs et qu'ils sont faits pour y poser ses fesses. » fit remarquer Théo.

Harry le regarda avec amusement.

« Au japon, on mange dans cette position. » Draco secoua la tête.

« Ne cherche pas Théo, il ne s'assoit jamais normalement sur une chaise et s'il peut, il s'assoit partout sauf sur les chaises, bancs ou matériel prévus à cet effet. »

Leur passionnante discution fut interrompue par le courrier, Harry fut surprit de voir Edwige lui apporter une lettre qu'elle laissa tomber sur son assiette vide. Un cri aigu d'aigle retenti et Harry leva son poing. Il décrochât son colis et prit la lettre, il prononça quelques mots en russe et arborait un merveilleux sourire. Il releva brusquement son poing pour donner l'impulsion à son aigle et qu'il reparte mais celui-ci ne décrocha pas. Harry roula des yeux et chercha le bacon. Il tendit la main et le bacon vint à lui dans un silence effroyable seulement coupé par Draco.

« Je suppose que l'on n'obtiendra rien de toi tant que tu n'auras pas lu ton manga ? »

Harry lui fit un sourire d'excuse tout en donnant la viande à son aigle.

« On commence par quel cours ? »

« Binns, tu pourras lire tranquille t'en fais pas. »

Une fois l'aigle repu, il reprit son envol.

« Il est têtu ce bestiau. »

« A l'image de son propriétaire. » fit remarquer Draco à son frère avec un sourire sadique s'attirant un regard noir. Doucement, les papotages de la grande salle reprirent et Harry lut sa lettre, il finit par la replier et ouvrir le petit colis, ses yeux partirent instantanément dans la lecture dudit manga.

« 'Ry, Zack ne me passe pas le bonjour ? »

« Si. » fit Harry, par réflexe, pris dans la lecture et visiblement pas prêt à porter une quelconque attention au monde environnant.

Draco souffla. Ses amis le regardait visiblement très amusés.

« C'est quoi un manga ? » demanda Théo toujours très curieux.

« Un livre d'images, avec des histoires étranges, un truc moldu Théo. » lui expliqua Draco.

« Et c'est qui ce Zack ? »

« Un ami qu'il s'est fait à Salem. »

Blaise avait analysé la situation.

« C'est le même aigle que celui qui t'apportait le courrier toutes les semaines. Tu recevais des nouvelles d'Harry par son aigle ? »

« Oui. » fit Draco.

Harry, plongé dans son manga suivait les autres en cours d'histoire de la magie où pratiquement tous les élèves dormaient, lisaient ou faisaient des choses bien plus passionnantes que d'écouter un fantôme parler pour la septième année consécutive des guerres gobelines. Harry ayant fini son manga entreprit un tournoi de morpion avec les Serpentards. Draco avait gagné haut la main et bombait le torse sous le regard narquois de son frère et de ses amis. Il avait été temps ensuite de se rendre en métamorphose.

Le cours se déroula dans un silence pesant, même si la professeur de métamorphoses savait parfaitement se faire respecter, il était inquiétant que personne ne parle si ce n'est pour prononcer la formule, tous sauf Harry qui n'utilisait plus de baguette ni de formulation depuis un an suite à son traumatisme. En effet, celui-ci avait dû apprendre à maîtriser ses instincts de peur, ses défenses magiques incontrôlables et avait doucement réussit à contrôler parfaitement sa magie instinctive pour ne pas expulser les gens au moindre faux mouvement vers lui. Plusieurs fois, Maya dans un geste brusque s'était retrouvée contre un mur.

Le cours fut fini et c'est dans un grand silence que le flot d'élèves fut ramené vers la grande salle par leurs estomacs. Alors que le groupe allait passer le couloir pour arriver dans le hall avant la grande sale, Dumbledore avec sa sempiternelle robe de sorcier bleue ornée d'étoiles et de lunes en argent s'approchait de Harry et ses camarades.

« Harry mon garçon pourrais-tu me rejoindre dans mon bureau ? »

Harry lui lança un regard si polaire que Blaise, Théo et Pansy pourtant habitués à Malfoy, eurent un frisson. Draco, lui, étant habitué à voir ce regard de fureur froide, ne fit rien mais pensa très fort que si l'enfer existait les flammes seraient gelées en un regard de son frère et que les esquimaux pourraient chasser le phoque entres les grands démons. Il dut se retenir de rire à cette vision grotesque. Dumbledore ne semblait pas vraiment comprendre la réaction d'Harry et pour une fois son petit sourire s'effaça rapidement laissant un visage songeur. Harry fit descendre encore le thermomètre de plusieurs degrés en parlant d'une voix froide.

« Si vous voulez me parler, je ne vous retient pas, mais je n'ai pas l'intention de vous suivre bien sagement dans votre bureau. »

Dumbledore se racla la gorge et reprit un petit sourire.

« Et bien je voulais savoir comment tu te portais, et si tout allait bien dans ta reprise de cours. »

Harry prit un sourire ironique.

« Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes oniriques, maintenant en ce qui concerne la dure réalité de la vie, vu que vous n'y portez pas un grand intérêt, je ne vois pas en quoi cela vous concerne, vous m'excuserez mais cette conversation n'ayant pas lieu d'être je vais retourner à des occupations bien plus passionnantes. »

Devant l'incrédulité totale des personnes présentes, Harry se dégagea du groupe pour aller déjeuner. Dumbledore se tourna vers Malfoy.

« Savez-vous pourquoi Harry me voue une si grande colère ? »

Draco le fixait, il avait bien sa petite idée mais... il fit d'une voix froide en soutien à son frère et aussi par animosité au vieux fou.

« Il ne m'en a jamais parlé. »

Dumbledore partit déçu et passablement dérouté par l'attitude du brun, Lucius était venu lui dire que Harry avait été recueilli chez eux et qu'il voulait être scolarisé à Salem. Dumbledore en était presque choqué mais après tout pourquoi pas, et Lucius ne lui avait jamais dit la raison. Si Harry voulait lui cacher des choses, il ne pouvait pas trouver mieux comme confidents que la famille Malfoy, tous aussi muets les uns que les autres dès que l'on s'approchait de la famille ou des sujets sensibles. Dumbledore avait espéré que cette année profiterait à Harry, qu'il oublie la guerre, les morts, qu'il fasse le deuil de son parrain et des autres. Il ne s'attendait pas à un tel changement de comportement, ni de physique.

A la table, aucun Serpentard n'aurait osé demander des explications à Harry, il avait été plus que clair sur les limites de sa vie privée. Ou il en parlait ou personne ne saurait rien. Draco ne divulguerait jamais rien sans l'accord de son frère, il était devenu si protecteur avec Harry que ça en devenait presque surréaliste. Harry n'était pourtant pas une petite chose sans défense, c'était le survivant, le garçon qui devait tuer le lord noir. Blaise en pleine réflexion se demandait comment Draco et Harry avaient pu tant changer. Et puis, dans le train au départ, Harry avait paru si fragile, jamais il n'aurait pu croire que c'était Potter sur les genoux de Malfoy. Après il était devenu froid et faisait presque peur.

Harry, lui, essayait de se calmer comme il pouvait mais savoir que Dumbledore, cet hypocrite, venait lui demander comment il allait, alors qu'il l'avait laissé aux bons soins de ses moldus de tuteurs le révulsait. Où était le gentil et protecteur directeur alors qu'on lui entaillait la peau ? Ou étaient-ils donc tous ses soi-disants protecteurs alors qu'on l'affamait dans son placard minable. Où se planquaient ces connards alors qu'il crevait ? Comble de l'horreur son sauveur était Lucius Malfoy, la seul personne qu'il n'aurait pu imaginer. Il se voyait déjà se faire tuer dans son sang sous les escaliers. Harry se leva lentement et sortit de la salle, s'il ne se calmait pas tout de suite, sa magie allait exploser et ce serait pas vraiment sans conséquence.

Le groupe le regarda se lever calmement en apparence mais son tatouage dragon qui crachait du feu indiqua bien vite son état. Draco le suivit à sa chambre de préfet et vit Harry assis en tailleur essayant de faire le vide en lui les yeux dans le vague. Draco s'assit près de lui et le prit dans ses bras.

« Vas y 'Ry, défoules-toi. »

Harry se mit à faire une crise de hurlements de rage entrecoupés de sanglots contre son frère. Les objets explosèrent tous de concert et la porte eut du mal à encaisser les diverses explosions. Harry se confia vraiment pour la première fois à son frère.

« Où, où … ils ... étaient quand moi j'étais en train de me faire charcuter ? Dans leurs beaux bureaux alors que moi je crevais !... Protection de l'ordre mes fesses. Je les hais tous, ils savaient très bien que ces moldus de tuteurs étaient des connards. Ils n'ont pas bougé, pas pris de nouvelles, rien ! Et Dumby qui me demande si je vais bien, c'est pas grâce à lui que je suis vivant, c'est grâce à Lucius. Je souhaitais qu'une chose, que Voldemort arrive et me tue, quand Lucius est apparu, j'ai prié fort qu'il m'achève vite, de toute façon j'aurais pas vraiment pu survivre à un sort mineur. Et eux ils n'ont rien fait, ils m'ont laissé crever comme une bête. »

Draco ouvrit grand les yeux, c'était donc ça qui rongeait son frère. Il lui caressait doucement le dos et les cheveux, assis au milieu des ronces protectrices du lit d'Harry. Au bout d'une bonne heure, Harry finit par s'endormir doucement contre lui. Draco avait la chemise trempée de larmes mais ne s'en formalisa pas, il mit la couverture sur son frère tremblant dans un de ses nombreux cauchemars. Chaque nuit, il revivait ces horribles traitements et le gaver de potion de sommeil sans rêve n'était pas une solution. Draco releva la tête alors que Blaise essayait de passer la porte qui tenait par miracle sur un gond avec le bois brisé par endroits. C'est à ce moment que Draco constata, en même temps que ses amis, l'état de la pièce. La lumière passait difficilement entre la poussière des décombres. Plus un seul objet ne semblait être entier. La seule chose intacte était le lit de Potter. Blaise s'avança prudemment entre les débris et dit d'une voix douce et basse.

« Il dort ? »

« Oui, il est tombé de fatigue. »

« J'imagine avec ce qu'il a du déployer de magie. »

Théo s'approcha.

« Ne bouges pas Draco, on va réparer sa. »

Les trois amis réparèrent les objets alors que Draco caressait toujours les cheveux du brun d'un air détaché mais affectueux. Une fois tout redevenu comme avant, Blaise s'assis sur le sol en face de l'ouverture des ronces pour regarder Draco dans les yeux.

« Je suppose que nous n'aurons pas d'explications. »

Draco ne répondit rien, c'était une question rhétorique et chacun le savait bien.

Le silence fut rompu par un gémissement et des tremblements d'Harry, Draco le secoua doucement.

« 'Ry tu fais un cauchemar, réveilles-toi. »

Harry papillonna des yeux toujours secoué de tremblements.

« Dray ? »

« Oui, calmes-toi, c'était juste un cauchemar. »

Harry se calma doucement dans les bras protecteurs de son frère et se tourna pour voir le trio qui s'était déplacé pour s'assoir sur le canapé. Harry ne fit pas de commentaire en constatant qu'ils avaient dû aider à réparer toute la chambre. Finalement, tout le monde remonta le petit couloir de la salle commune à la chambre de préfet des cachots pour aller faire ses devoirs.

« Qui se rappelle du sort de McGo de ce matin ? » demanda Pansy.

« Et que faisais-tu à la place d'écouter Pans' ? » demanda mutinement Draco.

« Mon verni à ongle. » affirma Pansy comme si c'était l'évidence même.

« Évidemment, suis-je bête, le verni c'est en métamorphose, et le rouge à lèvre en DCFM. » dit cyniquement Draco.

« Qui est prof de DCFM cette année ? » demanda doucement Harry ayant visiblement peur de déranger le trio et son frère. Il avait sa bouille du garçon timide qui faisait craquer Draco et qui étonnait un peu le trio après la rage qu'il avait déployé quelques heures avant. Blaise se demandait s'il ne préférait pas le Harry froid à cet Harry complètement dépendant de la protection d'autrui. Un Harry introverti et vulnérable.

« Une vieille mégère à ce qu'on ma dit. » lui affirma Théo.

« Il parait qu'elle est cinglée et le vieux l'a quand même embauchée. » dit Pansy les yeux au ciel en signe de résignation face au directeur loufoque.

« Tu ne fais pas tes devoirs ? » demanda Blaise.

« Non, je me fiche de ce qu'on dit, je ne suis pas de Poudlard. »

Tout le monde regardait Harry en soupirant, il avait une dent très coriace contre le dirlo, Merlin seul sait pourquoi, mais nul doute qu'il allait en faire baver l'ancêtre.

« Petit frère, si père apprend que tu as des mauvaises notes, il va te passer un savon. »

Harry se recroquevilla sur le coin de la table où il était en tailleur et posa ses yeux suppliants sur Draco. Draco se traita de crétin, Harry n'allait pas bien et lui comme un abruti remuait le couteau dans la plaie en lui lançant les représailles de leur père. Même si jamais Lucius n'aurait frapper Harry ou Draco, le simple fait qu'il élève la voix sur Harry le faisait se recroqueviller de peur. Ce qui était valable pour tous les adultes en présence d'Harry. Draco changea le sujet pour détendre Harry sur les nerfs depuis la rentrée.

Cinq jours plus tard, mercredi matin :

Harry et la troupe était devant la classe de potion, Hermione s'approcha de lui et ils se mirent à l'écart pour discuter à l'entrée d'une classe vide. Ron s'approcha sans un regard pour le brun mais une voix dédaigneuse lança.

« Mione je te rappelle que tu parles à un ennemi. »

« Ron ! Ne dis pas de bêtise. »

« Il a préféré trouver refuge chez Malfoy qu'il y reste ! » commençait à s'énerver Ron. Hermione se mit face au roux.

« Laisse Hermione, Ron m'en veux parce que j'ai quitté vos vies un an. Il se fiche que je vous ai envoyé une lettre pour vous prévenir. Il me déteste parce que j'ai trouvé refuge chez les Malfoy. » La froideur d'Harry mit Ron dans une colère rouge, il se défit de l'emprise de la brunette et mit un coup de poing à Harry qui se recroquevilla automatiquement en tremblant sur le sol. Hermione, affolée, retint Ron qui hurlait des insultes à Harry sans voir la détresse du brun en position fœtale sur le sol. Alerté par le bruit, Draco accourut dans la pièce attenante au couloir. Quand il vit Harry, au sol, son sang ne fit qu'un tour. Il s'approcha du brun doucement.

« Harry, petit frère, c'est Draco. Calmes-toi, calmes-toi ce n'est que moi. Tu m'entends ? Je suis là, c'est fini personne ne te fera plus de mal, Harry ouvres les yeux et regardes-moi. Voila, chut c'est fini, plus personne n'élèvera la voix. »

Ron et Hermione, en voyant Malfoy doux et calme prendre un Harry tremblant dans ses bras et le consoler, furent sous le choc et ne dirent plus un mot. Draco les gratifia d'un regard froid et plein de haine. Rogue fit son entrée et sans regarder aboya :

« C'est pas bientôt fini ce raffut ! Je veux vous voir dans ma classe dans la seconde… » Il ne put finir sa phrase, Draco, excedé, avait utilisé sa plus belle voix basse et traînante.

« Ça suffit, maintenant ! Le premier qui élève encore la voix, professeur ou élève, je lui envois un sort ! »

Rogue fut plus que choqué et encore plus en voyant Harry, tremblant, tenir convulsivement la robe de sorcier de Draco. Le professeur aurait pu croire à une crise d'épilepsie si le jeune Potter ne semblait pas aussi désemparé, les larmes aux yeux et avec une mine de petit garçon pris en faute.

Draco souleva délicatement Harry et passa près des trois autres en leurs lançant des regards assassins.

« Vous pouvez êtres fiers de vous tous autant que vous êtes, vous venez de foutre en l'air un an d'efforts en moins de dix minutes. »

Il s'éloigna suivit de très près de ses trois amis qui avaient aperçu Draco par la porte ouverte de la salle de classe. Harry entre deux sanglots s'efforçait de ne pas céder à la panique mais ce fut trop dur pour lui, les flashs des pires moments avec son oncle lui revenaient avec une précision de chirurgien.

« Même Ron ... je dois payer, c'est de ma faute. Lucius avait tort, je ne suis qu'un bon à rien. Je dois payer pour tout. C'est à cause de moi. »

Draco était mortifié de ce qu'il entendait.

« Non petit frère, ce n'est pas ta faute, Weasley est un abruti qui réfléchit avec ses poings. S'il te plait, ne dit pas que tu dois payer quoique ce soit Harry. »

« Si, les morts, c'est ma faute, je dois payer. Ils ont raison, je devrais être mort ce jour-là. »

Draco entra dans sa chambre les larmes aux yeux.

« Je t'en prie Harry ne dit pas ça, tu as plus qu'un autre le droit de vivre, c'est absurde. Ta mère n'aurait pas voulu que tu te sentes obligé de mourir pour payer. Elle a juste voulu te protéger c'est tout. Comme tous les autres. »

« Ils étaient où alors ? Pourquoi ils m'ont laissé là-bas si je ne devais pas payer ? Ils savent tous, ils croient tous que je dois payer. Pour ma mère, Cédric, mon parrain, mon père, tous, tous les morts. Pour tout le mal que j'ai fait. Je… je dois…payer. »

Il finit par s'endormir en pleurs, alors que Draco lui caressait les cheveux, lové contre lui, il serrait la fouine en peluche que Draco lui avait offert à Noël pour que jamais il ne l'oublie à Salem et qu'il l'ait toujours près de lui. Draco plus pour lui-même murmura au brun.

« Tu ne dois pas payer, c'est eux qui doivent payer tout le mal qu'ils t'ont fait petit frère. »

Théo le petit Théo sans que Draco ne le sente ou l'entende était monté sur le lit et caressait le dos du blond en faisant des petits cercles, que pouvait-il faire de plus ? Le trio, avec tout ça, commençaient à comprendre lentement mais semblaient désarmés. Alors ils passaient toute leur amitié pour soutenir Draco et par extension Harry.

« Ça va aller ? » demanda doucement Théo.

« Oui merci d'être là. »

Le trio ne se formalisa pas des remerciements même si c'était la toute première fois qu'ils en recevaient. Draco était tellement changé dans son rôle de grand frère protecteur.

« Et pour Harry ? » s'enquit Pansy.

Draco regarda le brun dormir sur lui pour la deuxième fois en si peu de temps.

« C'était une très mauvaise idée de le faire revenir ici, à cause de Dumbledore il a été forcé de revenir. Et tout ce que l'on a durement acquis en un an vient de voler en éclat. En dix minutes, ils se sont passés le mot pour le détruire encore plus. »

Malfoy passa sa main sur son visage comme pour effacer ce qui venait de ce passer.

« Tout ça parce que monsieur Dumbledore voulait absolument que son joujou revienne. »

Tout le monde resta pensif un moment, Blaise fit son analyse.

« Il se sent coupable des morts, même s'il n'a rien fait ? »

« Oui visiblement. Je n'en sais pas plus que vous, il se confie si peu. Si jamais un de vous répète ce qu'il vient d'entendre je le tue. Et si Harry apprend que vous le savez aussi il vous tue. »

Draco les regardaient avec des yeux de tueur et le trio déglutit.

« Et je ne vous ferais pas de cadeaux, une seule fuite et je saurais que c'est vous, je ne chercherais pas à savoir qui. Une seule fuite et vous trois y passer. Ou alors vous acceptez le serment magique, ces infos sont trop importantes pour que Volde…le lord tombe dessus, notre amitié et la confiance n'a rien à voir là-dedans. »

Les trois prirent un parchemin et scellèrent avec leurs noms et sang le serment de ne rien révéler sur la vie privée de Potter. Serment relativement vague mais comme ça pas de moyen de le contourner puisque tout ce qu'ils voyaient et entendaient entre Draco et Harry, particulièrement dans la chambre était, en soi, sa vie privée. Tout de sa vie publique était de toute manière sue en un temps plus que record.

Draco soupira.

« Je vais devoir prévenir père et il ne va vraiment pas être content ... Et Zack ... qui saura lui remonter le moral j'espère. »

Draco fit une lettre à son père où il lui expliquait la situation, il demanda à son père d'attendre un peu avant de se pointer à Poudlard, attendre de voir comment réagirait Harry. Il avait prévu que samedi Zack, et peut-être Maya, viennent pour Pré-au-lard.

Draco se tournait vers le lit du brun où les ronces enchantées ne laissaient plus un seul centimètre de libre. Pour la deuxième fois de la matinée, Draco passa sa main sur son visage en signe d'inquiétude et de grande lassitude. D'un coup, il venait de prendre des année en plus et il se sentait vieux et fatigué. En fait très inquiet, devait-il tuer Weasley ? Ou Rogue en premier ? Mettre sous doloris Dumbledore pour sa brillante idée de le faire revenir en face de la réalité et de la violence, alors qu'il était à peine remis de tout ça. Draco s'exhorta au calme, ce n'était pas le moment de craquer. Il mit un mot pour son frère et emmena ses amis à la grande salle pour manger. Draco avait l'estomac noué entre appréhension, culpabilité et déception. Il mettait la rage et la colère de côté plus qu'habitué à ces sentiments.

Il restait deux jours avant que Maya et Zack ne viennent et il espérait vraiment, qu'à eux trois, ils arriveraient à rattraper la bourde faite par Weasley et Rogue. Le déjeuner se fit dans un silence complet à la table des Serpentards. Le prince, sans Harry, semblait plus que de mauvais poil et personne n'osait faire le moindre bruit pour se faire réprimander. Etrangement une partie de la table des rouge et or semblait trop calme elle aussi, seul les discrets bavardages des Serdaigles et des poufsouffle brisait le silence.

A la fin du repas, Malfoy fut étonné de voir Hermione Granger s'assoir en face de lui dans un silence gêné. D'un ton assez frais, Draco lui demanda des explications à son comportement.

« Que nous vaut le non plaisir de ta présence ? Vous n'avez pas fait suffisamment de mal comme ça ? »

« Ne te trompes pas de cible Malfoy. Je suis aussi inquiète que toi au sujet d'Harry. Ron s'est comporté comme le dernier des abrutis, je ne viens pas plaider sa cause, s'il a le courage de ses actes il fera lui même ses excuses à Harry. »

Draco se leva hors de lui et hurla à Hermione.

« Je lui interdis de l'approcher ! Tu entends, il lui a fait suffisamment de mal comme ça, s'il approche à moins de 5 mètres de mon petit frère je l'EXPLOSE ! »

La salle se tue, Malfoy normalement si maître de lui venait d'exploser sa colère et chacun priait pour ne pas se trouver sur son chemin dans la journée. Granger surprise se ressaisie.

« C'est à ce crétin que tu devrais hurler ça, je n'y suis pour rien. Comment va Harry ? » Demanda poliment et calmement Hermione ce qui calma Draco qui se rassit.

« Mal ! Il dort pour le moment, je ne peux pas prédire sa réaction à son réveil. Pries pour que ton abruti de copain n'ait pas tout gâché. »

Hermione prit une mine triste et profondément touchée.

« Je suis désolée, j'aurait du l'arrêter, mais quand il est en colère, il n'écoute rien. »

Si Malfoy fut touché par les excuses de Granger il n'en montra rien.

« Que s'est-il passé avant que je n'arrive ? » demanda durement Draco.

« Ron a crié et frappé Harry, celui-ci s'est recroquevillé sur le sol et ensuite tu es arrivé. » Hermione baissa la tête et Blaise constata que Draco avait de plus en plus pâli. Draco avais pris un coup de masse et ferma les yeux, il imaginait que Weasley avait crié mais pas qu'il l'ait frappé, tous leurs espoirs avaient donc bien été réduits à néant. Harry imaginait que si même ses amis le frappaient c'est qu'il l'avait mérité, qu'il méritait d'être battu et que son oncle avait raison. Draco eut un haut le cœur dignement dissimulé en essayant de chasser l'image du corps méconnaissable sous la cape de son père. Blaise regardait avec appréhension son ami et semblait prendre conscience de l'étendu du problème. C'est Théo qui annonça avec sa petite voix.

« On devrait attendre qu'il se réveille, ne pas le laisser seul après ça. » Sa remarque fut approuvée et tous, même Hermione, entrèrent dans la chambre de préfet de Draco où Harry semblait encore dormir puisque les ronces étaient encore hermétiquement closes.

Hermione fut surprise à la vue du lit étrange mais ne fit aucun commentaire. Elle prit un livre et se fit toute petite dans un fauteuil. Draco lui était sur son lit à baldaquin, la tête entre ses mains il fixait le sol, cherchant une solution miracle qui n'existait pas. Une fois n'est pas coutume il murmura à tous les saints connus.

« Merlin, Salazar, et tout ce qui peut exister, faites que je puisse aider Harry comme il faut. Qu'il oublie tout ce qu'il a subi, que de nouveau il ait un beau sourire, que son rire s'élève de nouveau comme avant. »

Harry s'était réveillé doucement dans son lit. En position fœtale, dans le noir complet de son lit, il réfléchissait. Draco lui avait dit les larmes aux yeux que rien n'était de sa faute, mais si même Ron le frappait c'est qu'il était vraiment méchant et méritait de payer. Il aurait dû mourir des suites de ses blessures dans son placard. Il n'aurait plus été un fardeau ni pour son oncle, ni Lucius, ni le monde. Il sanglotait doucement sur son lit, si sa mort pouvait réparer les erreurs de sa vie et payer pour les morts alors Lucius, Draco, Narcissa, Maya et Zack ne devaient pas vouloir le garder près de lui. Il les ferait souffrir, d'une manière ou d'une autre. Pourtant il avait tant besoin d'eux tous.

Doucement une ombre se faufila dans son lit, Draco venait de le tirer sur ses genoux et l'entourait de ses bras protecteurs. Il l'avait fait tant de fois. Presque tous les soirs au manoir, après que son père de cœur l'ait sauvé. Et Harry se laissait aller à cette étreinte si douce.

Draco, dans l'après midi, essaya de le sortir du cocon de la chambre mais il ne voulait voir personne et resta dans son lit sans dire un mot. Draco envoya ses amis en cours. Si lui avait une bonne raison de ne pas aller en cours eux devaient y assister. McGonagall passa brièvement. Draco lui expliqua juste qu'Harry était mal et qu'il devait le surveiller de très près. La professeur se montra bienveillante et ne demanda pas plus d'explications. Elle essaya de faire intervenir l'infirmière mais Draco la remercia en lui expliquant qu'il avait l'habitude et que même l'infirmière ne pourrait rien y faire. Harry avait déjà mit un an à se confier à lui, il doutait que l'infirmière en quelques heures réussisse à avoir un résultat positif.

Draco, avant que celle-ci ne parte et enlève le sort d'intimité, la questionna.

« Pourquoi Dumbledore voulait qu'Harry ne revienne à Poudlard ? »

« Pour l'ordre. Nous ne devons pas oublier qu'Harry est le garçon qui doit détruire Voldemort. Il est plus en sécurité ici qu'à Salem. Vous n'êtes pas sans savoir que le directeur de Salem est un mangemort. »

« Il ne savais pas qu'il était Harry. Même vous ne l'avez pas reconnu. Vous auriez pu le laisser finir sa scolarité à Salem où il était épanoui et avec ses amis. »

McGonagall parut étonnée.

« Mais ici aussi il a tous ses amis. »

« Et aussi tous ces ennemis, il y a beaucoup de souvenirs ici qui lui rappellent amèrement des années difficiles. Il avait besoin de ne plus revenir ici. Père vous avait prévenu. Si Harry est brisé par son retour à Poudlard, il ne sera pas capable de tuer Voldemort, mais en plus vous aurez la famille Malfoy entière sur le dos. Enfin pas vous mais Dumbledore oui. »

« Jeune homme, ces décisions ne sont pas vos affaires. Les adultes ont fait les meilleurs choix pour lui et le reste de la communautée magique. » Dit un peu sèchement le professeur. Draco la fusilla du regard, un regard plein de douleur et de haine.

« Encore une fois vous jouer avec la vie des gens en vous moquant bien de ce que les autres pensent et ressentent. Les adultes et les enfants, comme si Harry n'avait jamais eu son mot à dire pour un seul instant de sa vie. C'est pas parce que la prophétie le désigne, qu'il doit être mis de côté pour les décisions de SA vie. »

Le professeur de métamorphoses soupira.

« Vous aussi vous trouvez ? Par moment je me dis que ce pauvre gosse devrait aller se planquer et ne plus ressortir, mais je tiens à ce que la paix revienne. De toute façon, maintenant tout le monde connaît le nouvel Harry Potter, impossible de le replacer à Salem. » Le professeur mit la main sur la porte.

« S'il y a le moindre problème n'hésitez pas à me prévenir en toute discrétion. »

Draco acquiesça, il n'appréciait pas particulièrement cette prof mais elle avait un bon fond et adorait Harry à sa manière, au moins Draco pouvait compter sur elle s'il avait un problème.

Lucius fit une visite impromptue le lendemain et étrangement il avait été longuement dans le bureau de Sévérus. Il avait aussi demandé à voir le directeur assez longuement.

« Vous êtes fier de vous j'espère ? Si Harry ne voulait pas revenir à Poudlard pour le moment c'est bien qu'il avait de bonnes raisons ! »

« Mr Malfoy, je suis navré mais vous devez comprendre que la présence d'Harry est indispensable pour la communauté. »

« Vous me répugnez ! Harry n'est pas une arme que vous pouvez manipuler et exhiber à tout va. Vous vous fichez bien de ce qu'il pense, tout ce qui vous importe c'est qu'il tue le lord et peu importe si ça le détruit lui ! »

Ne voulant pas en entendre d'avantage Lucius était ressorti en fulminant.

« Père ? Tout va bien ?»

« Ce n'est pas moi qui vais mal, mais ton frère ! Comment réagit-il ? »

« Mal, il ne sort pas de son lit. Je m'occupe de lui, j'espère que l'arrivée de Zack et Maya sera bénéfique pour lui. »

« Je l'espère bien Draco, je l'espère bien. Je ne vais pas aller le voir pour ne pas envenimer les choses. Dis-lui bien que, s'il veux, Cissa et moi pourrons venir à tout moment. J'ai peur qu'il ne fasse une bêtise, il est très fragile. »

« Je sais. » avait soufflé Draco.

« Et ne t'en fais pas, je sais qu'il n'aimerait pas que Weasley ait des représailles et encore moins serpentardes. Après avoir admonesté Sévérus, je lui ai fait comprendre qu'il devait coller Weasley par n'importe quel moyen. J'étais à deux doigts de l'avadakedavriser. »

Draco ferma les yeux et revit le corps tremblant de fièvre et de douleur dans les bras de son père le jour où il avait été ramené au manoir. Lucius lui mit une main sur l'épaule.

« Je sait que c'est particulièrement dur pour toi. On ne devrait jamais demander à des enfants de grandir trop vite, malheureusement la guerre fait rage et j'ai les pieds et poings liés. J'aurais changé d'école ou gardé Harry au manoir si j'avais pu. »

« Ne vous en faites pas Père, je fais de mon mieux pour Harry. Moi, comparée à lui, ma vie a été une balade champêtre. »

Lucius se stoppa.

« Tu n'imagines pas à quel point je suis fier de toi Draco. Mais ne minimises pas ta douleur parce que ton frère a vécu pire. Si tu as besoin toi aussi n'hésites pas une seconde. » Lucius serra son fils dans une étreinte plutôt rare chez les Malfoy mais infiniment réconfortante pour Draco. Lucius se dégageait de son fils lentement et murmura.

« Pardon. Je me rends compte que je n'ai peut-être pas été très présent toutes ces années. »

Draco fut soufflé et même ému de cet aveu.

« Vous avez été parfait. »

A suivre.

Alors ? Pas mal ? Bof ? Passable ? À chier ?

Une petite review pour me dire ?