Auteur : Rushlight

Pairing : Harry/Snape

Rating : NC-17

Catégorie : First Time, Angst

Résumé : Lorsqu'un sorcier atteint sa majorité dans le monde de la sorcellerie, il doit trouver quelqu'un afin de le guider dans le rite du passage à l'âge adulte. Harry aura bientôt 16 ans et, étant le Garçon-Qui-A-Survécu, il se retrouve confronté à quelques problèmes…

WARNINGS : /!\ Attention ! Slash HP/SS ! Cette fic contient des relations sexuelles explicites entre un garçon de 16 ans et un adulte. /!\

Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à notre chère J.K. Rowling et l'histoire est le fruit de l'imagination de Rushlight. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès au site personnel de l'auteur où vous retrouverez l'histoire originale en anglais ainsi que ses autres fanfictions !

Beta : Julielal


Rite of Passage

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Première partie :

Une des choses auxquelles Harry ne pourrait jamais s'habituer était l'ouverture d'esprit dont faisait preuve les sorciers vis-à-vis du sexe.

Ou plus précisément, il ne pouvait pas s'habituer à l'idée que sa virginité puisse être une question d'affaires publiques. Le premier rapport sexuel d'un sorcier était une occasion d'une importance capitale dans le monde de la sorcellerie, habituellement annoncée lors d'une grande fête regroupant les amis du sorcier ainsi que sa famille. Harry ne pouvait pas s'empêcher de remarquer que les sorciers étaient plus tolérants face à de tels sujets -- c'était sans aucun doute encore un autre trait charmant qui ferait fuir les prudes Dursleys en criant au scandale.

Harry était de plus en plus conscient de cette « ouverture d'esprit » maintenant qu'il allait commencer sa sixième année à Poudlard. Traditionnellement, un sorcier était censé choisir son premier partenaire sexuel lorsqu'il atteignait l'âge de seize ans, une coutume que Ron lui avait expliqué en détails avec enthousiasme durant tout le trajet depuis le départ du train de la gare de King's Cross. C'était un rituel qui symbolisait le passage du jeune sorcier à l'âge adulte, lui donnant accès à ses pleins pouvoirs magiques, et c'était dès lors un évènement qui était attendu avec avidité, et pas seulement à cause des raisons évidentes à première vue.

Harry ne pouvait pas s'empêcher d'avoir l'impression qu'il y avait quelque chose de forcé dans toute cette histoire.

« Ce n'est pas comme si tu étais obligé de le faire », le rassura Ron, semblant se rendre compte de son malaise. « Je veux dire, j'ai entendu parler d'un sorcier qui n'a perdu sa virginité qu'à 81 ans. Bien sûr, je ne sais pas si c'est vrai ou pas... »

Hermione lui lança un regard méprisant lorsqu'elle s'assit en face de lui dans l'étroit compartiment du train.

« Ne l'écoute pas, Harry. Beaucoup de personnes choisissent de ne pas avoir leur première expérience lorsqu'ils viennent d'avoir seize ans. Certaines d'entre elles ont vraiment l'intention d'attendre de trouver la bonne personne afin de partager ce moment avec elle. »

La bonne personne. Oui, c'était précisément ce qu'il voulait. Se sentant réconforté par cette pensée, Harry se résolut à ne plus y penser avant d'avoir trouvé quelqu'un avec qui il serait impatient de partager cette expérience.

Evidement, il ne s'était pas rendu compte à quel point l'étiquette du Garçon-Qui-A-Survécu lui était collée à la peau. A partir du moment où il posa le pied à Poudlard, il fut évident que ça n'allait pas être quelque chose qu'il serait facilement capable d'oublier jusqu'à ce qu'il décide finalement de régler ce problème.

Ce fut Seamus Finnigan qui l'approcha le premier, avant même qu'il ne soit descendu du quai. Harry avait passé le trajet enfermé à l'écart avec Ron et Hermione dans leur compartiment habituel, et n'avait donc pas encore rencontré les autres sorciers. Seamus s'approcha de lui avec sa candeur naturelle alors qu'ils attendaient avant d'embarquer dans les diligences qui les emmèneraient au château et prit discrètement la place de Ron à ses côtés.

« Alors Harry », dit-il avec un petit sourire, en frôlant ses épaules contre celles de Harry d'une façon qui ne semblait pas tout à fait accidentelle. « As-tu une idée de qui tu vas choisir comme partenaire cette année ? »

La question était posée avec tant de désinvolture qu'il fallut un certain temps à Harry pour réaliser que Seamus était en train de lui proposer la botte (1). Il s'arrêta net, fixant l'autre garçon avec de grands yeux.

« Heu... non, non pas encore. »

Ça n'aurait pas eu l'air si surréaliste si Seamus avait montré ne fut-ce qu'un simple intérêt romantique envers lui avant cet instant.

« Ok. » Le ton de Seamus était bon enfant. « Bon, si tu veux de mon aide, fait le moi savoir. »

« Euh... d'accord. »

Harry regardait Seamus avec un sentiment d'irréalité lorsque ce dernier lui tapota l'épaule d'une façon amicale avant de partir discuter avec un Poufsouffle appartenant à l'équipe de Quidditch.

« Bizarre », fit remarquer Ron, ses yeux suivirent Seamus alors que ce dernier disparaissait dans l'une des calèches. Harry agréa en son for intérieur.

Les choses empirèrent les jours suivants. Les offres lui étaient faites de manière subtile au début et il les rejetait avec aisance, expliquant qu'il n'était simplement pas intéressé de partager sa première fois avec qui que ce soit pour l'instant. Ensuite, les offres devinrent plus assurées lorsqu'il fut clair qu'il n'avait personne de particulier en tête, et il se retrouva submergé d'un tas de cadeaux et d'objets, qu'il se mit rapidement à refuser d'office ne fut-ce que pour le principe. Les personnes pensaient-elles honnêtement gagner son cœur grâce à de tels moyens matériels ? La pensée était troublante. Il pouvait sentir les yeux sur lui partout où il allait, pesant le pour et le contre, évaluant, jusqu'à ce qu'il décida de passer son temps libre caché dans son dortoir simplement pour se débarrasser d'eux.

Cela faisait plus mal que ça n'aurait dû, rien qu'à savoir que sa soudaine popularité n'avait rien avoir avec le fait que les gens le voulaient lui.

Et il aurait dû réellement s'y attendre. Etre choisi pour la première fois du Garçon-Qui-A-Survécu entraînerait un certain prestige, même si Harry détestait l'admettre. Il était célèbre, qu'il le veuille ou non -- et pas forcément dans le bon sens du terme, selon le point de vue de chacun -- et la personne choisie par Harry pour cet important rituel magique verrait sa notoriété monter en flèche.

Ron et Hermione étaient tous les deux inquiets à son sujet, mais ils ne pouvaient rien faire à part être là et l'aider à détourner les propositions les plus agressives qui lui étaient faites. Harry se retrouvait comme projeté au temps où tout le monde pensait qu'il était celui qui avait ouvert la Chambre des Secrets ; il ressentait la même sensation embarrassante d'être exposé, détaillé de la tête aux pieds, d'entendre des murmures dans les couloirs qui s'arrêtaient mystérieusement lorsqu'il se rapprochait. C'était exaspérant, et même plus qu'exaspérant car personne ne semblait comprendre son énervement suite à l'attention constante qu'on lui portait et qui lui tapait sur les nerfs.

Après une semaine, il reçut un hibou de la part de Fred et Georges qui l'invitaient à les rencontrer à son premier week-end à Pré-au-Lard, s'il le désirait. Harry déclina l'offre poliment tout en se posant des questions sur l'équilibre mental de l'univers, mais l'incident fut rapidement mis de coté dans sa mémoire vu que les offres continuaient à affluer, quelques fois provenant de sources vraiment inattendues. Une demande chuchotée d'Angelina sur le terrain de Quidditch un matin avant un entraînement, un coup d'œil réservé de la part de Neville au dessus de la table lors du souper… Et maintenant il était le sujet de presque chaque conversation qu'il avait le malheur d'entendre par hasard, lorsque chacun semblait être absorbé sur la personne qu'il allait choisir pour être son premier partenaire sexuel.

Les compagnons de Harry semblaient tous se tourner vers leurs camarades de classe pour accomplir le rituel du passage à l'âge adulte mais même s'il avait voulu faire le rituel, il était réticent à l'idée de faire de même. Alors que l'année progressait, il devenait de plus en plus évident pour lui que l'école entière avait attendu qu'il atteigne ses seize ans. Plus cela s'éternisait, et plus les offres devenaient agressives, comme si les gens pensaient qu'il était simplement bizarrement sélectif dans ses choix. Apparemment, tout le monde voulait avoir l'honneur d'être choisi par le Garçon-Qui-A-Survécu, et plus les propositions devenaient flagrantes, plus Harry devenait certain qu'il aurait plutôt préféré mourir d'un Doloris que de laisser un seul d'entre eux le toucher.

Y avait-il une seule personne dans cette satanée école qui voulait vraiment avoir des relations sexuelles avec lui et pas seulement avec la cicatrice qui ornait son front ?

Ça en arriva à un tel point que même Ron commença à lui laisser sous-entendre qu'il ne serait pas contre le fait de partager cette expérience avec lui. Cela attrista Harry car il savait que Ron essayait simplement de lui donner un échappatoire. Il savait que Ron préférait les femmes aux hommes et qu'il avait déjà eu son premier rapport avec une fille de Poufsouffle, un mois auparavant. Il n'était pas prêt à laisser Ron faire ce sacrifice et risquer le futur de leur amitié pour quelque chose d'aussi égoïste.

Et ça ne l'aidait pas, car dans le fond de son esprit il pouvait toujours entendre la voix intimidée de Ron lui disant : « C'est vrai que tu es Harry Potter ? », lorsqu'ils s'étaient rencontrés à bord du Poudlard Express. Il repoussait cette pensée pour des raisons qu'il ne voulait pas approfondir, Ron entre tous ne serait certainement pas pris dans cette comédie même si Harry se décidait à le choisir.

Le coup de grâce fut porté par Draco Malfoy qui le coinça dans le couloir après un cours de potion à peu près trois mois après le début de l'année.

« J'ai entendu dire que tu avais du mal à choisir ton partenaire », dit-il à Harry, réussissant d'une manière ou d'une d'autre à rendre les mots insensibles et suggestifs à la fois. Ses yeux étincelaient avec quelque chose qui ressemblait étrangement à de l'avarice. « Je rendrai cela agréable pour toi, si tu es intéressé par voir un vrai homme à l'action ». Il fit l'annonce avec l'air de quelqu'un qui est en train de réaliser une opération commerciale.

« Non, merci », dit Harry à travers ses dents serrées, se frayant un passage dans le couloir.

La pensée d'être dans un lit avec Draco le faisait frissonner, il avait l'impression d'être une chose qui attend d'être troquée au meilleur enchérisseur.

« Je ne peux plus le supporter », confessa-t-il à Hermione un peu plus tard dans la soirée, lorsqu'ils étaient assis tous les deux dans un coin de la pièce commune des Gryffondors.

Ron était occupé à jouer un jeu d'échecs sorcier à l'autre coin de la pièce, leur donnant un peu d'intimité.

« C'est normal, Harry », lui assura Hermione, l'air triste.

Harry savait qu'elle comprenait mieux que quiconque ce qu'il se passait. Elle avait choisi d'attendre également avant d'avoir sa première relation sexuelle, mais elle au moins n'avait pas à vivre avec le traumatisme d'être le célibataire le plus convoité de l'école.

C'est alors que Hermione sortit sa copie de l'Histoire de Poudlard et l'ouvrit à l'un des derniers chapitres.

« Je pense que j'ai peut-être trouvé quelque chose qui pourrait t'aider », dit-elle en feuilletant les pages d'un air distrait.

Et c'était un comportement tellement typique d'Hermione qu'il ne put s'empêcher de sourire -- si tu es dans le doute, tourne toi vers un livre. Il regrettait simplement ne pas posséder la même foi.

Une fois qu'elle eut trouvé ce qu'elle cherchait, elle leva les yeux brièvement afin de rencontrer le regard de Harry et commença alors à lire tout haut. Le passage qu'elle lisait parlait d'une vieille tradition de Poudlard qui était pratiquée des décennies auparavant, dans laquelle les élèves de seize ans et plus étaient invités à choisir un membre de la faculté afin d'être leur premier partenaire et les guider à travers le rituel du passage à l'âge adulte. C'était considéré comme un bienfait pour l'élève car leur première expérience sexuelle se passait avec quelqu'un déjà expérimenté, qui le traiterait avec dignité et lui instruirait l'art du plaisir.

« Et c'est autorisé ? », demanda Harry d'un air incrédule après qu'elle lui ai décrit la coutume.

Elle lui lança un regard désapprobateur.

« Tu penses de nouveau comme un Moldu, Harry. Il n'y a aucune raison d'interdire les relations entre élèves et professeurs lorsqu'une simple goutte de Veritaserum peut déterminer si il y a eu ou non des abus. Aussi longtemps que chacun est d'accord et que les deux parties ont atteint l'âge légal, personne ne peut l'interdire. »

Ce qui était sensé, admit-il, même si c'était d'une façon un peu particulière.

De nouveau, Harry ne pouvait pas s'imaginer aller trouver le Professeur Flitwick et lui demander de le guider à travers le rituel du passage à l'âge adulte. La pensée lui fit étouffer le début soudain d'un rire presque hystérique, récoltant un regard désapprobateur de Hermione, mais l'imagination de Harry s'emballa à l'instant où il s'imaginait approcher Madame Bibine, le Professeur Trelawney ou même Dumbledore à ce sujet. Mon Dieu, non. Peut-être que si le Professeur Lupin avait encore été ici, mais… non.

Mais là encore la pensée ne le laissait pas en paix. Ron eut un ricanement lorsque Harry tenta de lui mentionner un peu plus tard dans la soirée la tradition professeur/élève alors qu'ils montaient se coucher dans leur dortoir.

« Ouais, j'en ai entendu parler », dit Ron, donnant à Harry un regard brillant. « Fred et George avaient l'habitude de blaguer à propos de ça lorsqu'ils approchaient de leur seizième anniversaire ; ils disaient qu'ils allaient demander à McGonagall et causer une crise cardiaque à la vieille chauve-souris. » Il s'arrêta. « Je suis ravi qu'ils ne l'aient pas fait, quand j'y réfléchis. Je l'aime plutôt bien. »

Harry se força à rire en retour, sachant que c'était ce qu'on attendait de lui, mais intérieurement, son esprit était ailleurs. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser que c'était là que se trouvait la solution à son problème, si seulement il pouvait y réfléchir de façon plus posée. Il pensa à la tradition professeur/élève toute la soirée lorsqu'il se prépara pour aller dormir et aussi tout le lendemain lorsqu'il était en classe. Ce qui l'amena inévitablement à l'endroit où il aboutissait toutes les nuits précédentes : devant la porte du bureau du professeur Severus Snape.

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à suivre...

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(1) Proposer la botte : Inviter d'une façon directe et sans équivoque à une relation sexuelle.