2008

2008

- Sam je crois que c'est là haut.
Angela et Samantha montèrent vers le grenier. Angela arriva la première en haut de l'escalier. Elle chassa de la main une toile d'araignée qui se trouvait sur son passage.
- Je suis sûre que Tony n'est pas monté ici depuis longtemps. dit Angela tout en essayant de retirer la toile d'araignée de dessus sa main.
Depuis que Tony avait commencé à enseigné à l'Université de Fairfield à l'automne 1993 le grenier et le reste de la maison avaient pâti des nouvelles responsabilités de Tony. Il va être furieux de constater que l'intérimaire à encore une fois oublié de faire le ménage en haut.
- Combien en avez-vous engagé en tout jusqu'à maintenant?
- Des bonnes à tout faire?
- Oui
- Oh au moins une ou deux par mois dans les 15 dernières années. Je te laisse faire le calcul.
- Pourquoi ne suis-je pas surprise? J'aurais simplement cru qu'il aurait lâché du leste maintenant.
- Tu connais ton père. Angela essaya de pousser quelques boîtes restées là en travers du chemin.
- Ce doit être quelque part par là dans le coin.
- J'ai du mal à croire que tu ais gardé quelques habits de bébé de Jonathan. Samantha caressa son ventre fort arrondi. Elle en était à 8 mois de grossesse et paraissait sur le point d'accoucher.
- Je crois que je pensais que peut-être un jour j'en aurais eu besoin. J'y aurais pensé plus tôt si tu n'avais pas eu autant de filles. Hank doit être content en pensant à l'arrivée prochaine d'un garçon finalement.
- Les gens pensent que nous sommes fous. Moi aussi je le pense parfois mais c'est moi qui lui ai dit que l'on recommencerait jusqu'à avoir un garçon. C'est juste que je ne pensait pas qu'il nous faudrait six tentatives avant d'y arriver. Elles continuèrent à marcher bougeant des boîtes jusqu'à ce qu'Angela trouve le grand coffre poussiéreux caché dans le coin.
- Reste en retrait. Angela saisit une des poignées du cuir et la cramponna puis le tira de toutes ses forces. Le coffre ne bougea pas.
- Là laisse-moi essayer. Sam prit la poignée des mains d'Angela et sortit le coffre du coin en le tirant le plus simplement du monde.
- Merci. Merci beaucoup dit Angela tout en roulant des yeux. Angela se mit à genou à côté du lourd coffre en bois. Elle souleva le couvercle et une nuée de souvenirs refit surface.
Au dessus de la pile de choses qu'elle avait gardé précieusement se trouvaient quelques petits ensembles qui avaient appartenu à Jonathan autrefois.
- Que c'est mignon! gloussaient-elle de contentement chaque fois qu'un nouveau petit ensemble était sorti du coffre.
Sam marqua une pause en regardant Angela trier les affaires de bébé.
- Angela !
- Oui ma chérie? dit-elle n'y prêtant pas vraiment attention.
- Tu n'as jamais voulu avoir plus d'enfants?
Angela leva les yeux au ciel et pinça gentiment la joue de Sam. L'espace d'un instant Sam pensa qu'Angela allait pleuré mais au contraire un sourire apparut sur son visage.
- Je ne t'ai jamais dit ça avant mais j'ai toujours pensé que j'aurais une petite fille c'est idiot mais je me suis toujours représenté ma petite fille en couches-culottes portant une poupée dans ses bras. Qui aurait pensé qu'elle frapperait un jour à ma porte avec son petit air de garçon manqué?
- Merci Angela. Elles s'étreignirent. Sam essuya du même coup une larme sur son visage.
- Je veux dire que j'aurais aimé que ton père et moi ayons un bébé ensemble mais avoir eu la l'opportunité d'aider ton père à t'élever toi à été pour moi plus qu'un rêve qui se réalisait. Sans compter que j'ai eu plus que mon compte de couches et de poupées maintenant. Je suis tout simplement contente de pouvoir partager tes enfants avec toi.
- Ton père est si excité dès qu'il est question du petit Hank.
- Hey! On a pas encore décidé si c'est vraiment ce prénom qu'on lui donnera.
- Je sais c'est juste que c'est si mignon. Voyons un peu ce que nous avons encore là-dedans. Angela prit un paquet et le mit de côté.
- C'est quoi ça? dit Sam se saisissant du paquet
- Quelque chose qui a besoin d'être brûlé.
- Oh allez Angela... dit-elle en déchirant le papier qui couvrait paquet. Elle y trouva la robe qu'Angela portait lors de son mariage avec Michael.
- C'est quelque chose qui fait partie de ton histoire
- Je sais mais certaines choses feraient tout aussi bien de tomber aux oubliettes.

Mettant la robe de coté, Sam se remit à fouiller et continua à retirer des choses du coffre. Elle les posa en pile sur le sol. Angela commença à les trier quand elle stoppa soudainement. Elle s'accroupit et retira un sweat-shirt rouge très usagé de la pile. Elle l'approcha de son visage et en inhala fortement l'odeur qui s'en dégageait.
- Oh Angela, qu'est ce que c'est que ce truc ?
Dit Sam ramenant Angela a la réalité.
- Oh ça ? C'est juste un souvenir des mes vieilles années de fac. Je pensais que je l'avais perdu pendant toutes ces années.
L'importance de la récente découverte de ce trésor se lisait sur le visage d'Angela.
- Je ne savais pas que tu étais une fan des Red Sox ?
Dit Sam réalisant ce qu'Angela tenait dans la main.
- Non, je ne le suis pas. Juste la fan d'un gars qui a faillit rentrée dans l'équipe.
- J'ai l'impression que tu étais plus qu'une fan.
Dit Sam en la taquinant.
- Arrête ça.
- Angela tu rougis.
- Vraiment ?
- Alors raconte ! Qu'est ce qui s'est passé ?
- Tu ne vas pas le croire. La plupart du temps j'ai du mal à y croire moi-même.
- Laisse-moi en juger par moi-même.
- D'accord. D'accord. Un jour, lorsque Michael et moi nous nous fréquentions, nous nous sommes disputés. J'en ai eu assez de lui et de l'école, j'ai décidé de faire mes bagages et de prendre un bus pour rentrer chez moi. C'est drôle comme les choses arrive…
Dite elle en riant.
- Je n'ai jamais pris le bus. Ce gars était la.
Dite elle en serrant le sweat-shirt comme si c'était lui.
- Oh vraiment ? Et…
- Il n'y a vraiment pas grand-chose a dire. J'avais marché sous la pluie pour aller a la gare routière. J'étais trempée. Et ce gars est apparu de nulle part et il m'a mit ce sweat autour de moi pour me réchauffer. On a parlé, on a but environ 6 tasses de chocolat et on s'est embrassé.
- Vous vous êtes embrassée ? Qu'est ce qui s'est passé ?
- Et bien, le baiser était merveilleux, mais bizarre.
Elle fit une pause.
- C'est drôle, c'est le mot que lui et moi avons utilisé cette nuit la. J'ai du mal à croire que cela fasse si longtemps depuis la dernière fois que j'y ai pensé. Tu t'es déjà senti si bien pendant un moment et totalement triste la seconde d'après ?
- Je ne…
- Lui et moi avons sentis l'alchimie. Bon sang, ce qu'on l'a sentis cette alchimie. Je ne sais pas comment l'expliquer. On a juste sentis que quelque chose n'allait pas. Que ce n'était pas le bon moment. Est-ce que ça a un sens ?
- Non !
- Je ne sais pas comment… Il a dit tellement de chose qui m'ont réconfortée, cette nuit là. Des choses que j'avais besoins d'entendre, des choses qui m'ont aidées a surmonter les périodes difficiles de ma vie. Jusqu'à ce que je rencontre Tony.
- Qu'est il arrivé au gars ?
- Je ne sais pas. Je ne connais même pas son nom.
- Tu ne connais pas son nom ? Tu ne le lui as pas demandé ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas. J'avais l'impression que je le connaissais. Ce n'est pas venu dans la conversation.
- Est-ce que tu n'as jamais essayé de le trouver ?
- J'ai voulut le faire, mais cette nuit là, après être revenu au dortoir, Michael m'attendait. Je pense que le reste, on peut dire que c'est de l'histoire ancienne. Une fois, cependant, j'ai cru l'avoir vu.
- Le gars ?
- Oui.
- Où ?
- Quand ton père est venu a l'entretien pour le post d'employé de maison.
- Tu veux dire que tu pensais que ce gars était papa ?
- Pendant un instant oui.
- Tu ne lui as jamais demandé ?
- Bien sur que non ! Qu'est ce que je vais lui dire ? « Hey, est ce que tu as partagé un baiser avec une fille que tu connaissais depuis 2 heures en face d'une station de bus sur ton chemin de retour de Boston pour New York dans les années 70 ? Il va penser que je suis tombée sur la tête.
- Qu'est ce qu'il peut dire de pire ? Non ? Tu dois lui demander, je veux dire, comme ça serait merveilleux si vous vous étiez vraiment connu avant. Je veux dire, tu aurais vraiment pu être ma mère.
- Si c'est bien lui, et ça reste encore a prouver, il y a de très bonne raisons qui fait que nous n'étions pas encore fait pour être ensemble.
- Comme quoi ? - Dit Sam attendant de voir ce qu'Angela allait bien pouvoir trouver.
- Honnêtement il y a beaucoup de choses. Eh bien, tout d'abord je pense que Marie avait besoin d'avoir la chance d'être mère. Tu n'aurais pas été la femme que tu es sans elle.
Angela se pencha tendrement et caressa de ses doigts la joue de Sam
- Et je… je pense que j'avais besoin de savoir que je pouvais vivre sans Michael. Je devais juste divorcer de lui pour le faire.
- Angela, Allez. Tu sais que tu dois lui demander.
Dit Sam l'enlaçant.
- J'y ai pensé tout au long de ces années, mais je ne sais pas. Je crois que je pensais que si c'était lui quelque chose aurait fait tilt dans sa mémoire maintenant.
Sam contempla Angela avec un sourire malicieux.
- A quoi tu penses Sam ?
Angela sut en voyant le regard de Sam qu'elle allait avoir des problèmes
- Sam …
- Et bien je réfléchissais. Si c'est lui, j'ai une idée qui pourrait faire le déclic dans sa mémoire. Et si on…

Quelques jours plus tard

- Allez Samantha. Ça fait longtemps qu'on est dans la voiture, tu ne penses pas que tu ferais mieux de me dire où on va ?
Tony avait les yeux bandés depuis environ 45 minutes.
- Allez papa, ça ne serait plus drôle. En plus on est presque arrivé.
Sam gara la voiture en face d'un vieux restaurant et le conduisit à une table a l'intérieur. Elle fit signe a la serveuse qui se précipita vers les toilette et frappa a la porte.
- Où on est Sam ? - Dit-il lorsqu'elle lui enleva le bandeau.
Ses yeux prirent un moment à s'adapter. Il se trouva assis dans un box avec 2 tasses de chocolat devant lui et une bombe de crème foutée a côté.
- Qu'est ce que…
- Au revoir papa, a tout à l'heure.
Sam sortis par la porte latérale
- Mais Sam, comment je suis…
Au moment ou la porte se ferma derrière Sam, le reflet de la vitre se fit net.
- Madonna Mia…
Il resta bouche bé tandis qu'il regardait une fille vêtu d'un sweat-shirt rouge, marcher vers lui. Le restaurant, la fille, le sweat-shirt. Tout le frappa en plein visage comme une batte de baseball.
- Non, l'impression de déjà vu.
Comme elle s'approcha de lui, il réalisa que la fille au sweat-shirt était Angela, son Angela. Ses cheveux étaient bien plus courts et plus blond que la fille de ses souvenirs. Le sweat-shirt était délavé et usé aux poignets. Elle avait encore belle allure en jeans et la chemise lui allait mieux que jamais.
- Puis je prendre ce siège ? - Dit-elle audacieusement.
Elle se pencha vers le box pour s'asseoir, mais Tony bondit sur ses pieds. Il l'a saisit par la taille et l'embrassa. Là en plein milieu de l'allée. Il l'embrassa juste comme il l'avait fait sur le parking de la station de bus, toutes ces années auparavant. Tout comme la dernière fois, il n'était pas doux. Il n'était même pas soigneux. Il était remplit de toute la passion, le regret, l'amour et la dévotion du passé. Cette fois ci, la paix était là. Seulement cette fois ci, il était suivit de bonheur. La confusion du baiser vieux de 37 ans avait disparut et tout ce qui suivait était de la joie. Quand ils stoppèrent ce long baiser pour reprendre leur souffle, Tony prit une minute pour la regarder dans les yeux.
- Donc, ça m'a pris quelques baisers. - Plaisanta t il.
- Oui juste quelques uns. Je suis heureuse de te rencontrer Tony.
Elle se pencha et l'embrassa de nouveau. Une serveuse s'approcha derrière eux avec un pichet de chocolat a la main.
- Hum ! hum ! Est-ce que vous deux vous avez besoin de re-remplir vos tasses ?
N'ayant pas de réponse, la serveuse laissa l'addition et alla servir une autre table.
- Puis-je re-remplir vos tasses ?
Dit-elle à une couple assis quelques tables plus loin.
- Non Shirley.
Dit le jeune homme italien, lisant le nom sur la plaque.- Je pense que ça ira.
Il était assis à la table avec une très attirante jeune blonde.
- Nous partons bientôt. - Dit-il en laissant 15 dollars sur la table.
- Merci.
Dit Shirley en prenant l'argent avec un sourire.

FIN