981 jours

981 jours. 981 jours. Est ce qu'autant de temps avait effectivement passé ?
Angela était assise dans sa chambre, cochant son calendrier.

981 jours avaient passé depuis ce merveilleux jour ou elle s'était assise dans le bureau de sa thérapeute. C'était le jour où elle avait réalisé qu'elle aimait Tony.

Cocher son calendrier était devenu l'une de ses routines nocturnes. Elle disait bonne nuit à tout le monde, puis allait dans sa salle de bain afin de se préparer pour la nuit. Une fois fini, elle se dirigeait vers le lit, sortait le calendrier et cochait un autre jour.

Encore un jour où elle n'avait pas eu le courage de dire à Tony ses sentiments. Dans la passé, elle avait conclu un pacte avec elle-même, « Je le lui dirai avant d'atteindre les 100 jours », « Je les lui dirai avant d'atteindre les 500 jours ». Chaque soir elle avait coché le calendrier, se demandant ce qui s'était passé ce jour là qui l'avait empêché d'atteindre son but. Certains jours, après une dispute, elle était heureuse de n'avoir rien dit. D'autres jours, elle sentait qu'ils étaient devenus si proches, et elle s'en voulait.

Une fois le calendrier coché, elle lisait un livre et attendait d'entendre ses ronflements. Certaines nuits l'attente était courte, d'autres une heure ou deux. Une fois qu'elle était sûre qu'il dormait, elle traversait le hall sur la pointe des pieds. Lentement, elle ouvrait sa porte. Elle restait debout sur le seuil quelques secondes ou minutes. Tout dépendait de sa capacité à être silencieuse ou de la profondeur de son sommeil à lui. Elle restait là, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus retenir ces mots. « Je t'aime Tony ». De nombreuses fois, durant ces dernières années, elle s'était retrouvée disant cela suffisamment fort pour le réveiller. Quelquefois, se tournant dans son sommeil, il disait « Je t'aime aussi ». Cela valait toujours le risque de le réveiller pour entendre ces quatre mots. Certains jours, sa lâcheté lui valait ce bonheur. De cette manière elle ne pouvait pas être blessée. Elle l'entendait dire ces mots, même si elle ne pouvait pas le lui montrer.

Le jour 981 était arrivé et encore une fois elle n'avait rien dit. Récemment, cela ne l'avait pas trop dérangée. Tout juste 8 petits mois auparavant, ils avaient fini par flirter sur un banc de la Jamaïque. Ils avaient discuté de leur futur. Ils avaient décidé de ne pas prendre de décision au sujet de leur relation pour le moment, mais au moins le sujet avait été abordé. Ce moment sur le banc réchauffait son cœur/la réconfortait chaque soir durant ces 8 derniers mois. Ce soir, elle s'accrochait à ce souvenir en l'attendant. Elle savait qu'il rentrerait tard ce soir car il se réunissait avec son groupe d'étude. Elle leur avait donné l'idée de prendre une chambre d'hôtel. Elle pouvait très bien l'attendre. Il rentrera bientôt à la maison, pensa t elle, tout en se laissant emporter par le sommeil.