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Garcia attendait Morgan assise à une des tables du coffee-shop. Une grande tasse de café fumant devant elle. Un sourire éclaira son visage dès l'instant où elle aperçut son meilleur ami. Derek lui rendit son sourire.

« Hey, beau ténébreux. »

« Hey, ma déesse. » la salua-t-il en posant un baiser sur sa tête avant de s'asseoir face à elle.

Elle l'observa sans rien dire pendant quelques instants.

Il était évident que quelque chose ne tournait pas rond chez Morgan. Non qu'il soit devenu fou ou quelque chose du genre, non, ça certainement pas, mais quelque chose semblait le tourmenter.

C'était évident maintenant. Garcia se leva en s'excusant auprès de lui. Lui assurant qu'elle reviendrait dans cinq minutes.

Garcia se dirigea vers le comptoir, commanda un café et alla ensuite faire usage des commodités, lava ses mains, prit la commande et revint s'assoir à la table face à son meilleur ami, déposant le café face à lui avec un large sourire.

« Tu as l'air d'en avoir besoin. » observa-t-elle.

Derek lui sourit simplement. Comment allait-il lui dire ? Il ne voulait pas lui faire à nouveau du mal mais il devait lui en parler ou il allait en devenir malade. Morgan devait crever l'abcès. L'agent spécial du FBI baissa pourtant la tête quelques secondes avant de relever les yeux vers elle.

Oh oh, quelque chose ne va vraiment pas là. Morgan s'il te plait mon adonis en chocolat noir, parle-moi. Tu me tortures là. Pensa-t-elle.

« Parle-moi, Derek. J'ai horreur de te voir comme ça. Qu'est ce qu'il y a ? »

Prenant une grande inspiration en la fixant des yeux, les mots finirent par rouler hors de sa bouche. « Mon ange, tu sais que je t'adore, n'est-ce pas ? »

Un sourire illumina le visage de Pénélope. « Oui, je le sais. » Pourtant, dès qu'elle lui eut donné sa réponse, le sourire qui éclairait son visage quelques secondes auparavant s'effaça comme elle voyait de la tristesse dans les yeux de l'homme assis en face d'elle.

Derek prit quelques instants avant de continuer : « quand Battle t'a tiré dessus, j'ai cru devenir dingue. Je me sentais responsable… ce que je me sens toujours d'ailleurs, mais je m'en veux encore plus de t'avoir blessée parce que je sais que c'est moi qui t'ai poussée dans ses bras. Si je ne t'avais pas dit d'avoir bien fait de lui avoir dit non, parce qu'il y avait quelque chose de louche chez ce type, je pense que tu serais restée sur ta décision et que tu ne serais pas sortie avec lui. C'est ma faute. »

« Derek… » l'interrompit-elle doucement.

Il l'arrêta simplement en posant un doigt sur ses propres lèvres avant de prendre une gorgée de café Latté, fermant les yeux lorsque le liquide coula dans sa gorge et réfléchissant à la façon de lui expliquer les choses pour qu'elle ne les interprète pas de la mauvaise manière.

« Tu te rappelles ce que je t'ai dit ? Je t'ai dit de suivre ton instinct. Et ton instinct, que te disait-il ? »

« ... de ne pas lui faire confiance. »

« Et pourquoi as-tu finalement accepté de sortir avec lui ? » demanda-t-il gentiment.

Pénélope sentit les larmes lui monter aux yeux mais se força néanmoins à répondre à son meilleur ami.

« Parce que ce que tu m'avais dit m'avait blessée. » lui répondit-t-elle alors qu'une larme solitaire roulait le long de sa joue.

Derek acquiesça d'un signe de tête. « Et dis-moi… tu crois franchement que c'est ce que je voulais ? Ce que je t'ai dit alors, ma puce, tu l'as mal compris même si je te comprends. Je sais que je parais superficiel et arrogant, mais je t'assure que ce n'est pas du tout parce que je ne te trouve pas jolie ou sexy ou quoi que ce soit d'autre que je t'ai dit ce que je t'ai dit. Je cherchais simplement à te protéger. »

« Derek, je sais. J'ai été stupide. J'aurais dû vérifier s'il avait des antécédents et, au lieu de ça, je n'ai rien fait et je me suis jetée tête baissée dans la gueule du loup. Je ne t'ai pas écouté, j'ai entendu tes mots, mais je ne les ai pas écoutés parce que je ne voulais pas entendre la voix de la raison qu'était la tienne. De plus j'étais tellement focalisée sur le fait qu'un homme semblait finalement s'intéresser à moi que je n'ai pas réfléchi plus loin. Je ne suis pas le genre de femme dont les hommes rêvent la nuit. Au contraire de toi, tu es le genre d'homme dont toutes les femmes rêvent la nuit, Derek. »

Si tu savais… je rêve de toi toutes les nuits.

« Pen, arrête de te dévaloriser comme ça. Tu es belle et sexy. Tu es une vraie déesse et les hommes qui ne le voient pas sont des imbéciles. »

« Ne fais pas ça, Derek, s'il te plait. »

« Qu'est ce que je ne dois pas faire ? » demanda-t-il confusément.

« Ne dis pas des choses pareilles. Tu les dis uniquement parce que je suis ta meilleure amie. »

Oh, Pénélope, si seulement, tu pouvais réaliser… je suis jaloux de Kevin Lynch, parce que c'est lui vers qui tu vas tous les soirs, c'est lui qui te sert dans ses bras. Oh mon Dieu, comment ne l'ai-je pas compris plus tôt ! Si seulement tu savais à quel point je te trouve sexy et que je suis un mec qui rêve de toi quasi toutes les nuits depuis au moins deux semaines ! Mais je ne te dirai rien sur ce que je ressens pour toi, pas encore ou tu pourrais croire que je veux sortir avec toi par sentiment de culpabilité et ça je ne le veux pas.

« Je ne fais que dire ce que je vois. » lui rétorqua-t-il d'un air mystérieux.

De son côté, Pénélope fronça les sourcils mais Morgan lui sourit simplement avant de boire à nouveau de son café.

Garcia décida qu'il ne valait mieux pas trop se poser de questions. Il valait mieux ne pas pousser. Elle finirait surement par trouver une explication à ce qu'il venait de lui dire. Pour le moment, il fallait aller au FBI, ils avaient des assassins à arrêter.

« Allez viens, je t'emmène. » fit-il.

« Mais, Derek, et Esther ? »

« Laisse-là ici, elle ne risque rien, ta voiture adorée. Et pas de mais, tu viens avec moi. »

Pénélope Garcia s'apprêtait à protester mais vu l'expression qu'arborait le visage de Morgan, elle se ravisa : quand il était comme ça, il valait mieux ne pas argumenter avec lui.

Derek Morgan et Pénélope Garcia se levèrent et prirent tous deux leurs cafés avant de sortir du coffee-shop. Les choses n'étaient pas encore complètement éclaircies entre eux mais tous deux se sentaient comme débarrassés d'un énorme poids qui pesait sur leurs épaules.

« Merci pour le café, princesse. »

Pour toute réponse, il eut droit à un sourire. Derek sortit les clés de la poche de son jeans et appuya ensuite sur le bouton qui permettait de déverrouiller les portières du mono-volume. Il contourna le véhicule et ouvrit la portière à sa collègue.

« Merci, mon bon prince. »

Quelques instants plus tard, ils étaient en route pour le bâtiment fédéral du FBI. Se demandant tous les deux ce qui les attendait : à quel genre de monstruosité ils auraient à faire face aujourd'hui. Une chose qu'ils appréhendaient tous deux, comme toute l'équipe d'ailleurs, car ce n'est pas parce qu'ils ne le disaient jamais et qu'ils étaient constamment mis face à l'horrible réalité que pouvait parfois être la vie qu'ils s'y habituaient.

Garcia avait beau être 'à l'abri' dans son sanctuaire, entourée de ses précieux bébés électroniques, lorsqu'elle devait visionner des films qui pouvaient leur donner une indication sur l'identité de l'agresseur ou pire encore de l'assassin, elle était également exposée aux horreurs que le monde pouvait porter.

A suivre…