N/A: Sincèrement, merci à toutes pour vos messages et reviews, vous êtes les meilleures! Je suis heureuse de voir que l'angoisse vous plait toujours ahaha :p ;)

Comme promis, voilà la suite :) Alors attention, je me base sur des "spoilers" concernant la suite de la saison. Je mets spoilers entre guillemet, parce que la seule chose que je m'autorise, ce sont les photos promos XD Mais vous verez rapidement (dès la première ligne actuellement mdr) de qui je parle ;)) But don't worry, GSR FOREVER! :D POUTOUS à Nini pour dénicher mes vilains franglais XD

Enjoy :)


Marchandage

Durant l'étape du marchandage, on essaye de trouver une façon de récupérer ce qu'on a perdu, ou de tout simplement trouver quelque chose ou quelqu'un à blâmer.


Heather Kessler le trouvait changé.

C'était l'une des premières choses qu'elle lui avait dit lorsque leurs 'chemins' s'étaient à nouveau croisés au cours d'une enquête, trois jours auparavant.

Leur discussion avait d'abord été purement professionnelle. Assis à son bureau, Gil avait gardé son regard majoritairement fixé sur le dossier qu'il avait ouvert devant lui. Car quelque part, il savait très bien qu'elle faisait partie de ces rares personnes ayant la capacité de lire en lui un peu trop facilement. Et étant donné l'état d'esprit qu'il adoptait de façon presque permanente à présent, il n'avait sincèrement pas envie de subir une séance de psychanalyse gratuite.

Il n'avait qu'à se concentrer sur l'affaire. Finir cette enquête, pour ensuite passer à la suivante. Et à celle d'après. Et celle qui suivrait… Jusqu'à ce qu'il soit trop vieux pour pouvoir s'accroupir près d'un cadavre en décomposition, où qu'il soit tué sur le terrain, peut-être.

Peu importait la façon dont tout cela finirait, il n'y était pas encore de toute façon.

C'était un bon résumé de la nouvelle philosophie qu'il adoptait depuis près de deux mois. Faire son travail, rentrer, manger, dormir, faire son travail. Et tenter de ne pas ruminer sur sa situation actuelle, et de s'imaginer ce qui aurait pu être différent si Sara n'était pas partie. Si Warrick n'était pas mort. Si sa vie était restée telle qu'elle était avant tout ça. Avant Nathalie. Mais pas avant Sara.

Jamais avant Sara.

Chaque spéculation était tout aussi inutile que douloureuse, et le faisait se sentir beaucoup trop exposé à son goût. C'était bien pour ça qu'il avait tant cherché à éviter le regard de Heather.

Mais apparemment, il devait encore une fois être plus transparent qu'il le pensait. Car au lieu de répondre à une question concernant leur suspect –qu'elle avait eu comme client régulier pendant plusieurs années lorsqu'elle possédait encore son Manoir- elle était restée étrangement silencieuse. Ce qui l'avait poussé à relever les yeux, croisant son regard. Elle l'observait, la tête légèrement inclinée, comme si elle sondait l'intérieur de son crâne.

« Tu es différent. » Avait-elle dit, une note presque interrogatrice perçant dans sa voix, comme si c'était étonnant que cela soit possible.

Il l'avait fixé sans rien répondre, et aurait pu garder cette posture pendant longtemps si Riley n'avait pas frappé à la porte de son bureau à cet instant. Les résultats du labo étaient revenus positifs ; ils avaient donc assez de preuves pour arrêter leur suspect.

Heather avait continué son observation silencieuse, son regard passant de Gil à la jeune recrue, et il se demanda brièvement si l'excès de vitalité de Riley le faisait apparaître encore plus morose.

« J'ai appris pour ton collègue. » avait-elle dit doucement, une fois qu'ils s'étaient trouvés à nouveau seuls. « Je suis désolée. »

Il avait hoché la tête, la remerciant sans vraiment y mettre du cœur. Il n'avait vraiment pas envie de diriger la discussion sur ce sujet. Il lui avait donc dit qu'elle pouvait partir, merci d'être venue, mais de toute évidence, ils n'auraient pas besoin de son aide finalement.

« Je n'en suis pas si sûre, » avait-elle soufflé avec un petit sourire tout en se levant, semblant néanmoins comprendre qu'il ne dirait rien de plus aujourd'hui. Elle l'avait salué, et était partie.

Cette rencontre n'aurait pas dû avoir une quelconque incidence sur lui. Cela faisait sept ans qu'il connaissait 'Lady Heather', et de toutes les fois où ils s'étaient 'rencontrés', celle-ci avait été de loin la plus brève de leurs entrevues.

Mais bien entendu, il ne pouvait s'empêcher de repenser à la dernière fois qu'il avait eu affaire à elle, près de dix-huit mois plus tôt. Cela lui avait valu d'être ignoré par Sara pendant plusieurs jours, cette dernière n'appréciant pas particulièrement qu'il passe la nuit chez une ancienne maîtresse sans la prévenir. Il avait eu l'intention de s'excuser, bien entendu. Il lui fallait toujours une bonne dizaine de jours pour trouver les mots adéquats pour s'expliquer convenablement.

Cela avait été sans compter sur Nathalie Davis, qui lui avait enlevé Sara avant qu'il n'ait eu le temps de se faire pardonner. Là où tout avait fini et commencé.

Période à laquelle il ne penserait pas, pas ce soir en tout cas.

Car soir, il se trouvait au dernier endroit où il aurait imaginé être, trois jours auparavant. Mais il ne pouvait se mentir plus longtemps ; il avait été beaucoup plus troublé par sa brève conversation avec Heather qu'il ne l'aurait voulu. En particulier par ce qu'elle lui avait dit.

Alors qu'elle avait été en face de lui, il avait redouté qu'elle ne déchiffre la nature de ce qui semblait le consumer à petit feu. Mais à présent qu'elle avait sous entendu avoir effectivement compris que quelque chose n'allait pas, il ne désirait qu'une chose : comprendre à son tour.

Il ne se supportait plus, c'était un fait. Il ne supportait plus de se sentir aussi blasé par rapport à ce qui l'avait fait tellement vivre autre fois. Il ne supportait plus de sentir si coléreux parfois. Il ne supportait plus le fait que ses seuls contacts avec Sara se résumaient maintenant à un email toutes les une ou deux semaines, ou un à coup de téléphone s'il était chanceux ou d'humeur.

Il se sentait pris au piège, enfermé dans sa propre vie. A telle point que même Hank, qui n'avait rien demandé, s'en trouvait également affecté. Et il n'était même pas sûr de savoir pourquoi.

Et si Heather Kessler pouvait l'aider à trouver une réponse d'une quelconque façon, cela valait toujours le coup d'essayer. Du moins, c'était ce qu'il espérait lorsqu'il sonna à sa porte.

Bien sûr, dans son plan, il n'avait pas prévu qu'elle ne serait vêtu que d'une simple nuisette et d'une… robe de chambre.

Elle sourit, visiblement peu surprise par sa présence à cette heure si avancée de la soirée, et il avala difficilement sa salive.

« Gilbert, » le salua t-elle. « Que me vaut l'honneur de t'avoir à ma porte ? »

Il lui présenta le dossier qu'il avait emmené avec lui pour se fournir une excuse.

« Je croyais que vous aviez votre coupable ? » le contra t-elle tout en le laissant entrer.

« De nouvelles preuves ont fait leur apparition, » improvisa t-il, alors qu'elle refermait la porte, avant de s'adosser à celle-ci, le fixant toujours intensément.

« Je pourrais rentrer dans ton jeu, si c'était vraiment ce que tu voulais, » commença t-elle sans jamais se démunir de son petit sourire. « Mais je dois t'avouer que par expérience, je sais qu'un homme qui me rend visite à cette heure de la journée n'est généralement pas à la recherche de criminels. »

Ses doigts se crispèrent un peu plus autour de la pochette cartonnée qu'il tenait toujours, se demandant brièvement s'il devait pousser le mensonge plus loin, ou tout simplement fuir. Ce qui était très tentant. Mais finalement, il parvint à la conclusion que, pour une fois, l'honnêteté était la meilleure des solutions :

« Je ne serais pas un homme si je te disais que tu n'était pas désirable. Mais ce n'est pas non plus la raison de ma visite. »

Elle rigola doucement en secouant la tête, comme s'il venait de dire quelque chose de particulièrement comique. Elle se décolla de la porte et pris la direction de la cuisine, non pas sans lui souffler alors qu'elle le dépassait : « Quel gentleman tu fais, Gil. J'espère que tu choisis mieux tes mots lorsque tu t'adresses à ta petite amie. »

Cela lui fit l'effet d'un coup dans l'estomac, et il était presque sûr que c'était l'effet escompté. A nouveau, il se mit à douter de l'intelligence de son idée. Peut-être qu'il devrait vraiment partir pendant qu'il était encore temps.

« Tu n'as rien à craindre, » lui lança t-elle par-dessus son épaule. « Même si tu avais été à la recherche de ce genre de libération, je crains que tu ne serais reparti déçu. » Elle sortit quelque chose de sa poche, et il réalisa qu'il s'agissait d'un baby phone. « J'ai déjà une invitée ce soir. » Puis, elle disparue dans la cuisine.

Après un autre instant d'hésitation, il finit par prendre la même direction, lançant un regard curieux autour de lui. Il nota les jouets qui jonchaient le sol à divers endroits, ainsi que les photos encadrées qui décoraient les meubles.

« J'en déduis que tu vois Alison de temps en temps. » lui dit-il en entrant dans la cuisine, alors qu'elle déversait de l'eau déjà bouillante dans deux tasses. C'était comme si elle avait presque prévu sa venue.

« Plus que de temps en temps, actuellement, » répondit-elle avec un sourire sincère cette fois-ci, tout en lui tendant sa tasse. « Jérôme a emménagé à dix minutes d'ici, elle passe pratiquement tous ses weekends avec moi. Et j'aurais le résultat de l'appel d'ici un mois. Mon avocat est plutôt confiant cette fois, je devrais obtenir la garde partagée. »

Il sourit à son tour de bon cœur : « Je suis heureux de l'apprendre, sincèrement. Tu le mérites. »

Elle haussa doucement les épaules : « Je n'ai fait que ce qu'elle mérite. On ne se bat jamais trop pour ceux qu'on aime. » A la façon dont elle prononça la fin de sa phrase, il eut le sentiment qu'elle s'adressait à lui, plus particulièrement. Et il n'était pas sûr de vouloir comprendre ce qu'elle sous-entendait.

Mais c'était pour cette raison qu'il était venu, après tout. Il était temps pour lui de ravaler ses peurs.

Néanmoins, il n'avait aucune idée de ce qu'il devait dire. Le peu de phrases qui lui traversait l'esprit semblaient toutes aussi bancales et ridicules les unes que les autres. Mais il n'aurait pas dû se faire tant de soucis.

Elle trouva pour lui bien sûr.

« Elle est repartie, n'est-ce pas ? »

Ce qui eût pour effet de lui faire immédiatement relever les yeux de son thé, pour poser un regard secoué sur elle. Puis, il devint incrédule, voir même un peu suspicieux : « Qu'est-ce qui te fait dire qu'elle est partie plus d'une fois. »

Elle but une gorgée de son breuvage, sans jamais le quitter des yeux, avant de répondre : « Tu ne crois tout de même pas être le seul de ton équipe qui se retrouve avec des suspects ayant requis mais services à une époque ; j'étais très populaire apparemment. Ton amie, Catherine, est venue me voir il y a environ cinq mois. Quand je lui ai demandé de tes nouvelles, elle a dû mentionner le fait que tu étais 'plus ermite que jamais depuis que Sara était partie' ». Après une pause durant laquelle il ne dit pas un mot, elle reprit. « Et mon commentaire est aussi pure déduction. Je suppose qu'elle est revenue après le décès de Warrick Brown. Et à ce que je peux constater, elle a effectivement dû repartir. » Nouvelle pause, puis : « Elle ne supporte plus la ville, n'est-ce pas ? »

Il avala douloureusement sa salive. Il réalisait que c'était la première fois qu'il parlait de l'absence de Sara à quelqu'un –sans utiliser leur chien comme excuse, tout du moins.

« C'est ce qu'elle m'a dit, oui. » répondit-il doucement.

« Et je ne pense pas que tu devrais en douter. » Elle haussa doucement des épaules. « Il y a certaines choses que l'on est plus capable de faire après un temps. Tenter de s'y remettre de force est comme plonger sa main dans une casserole d'eau bouillante. Stupide et terriblement douloureux. »

Il se sentait de plus en plus inconfortable. Quelque part, il aurait voulu qu'elle lui dise que c'était lui qui avait raison. Qu'il avait tous les droits d'en vouloir à Sara pour l'avoir abandonné, deux fois. Qu'il avait surtout raison de douter des raisons de son départ. Il voulait qu'elle le conforte dans sa colère et son isolement.

Mais c'était cause perdue.

« Si tu veux savoir mon avis, Gil, » commença t-elle « ce qui te fait te sentir si différent et quelque part déconnecté en ce moment, ce n'est pas l'absence de cette femme, pas plus que- »

Elle fut coupée dans sa phrase par un son de pleurs en provenance du baby phone. Elle fixa l'objet pendant quelques secondes, comme pour vérifier que ce n'était pas une fausse alerte, mais les gémissements et pleurs reprirent de plus belle.

Elle pose sa tasse sur le comptoir avant de se diriger vers la porte, contre laquelle il était appuyé. Il la stoppa : « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Elle sourit, posant une main sur sa hanche. « Donne-moi dix minutes. Alison a tendance à faire des cauchemars en ce moment, je n'en ai pas pour longtemps. » Et elle s'éloigna, le laissant seul et incrédule dans l'encadrement de la porte.

Mais il se ressaisit vite, et la rattrapa au milieu de l'escalier.

« Heather ! » l'appela t-il, tout en tentant de garder sa voix aussi basse que possible, pour ne pas perturber plus l'enfant, dont les pleurs semblaient avoir diminué légèrement. « J'ai besoin de savoir. »

« Depuis quand est-ce que tu t'intéresses autant à ce qu'il se passe dans ta propre tête ? Et surtout, à ceux que les autres peuvent y lire ? » Il comprit à son expression et au ton de sa voix que c'était plus rhétorique qu'autre chose. « Tu veux vraiment la récupérer, n'est-ce pas ? »

Il la fixa silencieusement, avant d'hocher lentement la tête.

« Elle ne reviendra pas, Gil. Comme elle a surement dû te l'expliquer, elle ne peut pas. »

« Mais- » Elle le coupa en levant une main.

« Elle ne peut pas revenir, mais je ne pense pas me tromper en affirmant qu'elle attendra jusqu'à ce que tu sois prêt. Si elle t'a attendu tant d'années pour que tu l'acceptes enfin véritablement dans ta vie, elle attendra encore. »

« Prêt à quoi ? » Il agonisait presque, ne comprenant pas la moitié de ses sous-entendus.

Son sourire se fit sournois : « Tu ne vois vraiment pas de quoi je parle. »

« Ne vois pas quoi ? » Il commençait à être plus qu'exaspéré par ces femmes qui semblaient toutes en savoir plus sur lui que…lui-même.

« Comme j'ai essayé de te le dire, le problème n'est pas le départ de Sara, pas plus que le décès de ton ami. Bien que le fait que tu doives gérer ces deux pertes en même temps ne puisse que te compliquer la tâche. Car ce ne sont pas les seuls deuils que tu es entrain de faire, que tu en aies conscience ou non. »

« Je ne comprends pas. » Ce qui ne sembla plus la surprendre.

« Ton travail, Gil. » fut sa réponse, avant qu'elle ne recommence à monter les escaliers, les gémissements redevenant plus important à l'étages.

« Mon…quoi ? » lança t-il interloqué, toujours au milieu de l'escalier.

Elle se tourna vers lui : « Réfléchi. Cette chose qui a été ton plus gros accomplissement, ta seule raison de vivre pendant des années voir décennies, qui te rassurait et te faisait te sentir vivant. Sara faisait partie de ce monde avant, de ton monde. Ce qui faisait que tu pouvais… concilier les deux. Maintenant qu'elle ne peut plus le supporter, ces deux notions s'entrechoquent, et cela te perturbe énormément de toute évidence. » Elle haussa les épaules comme si cela était une évidence. « Sans oublier le fait qu'après ce qui est arrivé à Warrick, je doute que tu trouves ton travail aussi rassurant et confortant qu'avant. Et tant que tu ne parviendras pas à accepter ces changements, tu ne pourras pas avancer. Pire, cela te consumera. »

Et sur ces mots, elle entra dans la chambre. La porte ouverte, les pleurs se firent plus forts, avant de s'atténuer, pour finalement disparaître totalement.

Totalement sous le choc de ce qu'elle venait lui dire, Gil resta un temps indéterminé debout au milieu de l'escalier, sentant un début de migraine s'insinuer sous son crâne. Sans vraiment réfléchir –il ne s'en sentait plus du tout capable à cet instant- il monta le reste des marches, et se rendit jusqu'à la porte entrouverte. Silencieusement, il l'observa bercer l'enfant contre elle, marchant en petits cercles autour de la chambre. Sa main passait en douceur dans son dos, tandis que le visage de sa petite fille était niché dans le creux de son cou.

Lorsque leurs regards se croisèrent, elle s'avança vers lui, sa main ne cessant jamais de caresser le tissu violet du pyjama.

« Il y a des personnes qui méritent n'importe quel sacrifice. » Murmura t-elle. « Même ceux qu'on aurait jamais envisagé deux ans, ou même six mois plus tôt. Et il arrive un moment où tu réalises que pour elles, ce n'est même plus un sacrifice. C'est une porte de sortie vers le reste de ta vie. Là où tu te sens libre et aimé… J'espère sincèrement que tu le comprendras. »

Et la porte de la chambre se referma.


N/A: Ca va, vous avez survécu à ce trop plein de LH? XD

Pour la suite, pas de date précise... Elle est déjà à moitié écrite, mais des nouvelles photos promos sont apparues hier concernant ce que je voudrais utiliser, donc ça me modifie tout, encore une fois grrrr. Et puis j'ai un enterrement dans...2h, alors vous comprendrez si je n'ai pas le coeur à écrire aujourd'hui :( Mais promis, je vais vraiment faire mon possible pour finir avant ce weekend.

Gros poutous et à bientôt ;))