Updated le 07/08/11

Et voici l'épilogue qui clôture cette première partie !

Merci à tous ceux qui m'ont laissés des reviews : Coralie91, Ananke Jones, OrangeMettalique et Engie.

Et merci plus particulièrement à Cap'tain Rily, Mordax6, Sunny angel, My-Doctor-Who et Cathyouchka d'avoir suivit cette histoire depuis le début et principalement d'avoir laissé une review à chaque chapitre. Chaque review que vous avez posté m'ont beaucoup touché. Maintenant, je vais tâcher d'écrire une suite digne, à la hauteur de celle-ci... Je file me mettre au travail...

Allez à très bientôt... Et encore merci du fond du coeur d'avoir suivit cette fanfiction.


Epilogue

Système solaire, Terre, Londres, 2008

Léonard O'Brien sirotait son whisky pur malt, confortablement installé au comptoir d'un bar. La télévision, au-dessus des rangées de verres estampillés des logos de différentes marques de bières, éclairait de sa lumière pâle le barman. Celui-ci remplissait une chope de bière, puis la servit à un client avec un sourire tout ce qu'il y avait de plus stérile, avant de reprendre son torchon -déposé sur son épaule- pour astiquer le énième verre de sa journée.

Que le Londres de cette époque était devenu ennuyeux, pensa Léonard. Depuis quelques temps rien n'avait troublé sa quiétude. Rien. Mais absolument rien depuis qu'un vaisseau de croisière avait fait trembler le palais de la Reine Mère. L'univers, comme s'il retenait son souffle, semblait se préparer à quelque chose. Léonard le sentait, rien qu'à ce frisson délicieux qui lui parcourait son échine. L'Univers était en transition. Un changement s'amorçait. Léonard leva son verre, trinqua à la santé de ce cher univers et fit cul sec avant de faire signe au barman de lui en servir un autre.

Léonard O'Brien avait tout à fait la tête de son prénom et principalement du patronyme qui lui était collé à sa suite. Tout en lui démontrait qu'il venait d'une grande et très vieille famille riche – d'un argent acquis de façon suspecte et bénéficiant de la prescription depuis des siècles. Blond, d'une carrure impressionnante, raie impeccable et surtout du bon côté, pas un cheveu de travers, il était le profil d'une beauté patricienne. Une parfaite gravure de mode. Un bon parti à première vue. Sans doute un peu trop parfait. Oui parce qu'il y avait un hic, une bizarrerie, une anomalie, qui s'était glissé dans son patrimoine génétique. Bien qu'il ait été élevé comme ses pairs, reçu la meilleure éducation qu'il soit, celle d'une gamin gâté juste par le fait qu'il soit né dans une bonne famille, Léonard avait pris l'opposé du chemin tout tracé auquel il était prédestiné. Il n'était même pas le rejeton qui avait mal tourné, puisque sa « chère » famille l'avait tout simplement effacé de son arbre généalogique comme s'il n'avait jamais existé pour elle. Il n'y voyait aucun inconvénient, que des avantages à cette situation. La carrière dans laquelle il excellait faisait carrément tâche dans la biographie de la famille O'Brien. La dite famille qui avait eu bien du mal à se racheter aux yeux de la bonne société, à cause d'une de ses cousines.

Un homme s'installa silencieusement sur le tabouret aux côtés de Léonard. Le barman en train de verser une nouvelle rasade de whisky demanda en bougonnant ce que le monsieur voulait.

- Un banana daiquiri, lui répondit-il.

Léonard jeta un coup d'œil rapide sur l'inconnu, tout en enregistrant chaque détail. L'homme portait un long manteau brun, ses cheveux étaient soigneusement décoiffés, la télévision se reflétait sur les carreaux de ses lunettes à montures noires. Un coude nonchalamment posé sur le comptoir et le menton dans sa paume, il regardait d'un air absent le flot d'images qui défilait sous ses yeux. Il se redressa subitement quand le barman vient lui servir son cocktail. Il porta le verre à ses lèvres et en but une gorgée avant de pousser un soupir de contentement. Puis, il passa une main à l'intérieur de son manteau et Léonard nota qu'il portait un costume. Il sortit un papier qui semblait froissé, usé mais pas déchiré et le déplia avec beaucoup de soin. C'était apparemment une photographie puisque Léonard n'entrevit qu'une vague silhouette d'une jeune femme blonde avant que l'homme ne la cache à son regard. Il l'observa durant un moment, les yeux dans le vague mais emplit d'une tendresse toute particulière avant de la ranger. Et Léonard se remit dans la contemplation de son liquide d'une envoûtante et belle couleur caramel. Un commentateur sportif se mit à brailler à la télévision. Le barman déposa le verre qu'il avait mis tant de soin à astiquer sur une étagère avant de recommencer son étrange rituel. Un gars à l'autre bout du comptoir fit partager généreusement sa haine contre l'arbitre du match de football.

Léonard se mit à soupirer. Encore une énième journée ennuyeuse à Londres. Mais où étaient donc passé tous les problèmes que cette ville attirait ? Il regrettait amèrement l'époque où les extra-terrestres débarquaient pour envahir la planète ou afin de la détruire pour la vendre morceau par morceau. Avec allégresse, il se rappelait qu'en tant que simple spectateur, il avait observé les Daleks et les Cybermen se frotter les uns contre les autres avant qu'ils ne deviennent une étrange association de malfaiteurs. Léonard était sur la Terre ce jour là. Ce jour où le cœur même de l'Univers s'était arrêté de battre l'espace d'un instant avant de se mettre en deuil. Depuis ce jour-là, l'Univers n'était plus vraiment le même. Il semblait à avoir de plus en plus de mal à cicatriser ses plaies. Un peu comme si finalement, ce qui lui avait été arraché brutalement lui était nécessaire pour son équilibre. Léonard haussa des épaules, ce n'était pas vraiment ses affaires. L'Univers pouvait bien tomber en lambeaux qu'il s'en moquait éperdument. Du moins tant que cela ne dérangeait pas les affaires de sa petite entreprise artisanale.

- Il est difficile de vous trouvez Léonard O'Brien, émit soudainement l'homme au trench-coat.

Léonard sourit alors que l'inconnu buvait une nouvelle gorgée de son daiquiri.

- Apparemment pas assez puisque vous êtes là, répondit-il. Alors comme ça, vous avez réussi à passer le barrage de mon associée. Mes félicitations... Très peu de personnes ont réussi cet exploit.

- Il est vrai que se frotter à votre associée s'avère être dangereux. Une vraie beauté empoisonnée et aux épines bien acérées.

Le sourire de O'Brien s'élargit jusqu'à ses oreilles. Il est vrai qu'il était fier de sa partenaire. Il l'avait pris sous son aile et tout appris du métier. Au moins, elle lui était reconnaissante de ce qu'il avait fait pour elle et était d'une loyauté sans faille. Pas comme l'autre. Son poulain sur lequel, il avait placé beaucoup d'espoir. Et qui avait disparu sans laisser aucune trace. D'un autre côté, cela avait toujours été un escroc dans l'âme. Alors sa trahison n'avait pas réellement surpris Léonard. Mais, il en ressentait comme un certain goût amer.

- Si vous tenez à votre survie, ne tenez jamais ses propos face à elle. Une beauté certes, mais a qui parfois des manières quelques peu brutales.

- Effectivement, c'est ce que j'ai pu entrevoir tout à l'heure.

- Mon associée a dû vous faire comprendre que je ne traitais jamais directement avec les clients. Je lui laisse tous les problèmes administratifs et toutes les transactions à ses bons soins.

L'homme acquiesça de la tête et se mit à tourner le verre entre ses doigts.

- Sauf que là, c'est un cas particulier. Je voulais être vraiment sûr que vous soyez la bonne personne pour le travail que je m'apprête à vous proposer.

La curiosité de Léonard venait d'être piquée au vif. Il savait pertinemment que sa fidèle partenaire n'aurait jamais laissé cet homme venir jusqu'à lui. Elle était une muraille infranchissable. L'homme était là car elle l'avait voulu. Elle avait compris que les négociations pour ce travail que l'inconnu voulait lui confier ne pouvaient être discutées qu'en sa présence. Hors, il y avait très peu de propositions pour lesquelles, il vendrait son âme au diable. Cependant, il resta impassible et se contenta d'un simple haussement d'épaule pour inciter son voisin de comptoir à poursuivre.

- Les rumeurs, ajouta l'homme, disent que vous êtes le meilleur...

- Le meilleur... Répondit Léonard par une moue désabusée... Tout dépend du domaine auquel vous faites allusions.

- Je n'en doute pas. Votre réputation vous précède mais je m'intéresse qu'à un seul de vos domaines. Celui de votre prédilection selon vos faits d'armes.

Léonard, les dents éclatantes d'une blancheur immaculée, se tourna vers son voisin de comptoir et accessoirement futur client de sa petite entreprise.

- Vous me plaisez de plus en plus, Monsieur... Désolé mais votre nom m'a échappé.

L'homme secoua la tête négativement.

- Chose tout à fait compréhensible puisque je ne vous ai pas dévoilé mon identité. Mais vous m'auriez reconnu si je ne brouillais pas votre vision par un filtre de perception. Je ne suis qu'une impression fugace dans votre esprit. Vous savez qui je suis sauf que vous ne parviendrez jamais à vous en souvenir.

Léonard ne se formalisa pas d'une telle précaution. Il avait déjà vu beaucoup plus étrange. Et puis, les clients de sa petite entreprise aimaient la discrétion. Il est vrai qu'on ne le criait, pas non plus à tout l'Univers, lorsqu'on faisait appel à ses services. Et O'Brien avouait volontiers qu'il aimait le caractère confidentiel de ses affaires.

- Très bien Monsieur. Alors que me vaut votre petite visite ?

- Un contrat dont vous êtes le seul dans cet Univers à pouvoir exécuter.

- Un travail donc dans mon domaine de prédilection...

L'inconnu se tourna brusquement vers lui alors qu'il n'avait pas bougé de sa position -face au comptoir- depuis le début de leur conversation.

- Et en même temps un défi de taille que vous avez toujours voulu relever selon les nombreuses rumeurs qui circulent à votre sujet.

- Seriez-vous en train de me séduire ? Lança Léonard d'une voix langoureuse.

L'homme lâcha un éclat de rire qui faisait écho à une certaine tristesse.

- En quelque sorte. Mais ce serait plutôt afin de vous appâter pour que vous ne puissiez pas refuser ma proposition.

Léonard fit un mouvement du menton avant de joindre ses mains, phalanges vers le haut. Geste très aristocratique comme ancestral que des générations de O'Brien s'étaient appliqués avec méthode à transmettre à leur progéniture.

- Parlez-moi donc de ce fameux travail que vous voulez me confier ?

Les lèvres de l'homme s'étirèrent en un mince trait qui semblait ressembler à un maigre sourire. Il se passa une main dans les cheveux puis renifla. Quelque chose semblait le retenir mais une nouvelle gorgée de son cocktail sembla lui délier la langue.

- Je veux que vous me capturiez une personne bien précise. J'ai besoin d'elle pour un projet mais je doute fort qu'elle soit consentante pour y participer de son plein grès.

Le chasseur de primes qu'il était se réveillait en lui. Léonard avait ainsi choisi, au plus grand malheur de sa famille, une variante à la carrière de criminel. Celle des bas-fonds de la société qui vous salissait les mains et non celle de la sphère financière qui vous laissait les ongles propres et bien manucurés. Léonard sentit le frisson de la chasse lui parcourir les entrailles. Il aimait cette sensation. Il ne vivait que pour ça. Que pour l'excitation que ce jeu lui procurait. La conversation devenait de plus en plus intéressante. Surtout si l'inconnu ne lui mentait pas sur la nature du défi qui l'attendait.

- Mais cela devra se faire sous certaines conditions, poursuivit le mystérieux client.

- Je suis toute ouïe, sourit Léonard de toutes ses dents.

L'homme passa sa main dans une des poches de son manteau brun. Puis, il déposa une photographie sur le comptoir et la fit glisser vers O'Brien. Le visage de celui-ci s'illumina d'un sourire carnassier à la vue de cet homme sur le cliché, grand, svelte, et les cheveux bruns indisciplinés. Ça, c'était un travail qu'il ne pouvait en aucun cas refuser. Il en avait rêvé de toute sa carrière de chasseur de primes. Le Saint Graal de sa profession.

Un défi à sa mesure : le dernier Seigneur du Temps.