All the way from Hell

AU, Post HBP : Dumbledore est mort tué par Snape, qui s'apprête à prendre le poste de directeur.

31 juillet 1997, au Terrier.

Harry se tournait et se retournait dans son lit, incapable de fermer l'œil. Un rapide coup d'œil à la vieille montre en plastique qui ornait son poignet lui appris qu'il ne restait plus que quelques minutes avant minuit. Quelques minutes et il aurait dix sept ans, l'âge de la majorité dans le monde des sorciers.

Une bonne chose, somme toute, que les ronflements de Ron et la chaleur de l'été l'aient empêchés de dormir. Il avait après tout une tradition à respecter. Lentement, il tenta de s'extirper des draps sans réveiller son ami… une tentative qui échoua dès qu'il posa un pied sur le plancher grinçant, qui émit un bruit sinistre sous son poids.

Les ronflements de Ron s'arrêtèrent net et il tourna vers Harry son visage endormi.

« Tu sors ? »

« Je vais prendre l'air, » le rassura Harry. « Rendors-toi. »

« OK, » murmura le rouquin. « Ne tarde pas trop quand même. Longue journée demain. Ton anniversaire, le mariage, tout ça… »

Ron c'était rendormi avant d'avoir fini sa phrase et Harry ne put s'empêcher de sourire en se glissant dans le couloir. Les frères Weasley avaient tous une chose en commun : ils étaient capable de dormir n'importe où, n'importe comment, et en toutes circonstances.

Il réussi à franchir sans encombre le reste de la maison à la lumière de la lune et se retrouva avec soulagement dans le jardin, déjà prêt pour le mariage de Billet et de Fleur qui devait avoir lieu deux jours plus tard. La maison était en effervescence ces jours-ci, lui laissant presque le temps d'oublier ce qu'il s'apprêtait à faire à peine le mariage fini… partir loin d'ici, chasser les horcruxes, emmenant avec lui ses deux meilleurs amis. Comme le lui avait demandé Dumbledore.

Il n'était toujours pas convaincu que sa décision soit la bonne, mais tous deux avaient semblés si sûrs d'eux-mêmes et de lui… alors qu'ils n'avaient pas la moindre idée de ce qui les attendaient. Dumbledore avait eu le temps de lui dire si peu de choses…

Le vent frais le rafraîchissait agréablement et marcher dans l'herbe était plus apaisant qu'il ne l'aurait cru. Tranquillement, il marcha jusqu'à la limite du jardin et des barrières de protections, s'adossant au grand chêne qui marquait la limite de la propriété.

Plus que quelques secondes avant minuit… 9…8 … 7… 6… 5… 4…3… 2… 1…

CRAC !

Avant même d'avoir pu murmurer le traditionnel 'bon anniversaire', Harry fit un bond en arrière, sa main trouvant automatiquement sa baguette. Il connaissait trop bien ce bruit : quelqu'un venait de transplaner, ici, au Terrier, au milieu de la nuit !

Tremblant légèrement, il pointa nerveusement sa baguette sur la silhouette qu'il pouvait distinguer à quelques mètres seulement de lui.

Qui que ce soit, c'était visiblement quelqu'un de peu habitué au transplanage, songea-t-il, car il était aussitôt tombé à genoux avec un grognement. Et il ne semblait pas vouloir se relever…

Tous ses sens en alerte, Harry fit un pas en avant. C'était un homme, d'après la voix, entièrement vêtu de noir, mince… la tête baissée l'empêchait de distinguer les traits, mais les cheveux mi longs et graisseux, la silhouette longue et fine, les vêtements lui étaient suffisamment familiers… il recula d'un bond, laissant échapper un grognement furieux : Snape !

Au Terrier, les lumières s'étaient allumés et Harry pouvait entendre les cris de M. Weasley et de ses fils, probablement à sa recherche. Mais il était incapable d'y prêter attention pour l'instant, son esprit tout entier accaparé par la haine que lui inspirait l'homme agenouillé devant lui.

« Vous ! Sale traître ! Comment avez-vous osé ? » siffla-t-il. « Comment êtes vous entré ici ? C'est lui qui vous a envoyé, pas vrai, Voldemort ? Vous croyez peut-être que je vais vous faciliter la tache ! Vous n'avez pas la moindre idée… »

« Harry ! Harry, éloigne toi ! »

La voix d'Arthur Weasley le tira de sa transe. Derrière lui, la horde des frères Weasley, baguette au poing, avait surgis de la maison à son secours. Harry ne fit pas un pas pour s'éloigner, et garda sa baguette soigneusement braquée sur l'intrus. A la façon dont Snape se tenait, courbé et immobile, il était probable qu'il était blessé, de toute façon.

« Qui va-la ? » demanda M. Weasley d'une voix de stentor en rejoignant Harry. Un lumos dirigé vers le visage du professeur eut vite fait de le renseigner. « Vous ! »

Autour d'eux, l'ensemble des fils Weasley forma un cercle menaçant, baguettes pointées sur l'homme en noir qui ne semblait pas faire mine de bouger.

« Comment êtes-vous entré ici ? » demanda Arthur, furieux. « Les barrières sont réglées pour ne laisser passer que les gens de l'Ordre, et je doute que vous vous targuiez encore d'en faire parti, espèce de traître ! »

Autour d'eux, des commentaires encore moins flatteurs fusèrent à l'encontre du professeur.

Enfin, celui-ci leva la tête, lentement, comme si le geste lui demandait toute la force de sa volonté. Faisant fi d'Arthur et de ses enfants, il plongea son regard noir dans celui d'Harry.

« Maître, je suis venu aujourd'hui me présenter à vous comme votre fidèle serviteur. Vos droits sur moi sont inaliénables, je vous appartiens corps et âme, et je vous supplie d'accepter ma servitude, » fit-il d'une voix lente et rauque, sans expression, son visage impassible sous la lune.

Abasourdi, Harry grimaça et fit un pas en arrière.

« De quoi… qu'est-ce qu'il raconte ? » fit-il avec dégoût en se tournant vers M. Weasley.

Même à la pâle lueur des étoiles, il put voir que l'homme avait mortellement blêmi.

« Merlin… » pendant un instant, Arthur resta sans voix, le regard fixé sur l'homme agenouillé dans l'herbe. « Il est… vous êtes… ce n'est pas possible ! »

Sans un mot, Snape retroussa ses manches et présenta ses poignets nus à Harry en réponse. Nus, mais pas tout à fait, constata celui-ci… deux tatouages identiques entouraient les poignets fins en un motif étrange, rouge sang, qui semblait presque briller tant ils ressortaient sur la peau blanche.

« Merlin, » répéta M. Weasley, « c'est horrible… Harry, tu dois… Merlin, j'ignorais que… »

Visiblement incapable de trouver les mots justes, le sorcier baissa sa baguette et grogna. Autour d'eux, une partie des frères Weasley émirent un murmure de protestation devant cette subite démonstration de confiance.

Ce fut cet instant que choisi Molly Weasley pour surgir en courant, baguette à la main.

« Arthur, que se passe t il ? J'ai prévenu l'Ordre, ils ne vont pas tarder ! »

« Molly, retourne à la maison, » fit Arthur d'une voix ferme qu'Harry ne lui connaissait pas. Elle n'empêcha cependant pas la petite sorcière replète de s'approcher de la silhouette agenouillée dans son jardin.

« Qui… Severus Snape ! » siffla t elle, sans chercher à contenir sa fureur. « Comment osez-vous… »

« Molly, ça suffit, la situation est compliquée, » l'interrompit Arthur en la prenant par les épaules. « Severus devait venir, il n'a pas eu le choix. »

« Je ne comprends pas, » commença Harry, que le silence et l'immobilité de Snape rendaient tout aussi nerveux que l'attitude du père de Ron. « Qu'est-ce qu'il a dit ? Pourquoi est-ce qu'il est là ? Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux le ligoter ou quelque chose ? Lui prendre sa baguette, pour commencer ! »

M. Weasley ouvrit la bouche, mais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, Snape avait trouvé sa baguette dans ses robes et l'avait déposé sur l'herbe aux pieds d'Harry, stupéfait.

La lumière pâle de la lune joua sur les étranges motifs que Snape portait aux poignets et Harry entendit Mme Weasley glapir avant de se rapprocher subitement de son mari.

« Arthur… ! »

« Nous sommes le 31 juillet, Molly, Harry a dix sept ans. » Puis, se tournant vers Harry : « Bon anniversaire, mon garçon. »

Mais à son ton, Harry pouvait sentir que cet anniversaire s'annonçait sous de mauvais auspices. Un coup d'œil au cercle que formait les frères Weasley lui appris que Bill et Charlie avaient tous deux également abaissés leurs baguettes et contemplaient Snape d'un air pensif. Fred, Georges et Ron, en revanche, continuaient de braquer leur ancien professeur de potions tout en observant leurs parents d'un air inquiet et interrogatif.

« Il doit le faire, papa, » fit enfin Bill. « Explique-lui. »

Arthur Weasley s'agita un instant, tentant visiblement de trouver un moyen d'exposer les choses, avant de se tourner vers Harry.

« Mon garçon, tu as conscience d'être enfin majeur dans le monde des sorciers, n'est ce pas ? Depuis quelques minutes maintenant, » commença-t-il maladroitement. Harry hocha la tête, intrigué. Où voulait-il en venir ?

« Eh bien, il s'agit là d'un événement inattendu, qui va de paire avec ton nouveau statut d'adulte… » il fit une pause, prenant une grande inspiration. Ce fut une voix grave et glacée qui prit sa suite, faisant sursauter l'audience. Snape, de toute évidence, avait décidé de prendre les choses en main.

« Vous venez, monsieur Potter, d'entrer en possession d'une partie de votre héritage, » commenta-t-il en fixant le garçon des yeux. « Si, du moins, vous l'acceptez. »

« Je ne comprends pas… » se débattit Harry.

« C'est pourtant simple, » reprit Snape sans toutefois aucune note de son ancienne impatience en tant que professeur. « J'appartenais à vos parents. Après leur mort, un esclave ne pouvant appartenir à un mineur, l'autorité sur ma personne a été transférée à Albus Dumbledore, comme le stipulait le testament des Potter. Etant à présent majeur, il vous revient de décider si vous acceptez ou non de réclamer vos droits sur ma personne. »

Quatre hoquets de surprise accueillirent cette déclaration.

« Vous êtes… vous êtes… » bégaya Harry, incapable de laisser le mot franchir ses lèvres.

« Un esclave, » compléta Snape pour lui. « A votre service. »

S'il y avait une pointe d'ironie dans la phrase, elle fut noyée par la résignation qui se lisait à présent sur le visage du sorcier.

« Non ! » s'écria soudain Harry. « Non, c'est hors de question ! Je refuse ! »

La visage de Snape se crispa légèrement, mais ce furent Arthur et Molly Weasley qui bondirent vers l'adolescent.

« Harry, non, tu ne peux pas décider comme cela ! Réfléchis un instant ! » fit M. Weasley, visiblement proche de la panique.

« Vous plaisantez, après ce qu'il a fait à Dumbledore ? » S'écria Harry, avant de soudain réaliser. « Oh. Si je le prends, alors Voldemort ne pourra plus se servir de lui, pas vrai ? »

« Oui, Harry, c'est exact, mais ce n'est pas tout à fait le centre de la question… » fit Arthur qui transpirait malgré le vent frais.

« Il me semble bien que si, » répondit Harry avec agacement en se tournant vers Snape. « Quoi d'autre ? Qu'est-ce que vous allez faire, si je refuse ? Retourner directement le voir, devenir directeur de Poudlard et torturer les élèves, hein ? » cracha-t-il.

Mais Severus Snape resta impassible tandis qu'il répondait.

« Si vous refusez ma servitude, M. Potter, je n'irai nulle part. Je mourai. »


Comme vous l'aurez compris sans doute arrivé là, cette fic ne sera pas fluff ( en tout cas pas avant un looong moment si jamais ), mais particulièrement angst et cruelle. Vous y trouverez des clichés provenant de toutes les slave fics que j'ai pu lire, et en particulier sans doute Better Angels, ma préférée, mais je vais tout de même tenter de vous faire quelque chose de pas trop 'déja vu' !

En espérant que vous apprécierez quand meme ;-)