Voici une fic qui au départ était un One Shot. Composée de 4 parties, elle traite de la relation torturée entre House et Cuddy.

Beaucoup écrivaient des fanfics en se focalisant sur la promo de Joy.
J'ai voulu faire comme si je ne savais rien de tout ça mais qu'il y aurait ce fameux baiser.
Cette One shot se situe donc juste après le final (huddy) de l'épisode 5 de la saison 5

Les musiques proposées sont choisie avec minuties et aident à planter l'ambiance. Je vous les conseille donc vivement.

Bonne lecture. ^^ (Vos avis comptent bien sûr)

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A lire avec : Annie Lennox - Dark Road

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Ses pas glissèrent sur l'asphalte tandis que son esprit s'extirpait de son corps.
Poussé par l'angoisse qui l'étreignait depuis qu'il avait quitté le magasin, House se trainait sur le trottoir, tel une âme en peine... Errant sans but.
Il avait l'impression de flotter... Seule sa canne claquait avec obstination sur le sol grisâtre, comme pour lui rappeler sa condition d'homme et sa faiblesse.
Il faisait nuit et ses lunettes de soleil assombrissaient un peu plus sa vue à chaque pas... Ou était-ce les larmes qui s'évertuaient à le rendre aveugle...
Il secoua la tête, préférant ignorer le goût de cette eau impétueuse qui s'écrasait sur ses lèvres.
Il savait qu'il se dirigeait vers sa maison, qu'il ne prendrait pas son véhicule et qu'il marcherait jusqu'à tomber d'épuisement.
Par contre, le pourquoi le taraudait.
Il marqua un temps d'arrêt.
Pourquoi?
Pourquoi avoir réagit ainsi face à tant de bonheur apparent...
Pourquoi avoir ressentit cette douleur à la poitrine...
Pourquoi s'être sentit complètement vide et tiré en arrière...
D'un geste rageur il retira ses lunettes et sécha ses larmes.
Et pourquoi pleurait-il?!
Il n'y avait aucune raison... Aucune...
Ou presque...

Cuddy retira les mains de ses poches et jeta un coup d'œil au berceau, essayant en vain de se concentrer sur le bois vernis plutôt que sur l'homme qui venait de passer ces portes... Plutôt que sur ce visage... Cette expression...
Elle sentit une boule lui monter à la gorge.
A ses côtés, Wilson semblait porter une grande attention à l'architecture du magasin. Se balançant légèrement sur ses talons, il semblait absorbé par des pensées bien compliquées... Les rides sur son front témoignant de leur complexité.
Elle se doutait bien du contenu de ces réflexions. Comme elle se doutait bien de la raison d'une telle réaction... Ou pas.
Elle n'osait imaginer avoir raison...
Mieux valait feindre l'ignorance...
Un bruit mat tapant sur les carreaux l'extirpa de ses pensées.
Elle redressa la tête et vit des trombes d'eau tomber du ciel.
Pourquoi diable devait-il pleuvoir à cet instant?!
Elle poussa un soupir. Ce qui lui valu un coup d'œil de la part de l'oncologue.
Elle tourna la tête vers lui puis se figea.
Il avait ce regard insistant qui exprimait avec force une demande silencieuse... Si évidente.
Que faisait-elle encore là?
Elle hocha la tête d'un imperceptible geste et quitta le magasin.
Elle devait savoir pourquoi House avait réagit ainsi... Et pour ça, elle devait lui parler...
Parler lui permettrait de comprendre...
Ou presque...

Ne faisant cas de la pluie battante, House traversa la rue.
Il n'avait plus ni lunettes, ni canne... Chacune ayant été délestée un peu plus tôt.
La douleur avait fait place à l'engourdissement... Sûrement provoqué par les six comprimés de vicodine qu'il avait avalé peu de temps après s'être allégé de ses poids...
Il avait lâcher sa canne pour pouvoir sentir la douleur... Afin de pouvoir se chercher une excuse... Afin de pouvoir se trouver une bonne raison de pleurer.
Mais très vite, le besoin de se soulager avait fait surface, puis le besoin de quitter la réalité s'était imposé à lui... Et seule sa vicodine pouvait lui procurer se sentiment d'évasion.
Seule sa vicodine pouvait lui procurer... Du plaisir...
Alors pourquoi n'en ressentir aucun? Il venait de vider sa boîte de comprimés mais ne ressentait rien... Juste cette sensation d'engourdissement qui gagnait petit à petit son corps, l'enveloppant d'un voile insaisissable... D'un voile qui entravait de plus en plus ses mouvements.
Il s'arrêta de marcher et observa d'un œil éteint l'herbe ras du parc qu'il venait de rejoindre.
La pluie s'arrêta. Il s'ébroua, retira ses chaussures et fit un pas... Qui ne le mena nulle part.
Il s'écroula et percuta le sol avec violence. Les herbes se plièrent sous son poids tandis que l'eau, extirpée par le choc éclaboussait les alentours.
Un splash retentissant résonna, un os craqua et des pneus crissèrent...
Le visage de House épousa le sol et ses larmes s'unirent aux pleurs des ronces qui lui lacérèrent la peau.
Une portière claqua tandis qu'un rire mêlé à des sanglots franchissait irrésistiblement les lèvres du diagnosticien.

Cuddy perdit ses talons dans sa course. Elle manqua de glisser plusieurs fois mais tint bon, ne quittant plus le corps de l'homme qu'elle avait vu sortir du magasin avec empressement.
En sortant, elle avait vu sa moto mais aucun signe de lui aux alentours. Son cœur s'était emballé à l'idée qu'il soit en train de marcher jusqu'à chez lui... Alors que son domicile était si éloigné...
Comment en était-elle venu à cette conclusion?
Sûrement parce qu'elle le savait perdu... Elle le connaissait...
Ou presque...
Si elle l'avait vraiment connu... Elle ne serait pas en train de chercher réponse à ses questions muettes. Elle n'essayerait pas de comprendre sa réaction à l'annonce de l'adoption...
Elle avait démarré la voiture et était partit en trombe. Peu de temps après, elle le vit au loin, dodelinant de la tête, traversant la rue sans prêter attention à la circulation.
Son cœur s'était alors serré et des larmes avaient perlé au coin de son œil droit.
Puis elle le vit tomber et son sang se glaça.
D'un violent coup de volant elle avait fait déraper sa voiture sur le sol glissant et s'était arrêté sur la bord de la route.
A présent, elle courait jusqu'à lui, faisant fi des épines qui lui rentraient dans les pieds.
Elle le haïssait...
Elle le haïssait d'avoir réduit le plus beau jour de sa vie à un sentiment de frustration.
A cause de lui, ses larmes de joie laissaient place à des larmes de détresse et de colère.
Elle lui en voulait...
Ou presque...

Elle se laissa tomber à ses côtés et le tourna sur le dos. Il avait les yeux clos et respirait avec difficulté. Elle lui prit son pouls et constata avec horreur qu'il ralentissait.
Après avoir appelé les secours, elle se pencha vers lui et tint sa tête entre ses mains tremblantes.
_ House... Pourquoi? souffla-t-elle.
Il leva une paupière et croisa un regard embué de larmes. Il ouvrit la bouche puis repartit...
_ Vous auriez dû être heureux comme je l'étais... Pourquoi?
Elle le redressa un peu plus et cala sa tête contre sa poitrine.
_ Vous êtes un idiot...
Elle baissa les yeux vers lui et détailla les traits de son visage.
Juste du bout des lèvres...
Juste du bout des lèvres, elle voulait goûter au sucre de sa vie avant qu'elle ne s'éteigne.
Une sirène s'éleva dans les airs.
Elle se pencha un peu plus vers lui et pressa des lèvres hésitantes sur les siennes.
Elle ne chercha pas à comprendre son geste, s'appliquant uniquement à lui transmettre toutes ses émotions à travers ce baiser qui ne recevrait aucune réponse...

S'il avait été conscient, il aurait su combien elle l'aimait...
Ou presque...

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TBC...