Encore une fois, bonjour. Voici une nouvelle histoire (oui, oui, encore, je sais). Je suis actuellement dans une phase Star Wars très marquée (la faute de mon copain qui ne fais que en parler) et j'ai eu envie de faire un petit crossover. Tout petit, parce que franchemet, il n'a d'Harry Potter que le nom. Et encore...

Résumé un peu plus long : Des jumeaux sont nés du couple Potter, mais après le 31 octobre, James n'est plus du tout comme sa femme le pensait. Le jour où il frappe leur fille, elle s'enfuit, mais trouve la mort peu de temps après. La petite fille est alors élevée par son oncle et sa tante, puis envoyée en itnernant alors que l'on se rend compte qu'elle a des capacités extraordinaires.

Je n'annonce pas comment entre Star Wars. Ca ne serait pas drôle. A ce propos, j'ai essayé de faire l'histoire compréhensible par tout le monde, même ceux qui n'avaient vu que les films, mais je crains que ma connaissance de l'univers étendu ne m'ai parfois un peu emportée. L'histoire se déroule une vingtaine d'années avant le premier film (La Menace Fantôme). Si malgré tout il restait des choses incompréhensibles, n'hésitez pas à demander.

DICLAIMER : Les personnages de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les personnages de Star Wars appartiennent à George Lucas et à tous les auteurs de l'univers étendu. Seule Meliane Evans et l'histoire sont à moi, et je ne touche aucun argent dessus.



La maison de Godric Hollow était silencieuse, et James et Lily Potter étaient installés dans le canapé du rez-de-chaussée. Leurs deux enfants dormaient à l'étage, ne sentant probablement pas les soucis qu'avaient leurs parents.

Lily Potter se leva, faisant quelques aller-retours dans la pièce, angoissée. Elle se sentait mal, très mal. Son mari lui jeta un regard exaspéré, mais ne dit rien. La tension montait entre eux depuis plusieurs jours, mais Lily avait mis cela sur le compte de leur enfermement – pour leur propre sécurité, d'après Albus Dumbledore. Sous prétexte que leur fils était l'un des élus probables d'une prophétie, prophétie qu'elle avait eu des plus grandes difficultés à entendre. A ce jour, elle n'avait connaissance que du début, et savait juste que cela parlait d'un enfant né au mois de juillet. Cela était bien maigre pour désigner son fils, lui semblait-il. Et pourquoi pas sa fille, d'abord ? Mais non, le grand Albus Dumbledore avait décrété que cela parlait probablement d'Awel Potter. Il avait essayé de la convaincre de confié Meliane à son oncle et sa tante, mais Lily avait refusé tout net. Sa fille restait avec elle, point.

"Je vais les voir" annonça-t-elle doucement.

Son mari ne répondit rien. Pourtant, alors qu'elle passait dans le hall d'entrée pour accéder à l'escalier, la porte s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître l'ennemi qu'ils combattaient depuis plusieurs années maintenant, Lord Voldemort. Sa baguette jaillit dans sa main et elle cria le plus puissant sortilège de bannissement qu'elle connaissait, oubliant dans sa panique que Voldemort n'était pas un esprit, mais un être de chaire et d'os. Le mage noir pâlit légèrement et sembla vaciller, mais leva à son tour sa baguette. Lily s'effondra contre le mur, entendant à peine le cri de colère de son mari. La suite ne fut plus qu'un écran noir parsemé de bruits vagues, puis le silence absolu.

Lorsqu'elle reprit conscience, Lily crut tout d'abord qu'elle était morte. Puis elle prit conscience qu'elle était allongée dans un lit aux draps blancs. Quelques secondes après qu'elle eut refermé les yeux sous la lumière trop vive, un rideau fut tiré.

"Vous pouvez ouvrir les yeux, Mrs Potter" fit la voix de l'infirmière de Poudlard.

La jeune femme s'exécuta, la lumière étant bien plus tolérable maintenant.

"Mel ? Awel ?" demanda-t-elle tout doucement.

"Ils vont bien" répondit Pompom d'une voix rassurante. "Vous aussi, par chance. Je ne sais pas quel sort vous avez envoyé à Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais le sort qu'il vous a renvoyé n'était pas très puissant. Vous avez juste été assommée."

"Que s'est-il passé ?" demanda-t-elle difficilement, se redressant sur son lit.

Le visage de Pompom se fit plus grave.

"Je ne sais pas exactement" fit-elle à contrecœur. "Mais le Lord Noir est mort... grâce à Awel."

"Pardon ?" répéta-t-elle, le cerveau encore embrumé.

"Il est directement monté à l'étage" expliqua Pompom. "Là, il a visé Awel en premier, et lui a lancé un Avada."

Elle fit un sourire rassurant devant l'air paniqué de Lily.

"Il va bien" continua-t-elle d'un air apaisant. "Je ne sais pas comment, mais Awel a renvoyé le sort. Le Lord n'a pas survécu..."

"Je veux les voir" fit Lily, morte d'inquiétude. "Et Meliane ?"

"Aucune idée" fit Pompom. "Elle dort toujours, alors qu'Awel est réveillé depuis deux jours."

"Deux jours ?" répéta Lily, incrédule.

"Vous dormez depuis trois jours" indiqua Pompom. "Je vais chercher Awel. Il est le sauveur du monde sorcier, après tout."

Et, sans savoir pourquoi, Lily se mit à haïr la phrase que venait de prononcer innocemment l'infirmière.

Lily était plus qu'énervée, et cela se ressentait dans ses gestes. Meliane se recroquevilla légèrement devant elle et elle lui fit aussitôt un sourire rassurant.

"Ne t'inquiètes pas, Mel, je vais m'occuper de toi" fit-elle d'une voix apaisante.

"Papa a dit qu'il ne fallait pas me soigner" fit Mel d'une petite voix.

"Papa dit des bêtises, et il n'avait pas à te frapper" fit Lily d'une voix grondante. "Il n'a pas intérêt à le refaire une seule fois. Et si tu me racontais tout, maintenant ?"

Meliane tremblait doucement et Lily releva son visage, prononçant un petit sort de soin pour guérir le beau bleu sur la joue de sa fille. Pourtant, bien que la marque ait disparut, elle se sentait encore en colère. Peu importait pourquoi, James n'avait pas à toucher sa fille, certainement pas au point de lui faire un bleu. Elle était arrivée à ce moment-là et James s'était sans doute pris la gifle de sa vie. Mais Mel, déjà si timide en temps normal, du moins en présence de son père, venait de perdre beaucoup de la confiance qu'elle avait en elle.

"Mel ?" appela-t-elle tout doucement. "Ça te fait encore mal ?"

Meliane secoua la tête, les larmes aux yeux, et Lily l'attira dans une étreinte tendre.

"Tu veux me le raconter ?" demanda-t-elle tout doucement.

Elle avait emmené Mel à l'extérieur, car la petite fille s'y sentait toujours plus à l'aise que lorsqu'elle était à l'intérieur. Au fond du parc, dans une petite clairière. James n'y était sans doute jamais venu. Mel ne lui faisait plus assez confiance, ou du moins doutait trop. Elle crut un long moment que sa fille ne lui répondrait pas, mais Meliane commença soudain à parler.

"C'est Awel... il est venu me voir, il a déchiré son beau livre, celui sur le Quidditch, et après il a appelé Papa en pleurant, et il a dit que c'était moi qui l'avait fait, mais je l'avais même pas touché, mais il m'a pas écouté, et il a dit que j'étais qu'une menteuse, et que Awel avait le coeur pur, parce que c'était le sauveur, et qu'il ne mentait jamais, et j'ai protesté, et il m'a mis une.... une..."

La colère de Lily à l'encontre de son mari grandit encore un peu, mais elle apaisa pourtant sa fille comme si elle avait été parfaitement calme. Leurs relations étaient plus que tendues depuis ce sinistre jour du 31 octobre. James ne jurait que par Awel, et avait presque oublié l'existence de sa fille, ne s'en souvenant que pour la punir lorsque quelque chose arrivait.

Pourtant, elle était plus que sceptique sur la soi-disant puissance avérée d'Awel. Meliane avait fait ses premiers actes de magie accidentelle bien plus tôt que son frère, et ils ne s'étaient jamais calmés depuis. Certes, elle était l'aînée, mais cela n'aurait pas dû marquer une telle différence entre eux. Et, tout comme Awel, Meliane avait une cicatrice, bien que plus discrète. Officiellement due à un bout de plâtre tombé sur son berceau. Mais, alors que celle d'Awel s'était légèrement effacée avec le temps, celle de sa sœur restait toujours aussi vive.

Et, il fallait bien qu'elle l'avoue, peut-être préférait-elle Mel parce que, justement, son père la rejetait.

Alors qu'elle lui ressemblait énormément.

Se sentant régulièrement coupable de ne pas aimer ses enfants de la même intensité, elle avait peu à peu changé d'avis alors qu'Awel ne la voyait plus que comme une femme utile pour le servir et exaucer ses désirs. Comme son père, d'ailleurs. Or, si Lily détestait une chose, c'était l'autorité mal placée. Plus d'une fois elle avait refusé à James les étreintes qu'il demandait. Mais il insistait toujours plus et, au fond d'elle, Lily craignait que son mari ne l'aime déjà plus. La dernière fois où elle avait accepté une étreinte, il ne s'était pratiquement pas occupée d'elle, ne pensant qu'à son plaisir. Et cela avait blessé la jeune femme plus qu'elle ne voudrait jamais l'avouer.

"On va rentrer" Mel, fit-elle en continuant à bercer sa fille d'à peine six ans.

"Veux pas" fit Meliane misérablement.

"Il ne te touchera pas" fit Lily, une farouche flamme dans les yeux et sa voix vibrant. "Je te le promets, Mel."

Et l'image du divorce s'implanta encore un peu plus dans son esprit.

La tension ne diminua pas au fil des semaines dans la maison des Potter. Même les visiteurs occasionnels sentaient l'atmosphère qui se dégageait du couple Potter. Awel était le seul à sourire en permanence, son père ne lui refusait rien, quant à sa mère... elle n'avait rien à dire. Ce n'était pas son rôle, lui avait expliqué son père. Il ordonnait, elle obéissait.

Sauf que Lily Potter ne tolérait pas ce comportement. Elle était en train de lire dans la bibliothèque. il était tard, mais elle n'avait pas envie de se coucher. Pas avant que son mari ne dorme profondément. Et s'il ne voulait pas dormir, elle passerait la nuit sur le canapé. Mel pointa timidement le bout de son nez dans l'encadrement de la porte.

"Maman ?" appela-t-elle timidement.

"Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ?" demanda gentiment Lily en lui souriant. "Tu n'arrives pas à dormir ?"

Meliane secoua la tête.

"Je fais toujours le même cauchemar" fit-elle plaintivement. "J'ai essayé de faire comme tu m'as dit, mais il ne veut pas partir."

Lily reposa son livre et se leva.

"Je vais te lire une histoire" proposa-t-elle en souriant. "Comme ça tu rêveras de l'histoire."

Un sourire lumineux lui suffit comme remerciement et elle attrapa sa fille, la hissant dans ses bras sans trop de difficultés. Meliane n'avait pas énormément grossi comme son frère qui se gavait de sucreries, et était même un peu petite et frêle pour son âge.

Elles montèrent l'escalier le plus silencieusement possible et Lily coucha doucement Mel dans son lit, avant d'attirer un des livres préférés de sa petite fille d'un geste de sa baguette, fermant doucement la porte d'un autre geste. Elle commença à lire, mettant tout son talent pour imiter les voix des différents personnages et faire réellement vivre l'histoire.

Lorsqu'elle acheva la courte histoire, Mel avait les yeux fermés et respirait calmement. Souriant tendrement, Lily lui embrassa le front et se releva, éteignant la lumière de la pièce avant de la quitter. Elle voulut redescendre, mais une main intercepta son bras.

"Tu ne viens pas te coucher, Lily "? demanda James en la fixant avec des yeux brûlants.

"Je ne suis pas fatiguée pour l'instant" répondit-elle sans hésiter une seconde.

"Mais, moi, je veux que tu viennes te coucher" fit-il en raffermissant sa prise sur son poignet.

Elle n'apprécia pas du tout son ton et le lui dit d'une phrase sèche. Ses yeux se durcirent effroyablement et il saisit son deuxième bras.

"Une femme se doit de satisfaire son mari" fit-il d'une voix sèche. "Je ne t'ai donc jamais éduquée ?"

"Je ne suis pas ton chien" siffla-t-elle, "et je n'écarte pas les jambes quand tu le demandes... certainement pas quand tu es aussi brutal."

Un baiser rude la coupa et elle se débattit, reculant pour le fixer avec des yeux flamboyants.

"Ce sera non tant que tu n'auras pas changé d'attitude" fit-elle d'une voix polaire, cherchant à dégager ses poignets.

Il ne la lâcha pas et la tira brutalement en avant, la forçant à se plaquer contre son torse. Il colla ses deux poignets l'un à l'autre et referma sa main dessus, l'empêchant de les écarter. Elle voulut reculer, mais il ne la lâchait plus, passant son autre bras dans son dos en massant sauvagement ses fesses. Encore une fois, elle voulut reculer ou attraper sa baguette, mais ses poignets l'élançaient sous la poigne qui les écrasait l'un contre l'autre.

"Lâche-moi" siffla-t-elle, ne montrant rien de la peur qui commençait à l'envahir.

Il n'oserait tout de même pas ? Pourtant, il commença à l'entraîner vers leur chambre conjugal, resserrant sa prise chaque fois qu'elle tentait de se dégager. Une petite main se posa sur le bas de sa robe et la tira doucement. Ses yeux s'écarquillèrent d'effroi en voyant Mel. James était dans un tel état... il ne devait surtout pas s'apercevoir de la présence de sa fille, trop jeune pour savoir ce qu'il se passait.

"J'arrive pas à dormir" fit-elle d'une voix plaintive.

James s'arrêta net en entendant la voix et jeta un regard de pur dégoût à la petite fille, avant de la repousser d'un coup de pied.

"Va te coucher" ordonna-t-il.

La petite fille tomba à terre sous l'impact du coup et des larmes apparurent dans ses yeux verts alors qu'elle avait ses mains sur sa poitrine, là où le pied de son père l'avait frappé.

"Mel !" s'exclama Lily, avant de tenter de se dégager, beaucoup plus fort que les autre fois.

James ne parvint pas à la retenir et elle ne lui jeta pas un regard avant de se précipiter vers sa fille. Elle pleurait doucement maintenant, ses mains crispées sur sa poitrine, et sa respiration se faisait sifflante. Elle écarta délicatement les mains, avant d'ouvrir le haut du pyjama pour regarder la peau qui bleuissait à une vitesse alarmante. Une main la saisit rudement par les cheveux et elle poussa un cri de douleur alors qu'il la relevait de force.

"Tu as autre chose à faire" fit-il rudement.

Il ne tenait pas ses mains, et elle en profita pour lui mettre une gifle retentissante avant de sortir sa baguette. Pas assez rapidement, malheureusement. Et, sous son regard, elle prit véritablement peur, avant de sentir un feu sauvage monter en elle. Elle lui cracha au visage et ne laissa pas passer un gémissement alors que son dos heurtait rudement le mur et que le corps de l'homme se pressait contre le sien, commençant à la caresser d'une manière qu'elle jugea obscène, provoquant une forte nausée.

"Lâche Maman !" cria soudain une petite voix sifflante.

Il y eut un éclair de lumière et Potter vola en arrière. Lorsqu'il se releva, Mel avait un doigt brandi vers lui, comme pour un avertissement, et une aura de magie, impressionnante pour quelqu'un de son âge, voltigeait autour d'elle.

"Lâche Maman" répéta-t-elle, malgré sa respiration sifflante. "Tu lui fais mal !"

Elle ajouta autre chose, semblant emplie de colère, mais ce ne furent pas des mots qui sortirent, mais un long sifflement.

Du Fourchelangue.

Lily ne mit pas une seconde à réaliser que Mel venait de se mettre en danger de mort en utilisant la langue des serpents face à Potter. Elle se jeta vers elle alors qu'un rayon de lumière partait de la baguette de l'autre salaud, reconnaissant un sortilège de découpe. Sachant qu'elle n'aurait pas le temps de le parer, elle se contenta de se mettre sur la trajectoire. La douleur ignoble traversa sa poitrine alors qu'elle sentait la peau s'ouvrir, mais Mel éclata soudain en sanglots beaucoup plus violents, du sang coulant abondamment de son bras. Sans réfléchir une seconde de plus, ne voulant pas laisser sa fille en danger, Lily transplana, l'entraînant dans son déplacement.

Elle réapparut dans une petite banlieue tranquille, sa fille hoquetant dans ses bras, et s'effondra presque contre le battant de la porte. Difficilement, elle leva le bras et sonna avec insistance. Après quelques instants, il y eut un bruit de trottinement et la porte s'ouvrit, laissant voir une femme avec un profil presque chevalin.

"Lily ! " s'exclama-t-elle, avant de pâlir d'horreur en voyant le sang. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi tu…"

"Tu avais raison depuis le début" fit Lily d'une voix rauque, ses bras se resserrant convulsivement autour de Mel qui sanglotait violemment.

Pétunia Dursley fit entrer sa sœur, à la fois contente qu'elle s'en soit rendue compte et malheureuse en voyant son état.

"Ne bouge pas" ordonna-t-elle. "Je t'amène à l'hôpital."

Elle se précipita dans le vestibule, mettant rapidement des chaussures, puis attrapant son manteau à la hâte.

"Je vais à l'hôpital, Vernon, je ne rentrerai sans doute pas de la nuit" s'exclama-t-elle en direction du salon.

Sans attendre de réponse, elle avait saisi les clés de voiture et ressortit, faisant asseoir Lily à l'arrière, inquiète par sa pâleur de plus en plus prononcée. La petite fille dans les bras de sa sœur ne bougeait plus.

"C'est ta fille ?" demanda-t-elle en plaquant une serviette sur la poitrine de sa sœur.

"Mel" acquiesça faiblement Lily. "Je voulais te la présenter plus tôt… elle est adorable."

Pétunia hocha la tête en voyant la bouille de la petite fille, puis mit sa ceinture et démarra la voiture, avant de s'élancer sur les routes désertes à cette heure-ci, fonçant vers l'hôpital le plus proche. Alors qu'elle se garait en catastrophe devant les urgences, elle eut une soudaine crainte qu'on ne découvre de qui Lily était la femme et qu'on ne la renvoie là-bas. Se penchant une seconde sur sa sœur, elle ne mit pas longtemps à trouver la fine baguette de bois et la retira. Ainsi, personne ne saurait qu'elle était une sorcière.

Dix minutes plus tard, elle tournait nerveusement en rond. Lily et Mel avaient été aussitôt emmenées, mais elle se doutait bien que quelqu'un viendrait l'interroger. De telles blessures, pour le peu qu'elle en avait vu, ne pourraient jamais passer pour des accidents.

Pourtant, il s'écoula plus d'une heure avant qu'un médecin n'apparaisse, l'air exténué.

"Elles vont bien, et mal" anticipa-t-il en voyant son regard. "Leurs noms… ?"

"Lily… est ma sœur, et Mel est sa fille" fit Pétunia, hésitante sur ce qu'elle devait dire. "Je crois que… je ne suis pas sûre…"

"Vous soupçonnez son mari ?" coupa le médecin, visiblement décidé à avoir le fin mot de l'histoire.

Pétunia hocha la tête.

"Elle est arrivée chez moi" expliqua-t-elle. "Elle avait l'air épuisée, elle tremblait et elle regardait derrière elle… Dans ses bras, Mel pleurait et elle paraissait terrifiée… Elle m'a juste dit que j'avais raison depuis le début, c'est pour ça que je crois que c'est lui…"

Le médecin hocha gravement la tête.

"Vous ne savez rien d'autre ?" demanda-t-il. "Comment ont-elles fait pour arriver chez vous ?"

"Je ne sais pas" fit honnêtement Pétunia. "J'ai entendu un choc sur la porte, comme quelqu'un qui ne tient plus très bien debout, et juste après la sonnette. Ensuite, je n'ai plus pensé qu'à les emmener ici."

"Vous avez bien fait" approuva le médecin. "Votre sœur a perdu beaucoup de sang, et la petite Mel a reçu un coup en pleine poitrine. Voulez-vous savoir ce que nous avons déduit, ou préférez-vous vous contenter de ce que vous dira votre sœur ?"

Pétunia hésita un long moment. Lily n'avait jamais été très loquace, encore moins depuis qu'elle avait découvert ses dons.

"J'aimerai savoir" finit-elle par répondre franchement.

Le médecin soupira.

"Venez dans mon bureau" offrit-il. "J'ai du café fort, et j'en aurai besoin autant que vous."

Pétunia accepta le café même si elle n'en buvait pas en temps ordinaire. Elle avait besoin d'un remontant. Le médecin soupira encore une fois.

"Je vais être franc, mais si cela sera brutal pour vous" commença-t-il. "Votre sœur devait sans doute… se disputer avec son mari. Elle a des marques très claires sur ses poignets, il la tenait, et très fermement. La petite Mel a dû intervenir, bien que je ne sache pas comment ni pourquoi, et a reçu un coup de pied en pleine poitrine… Elle aurait pu en mourir si vous ne nous l'aviez pas amenée aussi vite. Sa mère a également été violemment tirée par les cheveux et, au vu de la position des blessures faites par un couteau, elle a dû se jeter devant sa fille pour empêcher qu'elle ne soit plus blessée. Comment elles ont réussi à s'enfuir, je n'en ai aucune idée… les blessures sont plutôt graves. Où habitent-ils ?"

Pétunia hésita un instant, puis se jeta à l'eau.

"Je ne sais pas exactement" répondit-elle. "Son mari est riche, et ils ont plusieurs propriétés. Je n'avais plus beaucoup de contacts avec Lily, il ne m'aimait pas…"

Elle s'effondra soudain.

"Mon dieu, pourquoi ne l'ai-je pas plus avertie ? Je n'aimais pas cet homme, mais j'ai cru que je ne voulais simplement pas qu'on me prenne ma grande sœur… Je le lui ai dit, mais elle n'a pas écouté…"

Pétunia s'embrouillait dans ses explications, mais elle ressentait juste le besoin de parler, de lâcher ce qu'elle avait sur le cœur. Sa détresse de n'avoir pas pu mieux aider sa sœur la rattrapait. Elle resta plusieurs minutes bégayante et le médecin ne l'interrompit pas. Puis, lorsqu'elle se tut soudain, stupéfaite d'avoir parlé autant sans même se souvenir exactement de ce qu'elle avait dit, le médecin la raccompagna doucement, lui suggérant de revenir le lendemain lorsqu'ils sauraient exactement ce qu'il s'était passé et combien de temps cela allait mettre pour guérir.

Sans trop savoir ce qu'elle faisait, Pétunia s'exécuta et rentra chez elle.

Six mois s'étaient écoulés et Lily était toujours à l'hôpital, mais elle s'était réveillée assez rapidement pour officiellement confier sa fille à sa sœur cadette en attendant son rétablissement. Pétunia était très vite tombée amoureuse de la petite fille : elle était toujours très sage, mais donnait poliment son avis lorsqu'on le lui demandait. Comprenant que l'internement de Lily serait long, elle avait placé Meliane à l'école avec son fils, avec l'accord de sa sœur. Mel était extrêmement intelligente, et faisait le ravissement de ses professeurs.

Il y avait pourtant une ombre au tableau : la petite fille aurait des difficultés à respirer pour le restant de ses jours. Tant qu'elle restait calme, cela ne lui poserait pas de problème, mais les efforts violents étaient à proscrire. Elle devait faire régulièrement des exercices spécifiques pour muscler son cœur sans pour autant souffrir de douleurs dans la poitrine. Mel s'y était pliée sans protester. Elle ne protestait jamais à rien, tant qu'on la laissait voir sa mère régulièrement.

Pourtant, un jour, Pétunia laissa Mel dans la chambre de sa mère alors que le médecin attendait sur le pas de la porte, lui faisant signe de le rejoindre. Lily ne s'était jamais rétablie, et le médecin se mordit nerveusement la lèvre.

"Son état s'est aggravé" fit-il à voix basse, vérifiant que la petite fille ne l'entendait pas. "Cela faisait plusieurs jours, mais nous essayions de la sauver. La plaie de sa poitrine s'est rouverte. Elle ne survivra sans doute plus très longtemps."

Pétunia mit sa main sur sa bouche pour réfréner le cri d'horreur qui allait franchir ses lèvres, puis ses yeux étincelèrent dangereusement.

"Si ça devait arriver, je veux l'adopter. Je ne la laisserai pas retourner là-bas. Jamais."

"Nous avons déjà lancé une procédure judiciaire" répondit le médecin. "Si sa mère était morte avant le procès, elle aurait dû retourner chez son père. Accepterez-vous de témoigner ?"

"Bien sûr" fit Pétunia avec ferveur. "C'était ma sœur, je ne laisserai pas ce salaud s'en tirer comme ça..."

Elle s'interrompit soudain.

"Comment... comment lui dire ?" hoqueta-t-elle soudain, ses yeux s'emplissant de larmes.

Le médecin ne répondit rien. Pourtant, ce fut une voix enfantine qui brisa le silence.

"Me dire que Maman est partie ?" demanda Mel.

Elle avait des larmes plein les yeux.

"Elle m'a dit au revoir, et puis elle a fermé les yeux" fit-elle alors que ses larmes roulaient sur ses joues.

Pétunia se jeta sur elle et la serra dans ses bras, cherchant à lui amener tout le réconfort qu'elle pouvait. Le médecin avait disparu dans la chambre. Lorsqu'il revint dix minutes plus tard, il secoua la tête négativement. Lily Evans était partie pour toujours.