Droit d'auteur: rien ne m'appartient, ni Gilmore Girls, ni les idées de Marc Lévy.

Résumé: Basé sur le roman Et si c'était vrai. Luke, avec un bébé dans les bras, loue une maison dont les habitants ne sont pas tous parti.

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Tout ça avait commencé par un coup de fil. Rentrant à la maison après une longue journée très routinière, la concierge de l'Auberge de l'indépendance rejoignait sa fille à la maison. Après les salutations habituelles, le retour sur leurs journées respectives et quelques plaisanteries bien senties, la plus jeune des filles Gilmore guida sa mère vers leur nouvelle boîte vocale où il y avait un message.

« Vous avez maintenant rejoint la toute nouvelle et superbe, non magnifique, non admirable, non époustouflante résidence Gilmore, nous sommes trop occupées avec notre époustouflante maison pour vous répondre alors laissez un message et nous vous rappellerons si nous en avons envie, bip. »

« Maman, tu devrais avoir honte ».

« Non! C'est amusant! » Continua-t-elle.

« Lorelai, dit une voix stridente provenant de l'appareil faisant lever les yeux de Lorelai au ciel, comment peux-tu laisser un message pareil sur ta boîte vocale? Non seulement il est trop long, mais que vont dire tes relations d'affaire quand ils l'entendront. De toute façon, ce n'est pas pour ça que je t'appelais, nous voulons que tu viennes dîner avec nous vendredi soir, nous avons quelque chose de très important à te dire. Ce serait bien si tu pouvais laisser Rory à la maison, cela ne la concerne pas. Rappelle-toi que si tu ne viens pas, nous viendrons te dire ce que nous avons à t'annoncer chez toi ».

« Comment elle a eu ce numéro, elle? S'enragea Lorelai en poussant le bouton erase de la machine et regardant Rory qui semblait mal-à-l'aise et honteuse. Rory? »

« Désolée, maman! Je voulais juste qu'ils aient un numéro pour nous joindre en cas d'urgence ».

« Le numéro de l'auberge était plus que suffisant, continua-t-elle, frustrée ».

« Tu es fâchée? » Demanda l'enfant du haut de ses neuf ans qui lança un regard triste à sa mère.

« Non, chérie, mais la prochaine fois, parle-en-moi avant de donner notre numéro à quelqu'un d'accord? »

« Okay. »

Donc le vendredi suivant, Lorelai demanda à Sookie de garder Rory pendant qu'elle se rendrait à Harford. Une fine pluie verglaçante tombait sur le Connecticut et rendait les routes horriblement glissantes.

Le souper se déroula affreusement mal. Sa mère, dans toute sa splendeur, l'avait pratiquement traitée de prostituée lorsqu'elle leur avait annoncé qu'elle sortait un peu ici et là, mais pas très sérieusement puisqu'elle ne voulait pas impliquée Rory dans sa vie romantique. S'en suivit d'une querelle à propos de Christopher, qui avait à nouveau oublié Rory, Emily l'accusant de pousser au loin le père de Rory pour des raisons des plus égoïstes. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Lorelai qui la maison comme une fusée, claquant la porte à son passage, sans même savoir quel était la fameuse annonce que ses parents avaient à faire.

En retournant à la maison, Lorelai s'aperçut rapidement que pendant son passage à Hartford, les rues étaient devenues de véritables patinoires. Les yeux brouillés par les larmes, elle n'avait cependant qu'une idée en tête, retourner à la maison avec Rory le plus rapidement possible.

Elle ferma les yeux à nouveau, versant une larme sur sa joue. Comment ses parents pouvaient-ils être aussi cruels avec elle? Comment ne pouvaient-ils pas comprendre qu'elle ne pouvait pas marier Christopher, mais qu'elle avait quand même parfois le besoin de se sentir qu'elle pouvait toujours attirer des hommes? Elle ne couchait pas avec eux, elle ne les embrassait même pas les trois quarts du temps, elle sortait simplement avec eux. Elle allait au cinéma ou soupait dans un restaurant. Elle avait simplement parfois envie de parler d'autre chose que de sa jeune fille de neuf ans.

« De la musique, se dit-elle, de la musique pourrait m'aider ».

Elle ouvrit son sac à main et y chercha quelque chose qui se collait à son humeur. Elle accrocha donc la cassette Sinead O'Connor, cette nana savait toujours mettre les choses en perspective quand tout allait mal, ouvrit le boîtier d'une main et prit la cassette pour la mettre dans le lecteur de la voiture empruntée à l'auberge.

Malheureusement, la cassette ne se rendit jamais au lecteur…

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Tout avait commencé par un coup de téléphone. Quelques semaines plus tôt, Luke Danes, qui tentait de se remettre à nouveau de son dernier échec amoureux avec la turbulente Rachel, avait reçu un coup de fil d'une ex-copine.

Il avait vécu avec Anna Nardini une courte histoire et qui s'était terminée en queue de poisson lorsque le fantôme de Rachel était revenu le hanter. Cela faisait donc près de dix-huit mois qu'il n'avait ni vu, ni parlé à cette femme qui, soudainement, voulait le revoir. Étant un homme après tout, Luke ne pu s'empêcher de refuser une offre qui pourrait lui apporter un peu de chaleur humaine après tout cette douleur que lui causa le départ de Rachel quelques mois auparavant.

Toutefois, sa rencontre avec Anna ne se déroula pas du tout comme il l'avait prévu. Luke, qui avait cru qu'elle voulait le revoir pour reprendre où ils s'étaient laissés quelques mois auparavant, eut la surprise de sa vie quand il vit arriver Anna avec un bébé dans ses bras.

À cet instant précis, Luke Danes était devenu papa. Bien sûr, le choc de la découverte de sa paternité ne fut pas apaisé lorsque Anna lui annonça qu'elle avait un cancer au cerveau et qui ne lui restait que quelques semaines à vivre.

C'était une triste histoire qui se déroulait devant lui, Anna, qui avait accouché d'une petite fille, April, neuf mois plus tôt, devait préparer sa vie après sa mort. Elle était seule, avec sa petite fille et devait lui assurer un bon train de vie pour les années à venir. Elle avait songé la laisser à ses parents, mais son père étant, lui aussi gravement malade, elle ne pouvait même pas songer à leur laisser le fardeau d'un enfant. Elle avait donc pensé au père de la petite. Un homme bon et généreux qui, même s'il n'aimait pas du tout les enfants, saurait prendre soin de sa propre fille ou, du moins, s'assurer que celle-ci soit bien.

Luke, encore sous le choc, eu comme réflexe de refuser la demande d'Anna. Il ne savait pas comment s'occuper d'un enfant et certainement moins comment les élever. Il n'aimait pas les bébés, il se mettait en colère lorsqu'il était en présences d'un être plus jeune que dix ans. Il était complètement horrifié à l'idée de changer une couche et il était terrifier à l'idée de l'allaitement.

« Je peux t'assurer que tu n'auras pas à l'allaiter », avait rit Anna.

« Non, je suis désolé Anna, je sais que tu comptais sur moi, mais je ne peux pas. Tu sais que je suis nul avec les enfants. Tu m'as vu avec Jess, il m'a vu et s'est enfui pleurer dans sa chambre ».

« Je sais tout ça, Luke, mais je ne peux pas la laisser à mes parents, mais mon père est aussi très malade et si tu refuses, je devrai la mettre en famille d'accueil. Tu sais ce qui arrive aux enfants dans les familles d'accueil? Ils sont brassés d'une famille à l'autre, parfois ils sont abusés ou négligés. Je ne t'ai jamais rien demandé dans ma vie, Luke, mais cet enfant est le tien. Tu m'as toujours cassé les oreilles avec les devoirs familiaux, c'est le temps de prouver qu'il n'y avait pas que ton père qui pouvait être un homme de principe dans ta famille ».

Elle savait que c'était un coup bas. Elle avait vu l'affection que Luke portait à son père et elle savait qu'en donnant cet argument, il ne pourrait refuser. Il accepta. Pendant les semaines qui ont suivi, Luke s'arrangea pour trouver une maison à louer dans Star Hollow non loin de son snack bar, trouver les meubles et les accessoires de bébé dont il pourrait avoir besoin et visiter la famille Nardini aussi souvent que possible.

La nouvelle maison était assez grande pour un couple avec un enfant. Il l'avait trouvée en faisant à pied le tour de Star Hollow. Il avait entendu entre les branches qu'il y avait une maison était à louer dans le coin de Babette et il l'avait trouvé parfaite. Elle venait avec les meubles et les accessoires. La chambre à coucher était un peu trop féminine à son goût, mais il pouvait vivre avec ce fait.

Les propriétaires avaient toutefois été clairs : rien ne devait changer, pas de peinture, pas de changements. Les meubles devaient rester où ils sont à l'exception de ce qu'il avait négocié : la cuisine était dans un état lamentable et la petite chambre à coucher contenait des meubles pour enfants, mais pas de meuble pour bébés. Il pourrait alors rénover un petit peu la cuisine et entreposer les meubles de la chambre pour y mettre les siens.

Puis, un jour, le téléphone sonna de nouveau. Anna était morte. Cela prit quelques jours avant qu'il ne puisse fonctionner normalement. Depuis qu'elle était revenue dans sa vie, il avait retrouvé ce qu'il avait aimé en Anna au début. Elle était drôle, simple, souriante, aimante. Cet enfant perdait beaucoup en perdant sa mère. Luke perdait beaucoup en perdant son amie.

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Quelques jours plus tard, après le service funéraire, Luke Danes et sa fille emménagèrent dans la nouvelle maison qu'il avait préparée pour eux. Toutefois, la transition ne se fit pas en douceur. La petite, qui ne connaissait qu'un mot maman le répétait encore et encore. Elle ne pleurait sans cesse et elle refusait de dormir ou de manger.

« En quoi me suis-je embarqué? » se demandait Luke en berçant le bébé. « Je m'ennuie d'elle moi aussi, chérie, mais il faut dormir. Papa a besoin de dormir, ça fait deux jours que papa n'a pas dormi. Allons… allons… »

Après quelques heures, les pleurs paniqués se calmèrent puis s'éteignirent. Elle s'était enfin endormie. Il la posa dans son berceau, pris le moniteur pour bébé et sorti silencieusement de la chambre en remerciant le ciel de lui donner quelques heures de répit. Il se dirigea vers le réfrigérateur, sortit le jus de pomme et s'en versa un grand verre.

En plein milieu d'une grande gorgée, une voix féminine derrière lui le prit par surprise et il échappa tomber son verre qui éclata en mille miettes sur la plancher

« Pas de garçon dans ma maison!!! »

Il se retourna pour voir qui avait dit ses paroles. La cuisine était vide…

À suivre!!!