Voici la suite, j'avais un peu oublié que cette fic existait!

« Qui êtes-vous? Que voulez-vous? » Lui cria-t-il encore plus effrayé.

« Je l'ignore, répondit-elle une larme à l'œil et un chat dans la gorge. Je ne sais pas qui je suis ».


Ça y est, c'est officiel, je suis fou, songea Luke en clignant des yeux en espérant qu'en les ouvrant, elle serait disparue. Ce ne fut pas le cas.

« Vous, vous… April! Éloignez-vous de la porte de la chambre de ma fille! »

Avant même que la femme eut le temps de réagir, Luke était rendu dans la chambre pour voir qu'elle était sur le point d'hurler à plein poumons en le voyant comme elle le faisait quotidiennement depuis quelques jours. Il la prit dans ses bras et berça le corps épuisé de son enfant n'étant qu'incapable de s'empêcher lui-même de verser des larmes face à tout le drame qu'il vivait dans sa vie.

« Tout va bien aller, chuchotait-il écrasant son sanglot. Tout va bien aller. Papa n'est pas fou. Papa est fatigué. Le dernier mois a été difficile, n'est-ce pas? »

« Je ne vous le fais pas dire ». Luke entendit à nouveau la voix de la femme. Soupirant et effaçant ses larmes, il leva les yeux pour la voir assis en indien sur la table à langer. « C'est la chambre de ma fille, ici. » Dit-elle d'un ton de voix plus doux.

« Écoutez, s'il-vous-plait, je ne pensais jamais avoir à supplier un fantôme ou quoique ce soit que vous êtes un jour, mais s'il-vous-plait, ne lui faites pas de mal. Elle est petite, c'est un bébé, elle est épuisée, elle vient de perdre sa mère et je ne sais pas ce que vous voulez. Vous n'êtes probablement que le fruit de mon imagination, mais ne lui faites pas de mal je vous prie ».

« Vous êtes un bon père, dit la femme du même ton de voix. Ma fille n'a pas un bon père. Il se serait enfui à grandes enjambées s'il avait vu ce que vous avez vu ce soir, en laissant ma fille derrière bien sûr ».

« Je ne suis pas un bon père. En tout cas, elle ne le croit pas », dit-il en pointant sa fille qui s'époumonait et criait maman avec une constance surprenant.

« Avez-vous essayé de tremper sa sucette dans du sucre? Ça peut l'aider à se calmer »

« Je veux qu'elle dorme, pas l'exciter davantage! » Disait Luke en se demandant pourquoi il s'obstinait à se quereller avec sa propre imagination.

« Et si vous essayiez de la tremper dans quelques gouttes de gin? »

« De l'alcool? Je ne peux pas donner de l'alcool à ma fille pour la faire dormir ».

« Je ne dis pas de la saouler, simplement de le lui faire goûter un petit peu ».

« Mais… mais… je vous dis que ça marche, c'est… c'est… c'est… enfin, je ne me rappelle plus qui m'avait dit cela, mais c'était quelqu'un de confiance ».

« Ah! Si une personne inconnue de confiance vous l'a dit… » Continuait-il avec sarcasme.

« Je vous jure, donnez-moi la sucette ».

« Il n'en est pas question ».

« Donnez-moi la sucette ».

« Elle tient à cette sucette plus qu'à n'importe quelle autre chose dans le monde, je ne vais pas lui enlever! »

« Allez, je ne vais pas arrêter de vous déranger tant que je n'aurai pas la sucette dans ma main ».

« Mais… mais… »

« Allez! » Ordonna-t-elle, la main tendue vers lui. Il finit par prendre la sucette, encourageant des cris encore plus furieux d'April. Lorsqu'il la déposa dans main de la femme, elle tomba lourdement sur le sol. Luke leva les yeux au plafond devant sa propre stupidité.

« Évidemment! » Dit-il avant de prendre la sucette sur le plancher, déposer une April hurlante dans son berceau et sortit de la chambre pour nettoyer la sucette. Une fois le robinet fermé, il croisa du regard une vieille bouteille de scotch qu'il n'avait pas utilisée depuis l'enterrement, mais qui lui semblait terriblement attirante à ce moment précis. Il la prit, ouvrit le bouchon, en avalant un grosse gorgée à même le rebord et en versa un goutte sur la sucette d'April. En retournant dans la chambre, il vit sa fille pleurant, tirant les mains vers cette sucette qu'elle aimait tant. « On sera tous les deux alcooliques dans un mois si tout continue comme ça! » Rit-il avant de s'asseoir dans la berceuse. Il s'aperçut alors que son fantôme était parti et alors que les pleurs d'April se calmaient, ses paupières s'alourdissaient et peu à peu il s'endormit.

Ce ne fut que le lendemain matin qu'il se réveilla en sursaut toujours sur la chaise berçante de sa fille. En levant les yeux, il croisa ceux d'April qui, pour la première fois depuis qu'ils avaient emménagés ici, souriait en voyant son père. Ce dernier ne put s'empêcher de retourner le premier sourire de sa fille qui lui était adressé.

« Alors, mon bébé, que va-t-on faire aujourd'hui, t'as faim? » Demanda Luke en regarda sa petite fille qui ne lui répondit rien, mais qui lui sourit.

« Que dirais-tu d'avoir du bon gruau? Dit-il encore à un visage souriant. Le scotch te va un peu trop bien ma princesse, je devrai faire attention à toi à l'adolescence! » À ce moment, il l'entendit rire et il tomba encore en amour avec cette petite fille qui était la sienne.

Un peu plus tard, Luke voulait s'assurer que le restaurant tenait encore debout. Lorsqu'il avait appris qu'il aurait bientôt à prendre soin d'une petite fille, il se résolut à prendre quelques mois de congé, à réduire les heures d'ouverture de son casse-croûte et de demander à son bon ami, Buddy, de surveiller la tenue des choses pendant son absence. Avec la petite, qui était toujours de bonne humeur et très bien, dans un traîneau, il sortait de la maison en souriant pour croiser Babette qui revenait de son rendez-vous quotidien avec le monde du potin de Star Hollow.

« Bonjour Babette! » Sourit-il en traînant sa fille derrière lui.

« Oh! Luke! Ça fait une éternité qu'on ne t'a pas vu sortir de la maison et ce petit trésor, comment va-t-elle? »

« C'est une belle journée aujourd'hui pour elle, mais ce n'est pas toujours facile, sa maman lui manque ».

« Et toi, tu t'en sors? Tu as l'air fatigué ».

« On va s'en sortir, hein, bébé? » Demanda-t-il à April qui fit sortir un petit cri de joie en terme de réponse. Au moment, où il était sur le point de la quitter pour continuer sa marche, il se souvint de son hallucination de la veille. « Eh, Babette, je ne sais pas si c'est trop te demander, mais connaissais-tu les personnes qui vivaient ici auparavant? »

« Oh! C'est une histoire tellement triste, cher. Je ne suis pas sûre que j'aie envie de te le raconter. Ne le prend pas mal, mon beau, mais c'est tellement triste, ça me brise le cœur de simplement en parler ».

« Mais… mais… »

« Prends soin de ton petit trésor, Luke », avait-elle fini à par laisser sortir un brin de chagrin dans la voix avant de retourner à l'intérieur et laissant un Luke bouche-bée derrière lui. C'était la première fois qu'il entendait Babette refuser de raconter un potin et il était de plus en plus curieux de savoir ce qu'il était arrivé aux anciens habitants de la maison qu'il louait. Il n'osa cependant plus en parler en voyant toute la peine qu'il avait faite à son amie Babette.

Il passa tout de même une excellente journée au restaurant à servir sa clientèle qui, même s'il ne l'avouera jamais, lui avait terriblement manqué, mais il remarqua qu'elle était vraisemblablement plus triste qu'à l'habitude. Le dynamisme qui caractérisait habituellement Star Hollow semblait quelque peu éteint et il se demandait presque si les anciens habitants de la maison n'étaient pas la cause de cette tristesse.

En rentrant dans la maison, fier d'avoir enfin passé une journée productive, il lava sa fille, la coucha dans son berceau et monta à l'étage en espérant d'avoir enfin une bonne nuit de sommeil couché confortablement dans son lit. En entrant dans sa chambre, cependant, quelle ne fut pas sa surprise de voir la même femme que la veille couchée sur son lit qu'elle prétendait être le sien, sanglotant à pleine larmes : « ma fille me manque ».

À suivre…