Le monde d'Aleksandre Snape
Chapitre 1: Des illusions brisées et une nouvelle décision.

Harry ferma les yeux et frissonna. De peur. De dégoût. Il sentit un poids affaisser le matelas miteux où il était -déjà- allongé depuis la dernière visite de l'Oncle Vernon. Il gémit. En entendant un bruit de ceinture qu'on enlevait, le corps du garçon se crispa mais il ne fit aucun mouvement pour tenter de s'enfuir ou de se protéger. Oh non, jamais, c'était encore -bien plus- pire après. L'Oncle Vernon préférait lorsqu'il était calme et silencieux. Et surtout docile.

-Ha ma petite putain, regarde qui vient te voir!! Si je ne suis pas gentil pour m'occuper de toi!!

Un cri s'échappa de ses lèvres lorsque la sangle de la ceinture atterrit sur sa poitrine. D'anciennes plaies se remirent à saigner abondamment, salissant encore plus le matelas. Sans pouvoir se retenir, ses yeux se remplirent de larmes -douleur, honte, peur- pendant que d'autres coups plus durs les uns que les autres fondaient sur son corps.

L'heure. La date. Le mois. Le jour ou la nuit? Son âge. Harry avait tout oublié sous les coups et la douleur. Il ne savait plus qui il était. Un vague souvenir de ses amis. Des rouquins. Une jeune fille avec des cheveux ébouriffés. Oncle Vernon lui avait donné un traitement -très violent- pour lui faire oublier qu'il était un monstre. Pour le faire redevenir normal. Au début, Harry n'avait pas voulu. Il s'était débattu. En vain. Vernon gagnait toujours à coups de pied ou de ceinture.

-COMMENT EST-CE QUE TU T'APPELLES?

-'Comment je m'appelle? hurla une petite voix dans sa tête-.

Oh non, il y avait des moments où il n'arrivait plus à mettre un doigt sur son prénom. Vernon avait trop bien fait son travail. Le gamin avait perdu toute notion de temps. Mais aussi, plus grave, Harry s'était enfermé dans un monde lointain. Un monde d'enfant. Oh oui, Harry n'était plus le même. Plus du tout.

Un nouveau cri aigu déchira le silence de la maison. Oncle Vernon venait d'arracher son slip -c'était le seul vêtement qu'il avait le droit de porter- et de le retourner. La panique gagna l'enfant qui se débattit légèrement. Un coup sur la tête l'assomma à moitié et l'homme le pénétra avec force.

-Joyeux anniversaire Harry. J'ai été très heureux de t'éduquer pendant ses quatorze années, jubila Vernon en entrant à nouveau en lui avec force.

oOo

Severus Snape soupira et regarda la chouette qui était arrivée dans son bureau en pleine nuit. Soit trois heures auparavant. Depuis, il attendait le retour de Dumbledore pour lui dire que le sale oiseau de malheur de St Potter avait débarqué dans ses appartements en hululant comme une sauvage. -'Comme son Maître, pensa t-il avec un rictus moqueur en finissant sa tasse de thé'-. Dire qu'il devrait déjà être dans sa petite maison à profiter de ses vacances.

La chouette s'agitait de plus en plus dans son Salon. Comme si elle voulait lui dire quelque chose ! En passant près d'une torche allumée, le regard de Severus fut attiré par un éclat rouge sous l'aile de l'animal. Ses sourcils se froncèrent. Si Hedwige était vraiment blessée, elle avait l'air en pleine forme. Soupirant, l'homme se leva et sortit sa baguette magique.

-Hé! Viens ici, l'oiseau.

À son grand étonnement, la magnifique chouette atterrit juste devant lui et le regarda de ses grands yeux. Ceux ci semblaient alarmés et tristes. Severus tâta ses plumes pour trouver une quelconque blessure mais il ne put que conclure que l'animal était légèrement déshydraté mais surtout affamé. Comme si Potter ne lui avait pas donné à manger depuis des jours.

-Merde!

Cinq minutes plus tard, Severus parcourait les couloirs à toute vitesse. Le sang sur les plumes de la chouette ne lui appartenait pas mais à Potter. Si le Survivant avait des problèmes alors que le Seigneur des Ténèbres était revenu à peine un mois plus tôt, la situation était grave. Très grave même.

Dès que la Grande Grille de Poudlard s'ouvrit, Severus transplana dans la rue où Potter habitait. Privet Drive. En cherchant le numéro quatre sur les différentes maisons, l'homme resserra sa cape autour de lui. Depuis le retour du Maître -grincement des dents de Severus-, l'atmosphère et le climat s'en ressentaient. Il faisait froid, pluvieux et la brume était omniprésente à chaque heure de la journée. Il n'y avait eu que deux voire trois journées de soleil.

-Bien sur, ils n'ouvrent pas ces Moldus! Siffla Severus.

Il poussa la porte d'entrée. La maison semblait vide. Un haut le cœur prit Severus en observant la demeure. Typiquement Moldue. Non pas qu'il ait quelque chose contre les Moldus -cette époque était révolue depuis longtemps- mais en matière de décoration, ça laissait à désirer. Tout était ressemblant et impersonnel. Froid.

-Où es-tu Potter? Murmura l'homme en montant les marches pour arriver au Premier Étage.

Ce fut à ce moment là qu'il entendit des petits gémissements et un souffle rauque par-dessus. Levant sa baguette magique vers le coin le plus sombre du couloir, Severus se figea. Une porte. Simple. Mais c'était une porte barricadée de cinq verrous extérieurs. La personne qui résidait dedans devait être… séquestrée.

Précipitamment, le Maître des Potions poussa la porte et resta stupéfié sur place à regarder l'horreur qui se déroulait sur place. L'odeur de sang, d'urine et de selle mais aussi de jouissance et de sexe lui donna la nausée alors qu'il levait de nouveau sa baguette. Un homme -un cachalot?- était sur un enfant et le pénétrait violemment malgré les petits pleurs de l'enfant.

-STUPÉFIX!! …Potter?

Harry gémit et ferma les yeux en entendant une voix l'appeler. Même si cette voix mystérieuse l'avait éloigné de l'Oncle Vernon. Il hurla d'horreur lorsqu'une main se posa sur son épaule. Se débattant toujours les yeux fermés, Harry se blessa encore plus à bouger de cette manière. Sa respiration était saccadée et il s'étranglait avec ses larmes.

-Doucement Mr Potter. Je suis le Professeur Snape. Est-ce que vous vous souvenez de moi?

Le silence dans la maison était brisé par la respiration rapide du garçon qui le fixait avec ses grands yeux verts. Severus ne bougeait pas pour ne pas plus l'effrayer. Harry cligna des yeux comme s'il fouillait dans sa mémoire. Alors, sa bouche s'ouvrit en grand quelques minutes après et il voulut reculer contre le mur mais c'était impossible de bouger sans plus souffrir.

L'esprit de Severus réfléchissait à toute vitesse pendant qu'il observait d'un air morne ce qui semblait être la chambre de Potter. Toutes ses illusions sur l'adulation de la famille Potter à son égard venaient de s'effondrer unes par unes. Une armoire rongée par les mites tenait encore miraculeusement debout. La fenêtre était fermée par des barreaux. Le seul meuble -avec l'armoire- était ce lit bancal où était assis le gamin. Du sang souillait les draps mais aussi le sol et même un peu le mur.

-Je vais t'emmener à Poudlard, décida t-il.
-Non… Non… NON! VEUX PAS! C'EST FINI!!

Qu'est ce qui était fini? Severus leva les mains en signe d'apaisement et Harry se tut brusquement. Son corps tremblait alors doucement l'homme ôta sa grande cape noire et la posa autour des épaules d'Harry qui poussa un gémissement terrifié.

oOo

Lucius Malefoy embrassa son fils qui baillait à faire mourir un dragon de jalousie. Narcissa, sa femme, lui préparait une tasse de café pendant qu'il prenait sa place habituelle autour de la table du Salon. Pour une fois -depuis que le Lord était revenu-, sa journée était libre. Rien à faire. Rien. C'était un bonheur exquis.

-Je pensais aller voir Molly cette après-midi, déclara Narcissa en prenant à son tour place.
-Pourquoi faire? Demanda Drago en trempant une tartine de beurre dans son chocolat chaud. Ce n'est pas parce que toi et Père, vous faîtes partie de l'Ordre du Phénix que vous êtes obligés de sympathiser avec toute la famille des belettes.
-La guerre entre nos deux familles est terminée Drago, répondit calmement Lucius en dépliant le journal. Il y en a une autre qui va bientôt commencer.
-Mais…
-Tu es trop jeune pour comprendre.

L'adolescent de tout juste quinze ans se tut et replongea sa tête dans son bol de chocolat. Après tout, il n'allait pas se plaindre: ses parents avaient accepté de rejoindre l'Ordre du Phénix -cette société secrète crée par Dumbledore pendant la 1er Guerre- et d'espionner Voldemort pour le protéger lui lorsque le Lord Noir lui demanderait de le rejoindre.

La cheminée du Salon s'éclaira de flammes vertes et Lucius se leva intrigué. Le feu cracha un bout de parchemin puis s'éteignit. L'homme reconnut l'écriture fine de son meilleur ami -Severus- et il déplia le mot. D'habitude, le Maître des Potions se déplaçait personnellement lorsqu'il voulait lui communiquer quelque chose -important ou pas-.

Viens vite chez moi. C'est urgent. Seul ou avec Narcissa.

S.S

oOo

Severus regardait la silhouette tremblante qui était allongée sur son divan en cuir noir. Harry avait les yeux fermés et il semblait seulement attendre la suite des évènements avec résignation. Severus savait que l'enfant ne dormait pas. Pas du tout. Il n'osait simplement pas bouger. Cependant, dès qu'il essayait de l'approcher, Harry réagissait très violemment. Son corps s'arquait et ses poings -ensanglantés- agrippaient la cape qui le couvrait toujours.

-Harry?

La tête de l'enfant se redressa vers lui et les yeux qui se posèrent sur lui le firent frissonner. Les deux émeraudes vertes ressemblaient tellement à ceux de Lily. Sauf que ceux de la jeune femme respirait la joie, le bonheur et la vie contrairement à ceux de son fils qui, étaient marqués par la peur, la douleur.

-Est-ce que tu me laisserais m'approcher de toi? Interrogea l'homme de sa voix la plus calme qu'il pouvait faire. J'aimerais pouvoir soigner tes blessures avant qu'elles ne s'aggravent. Es-tu d'accord?

Harry cligna des yeux mais resta silencieux. L'homme ne devrait pas lui demander son accord. Il n'avait pas le droit de lui dire de donner son souhait, son envie. Les monstres ne devaient rien dire et ne rien faire. C'est une règle qui s'applique à tous les monstres comme toi disait l'Oncle Vernon. Et au bout de plusieurs jours -semaines? Mois?-, Harry l'avait compris très clairement. Depuis, il n'avait presque plus parlé.

Il y eut un frappement à la porte d'entrée qui fit gémir de terreur Harry. Severus mit quelques secondes à réagir avant de se précipiter dans le Hall d'Entrée pour aller accueillir son ami et sa femme. Harry avait reposé sa tête sur l'accoudoir et ses yeux verts s'étaient à nouveau fermés. Son corps pesait une tonne et était engourdi de douleur. Sa tête cognait avec une migraine horrible.

-Qu'est ce qu'il se passe de si urgent? S'enquit Lucius en accrochant sa cape et celle de sa femme sur le porte-manteau du couloir. J'ai envoyé Drago au Quartier Général de l'Ordre.
-C'est dans le salon, murmura Severus en les invitant à le suivre. Faîtes doucement, s'il vous plaît.

Maintenant, il avait froid. Ce qui n'était guère étonnant: il était nu avec une seule cape -plutôt chaude et confortable- sur lui. En enroulant ses bras autour de lui, Harry sentit une nouvelle vague de nausée lui retourner l'estomac. Son corps frissonna et il eut tout juste le temps de pencher sa tête hors du canapé avant de vomir. De la bile et du sang. La peur l'agita. Oncle Vernon et Tante Pétunia lui faisait laver son vomi avec ses habits lorsqu'il était plus petit. Pourtant sans pouvoir s'en empêcher, une nouvelle nausée l'assaillit et le fit vomir sur le tapis blanc de son Professeur de Potion.

-Harry! Doucement, ça va aller.
-Potter? Murmura une voix étonnée. Severus, qu'est ce qu'il fait ici?

Deux mains le rallongèrent avec délicatesse sur le canapé et une couverture vola jusqu'à son corps nu et meurtri en remplaçant la cape noire. Harry sentit l'inconscience l'envahir et sa dernière vision fut celle des deux parents Malefoy et de Snape.

Narcissa avait une main posée sur la bouche avec effroi. Ses yeux étaient remplis de larmes. Lucius la fit s'asseoir sur un des canapés alors qu'il fixait l'enfant inconscient. Severus semblait être retourné dans son état initial: l'incompréhension et le questionnement. Finalement, les deux amis échangèrent un regard commun: la première chose à faire était de soigner l'enfant et ensuite ils pourraient réfléchir à ce qu'il fallait faire.

-Cissy, peux-tu appeler Camillia? Je pense que nous aurons besoin de son aide. Ramène un pyjama de Drago. Nous le rétrécirons.

Une fois que les deux hommes se retrouvèrent seuls, Severus ôta la couverture du corps d'Harry et Lucius observa avec peine les nombreuses plaies recouvrant l'enfant. Ce dernier se courba inconsciemment pour s'éloigner des mains du Maître des Potions lorsqu'il les sentit s'approcher de lui. Même dans son sommeil, il était terrifié. Severus n'avait jamais semblé autant bouleversé qu'à cet instant.

-Et Dumbledore? Pourquoi ne l'as-tu pas appelé?
-Il ne voulait pas! S'exclama Severus en revenant avec une bassine remplie d'eau tiède. C'est son oncle qui lui a fait ça. Son oncle!
-C'est incroyable, murmura Lucius en l'aidant à laver le corps du Survivant. Incroyable… On est obligé d'appeler Albus! Il est le seul qui saura comment s'occuper de lui.
-Non! On verra à son réveil.

oOo

Deux longues heures plus tard, Harry ouvrit les yeux et se redressa précipitamment effrayé. Un vague souvenir de Snape l'assaillit. Étrangement, son corps ne le faisait plus souffrir. Il portait même un pyjama -noir- qui ne lui appartenait pas. Son bras droit était bandé comme une bonne partie du reste de son corps. Que ce soient ses jambes, ses bras et même son ventre. Sa tête tournait horriblement.

Cependant, le garçon de quinze ans -aujourd'hui était son anniversaire- prit le temps d'observer la pièce autour de lui. Le salon était à la fois chic et chaleureux. Il y avait deux parties. Celui où il était avec un canapé -qu'il occupait- et trois fauteuils en cuir autour d'une table basse en bois posée sur un large tapis blanc en poil de fléreur. Il y avait une grande cheminée sur le mur en face de lui. Derrière était le coin où l'on pouvait s'asseoir pour écrire sur la grande table avec ses quatre chaises hautes.

-Harry?

Le susnommée sursauta et faillit tomber du canapé. Il se retourna brusquement et son souffle se coupa alors que le Professeur de Potion avançait doucement vers lui. Ses yeux suivaient tous les mouvements que l'homme effectuait. Harry posa une main sur sa bouche en espérant faire passer la nausée qui lui faisait retourner l'estomac.

-As-tu envie de vomir?… Répond-moi, s'il te plaît.
-Non Monsieur, mentit Harry effrayé.
-Il y a quelqu'un qui aimerait te parler dans la pièce adjacente. Peux-tu te lever ou est-ce que cela nécessite mon intervention?

Harry écarquilla les yeux. La phrase que Snape venait de lui dire lui paraissait incompréhensible. Il n'avait compris que le début. Après, les mots avaient été trop compliqués même s'il se souvenait les avoir déjà entendus auparavant. Ses yeux se remplirent de larmes en même temps que sa gorge se serrait. Severus resta bouche bée. Pourquoi le garçon réagissait-il comme cela?

-Je… j'ai pas compris la question… Monsieur, s'excusa le garçon.
-Oh. Vraiment?
-Désolé. Je suis désolé. Excusez-moi.

Severus était étonné. Blessé ou pas, à quinze ans Harry aurait du être capable de comprendre sa question qui n'était en rien difficile. Le voir jouer nerveusement avec le bout de la couette comme le faisait les enfants lorsqu'ils faisaient une bêtise le fit douter d'une chose. Calmement, Severus lui reposa la même question mais formulée d'une autre manière et -comme il s'en doutait-, Harry le suivit dans la cuisine.

-Bonjour Harry. Je m'appelle Camillia Scaves et je suis Médicomage. J'ai aidé Severus et Lucius à te soigner tout à l'heure. Comment te sens-tu?

Harry resta silencieux. Sa bouche était grande ouverte et son regard passait de la Médicomage -une jeune femme rousse- à Lucius puis à Severus. Voir le second le fit frissonner et le nom Voldemort lui vint immédiatement en tête. Le silence dans la pièce était lourd et oppressant. Harry se recula doucement pour sentir son dos buter contre le mur.

Après qu'il ait assuré à la femme qu'il allait très bien par un signe de tête significatif, Harry fut prié de s'asseoir sur une des chaises qui entouraient la table. Évidemment, il se plaça à celle en bout de table mais surtout la plus éloignée des autres. Mrs Scaves lui fit boire trois potions -infectes- puis il dut remplir un paquet de feuilles d'exercices.

-C'est pour savoir comment tu te sens, lui expliqua la jeune femme en lui souriant. Mais si tu te sens mal, nous pouvons reporter ce test à un autre jour. Ce n'est pas urgent.
-Merci Madame, murmura t-il en prenant la plume que la femme lui tendait.

Au début, les exercices étaient très simples. Il dut écrire le nom de plusieurs formes -carrés, triangles, ronds…-, les couleurs de certaines habitations, des suites de nombres… Intérieurement, Harry fut blessé: c'était comme si la Médicomage le prenait pour un imbécile avec un test aussi stupide. Il savait très bien ce qu'était un rond rouge ou un triangle vert. Pourtant, à la quatrième feuille, Harry laissa sa main en suspend au-dessus du parchemin. Il lui était impossible de répondre à une question sur des règles de langages -que tout sorcier d'origine Moldu ou Sang-Pur connaissait-. Puis la suite des autres questions le laissèrent perplexes et il laissa des exercices incomplets ou même pas commencés.

Mrs Scaves le gratifia d'un sourire lorsqu'il lui tendit timidement les huit feuilles qui composaient cet étrange test. Harry resta tendu sur la chaise et il ignora la douleur lancinante à sa tête mais aussi à son derrière. Lucius était resté silencieux pendant qu'il réfléchissait à toute vitesse pour trouver une solution. Étrangement, Severus s'était totalement opposé à l'idée d'emmener Potter au Quartier Général de l'Ordre tant que l'enfant lui-même ne l'avait pas décidé.

-Je vais te montrer une chambre où tu pourras te reposer. Veux-tu manger quelque chose avant? Demanda Severus calmement.
-Non Monsieur. Merci Monsieur, refusa Harry en baissant les yeux.

Snape n'avait pas être aussi gentil avec lui. C'était complètement stupide. Il n'était qu'un abominable monstre. Cependant, il suivit l'homme qui l'attendait au pas de la porte. Lorsqu'il leva la main pour pousser la porte, Harry fut bêtement effrayé et il recula en écarquillant les yeux. Son comportement figea tout le monde mais Severus lui fit signe d'avancer d'un mouvement de la tête.

-Je dois rentrer chez moi, Monsieur. Je ne peux pas rester ici.
-Et pourquoi? Demanda l'homme en ouvrant la porte d'une chambre.
-Je dérange, Monsieur. Excusez-moi Monsieur.
-Pas du tout, Harry.

La chambre semblait très peu utilisée. Il y avait un grand lit à une place au centre de la pièce. Une jolie armoire sculptée en bois avec des motifs abstraits occupait une place assez importante. La Chambre était éclairée par la grande fenêtre qui donnait sur le petit jardin de la maison. Il y avait aussi un petit bureau et une chaise.

Severus l'invita à se coucher et Harry obéit docilement. Les volets se fermèrent d'un coup de baguette magique. Harry se crispa avant de se détendre lorsqu'une douce lumière baigna la chambre. Severus s'installa sur la chaise à côté de lui et le regarda pendant plusieurs secondes avant de jeter un coup d'œil à l'horloge qui était posée au dessus de la porte. Il était treize heure trente. Harry sentit ses paupières s'alourdir mais il se redressa pour ne pas s'endormir.

-Avant que tu ne t'endormes, j'aimerais que nous discutions. Je vais prévenir Dumbledore de ta présence dans ma maison et…
-Non, murmura Harry en serrant le bout du drap entre ses doigts. Non. Personne ne doit savoir. Je vous en supplie Monsieur. S'il vous plaît…
-Mais…
-Laissez moi partir alors.
-Que dirais-tu de… je pourrais t'adopter…

oOo

Severus redescendit au rez-de-chaussée et rejoignit Lucius et Mrs Scaves. Harry et lui venaient de prendre une décision irréversible qui allait changer leurs vies. À tout les deux. Évidemment, l'enfant n'avait pas longuement réfléchi et avait très vite accepté avant de tomber endormi. Severus ferma les yeux une seconde avant de pénétrer dans la Cuisine pour affronter son ami et la jeune femme.

-C'est horrible, commenta Lucius en secouant la tête d'un air affligé.
-Quoi donc? Demanda Severus en s'installant sur une chaise.
-Cet homme a détruit cet enfant! Cracha Mrs Scaves les mains tremblantes. Il lui a laissé plus qu'un traumatisme: il a détruit toute sa vie.
-Comment ça? S'impatienta le Maître des Potions. Bien évidemment, il s'est fait violé! Comment voulez vous qu'il soit en pleine forme?
-Son esprit a été détruit. Son esprit! Est-ce que vous savez ce que cela signifie Professeur Snape? Cet homme lui a tellement fait un lavage de cerveau que son mental est revenu en arrière.
-C'est à dire?
-C'est à dire que Harry Potter a désormais l'âge mental d'un enfant de neuf ans. Ou si vous préférez, il est atteint d'un retard mental grave.


Voilà, le premier Chapitre de cette nouvelle fic qui j'espère vous plaira. J'avais de gros doutes sur cette fic mais je me suis lancé et je l'ai mis en ligne. Bonne année à tous au passage!!

Info: Chaque chapitre est revu et corrigé dès à présent par ma nouvelle beta -mounette-79- que je remercie énormement pour son travail parfait et si rapide ^^
Merci à toi =)