Titre : Le revers de la médaille
Titre original : No Good Deed
Auteur : ga unicorn
Traductrice : Nao-asakura, alias SuperMiss
Disclaimer : Je ne possède pas Stargate Atlantis, ni aucun de ses personnages ; et je ne fais aucun profit avec cette histoire. J'aime juste m'amuser avec ces héros ; il est possible qu'ils s'en trouvent un peu abîmés, mais jamais rien d'irréparable.

Note de la traductrice : Cette fanfiction a été originalement posté en une seule fois par ga_unicorn sous la forme d'un one-shot, découpé en plusieurs "parties". Pour ma part, afin de faciliter mon travail de relecture et pour ménager le suspense, j'ai préféré couper l'histoire en cinq chapitres suivant ces parties déjà existantes.

OoOoO

McKay fredonnait, un sourire de contentement sur le visage, quand il atteignit son labo.

Il s'était trouvé dans le réfectoire, attendant son tour devant la cafetière, serrant une tasse vide contre sa poitrine tout en se rapprochant lentement de ce nirvana tant désiré, quand Kavanagh l'avait tiré de sa confortable torpeur par ses jacasseries. Il avait essayé de l'ignorer, remplissant sa tasse et tournant les talons en quête de nourriture un peu plus substantielle. Mais les pleurnichements irritants l'avaient suivi, voletant autour de lui, envahissant son espace personnel jusqu'à ce que ses nerfs privés de caféine ne lâchent.

Il se saisit du dernier petit pain athosien juste au moment où les doigts avides de Kavanagh allaient l'atteindre. Il était aux fruits secs, ceux qui sont petits et verts, ce qui n'était pas son parfum favori. Mais il s'en délecta avec plaisir tout en expliquant pourquoi il ne signerait pas la demande de Kavanagh pour que la Porte soit activée et le centre de contrôle désactivé pendant trois jours. Devant les membres attentifs de la petite clique du scientifique au catogan, il expliqua que le même résultat pouvait être obtenu sans couper le courant et en deux fois moins de temps, et il eut le plaisir de voir le visage du scientifique virer au rouge vif.

Il lécha les miettes sur ses doigts, remplit de nouveau sa tasse et sortit rejoindre son labo, laissant Kavanagh totalement impuissant au milieu du réfectoire.

L'un dans l'autre cette journée commençait plutôt bien.

Même le fait d'apercevoir Zelenka en train de fouiller dans les tiroirs de son placard à outils ne parvint pas à le mettre de mauvaise humeur. Il s'appuya contre le montant de la porte et observa l'autre scientifique qui refermait le dernier tiroir et se tournait vers le plan de travail.

« Si tu me disais ce que tu cherches, je pourrais probablement te dire où ça se trouve, » offrit-il, se sentant d'humeur magnanime.

– Je cherche les piles que tu m'as empruntées et jamais rendues, » répondit Zelenka, ouvrant un autre tiroir d'un mouvement brusque.

McKay s'éclaircit la gorge, un peu embarrassé. « L'étagère du haut, derrière toi. Je les rechargeais avant de te les rendre.

– Ça prend une semaine entière pour recharger ? » grogna Zelenka d'un air peu convaincu.

McKay attrapa tout l'appareil à recharger les piles et le descendit, cherchant les piles DeWalt marquées sur le dessus d'un "Z" anguleux à l'encre vert pâle. Après avoir débranché les quatre piles, il les passa à Zelenka et remit le chargeur sur l'étagère. Il le regarda les fourrer dans une boîte à outils renforcée, qu'il attacha ensuite sur un chariot à roulettes.

« Qu'est-ce qui te met de mauvaise humeur comme ça ? Et pourquoi est-ce que tu te sauves ? » demanda-t-il.

– Elle est revenue, » dit le Tchèque d'un ton indigné. « Je vais tuer l'œuf. »

McKay dût réfléchir à cela un instant, et il suivit Zelenka sans y penser quand celui-ci sortit du labo et s'avança dans le couloir.

« Je crois qu'on dit "tuer dans l'œuf" ; pas "tuer l'œuf". » Il comprit de quoi il s'agissait quand ils entrèrent dans le transporteur. « Oh, tu veux dire la surtension dans le Secteur C, sur la jetée nord-est, » dit-il. « Je croyais que tu avais décrété que c'était une décharge accidentelle en provenance d'un autre secteur, et donc pas un problème ?

– Ça a duré trois heures hier, et une heure et demie la veille, » dit Zelenka, en sortant du transporteur et en se dirigeant vers un escalier. « Je suis dans les temps pour mes projets et j'ai une matinée de libre. Alors je vais tuer ça dans l'œuf. Pourquoi tu me suis ? »

McKay se dit que c'était une bonne question, mais aucune réponse décente ne lui vint. Il devait voir Elizabeth un peu plus tard pour discuter des disparitions d'équipement en augmentation, mais il avait encore plusieurs heures devant lui. Il haussa les épaules et leva la main pour activer son micro. « Contrôle, ici McKay.

– On vous écoute, Docteur.

– J'assiste le Docteur Zelenka au sujet d'un problème de surtension dans le Secteur C au nord-est. Dites au Docteur Weir que je serai de retour à temps pour notre réunion. McKay terminé. » Il éteignit son micro et se retourna, s'apercevant que Zelenka lui bloquait le passage vers les escaliers. « Qu'est-ce qu'il y a ?

– Je n'ai pas besoin d'aide. Tu devrais retourner au labo. Tu ne voudrais pas être en retard pour réunion.

– Elle est pas avant 11h 30.

– Il y a réunion du département aujourd'hui.

– Je l'ai reportée à la semaine prochaine, quand Kavanagh sera reparti sur Terre. Lis tes emails. Donc, j'ai largement le temps de "tuer le problème dans l'œuf" et de revenir, » dit-il et il dépassa le petit homme, ignorant ses protestations marmonnées. « C'est combien d'étages plus bas ?

– Dix étages, jusqu'au Niveau 5. » Zelenka le poussa d'un coup de coude et commença à descendre, trainant le chariot derrière lui.

McKay tressaillit : celui-ci s'entrechoquait à chaque marche. « Je suis sûr que ça va pas arranger tes outils. Tu devrais le faire descendre devant toi. Comme ça tu peux contrôler la force de l'impact sur les marches.

– C'est pour ça que les mallettes sont renforcées, » dit Zelenka, sans se retourner. « Et pourquoi il y a des roues avec chambre à air, à la place des roues en plastique. »

McKay regarda le Tchèque tirer violemment sur la poignée, faisant dévaler au chariot plusieurs marches d'affilée. « Je dis juste que… »

Près d'une heure plus tard, McKay se demandait pourquoi il s'était laissé entrainer à la suite de Zelenka, surtout quand tout ce qu'il avait obtenu c'était des insultes. Il ne comprenait pas comment un homme supposément intelligent pouvait se montrer à ce point réfractaire aux critiques constructives ; il s'était contenté de proposer son opinion dans le but d'aider. Et la tirade qu'il avait prise en pleine figure quand il avait essayé d'exposer un moyen plus efficace de localiser et de circonvenir la surtension avait été totalement injustifiée. Il devait, toutefois, reconnaitre qu'il admirait la prévoyance de Zelenka.

Atlantis était remplie de restes de végétation, aussi ils ne furent pas surpris de tomber sur les branches pétrifiées de plantes en pot mortes depuis longtemps. Ce qui les surprit fut de constater qu'avant de mourir la plante avait poussé au point de bloquer le couloir au Niveau 5. Zelenka, sans se laisser décourager, avait sorti une petite scie circulaire de l'une de ses boîtes à outils et s'était frayé un chemin à travers la végétation en moins de trente minutes.

Ils étaient en train de se disputer au sujet des différentes marques d'outils électriques quand ils atteignirent la pièce d'où les surtensions provenaient. La porte était entrouverte, assez pour qu'ils puissent s'y glisser, mais pas assez pour leur permettre d'y faire entrer le chariot. Ils prirent les lampes torches et entrèrent dans la pièce de profil.

Zelenka obliqua immédiatement vers la droite et commença à chercher comment accéder au panneau de contrôle. La vue d'un ordinateur portable ouvert, posé sur une table attira l'attention de McKay. Il fit un pas en avant, en s'écriant : « Hé, Radek, qu'est-ce… »

Il entendit un bruit de course, suivi d'un picotement sur le bras. Il allait tendre la main pour frotter la zone quand son corps se raidit soudain, avant de rapidement se mettre à trembler comme s'il était pris de convulsions. La douleur dansait sur chaque terminaison nerveuse de son corps. Elle se concentra dans sa tête avant d'exploser, l'envoyant dans les ténèbres.

Quand il se réveilla, le sang lui battait les tempes et il avait un goût métallique dans l'arrière-gorge. Il grogna, tenta de s'asseoir, et découvrit qu'on lui avait attaché les poignets et les chevilles. Zelenka, ligoté de la même façon, était couché entre travers de ses jambes. Se redressant sur un coude, il fit le tour de la pièce des yeux, mais celui qui les avait attachés n'était pas présent. Il s'assit et se traina en arrière jusqu'à ce qu'il puisse s'adosser au mur.

« Réveille-toi, Radek. »

Dérangé par toute cette agitation, Zelenka émit un bruit de protestation. Il ouvrit des yeux emplis de douleur, jeta un regard alentours, puis les referma. « Qu'est-ce que tu m'as fait ?

– Je t'ai rien fait du tout, » dit McKay d'un ton impatient. « Allez, assieds-toi. Le mal de crâne commence à disparaitre assez rapidement. »

Il remua les jambes pour encourager l'autre homme à se redresser. Ce qu'il finit par faire, tout en ronchonnant beaucoup. Zelenka venait de s'installer contre le mur à côté de McKay quand deux hommes entrèrent dans la pièce.

Même s'ils portaient un uniforme de l'expédition – aux couleurs de l'équipe scientifique – aucun des deux hommes ne leur était familier. Les intrus avaient tous les deux les cheveux et les yeux marron. Mais les cheveux du plus petit étaient relevés en une courte queue de cheval, tandis qu'une petite cicatrice en forme de croissant juste sous l'œil différenciait le plus grand. Ils étaient en train de se disputer quand ils entrèrent dans le labo. Ils marchèrent jusqu'à un coin éloigné et continuèrent à se disputer. Ils parlaient à voix basse, mais le plus petit ponctuait ses interventions de gestes agités.

McKay fit pivoter ses mains, éprouvant les liens. En plus de l'ordinateur et des équipements de diagnostique, des vêtements et de la nourriture, ils s'étaient aussi approprié les liens en plastique que les équipes de sécurité utilisaient en guise de menottes. Il regrettait de ne pas avoir accepté que Ronon lui montre comment cacher des couteaux sur sa personne, comme il le lui avait proposé. Toutefois il n'était même pas certain de savoir ce qu'il ferait une fois libre. On leur avait retiré leurs micros, de même que tout le reste de l'équipement qu'ils avaient sur eux.

Ils cessèrent de se disputer et le plus petit des deux s'avança à grands pas, les yeux fixés sur les prisonniers. A travers la porte à demi ouverte ils virent que l'on avait emporté le chariot chargé d'outils électriques.

« Des voleurs ! » cracha Zelenka, en se débattant pour se relever. « C'est rien que des voleurs.

– Evidemment, » dit McKay, en levant des yeux furieux en direction du voleur qui portait une cicatrice. « Tout ça c'est l'équipement qui a disparu des réserves. Ils portent même nos uniformes, bon sang. Alors, qu'est-ce que vous espérez exactement accomplir ici tous les deux ? Vous n'allez pas pouvoir faire passer tout ce matériel en douce à travers le Porte. Et pour qui est-ce que vous travaillez d'abord ? Les Genii ? »

Le voleur balafré traversa lentement la pièce, donna un coup de pied désinvolte dans les jambes de Zelenka qui lui barraient le chemin, avant de s'accroupir devant les deux scientifiques.

« Nous sommes… des receleurs. Nous voyageons de planète en planète, prenant ce qui a de la valeur avant de le revendre à ceux qui paient pour l'obtenir. Les Genii ont fait partie de nos clients par le passé et pourraient le redevenir bientôt. Mais nous sommes venus ici, dans cette cité, uniquement en nous basant sur des spéculations. » Il avait dit ça d'un ton amical, raisonnable, et ses lèvres fines s'étirèrent en un sourire que ne reflétaient pas ses yeux sombres.

« Cela fait des mois que nous sommes sur Atlantis et que nous apprenons votre écriture et la façon d'utiliser vos ordinateurs – nettement plus sophistiqués que la plupart de ceux de cette galaxie, un vrai plaisir à utiliser. Nous avons fait pas mal de découvertes fascinantes et nous allons emporter avec nous les informations nécessaires pour les recréer. Mais récemment nous sommes tombés sur des documents qui mentionnaient trois choses dont nous souhaitons acquérir la connaissance, mais auxquelles nous n'avons pas été en mesure d'accéder.

McKay déglutit nerveusement quand l'homme sortit un couteau du fourreau à sa ceinture et se pencha vers eux. Il se rendit compte avec surprise qu'il coupait les liens qui lui entravaient les mains et le remettait sur pied. Il le laissa tenter maladroitement de trouver son équilibre avec les pieds toujours attachés.

« Vous allez nous aider à accéder à ces informations.

– Vous êtes aussi con que vous en avez l'air, si vous pensez sérieusement que je vais vous aider à faire quoi que ce soit, » dit McKay, en se frottant les poignets, avant de croiser les bras d'un air méprisant. « Radek, est-ce que tu… »

Il ne vit pas venir le coup de poing qui l'atteignit sur le côté du visage et l'envoya en arrière s'écouler au sol. Il atterrit en vrac, se cognant le coude par terre ce qui fit courir des fourmis tout le long de son bras jusque dans ses doigts. Frottant le membre qui picotait, il leva la tête vers le voleur et ricana. « Il va falloir que vous fassiez mieux que ça. Les gros bras de la fac m'ont fait pire. Et vous avez intérêt à garder en tête qu'ils ont tous fini par regretter de s'être frotté à un génie. »

Le Balafré resta impassible. « Je sais qui vous êtes, McKay. Je vous ai observé dans la cité, et je sais que vous occupez le poste de Scientifique en Chef. Vous êtes en mesure de récupérer les informations que nous voulons. Une fois que nous les aurons, nous partirons et vous serez libres.

– Je vous en prie, » fit McKay avec un grognement amusé. Il jeta un coup d'œil en direction de Zelenka qui considérait prudemment la scène avec une expression neutre. « Le Balafré ici dit qu'il me connait, mais de toute évidence ce n'est pas le cas vu qu'il croit que je suis un abruti crédule. J'ai entendu… ouf ! »

Son commentaire méprisant se transforma en cri de douleur quand une chaussure de l'uniforme règlementaire du SGC lui entra dans les côtes. Il reposa sur Balafré son regard méprisant. « Vous en êtes déjà réduit à donner des coups de pieds ? Comme c'est… mature de votre part. »

Il échangea des regards avec le voleur, qui finit par hocher légèrement la tête comme s'il acquiesçait. Quand le Balafré s'agenouilla devant eux une nouvelle fois, McKay ressentit une pointe d'appréhension qui se transforma rapidement en terreur quand l'autre homme se saisit des mains attachées de Zelenka.

« Qu'est-ce que vous faites ? » demanda-t-il avec angoisse. « Il ne va pas… Non ! Ne faites pas… ! »

Sous ses yeux horrifiés l'homme à la cicatrice attrapa avec désinvolture le petit doigt de la main gauche de Zelenka, et – en le tordant brusquement – le brisa.

Le son que fit l'os en se brisant et le cri de Zelenka résonnaient encore dans les oreilles de McKay quand on le remit brusquement sur pied et qu'on le poussa vers la table où se trouvait l'équipement informatique volé. Avec les pieds toujours attachés tout ce qu'il pouvait faire c'était tomber en avant, se rattraper au bord de la table et tirer ses pieds vers l'avant. Il se tortilla jusqu'à ce que son dos soit appuyé contre la table.

Il baissa les yeux en direction de Zelenka, qui lui retourna un regard inquiet. Le Tchèque serrait contre lui sa main blessée, et le petit doigt était orienté à un angle vraiment pas naturel. « Je sais que c'est stupide de demander, mais est-ce que ça va, Radek ? »

Zelenka, pâle mais énervé, secoua la tête : « Tu ne devrais pas aider. »

McKay lança un regard furtif au Balafré, puis baissa les yeux. Il commença à frotter les doigts de sa main gauche ensemble, avant de croiser les bras et de mettre les mains sous ses aisselles. « Quel genre d'informations vous cherchez ?

– Nous voulons toutes les recherches sur le vaccin Hoffan et le rétrovirus Wraith, » annonça le Balafré d'un ton calme. « Et bien sûr, la thérapie génique. Avec ça, le nombre de technologies utilisables sera bien plus grand.

– Co… comment vous êtes au courant de tout ça ? » demanda McKay, consterné.

– Je vous l'ai dit, ça fait des mois que nous sommes ici. Récupérez les informations.

– Ce n'est pas si simple, » dit McKay d'un ton indigné. « Ces recherches se trouvent dans une base de données sécurisée et je n'y ai pas accès. Ça va prendre du temps.

– Je sais tout ça, Docteur, » dit le Balafré avec impatience, faisant un pas en avant et acculant McKay à la table. « Si nous avions eu quelques mois supplémentaires, nous aurions décrypté le code et nous nous serions emparés des informations nous-mêmes. Nous serions partis d'ici sans que quiconque n'ait été au courant de notre présence. Mais vous nous avez surpris, aussi nos plans ont changé. Récupérez les informations. Maintenant. Je suis certain que le Docteur Zelenka apprécierait lui aussi que vous vous dépêchiez. »

McKay frémit devant le sourire froid qui apparut sur le visage du Balafré. Il risqua un regard en direction de Zelenka qui était roulé en boule autour de sa main cassée pour la protéger, puis hocha la tête et se traina jusqu'au tabouret qui faisait face au clavier.

Il leva une main et se frotta la tempe, en espérant que le voleur ne verrait pas le tic révélateur qu'il avait près de l'œil quand il mentait. « D'accord. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre. Ça… ça pourrait durer au moins deux heures. »

A ce moment-là, l'heure de sa réunion avec Elizabeth serait passée depuis longtemps. Avec lui et Zelenka injoignables par radio, quelqu'un viendrait les chercher. Il pouvait faire trainer les choses jusque là.

OoOoO

NdT : à suivre...