Disclaimer : James, Charlus et Doréa Potter appartiennent à JKR. Tous les autres personnages m'appartiennent.

Résumé : Un bref aperçu de l'économie sorcière et de certaines de ses traditions à travers les yeux d'une future Potter.

AN : Le titre est un jeu de mots sur les termes anglais woolgathering qui signifie « rêverie » et wool gathering qui veut dire « ramassage de la laine ».

AN 2 : Cet OS a été écrit dans le cadre des nuits du Fof (un thème, une heure, un texte) pour le thème « troupeau ». N'hésitez pas à m'envoyer un MP pour plus de renseignements.


WoolGathering


Le soleil jouait à cache-cache avec les nuages sur les Manor Hills en cette après-midi de mai. Les rayons clairsemés avivaient les couleurs des collines ici et là, faisant ressortir les camaïeux de vert et de marron offerts par le paysage vallonné. Les nombreux petits cours d'eau reflétaient en éclats argentés la lumière du soleil avant d'aller se noyer plus loin dans la rivière Tweed, qui prenait sa source un peu plus loin dans les collines, à Tweed's Well, irriguant toutes les Scottish Borders avant d'aller se jeter dans la Mer du Nord. Lorsqu'on montait au sommet de l'une des collines environnantes on pouvait percevoir, si le temps s'y prêtait, Gathersnow Hill au nord-ouest, et, au sud, les lisières d'Oliver Wood.

La région des Scottisch Borders était réputée, y compris chez les sorciers, pour l'abondance des truites et saumons dans ses cours d'eau, pour le gibier qu'on pouvait y croiser et pour ses vaches et ses moutons.

Ce sont ces derniers animaux qui parsemaient pour l'instant une bonne partie des prés de la petite vallée coincée entre plusieurs collines. Par endroits, ils formaient un compact manteau floconneux. Et fort bruyant. En effet les bêlements des agneaux séparés un instant de leurs mères par les mouvements des troupeaux, ceux des brebis appelant leurs petits et ceux des bêtes qu'on emmenait un peu plus loin pour la tonte formaient une véritable cacophonie. Et il en était ainsi chaque année quand arrivait le moment de la tonte à Chollerton Park, le domaine ancestral de la Très Honorable Maison des Potter.

Chollerton Park s'étalait sur une vaste portion des Manor Hills, auxquelles il avait d'ailleurs donné son nom, à l'époque où les moldus avaient encore conscience de la présence du manoir familial. Contrairement à ce que pensaient beaucoup des Nés-de-moldus en entendant le nom, Chollerton Park comportait bien plus que simplement la résidence des Potter. Outre cela et les bâtiments immédiatement attenants – écuries et serres notamment, le domaine comptait également plusieurs bergeries, une filature, une usine de tissage, une tannerie et un abattoir et deux petits hameaux nichés, l'un à proximité immédiate de Chollerton Manor, juste au-delà des vastes pelouses du château, et l'autre à côté des bergeries, veillant consciencieusement sur une des sources majeures de richesse de la Maison Potter : ses moutons.

En effet, c'est grâce à ces animaux que la famille Potter avait pu devenir ce qu'elle était aujourd'hui. Les bêtes fournissaient laine, lait, viande et peaux et rien de tout cela n'était perdu. Les toisons récupérées étaient soigneusement lavées avec de généreuses ponctions sur les ruisseaux environnants, puis la laine était cardée, filée et tissée avant d'être vendue dans tout le monde sorcier. Les plus fines des étoffes ainsi créées étaient même exportées vers le Continent. Le lait était transformé en fromages et la viande se retrouvait aussi bien sur les tables les plus plébéiennes que sur celles de l'élite magique. Une fois tannées, les peaux devenaient des parchemins, des reliures de livres et de la maroquinerie en tout genre. Même les cornes des béliers étaient utilisées, notamment dans des cannes ou des bâtons de berger. Bref, pour les Potter, dans le mouton, tout était bon et avec le temps, le petit troupeau initial était devenu un vaste cheptel composé de plusieurs races et les métiers à tisser et les rouets ancestraux s'étaient transformés en de véritables usines, dans la mesure où le monde magique britannique pouvait se targuer de posséder des usines.

La majorité des travailleurs vivaient sur les terres des Potter, soit dans les hameaux de Chollerton et Hill Down, soit dans des fermes isolées dans les collines, mais un petit nombre d'entre eux résidaient plus loin, dans les villages moldus comme Tweedsmuir ou plus loin encore autour de Melrose, là où vivait également la famille Abbott, des alliés traditionnels de la Maison Potter. Seuls quelques artisans habitaient plus loin, le gantier notamment qui logeait à Edimbourg et transplanait chaque matin pour se rendre à son atelier de Hill Down.

Si on y ajoutait la ferme de Grinwhill, qui fournissait des œufs frais et quelques céréales, les serres et le potager du château et les arpents boisés que possédait un peu plus loin la famille, Chollerton Park était un microcosme qui pouvait parfaitement vivre en complète autonomie sans se préoccuper du reste du monde. C'était dans cette petite communauté que les Potter s'étaient progressivement élevés jusqu'au sommet avant que la mise en place du réseau de Cheminette au milieu du 15è siècle ne lui permette une nouvelle ascension, cette fois-ci jusqu'à la tête de la société sorcière toute entière. Bruce Potter avait été le premier Ministre de la Magie, une chose que sa lignée laissait rarement oublier aux autres, tout comme les Bones aimaient à rappeler qu'ils descendaient d'une famille royale ou les Mallory qu'ils comptaient Rowena Serdaigle et Helga Poufsouffle parmi leurs ancêtres. Et progressivement, la Très Honorable Maison des Potter était devenue une des forces majeures de Grande-Bretagne. Et si certains, comme les Malefoy, dénigraient son manque d'argent, c'est qu'ils oubliaient que les Potter contrôlaient directement ou indirectement des pans entiers de l'économie sorcière et que si l'envie leur prenait soudain de quadrupler le prix de leur laine, les sorciers seraient bien obligés de faire avec, à moins d'importer le matériau ou d'aller le chercher chez les Moldus, tant la position de quasi-monopole des propriétaires de Chollerton était forte en ce domaine, et alors tout l'argent des Malefoy ne servirait qu'à une chose : enrichir davantage les Potter. Malgré les critiques qu'ils pouvaient publiquement offrir à l'encontre des Potter, les Black avaient parfaitement compris cet état de fait et c'était sans humiliation aucune qu'ils avaient marié une de leurs filles à celui qui était alors l'héritier Potter.

Mais de savoir tout cela ne faisait que renforcer l'étonnement de Saoirse Hennessy d'avoir été choisie comme future épouse d'un membre de cette famille, elle qui venait d'une famille mineure, tout juste considérée comme des Sangs-purs depuis trois petites générations. D'autant que lorsque le contrat avait été signé, sept ans auparavant, beaucoup pensaient l'union entre Charlus Potter et Doréa Black stérile après quinze ans de mariage sans enfant et Allan Potter, le fiancé de Saoirse et le neveu de Charlus, était considéré comme l'héritier de la lignée. Si James n'était pas né un peu plus d'un an après la signature, Saoirse aurait un jour pu devenir Lady Potter.

C'était pour la préparer à son éventuel rôle de Lady Potter qu'une des clauses du contrat stipulait que le 31 août 1962 serait le dernier jour où Saoirse pourrait appeler la maison de ses parents sienne. En effet, dès son entrée à Poudlard, toutes ses possessions avaient été déménagées à Chollerton Manor. Il n'aurait après tout pas été politiquement correct que Saoirse vive chez ses futurs beaux-parents mais cela ne gênait pas grand monde qu'elle réside chez son futur Patriarche jusqu'à son mariage. Le soir du 1er septembre, lorsque les trois autres filles avec qui elle partageait son dortoir s'étaient enfin endormies, Saoirse avait pleuré toutes les larmes de son corps. Elle avait beau avoir eu presque deux ans pour s'habituer à l'idée qu'il lui fallait quitter sa famille, cela ne rendait pas la chose facile.

Elle avait entamé les vacances de Noël, son premier séjour chez les Potter, avec anxiété. D'abord parce que ce serait la première fois qu'elle passerait Yule loin de sa famille, mais aussi parce qu'elle avait peur de décevoir. Après tout, son fiancé ne passait-il pas plus de temps avec ses propres amis qu'avec elle ? Certes ils étaient dans des Maisons et des années différentes, mais c'était tout de même elle qui avait dû entamer toutes leurs conversations, lui se contentant parfaitement d'une simple salutation et d'un éventuel « Comment vas-tu ? » lorsqu'ils se croisaient dans les couloirs de l'école. N'allait-on pas lui reprocher de ne pas être une bonne fiancée pour Allan, de ne pas être capable de lui fournir ce qu'il recherchait ? Et Lady Potter, la terrible Lady Potter, née dans la non moins terrible Maison des Black, qu'allait-elle penser de Saoirse, de son apparence encore enfantine, de ses manières qui n'étaient sûrement pas à la hauteur de ce qu'on attendait d'une Potter ?

Les premiers jours à Chollerton Manor n'avaient pas vraiment rassuré Saoirse. Le soir de leur retour de l'école, les parents d'Allan avaient dîné au manoir et les quatre adultes avaient tous affiché un air désappointé en apprenant que les deux adolescents n'étaient pas plus proches. Le lendemain matin, Saoirse avait été tiré du lit bien trop tôt à son goût et traîné dans un des multiples salons de la résidence où l'attendaient les meilleurs tailleurs et couturiers du pays. Sa garde-robe avait été intégralement refaite, il ne lui avait été permis de garder que quelques tenues et chemises de nuit de son enfance, le reste avait été donné à des œuvres de charité et de nouveaux vêtement, plus riches et plus beaux, avaient été installés dans ses placards. Elle avait ensuite passé l'après-midi à écouter Lady Potter lui expliquer les règles basiques de l'étiquette sorcière. Saoirse avait été quelque peu soulagée de se rendre compte qu'elle en connaissait déjà un bon nombre. Et puis Doréa avait écrasé ce sentiment en la reprenant sur ce qu'elle pensait savoir : son dos n'était pas assez droit, sa tête pas assez haute (il importait peu que Saoirse soit timide par nature, elle était une Potter ou elle le serait bientôt, et à ce titre, il lui appartenait de garder sa tête haute et fière), sa démarche pas assez gracieuse et sa façon de tenir sa baguette ressemblait plus à une Née-de-moldue ou à une Cracmolle qu'à une sorcière digne de ce nom. La mère de James avait encore moins apprécié les larmes qui avaient envahi les yeux de Saoirse devant ces réprimandes et elle l'avait envoyée se calmer dans sa chambre.

Fort heureusement, les choses s'étaient par la suite améliorées. D'abord parce que Saoirse avait rencontré les deux autres mineurs qui vivaient à Chollerton et en premier lieu James, le fils de Charlus et Doréa, celui qui l'avait sauvé du fardeau de Lady Potter. Ce dont elle lui était extrêmement reconnaissante car elle n'osait imaginer les attentes qui pèseraient sur elle si cela avait dû être son destin. Et elle avait fait la connaissance de Colleen Potter. La jeune fille, qui venait de fêter ses dix-sept ans, était techniquement parlant la cousine de Charlus, la fille de son oncle Charles. Ce dernier avait été tué par les chevaliers de Walpurgis quelques mois avant la naissance de Colleen et son épouse avait préféré retourné dans sa famille, sitôt les trois ans de sa fille atteints. Colleen avait donc été élevée par son cousin et l'épouse de celui-ci. Ayant vécu toute sa vie en leur compagnie, elle connaissait bien leur tempérament et leurs humeurs, assez pour parvenir à rassurer Saoirse et à lui faire reprendre confiance en elle.

Saoirse avait deux frères cadets et pas de sœur. Encore moins une sœur aînée. Mais si elle en avait eu une, elle aurait aimé qu'elle ressemble à Colleen. Lorsque les vacances s'étaient achevées, la jeune Hennessy avait été heureuse de pouvoir compter sur le soutien de Colleen à Poudlard, surtout après l'épreuve qu'avait été Yule.

Les Potter avaient invité les Hennessy à venir passer la journée avec eux, pour que Saoirse puisse voir sa famille. Mais, même s'ils avaient eu plusieurs moments d'intimité pour pouvoir réellement être une famille, il n'en avait rien été. Confrontée à ses parents pour la première fois depuis septembre, Saoirse s'était sentie mal à l'aise, la différence évidente dans la richesse de leurs vêtements n'arrangeant pas les choses. L'adolescente avait beau avoir choisi une de ses tenues les plus décontractées parmi se nouvelle garde-robe et ses parents arboré leurs plus beaux atours, elle avait de façon évidente la supériorité dans ce domaine. Et au-delà de cette preuve physique de leur éloignement, Saoirse avait découvert que ces parents qu'elle avait tant pleurés pendant son premier trimestre lui donnaient aujourd'hui plus envie de hurler de rage que de courir les embrasser. Elle s'était sentie honteuse de ce sentiment sans pouvoir pour autant s'en débarrasser.

Cette rencontre avait au moins eu comme avantage de la pousser à s'intégrer de son mieux à sa nouvelle famille puisque l'ancienne était déjà si inconfortable. Et Colleen lui avait fait remarquer que cette situation lui permettait au moins de pouvoir mieux connaître son futur époux au lieu de se retrouver mariée avec une vague connaissance comme cela était arrivé à ses propres parents. En effet, Allan, sans doute poussé en cela par sa famille, avait fait des efforts pour passer du temps avec elle, s'efforçant de créer une relation sinon amicale, du moins cordiale. Et désormais, lorsqu'ils se croisaient dans les couloirs, le Gryffondor prenait le temps de s'arrêter quelques instants et de lui parler. Et une fois par semaine, ils se promenaient dans le parc ou prenaient le thé ensemble et discutaient des jours qui venaient de passer, de leurs centres d'intérêt, de leurs ambitions futures, bref de tout ce qui pouvait les amener à un jour avoir un mariage harmonieux. Colleen également prenait le temps de venir discuter avec la petite première année de Poufsouffle au lieu de rester avec ses camarades de septième année de Serdaigle, ce qu'elle n'avait pas fait précédemment.

Et Saoirse s'était adaptée. Elle avait découvert que Lady Potter n'était pas si horrible que ça, qu'elle pouvait être une mère attentionnée et parfois chaleureuse. Que Lord Potter était un homme jovial, qui aimait plaisanter et gâtait outrageusement son héritier. Que si son futur beau-père intimidait toujours autant Saoirse, sa future belle-mère et celle qui avait organisé son mariage était une femme d'une exquise gentillesse, qui prenait régulièrement le temps de discuter avec elle, notamment de leurs expériences respectives dans la maison du blaireau, et la maternait quand l'envie lui prenait. Que son futur mari n'était pas si affreux et distant que cela. Que les règles qu'elle avait désespéré de jamais connaître n'étaient pas si dures que cela à intégrer et que politesse, humilité et un sourire fermement plaqué sur son visage aidaient à apaiser les regards noirs des matrones et à tourner leurs regards et leurs langues acérés vers d'autres sujets. Qu'au final si se marier dans la famille Potter n'était peut-être pas le privilège que semblaient penser ses condisciples, ce n'était pas non plus une tragédie.

Oui en ce mois de mai 1967, Saoirse Hennessy (puisqu'elle portait toujours ce nom, même si certains lui donnaient déjà celui de Potter) était satisfaite et sereine. D'autant qu'une épidémie de mavérose frappait actuellement Poudlard et qu'au vu des séquelles que les formes les plus virulentes de cette maladie pouvaient causer chez les femmes (entre autres joyeusetés la stérilité était ce qui inquiétait le plus les familles), il avait été conseillé aux élèves de sexe féminin de rentrer chez elles. Ce qui créait des petites vacances impromptues pour Saoirse. Enfin, vacances était un bien grand mot. Puisqu'elle avait ses BUSEs à la fin du mois prochain, les Potter avaient engagé un tuteur pour s'assurer qu'elle ne perde pas de temps dans ses révisions. Et puisque étant une élève assidue, elle avait déjà pris de l'avance dans le programme, il lui avait été accordé une après-midi de loisirs. Vu l'insistance de son futur cousin, elle avait décidé de la passer en sa compagnie à observer la tonte des troupeaux.

James était en train de caresser avec ferveur un des agneaux Herdwick. Il faut dire que leur laine encore noire les rendait peut-être plus attractifs (et surtout plus facilement repérables) que les petits agneaux blancs du cheptel de Scottish Blackface. Quant aux Lincoln Longwool, la dernière des races élevées par les Potter, les enclos étaient strictement interdits à ceux qui n'avaient pas l'habitude de s'occuper d'eux. Après tout, c'étaient eux qui produisaient la plus belle laine et rien ne devait venir perturber cela, surtout pas l'excitation provoquée par un petit garçon trop actif. Les Blackface et les Herdwick étaient des bêtes beaucoup plus résistantes et passaient une partie de l'année lâchés en liberté dans les collines voisines. Les Herdwick surtout, qui avaient été offerts par plaisanterie à Harold Potter, l'arrière-grand-père de James dans les années 20, passaient le plus clair de leur temps en parfaite autonomie, à l'exception des périodes d'agnelage et de tonte où ils étaient ramenés plus près des bergeries. Et oui, une connaissance parfaite de tout c qui était lié de près ou de loin aux élevages de moutons de Chollerton Park était nécessaire à tout membre ou futur membre de la Maison des Potter. Et à force d'entendre rabâcher les nombreuses qualités de ces trois races, Saoirse avait fini par apprendre à aimer les bestioles. Moins bien sûr que l'enthousiasme presque délirant dont faisait actuellement preuve le futur Lord Potter.

Vu le destin qui lui était imparti par sa naissance, le jeune garçon avait déjà commencé son éducation dans ce qu'impliquait d'être le chef d'une des Quatorze Maisons. Et Saoirse, qui était plus qu'heureuse d'avoir échappé à ce fichu titre, semblait cependant ne pas pouvoir totalement s'en débarrasser puisque James avait déclaré trois jours auparavant que lorsqu'il serait plus grand, il épouserait la jeune fille rousse. Le petit bonhomme avait été plus que déçu d'apprendre que cela ne serait pas possible puisqu'elle était déjà fiancée à son cousin. Il avait fait la tête pendant la moitié du repas, jusqu'à ce que Doréa ne l'envoie passer sa mauvaise humeur dans sa chambre plutôt que de l'infliger aux autres. Lorsqu'il était sorti, escorté par un elfe de maison, les six convives restants (puisque les parents d'Allan et Colleen dînaient avec eux ce soir-là) avaient éclaté de rire. La réponse d'Allan à la lettre où elle relatait l'incident avait été tout aussi amusée.

En attendant le retour du cousin qu'il détestait en ce moment plus que tout, James avait décidé d'accaparer autant que possible le temps de la jeune fille. Entre leurs leçons respectives, ce n'était pas un temps si important que cela et Saoirse dédiait bien volontiers ces portions de journée à l'adorable bambin.

Après tout, au-delà de l'affection véritable qu'elle lui portait, la rousse avait été bien formée par Doréa Black-Potter et elle ne pouvait pas oublier qu'un jour, tout ce qui se trouvait devant eux appartiendrait à James, qu'il deviendrait Lord Potter et qu'il aurait une influence considérable sur bien des choses dans la vie de Saoirse. Loin de l'image féérique que s'en faisaient tous ceux qui rêvaient d'entrer dans une des Quatorze Familles, c'était également cela appartenir à l'élite magique.


AN : Comme vous pouvez vous en douter en lisant ce texte, j'ai crée un arbre généalogique pour les Potter. Les parents de James sont Charlus (1918-1977) et Doréa Potter (née Black, 1920-1977, épouse Charlus en 1941). Son grand-père était Marcus Potter (1893-1952) et son arrière-grand-père Harold Potter (1868-1936). Outre Marcus, Harold a eu quatre autres enfants dont Charles Potter (1910-1945), l'époux de Nerys Mallory et le père de Colleen (1945-1976). Marcus Potter a eu deux fils, Charlus et Gabriel (1928-1977). Gabriel a épousé en 1946 Megan Branstone (1929-1977) qui lui a donné un fils, Allan (1950-1978). C'est ce fils qui est le fiancé de Saoirse Hennessy (1951-1981).

Saoirse est un prénom irlandais qui signifie « liberté » en gaëlique. Il se prononce SEER-sha (ou si vous préférez en phonétique /siːrʃə/).

La mavérose est une maladie totalement imaginaire, ne la cherchez donc pas dans une encyclopédie médicale.

Ensuite quelques informations sur les différentes races de moutons citées :

Le Scottish Blackface est la race de moutons la plus répandue au Royaume-Uni (environ 30% du cheptel national). Utilisée au moins depuis le 15ème siècle, cette race s'adapte facilement, y compris aux endroits les plus inhospitaliers de l'île. Bonnes laitières, les brebis sont aussi d'excellentes mères qui n'hésitent pas à défendre leurs petits face à des prédateurs. Leur viande, relativement maigre, est très appréciée. Leur laine est assez grossière mais est très recherchée pour les rembourrages de matelas, les tissus d'ameublement et les tapis. Leurs cornes servent souvent dans des houlettes ou des bâtons de marche. Enfin, avantage non négligeable, la tremblante du mouton n'a jamais été détectée chez cette race.

Le Lincoln Longwood est le plus grand mouton britannique et a été spécialement modifié (notamment à la fin du 18ème siècle) pour produire la toison la plus longue, la plus lourde et la plus brillante au monde. La laine produite est de très haute qualité et est très recherchée.

Introduits en Angleterre par les Vikings dès le 10ème siècle, les moutons Herdwick sont une race rustique du Lake District (nord de l'Angleterre) qui résiste particulièrement bien aux intempéries. Généralement livrés à eux même pendant l'hiver, ils survivent sans problème dans les montagnes de la région, se répartissant soigneusement le territoire entre les différents troupeaux et ne s'éloignant que très peu de leur zone d'attribution. Les agneaux naissent noirs avant de s'éclaircir, notamment après leur première tonte. La laine qu'ils produisent est rustique et essentiellement utilisée pour les tapis ou pour l'isolation thermique des bâtiments. Leur viande est quant à elle très appréciée puisque, par exemple, on en servit au banquet de couronnement de la reine Elizabeth II. A sa mort, l'auteur de livres pour enfants Beatrix Potter possédait plus de quinze fermes et 1600 ha entièrement dédiés à l'élevage de moutons Herdwick. C'est en référence à cet auteur qu'un petit plaisantin a cru bon d'offrir à Harold Potter des moutons Herdwick. Et non, Beatrix Potter n'a aucun lien avec les Potter qui nous intéressent.