2-SHOT cadeau pour Na-Chan2 (chut! Elle le sait pas :) pour m'avoir fait aimer les fanfictions avec sa superbe fanfiction Aurum, et m'avoir surtout donné envie d'écrire. C'est grâce à elle que mes fics sont nées.

Alors clap clap clap.

J'espère en tout cas que cette fic vous plaira à tous!

Gros bisous

Blibl'


Be Happy!

1.

« Servilus est tellement pitoyable. » Siffla Sirius en levant les yeux de son livre, alors que Severus Snape venait de quitter la pièce après avoir fait un compte-rendu de la dernière réunion de mangemort.

Un sourire entendu étira le visage de Maugrey et celui-ci approuva avec vivacité. « Et bien, l'amer pli qui barre son front et surplombe son immense nez ne doit pas aider à le rendre joyeux. »

Sirius éclata de son grand rire de chien et tapa sur sa cuisse, ravi d'avoir un public. « Merlin Maugrey, tu as sans doute raison, une tête pareille ne devrait pas exister. Je le plaindrais presque à l'idée que personne n'a jamais dû vouloir l'approcher. » « Oh, certain qu'il est encore puceau. » S'exclaffa Maugrey, et ce fut au tour de Kingsley d'approuver, en souriant doucement.

« Et bien, tout le monde ne peut pas être beau. Mais il nous sert bien. » Kingsley semblait vouloir calmer le jeu des deux autres hommes mais visiblement, la chose n'était en rien aisée.

« Oh allez Kingsley, qui peut être certain qu'il nous sert réellement. Dumbledore n'a jamais donné aucune sorte de preuve sur le fait qu'on peut faire confiance à ce bâtard. Regardes simplement la façon dont il traite Harry. C'est un connard insensible qui se joue du malheur des autres. Sûr qu'il ira directement aux pieds de Voldemort et nous lâchera dés l'instant où il sentira que peut être, le vent tourne en faveur du Mal. »

« Sirius, ce n'est pas vrai. Severus est avec nous depuis très longtemps. » Rémus à son tour, prit part à la conversation, mais il ne semblait pas réellement se soucier de toutes les saloperies que pouvait sortir sur Severus Snape Sirius, Maugrey et maintenant Kingsley.

Et même Molly.

« Voyons voyons, Rémus. Il est vrai que Severus n'est pas vraiment digne de confiance, regardes comme il a toujours traité Harry. Je pense que Dumbledore ne devrait pas avoir une si grande confiance en lui. Cet homme est effectivement serviable mais il est haïssable, on ne devrait pas lui accorder autant de crédit. Le jour où il nous poignardera dans le dos sera le jour de notre fin. »

« Bien parlé Molly. » Approuva énergiquement Sirius, - et pour une fois qu'ils étaient d'accord - et Maugrey et Kingsley manifestèrent également leur accord. Rémus se contenta de grogner.

« Il n'est pas haïssable, Molly. » Intervint à son tour Tonks, et enfin il semblait que quelqu'un allait prendre la défense de Snape. « Il est juste mauvais comme la peste, pas étonnant qu'il ait été traité comme il l'a été par ses parents, je suis sûr que les pauvres ne savaient pas quoi faire avec un gosse qui avait l'air du diable. »

Oh Merlin, c'en était trop à présent, et Harry avait juste envie de descendre les marches de l'escalier sur lequel il était assis et d'entrer dans la pièce pour expliquer sa façon de penser à ces persones ingrates qu'il pensait justes et bonnes. Comment osaient-ils parler ainsi de la seule personne qui les aidait à avancer dans cette guerre?

Il ne pouvait pas cependant surgir ainsi, parce qu'il était sensé dormir, et parce que ce serait se révéler aux yeux de la victime de tous ces colibets.

Parce que Snape était là, et c'était cela encore plus que le reste qui mettait Harry hors de lui. Bien sûr, il n'avait jamais réellement aimé Snape ; L'homme n'avait jamais vraiment montré beaucoup de bonté envers lui, mais il l'estimait depuis qu'il avait sauvé Sirius, depuis qu'il avait risqué sa vie pour apprendre à Dumbledore l'heure et la stratégie pour une immense bataille qui aurait pu coûter la vie à bon nombre d'innocents. Et pourtant, malgré le fait que l'homme pouvait être découvert à tout moment, il continuait à chaque fois que sa marque le brûlait, à se rendre auprès du monstre, risquant la mort. Et Harry pour cela, avait une grande estime pour Snape. Il se sentait même inquiet, la plupart du temps, lorsqu'il était parti là-bas.

Comment ces gens qui se prétendaient représenter le bien pouvait traiter ainsi l'un des leurs, celui qui risquait sans doute bien plus qu'eux sa vie?

Et l'homme, alors que Harry était certain qu'il n'allait pas prendre les méchancetés des autres comme quelque chose d'important, comme il le faisait toujours quand il était face à eux, semblait beaucoup moins maître de lui-même.

Il était là, tristement courbé, et tête baissée, il tenait entre son pouce et son index son long nez. Et cette attitude était tellement emprunte de lassitude et de tristesse que Harry sentit son coeur et son ventre se serrer. Il regarda, impuissant, l'homme en noir quitter les lieux et passer la porte, et se jura qu'à partir de maintenant, il rendrait Severus Snape heureux.

- & -

La première chose que Harry fit, fut d'exiger de se rendre sur le chemin de traverse pour acheter un cadeau pour le professeur Snape.

Bien sûr, son excuse était l'achat de tous les cadeaux de noël pour tout le monde, mais alors qu'ils étaient sur la grande avenue, il avait réussi à s'éclipser discrètement, et peu importe le danger qu'il courait ou la colère et l'inquiétude que pourrait ressentir ses 'gardiens' face à sa disparition, il devait trouver un beau cadeau pour Severus Snape. L'idée de le rendre heureux, vraiment, était devenu quelque chose de presque aussi important que l'affrontement contre Voldemort.

Rendre heureux Severus Snape était devenue cette autre chose, qui manquait à la vie de Harry, qui lui donnait un autre but que celui de tuer ou d'être tué. Et Harry espérait vraiment que cela marcherait.

Il se rendit donc, prestement et caché sous sa cape d'invisibilité, jusqu'à une librairie dans l'allée des antiquaires – et c'était une rue qu'il n'avait encore jamais empruntée, mais il avait été heureux d'entendre Rémus en parler la veille, parce qu'ainsi il n'avait pas à se demander ou est-ce qu'il pourrait trouver un grimoire de potions ancien et unique pour son professeur.

Content de lui – c'était si exaltant de se dire qu'il allait trouver quelque chose qui serait le début de sa mission 'rendre heureux Sévérus Snape' – il pénétra dans la librairie et ôta sa cape d'invisibilité avant que quiconque ait pu s'apercevoir de son invisible présence. Alors qu'il marchait dans les rayonnages emplit de livres épais et poussiéreux, il entendit des bruits de pas faisant craquer le vieux plancher et se retourna. Un homme à la barbe rousse lui faisait face, un fin sourire aux lèvres.

« Et bien monsieur Potter, je n'ai jamais ne serait-ce qu'imaginé vous avoir dans ma boutique, que puis-je faire pour vous? »

Cet endroit, d'après Harry, était comme un petit paradis. Autant il n'aimait pas beaucoup la lecture, autant tous ces gros livres renfermant sûrement des clés insolites concernant la magie, des histoires fantastiques, et ces grands fauteuils, et ces petites tables entourant un feu de cheminée dans un coin, donnaient à l'endroit une atmosphère chaleureuse incroyable. Harry était certain que quelque part, en moins poussiéreux, les appartements de Severus Snape devait ressembler à cela.

« Bonjour monsieur. » Répondit gentiment Harry en souriant.

L'homme sourit encore un peu plus, des fossettes apparaissant sur ses joues rondes et légèrement ridées et il remonta ses grosses lunettes carrées devant ses yeux.

« Je suis à la recherche d'un livre de potion, d'un vrai grimoire ancien, si possible en exemplaire unique. C'est un cadeau pour un grand maître des potions, alors je tiens à lui faire un cadeau inédit, renfermant de nombreuses potions restées secrètes ou quelque chose comme ça. »

Ce devait être amusant d'être maître des potions, en réalité. Harry n'avait jamais vu cela ainsi, mais découvrir de nouvelles potions, curatives ou bien simplement magique devait être génial.

Il se souvenait de son premier jour de classe, lorsqu'il avait onze ans, et que le professeur Snape était arrivé dans la salle en faisant claquer ses grandes robes noires: « Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques...je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillone doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens...Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours. » Oh vraiment, Harry se souvenait avec une netteté impressionante du discours de 'bienvenue' de leur professeur.

Petit, il n'avait pas vraiment fait attention à ce que la confection de potions pouvait avoir à offrir, aujourd'hui cependant, alors qu'il avait devant ses yeux un nombre impressionnant de grimoires renfermant sûrement des siècles de potions, d'assortiments de toutes choses magiques ou non magiques, d'expériences fabuleuses ou au contraire dangereuses et mauvaises, Harry se dit que si Severus Snape avait été plus compatissant envers leur jeunesse frétillante, il aurait pu leur montrer à quel point les potions pouvaient être un sujet passionnant.

Du moins, était-ce ce que Harry pensait en cet instant.

« Ah monsieur Potter. » Répondit l'homme roux alors que ses yeux s'illuminaient d'une telle passion que Harry se dit qu'il aimerait lui aussi être passionné pour quelque chose - Peut être qu'à présent, lorsqu'il pensait à rendre Severus heureux, avait-il l'air tout aussi passionné? -

« J'ai dans ma réserve de nombreux livres dont personne n'a connaissance. Ma famille est libraire depuis des générations et des générations, et nous avons amassés de nombreux ouvrages hors des cercles de lecture. C'est un petit trésor, mais pour vous jeune homme, il n'y a rien que je puisse vous refuser. Suivez-moi. »

L'homme était vraiment gentil. Et Harry était vraiment content. Il le suivit dans les méandres de la petit boutique, passant entre des rangées si étroites et si hautes que Harry avait peur de bousculer une étagère et qu'elle s'écroule sur l'autre, et ils atteignirent bientôt ce qui semblait être le bout du monde des livres.

Là, une petite porte en bois clair était fermée par un petit verrou. Cela ne payait pas de mine, mais les dix minutes que prit l'homme pour ouvrir la porte suffit à prouver au brun que la salle dans laquelle ils allaient pénétrer était on ne peut plus protégée.

« Bienvenue, jeune homme, dans la réserve de Caius. Ici sont entreposés tous les livres jamais parus. Prenez bien conscience de la chance que vous avez jeune homme, personne n'est entré ici à part notre famille depuis Guillaume le Conquérant. Et encore, lui ne voulait qu'un moyen de conquérir la France, une potion à verser dans la manche, qui ferait revenir à la vie toutes les armées perdues dans la mer. Il n'a jamais réussi. »

Harry, peu importe ce que l'homme pouvait raconter, n'en écoutait pas grands mots, de fait, l'immense bibliothèque qu'il avait sous les yeux, de la petite estrade de laquelle il surplombait tout, était bien plus immense encore que la librairie. Peut être était-elle même encore plus grande que la bibliothèque de Poudlard! C'était immense, Merlin. Il vint alors à Harry l'impression que ce n'était pas un simple grimoire qu'il fallait offrir à Severus, mais le droit de pénétrer dans cette univers merveilleux.

« C'est magnifique, n'est-ce pas? Suivez-moi, je vais vous conduire à la section des potions. » D'un bon pas, l'homme se mit à marcher et l'enjoigna à ne surtout pas le perdre, on s'égarait ici comme dans un labyrinthe.

La section potion devait faire la taille du grand hall de Poudlard, c'était plus qu'immense, Harry n'avait jamais vu ça. Il n'y avait pas de mot.

« Je connais tous les livres entreposés ici, jeune homme. Qui est cet homme à qui vous voulez faire un tel don? » La curiosité tue le chat, dit l'adage, mais Harry n'était pas prêt à perdre l'opportunité d'offrir un tel cadeau à Severus Snape. Et l'homme de toute façon, ne semblait pas être enclin à juste le rejeter et lui dire de déguerpir. Au contraire, il semblait que le libraire était plutôt heureux de pouvoir montrer son trésor.

« C'est pour le noël d'un homme que j'estime beaucoup et sans qui je ne serais sûrement pas en vie aujourd'hui, monsieur. Il s'agit de Severus Snape. »

Bien sûr, tout le monde savait qui était Severus Snape, le méchant professeur de Poudlard, tantôt mangemort tantôt soldat du bien. Mais à l'inverse de ce que Harry s'attendait à voir de la réaction de l'homme, celui-ci ne fit pas un geste qui traduirait son mécontentement. Il se contenta d'hocher solennellement la tête et attrapa vivement une échelle, l'escaladant avant même que Harry ait pu se rendre compte de la manoeuvre. Puis, à peine le brun avait-il levé la tête que le roux était à nouveau devant lui, un gros grimoire sous le bras, et un grand sourire aux lèvres.

« Sachez, jeune homme, que j'ai une grande confiance en vous. Je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas, mais je tiens à vous dire que tout ce que vous faites pour le bien de notre monde est exemplaire. J'ai entendu de nombreuses choses à propos de ce monsieur Severus Snape, et de nombreuses mauvaises, mais la seule chose qui ait de l'importance maintenant est que vous semblez prêt à déboursser beaucoup pour lui offrir un inestimable cadeau. Alors permettez-moi, monsieur Potter, de vous demander si Severus Snape le mérite, si il n'est pas l'homme que l'on prétend qu'il est. »

« Il ne l'est pas, monsieur. » Et Harry fut envahi d'une nouvelle vague de tristesse au souvenir de la nuit dernière. « C'est un homme d'un courage effroyable, qui n'est sujet à aucune reconnaissance alors qu'il risque chaque jour sa vie pour nous sauver. C'est un homme exemplaire. Croyez-moi, ce cadeau, en comparaison de ce qu'il a toujours fait pour moi, n'est absolument rien. »

« Mais sans doute lui fera-t-il plaisir. » Sourit l'homme en tendant le livre vers Harry. Celui-ci le prit et fut étonné par le poids qu'il pesait. Le roux rit. « Lourd n'est-ce pas? Je connais monsieur Snape de réputation, et il paraît qu'il est celui qui a créé la potion tue-Loup. Un grand maître, sans aucun doute. Ce livre date du 12è siècle, il fut écrit par Théodore Clay, un grand savant de l'époque ami de mon ancêtre. Il lui offrit ce livre unique, contenant de nombreuses potions extraordinaires, toute de magie blanche cependant, rassurez-vous, mais avec un tel potentiel que j'ai toujours trouvé qu'il était triste de le laisser ainsi seul ici. J'espère, et je n'ai pas grand doute, que ce cadeau lui plaira. »

Harry était ravi. Plus que ravi en fait. C'était quelque chose de vraiment agréable et excitant de se dire qu'on allait faire plaisir à quelqu'un à ce point. Bien sûr, il s'était fait agonir de reproches par les autres lorsqu'il était réapparu après près d'une heure d'absence, mais peu importe, il allait rendre Severus au moins un peu heureux pour Noël. Et il savait déjà quel gâteau il ferait. Ne restait plus qu'à demander à Dobby si la tarte au citron meringué était affectionné de Severus Snape et – plus important encore – à exiger de passer Noël à Poudlard. Peu importe qu'il ait à rester seul, il était tant pris par la réalisation de sa mission que le reste n'avait pas d'importance.

Harry voulait juste rendre Severus Snape heureux avant qu'il n'en soit plus capable. Après qu'il ait tué ou été tué.

« Harry, quelle idée? Pourquoi ne veux-tu pas passer noël ici, tout le monde y sera! » C'était Ron, pour la centième fois. Et sirius avait été là avant lui à le supplier de rester, sans comprendre. Même Hermione semblait vouloir bouder. « Je veux rentrer à Poudlard pour Noël. Je voudrais juste...Je sais pas. » Vrai, il ne savait pas comment expliquer qu'il voulait non seulement être là-bas pour pouvoir fêter Noël au professeur Snape, mais également pour pouvoir être un peu seul. Trop de monde toujours, se baladait autour de lui et il ne s'entendait même plus penser, même plus réaliser.

« J'aimerais être seul à Poudlard, un peu. Pour Noël. » Et peu importe si ce n'était pas la raison qu'ils attendaient, il ne leur laissait pas le choix.

« Bien. Comme tu voudras. » Et déçu – et sûrement vexé – Ron sortit de leur chambre et descendit annoncer sa défaite aux autres.

Harry lui, ne fit rien d'autre que sourire, il était parvenu à mettre en oeuvre toutes les phases principales de son plan. Son cadeau et son gâteau.

- & -

C'était noël. Severus n'en avait pas vraiment eu conscience jusqu'à maintenant, mais alors qu'il rentrait de l'infirmerie où il s'était fait soigner encore une fois pour l'une des innombrables corrections du Lord, cela lui sauta aux yeux. Ce soir, c'était noël.

Et, même si il s'en fichait réellement, ce soir encore il serait seul. C'était toujours ainsi, depuis aussi loin qu'il se souvienne. Bien sûr, parfois il était invité chez Lucius, mais ce n'était pas pareil, Lucius était un mangemort et lui ne pouvait donc pas être normal avec lui. Si tenté que lui-même sache comment il était lorsqu'il était normal. Trop de temps passé à être quelqu'un d'autre, trop de temps passé à être espion, à se battre pour des gens qu'il n'appréciait même pas, tout ça pour racheter une erreur de jeunesse ayant coûté la vie à sa meilleure amie.

Parfois, Severus souhaitait simplement que Le Lord découvre toute la vérité, sa trahison, et le tue enfin. Parfois, Severus se disait que c'était l'unique raison pour laquelle il faisait cela, parce qu'en rendant service, en expiant ses fautes, d'une certaine manière, il se donnait également l'opportunité de payer plus sûrement la mort de Lily. De payer de sa vie.

Merlin, peu importait que l'on soit noël ce soir, et que tout ceux de 'son camp' soit en train de fêter joyeusement les fêtes ensemble, comme une grande famille. Lui ne faisait pas partie de la famille, lui ne faisait partie d'aucune famille. Et cela aurait pu sembler pathétique si il en avait eu quelque chose à faire. Mais il s'en foutait.

Vraiment.

Lorsqu'il atteint enfin ses appartements, il fut presque soulagé de quitter cette ambiance verte et rouge, sentant le pin et le chocolat. Vraiment il détestait Noël.

Il entra dans son appartement après avoir défait les sorts de protection et ressentit une vague de quelque chose s'apparentant au bien être – mais ce n'était pas encore vraiment cela. - Cet endroit était sa maison. Deux larges fauteuils de velours beiges entouraient la cheminée et la petite table sur le tapis. Son bureau lui, était de l'autre côté des deux grandes fenêtres faisant face à la cheminée. Et chacun des murs n'était que bibliothèques.

Vraiment ici, c'était chez lui. Et le fait qu'un petit gâteau rond, qu'un large cadeau et qu'un petit mot soient religieusement posés sur la petite table basse lui soufflait que quelqu'un avait osé pénétrer dans son antre.

Il allait tuer Dumbledore.

Soupirant de fatigue, et sans doute aurait-il été mieux au lit, à oublier un peu tout cela, Severus se rendit prés de la table et saisit d'abord le petit mot. Peut être ainsi pourrait-il déceler la moindre trace de blague, au cas où tout cela ne viendrait pas d'Albus.

Et l'écriture n'était pas celle d'Albus. C'était sans aucun doute une écriture magique, plume à papote ou autre. De nouveau Severus soupira, mais c'était bien de la lassitude cette fois-ci. De quelle sorte de blague allait-il être victime ce soir? Ne pouvait-on pas le laisser juste un soir, juste ce soir, se reposer? Rouvrant les yeux qu'il avait fermé de fatigue, Severus se laissa aller au fond du fauteuil et lu, finalement.

Cher monsieur Snape,

D'abord, je tiens à vous souhaiter un très joyeux noël même si les circonstances ne s'y prêtent pas vraiment. Et j'en suis désolé.

Ensuite, je tiens à vous rassurer – ou vous convaincre – sur le fait que ceci n'est pas une blague, comme vous devez sûrement le croire.

Je suis désolé de ne pas avoir été là avant pour vos précédents noëls, mais sachez que je tiens à me rattraper toute cette année. C'est ma résolution. J'ai fait ce gâteau moi-même, et je peux vous promettre qu'il n'est pas empoisonné, si vous en doutez, demandez à n'importe quel elfe de maison de le goûter, et vous verrez. J'espère que vous l'apprécierez au final.

Ensuite, le cadeau est un cadeau spécial qui j'espère vous fera plaisir. J'aimerais beaucoup être à vos côtés pour pouvoir observer votre expression mais je ne peux hélas pas. Alors, prenez simplement votre temps et j'espère sincèrement que cela vous plaira.

Monsieur Snape, je souhaite vraiment que vous aiyez suffisamment confiance pour croire en la sincérité de mes mots. Je vous souhaite un bon noël, malgré tout ce qui se passe en ce moment, et j'espère que cette petite attention vous fera du bien.

Prenez-soin de vous, et à très bientôt.

Dites à Dobby si vous avez appréciez le gâteau, je vous en referais.

Sincèrement,

vôtre...

Pas de signature. Simplement vôtre. Sincèrement vôtre... Severus était fatigué, vraiment. Si ce n'était pas Albus alors qui était cette personne qui se croyait intelligente en se souciant de lui pour noël. Merlin, il n'avait jamais demandé à ce qu'on se soucie de lui pour quelque raison que ce soit, il n'avait jamais attendu quoique ce soit.

Severus voulait juste jeter la lettre et jeter le gâteau et brûler le cadeau. Il ne voulait pas. Et quoi, ensuite? Après qu'il ait ouvert le papier et mangé le gâteau, que se passerait-il? Cela n'avait pas d'importance. C'était idiot. Peu importe la raison pour laquelle on avait jugé bon de lui offrir un cadeau, Severus n'en voulait pas. Ce n'était pas comme si, si personne ne lui offrait rien, il n'allait plus servir le bon côté.

Salazard, est-ce que c'était pour ça? Est-ce que quelqu'un s'était rendu compte de sa morosité, de sa fatigue, et était effrayé qu'il puisse cesser de les servir?

Severus ferma les yeux, pressa ses paupières de ses doigts et se retint de grogner de fatigue. Par l'enfer, il n'était pas si mauvais.

Mais peut être, n'était-ce pas cela? La lettre était trop douce, trop gentille, trop concernée. C'était quelque chose d'autre, quelque chose d'extérieure à la guerre. Et peu importe en fait. Severus était las, et il se dit que si il mangeait ce gâteau et qu'il ouvrait ce cadeau, alors il pourrait aller se coucher enfin et demain il aurait oublié.

Oui, c'était cela qu'il fallait faire.

Le gâteau était délicieux vraiment. Il s'agissait d'une tarte au citron meringué, en portion ronde juste pour lui, et il était clair que ce n'était pas un elfe qui avait fait cela. Non, ce gâteau avait été fait pour lui et peu importe toute la volonté que mis Severus à se convaincre que cela ne le touchait pas, il sentit son coeur se serrer et ses mains tremblèrent légèrement. Cela faisait vraiment longtemps que personne ne lui avait souhaité noël, ni ne lui avait fait un bon gâteau, juste pour lui. Jamais, en réalité.

Lorsqu'il eut fini de manger, et il aurait bien aimé en reprendre encore un peu, il se tourna vers le cadeau enroulé dans du papier de soie vert émeraude, et l'ouvrit tout aussi lentement, comme pour savourer le moment où il découvrirait son cadeau. Et il ne pensait pas un instant à quel point ce serait fini – peu importe – si il s'agissait en réalité d'une mauvaise blague et que l'objet lui explosait à la figure.

L'objet – le livre – ne lui explosa pas à la figure. Non, loin de là, et Severus perdit son air toujours un peu circonspect pour laisser place à une expression ahurie. Qu'est-ce que c'était que ça? C'était impossible.

Le livre des potions pas parues de Théodore Clay.

Que soient transmises ces recettes à l'homme qui en sera le plus digne. Et le plus passionné.

L'était-il? Etait-il si passionné par les potions qu'il pourrait passer la nuit rien qu'à regarder la couverture du grimoire?

Merlin. Merlin! Ce livre devait coûter une fortune. Ce livre était une légende. Ce livre était son cadeau.

Un cadeau qu'il n'aurait jamais espéré, un cadeau qu'il n'attendait même pas, mais le plus beau et le plus surprenant cadeau qu'il ait jamais reçu.

Et pour la première fois depuis très très longtemps, Severus sourit, d'un sourire faible et reconnaissant, triste et tremblant tout en caressant religieusement la couverture du livre.

Ramassant le petit mot qui accompagnait le tout, Severus alla le glisser dans une petite boîte à trésor lui venant de sa mère, et alla s'enfermer dans son laboratoire privé, son gros jouet sous le bras.

- & -

Cher monsieur Snape,

j'ai entendu dire que vous aviez été sévèrement blessé lors de l'attaque à Clenston. Je vous conjure de rester au lit pour vous reposer et guérir vite. Laissez vos élèves en plan pour une fois et pensez un peu à vous. Restez chez vous, jouez avec Théodore Clay et envoyez promener une bonne fois pour toute Dumbledore si il vient pour vous embêter. Prenez votre journée, c'est un ordre! :)

Ceci dit, j'étais réellement inquiet, vous savez, losque j'ai vu que vous n'étiez pas revenu avec les autres. J'ai pensé un moment que vous étiez blessé, alors je me suis rendu dans la grande salle, pour voir si vous n'y aviez pas été emmené, mais même si j'avais beau être discret pour que vous restiez dans l'ignorance quant à mon idendité, il est clair que cela ne servait à rien et que vous n'étiez pas là. Et j'ai cru un instant que vous étiez mort. - ici, les lettres étaient tremblantes, et Severus se retint de soupirer, de se recroqueviller, ou de courir dehors et de crier après celui qui lui écrivait ces choses. Pour le prendre dans ses bras. - Je vous en pries, monsieur Snape. Soyez prudent. Je ne sais pas ce que je ferais si vous ne reveniez pas, un jour. Je pense que je n'aurais plus non plus de raisons de revenir, et je m'efforcerais de faire autant que je peux avant de vous rejoindre.

Vous savez, quand j'ai commencé à vous envoyer ces mots, ces gâteaux, je n'avais pas idée, de la manière dont cela pourrait vous affecter. J'ai pensé que vous seriez perplexe, ou encore suspicieux, mais depuis trois mois, il semble que vous alliez mieux, et que votre tristesse et votre solitude, votre fatigue, vous pèsent moins qu'elles ne le faisaient avant moi. J'aime à penser que c'est grâce à moi. J'aime à penser que je suis un rayon de soleil dans vos trop longues journées. Et j'aime à penser qu'un peu, parce que vous le méritez vraiment, je vous rends heureux.

C'est pour ça que je suis là. Je veux vous voir heureux. Et je veux vous garder en vie, alors, s'il vous plaît, ne risquez plus votre vie inutilement et ne cherchez pas à vous battre contre plus grand que vous!

Je crois que je ne le répèterais jamais assez mais, prenez-soin de vous, monsieur. S'il vous plaît.

Sincèrement vôtre...

C'était touchant, la façon dont il l'aimait. Ou l'appréciait. Du moins s'inquiétait. Cela avait été long pour Severus de s'habituer à tous ces petits mots décousus, tantôt joyeux, tantôt inquiets, tantôt tristes et déboussolés. Cela avait été long, pour lui, de cesser de se retourner discrètement dans les couloirs à la recherche d'une quelconque chose qui pourrait lui permettre de comprendre pourquoi, ou qui, ou dans quel but, toutes ces petites attentions lui étaient offertes.

Les gâteaux, le livre, les mots, et puis, dernièrement, pour son anniversaire, un rendez-vous à la librairie de Caius, dans l'allée des antiquaires, et plus précisément à l'arrière de la boutique, là où des joyaux écrits de grands potionnistes étaient soigneusement gardés.

Il avait été impossible de soutirer quoique ce soit de l'identité de son inconnu à l'homme barbu qui s'était fait un plaisir de lui ouvrir sa réserve. L'homme l'avait simplement regardé et lui avait juste dit quelque mots à son propos.

« Sachez qu'il ne vous veut aucun mal. Il veut vous voir heureux, il vous estime, vraiment. Alors, remerciez-le simplement d'être ici et ne vous inquiétez de rien. Quelqu'un pense à vous. »

Alors, rassuré il n'avait plus échangé d'autres mots que ceux consacrés aux potions et aux milliers de livres passionants entreposés dans cette réserve. Et chaque instant il remerciait son bienfaiteur, son admirateur invisible. Mais si attentionné.

- & -

Cher monsieur Snape,

Aujourd'hui a été un très long jour. Pas forcément désagréable mais il y a quelque chose dans l'air qui pique et qui rend hargneux – ou malheureux? - je ne sais pas trop. Je suis un peu fatigué en ce moment. La guerre est fatiguante.

J'espère en tout cas que vous, vous allez bien. J'ai remarqué que vous étiez un peu nerveux, est-ce que vous-savez-qui est violent en ce moment? Plus violent que d'habitude, s'entend?

Vous savez, je ne comprendrais jamais pourquoi vous faites cela pour le côté du bien. Vous risquez votre vie chaque jour, alors que tout ceux pour qui vous le faites ne vous aiment pas. Je trouve ça tellement triste et ragant. Comment les gens ne peuvent-ils pas voir la force dont vous faites preuve? Cette sorte de bravoure incessante, qui vous donne le courage de risquer votre vie en permanence.

Je n'aime pas cela. J'aime de moins en moins cela, en réalité. Plus je vous écris, plus je vous observe vivre, plus j'en viens à douter, à être effrayer, du jour où vous ne reviendrez pas de là_bas. Merlin, vous ne pouvez pas ne pas revenir. L'attaque de la dernière fois a déjà été suffisamment éprouvante pour moi, je ne veux pas ressentir de nouveaux cette horrible angoisse. Et pourtant, c'est ce que je ressens à chaque fois que je sais que vous y allez.

Et peu importe ce que je pourrais dire, vous irez toujours là bas, parce que malgré toute la haine que les autres vous vouent, vous ne vous arrêterez pas avant que cet ordure de Lord ait quitté notre terre. Et ça, ce ne sera que si un gamin comme Potter parvient à le terrasser. Je doute de cela, vous savez. Et ça me fait presque aussi peur que de vous voir partir.

J'ai peur de beaucoup de chose vous savez.

Est-ce que vous avez peur parfois?

Passons à quelque chose de plus joyeux. Ce qui est bien à Poudlard, c'est que même si c'est la guerre, la vie continue. Etiez-vous au match de Quidditch cette après-midi? Weasley et Malfoy en l'air, se tappant dessus? En fait, il apparaît que c'est Draco qui a commencé, il faisait, d'après les échos que j'en ai eu – du gringue à Potter. Ronald n'a visiblement pas vraiment apprécié et s'est jeté sur Malfoy. Mais de ce que je sais c'était en fait un coup monté. En réalité, Draco serait amoureux de Ron, et aurait voulu le rendre jaloux en faisant du rentre-dedans à Harry...N'est-ce pas totalement ahurissant? Sachant qu'ils se haissaient il y a quelque mois à peine, tous autant qu'ils sont, c'est assez amusant. Mais je pense que c'est vraiment agréable de voir que la vie continue, que tout continue à évoluer et qu'on ne stagne pas.

La guerre continue, mais la vie aussi, n'est-ce pas? Espérons que la première cesse pour nous bien avant la deuxième.

Je vous souhaite une bonne soirée. Prenez-soin de vous, monsieur.

Sincèrement vôtre...

Et bien Weasley et Draco? C'était totalement inattendu. Bien sûr il avait été là pour le match, mais vu de l'extérieur, la prise de bec entre les Gryffondors et les Serpentards avaient parue égale à toutes les prises de bec du passé. Visiblement il n'en était rien. Visiblement ces gosses qui s'entrainaient à se battre pour survivre et vaincre, continuaient à avoir des comportements d'adolescent comme les autres. C'était plutôt bien, n'est-ce pas?

Severus sourit doucement, il y a quelque semaines, il n'aurait même pas été touché par cette anecdote, il aurait haussé les sourcils et considéré froidement les gryffondors et pourquoi pas les Serpentards et n'aurait pas plus fait attention aux causes et aux conséquences de tout cela. Aujourd'hui, alors que son admirateur – il l'appelait ainsi maintenant – lui faisait remarquer cela avec tant de candeur et d'affection, il n'avait aucun mal à considérer les faits comme quelque chose de touchant et beau. - Et triste, merde, c'était la guerre.

Il dégusta avec lenteur sa petite patisserie personnelle avant de boire la tasse de thé qui l'accompagnait sur la table basse, comme toujours. C'était un rituel. Le gâteau et la tasse, tous les soirs, lorsqu'il rentrait de cours. Et puis, lorsqu'il rentrait tard dans la nuit, après une réunion auprès du Lord, il trouvait – et la première fois l'avait grandement surpris, et il s'était encore un peu plus demandé qui vraiment cet inconnu pouvait bien être – une potion revigorante, et un verre du même cognac délicieux à chaque fois. Quelque fut l'année de production de cette bouteille, elle devait avoir valu son pesant d'or. A côté de cela, encore, était griffonné, toujours, un mot à la va-vite. Reposez-vous! Dormez, mangez et envoyez Dumbledore manger des bonbons! Et allez à l'infirmerie si ça ne va pas – et là, juste dans le coin, attendait patiemment un elfe de maison, pour voir dans quel état il était, pour être sûr qu'il aille bien voir Pompresh.

L'elfe – Winky, ou quelque chose comme ça – lui avait sûrement sauvé la vie deux fois.

Vraiment la personne qui tentait de le rendre heureux travaillait bien, et il réussissait également. Severus n'était pas heureux, bien sûr, mais à chacune des lettres, il était tant touché que son corps tremblait et qu'il gardait contre lui un moment le papier griffoné.

Sans doute n'y avait-il réellement rien de plus agréable que d'être aimé.

Sans doute.

- & -

Cher Severus,

je me permets de vous appeler Severus aujourd'hui, d'accord? Parce que peut être que c'est la dernière fois que je vous écrit, alors, je veux vous appeler Severus.

Severus, s'il vous plaît, soyez-en vie quand tout sera fini. S'il vous plaît.

Je n'ai pas beaucoup de temps, il est là, et nous devons nous battre. Mais je vous en prie, s'il vous plaît. S'il vous plaît. Ne mourrez pas.

Si vous le promettez, alors quand tout sera fini, je vous promets que vous aurez comme d'habitude votre gâteau et votre mot. Juste à vous. Pour vous.

S'il vous plaît.

Severus, je suis amoureux de vous. Alors s'il vous plaît, vivez.

Sincèrement vôtre.

La lecture était rendu difficile, à force. Trop de larmes, trop de papier froissé, trop d'encre coulée. Mais Severus n'avait plus vraiment besoin de lire, parce qu'il connaissait les derniers mots qu'il avait reçu de son admirateur par coeur. Severus, je suis amoureux de vous.

Severus, je suis amoureux de vous.

Severus, je suis amoureux de vous.

Gémissant de peine, de fatigue, de lassitude, Severus se laissa couler dans l'eau, son pantalon collant à sa peau et ferma les yeux.

Severus, je suis amoureux de vous.

Cela faisait deux mois que la guerre était fini. Et depuis deux mois, Severus n'avait reçu ni gâteau ni mots.

Severus, je suis amoureux de vous, alors s'il vous plaît, vivez.

Mais Severus n'avait plus envie de vivre. Du tout. Alors, doucement, il se laissa envahir par le noir.

Et ce fut fini.


Enfin. J'ai eu beaucoup de mal à relire et à corriger, parce que je suis épuisé. Alors, et bien, j'espère que vous apprécierez cette première partie. Des reviews?

La deuxième partie, sans doute dans une semaine.

Bisous

Blibl'