Novus vitae

Disclamer : Tous les personnages de ce prologue ne m'appartiennent pas, sauf Arhon.

Prologue :

« Non, rassurez-vous, tout problème a une solution. »

Le vieil homme en loque souriait au vieux roi. Tout ce qu'ils avaient en commun fut leur grand âge, tout le reste les opposait. L'homme en guenille était un sorcier, du moins c'était ce qui se disait dans les coulisses du palais. Ces rumeurs stipulaient même qu'Arhon, c'était son nom, possédait le pouvoir de faire renaître une ville entière ; une ville mise à feu et à sang par les troupes d'Agammemon, celui qu'on appelait le Roi des rois. Une ville dont les grecs auraient pillés la cité de toutes ses richesses.

Mais, cette ville serait tombée en poussière et sûrement oubliée avec le temps si Priam n'avait pas contacté Arhon avant que l'immense cheval en bois n'ait desservi de ses entrailles, le feu qui ravagea la ville.

La salle, où se trouver les deux vieillards, était immense et vide. Il se pouvait qu'elle fut sous terre car seuls les torches fixées aux murs de pierre éclairaient la pièce ; il n'y avait aucune fenêtre. Le roi de Troie se tenait droit tandis que son interlocuteur était vouté, supportant sûrement le poids des années.

« Et quelle serait-elle, je vous prie ?

-La malédiction que porte Troie peut être contrée...

-Nous n'avons que très peu de temps, coupa Priam »

Le vieil homme souriait toujours au roi et, sans cessé de sourire, il sortit de sous sa tunique une petite fiole contenant un liquide qui semblait être du sang dilaté. Il la leva au dessus de sa tête pour que Priam puisse bien la voir. Celui-ci eut un mouvement de recul et paraissait écœurer par la substance.

« Ceci contient la clé de votre survie, murmura Arhon victorieux. Je suppose que maintenant vous saviez que c'est, en réalité, votre fils Pâris qui porte sur lui la malédiction. Quand je vous aurais donné la potion, il suffira de faire en sorte qu'il quitte la ville et qu'il n'y revienne pas, surtout s'il aime... »

Priam parut interloquer par la déclaration du sorcier, mais il se reprit :

« Comment cela...

-Cela signifie que le prince Pâris ne peut ni aimer ni être aimer lorsqu'il se trouve à Troie, même si la personne ne se trouve pas en ville.

-Hélène et mon fils ne se sont jamais aimés. Lorsqu'ils ont fait escale sur la côte égyptienne, au retour de leur voyage à Sparte, Hélène est descendue en expliquant à Pâris qu'elle souhaitait ne plus jamais retrouver Sparte ou quelque chose qui puisse la ramener à son ancienne vie. Cette version des faits ne semble pas très réaliste, mais le prince Hector lui même, a confirmé les dires de son frère.

-Je connais, moi aussi, cette version, répondit lentement Arhon. C'est la version officielle.

-Hector n'a jamais menti, assura le vieux roi sans relever l'ironie dans la dernière phrase d'Arhon.

-Le prince Pâris, oui ? S'étonna le sorcier.

-Je connais moins Pâris, ânonna Priam qui parut moins sûr de lui tout d'un coup. Et puis, il venait de prendre sur un bateau troyen la femme d'un de nos anciens ennemis qui en apprenant la nouvelle de l'enlèvement de son épouse à appeler son frère Agammemon et rassembler toutes les armées de Grèce contre Troie ! »

Arhon savait qu'il ne pouvait pas faire de réflexion au roi au sujet de son amour paternel plus important pour Hector que pour Pâris sans s'attirer sa colère, malgré l'élan de compassion qu'il éprouvait soudainement pour ce dernier. De plus, moins le roi ressentait d'amour pour son fils, moins il lui sera dur de le quitter. Et écarter Pâris de la ville était capital pour la survie de celle-ci.

« En quoi consiste votre... plan ? Demanda Priam sortant de ses pensées.

-Pour que cette potion agisse, il suffit seulement que le prince Pâris, la reine Hécube et vous même buviez cette préparation...

-Qu'est-ce...

-Du sang divin, coupa Arhon qui ne désirait pas inquiéter le roi avec les explications longues et compliquées. Il prit donc le parti de le lui les simplifier. C'est un des fils de Zeus qui me l'a offert. -Bien, répondit Priam désireux d'accélérer les choses. Que se passera-t-il ensuite ?

-Vous, ainsi que tout votre peuple, referez une nouvelle vie. Elle pourra être exactement identique à la première si vos décisions restent les mêmes, mais pour Pâris sa deuxième vie devra se faire loin de Troie. »

Priam réfléchit de nouveau, il ne comprenait pas vraiment comment refaire une deuxième vie, comme le disait le sorcier, était possible. Il s'en remit donc aux dieux ; si c'était son destin alors...

« Le juge Hamandrys a toujours quelques dettes à mon égard, murmura t-il pour lui même. Il habite Mercuta, annonça-t-il, il faut environ deux mois à cheval pour y arriver. Est-ce bon ?

-Excellent ! »

Arhon demanda au roi d'aller chercher sa femme et son fils pour qu'ils puissent boire la potion. Lorsqu'ils furent là, Priam leur expliqua le plan. Pâris comprit assez vite qu'il n'avait pas le choix et accepta donc sa nouvelle vie.

Arhon leur tendit trois fioles, toutes identiques.

« Une fois que vous aurez bu, vous allez sombrer dans un profond sommeil et vous réveiller le jour de la naissance de Pâris. »

Le sorcier se tourna alors vers Priam.

« Alors vous préviendrez le juge Hamandrys du remboursement de sa dette, qu'il adopte Pâris et l'élève comme son propre fils.

-Pourrai-je écrire à Pâris ou cela serait trop risqué ? Demanda Priam qui, dans le fond, ne voulait pas abandonner son fils.

-Je n'y vois aucune objection, assura Arhon. Buvez maintenant ! »

Ils burent. Pâris aurait voulu remercier son père de ne pas le délaisser mais il n'en eut pas le temps.

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Et voilà, j'espère que ce prologue vous a plu parce que je ne compte pas m'en arrêter là ! ; )