Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Stephenie Meyer, et l'histoire provient de l'imagination de twiXlite, je ne fais que traduire son histoire…


Bref résumé :

Edward est un adolescent perturbé, et hanté par les souvenirs de la mort de ses parents. Pendant des années, il a essayé de trouver une échappatoire à sa souffrance, masquant sa douleur à sa famille adoptive. La souffrance physique apportée par l'automutilation, l'anorexie ou la boulimie, lui permette de pallier un moment à cette douleur mentale. Mais incapable de faire face plus longtemps, Edward essaie de se suicider, finissant ainsi à l'hôpital, sous les yeux de Carlisle, son père adoptif ; sa famille apprend ainsi son terrible secret. Ses parents décident de déménager de Chicago, pour échapper à la grande ville, qu'ils pensent néfaste pour lui. C'est ici qu'il se retrouve à Forks, dans l'Etat de Washington. Dès son arrivée, Edward rencontre Bella. Sera-t-elle capable de faire ce que de nombreux psychologues ont été incapables de faire ? Pourra-t-elle l'aider ?

Cette histoire traite d'un sujet difficile, et sachez que ni twiXlite, ni moi n'en faisons l'apologie. Mais c'est un phénomène qui existe, et sur lequel le tabou devrait être levé, pour pouvoir aider ceux qui en souffrent.

Il y a des passages assez difficiles, et qui peuvent troubler, ou choquer. Je préviendrais, comme l'a fait twiXlite, lorsqu'il en sera besoin.

Et pour finir, je dédie cette histoire à ma cousine, qui a souffert de tels troubles alimentaires, et pour qui l'histoire s'est achevée au début de ce chapitre. Elle était comme ma sœur, et j'ai trouvé cette histoire terriblement touchante. La traduire est quelque chose de très important pour moi, et je remercie twiXlite du fond du cœur de me permettre de faire connaître cette histoire aux lecteurs français.

Thank you, twiXlite, to permite me to do that, it's very important for me.


Saving Edward


Chapitre 1 : Failed


Edward POV

Pourquoi est-ce que personne ne peut simplement me laisser tranquille ? Ils sont toujours en train de me regarder. J'ai l'impression qu'il y a toujours quelqu'un dans la même pièce que moi, sauf quand je vais dans la salle de bain. Et là, leur appréhension est plus que palpable.

Je sais que c'est de ma faute ; je me suis fait cela moi-même.

Ils ne savent pas pourquoi. Je ne le sais même pas moi-même ! Tout ce dont je suis certain, c'est que, sans ça, je ne suis rien. Il n'y a rien d'autre qui puisse me prouver que je suis bien là.

Pendant longtemps, ils m'ont observé. Aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu un malaise dans l'air, avec les Cullen. Je sais qu'ils l'ont remarqué, eux aussi. Alors je sais que je ne suis pas fou. Je devrais être reconnaissant pour tout l'amour et l'attention dont Carlisle et Esmé ont fait preuve envers moi, depuis la mort de mes parents. Je les aime. Vraiment. Et pourtant, je sais que je ne le montre pas autant que je le devrais. Ils méritent bien mieux qu'un fils comme moi.

Dix ans. Dix ans que mes parents sont morts, et je n'ai jamais réussi à faire mon deuil. Carlisle et Esmé savaient, lorsqu'ils m'ont adopté, que ça me prendrait beaucoup de temps pour accepter le décès de mes parents, ma seule famille. Ils avaient peur que je n'arrive pas à m'intégrer parmi mes camarades, à l'école, à cause de ce qu'il s'était passé. Dans une certaine mesure, je pense qu'ils craignaient que je ne me fasse du mal. Si seulement ils savaient la vérité…

Bien sûr, maintenant, ils étaient au courant. Ils savaient tout.

Dès que mes parents sont morts, j'ai su que rien au monde ne pourrait jamais les remplacer. Remplacer la douleur et le trou béant de mon cœur. Carlisle et Esmé ont essayé de m'aider à m'intégrer parmi mes camarades, mes frères et sœurs adoptifs, mais rien ne parvenait à combler le vide qui régnait en moi. C'est par pur hasard que j'ai découvert un moyen qui pouvait éloigner brièvement la souffrance causée par la perte de mes parents.

Lorsque j'avais dix ans, je me suis accidentellement coupé, alors que je me préparai un en-cas. La douleur physique m'a fait oublier la souffrance émotionnelle pendant un moment. Je n'ai parlé à personne de la blessure, tellement j'ai été étonné de ce que j'ai ressenti. Les autres, cela leur aurait fait mal, assez pour qu'ils appellent à l'aide. Mais moi, j'ai eu mal de telle façon que j'aspirais à plus. Cela m'avait donné un répit.

Alors, j'ai continué. Pendant des années, je me suis blessé de toutes les manières que je pouvais trouver. Etonnamment, mon père adoptif, qui est médecin, n'a jamais rien remarqué, même lorsque j'étais assez brutal. Je me sentais heureux d'être capable de le leur cacher. Une réussite, en un sens.

Je ressentais toujours ce vide, ce creux au ventre ; comme s'il avait autre chose que je puisse faire pour engourdir la douleur que mes parents avaient laissée derrière eux. Après une intoxication alimentaire, j'ai trouvé ce que je recherchai.

Durant cette semaine, j'étais incapable de manger quoi que ce soit. Et mon esprit déformé a trouvé… agréable de ne rien manger. J'avais l'impression que si je pouvais contrôler cet aspect de ma vie, le reste suivrait. Je pourrais faire face à la mort de mes parents. Alors, j'ai commencé à ne plus manger, jetant la nourriture. Et lorsque que je ne pouvais pas faire autrement que manger, je me faisais vomir. Ma famille n'a rien remarqué. Je savais ce qui se passait. Je savais que j'avais un trouble alimentaire ; et je savais aussi que si j'étais suffisamment discret, ma famille ne le saurait jamais. Après tout, un trouble alimentaire était un truc de fille, non ? Si seulement ma famille savait. Dans une certaine mesure, je voulais qu'ils sachent, mais je savais que je devais garder cela secret. Et pendant cinq ans, ç'a été le cas.

Jusqu'à ce que je ne puisse plus le supporter. La vie et tout ce qui l'entourait n'avaient plus aucun sens pour moi. Je savais que j'étais en train de me tuer, lentement mais sûrement. Alors, je me suis dit, pourquoi ne pas accélérer le processus ? J'allais de toute façon faire du mal aux Cullen, alors pourquoi ne pas en finir ? Tout ce dont je me souviens, c'est le sang. Partout, sur mon tapis, et mon lit. Je me souviens de ma soeur, Alice, qui était venu vérifier si tout allait bien, après que je leur ai dit que j'étais fatigué et que, selon eux, j'étais allé me coucher. Je me souviens du cri perçant qui a résonné dans toute la maison. Je me souviens du noir qui m'envahissait peu à peu, la fin qui approchait, que j'attendais.

La seule chose dont je me souvenais ensuite était le bruit d'un bip agaçant quelque part, près de moi. Les sons de voix étouffées autour de moi.

- Il a failli mourir, Carlisle.

Je reconnaissais la voix inquiète d'Esmé, ma mère adoptive. Même si j'avais encore les yeux fermés, je savais qu'elle avait pleuré.

- Nous avons failli le perdre. Si Alice n'était pas allée vérifier qu'il allait bien, il serait…

Elle a éclaté en sanglots.

Je pouvais entendre Carlisle essayer de la réconforter. J'entendis ensuite le bruit de pas pressés et de pleurs étouffés, suivi d'une porte qui claquait. Je devinais qu'Esmé avait quitté la pièce, et j'ai entendu Carlisle s'approcher lentement du lit où j'étais étendu.

Ainsi, j'avais échoué. C'était la seule chose que je voulais plus que tout, et j'avais échoué. Maintenant, j'allais devoir faire face à la déception de ma famille. A leur inquiétude. Cela signifiait aussi que j'étais à l'hôpital. Je détestais les hôpitaux. Même si Carlisle était l'un des meilleurs médecins, ils m'ont toujours donné une impression d'insécurité, d'inconfort. Comme si j'étais observé sous toutes les coutures. Comme s'ils pouvaient, par un simple regard, savoir que quelque chose n'allait pas chez moi.

Soudain, la porte s'ouvrit à nouveau, et j'étais certain que ce n'était pas Esmé. Les pas étaient plus sévères, plus pressés que si ça avait été Esmé, qui aurait suffisamment repris contenance pour revenir dans la chambre.

- Docteur Cullen, puis-je vous parler un moment ? demanda l'homme.

Il parlait avec autorité. Ce devait être un des collègues de Carlisle.

- Bien sûr, Richard. Quel est le problème ? entendis-je Carlisle répondre, d'un ton doux.

- Nous pourrions peut-être discuter ailleurs…

Je sentais son regard perçant sur moi.

- Votre bureau, peut-être ?

- Il est toujours inconscient, nous pouvons parler ici, répondit Carlisle, toujours doucement mais avec une once de fermeté dans la voix.

Après cela, les voix sont restées basses, et je pouvais seulement discerner quelques mots. Qui étaient les plus alarmants ; comme « sous-alimenté », « inanition », « excès en sels minéraux ». Les mots qui mettaient fin à mon secret. Ils savaient ce que je m'étais infligé toutes ces années. J'ai entendu le souffle erratique de Carlisle, à la mention de certains. La preuve qu'il n'avait aucune idée de ce qui se passait. J'ai continué à feindre d'être inconscient lorsque j'ai entendu des pas s'approcher de mon lit. Le médecin souleva les draps et releva mon tee-shirt – Dieu merci, je portais un pantalon – et montra à Carlisle la preuve d'années d'abus et de privation. J'ai entendu l'inspiration soudaine et heurtée de Carlisle, et un gémissement s'échappa de ses lèvres. Il posa une main sur le creux de mon estomac, d'un geste des plus doux, et l'autre sur ma joue.

- Oh, Edward, chuchota-t-il. Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Comment n'ai-je pas pu voir ?

Je pouvais sentir les larmes dans sa voix. J'entendis l'autre médecin marmonner quelque chose avant de partir.

Une fois sûr qu'il n'était plus dans la pièce, j'ouvris lentement les yeux. Comme si je venais tout juste de reprendre conscience. Cela du fonctionner, puisque Carlisle m'a regardé d'un air profondément soulagé. Durant toutes ces années, j'étais passé maître dans l'art de la dissimulation. Cela payait, aujourd'hui. Je pouvais prétendre être plus désorienté que je ne l'étais. Je voyais toute l'inquiétude, la déception et l'amour qui traversait le regard de Carlisle tandis qu'il me fixait.

- Pourquoi ne nous as-tu rien dit ? demanda-t-il.

J'ai baissé les yeux vers les couvertures toujours écartées de mon corps meurtri. Je n'avais aucune réponse, alors j'ai simplement secoué la tête, et j'ai regardé ailleurs, incapable de soutenir le regard de Carlisle.

Depuis ma vaine tentative d'échapper à ce monde, les yeux vigilants de ma famille sont devenus bien plus inquisiteurs. J'ai passé deux semaines allongé, et cloué au lit d'hôpital, autant pour me remettre de mes blessures que pour éviter que je ne me blesse à nouveau. Les seuls moments où cette obligation était levée, c'était pour les heures de repas. Durant lesquels je ne mangeai rien du tout. L'odeur et la vue me dégoûtait, il n'y a pas d'autres moyens de décrire ce que me faisait ressentir la nourriture de l'hôpital. Après une demi-heure, l'infirmière, qui était chargée de m'observer manger, renonçait à essayer de me persuader d'avaler une seule bouchée, et m'attachait de nouveau les poignets au lit.

Les médecins voulaient que j'aille dans un service spécialisé pour les troubles alimentaires. Mais Carlisle connaissait mon entêtement, et il a dit que ce n'était pas justifié. Bien qu'il savait que c'était certainement le meilleur endroit pour moi, il était également persuadé que si j'étais envoyé là-bas, alors je me renfermerai sur moi-même. Il a décidé que je serais suivi à l'extérieur, et que toutes les semaines, il m'emmènerait lui-même chez un énième psychiatre.

Une fois qu'on m'a permis de rentrer à la maison, il était évident que Carlisle et Esmé avait expliqué à mes frères et sœurs ce qui n'allait pas chez moi. Ils me jetaient des regards en coin et arrêtaient de parler dès que je mettais un pied dans la pièce. D'après les ordres de Carlisle, je ne devais pas être seul trop longtemps, et même s'ils essayaient vraiment d'être normaux, je savais que c'était difficile pour mes frères et sœurs, d'accepter ça.

Carlisle et Esmé ont décidé que nous avions besoin de changements. De bouger. Ils ont pensé qu'une grande ville n'était pas l'endroit idéal pour moi, maintenant qu'ils étaient au courant de mes frasques. Ils croyaient que déménager en ville juste après la mort de mes parents avaient, d'une certaine manière, contribué à tous mes problèmes. Il ne leur est pas venu à l'esprit que, peut-être, je m'étais infligé tous ces dommages à cause de ce qui se passait dans ma tête.

Donc, nous déménagions. Dans une toute petite ville à l'autre bout du pays. Un petit patelin dans l'Etat de Washington, appelé Forks. Où les jours de soleil se comptaient sur les doigts d'une main ; et où la population n'excédait pas les trois mille habitants. Absolument génial. Je devais aller dans un nouveau lycée, dans un endroit où la chose la plus excitante qui pouvait se produire était l'apparition miraculeuse du soleil.

Ce déménagement promettait d'être un flop total.


Voilà le premier chapitre, j'ai déjà pas mal avancé la traduction du second, il devrait arriver dans quelques jours, ce week-end au maximum.