Bonjour tout le monde! Je sais que vs vs attendiez surement à la suite de ma série d'os Edward-Bella et donc du mariage, mais il va falloir être encore un peu patient. En attendant, voici xxx, ma première long-fic Twilight, et surtout ma première Jasper-Bella. J'ai un gros coup de coeur pr ce pairing en ce moment, et j'espère ne pas trop le massacrer dans cette fic. Pour le moment, elle contient 9 chapitres, ce qui devrait me laisser le tps de la terminer d'ici là. Ce premier chapitre n'est pas trop intéréssant, mais je vous promet que la suite le sera! J'ai pas pu éviter le pathos ni les clichés ds ce chap, mais la suite sera plus légère, et plus originale. Wali walou, je vous laisse y jeter un oeil. Bonne lecture! Enjoy it. xxx

** Second chance **

Chapitre 1 : Bella's pov

Jacksonville était une ville d'ordinaire très ensoleillée. Le genre de ville qu'on trouve sur la côte ouest, grande plage de sable fin, palmiers, du soleil dix mois par an, tout le contraire de Forks. Et après ce qu'il s'y était passé, c'était tout ce dont j'avais besoin. Nous étions en avril, à cette période de l'année ou le soleil s'installe timidement. Cela m'avait manqué, plus que je ne l'avais imaginé. Lever le visage au ciel et sentir la douce chaleur du soleil vous envahir était une expérience divine. Mais aujourd'hui semblait faire exception à la règle. Le ciel était couvert, quelques gouttes de pluie tombaient ça et là, me rappelant amèrement la ville que j'avais fuie avec tant de hâte. Forks... Sa pluie… Ses vampiresMes vampires.

Je m'efforçais de ne pas y penser, ce qui s'avérait bien plus compliqué que je ne l'avais cru. Et le soleil, contre toute attente me ramenait inévitablement à lui, à sa peau luisante, comme incrustée de diamants… Un souvenir bien trop douloureux que je devais chasser de mon esprit. Sept mois s'étaient écoulés depuis notre dernière rencontre, et un poids resserra mon cœur à la pensée que jamais plus je ne le reverrai. Je me rappelle cette journée fatidique en février dernier…

Alice était apparue un jeudi soir sur le pas de porte de Charlie, m'expliquant vaguement comment à la suite d'un malentendu, Edward me croyait morte. Mon cœur s'était serré, mais ce n'était rien comparé aux jours qui avaient suivis. Le lendemain, nous étions partis vers l'Italie, croisant les doigts pour arriver à temps et l'empêcher de commettre l'irréparable. Je revois encore le visage d'Alice se figer lors de sa vision puis éclater en sanglots, de larmes qu'elle ne pouvait plus verser. Nous arrivions trop tard. Pas un mot n'avait été échangé sur le chemin du retour. Aucune de nous ne parvenait à y croire, c'était tout simplement impossible, Edward ne pouvait être mort. Quelque chose s'était brisée ce soir là, et j'avais réalisé que j'avais perdu bien plus que l'homme que j'aimais ; j'avais perdu ma meilleure amie, ma famille, mes amis.

A notre arrivée à Seattle, j'avais pris un taxi qui m'avait ramenée à Forks, fait mes bagages et avait supplié mon père de retourner vivre avec ma mère. Il en eut le cœur brisé mais accepta ma requête. Je l'avais senti soulagé, quelque part. Il s'en voulait de se sentir si impuissant face à ma détresse, et espérait que le soleil et la plage de Jacksonville pourrait y remédier. Il ignorait à quel point il avait tort…

Quelques jours après mon arrivée, j'avais tenu à intégrer le lycée local. J'avais besoin de me changer les idées, de penser à autre chose, de tourner la page définitivement sur Forks et les Cullens. Edward ne reviendrait plus, je devais me faire une raison et cesser d'espérer. J'aimais bien ce nouveau lycée, aux antipodes de celui de Forks. On y devinait la richesse et le prestige de ses élèves, plus portés sur les nouvelles tendances que les derniers potins, ce qui me convenait parfaitement. Je n'étais pas la nouvelle, le nouveau jouet comme avait fait remarqué Jessica l'année dernière. Tout était tellement différent.

Je m'étais même fait de nouveaux amis, chose très rare quand on me connaît. Enfin deux, une fille nommée Emily qui me rappelait par bien des aspects Alice et Rosalie, et un garçon dont je partageais la paillasse en cours, Matt. Emily était adorable, gentille et spontanée, comme Alice, elle débordait d'enthousiasme et était toujours de bonne humeur. Elle avait en revanche le franc parlé et la beauté mystérieuse de Rosalie. C'était peut cela qui m'avait tant attiré chez elle ; une fois nos regards croisés, j'ai su qu'elle serait mon amie, de la même manière que j'avais su au première regard qu'Edward serait l'homme de ma vie. C'est avec eux que je passais la plupart de mon temps, scolaire comme libre. Plus je m'occupais l'esprit, et moins j'avais de temps pour repenser à ma vie d'avant. Je poussais la porte du bâtiment principal, accueillant avec joie cette liberté de fin de journée. Les cours étaient terminés, et Emily venait de nous rejoindre Matt et moi. Je levai la tête et fermai les yeux, appréciant le contact humide sur mes joues. Je n'avais jamais autant la pluie que depuis que je m'étais installée ici. Je l'avais toujours détestée à Forks, mais en arrivant ici, je me surpris à l'espérer chaque matin en me levant. Je devais me rendre à l'évidence, Forks me manquait. Emily et Matt parlaient d'un devoir commun qu'ils avaient eu dans la matinée, puis quand je devinai le sujet clos, je me tournai vers elle.

« Ca te dirait qu'on aille faire du shopping ce soir ? Ma mère tient à ce que j'aille à cette soirée de charité organisée par le club de Phil, donc je dois me trouver une tenue et… »

« Bien sûr !! » répondit elle avec joie. « Ca nous donnera l'occasion de parler d'Ethan… », ajouta t-elle en souriant.

« Ethan ? » questionna Matt, visiblement perdu. Je secouai la tête, lui signifiant que ce n'était rien d'important. Emily en revanche ne semblait pas partager mon avis.

« Ethan est un mec super mignon de notre cours d'anglais qui semble craquer sur notre Izzie ! », répondit-elle avec enthousiasme.

Mon sourire s'effaça. Je détestais ce nom, bien que j'en fusse à l'origine. En arrivant ici, j'avais cessé de m'appeler Bella, au profit d'Izzie. Nous arrivions près du parking quand je me figeai brusquement. Non ! Surpris, mes amis se tournèrent vers moi, mais je ne pouvais détacher mes yeux de la vision qui s'offrait à moi. J'étais comme paralysée, ou plutôt hypnotisée. Le charme opérait toujours, pensai-je amèrement. Je ne pouvais plus bouger, mes pieds refusaient d'avancer, et mon souffle s'était coupé. Mon teint avait dû blêmir également car j'entendis Emily me demander si je me sentais bien. Sans réponse de ma part, elle s'était contentée de suivre mon regard.

« Tu as de la visite on dirait… », lança Matt, perplexe quant à mon manque de réaction.

« Une charmante visite même… », répliqua Emily, un sourire au coin des lèvres.

Je les entendais vaguement, mais mon attention était focalisée sur lui. Grand, mince, des cheveux blonds un peu fouillis, un regard topaze. Il s'abritait sous un parapluie, bien que ça lui était probablement inutile. Mon corps se mit à trembler, et je pris sur moi pour en reprendre possession.

« Ca te dérange si on annule notre virée shopping ? », demandai-je à Emily d'une voix plate, sans le quitter des yeux.

« Non, pas de soucis. Mais… tu ne nous présentes pas ? ». Sa question était visiblement intéressée.

« Il vaut mieux pas nan… ». Je préférai rester vague, mais son regard pesant sur moi m'incita à en dire un peu plus.

« C'est le frère de…de quelqu'un que j'ai connu… ». Je ne pouvais pas en dire plus, et le nommer était au dessus de mes forces.

« Et il est aussi craquant que celui là ? », s'empressa de demander Emily. Je sentis un nœud se former dans ma gorge.

« Il l'était… bien d'avantage… Il l'était … ».

Je sentis leurs regards insistants se tourner vers moi mais je les ignorai, et avançai vers lui. Il ne bougea pas, me laissant probablement le temps de me faire à sa présence. Il ne voulait sans doute ni m'effrayer, ni me brusquer. Mais bon sang que faisait-il ici ? Ma vie était bien assez compliquée pour qu'un Cullen ne vienne la chambouler à nouveau. Certes, techniquement il n'en était pas un, mais l'idée était là. Quand j'arrivai à sa hauteur, je sentis mon angoisse disparaître peu à peu.

« Ne fais pas ça… », lui demandai-je, lui faisant non de la tête.

« Excuse-moi, je ne voulais pas… »

« Ce n'est rien, rassure toi. J'ai appris à vivre avec ces émotions, ne te sens pas obligé de m'y soustraire… »

« Tu n'es pas obligée tu sais…Comment vas-tu ? ».

Je levai les yeux vers lui et crus un instant croiser son regard. Une boule se forma à nouveau dans ma gorge et je me jetai à son cou, à ma propre surprise.

« Jasper !! », m'exclamai-je alors. Je le sentis se tendre, et regrettai aussitôt mon geste.

« Pardonne moi, je ne voulais pas, je.. je suis désolée ! » bafouillai-je en me reculant vivement. Il sourit.

« Ne t'excuse pas, tu m'as juste pris au dépourvu. J'ai changé tu sais, je me suis beaucoup amélioré depuis…, enfin depuis la dernière fois quoi », s'empressa t-il d'ajouter, créant ainsi un malaise entre nous. « Approche », ajouta t-il en m'attirant à lui.

Il glissa son bras autours de ma taille et sa main derrière ma tête. Nous n'étions pourtant pas proches à Forks. Nous n'étions probablement même pas amis ; à l'instar de Rosalie, il me tolérait car j'étais amie avec sa femme, et je sortais avec son frère. Il gardait ses distances et éviter tout contact avec moi, de peur de céder à l'appel de mon sang pulsant dans mes veines. Sa famille elle-même se méfier de ses réactions en ma présence. Pourtant, je ne m'étais jamais sentie en quelconque danger à ses côtés.

Je me blottie contre lui, trop heureuse de partager une étreinte qui je le savais pourtant, me précipiterai d'avantage dans ma tourmente. Je respirai à fond, m'enivrant de cette odeur caractéristique des Cullens. Sa peau était glacée et dure comme du marbre, exactement comme Edward, songeai-je tristement, et je le sentis se crisper à nouveau.

« Je te raccompagne chez toi ? », proposa Jasper en s'écartant. Il me désigna un coupé Porsche, idéal pour passer inaperçu. Je souris et fis le tour de la voiture, mais il m'y attendait déjà, porte ouverte, m'invitant à m'installer.

« Toujours aussi discret à ce que je vois », plaisantai-je en étudiant la voiture.

« Que veux-tu, on ne se refait pas ! » Révai-je ou était-ce un sourire que je voyais ses lèvres. Aussi loin que je m'en rappelais, je n'avais jamais vu Jasper sourire. Sa voix mélodieuse me sortit de mes pensées.

« J'ai eu du mal à te retrouver, je ne pensais pas que tu aurais changé de voiture… ».

Mon sourire se voila, et une vague de souvenirs me submergea. Bien sûr, il s'était attendu à trouver sa Volvo grise garée sur le parking. Peu de temps après mon départ, j'avais reçu un appel d'Esmée m'annonçant qu'ils souhaitaient que je garde sa voiture. Un dernier cadeau de leur part. Si attentionné. Si cruel… C'était ce qu'il aurait souhaité, et j'y étais attachée. Très attachée. Sans doute bien trop attachée même, car je ne pouvais l'approcher ou la conduire sans être envahie de souvenirs, et j'éclatais en sanglots. J'éludai le sous-entendu et changeai de sujets.

« Et si on allait prendre un verre sur la plage ? », proposai-je alors. « Je n'ai pas très envie de rentrer tout de suite, et Il fait encore bon… La pluie s'est arrêtée, et le ciel est gris, tu ne risques rien… »

Il accepta et prit la direction de la plage. Je devinai qu'il n'avait pas le don d'orientation d'Alice –qui devait voir plus que savoir où aller -, car il tourna un moment dans les rues avant de garer la voiture.

***

« Deux cocas, et un supplément de sirop de fraise pour la jeune fille… », commanda Jasper, me devançant alors que je m'apprêtai à n'en commander qu'un. Je lui jetai un regard étonné, mais il me sourit.

« Il faut bien sauver les apparences… », expliqua t-il.

« Je suis surprise… »,

« De… ? »

« Que tu te rappelles ce que je bois… Je suis même surprise que tu saches, tout simplement, ce que je bois quand je sors… », ajoutai-je aussitôt, étonnée. Il me jeta un regard mystérieux et un sourire lui naquit au coin des lèvres.

« Je sais beaucoup de choses Bella… ». Pourquoi était-il aussi mystérieux ? C'en était dérangeant.

« Alors, qu'est ce qui t'amène à Jacksonville ? », demandai-je soudainement, changeant de sujet. « J'imagine que ce n'est pas ses plages ensoleillées, son sable doré et ses filles en petite tenue.. »

« Non, c'est vrai… Quoique je n'ai rien contre les filles en petites tenues… », plaisanta t-il.

« Je suis sûre qu'Alice partage ton avis sur la question », me moquai-je à mon tour, avant de perdre mon sourire. Elle me manquait terriblement, rien n'était plus pareil sans sa légèreté et sa bonne humeur agaçante. « Comment va t-elle ? », demandai-je alors.

« Elle va bien… Mieux du moins, ces dernières semaines n'ont pas été faciles… », expliqua Jasper tristement.

Je réalisai seulement à quel point la vie à la villa ne devait pas être simple pour lui non plus. Non seulement il devait gérer la perte d'Edward, mis en plus la souffrance de toute sa famille.

« Elle me manque… »

« Tu lui manques aussi tu sais. Elle m'a promis qu'elle essaierait de venir te voir… Et tu connais Alice, elle… », répondit-il, mais l'arrivée du serveur et de nos boissons l'interrompit.

Je le remerciai et mélangeai mon coca avec la paille avant de siroter. J'étais perplexe, pour deux raisons : bien que meilleures amies, nous nous étions quittées sans un mot, je doutais qu'elle ait réellement envie de me voir. Et de deux, je me demandais si Jasper allait réellement boire son coca ou se contenter de jouer avec les glaçons. La réponse ne tarda pas, puisqu'il prit le verre et le porta à ses lèvres. L'expression que j'affichai alors devait être amusante car il éclata de rire.

« Ne sois pas si surprise, je ne vais pas fondre ou me transformer… Ce n'est pas si mauvais, et j'aime faire des choses normales de temps en temps… Mais parle moi plutôt de toi, et de ta nouvelle vie ici, du changement de climat… », enchaîna t-il aussitôt.

« Tu tiens vraiment à ce qu'on parle météo ? », plaisantai-je, mais aussitôt mon premier échange avec Edward me revint en tête, et une vague de tristesse m'envahit. Mon cœur se serra et je baissai les yeux, mal à l'aise.

« Bella… », compatit Jasper.

Je soupirai. Maudit vampire, et maudite empathie. Pourquoi n'en étais-je pas immunisée, comme avec Edward. Il ajouta néanmoins.

« J'insiste, parle moi de ta vie ici… ». J'hésitai, ignorant par où commencer.

« La vie ici est très… différente de la vie à Forks. Il fait beau, les gens sont plus détendus, sans doute l'effet plage. Notre nouvelle maison est très grande, et très conviviale, tu verras. J'ai commencé les cours il y a quelques semaines, et j'aime ce lycée, où chacun ne se préoccupe que de lui ; c'est reposant, de ne pas être le centre d'attention… » Je fis une pause et bus une gorgée de coca.

« Ca a l'air sympa, et le cadre est plutôt chouette », répondit Jasper en survolant la plage et le remblai du regard. Je lui souris.

« Ca l'est ! »

Nous restâmes sur la terrasse du café à siroter nos cocas pendant plus d'une heure, jusqu'à ce que la nuit commence à tomber. Je lui avais raconté ma nouvelle vie ici, mes amis, le lycée, et lui m'avait parlé de Forks, de sa famille et du lycée, en évitant le plus possible d'évoquer la mort d'Edward. Il paya nos consommations et nous partîmes.

***

« J'ai essayé… », déclarai-je doucement, rompant le silence qui s'était installé depuis notre départ. Je vis à l'expression de son visage qu'il ignorait de quoi je parlais. « Sa voiture… J'ai essayé, mais la voir et la conduire tout les jours était au dessus de mes forces… », expliquai-je douloureusement.

« Tu l'as vendue ?! » la question avait fusée aussitôt, et j'ignorai s'il était surpris ou choqué.

« Non, je n'ai pas pu m'y résoudre… », répondis-je en me tournant vers lui. J'observai son visage fin, ses traits angéliques, ses boucles voler au vent. Je n'avais jamais remarqué à quel point il pouvait être d'une beauté exceptionnelle, à sa manière. Il tourna la tête vers moi, attendant sans doute d'avantage d'explication. « Elle est dans le garage de notre maison. Ma mère et Phil ont ordre de ne pas y toucher... Il m'arrive encore de descendre le soir, de m'installer côté passager et de me pelotonner en versant toutes les larmes de mon corps… Pathétique, je te l'accorde », ajoutai-je tristement en notant le changement d'expression de son visage. Nos regards se croisèrent et s'observèrent, pour un temps qui me parût durer infiniment. Il tendit sa main et la posa sur ma joue, séchant les larmes qui y coulaient.

« Bella… », déclara t-il doucement, d'une voix traînante, me reprochant visiblement mon laisser aller, ou le blâme que je me portais.

« Izzie…Je m'appelle Izzie maintenant », le repris-je un peu trop sèchement. Il ignora ma remarque.

« Bella, tu ne devrais pas t'infliger pareille torture… C'est normal d'avoir mal… »

« Non, c'est pas normal ! » m'exclamai-je m'écartant vivement de son contact. « C'est pas normal de pleurer autant quelqu'un qui m'a abandonné des mois sans donner la moindre nouvelle, en m'assurant qu'il n'avait plus aucun sentiment pour moi… Non, c'est pas normal…».

Je me tournai vers la vitre, vers le paysage qui défilait bien trop vite à mon goût. Pourquoi diable avait-on abordé le sujet ? Je sentis la voiture freiner brusquement et se garer sur le bas côté. Visiblement, Jasper était furieux, et je me demandai si énerver un vampire qui peinait à respecter un régime végétarien était la meilleure des choses à faire. Il arracha sa ceinture et se tourner vers moi, le regard sombre.

« Je t'interdis de penser ça tu m'entends ?? Edward t'aimait, à un point tel que ça en devenait malsain ! Les mois que nous avons passés loin de Forks ont été les pires de toute notre vie. Edward n'était plus que l'ombre de lui-même, il ne parlait plus, ne mangeait plus, ne faisait strictement plus rien, il ne supportait pas de vivre loin de toi. Il t'aimait, ne doute jamais de ça ! »

« Alors pourquoi m'a-t-il quittée, s'il m'aimait autant ?? » m'emportai-je à mon tour. « Quelle belle façon de me le montrer ! ».

Douleur, trahison, blessure, souffrance, envie de mourir, d'arracher mon cœur et de le piétiner.

Je vis les traits de Jasper se durcir et je crains un instant qu'il ne m'attaque. Il prit son visage entre ses mains et se massa les tempes. Quoiqu'il ait en tête, ça avait l'air extrêmement pénible. Quand il rouvrit la bouche, sa voix était bien plus calme.

« Bella, Bella… », sa voix sonnait comme un reproche. « Cesse de tout ressentir aussi violemment… C'est une souffrance que moi-même je peine à maîtriser, et que j'ai fui de la villa… ».

Soudain, je compris. L'origine de sa douleur était la mienne, celle que je ne savais pas maîtriser. Je voulus m'excuser, mais aucun mot ne franchit mes lèvres. Il soupira, avant de se tourner vers moi à nouveau.

« Bella, je peux t'assurer que mon frère t'aimait, au point qu'il ne pouvait pas vivre en te croyant morte. Il était persuadé qu'en te quittant, il agissait pour ton bien. Mais quand il t'a cru morte, il a réalisé à quel point il avait eu tort, et qu'au contraire, son absence avait provoqué ta perte, au lieu de ton salut. Il est parti pour toi, et il est mort pour toi… »

« Merci de me le rappeler, je commençais justement à l'oublier… », sifflai-je, et je sentis de la bile remonter mon œsophage. Il comprit son erreur et s'excusa aussitôt.

« Pardonne moi, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, je suis désolé ! ». Je tentai un sourire rassurant qui ne prit pas. « Je voulais juste te faire comprendre à quel point mon frère tenait à toi….Et par respect pour votre histoire, tu ne dois pas en douter un seul instant… », ajouta Jasper, en vain.

Il aurait pu user son pouvoir sur moi, rien n'aurait pu effacer la culpabilité que je ressentais. Edward s'était sacrifié à cause pour moi, il était mort parce qu'il me croyait morte. Comment devais-je vivre avec ça ? Et bien qu'il ait seulement voulu m'aider, me réconforter, les paroles de Jasper n'avaient eu que l'effet inverse, accroître ma culpabilité. Non seulement Edward était mort à cause de moi, mais en vain et inutilement, car il m'aimait, je l'aimais, et rien n'aurait dû ternir cet amour aussi pur. Quel gâchis…

« Ramène-moi… S'il te plait », le pressai-je, incapable de continuer à parler de ça.

Il se pencha vers moi, boucla ma ceinture et redémarra en trombe. Quelques minutes plus tard, il coupait le moteur devant la maison. Je descendis de la voiture, et m'attendis à ce qu'il en fasse autant.

« Tu ne viens pas ? », lui demandai-je, surprise de le voir rester assis. Il me regarda, étonné à son tour.

« Tu veux que j'entre ? ». J'hochai la tête, et le vis me rejoindre. Nous fîmes quelques pas silencieux vers la porte, et il me suivit à l'intérieur.

« Maman ? Phil ? » appelai-je en retirant mon manteau et mes chaussures.

« Dans le salon ma chérie », me répondit ma mère. Je me tournai vers Jasper et l'invitai à me suivre. Ils étaient installés devant un film, un plateau posé sur la table basse. Je me raclai la gorge.

« Maman, tu te rappelles Jasper ? Le frère d'Edward… », précisai-je après une courte pause. Elle me jeta un regard inquiet en faisait le lien et sembla retenir son souffle, s'attendant sans doute à me voir éclater en sanglots à la mention d'Edward. « Est-ce qu'il peut rester un peu ? ».

Je n'étais pas autorisée à amener des garçons dans ma chambre, mais elle dût se dire qu'elle ne risquait rien en laissant le frère de mon ancien copain, mort de surcroît, dans ma chambre.

« Bien sûr ma chérie… Il reste de la pizza et de la glace si vous avez faim… »

Je me tournai vers Jasper et réprimai un sourire. « nan, ça ira je crois, merci ».

Je pris mon sac, saisis Jasper par la main et l'entraînai derrière moi. Pourquoi avais-je pris sa main pour le guider alors que nous n'avion jamais échangé le moindre contact quand j'étais à Forks ? A part bien sur quand il s'était jeté sur moi pour me mordre, mais je chassai ce souvenir. Je gardai néanmoins sa main dans la mienne, et ne la lâchai que pour ouvrir la porte.

« Fais comme chez toi… », déclarai-je en posant mes affaires près du bureau.

Ma chambre ici était bien plus grande que celle chez mon père. Elle était immense, avec un dressing sur toute la longueur - chose ironique quand on connaissait mon aversion pour la mode-, diverses commodes, une coiffeuse, un bureau design et quelques poufs. J'avais également disposé un rocking-chair près de la fenêtre, bien qu'elle ne serve jamais et éveillait sans cesse des flots de souvenirs douloureux. La décoration était très sommaire cependant : du papier peint bordeaux, quelques cadres, des bougies parfumées, et un panneau où j'accrochais souvenirs et photos.

« Tu m'accordes dix minutes d'humanité, je vais prendre une douche, la journée a été longue. Tu peux utiliser l'ordinateur, allumer la télé, écouter la musique, bref fais ce que tu veux». Il s'était assis sur le rebord de la fenêtre et n'avait pas l'air de vouloir en bouger.

« Je me dépêche ! », ajoutai-je brièvement avant de quitter ma chambre, l'esprit ailleurs. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire, à quoi m'attendre. Pourquoi Jasper était-il revenu ? Allait-il rester ? Etais-je en sécurité, seule avec lui, alors que ses propres frères et sœurs refusaient de me laisser seule avec lui ? Autant de questions qui bouillonnaient dans mon esprit, mais je n'avais aucune réponse. Mon avenir proche venait d'être chamboulé, et il était aussi incertain que celui des Cullens en présence des loups. Pourtant, je ne m'étais jamais senti aussi sereine, et c'est avec un sourire aux lèvres que je refermai la porte de la salle de bain.

à suivre...

Tadam! voici pour ce premier chapitre! Alors, qu'en pensez-vous? Des questions, remarques, même critiques, tant qu'elles sont constructives... Je tiens à préciser à nouveau que la suite sera un peu différente, mais je devais en passer par là pour poser le contexte. Je vais essayer de poster un chap voire deux par semaine, tout dépend de mon avancement dans l'écriture. D'habitude, je ne publie jamais une fic avt de l'avoir terminée, par principe et par respect pr le lecteur; personnellement, je trouve assez frustrant et agaçant d'accrocher une fic puis de lire une note de l'auteur disant qu'elle abandonne, par manque de tps ou d'inspiration. Je comprends, mais je ne trouve pas ca sympa, ni correct pr le lecteur. Enfin bref... Merci d'avoir lu jusque là, et bon weekend à tous! et n'oubliez pas le ptit bouton vert juste en dessous!! lol xxx