Résumé
: « On se retrouvera dans une autre vie. » Axel et Roxas vont de réincarnations en réincarnations jusqu'à ce qu'ils puissent être enfin ensemble. Axel/Roxas
Genre : romance, humour Disney et chansons, angst et réincarnations (UA, donc. Sort of.)
Rating
: M
Disclaimer
: rien ne m'appartient : tout est à Disney, Square Enix et Tim Burton.
Note : Le titre de la fic est extrait de la chanson du film Disney Le bossu de Notre Dame. De la même façon, tous les titres de chanson des chapitres seront tirés d'une chanson Disney.


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LES BANNIS ONT DROIT D'AMOUR

Premier monde : Le bossu de notre dame

L'homme est-il un monstre ou le monstre un homme ?

*



I

Et l'on dit que c'est l'âme de Paris qui s'enflamme
Quand sonnent les cloches de Notre-Dame


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Parfois, lorsqu'Alexandre voyait sa réflexion dans l'onde, il avait l'impression de ne pas se reconnaître ; comme si le visage reflété n'était pas vraiment le sien. Le sentiment disparaissait en un clin d'œil. Il avait tendance à trop rêver et cette inclination lui attirait les railleries de ses pairs.

A trop avoir la tête dans les étoiles, tu finiras au bout d'une corde, Alexandre. Ce n'est pas aux gens comme nous qu'il est permis de rêver.

Alexandre souriait, hochait la tête. Mais il n'écoutait jamais.

Il était apprenti horloger dans une petite échoppe de Paris, située à quelques pas de la cathédrale. Son maître le laissait habiter dans la cave humide et Alexandre n'aurait pas songé à se plaindre, car c'était bien plus agréable que tous les bouges où il avait vécu jusqu'à présent. Il savait qu'il avait de la chance d'être à cette place. Par les temps qui couraient, avec le juge Claude Frollo qui nettoyait la ville, il ne faisait pas bon d'être va-nu-pieds.

« Je vais partir quelques jours. En mon absence, je compte sur toi pour tenir la boutique, Alexandre. Je sais que tu n'es pas suffisamment ahuri pour commettre quelque maladresse irréparable. »

C'était la notion que son maître avait de la confiance et du compliment, aussi Alexandre le remercia avec un sourire, déjà impatient d'être seul.

« Ce sera bientôt la fête des fous. Amuse-toi bien, mon garçon. »

Le jeune apprenti n'allait pas se le laisser dire deux fois. Quelques heures plus tard, le maître quittait l'atelier et Alexandre était déjà dehors pour aller rejoindre des amis qui préparaient le festival. L'un, nommé Pedro, était l'apprenti d'un confectionneur de masques ; et on disait que Pedro était suffisamment doué pour partir à Venise.

Alexandre revint quelques heures avant l'aube. Il s'allongea sur la paillasse et s'endormit.

La rue est grise et battue par la pluie. Il marche très vite, une lourde capuche sous la tête. Et la seule chose qu'il peut regarder, c'est la lune. La lune est si brillante qu'elle ressemble à un soleil. Elle n'a pas une forme ronde, ni même celle d'un croissant. Quand il regarde la lune, il voit – Kingdom Hearts – quelque chose d'ancien et de magique dont la puissance le terrifie.

Il se réveilla en sursaut, le cœur battant à toute allure. Et, lorsqu'il eut récupéré son souffle et qu'il se recoucha, il souhaita ne pas rêver.

~*~

Alexandre avait toujours fait des songes aussi étranges. Il en avait parlé au prêtre, une fois lors de sa confession. Celui-ci lui avait donné trois Ave Maria, un crucifix et lui avait ordonné de prier tous les soirs pour éloigner le Malin. Alexandre avait prié, chanté, serré la croix mais les rêves avaient continué. Il n'en avait parlé à personne.

Toujours la rue, toujours la pluie, toujours la lune. Il y a quelque chose de froid qui lui pèse sur le cœur, quelque chose de si froid que cela endort ses sens et ses émotions. Et il a l'impression qu'il ne pourra plus jamais ressentir.

Alexandre savait qu'il ne devait parler de ces rêves à personne.

Jamais.

~*~

Deux jours après le départ de son maître, Alexandre accueillit le premier client dans sa boutique. C'était un jeune page, d'une dizaine d'années qui portait une livrée qui ne devait pas le faire rougir s'il s'aventurait du côté des hôtels privés des grands messieurs.

« Maître Archimède ? »

Malgré sa jeunesse, le garçon parlait avec arrogance.

« Il est parti pour quelques jours.

- C'est fâcheux, dit le garçon en serrant les doigts autour de la petite boîte qu'il portait.

- Je le remplace.

- Vous ?

- Je suis son apprenti. »

Le page l'examina avec attention comme s'il avait du mal à croire qu'Alexandre puisse être l'apprenti d'Archimède et qu'il puisse faire quelque chose pour résoudre son problème.

« Quand revient-il ?

- Il ne l'a pas dit, » dit Alexandre qui commençait à s'impatienter. La réticence de son client était presque insultante. « Est-ce une horloge à réparer ? Je peux peut-être m'occuper de cela. Laissez moi l'examiner. »

Alexandre ouvrit la boîte et sortit la plus jolie horloge qu'il ait jamais vue. Elle était manifestement faite dans un matériau précieux et les mécanismes étaient minuscules. Il se sentait ému d'avoir un tel objet dans les mains.

« C'est magnifique, » ne put-il s'empêcher de dire.

Il y avait quelque chose à propose de cette horloge, comme s'il l'avait déjà vu quelque part. La sensation était familière. Le nom du propriétaire était gravé en lettres minuscules. Sachant à peine lire, Alexandre mit quelques instants à le déchiffrer. « St Jean de Rosax, chevalier de Clédor »

A la lecture de ce nom, un frisson parcourut le dos d'Alexandre. Les lettres se mélangeaient, formaient d'autres mots, d'autres noms semblant appartenir à l'au-delà. Il recula à moitié terrifié, le souffle coupé par cette vague intense de sentiments.

« Je ne peux rien faire, » balbutia-t-il. « Je dois – je dois fermer. Revenez quand mon maître… sera là. »

Le page lui jeta un coup d'œil surpris. Il lui avait semblé que l'apprenti savait ce qu'il faisait. Il ne lui avait fallu qu'un coup d'œil pour se rendre compte de la valeur de l'objet. On aurait presque dit qu'il avait peur. Peur d'une horloge ? Le jeune garçon n'avait jamais pensé à quelque chose d'aussi ridicule. La tête basse, il retourna voir son seigneur. Celui-ci ne serait pas ravi d'apprendre que l'artisan n'était pas là et que son apprenti avait refusé de réparer l'horloge.

La rue, de nouveau. La pluie encore. Mais cette fois, il cherche quelque chose. Son regard se promène sur les murs en pierre froide, sur l'enseigne lumineuse. Et là, sous les gouttes, se dessine une autre silhouette noire. Un nom glisse entre ses lèvres.

~*~

« Je suis désolé, monseigneur » Le page s'aplatit devant lui, comme s'il s'attendait à ce que De Rosax le foudroie sur place. « Archimède n'était pas là, et son apprenti ne pouvait pas réparer votre horloge sans l'aide de son maître.

- Il laisse donc son affaire aux soins d'un enfant ? »

Le page se mordit les lèvres, ayant du mal à qualifier le jeune homme roux de la boutique d'horloges d'enfant. Il devait au moins avoir quinze printemps. Peut-être plus. Il jugea préférable de ne rien dire.

De Rosax, légèrement agacé se promit de passer à la boutique lui-même.

~*~

Ses rêves sont remplis de ténèbres. De créatures si terrifiantes qu'il ne peut que s'agir de démons, envoyés par Satan. Des êtres faits d'ombres et de malheurs sans formes distinctes ou des choses blanches sans visage qui glissent à quelques centimètres du sol. Parfois, De Rosax pense qu'il ne fait pas que rêver et que ces créatures sont réelles.

Parfois, il y a ce rêve, celle où une marée d'êtres l'entoure. Son cœur bat à toute vitesse, il sait qu'il doit passer de l'autre côté, pour atteindre quelque chose. C'est vital, ancré quelque part au fond de son cœur. L'autre côté. Parce que de l'autre côté, il y a…

De Rosax se réveillait toujours à ce moment-là, le coeur battant à toute vitesse.


A suivre....



Voilà pour le premier chapitre. N'hésitez pas à me laisser vos impressions.