Tout d'abord, je tiens à préciser que cette fiction n'est absolument pas de moi. Il s'agit d'une traduction de Shadowboxer, fiction écrite par NoBloodNoFoul en anglais et ayant adoré et l'adorant d'ailleurs toujours, je tenais à en faire profiter toutes les personnes ne lisant pas l'anglais.

Pour celles qui veulent tenter la lecture de la version originale, voici le lien : http://www[.]fanfiction[.]net/s/4905129/1/Shadowboxer

Bien sur les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer. Seuls leurs noms et ressemblances physiques appartiennent à la romancière célèbre.

Cette histoire est "Tout humain".

En voici un meilleur résumé: Edward fait des combats de boxe illégale pour gagner sa vie et extèrioriser sa colère. Bella s'est enfuie de chez elle avec un passé bien compliqué. Leurs chemins se croisent lorsqu'Edward est tabassé puis laissé pour mort. Bella le découvre et viens à son secours. Par la suite, ils apprendront à s'aider mutuellement. Amour, sexe, amitiés et bagarres sont au programme.

Chapitre 1 – Parce que tu avais besoin de moi

Le 20 juin

Point de vue de Bella

Mes doigts tremblèrent lorsque je coupai le moteur. Je tâtonnais le siège pour trouver mon sac et y plongeais ma main dans la poche de devant pour prendre la carte d'accès électronique qu'Emmett m'avait donnée. Je pris une profonde inspiration et espérais ne pas avoir de problèmes si je venais à me faire prendre. J'étais épuisée et j'avais vraiment besoin d'un peu de sommeil. Prenant une profonde inspiration, je tirais brutalement sur la poignée de ma porte et m'extirpais de l'habitacle humide. J'appuyais sur le bouton de fermeture et claquais la porte pour me dépêcher de traverser le parking. L'air était lourd à l'extérieur et un brouillard épais commençait à descendre sur la ville. Il était bien trop tôt pour que qui que ce soit ne soit déjà là. Je regardais ma montre pour vérifier l'heure : Il était 2 heures du matin. Ce qui voulait dire que je pourrais sans doute récupérer 3 heures de sommeil avant que tout le monde ne commence à arriver. J'ouvrais la porte de derrière et entrais sans faire de bruit. Je glissais la carte d'accès dans le lecteur et pénétrais dans la salle de repos des employés. Mes yeux se posèrent sur le canapé et je m'empressais d'aller m'y affaler.

Dieu, que c'est bon de se détendre un peu.

Après quelques temps, je réalisais rapidement qu'alors qu'il faisait chaud dehors, il faisait un froid de canard ici. Je me levais avec regret et partais en quête du thermostat. Au bout de dix minutes de recherche infructueuse, je laissais tomber et commençais à regarder autour de moi pour une couverture.

Tu es dans une salle de sport, idiote, il n'y a pas de couverture ici.

C'est alors que je réalisais qu'il y aurait probablement des serviettes propres dans les vestiaires. Je pourrais sans doute utiliser l'une d'elles comme couverture. Elles avaient eut l'air d'être bien assez grandes quand Emmett m'avait fait visiter la buanderie ce matin. Je me dirigeais dans le couloir et entrais dans la pièce principale de la salle de sport. Il n'y avait pas un chat. La salle de sport était ouverte 24h/24h mais c'était plutôt désert après 1 heure du matin. La porte des vestiaires était lourde et la peinture était décolorée autour de la poignée.

Dégeu.

Poussant lentement la porte pour l'ouvrir, je laissais mes yeux s'habituer au faible éclairage. Ici, les murs étaient de couleur vert-gris crasseux. Les vestiaires étaient anciens et usés et la peinture grise qui les recouvrait s'écaillait. Alors que je m'approchais de la première rangée de vestiaires et bancs, je sentis mes cheveux dans ma nuque se redresser. Quelque chose n'était pas normal ici. Mes épaules se tendirent et je ralentissais ma cadence déjà pas très rapide. M'approchant de l'angle, ma respiration devint hésitante. Quelque chose n'était vraiment pas normal ici. C'est à ce moment là que je l'aperçu.

Ses cheveux couleur bronze contrastaient énormément avec le faible éclairage des néons. Il était couché sur le ventre, son bras tendu devant lui comme s'il tentait d'atteindre quelque chose. Son visage était tourné sur le côté, sa joue aplatie sur le sol et il était couvert de sang. Il y avait un sac de sport ouvert, posé sur le banc prés de lui avec des vêtements et des serviettes qui en ressortaient. Je me précipitais à ses côtés et constatait qu'il ne portait pas de teeshirt. La lumière amplifiait sa peau pâle, faisant anormalement ressortir les ecchymoses qui recouvraient son corps.

Il était sans doute en train de se changer quand quelqu'un l'a attaqué.

Je passais ma main dans son dos puis le long de son bras tendu. Il gémit et je retirais rapidement ma main. Il avait la peau tiède et j'avais comme la sensation qu'un courant électrique parcourait tout son corps. Son dos était couvert d'ecchymoses de la taille d'une batte de baseball.

« Eh, oh, vous allez bien ? »

Il ne me répondit pas mais tenta de se lever du plancher en béton où il se trouvait. Avant même qu'il ne parvienne à se relever de beaucoup, ses bras lâchèrent et il retomba au sol. Je gémis à mon tour, il était vraiment mal en point.

« Monsieur, pouvez-vous me donner votre nom ? Pouvez me dire ce qu'il s'est passé ? »

Bien sur, pas de réponse.

Il me fallut pas mal d'énergie pour le faire rouler sur son dos mais quand j'y parvins, je faillis m'évanouir. Il y avait bien trop de sang. Mon Dieu, il n'y avait pas un centimètre de son corps qui n'était pas écorché. De larges et vilaines ecchymoses commençaient à apparaitre sur ses côtes et son torse. Certaines déjà bien visibles sur ses épaules et son cou. Son œil gauche était gonflé, presque complètement fermé et il avait une profonde entaille à l'arcade sourcilière avec une seconde entaille sur le haut de la joue. De petites écorchures d'environ un centimètre parsemaient de-ci de-là son torse. Sa bouche était pleine de sang et j'avais le sentiment qu'il avait sans doute dû perdre quelques dents ou alors s'était blessé à l'intérieur de la bouche. Sa lèvre inférieure était retroussée et fendue en deux endroits différents.

Bon Dieu, quelqu'un s'est vraiment bien défoulé sur toi.

Je me penchais et plaçais mon oreille près de son nez et de sa bouche pour écouter sa respiration. Ensuite, je vérifiais son pouls. Il respirait normalement, peut être un petit peu trop vite mais ses poumons semblaient indemnes. Son pouls était régulier et fort. Je regardais autour et vis un teeshirt noir posé sur le banc à côté du sac de sport. Je le ramassais et après l'avoir reniflé, décidai qu'il était propre. Je me rapprochais de lui en marchant sur mes genoux et passai mes bras sous les siens puis autour de son dos.

Zut, tu pèses une tonne.

Avec toute l'énergie que je pouvais mettre, je le relevais en position assise et réussissais à lui enfiler son teeshirt. Il gémit de nouveau et un de ses bras s'enroula autour de ma taille.

« Hé ? Vous m'entendez ? » Lui demandais-je doucement, à voix basse. J'étais juste à côté de son oreille et j'étais quasi sure que sa tête le ferait souffrir après les coups qu'il avait prit.

« Que s'est-il passé ? » Il avait du mal à parler, sa respiration était difficile et je me doutai que ça devait être très douloureux pour lui.

« Je ne sais pas. Je vous ai juste trouvé comme ça. Pouvez-vous me donner votre nom ? »

« Edward. »

« Ok Edward, nous allons te sortir de là et essayer de te remettre en état. »

« Pas d'hôpital. »

« Mais il te faut de l'aide… »

« Non. Pas d'hôpital. »

Sa voix s'affaiblissait et je savais qu'il ne faudrait pas longtemps avant qu'il ne perde conscience de nouveau. Avec le peu de force que l'adrénaline me donnait, je glissai mes bras sous ses aisselles et essayai de le soulever à la force de mes jambes, en essayant de ne pas trop forcer sur mon dos. Il était lourd comme du plomb. Je le sentis se redresser avec moi et lui en étais reconnaissante. Aussitôt qu'il fut debout, non basculions en arrière, atterrissant contre les vestiaires et il siffla de douleur.

« Désolée. » Murmurais-je.

D'un bras, j'attrapais son sac de sport et de l'autre je le maintenais appuyé contre le vestiaire. Je jetais rapidement toutes ses affaires dans le sac et refermais la fermeture éclair à moitié. Je passais la sangle sur mon épaule et aussi doucement que possible, j'attirai Edward et le faisais reposer sur moi. Nous parvînmes à sortir des vestiaires, jusqu'à la pièce principale de la salle de gym avant qu'il n'ait besoin de faire une pause. Je m'arrêtais un instant et ses genoux vacillèrent légèrement. Je lui donnais quelques minutes avant de recommencer à avancer. Alors que nous nous approchions de l'arrière du bâtiment d'où était accessible le parking, je me demandais s'il était venu ici en voiture ou à pieds. Il n'y avait aucun moyen possible pour qu'il puisse se reconduire lui-même chez lui. Donc, quittant la salle de sport, je l'entrainai vers ma camionnette et l'appuyais sur le côté passager pendant que je fouillais mes poches à la recherche de mes clés. Une fois la porte ouverte, je tentais de le hisser à l'intérieur. Il reprit un peu connaissance et leva ses jambes, les posant sur le plancher, m'aidant à l'asseoir. Je balançais son sac à l'arrière de ma camionnette et courrais de mon côté du véhicule. Une fois assise à la place du conducteur, il se laissa glisser sur le côté et reposa sa tête sur mes genoux. Je restais figée un moment avant de démarrer et quittai du parking.

« Où habites-tu ? »

Rien.

« Hé, Edward ? Allez, j'ai besoin que tu me donnes ton adresse. »

« 593 Bakers Street….les appartements Brandon, euh….numéro 23. » Me répondit-il en gémissant, le visage toujours enfouit dans mes genoux. Heureusement, c'était le côté non esquinté de son visage qu'il reposait sur ma cuisse. Je me sentais vraiment mal pour lui.

J'acquiesçai, ne sachant pas du tout où cela se trouvait. Il faudra que je m'arrête et que je demande mon chemin. Il n'était pas du tout en état de me l'indiquer.

Bon Dieu, il est 3h du mat ', il n'y a personne à qui demander.

Je descendais la rue et aperçu l'enseigne lumineuse d'une droguerie ouverte 24h/24h. J'entrais sur le parking, m'y garais puis sortais mon portefeuille de dessous le siège avant de descendre de la voiture lentement, m'assurant de reposer sa tête en douceur sur le siège. Il soupira et se décala légèrement. Je laissais tourner le moteur pour lui et courrais à l'intérieur de la boutique. Ne sachant pas s'il avait de quoi soigner ses blessures dans son appartement, je trouvais le rayon des premiers soins et attrapai de la gaze, un gros tube de crème cicatrisante type Neosporin, du peroxyde d'hydrogène pour désinfecter et de l'adhésif. Je trouvais également une boite de pansements de différentes tailles ainsi que des steri-strips et un petit kit de suture. Cela allait me coûter la moitié de mes économies restantes mais je ne pouvais pas prendre le risque qu'il n'ait pas ce qu'il fallait à son appartement.

Je payais mes articles et demandais à la caissière si elle pouvait m'indiquer la direction de Bakers street. Elle me donna très gentiment les indications pour m'y rendre et je sortais rapidement de la boutique, me direction de ma camionnette. Je vis de loin, qu'il s'était relevé et était appuyé contre la porte côté passager. Je montais dans mon véhicule et posais mon sac de fournitures médicales par terre à mes pieds avant de faire ma marche arrière. Il gémit quand la camionnette commença à bouger et glissa de nouveau pour reposer sa tête sur mes genoux. Je tressaillais légèrement mais mettais de côté mon étrange sentiment de malaise.

Bon sang, cet homme est gravement blessé et le fait que sa tête soit posée sur tes genoux te met mal à l'aise?

Bakers street fut simple à trouver et je bénissais la caissière de cette droguerie. Une fois garée devant le bâtiment, je devais réfléchir à comment j'allais pouvoir le faire monter là-haut. Décidant que je finirai bien par trouver une solution dans le feu de l'action, j'attrapais le sac de fournitures médicales et l'aidai à se redresser dans son siège pour me faciliter la tâche afin de pouvoir le faire sortir de ma camionnette par la suite. Il glissa légèrement sur le côté mais parvint à rester plus ou moins droit. Une fois sortis de la camionnette, je fermais ma porte à clés et récupérai son sac à l'arrière pour y mettre les fournitures dedans. Je passais la sangle sur mon épaule et allais ouvrir sa porte. Il tomba de son siège et j'eu à peine le temps de me mettre devant lui pour le rattraper. Rapidement, je passais son bras derrière mes épaules, sortais ses jambes de la voiture et les posais sur le sol pour l'extraire complètement de mon véhicule. Il bascula brutalement et je craignis qu'il ne nous fasse tomber tous les deux sur le trottoir mais au dernier moment, il se ressaisît et s'appuya doucement contre moi. Je le décalais sur le côté de la camionnette et d'un mouvement rapide, je fermais la porte avec mon pied, tout en jonglant avec son sac.

« Tu as tes clés ? »

Il rejeta sa tête en arrière et cligna les yeux plusieurs fois avant de poser sa main sur sa poche. Je savais déjà que ses clés n'y étaient pas. Soupirant profondément, je l'adossais au mur du bâtiment et ramenai son sac devant moi pour fouiller dedans. Je finis par trouver le jean qu'il devait avoir sur lui en arrivant à la salle de sport, les clés étaient accrochées au passage de ceinture par un mousqueton. Après les avoir décrochées, et essayé trois clés différentes, je trouvais la bonne et ouvrais la porte. Nous passions le seuil de la porte avec quelques difficultés pour nous retrouver dans le hall de l'immeuble. Je regardais la liste des appartements fixée au mur et vis que l'appartement 23 se trouvait au deuxième étage du bâtiment. Je me figeais en voyant l'escalier mais fus soulagée en repérant l'ascenseur juste à côté. Je nous trainais vers ce dernier et appuyais sur le bouton d'appel. Il était épuisé et resserra son bras autour de mon cou et je senti un frisson me parcourir le dos. Quand l'ascenseur arriva en émettant un petit 'ding', il sursauta et ouvrit grand les yeux. Il parut surprit un instant puis réalisant où il se trouvait, il se laissa retomber sur moi et je dû le rattraper de nouveau avant qu'il ne nous fasse tomber tous les deux.

Après ce qui me parut une éternité dans l'ascenseur, nous arrivions finalement devant la porte de son appartement dont je parvins à trouver la bonne clé au deuxième essai. A l'intérieur il faisait complètement noir et je dû tâtonner le long du mur pour trouver un interrupteur. J'étais complètement en nage de sueur et tout mon corps était en bouillie, courbaturé de partout. La poussée d'adrénaline qui m'avait jusqu'alors suivi commençait à redescendre à présent. Sans vraiment avoir le temps de me familiariser avec ce qui m'entourait, je trouvais l'interrupteur et le hall d'entrée s'éclaira suffisamment pour que je puisse voir le salon ainsi qu'une partie de la cuisine. Je me débarrassais rapidement du sac de sport posé sur mon épaule, nous faisant tituber tous les deux. Après une petite partie d'Am, stram, gram, je me dirigeai vers le côté droit de l'appartement et dans ce qui était, fort heureusement, la chambre à coucher. J'allais tout droit en direction de la salle de bain et allumais la lumière avant de l'asseoir sur les toilettes, où il s'affaissa. Il s'était de nouveau évanouit. Je retournais rapidement chercher le sac de sport dans l'entrée et le ramenais dans la salle de bain. J'en ressortais le sac plastique contenant tout mon précieux matériel. Une fois que j'eue tout disposé sur le meuble, je le penchais en avant et lui retirais son teeshirt. C'était comme soulever un chat endormit. Il se débattît sans force et gémit.

Désolée, mais il faut bien le faire.

J'hésitais à lui enlever son jean mais décidais qu'au point où on en était, autant tout retirer, toutefois, en arrivant à son boxer, je réalisais que c'était sans doute suffisant. Le haut de ses cuisses avait des ecchymoses de la taille d'une batte de baseball. Les contusions sur son abdomen et son cou commençaient déjà à s'assombrir en un rouge violacé. Je savais que celles-ci étaient les plus récentes. Il avait également des ecchymoses de couleur gris-marron, reparties ici et là. Celles-ci étaient plus anciennes.

Dans combien de bagarres t'es-tu donc fourré ?

Je commençais par mouiller une serviette et nettoyais son corps. Il gémit et siffla occasionnellement mais autrement, resta silencieux. Je trouvais un sachet de coton et des cotons tiges, et m'en servais pour nettoyer ses plaies avec le peroxyde d'hydrogène. Une fois terminée, je commençais à appliquer la crème cicatrisante dessus. Elles étaient superficielles et peu profondes. Seules d'eux d'entres elles nécessitèrent un pansement. Je commençais peu à peu à le regarder maintenant que j'en avais l'occasion et il était plutôt beau gosse. Je n'avais cependant pas franchement le temps de m'attarder sur les détails de son corps. Il était extrêmement pâle et avait de larges épaules. Il n'était pas super baraqué mais ses muscles étaient bien définis. Je remarquais la façon dont ses deltoïdes ressortaient avec ses triceps. Ses pectoraux avaient l'air lisses et plutôt mous mais en passant la crème dessus, il n'en était rien, ils étaient durs comme de la pierre. Une fois terminée avec son torse, je le penchais en avant et appliquais la crème sur les coupures dans son dos.

Maintenant, je devais m'occuper de sa tête. J'attrapais une autre serviette et la mouillai d'eau tiède. Alors que je me penchais sur lui, nettoyant son visage avec précaution et douceur, ses mains réagirent et m'empoignèrent autour des côtes. Je me figeai et cessai tout mouvement, en attendant qu'il bouge de nouveau. Après être restée environ 30 secondes immobile, je recommençai à nettoyer son arcade sourcilière entaillée. Son visage se resserra mais il n'ouvrit jamais les yeux ni ne bougea les mains. Il maintenait une pression sur mes côtes mais ne serra jamais trop fort. Je ressentais de nouveau ce courant électrique mais tentai de l'ignorer. J'avais une tâche à accomplir et c'est ce que j'allais faire. Une fois le sang séché nettoyé, j'attrapais le peroxyde d'hydrogène et m'assurais de bien en badigeonner la coupure sur sa joue puis la séchait en tamponnant doucement. Les Steri-strips furent parfait dessus. L'entaille de son arcade sourcilière allait néanmoins avoir besoin de sutures. Je répétais le même nettoyage dessus et me tournai vers le kit de suture que j'avais acheté. Après avoir lues les instructions au moins cinq fois, je rangeai les divers articles et décidais qu'il valait mieux ne pas faire cela ici. Je me repositionnais face à lui pour le relever et il m'aida de nouveau à se redresser. J'eus quelques difficultés à me stabiliser mais y parvins finalement. Après environ 3 tours sur nous même et presque deux chutes, je réussissais à l'amener jusqu'au lit et le plaçait sous les couvertures. Il soupira profondément et je ne pu m'empêcher de sourire, amusée par son contentement. Sa respiration se fit plus lente et je rendis compte que j'étais en train de fixer son visage depuis prés d'une minute. Il était à couper le souffle. Ses cheveux me rappelaient un fil de cuivre effiloché. Retournant dans la salle de bain, je récupérai le kit de suture et allais m'installer à ses côtés sur le grand lit. L'éclairage de sa lampe de chevet serait suffisant pour y voir. Sa bouche était légèrement entrouverte et malgré son œil gonflé et son visage entaillé, il était beau. J'essayais de faire le plus doucement possible pour le recoudre, m'assurant de garder les points droits. Une fois terminée, je faisais un nœud et coupai le fil pour dégager l'aiguille. Admirant mon travail en souriant, je me glissais hors du lit et allais nettoyer le bazar plein de sang dans la salle de bain. En fouillant quelque peu, je trouvais une boîte d'Aleve (anti-inflammatoire) et la plaçais à côté du lit.

Je ne pu pas m'empêcher de le regarder dormir un peu. Mon Dieu qu'il était mignon.

Est-ce qu'un mec peut être mignon ? Oui, oui ils peuvent et il est trop mignon.

Je soupirais et approchai ma main de ses cheveux sans même y réfléchir. Je la retirais juste avant qu'elle ne les touche.

Il est endormit, il ne remarquera pas si tu lui touches les cheveux. Tu sais que tu en as envie. Ils ont l'air si doux. Juste un passage de ma main dedans. Juste un et c'est tout.

Ma main était déjà tendue vers lui et aussitôt que mes doigts passèrent dans ses boucles auburn, j'étais stupéfiée.

Mmmm, ils sont aussi doux qu'ils en avaient l'air.

Il marmonna dans son sommeil et se tourna, blottissant sa tête contre mes doigts. Je retirais ma main comme si je m'étais brulée. Je me dégageai du lit et quittai la chambre avant de faire quoique ce soit d'inapproprié.

Est-ce que je reste ou bien est-ce que je m'en vais tout de suite ? Il a l'air ok. Il devrait bien se porter. Mais, et s'il ne se souvenait pas de ce qu'il lui était arrivé ? Et s'il flippait, s'apercevant qu'il ne parvenait pas se remémorer les événements ? Je vais juste rester jusqu'à ce qu'il se réveille et lui expliquerais ce qu'il s'est passé. Ensuite je partirais et ce sera terminé. Mon Dieu, je commence à être fatiguée.

En arrivant, je n'avais pas eu la chance de vraiment voir son appartement mais maintenant, en y prêtant attention, il était vraiment agréable. En y repensant, l'extérieur avait l'air sympa aussi. C'était apparemment un appartement avec deux chambres et une cuisine américaine donnant sur un immense séjour sans aucunes cloisons. Il était d'une netteté et d'une propreté impeccables. Dans le coin du salon, il y avait un piano à queue, au centre, un canapé en cuir noir et devant ce dernier, une table basse en verre et en fer forgé. Un immense écran plat était fixé au mur sans aucune autre décoration autour, excepté quelques étagères placées juste en dessous, avec toutes sortes de matériels électroniques posés dessus. Contre le mur du fond, il y avait une chaine stéréo super sophistiquée ainsi que des étagères de CDs à n'en plus finir. Il y avait également au fond de cette pièce, de grandes fenêtres avec des rideaux ondulants.

M'approchant de la cuisine, je sentis une odeur acide et désagréable. En voyant l'évier, je compris pourquoi. Il y avait des assiettes empilées dedans au point qu'il avait été obligé d'en mettre certaines sur les plans de travails autour. Des boites de plats à emporter recouvraient l'îlot central. C'était une véritable honte car tout ici semblait flambant neuf. Tout l'électroménager était en inox brillant. La plaque de cuisson n'avait même pas l'ai d'avoir utilisée une seule fois. Il y avait un mixeur dans l'angle qui semblait abriter une nouvelle espèce de moisissure. Il était relié à une tasse par…quelque chose de dégoutant qui passait également du grille-pain au micro-ondes.

N'ayant rien d'autre à faire, je relevais mes manches et ouvrais le lave-vaisselle, il sentait toujours le neuf et n'avait sans doute jamais été utilisé. Je regardais dans les placards et y découvrais une boite neuve de tablettes pour lave-vaisselle, même pas descellée. Les éponges et grattoirs étaient toujours emballés. En moins de temps qu'il n'en faut, j'avais réduis ce bazar à néant et m'appuyant au comptoir, écoutais le lave-vaisselle tourner sans bruit. En fouillant un peu plus dans l'appartement de cet étranger, je veux dire Edward, je trouvais des sacs poubelle et commençais à y jeter toutes les boites en polystyrène des différentes livraisons à domicile. J'ouvrais son frigo et commençais là aussi à en sortir tous les fruits et légumes en phase de décomposition. Une fois le tri et nettoyage terminé, je me dirigeai sur la pointe des pieds dans l'entrée jusqu'au vide-ordures et me débarrassai de tous ces sacs. Revenant dans la cuisine, je l'entendis bouger dans la chambre. En regardant la pendule dans l'entrée, je réalisais qu'il était seulement 5 heures du matin. Et moi qui pensai qu'il est sans doute bien plus tard.

Il ne m'a réellement fallut que 2 heures pour le ramener et le soigner ?

J'entrais tout doucement dans la chambre et constatais qu'il s'était tourné de l'autre côté. Il était presque enroulé sur lui-même en position fœtale sous sa couette lorsque je m'approchais de lui. Je remontais la couverture et la bordais bien autour de son corps. Après m'être rassurée en me disant que n'était plus un enfant et qu'il ne risquait donc absolument pas de tomber de son lit, je me dirigeais vers le salon. Je n'avais pas la moindre idée de quand il se réveillerait mais décidais qu'il aurait besoin de manger à ce moment là alors je planifiai un saut rapide à l'épicerie aux alentours de 6 heures. Je m'asseyais dans son canapé, prête à patienter que l'heure tourne quand mes yeux se posèrent sur des livres éparpillés sous la table basse. Je commençais à en feuilleter un quand je perdis totalement la notion du temps et dû me précipiter hors de l'appartement à 6h30.

L'épicerie était quasi déserte et le pauvre gamin qui tenait la caisse donnait l'impression qu'il allait s'évanouir d'un moment à l'autre ou tout du moins se rendormir dés mon départ. Je ris en le voyant, pris un panier et il me fit un sourire quelque peu gêné. Je commençais à remplir mon panier d'articles et bien assez tôt, j'avais tout ce qu'il me fallait pour faire un bon petit déjeuner : Du pain de mie, un demi litre de lait, du beurre, des œufs, du fromage, du bacon et une brique de jus d'orange. Je réglais mes achats et quittais le magasin tranquillement. Le soleil commençait à se lever à l'horizon et je fronçais les sourcils, agacée par les petits frisottis de mes cheveux, brouillant mon champ de vision.

Je dois vraiment ressembler à rien.

A mon retour, il était déjà 7 heures et je commençais à avoir quelques vertiges dus à la fatigue. Il me serait complètement impossible de tenir toute la journée sans une petite sieste. Inspirant un grand coup, j'entrais sans un bruit dans l'appartement et plaçais tous mes achats sur le plan de travail de la cuisine, en les triant. Je rangeais les produits frais au frigo et sortais une petite poche de glace que je plaçais dans un torchon avant de me diriger vers la chambre. Plus je passais du temps dans cet appartement et plus je m'y sentais vraiment mal à l'aise. Ce n'était pas chez moi, ce n'étaient pas mes affaires, ce n'était pas ma cuisine et ce n'était pas vers ma chambre que je me dirigeais. Cet homme que je connaissais à peine pouvait très bien être mauvais. Il avait peut-être été le premier à s'attaquer à quelqu'un. Il était peut être dangereux. Il pouvait très bien être un fou lunatique. Mais je m'étais engagée à m'occuper de lui et je le ferais. Je distinguai mieux la chambre désormais, avec la lumière du soleil qui y pénétrait au travers d'épais rideaux verts. Quelle ironie, je ne les avais pas vus avant. Je laissais mes yeux examiner la pièce, maintenant que je n'avais plus à m'inquiéter pour lui, blessé et couvert de sang lorsque je l'avais trouvé.

Le lit était de grande taille avec une large tête de lit et un pied de lit en fer forgé. Je savais déjà que les draps étaient aussi doux qu'ils en avaient l'air. La pièce était aussi simplement aménagée que le reste de l'appartement et ça en disait long sur la personne qui y vivait. Une large armoire sombre cachait le mur d'en face et un banc reposait au pied du lit. Je me glissais de l'autre côté de ce dernier et vis son visage endormi enfoui dans son oreiller. Son œil avait l'air moins gonflé. La plupart de la boursouflure s'était dissipée après l'avoir nettoyé mais restait toujours un peu enflée. Je savais que la compresse froide allait sans doute le réveiller mais il valait mieux commencer rapidement avant que le gonflement ne réapparaisse plus tard comme pour l'empêcher d'oublier. Je m'asseyais aussi lentement que possible au bord du lit à ses côtés et plaçais le torchon glacé contre son œil tout doucement. Il sursauta et gémit avant de s'immobiliser.

Je restais dans cette position jusqu'à ce que la glace soit complètement fondue et qu'il faille aller en chercher d'autre. Il était si mignon. Je veux dire par là qu'il était élégant, bel-homme, superbe, attirant, charmant, musclé, exquis, immaculé, costaud. Et il était masculin. Mais de toute ma vie, je n'avais jamais rencontré d'homme que je qualifierais de mignon et c'était exactement ce qu'il était. Il avait cette beauté en lui. Après la deuxième poche de glace, je m'apercevais qu'il était déjà presque 9 heures et le gonflement avait bien réduit. A mon avis, il devrait sans aucun doute pouvoir rouvrir son œil.

Je devais le réveiller dans peu de temps car il fallait que je sois au travail à 14 heures.

Je vidais le lave-vaisselle et rangeais chaque chose à sa place en devinant plus ou moins où allait quoi et dans quels placards puis commençais à préparer le petit déjeuner. Je préparais les œufs brouillés avec le fromage, faisais frire le bacon, mettais quelques tranches de pain à griller dans le grille pain puis y étalait du beurre. Je décidais de remplir un verre de jus d'orange ainsi qu'un verre de lait et s'il n'aimait pas ou ne voulait pas l'un des deux, je le boirais. Je ne trouvais rien à utiliser en guise de plateau et me débrouillais tant bien que mal pour porter l'assiette, les couverts ainsi que les deux verres et me dirigeais vers sa chambre.

Il était étendu de tout son long, les bras au dessus de sa tête et une jambe relevée. Il avait son oreiller sur la tête. Je souriais.

Apparemment quelqu'un se sent mieux.

Je posais l'assiette et les couverts sur la table de chevet avec les deux verres. Il bougea légèrement puis recommença à ronfler doucement.

Je lui secouai doucement l'épaule pour le réveiller.

Rien.

Après l'avoir secoué plusieurs fois sans résultat, je lui enlevai son oreiller de sur sa tête. Il grommela mais ne se réveilla pas. Je me levais et allais ouvrir les rideaux en grand.

J'entendis un grognement derrière moi.

Ça devrait le faire.

« Bordel de merde, qu'est-ce qui….. »

« Et bien, bonjour à toi aussi. »

Il parut confus de trouver une femme au beau milieu de sa chambre. Lentement il souleva ses draps et regarda comment il était vêtu. Je retins un petit rire et m'avançais vers lui, les mains levées devant moi pour le rassurer. Il me dévisagea comme si je m'apprêtais à le tuer. Je lui souriais et lui indiquais l'assiette de nourriture à côté de lui. Il le regarda d'un air étrange.

« Ce n'est pas empoisonné. Promis. »

« Qui es-tu et que fais-tu dans mon appartement ? »

« De quoi vous te souviens-tu ? »

« Um…. » Il se frotta la nuque et gémit. Sa main caressa doucement son visage et il me regarda surprit.

« J'étais à la salle de sport. Je venais juste de terminer mon entrainement pour ce soir. Dans les vestiaires… »

« Sais-tu qui t'a cogné dessus ?»

Son visage passa de choqué à dégouté si vite que j'hésitais un instant. Il regarda ses poings repliés puis sembla se souvenir que j'étais dans la pièce. Il releva la tête brusquement et me regarda avec les yeux les plus verts que je n'avais jamais rencontrés. Il semblait de nouveau choqué. Je lui souriais gentiment puis lui tendais l'assiette. Il la regarda un peu idiot avant de la prendre et d'y planter sa fourchette, avalant sa première bouchée d'œufs brouillés au fromage. En moins de 5 minutes, il avait vidé son plat. Je ris légèrement et d'un geste lui indiquai également les deux verres ainsi que la boite d'Aleve.

« Je ne savais pas si tu préférerais du jus ou du lait alors j'ai amené les deux. Je boirais n'importe lequel dont tu ne voudras pas. »

Il s'empara du verre de lait et de la boite de médicament. Je pris le jus d'orange et le bus lentement pendant qu'il avalait 3 pilules et finissait son lait. Je m'asseyais à côté de lui sur le lit et lui pris l'assiette et le verre pour les reposer sur la table de nuit. Il observa avec attention chacun de mes gestes. Je commençais à me sentir mal à l'aise quant à la tête que je devais avoir face à ce Dieu vivant. Il s'était fait battre sur tout le corps et il donnait encore l'impression de se rendre à une séance photo. Je voulais me maudire à cet instant même mais repoussais ces sentiments.

Assure-toi qu'il va bien et va-t'en. Vérifie juste son état puis dis lui ce qu'il s'est passé et va t'en.

« Je t'ai trouvé dans les vestiaires ce matin. Tu m'as dis où tu habitais et je t'ai ramené ici. Ensuite, j'ai nettoyé tes blessures. Avant que tu ne poses la question, il ne s'est absolument rien passé d'autre que cela. Je t'ai laissé en sous-vêtements et je n'ai rien vu d'autre. La seule chose dont tu devrais sans doute t'inquiéter, c'est cet œil. J'ai suturée ton arcade sourcilière et je suis désolée si n'est pas le meilleur travail du monde mais c'est le mieux que j'ai pu faire. »

« Pourquoi ne m'as-tu pas amené à l'hôpital. » Sa voix avait une pointe de sévérité. Il semblait agaçé de ma présence.

« Tu m'as dis de ne pas t'y emmener. Tu étais très…catégorique au 'pas d'hôpital'. »

Son regard se radoucit et sa voix également lorsqu'il s'adressa de nouveau à moi.

« Merci. Pour tout. Je ne sais pas comment te remercier de ce que tu as fait pour moi. »

« Je n'attends pas de remerciements particuliers. Maintenant que tu vas bien, je vais y aller, à moins que tu ais besoin de quelque chose. Je dois aller travailler aujourd'hui. »

« Que faisais-tu dans les vestiaires ? »

« Je travaille à la salle de sport. »

« Non, c'est faux. »

« Excuse-moi ? »

« Et bien, j'y suis tous les jours et je suis certain de ne jamais t'y avoir vue avant. »

« C'est parce que je dois commencer aujourd'hui. Emmett m'a fait visiter hier. »

« Oh. »

« Ouais donc…Ecoutes, je n'ai plus rien à faire ici alors je vais y aller. Je n'ai rien pris dans ton appartement. De toute façon, tu sais où je travaille donc ce n'est pas comme si tu étais incapable de me retrouver si quelque chose venait à manquer. Je suis vraiment désolée de ce qu'y t'est arrivé et j'espère que qui que ce soit qui t'a fait ça récupère la monnaie de sa pièce un de ces jours. »

Je me relevais pour partir mais il m'attrapa par le bras.

Encore ce courant électrique.

« Attends…est-ce que tu dois vraiment partir tout de suite ? »

« Non, je pense que non. As-tu besoin de quelque chose ? »

« Et bien, maintenant que tu le demandes, non, pas vraiment, je n'ai besoin de rien de particulier. Tu en as déjà tellement fait. Je voudrais juste te parler. Il semble que tu ais passé pas mal de temps avec moi et je n'ai absolument aucune idée de qui tu es. Comment t'appelles-tu ? »

« Bella. »

« Edward. »

« Je sais. »

Il sourit et je me rasseyais sur le lit, face à lui. Il s'adossa contre sa tête de lit et se contenta de me fixer avec un petit sourire malin sur son visage. Normalement je devrais être nerveuse que quelqu'un me fixe si ouvertement et me sourit, cependant, je ne ressentais pas de mal aise en sa présence. C'était juste comme quelque chose d'habituel. Son sourire s'agrandit et je réalisais que j'étais également en train de le fixer ouvertement. Comme si c'était prévu, mon visage s'enflamma et je baissais les yeux vers mes genoux. J'étais rouge comme une pivoine.

« A quelle heure dois-tu être à la salle de sport ? »

« 14 heures.»

« Il nous reste plein de temps pour faire connaissance alors. »

« Euh…Pourquoi ? »

« Je dirais que ce serais sans doute un minimum de ma part d'en apprendre un peu plus sur la femme qui m'a sauvée la vie. »

« Je ne t'ai pas sauvée la vie. Tu t'en serais très bien sortis seul. Ça aurait sans doute été merdique de te réveiller sur le sol froid et dégoutant d'un vestiaire mais tu aurais survécu. Tu n'as pas l'air du genre trop fragile. »

Il rit mais grimaça ensuite en se tenant les côtes. J'avais mal pour lui. Il reprit ses esprits et laissa couler comme s'il avait l'habitude de souffrir ainsi.

« Est-ce que je peux te demander un service ? »

Il releva un sourcil et je haussai les épaules.

« Puisque je t'ai sauvée la vie…. »

« Ok, qu'est-ce que c'est ? »

« Peux-tu me promettre de rester couché et d'y aller doucement aujourd'hui ? Je sais que tu as dis que tu allais à la salle de sport tous les jours mais soyons sérieux, tu n'es pas franchement en état d'aller où que ce soit aujourd'hui. »

« Ok, à une seule condition. »

« Laquelle ? »

« Tu reviens ici après le travail et tu discutes avec moi encore un peu. »

Et bien, c'était plutôt direct ça. Pas la peine de tourner autour du pot. Il avait l'air sur de lui-même en me demandant ça.

« Pourquoi ? »

« Parce que j'apprécie ta compagnie. As-tu d'autres plans ? »

« Non, aucuns. C'est juste que je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu veux que je revienne. »

« Pourquoi m'as-tu aidé dans la salle de sport ? Comme tu l'as dis, je m'en serais très bien sortis. »

« Parce que tu avais besoin de moi. »

Cette réponse quitta mes lèvres sans même y réfléchir et je me levais embarrassée, débarrassant les restes de son petit déjeuner et quittant la pièce. Je rinçais l'assiette, les verres et les couverts dans l'évier avant de les mettre dans le lave-vaisselle. J'entendis des pas lourds sur le plancher et il entra dans la cuisine. Il avait enfilé un jogging gris mais pas de teeshirt. Je me figeais, l'air béat, fixé sur son torse nu. Mon Dieu qu'il était…impressionnant. Je n'avais pas d'autre mot pour décrire la sensation étrange au fond de mon estomac. La façon dont ses abdos se resserraient alors à chacun de ses pas. Les courbes de ses pectoraux et des muscles de ses épaules quand il bougeait les bras. Bon Dieu, j'avais l'impression de l'offenser rien qu'en le regardant.

« Tu n'étais pas obligée de nettoyer ma cuisine. Bon Dieu, je me sens très mal maintenant. Non seulement tu ramènes mes petites fesses ici et tu me soignes mais en plus tu as nettoyé ma cuisine. »

« C'est vraiment pas grand-chose. Je suis juste un peu maniaque des cuisines propres. Je suis désolée si j'ai dépassé les bornes en nettoyant. Bon, il faut vraiment que j'y aille maintenant. »

« Tu peux utiliser la salle de bain pour te nettoyer si tu le souhaites. Ça ne me dérange absolument pas. C'est le moins que je puisse faire pour toi. »

Actuellement, prendre une bonne douche me semblait être une excellente idée et je ne pourrais très certainement pas m'en sentir coupable. Techniquement, c'était un peu de sa faute si j'étais trempée de sueur et sale. Je lui fis un grand sourire et acquiesçai.

« Merci. Je me dépêche c'est promis. »

« Je t'en prie, prends tout le temps qu'il te faut. » Il me rendit mon sourire puis se dirigea dans le salon. Je redescendais à ma camionnette et y récupérai mon sac de sport caché sous la banquette pour le jeter par-dessus mon épaule. J'aurais bientôt besoin de faire un saut à la laverie. J'agrippais le sac et prenais les escaliers plutôt que l'ascenseur. De retour à l'appartement, je me ruais dans la salle de bain et fermais la porte à clé. Je déshabillais du regard la douche, avec amour, ayant presque envie de la violer. Je me déshabillais rapidement et pénétrais sous le jet d'eau chaude. C'était le paradis. Je n'avais pas pris de vraie douche depuis des jours. Je soupirais puis commençais à me laver aussi minutieusement que possible. La douche m'apaisa et me réveilla en même temps et je lui en étais très reconnaissante. Une fois terminée, je m'essuyais puis enfilai un jean confortable ainsi qu'un vieux teeshirt. De toute façon, Emmett devait me donner des teeshirts à l'effigie de la salle de sport pour travailler. Je rangeais mes produits de toilette dans mon sac et sortais en direction du salon pour dire au revoir à Edward.

Il était toujours sur le canapé, en train de regarder la télévision. A mon arrivée, il se releva et me fis signe d'entrer dans la pièce. Je me tenais debout à ses côtés, gênée et il avait l'air aussi mal à l'aise que moi, ce qui me rassura quelque peu.

« Alors, tu reviens dés que tu as finis ? »

« Tu restes ici pour te reposer toute la journée ? »

« Oui. »

« Alors, oui. »

Un immense sourire illumina son visage et je dû faire taire l'adolescente de quinze ans qui se cachait au fond de moi pour ne pas crier et sauter de joie. Je lui rendais son sourire, sans doute un peu tardivement mais j'y parvenais tout de même et je reculais en direction de la porte. A chaque pas que je faisais en arrière, il en faisait un en avant. Je sentis la poignée de la porte rentrer dans mon dos et sursautais. Il rit et je me mis à rougir.

« Alors, euh….as-tu besoin que je ramène quelque chose à mon retour ce soir ? »

« Non, juste toi. »

J'acquiesçai et baissai la tête avant de tourner sur moi-même et me dépêchai de quitter son appartement. J'entendis le son de son rire diminuer au fur et à mesure que je descendais les escaliers.

Il y avait quelque chose de spécial chez lui. Je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus mais quelque chose me disait qu'il voulait bien plus que simplement discuter à mon retour.