Note:

Bonsoir, bonsoir.

Comment allez-vous? ^^ Etes-vous allées au ciné hier? ^^

Pour ma part, j'y suis allée cet aprèm pour éviter les hystériques qui hurlent dès que Edward ou Jake apparaissent à l'écran et pouvoir baver en paix lol. Personnellement, je l'ai trouvé beaucoup, beaucoup mieux que le premier. Avec des trucs plus ou moins bien lol... Mais en gros, mon avis est très positif ^^ Je n'ai qu'une chose à dire: Vivement la suite! Oui, parce que la fin... T_T Ai-je été la seule à ouvrir la bouche grande ouverte de déception? Tiens, c'est mon petit sondage du jour ^^ C'est grâce aussi à ça que je vous ai terminé ce soir la traduction de ce chapitre qui m'a mis les boules, je dois le reconnaître, j'espère que ça vous donnera le frisson également.

Je vais revenir vite fait sur le chapitre précédent, parce que j'ai eu pas mal de réactions vis-à-vis du comportement de Marcy par rapport à Bella. Certaines d'entre vous l'ont trouvé très dure. Pour ma part, je dirai juste ceci: quand on se renferme dans ses blessures, quand on n'arrive plus à en sortir, il faut obligatoirement qu'un jour ou l'autre, quelqu'un vous secoue. Il n'y a que comme ça - je pense - qu'on arrive à faire face à ce qui nous dépasse. Comme je le dis toujours: prenez le canard par les palmes et foncez! Vous pleurerez au début, et après, vous serez fiers de vous. J'ai trouvé l'attitude de Marcy très juste, c'est un excellent personnage, avec de bonnes règles de vie, qui se consacre à aider ceux qui sont dans la détresse. Si seulement tout le monde ou presque pouvait être comme ça...

Sur ce, je vous remercie infiniment pour vos reviews qui augmentent de chapitre en chapitre, ça fait chaud au coeur! Je ne vous ai pas répondu cette fois-ci, veuillez me pardonner, je me rattraperai la prochaine fois! Merci, merci, merci! De la part de l'auteure et de la mienne.

Très bonne lecture et à la prochaine fois.

PS: Vous en apprenez un peu plus sur Bella et son passé... A vous de revêtir l'imper de Sherlock et de mener votre enquête :p


"Love cannot accept what it is. Everywhere on earth it cries out against kindness, compassion, intelligence, everything that leads to compromise. Love demands the impossible, the absolute, the sky on fire, inexhaustible springtime, life after death, and death itself transfigured into eternal life." – Albert Camus


"In the mind and nature of a man a secret is an ugly thing, like a hidden physical defect." – Isak Dinesen


"Memory, of all the powers of the mind, is the most delicate and frail." – Ben Jonson


Healing



Chapitre quatorze

Bella, assise sur sa chaise, le regardait, simplement.

La façon dont ses mains bougeaient lorsqu'il parlait de quelque chose qui avait retenu son intérêt.

La façon dont ses yeux la taquinaient et cette lueur presque protectrice quand il parlait avec Jasper, Emmett et Rosalie.

Et lorsqu'il discutait avec Alice, il semblait prendre des précautions supplémentaires, vu la manière dont il la traitait.

Elle avait aussi remarqué la façon dont ses yeux se fermaient lorsqu'il riait tellement qu'il pouvait tomber à tout moment de son siège. Comme tout son corps semblait rire avec lui.

Mais elle voulait en savoir plus. Elle voulait tout savoir.

Elle voulait savoir comme il s'était fait la cicatrice qu'il avait au dessus de ses doigts sur sa main gauche, elle voulait savoir pourquoi il adorait porter tous les jours ces vieilles Converses grises toutes défraîchies et pourquoi il n'en achetait pas une nouvelle paire, elle avait envie qu'il lui raconte encore une fois pourquoi il n'aimait pas à ce point le yaourt et elle voulait se trouver dans ses bras durant tout ça.

Elle voulait écouter la musique qu'il écoutait à fond sur son iPod pour ensuite apprécier le contraste de la mélodie de sa berceuse qu'il jouait au piano.

Elle voulait enfoncer sa tête dans son torse et sentir son parfum afin d'être rassurée pour la centième fois au moins qu'il était bien réel, qu'il lui appartenait.

Elle voulait fermer ses yeux et écouter sa voix comme quand il lui lisait de nombreux chapitres - un passe temps qui était vite devenu leur favori.

Elle voulait qu'ils partagent chacune de leurs histoires, chacune de leurs blessures, externes comme internes.

C'était étonnant la façon dont elle sentait si profondément ses sentiments pour lui dans un temps aussi ridiculement court, mais elle ne voulait le changer pour rien au monde.

Il n'était pas parfait sur tous les points.

Il se dissipait parfois lorsqu'elle ne savait pas lui dire ce qu'elle voulait exactement. Il défiait sa patience tous les jours par son habitude exaspérante et insupportable qu'il avait de rouler ses parfaits yeux verts. Il la taquinait constamment sur son manque d'équilibre et son choix de lecture. Il aimait la faire chier autant qu'il aimait la rendre heureuse. Il se sentait gêné de ne pas faire son propre chemin et ils se moquaient d'eux mêmes quand ils pensaient qu'ils entretenaient une relation amoureuse parfaite.

Mais ils essayaient que ça soit le cas tous les jours.

Ils traînaient avec les autres, et Bella sentait un peu plus tous les jours son amour grandir pour Edward.

Parce que derrière chaque roulement d'yeux, la colère qu'il éprouvait lorsqu'elle n'arrivait pas à lui dire à voix haute ses sentiments pour lui, elle voyait un dévouement fervent dans chacune de ses actions, dans chaque mot, chaque contact qu'elle avait avec lui. Elle savait qu'il ne serait que frustré avec elle, parce que tout comme elle, le voulait avec lui, il voulait tout partager avec elle.

Et comme ils savaient qu'ils étaient deux individus brisés au début de leur relation, ils essayaient aveuglément, frénétiquement, de recoller les morceaux de leurs coeurs esseulés parce qu'ils savaient qu'ils étaient tous les deux dans le même cas. A chaque pièce déchiquetée d'Edward que Bella trouvait, le jeune homme en trouvait une des siennes. Ils étaient de moins en moins aveugles dans leurs recherches et leur compréhension de l'autre. Car en trébuchant dans leur enfer personnel, ils s'étaient trouvés l'un l'autre.

Et Bella réalisait tous les jours qu'elle le referait sans hésiter si elle le pouvait. Pour seulement retrouver Edward au bout.

Le jeune homme achevait une partie d'échecs avec Alice, ce qui était l'une des choses les plus drôles qu'elle n'ait jamais vues. Ils étaient si graves, si précis, si minutieux dans leurs mouvements. Parfois, ils aiguillonnaient l'autre sur leur prochain mouvement et le massacraient ensuite. Souvent pourtant, il suffisait de regarder curieusement le visage de l'autre et d'essayer de deviner son prochain mouvement. A un moment, la jeune fille s'était même demandée s'ils ne se parlaient pas silencieusement sur leur partie mais avait rapidement balayé l'idée et s'était replongée dans sa lecture.

Quelques minutes plus tard, elle entendit Edward pousser un cri de victoire et leva ses yeux vers lui avec un énorme sourire.

Alice semblait penaude.

" Comment ai-je fait pour ne pas voir ce mouvement? "

Sa bouche et ses yeux étaient grands ouverts d'étonnement.

Edward se moqua de son expression et poussa juste devant elle la barre énergique et protéinée à travers la table. Alice le regarda comme si elle était sur le point de protester, mais le jeune homme leva un doigt.

" Tu te souviens de notre petit marché. Si je gagne, tu dois manger ça. " Il fit un signe vers la barre. " Nous devons manger tant de calories par jour, n'est-ce pas? "

La jeune fille hocha à contre coeur la tête, fit glisser la barre protéinée sur la table et commença à la déballer.

Edward attendit en face d'elle qu'elle ait avalé la dernière bouchée, puis se leva et se dirigea vers Bella qui était assise sur le canapé.

Elle souleva ses jambes et il s'assit à la place du coussin afin qu'elle puisse s'étendre sur lui. Elle inclina ensuite son livre pour qu'il puisse lire en même temps qu'elle s'il le voulait. Il commença à jouer avec une mèche de ses cheveux, faisant rouler une boucle entre ses doigts.

Bella sentait son regard sur elle, mais elle gardait le sien baissé sur son livre. Elle sentait une rougeur envahir ses joues alors qu'il ne cessait de la dévisager. Il savait que quelque chose la perturbait.

" Qu'est-ce qu'il y a, Bella? "

Il lui avait posé sa question d'une façon si douce qu'elle se demanda s'il avait bien prononcé ces mots. Elle leva alors ses yeux et rencontra le regard vert, doux et sincère. Elle plongea dans ses abysses quelques instants puis ferma les yeux et soupira, vaincue.

Elle se leva du canapé, lui saisit la main et le tira hors de l'espace salon. Ils descendirent en silence les marches de l'escalier, puis traversèrent la cours. Ils marchèrent encore un peu et atteignirent un coin ombragé où ils se laissèrent tomber. Bella commença à jouer avec un morceau d'herbe, et Edward s'appuya sur ses mains, inclinant sa tête en arrière dans l'attente qu'elle prenne la parole.

" Je suis tellement confuse, Edward. "

Il sentit la panique s'emparer de sa poitrine un instant, puis se relaxa en sachant qu'il n'avait rien à craindre.

" A propos de quoi? "

Elle soupira.

" Marcy n'arrête pas de dire ces choses... à propos de ma mère. Tu sais combien elle peut être énigmatique quand elle s'y met... Elle m'a dit que c'était l'une des raisons pour la quelle elle voulait que notre relation marche, parce que selon elle, ma mère a abandonné quelque chose qu'elle désirait. Et je sais que j'aimerais bien m'en moquer de ce qu'elle dit, mais je n'y arrive pas. "

Edward réfléchit durant une seconde ou deux. Evidemment, il connaissait la position de Bella vis-à-vis de la mort de sa mère et il n'allait pas essayer de l'affronter sur ce sujet.

" Qu'est-ce qu'elle t'a dit de faire?

_ Elle m'a demandé d'utiliser ma mémoire afin de savoir ce qu'elle voulait dire. Mais comment je peux le faire sans savoir ce que je dois chercher? "

Elle semblait tellement perdue et confuse. Et Edward voulait essayer de l'aider, de quelque manière que ce soit. Alors il se remémora la première fois où il avait vraiment ouvert la porte de son passé.

" Allonge-toi sur l'herbe. "

Elle lui lança un regard perplexe et il roula des yeux.

" Fais-le, c'est tout. "

Elle s'allongea sur l'herbe tendre et attendit.

" Prends une profond inspiration et ferme tes yeux. Laisse ton esprit se délaisser de tout ce qui l'obstrue et laisse le revenir à toi.

_ Qu'est-ce que je dois laisser venir à moi?

_ Tais-toi... "

Il posa une main sur son bras et essaya de la détendre.

" Laisse simplement ton esprit vagabonder là où il en a envie. Tu sauras quand tu tomberas sur quelque chose qui est susceptible de t'aider. "

Et alors, Bella laissa tout resurgir et resta encore allongée alors que la fraîcheur de l'herbe et la chaleur du soleil au dessus d'elle faisaient contraste sur sa peau. Elle laissa libre cours à toutes les questions, toutes les accusations de son esprit et se sentit se relaxer.

Le visage de Renée traversa son esprit derrière ses paupières. Bella n'avait jamais autant souhaité pouvoir lire dans les pensées de quelqu'un.

Sa mémoire commença son décriptage à travers différentes scènes: Renée qui aidait Bella à ouvrir ses cadeaux d'anniversaire quand elle avait sept ans, Renée l'emmenant à l'école et l'aidant à apprendre ses tables de multiplication, une photo d'elle et Renée dans une accolade, Renée l'emmenant à un match de baseball, Renée lui enseignant comment faire le brownie que faisait sa grand-mère, Renée l'aidant à rajuster son gilet de surveillante de hall...

Puis, Bella ouvrit brusquement ses paupières.

oOo

Bella laissa Edward avec le groupe et courut jusqu'au bureau de sa thérapeute. Elle frappa rapidement à la porte et entra. Marcy était déjà assise dans son fauteuil, dossier en main, l'attendant.

" Raconte-moi. " Dit Marcy en prenant une nouvelle page de son bloc-notes. " Commençons par ton premier âge. "

Bella la regarda, confuse.

" Pourquoi?

_ Je voudrais établir un calendrier. "

Bella cligna des yeux. Un calendrier pour quoi?

Elle secoua la tête et se reconcentra sur ses souvenirs.

" J'étais sur le point d'avoir douze ans, c'était pendant l'été. Elle me leva très tôt, me disant que nous devions aller à un match de baseball. "

Marcy se leva et prit cette information en considération.

" Qu'est-ce que ça a de si spécial? "

Bella s'avança et s'assit sur le divan.

" Elle détestait le baseball. Mon père n'était pas avec nous. Et... c'était des enfants qui jouaient. "

Marcy inclina la tête et incita Bella à continuer par ses yeux.

" Qu'est-ce que cela signifie, Bella? "

La jeune fille baissa les yeux et réfléchit.

Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier? Sa mère avait toujours été inconstante sur ces choses-là; changeant de goûts comme on changeait de chemise. Peut-être que Bella était en train d'aboutir à rien de concret. Sa mère avait peut-être voulu simplement sortir de la maison ce jour-là pour prendre l'air et profiter du soleil. Mais alors, le visage de Renée lorsqu'elles s'asseyaient dans les gradins, lui revint en mémoire. C'est cette expression-là que Bella avait vu sur les traits de sa mère que quelques fois seulement dans toute sa vie.

Comment Marcy avait-elle appelé ça, déjà?... Le véritable bonheur.

Sa mère assise sur les gradins dans la chaleur écrasante de l'Arizona, portant un vieux chapeau de Charlie et une chemise neuve qu'elle avait acheté spécialement pour ce jour-là, n'avait jamais semblé plus heureuse ni plus en paix.

Bella secoua lentement sa tête en signe de négation et leva ses yeux vers ceux de Marcy.

" Je ne sais pas ce que ça signifie. "

Marcy soupira et alla se rassoir dans son fauteuil. Elle posa un poing fermé sous son menton et commença à taper légèrement dessus, son front plissé par la concentration.

" Y a-t-il des éléments précis qui te reviennent instantanément en mémoire? "

La jeune fille se concentra autant qu'elle le pouvait, mais rien ne semblait sortir de l'ordinaire. Elle secoua négativement la tête.

" Ok. C'est un bon début. Réfléchis-y encore une fois. Je te verrai demain. "

Elle sourit quand Bella se leva et se dirigea vers la porte.

Alors qu'elle marchait dans le couloir, Bella tenta de se convaincre que ça ne servait à rien d'y penser trop. Cela ne signifiait rien parce qu'il n'y avait rien de spécial. Aucune allusion au fait que Renée ait voulu perdre la vie; il n'y avait tout simplement rien.

Alors qu'elle remontait l'escalier menant au deuxième étage, Bella ne put évincer le sentiment qui l'ébranlait; elle était en train de rater quelque chose de très important.

oOo

Edward prit une profonde inspiration.

" Je dois lui dire, n'est-ce pas? "

Il regarda Marcy alors qu'il retenait sa respiration puis il expira.

" ... Ca te serait bénéfique si tu lui disais. Je suis surprise, en fait. La plus part des victimes de pédophilie ne tiennent presque jamais à raconter ce qu'ils ont vécu. Je suis surprise même que tu veuilles bien m'en parler à moi. "

Edward se moqua du terme " victime ". Il était identifié de cette façon uniquement parce qu'il était mineur, mais peu importait; il avait été consentant à part entière, du début à la fin.

" Edward, si tu décides d'en parler à Bella ou non, c'est toujours une bonne chose pour toi ce que tu fais dans cette pièce. "

Le jeune homme hocha la tête, repoussant ces pensées pour plus tard, puis il prit sa pose habituel et s'allongea sur le divan. Il mit ses mains derrière son crâne, et se berça tout en fermant les yeux...

Les rumeurs courraient bon train depuis quelques jours. Il avait été convoqué dans le bureau du directeur à plusieurs reprises et un policier lui avait posé pas mal de questions embarrassantes. Il avait essayé de dire la vérité, mais en même temps, il avait tenté de la protéger. Ses parents en avaient été avisé et ils l'avaient retiré de l'école le reste de la semaine. Ca lui faisait mal de voir le choc et l'horreur affichés sur le visage de sa mère ainsi que les purs sentiments de désespoir et de vengeance sur celui de son père.

Il avait peur. Il avait l'impression que tout ce qu'ils avaient fait pour préserver leur secret n'avait servi à rien. Et il se sentait entièrement coupable.

Il avait été trop collant, avait eu trop besoin d'elle, n'avait pas su ne pas être tout le temps avec elle. Et quelqu'un avait fini par découvrir. Il ne savait pas qui, ni quand, mais quelqu'un avait fini par découvrir.

Et maintenant, tout le monde était au courant qu'Edward - " le chouchou de la prof "- Cullen était en train de tout foirer, ainsi que sa prof de Maths.

Son nom avait été écarté de tous les gros titres, mais ceux qui les avaient découvert les avaient informés de qui il était car les journalistes avaient afflué autour de sa maisons, tels des vautours.

Edward avait regardé les informations avec horreur: Cassandra avait été sorti de l'école, menottes aux poignets, la manchette au bas de l'écran disant: " Une enseignante locale arrêtée pour avoir eu une liaison avec un élève. "

Il avait essayé de la contacter, il avait essayé de se faufiler en douce hors de sa maison pour la voir. Mais à chaque fois, on l'avait coincé. Elle avait eu raison. Personne ne les comprenait. Ils étaient amoureux et il avait juste envie de la voir, avoir l'assurance qu'elle allait bien, qu'elle était hors de danger et que tout irait bien à la fin de cette histoire.

Il avait été transporté à l'hôpital où travaillait son père et avait été examiné par un des collègues de Carlisle, le Dr Stanton. Il avait énervé Edward, faisant des commentaires douteux et narquois sur son histoire avec Cassandra. Le jeune homme le connaissait bien. Son père travaillait avec lui depuis plusieurs années et il connaissait sa fille; Edward avait été un bon tuteur pour elle, au collège. Une brave fille...

" Le Docteur Stanton était l'un de tes thérapeutes, n'est-ce pas?

_ Ouais... Un mec cool. Répliqua Edward sur un ton sarcastique.

_ Et tu avais été le tuteur de sa fille auparavant? Et avais maintenu le contact avec elle tout ce temps? "

Edward sourit.

" Les enfants de deux des médecins les plus estimés de l'hôpital Mayo. Nous avions plus de drogues que n'importe qui. On se donnait un rencard, on s'échangeait ou on mélangeait ce qu'on avait, on baisait si on voulait, mais le but c'était d'aller toujours plus loin.

_ Elle avait deux ans de moins que toi, Edward.

_ Ouais, je sais... Vous n'arriverez pas à me faire sentir encore plus mal que je ne le suis déjà vis-à-vis d'elle. "

Il se retourna, un regard dur encré sur le visage.

Marcy soupira, prit quelques notes et invita en un geste Edward à continuer.

Il était fatigué de tout ces regards dont il était la cible, surtout ceux de sa mère. Esmée avait subitement éclatée en sanglots lorsqu'elle l'avait vu et Carlisle faisait les cents devant la télévision, écoutant les dernières nouvelles sur son affaire.

Le jeune homme voulait seulement que tout s'arrête. Il voulait revenir en arrière, à l'époque où ils vivaient en paix, dans un état de béatitude et d'oubli.

Pour tenter d'oublier, ses parents l'avaient renvoyé au lycée juste avant le début du procès. Nous étions au milieu du mois de Mai et les examens finals du jeune homme approchaient. Mais partout où il allait, les murmures, les pointages du doigt, les regards le poursuivaient. Un remplaçant avait été nommé pour les cours de Mathématiques, mais Edward n'y faisait pas attention.

Il s'était réfugié dans les toilettes entre midi et deux, voulant se changer les idées et échapper aux ragots qui s'étendaient à profusion dans la cours, lorsque la porte s'ouvrit.

" Hey, Cullen. "

Mike Newton. Probablement la dernière personne qu'Edward avait envie de voir.

" Newton. " Répondit le jeune homme à voix basse et dure.

Il voulait juste que sa journée se passe un peu mieux, mais la présence de Newton ne l'y aiderait pas.

Edward serrait les bords du lavabo en regardant dans le miroir tandis que l'autre garçon faisait ses petites affaires. Puis, ce dernier s'approcha du lavabo à côté du jeune homme et commença à se laver les mains.

" Alors, commença Newton sur le ton de la conversation, c'est elle qui a été victime d'un viol ou c'est elle qui en est l'investigatrice? Je veux juste savoir à quel point elle est facile à attraper comme ça je pourrais peut-être y voir plus clair dans cette merde. "

Puis, il se mit à rire, l'écho se répercutant sur les dalles jusqu'au plafond.

Edward se figea l'espace d'une seconde, puis son poing alla frapper la mâchoire de Newton. Il le frappa à même le sol, hurlant insanité sur insanité, les poings serrés. Il entendit vaguement le bruit d'acclamations et de cris qui l'encourageaient:

" Frappe! Frappe! Frappe! "

De la porte des toilettes à présent ouverte, alors que Newton gisait sur le sol en se tenant le nez, Edward vit le directeur, le CPE et des types de la sécurité se précipiter sur eux.

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau, et Newton sortit, ensanglanté et soigné. Il regarda Edward qui était assis sur une chaise à l'entrée du bureau avec toute la rage et la haine que ce dernier lui transmettait à travers son regard. Puis, Mike lui sourit en jetant un coup d'oeil par dessus son épaule, dans le bureau du directeur. Il fouilla dans sa poche et en sortit un sachet en plastique plein d'herbe qu'il jeta sur les genoux du jeune homme.

" On dirait que tu vas en avoir plus besoin que moi. Considère ça comme un dédommagement pour les coups de pied au cul que tu vas te prendre. La prochaine fois, tu me rendras la pareille. "

Puis, Newton s'en alla en se pavanant. Edward regarda le sachet puis le saisit. Ses yeux s'élargirent lorsqu'il vit que c'était du shit. Ainsi qu'un briquet. Et du papier à rouler.

Il entendit son nom et mit rapidement le sachet dans son sac avant d'entrer dans le bureau directorial.

" Tu as donc considéré l'herbe comme un échappatoire?

_ Ca m'a aidé à oublier durant un bon moment.

_ Mais tout finissait par revenir? "

Edward acquiesça avec un signe de tête. Marcy prit quelques notes et se tourna à nouveau vers lui.

" Est-ce encore douloureux?

_ Qu'est-ce qui est encore douloureux?

_ De te souvenir. "

Le jeune homme s'assit et se tourna lentement vers elle.

" Ca fait toujours mal. Peu importe ce que je fais. Peu importe depuis combien de temps ça s'est passé, ça va me poursuivre jusqu'à la fin de mes jours. Mais... " Il se tut et se gratta l'arrière du crâne, comme s'il cherchait ses mots. " Ca devient plus facile à gérer. Chaque jour, je l'accepte parce que je n'ai pas le choix. "

Marcy lui sourit avec une fierté évidente dans les yeux. Elle cliqua son stylo sur son bloc-notes à deux reprises.

" Très bien, Edward. Ce fut une très bonne séance. "

Il hocha simplement la tête, ses réflexions maintenant tournées sur la façon dont il allait parler de sa vie passée à Bella.

A suivre...