Disclaimer : De toutes évidences, Harry et ses amis (et ennemis également) ne sont pas à moi, je les emprunte juste le temps d'une fic, juste pour le plasir!

Spoilers : Cette histoire se déroule environ 5 ans après la fin du tome 7, elle est donc susceptible de vous spoiler sur tout élément se déroulant dans l'un des 7 livres.

Résumé : 5 ans après la disparition de Voldemort, tout n'est pas résolu dans le monde magique et la tension toujours vive entre "pro-moldus" et "anti-moldus". Hermione, qui travaille au ministère et se trouve en première ligne dans la promotion de nouvelles lois favorisant l'ouverture du monde magique sur le monde moldu, devient la cible privilégiée d'un groupe d'anti-moldus qui compte bien faire échouer ses projets. Et c'est vers de nouveaux et innatendus allliés qu'Harry, Hermione et les autres doivent se tourner afin de combattre une menace grandissante...


La salle de conférence semblait surchauffée. C'était peut-être dû à la présence si oppressante de tous ces journalistes et officiels divers qui s'y étaient entassés et semblaient si serrés. C'était peut-être l'effet des flashs qui crépitaient les uns après les autres. C'était peut-être aussi tout simplement à cause du chauffage qui soufflait à fond alors que dehors tombaient les premières neiges de l'année.

Cette pensée eut pour effet de distraire Hermione Granger et elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil furtif par la fenêtre alors qu'elle s'avançait vers le pupitre qui lui était destiné. Elle n'aperçut que des toits et des arbres blancs sous un ciel livide duquel de minuscules flocons tombaient en ondulant légèrement. La jeune femme était superbe dans sa robe de sorcière dont les tons rappelaient de façon évidente les couleurs de la maison Gryffondor à laquelle Hermione s'enorgueillait d'appartenir. Ses cheveux attachés dans un haut et très sophistiqué chignon français lui donnait l'air d'être plus âgée que ses 22 ans.

Lorsqu'elle se présenta face à la foule des journalistes et qu'elle vit tous ces visages tournés vers elle, Hermione déglutit et sentit de nouvelles gouttes de sueur se former à la base de sa nuque. Elle glissa un regard sur sa droite dans la direction de Minerva MacGonagall et son imperceptible signe de tête l'encouragea.

Hermione résista à la tentation d'observer la foule en détail et fit le geste qui ouvrait le débat. Aussitôt, des mains se levèrent, des questions soigneusement préparées fusèrent de toutes parts dans un désordre apparent et pourtant soigneusement contrôlé par l'entourage de la jeune femme. Elle répondit à chacune d'elles avec la même précision, le même calme et la même aisance. Jusqu'à ce que vienne finalement le tour d'Harold Sinsket. Hermione l'avait surveillé du coin de l'œil depuis quelques minutes déjà, alors que celui-ci voyant son tour approcher, semblait aiguiser sa plume et son discours. Hermione redoutait le jeune homme à l'allure dégingandé plus que tout autre. Ses récents et nombreux papiers à son sujet n'avaient rien d'élogieux ni de sympathique et son éloquence avait fait de lui son ennemi numéro un, loin devant Rita Skeeter qui s'évertuait également à dénigrer chacun de ses mouvements, mais avec une crédibilité tellement moindre que celle de Sinsket que sans lui, l'acharnement ridicule de Skeeter aurait au contraire contribué à renforcer la popularité de la jeune sorcière. Hermione jeta un rapide coup d'œil à la journaliste, et l'aperçut tout fond de la salle, sa plume à papote devant elle, comme prête à dégainer dès que Sinsket aurait attaqué.

Quand on lui fit signe, celui-ci se leva avec sa lenteur et son élégance coutumière, un morceau de parchemin et une plume enchantée dans une main. Il réajusta ses lunettes carrées de sa main libre, jeta un coup d'œil à son parchemin, s'éclaircit la gorge avant de lever les yeux vers Hermione. Il n'était pas ce que l'on aurait pu communément appeler un beau garçon, son long corps trop fin semblant désarticulé, son visage émacié trop maigre, ses lunettes carrées et ses cheveux ondulés parfaitement lissés de chaque côté de son visage lui donnant un air de premier de la classe trop souvent plongé dans les livres. Un air qu'Hermione avait longtemps elle-même arboré. Mais il se dégageait de son allure soignée et classieuse quelque chose de charmant et de mystérieux.

« Melle Granger » commença-t-il de sa voix douce et étonnamment grave compte tenu de son allure. « Vous avez de toutes évidences fait des relations avec les moldus votre cheval de bataille. Vous rendez-vous compte que ce point est loin d'être au cœur de des préoccupations de la communauté magique alors que plus de trois ans après la fin de la guerre, celle-ci est toujours en pleine restructuration ? »

« Mr Sinsket » répondit Hermione avec le même calme. « Il est également évident que vous avez fait de contrer mes projets votre cheval de bataille à vous. Si vous aviez écouté ce que je vous ai déjà dit à ce sujet lors de notre dernière entrevue, vous sauriez que le rapprochement entre la communauté magique et les moldus nous paraît être une priorité afin d'éviter de nouvelles guerres et de nouveaux déchirements comme ceux que nous avons connus au cours des dernières décennies. Il est bien clair que la haine et la méconnaissance du monde moldu sont à l'origine de ces troubles et en combattre les causes pour éviter de reproduire les mêmes schémas est effectivement une priorité du ministère. »

« Le ministère est donc prêt à imposer ses priorités aux sorciers et sorcières sans tenir compte des leurs ? » Répliqua Sinsket.

« Eviter une nouvelle guerre est la priorité de chacun, j'en suis certaine. » Répondit Hermione. « N'est ce pas la votre ? »

« J'ai du mal à voir en quoi la mesure numéro sept » renchérit-il après un bref coup d'œil à son parchemin. « …qui prévoit la possibilité pour les parents de sorciers et de sorcières de visiter Poudlard à l'admission et aux remises des diplômes de leurs enfants a quoi que ce soit à voir avec la volonté d'éviter une guerre ? »

« Cette mesure fait partie d'une série de mesures qui vise à resserrer les liens entre le monde magique et le monde moldu, liens qui doivent permettre d'éviter à l'avenir un tel embrasement contre le monde moldu. »

« N'êtes-vous pas certaine que cette mesure n'est pas le résultat de votre frustration personnelle de n'avoir pu montrer le lieu où vous viviez à vos parents moldus lors de votre propre scolarité ? Il n'est un mystère pour personne que vous êtes née de parents moldus. »

Hermione se mordit légèrement la lèvre. Elle s'était attendue à cette question, Sinsket ayant fait de ses origines son principal grief dans ses divers papiers sur le rôle qu'elle jouait au ministère.

« Ce n'est en effet aucunement un secret. Et il est évident que je me sers de ma propre expérience dans ce domaine pour tenter de trouver des solutions à nos problèmes »

« L'expérience de votre frustration ? » Reprit Harold Sinsket sur un ton vif.

« Il ne s'agit en aucun cas d'une frustration quelconque » répliqua Hermione, en essayant de ne pas paraître trop sèche.

« Aucune frustration ? » S'exclama Sinsket sur un ton de surprise forcé. « Vous seriez prête à nous affirmer que vous n'avez jamais été frustrée de ne pouvoir partager le monde magique avec vos propres parents ? »

Hermione se mordit la lèvre de nouveau. Elle détestait la façon dont Sinsket tentait toujours de faire glisser le débat sur sa vie personnelle.

« Nous ne sommes pas là pour parler de ma vie personnelle. » Tenta Hermione. « Ce n'est pas le sujet. »

« Cela le devient si vos expériences personnelles guident les actions que vous menez au sein du ministère au détriment des besoins de notre communauté. » Contra le journaliste.

« Toutes les actions que nous menons se font dans l'intérêt de tous » rétorqua Hermione.

« C'est bien pour en être certain que je me permets de vous poser ces questions. » Répliqua Sinsket avec un calme et une sérénité déstabilisante. « Compte tenu des événements actuels, les sorcières et les sorciers ont besoin d'être surs qu'ils peuvent compter sur ceux qui les dirigent. Votre jeunesse étant déjà sujette à… »

« Ma jeunesse ? » Coupa Hermione sèchement, l'agacement cette fois clair dans sa voix. « Je n'étais pas trop jeune pour être sur le front il y a quatre ans. Front sur lequel je n'ai d'ailleurs pas le souvenir de vous avoir vu. »

Le sourire poli sur le visage d'Harold Sinsket s'évanouit un instant et un voile passa sur ses yeux avant qu'il ne recompose son attitude délicate et n'esquisse un petit sourire narquois.

« Touché. » Admit-il. « J'étais en Amérique à l'époque. » Enchaîna-t-il rapidement.

« Et vous n'avez pas cru bon de revenir en apprenant ce qui se passait ici ? »

« Je n'avais pas la mesure de la gravité des événements. L'information n'est pas arrivée jusque là-bas. »

« Ce qui, vous en conviendrez, ne peut que confirmer le besoin de renforcer la coopération et la communication magique internationale tel que prévu par les mesures trois et quatre ? »

Sinsket ne répondit pas tout de suite. Il inclina légèrement la tête sur le côté, visiblement contrarié d'être arrivé sur ce terrain. Il décida de contre-attaquer sur un autre sujet.

« Selon certaines sources, des loups-garous et d'autres créatures, vraisemblablement des vampires, se rassembleraient à la frontière écossaise. Que compte faire le ministère à ce sujet ? »

« Ceci ne fait pas partie de mes attributions. Mais je puis vous assurer que le ministère est à pied d'œuvre et que plusieurs aurors se sont déjà rendus sur place et doivent y retourner. »

« Des aurors comme le jeune et célèbre Harry Potter ? »

« L'identité des aurors concernés ne peut être révélée. » Répondit calmement Hermione.

« Est-il vrai que le jeune Potter a été affecté à votre sécurité personnelle et que vous faites l'objet de diverses menaces ? »

Une vague de murmures s'éleva alors dans la salle et quelques mains commencèrent à se lever pour réclamer la parole. Hermione pâlit légèrement.

« Je ne fais l'objet d'aucune menace. »

« Dans ce cas, pourquoi des aurors sont-ils chargés de votre protection ? Je m'étais laissé dire que le mécontentement montant dans la population magique pouvait être à l'origine de cette décision de la part du ministère. »

Le murmure se transforma en brouhaha, les plus impatients rompant la règle jusque là si bien respectée de la parole chacun à son tour.

« Le renouvellement complet du ministère n'a apparemment pas suffi à régler tous les problèmes » reprit Sinsket en tentant de couvrir le bruit qui s'élevait.

Hermione ouvrit la bouche pour répondre mais plusieurs questions fusèrent à la fois, lui coupant la parole.

« Mr Potter est-il affecté à votre sécurité ? » Demanda l'un.

« Qui vous menace ? » Interrogea un autre.

« Pourquoi le ministère a t-il autant réduit ses effectifs ? » Renchérit un troisième.

« Est-il vrai que le ministère envisage de mettre plus de moyen dans la détection des jeunes sorciers naissant dans les familles moldues ? »

« Cela suffit ! » Coupa soudain la voix forte de MacGonagall qui avait appliqué sa baguette sur sa gorge. « Nous vous remercions d'être venus si nombreux messieurs, dames, mais la séance est terminée pour aujourd'hui. Plus de question. Mademoiselle Granger va se retirer. »

MacGonagall fit signe alors à Hermione de sortir et appuya son geste d'un haussement de sourcil sévère alors que son ancienne élève donnait des signes d'hésitation. La jeune femme jeta un dernier coup d'œil aux journalistes, salua la foule et traversa l'estrade jusqu'à une petite porte qui la mena dans une petite pièce voisine où Harry Potter l'attendait.

« Ca va Hermione? » Demanda-t-il immédiatement en voyant sa mine défaite. « Je déteste ce Sinsket. » Ajouta-t-il immédiatement. « Qu-est ce qu'il a contre toi ? »

« Il est juste le porte-parole des questions des gens » fit la jeune femme sur un ton résigné. « Je n'arrive juste pas à faire comprendre l'utilité des actions que je propose. »

« Tu es trop dure avec toi-même » protesta Harry. « Je suis sûr que ce type est un mangemort »

« Il n'était même pas là » fit Hermione en haussant les épaules.

« Il l'aurait été s'il avait été là » répliqua Harry avec certitude.

« Pas la peine de raconter ça à Ron » réclama Hermione. « Il va passer son temps à maudire Sinsket »

« Je tiens à le maudire avec lui » encouragea Harry. « Ce type… »

Il ne put finir sa phrase. Des hurlements s'élevèrent en provenance de la salle d'à coté et les deux amis tournèrent la tête en direction de la porte avec un bel ensemble. Immédiatement, ils sortirent leurs baguettes et Harry se rapprocha d'Hermione et se plaça entre elle et la porte, prêt à parer à toute éventualité.

« Reste derrière moi Hermione » ordonna-t-il.

Elle leva les yeux au ciel mais fit ce qui lui était demandé. Quelques instants plus tard, les cris cessèrent et la porte s'ouvrit à la volée pour laisser apparaître Minerva MacGonagall et deux aurors.

« Que s'est-il passé ? » Hurlèrent presque Harry et Hermione en même temps.

« Rien de grave » les rassura l'un des aurors.

« Encore une menace explosive » précisa MacGonagall d'un air sombre. « En public cette fois. L'explosion a surpris tout le monde. Les gens se sont mis à crier. Mais il n'y a eu aucun blessé. »

« Que disait cette menace ? » Demanda Hermione, blême.

« Aucune importance » répondit MacGonagall.

« C'était encore à mon sujet ? » Demanda-t-elle avec fermeté en regardant MacGonagall droit dans les yeux.

Celle-ci soupira d'un air las et hocha la tête.

« Oui » admit-elle.

« Que disait-elle ? » Répéta Hermione.

« Toujours la même chose » répondit un auror après avoir reçu un signe de tête d'approbation de MacGonagall. « Granger est dangereuse. Que fait Granger pour les sorciers ? Granger veut la disparition du monde magique. »

« Toujours les mêmes sornettes » Renchérit le second auror.

« C'est un coup de ce pourri de Sinsket ! » S'écria Harry avec colère. « Qu'attendons-nous pour l'arrêter ? »

« Nous n'avons aucune preuve Harry » répondit gentiment l'un des aurors.

« Le contenu de ses articles est presque le même que celui de ces menaces. Que faut-il de plus ? »

« Ce n'est pas assez » fit Hermione en secouant la tête. « Tu le sais bien Harry. »

Harry s'apprêtait à protester mais MacGonagall l'interrompit.

« Potter, vous allez raccompagner miss Granger. Vous restez affecté à sa sécurité personnelle. »

« Mais … » commença Hermione.

« Je ne veux pas vous entendre discuter, ni l'un ni l'autre » coupa l'un des aurors. « Les ordres du ministre sont clairs. Tant que nous ne saurons pas qui est derrière ces actions contre vous, vous serez protégée Hermione. Il y a déjà eu un attentat contre votre vie. Nous ne prendrons aucun risque. »

« Je crois que régler la question de l'Ecosse est bien plus primordial. » Argumenta Hermione, et Harry approuva d'un signe de tête.

« Je le sais bien. Cette question devient pressante. Et l'on vient de voir que la régler couperait un peu d'herbe sous les pieds de vos détracteurs. Nous en ferons le sujet prioritaire à la réunion de demain. Je compte sur vous à l'heure au ministère. »

Hermione et Harry échangèrent un regard et hochèrent la tête.

« A demain alors » fit Harry. « Je reste avec Hermione. »

« Parfait » approuvèrent les trois autres. « A demain »

Sur ces mots, les cinq sorciers achevèrent de se saluer d'un signe de tête et transplanèrent tour à tour.