Voici la fin de cette fic. Je crois que c'est même le chapitre le plus long. J'espère que le grand mystère des yeux de Bel ne vous décevra pas.

Je rappelle aussi à titre indicatif que cette fanfic ne comporte aucun lemon. Il me semble l'avoir déjà précisé dans le premier chapitre à propos du rating. (s'il y avait un lemon, la fic serait classée M, non T)

J'espère que le graaaaand mystère de Xanxus au Tibet vous surprendra un peu aussi, j'avoue XD

J'ai un peu l'impression que Bel n'est pas suffisamment taré, trop sentimental, dans ce chapitre en particulier...

Bref. Merci d'avoir suivi cette fic. C'est avec beaucoup de plaisir que je raccroche cette histoire, la première que je réussie à mener sur plusieurs chap et à terminer.

A très bientôt.

PS : n'oubliez pas une ptite review au passage xD

signé : l'auteure harceleuse XD


Superbi hoqueta d'étonnement.
Les iris de Belphégor étaient d'un rouge rubis à couper le souffle. Totalement anormal.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!!
Le garçon le repoussa de toutes ses forces, la bouche grande ouverte, encore enflammée de son baiser, hurlant à s'en briser les cordes vocales, ses yeux d'un écarlate brûlant écarquillés à l'extrême.
C'était la pire des trahisons. Squalo avait vu ses yeux ! Il avait vu son âme. Il avait vu son cœur !
Il avait vu qu'il l'aimait. A n'en pas douter.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!!, continua-t-il de hurler en tombant à quatre pattes sur le sol suintant, s'efforçant se tout rejeter en bloc, ce mælström d'émotions infernales qui venait emporter tout ce qu'il avait tenté de construire pour se cacher.
Il ne pouvait plus nier. Il ne pouvait plus faire machine arrière. Ils ne pourraient plus être comme avant. Plus jamais.
- Arrête ! Arrête putain !
L'épéiste se mordit la lèvre inférieure, sentant déjà le remord poindre, et s'agenouilla.
- Arrête, VOI !, fit-il en tendant lentement la main vers l'épaule de l'adolescent.
Celui-ci ne le laissa pas le toucher. Il le griffa d'un de ses couteaux, le visage déformé par un mélange de désespoir et de fureur, prêt à mordre.
Squalo retira vivement sa main. Quelques gouttes tombèrent sur le sol. Il soupira.
- J'avais espéré ne pas avoir à faire ça.
Il frappa Bel violemment sur le crâne, du plat de son épée, et le gamin s'effondra immédiatement, évanoui.
- Tu ne m'as pas laissé le choix, marmonna le squale.
N'empêche qu'il n'était pas très fier. La vengeance avait finalement un goût très amer.

Lorsqu'il se réveilla, Bel était dans le lit à l'hôtel.
Il se tâta la tête. Il avait une énorme bosse.
Il toucha ses cheveux pour vérifier qu'il dissimulait bien son regard. Puis il chercha sa couronne; elle était posé sur l'oreiller à côté de lui.
Il remarqua que ses doigts étaient propres; plus aucune trace de sang.
Il regarda son corps sous le drap. Il était en sous-vêtement.
Ses joues virèrent à l'écarlate. Squalo l'avait déshabillé et nettoyé dans son sommeil.
Il l'avait assommé aussi. Et il avait vu ses yeux.
A cette pensée, le garçon se recroquevilla. Pour lui, ça avait une signification très forte. C'était comme d'offrir sa virginité pour une fille. C'était quelque chose d'intime. Et Squalo le lui avait pris par la force.
Il détestait cela. Il avait l'impression d'être faible.
Il réussit néanmoins à se calmer assez rapidement et saisit son diadème, pensif, le fit tourner entre ses mains.
L'épéiste l'avait embrassé pour détourner son attention et avoir le champs libre. Pour se venger.
C'était douloureux.
Et Belphégor n'était pas habitué à la douleur sentimentale. Il ne comprit pas pourquoi de l'eau se mit à couler sur ses joues.

Le bisho aux cheveux argentés étaient dans une cabine téléphonique.
- Ouais, la mission est terminée. Ça a été un succès, dit-il au combiné, sans entrain.
- Merveilleux, fit la petite voix de Mammon. Avec le contrat que vient de remplir Xanxus, on va être riche !
- Ouais ouais, super, grommela le squale.
- Tu sais qu'en fait, si le boss était au Tibet, c'était pour une mission top secrète ?, ajouta l'arcobaleno, l'air visiblement satisfait. Tu sais qui il a abattu ?
- Le Dalaï Lama ?, grogna ironiquement le lieutenant de la Varia.
- EXACTEMENT !, s'exclama le bébé. Tu le crois ça ?! On va être riche ! RICHE ! La Chine va nous envoyer des millions en récompense !
- Tu m'en vois ravi, bougonna le bretteur. Bon, j'te laisse. On doit faire nos valises pour rentrer au QG.
- Tu t'es disputé avec Bel ?, interrogea l'illusionniste.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?, marmotta le bisho, un peu gêné d'être si lisible, même au téléphone.
- Ça s'entend dans ta voix.
Mammon soupira.
- Ecoute. Vu que tu es borné et pas très malin, je vais te mettre les points sur les i…
- VOIIII, qui tu traites d'abru…
- Bel t'aime beaucoup, le coupa le gardien de la brume. Et si tu te conduis méchamment avec lui, il sera blessé.
- Hein ?, hallucina Squalo. Mais c'est quoi ce délire ? On est dans une cours de récré ou quoi ? C'est un dur à cuire, il s'en remettra !
- T'as fait quoi ?, demanda le bébé, curieux.
- Je…j'ai…j'ai regardé ses yeux. C'est rien du tout !, se justifia Superbi.
- Pour Bel, ce n'est pas rien. Tu devrais le savoir, tu nous as entendu l'autre jour…
Squalo rougit.
- Oui, bon, je savais que ça lui plairait pas. Mais je pensais pas que ce serait à ce point-là. On aurait dit un gosse de trois ans qui pique une crise.
- C'est de Bel qu'il s'agit. Évidemment qu'il a piqué une crise. C'est un enfant capricieux et cruel. Mais…
- Mais ?
L'arcobaleno renifla.
- C'est ça qui te plaît chez lui. Tu adores son côté déjanté, un peu prétentieux, mais surtout très enfantin. Tu trouves ça indéfectiblement mignon.
- VOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII, gueula le bisho, cramoisi. Qu'est-ce que tu racontes ? Tu crois que tu lis dans les pensées ? Tu veux mourir ?!
Mammon eut un petit rire.
- Je vous ais beaucoup observé, toi et Bel. Vous n'arrêtez pas de vous tourner autour en vous lançant des vacheries, incapables de vous entendre cinq minutes. Du moins, en apparence. C'est devenu un jeu tellement habituel que vous n'avez pas cherché à en trouver le sens ni à le faire évoluer. Mais récemment Bel - qui, excuse-moi, est le plus intelligent de vous deux - s'est rendu compte qu'il avait grandi, et qu'il devait changer; qu'il y était forcé. Que votre relation allait forcément changer. Parce que toutes ces petites plaisanteries, ces cris, ces querelles amicales, ça a créé des liens étroits entre vous, des liens que vous n'avez pas avec les autres membres de la Varia. C'est pour ça que je vous ai envoyé rien que tous les deux. Pour que vous mettiez les choses à plat, sans vous dissimuler derrière des masques.
- QUOI ? Alors c'est pour ÇA qu'on était là juste tous les deux, VOI !, gronda l'épéiste, furieux de s'être fait rouler.
- Mais toi, tu as tout gâché avec ta pathétique petite vengeance, conclut Mammon. Passe le bonjour à Bel de ma part. A plus tard.
- Voiiiii, attend !
Mais il avait déjà raccroché.
Squalo raccrocha violemment à son tour et s'en fût.

Bel venait de finir de ranger sa valise - il s'était aussi habillé entre temps -, lorsque Superbi fit son apparition.
- Ah…tu es réveillé !
L'adolescent hocha la tête sans rien dire.
Il savait qu'il devait faire un effort. Peut-être que leur relation n'était pas complètement cassée. Peut-être que s'il faisait semblant de rien, son collègue ferait de même.
Non. Ce n'était pas le genre de Squalo. Il était le genre à dire les choses franchement, à ne pas laisser d'ambiguïté.
- Il faut qu'on parle, déclara le bishonen à longue chevelure
- Je n'ai rien à dire, chuchota Belphégor.
- Eh bien moi si !, s'exclama l'épéiste.
Le garçon redressa la tête, surpris. Il ne comprenait pas pourquoi le squale s'énervait. C'était plutôt à lui d'avoir honte et d'être en colère.
Le bretteur s'assied sur le lit à côté de lui.
- J'ai parlé à Mammon. Il m'a expliqué…que pour toi, montrer tes yeux, c'était…quelque chose de…enfin…je suis désolé quoi.
Gêné, le gardien de la pluie se gratta l'oreille.
- Il m'a dit aussi…que…ben…que tu m'aimais bien alors…
Ce fût au tour du blondinet de rougir.
- Je…
- Laisse-moi finir, l'interrompit Squalo. Et moi, je…hem…
Il soupira.
- En fait, je t'aime bien aussi. Quand tu ne m'insultes pas en m'appelant Princesse. Ça, je déteste.
Bel baissa la tête, piteux.
- Je…je…
Il souffla, pour la première fois de sa vie sans doute :
- Je suis désolé.
Superbi posa la main sur sa cuisse.
- Bon, on oublie et…
Il ne put continuer, car Belphégor s'était jeté avidement sur ses lèvres.
Trop surpris pour faire quoique ce soit, le squale se laissa faire.
Le garçon se renversa sur le dos, entraînant son compagnon avec lui. Ses mains glacées vinrent entremêlées leurs doigts dans les longs cheveux argent.
C'était agréable. Pourtant le plus âgé se dégagea.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu le sais bien, dit le jeune homme d'un air grave.
- NON, je ne sais pas VOI !
Bel se redressa sur les coudes, l'air moqueur.
- Je suis amoureux de toi, lança-t-il.
Et il lui décocha son sourire le plus narquois.
- Pff, tu fais chier !, grogna Squalo en se détournant.
Aussitôt, Bel le saisit par le col et l'embrassa derechef.
- Arrête de te foutre de moi putain !, s'écria l'épéiste en le repoussant.
- Je t'aime ! Je T'AIME !, fit Belphégor sur le même ton. Tu l'as bien vu dans mes yeux, alors ARRÊTE de faire comme si tu l'ignorais ! Et je veux que tu m'aimes aussi.
Squalo en resta comme deux ronds de flan. Cependant, ce fût de courte durée. Ses soupçons le reprirent.
- Tu ne racontes pas ça pour te venger ?
- Non. NON ! Bordel !, s'agaça Bel.
Il l'embrassa de nouveau avec passion.
Cette fois, Superbi ne resta pas de marbre - à son propre étonnement.
Bel était un gamin. Ils avaient six ans d'écart. Autant dire qu'ils étaient à des années lumières l'un de l'autres en terme de pensée.
Mais ça n'empêchait pas à Bel d'être mignon - comme l'avait dit Mammon. Et effrayant.
Ce que Squalo admirait secrètement en lui. Bel était comme un mystère à élucider; une énigme fascinante à multiples facettes, à la fois complémentaires, comme des clefs, et contradictoires.
L'intérêt que lui portait le jeune homme, plus qu'aux autres, l'avait toujours flatté sans qu'il veuille le reconnaître. Il aimait avoir son attention, parce que quelque part c'était un signe d'affection, chose qui lui manquait dans son travail et sa vie de tous les jours. Il avait toujours aimé que l'enfant le regarde.
Bel était sa petite touche de détente. S'il n'était pas là, il s'ennuierait à mourir. Bien sûr, ses blagues étaient souvent casse-pieds, mais jamais blessantes, et au fond il savait que c'était juste pour s'amuser qu'il faisait ça.
Bref. En un mot plutôt qu'en mille : il aimait beaucoup Belphégor. Plus que tout autre personne de son entourage. Il n'avait pas voulu lui faire de peine. Enfin pas vraiment.
C'était juste un jeu. Disons que ça reste un jeu.
- Je n'ai pas fait exprès, murmura-t-il entre deux baisers.
- La ferme, ordonna le prince en lui mordant la lèvre.
Squalo eut un sourire de requin. S'il voulait jouer à ça, ils allaient être deux.

A leur retour, Lussuria essaya de se jeter dans les bras de Squalo pour lui souhaiter la bienvenue, mais se prit une baffe dans la tronche. Il tenta sa chance avec Belphégor, mais bizarrement, celui-ci ne réagit pas et se laissa enlacer.
- Qu'est-ce qu'il y a, tu es malade ?, demanda le punk, inquiet malgré tout.
Le garçon grimaça.
- J'ai un peu mal au bas du dos. J'aurais eu quelques difficulté à t'asséner le coup de pied retourné que je te destinais. Par contre…
Il donna un coup de poing dans le ventre du binoclard qui se plia en deux de douleur. Le jeune homme l'acheva d'un coup sur la nuque.
Lussuria s'effondra, inconscient.
-…je peux toujours faire ça, ushishishi.
Squalo leva les yeux au ciel. Il avait une petite plaie sur le menton et un bandage au poignet.
- Aller, amène-toi, Petit Prince. Ça va être l'heure de bouffer, j'ai la dalle.
L'adolescent sourit, grattant un pansement dans son cou.
- Ouais, moi aussi, Princesse
A la fenêtre du manoir, Mammon et Levi mataient la scène.
- Mission accomplie, déclara l'illusionniste avec un petit sourire satisfait.


FIN