Note : Écrit pour le deuxième thème de 52_saveurs sur LJ ; Le mois le plus cruel.


Come down now, they'll say

« J'veux pas qu'il parte. »

Rise est consciente que c'est égoïste. Qu'il ne faut pas qu'elle craque, surtout pas maintenant, alors qu'ils vont se retrouver une dernière fois tous ensemble avant que Souji ne monte dans le train. Elle se doit de faire bonne figure et, si elle se laisse aller à pleurer maintenant, elle sait très bien qu'elle n'arrivera pas à retrouver le sourire une fois arrivée à la gare.

Kanji soupire, faute d'avoir quelque chose à dire. Lui non plus n'a pas envie que Souji rentre chez lui. Ils s'entendaient quand même sacrément bien, tous les deux. Souji est celui qui l'a mis en confiance, il l'a aidé à s'ouvrir peu à peu. Il est surtout le premier à ne pas s'être moqué de lui en apprenant ce que Kanji faisait de ses temps libres.

« Ce n'est pas parce que Souji-san s'en va que nous ne le reverrons forcément plus. », fait remarquer Naoto.

C'est tout à fait vrai, se dit Rise. Il n'empêche que c'est très cruel de s'en aller comme ça, alors qu'ils viennent de passer plus de deux mois à ne se préoccuper de rien d'autres sinon de leurs vies d'adolescents.

« Ça change rien de savoir qu'on va le revoir ; il sera quand même plus là demain. »

Rise s'arrête et, mains sur les hanches, déclare qu'elle est d'accord avec Kanji et puis, de toute façon, ce mois de mars est vraiment nul, je ne veux pas que l'année scolaire se termine et encore moins que Senpai rentre chez lui, est-ce que tu comprends ça, Naoto-kun ?

Sourire en coin, Naoto lève les yeux au ciel.

« Ce que je comprends, Rise-san, c'est que tu es quelque peu capricieuse. »

Rise s'offusque de se faire traiter de la sorte car franchement, est-ce qu'on parle comme ça à une amie ? Mais quand Kanji lui ébouriffe les cheveux et que Naoto lui prend la main, Rise se rend compte que ce n'est pas parce que Senpai s'en va qu'elle va se retrouver seule. Alors elle renifle une bonne fois pour toutes, et elle sourit.