La retraite de Tety touchait à sa fin. On l'avait amenée au temple de Heine blessée et inconsciente, et elle était restée pour trouver des réponses. On l'avait accueillie avec respect mais circonspection. Alyenor avait même craint qu'on ne la veuille pas. Il avait été nécessaire que la Grande Mère du Temple intervienne. Les autres prêtres n'appréciaient pas sa présence et l'impact que la réputation de Tety ne manquerait pas d'avoir sur celle du temple. N'était elle pas celle qui prêchait la reconnaissance de Shilen en qualité de déesse mère de tous les elfes ?

A son réveil, elle avait demandé à être enfermée dans sa cellule de retraite. Une pièce qu'elle occupait dès qu'elle avait besoin d'être seule, coupée du monde. C'était une chambre au confort spartiate équipée d'un lit de paille et de lin et d'une simple table basse, sur laquelle Tety pouvait prendre ses repas, brûler ses bougies et prier. Elle y passait ses journées en prières ou méditations et ses nuits, peuplées de visions, à bénéficier d'un repos très relatif.

Alyenor était postée devant la porte. Une sorte de lit de fortune fait de coussins avait été aménagé pour elle sur le côté. Quand Tety s'était enfin réveillée et qu'elle n'avais plus eu besoin de quelqu'un pour la veiller, elle avait refusé de partir. Plusieurs fois, on l'avait trouvée endormie au pied de la porte, roulée en boule dans ses couvertures de campement. De guerre lasse, la Mère Supérieure avait autorisé qu'elle reste au plus près de Tety. Parfois elle se sentait inutile et se décourageait, surtout quand elle reprenait les plateaux chargés des repas que Tety refusait de prendre. Elle ne comprenait pas qu'on puisse à se point s'oublier pour trouver des réponses. Alyenor était jeune et n'avait pas encore vécu les tristes moments d'une vie.

Tety se fichait de boire ou de manger. Depuis près de quatre-vingt dix lunes, la même vision la hantait. Elle voulait savoir ce que cela signifiait. Oh, ben sûr elle aurait pu en parler à Alyneor, mais les réponses ne viendraient pas par elle. La prophete était trop jeune, trop immature pour pouvoir réfléchir à ces choses là. Depuis la disparition d'Alasturiel et le repos forcé de Psy, Tety ne supportait que la solitude. Perdre son amour puis son compagnon de chasse et ami le plus proche avait été trop à supporter. S'isoler était, de son point de vue, le meilleur moyen de protéger son affectif.

Alyenor avait croisé sa route tout à fait par hasard au village elfe. La jeune humaine était venue y étudier, passage obligé pour son examen de prophète, et avait vu Tety hanter le temple et discuter vivement avec ses prêtres. un jour, elle avait laissé éclater sa colère tant et si bien qu'on l'avait faite sortir du lieu sacré encadrée par deux gardes. Intriguée, Alyenor avait décidé de la suivre une fois son examen réussi. Depuis, sans qu'aucune des deux ne puisse s'expliquer pourquoi, elles ne se quittaient plus.

Tety avait souvent tenté de chasser l'oracle, mais celle-ci compensait son physique chétif par une imposante détermination. Lassée, elle avait cessé de lui interdire de l'accompagner et l'acceptait plus par renoncement que toute autre chose. Quoi qu'elle ait à faire, la jeune prophète l'accompagnait, que Tety le veuille ou non. Tety avait finit par apprendre à apprécier sa présence silencieuse. Car la jeune prophète ne parlait pas. Ele n'était pourtant pas muette, puisque ses bénédictions étaient prononcées d'une voix claire et enfantine. Mais elle se refusait à communiquer par la voix aux vivants ; préférant de loin écouter les « autres ».

Alyenor ne comprenait pas très bien ce qui l'avait poussée à suivre cette prêtresse barde aux manières sauvages et un peu rustres. Malgré tout, elle sentait que sa place ne pouvait être nulle part ailleurs que près d'elle. Cette elfe était vraiment étrange et fascinante. Elle se battait avec une cruauté peu commune aux siens. Aucune douceur, aucun respect ne filtrait quand elle combattait les non morts qui hantaient les terres d'Aden. Parfois même elle riait, un rire sans joie qui lui glaçait le cœur.

D'autre fois, quand elle lavait un vieux chiffon de soie qui avait été blanc et presque toujours attaché à la garde de son épée ; ou quand elle regardait un portrait gravé sur un médaillon de bois, ses yeux reflétaient un amour et une douleur si grands qu'Alyenor pleurait en silence de voir tant de souffrance. Parfois la nuit, elle se réveillait et entendait près du campement de fortune les grognements du loup que Tety emmenait partout avec elle, et le bruit des lames qui s'entrechoquaient. Un bruit courait à propos des elfes, il prétendait qu'il ne dormaient jamais. Alyenor savait que c'était vrai concernant Tety. Celle-ci se battait sans relâche sans montrer de signe de fatigue ou paraître déconcentrée. Jusqu'à ce jour funeste où, à bout de forces, elle s'était laissé submerger par le nombre.

Alyenor avait accouru trop tard et n'avait pu rien faire d'autre que l'amener au Temple d'Eva, là où elle savait trouver quelqu'un qui l'aiderait. Déposer Tety au Temple avait été compliqué et l'elfe avait dormi des jours durant. A son réveil elle demanda son transfert dans la cellule qu'elle occupait et avait, encore, essayé de la chasser. Alyenor soupira, regardant son plateau chargé de nourriture et d'eau et retourna vers les cuisines. Elle ne comptait plus ces allez-retours.

Au détour d'un couloir elle rencontra la Mère supérieure de l'Odre qui lui prit le plateau des mains sans un mot pour retourner vers les cellules. Sans frapper elle entra et vit sa prêtresse roulée en boule sur le sol en train de pleurer. Ses doigts étaient abimés, les ongles brisés d'avoir gratté le sol. Elle semblait perdue dans une transe ou un sommeil artificiel. Elle la réveilla brusquement. Tety hurla puis cligna des yeux avant de réaliser où elle se trouvait. La Mère s'assit sur le cadre en bois garni de paille qui servait de lit et soupira. Sa prêtresse aux yeux hagards regardait le vide.

« Quel est ce rêve dans lequel tu te plonge des jours durant ? » Tety soupira, s'assit a même le sol et enserra ses jambes de ses bras. Elle grelottait de froid. D'une voix absente, elle raconta ses visions. « Je le vois, mort dans une salle sombre, sur une table de pierre. Je suis enfermée dans une bulle et incapable d'accourir à lui. Des gens tournent autour, Elfes, Drows, Orcs, Humains, personne ne veut de lui. Pas même les Kamaels présents ou les nains. Je tape sur la bulle mais j'y reste enfermée. Je sais qu'ils me voient mais ils m'ignorent? Ils tournent et tournent autour de la table. Il s'arrêtent, discutent puis recommencent. Cela dure de longues heures pendant lesquelles je gratte cette bulle infernale pour pouvoir sortir. Sans réussir. J'ai l'impression qu'il profanent son souvenir, son esprit. Ils détruisent ce qu'il était. Puis ils s'arrêtent, discutent de nouveau jusqu'à ce qu'un rire infernal et un feu brûlant l'emprisonnent. Alors la chaleur du feu brise ma bulle, mais deux mains m'empêchent d'arriver à lui. Je ne sais pas à qui elles appartiennent. »

"Je ne peux répondre à cette question ma fille, toi seule sais. J'imagine que tu as peur de ce que pourrait devenir celui que tu aimes. J'imagine que tu crois au fond de toi que ce qu'il a fait peut faire voler en éclats toutes tes croyances. Sais-tu à quoi, aujourd'hui, tu voues ta foi ? »

Tety rit, un rire froid et nerveux. « Je ne crois plus en rien, aucun dieu n'aurai pu permettre à un pareil ange de mourir, si destructeur ce dieu soit il. » La mère supérieure sourit puis enchaina d'une voix douce et rassurante. « Je n'en suis pas si sûre que toi. C'est dans l'adversité de que meilleur de nous même se révèle. Plus grande est la foi, plus juste est elle face aux lois divines ; plus grande est l'épreuve. »

« Cela serait une épreuve pour tester notre foi et nos convictions ? » Le visage de ma Matriarche du temple s'éclaira d'un sourire, les yeux pétillants de malice. « Si tu avais un souhait à émettre pour que ce qui t'es le plus cher te soit rendu, quel serait le prix que tu accepterai de payer pour l'obtenir ? » Tety ouvrit la bouche puis la referma, réfléchissant déjà aux implications de la révélation de la Mère supérieure. Etait il possible de vouloir son retour si fort qu'il pourrait de nouveau arpenter la terre a ses côtés ? Quelque chose dans sa vie pouvait il être plus important que de le voir revenir ? Quel dieu ou déesse accepterait d'aller le chercher puis de le lui ramener ? Non, cele ne pouvait exister. Elle ne pouvait croire à ce genre de miracle ou de don. Il fallait qu'elle accepte qu'il soit bel et bien mort. Qu'il ne revienne jamais.

« Sois sage dans ton choix, si un tel cadeau t'es un jour donné, Tety. Les dons des Dieux sont trop rares pour êtres futilement gâchés. » La prêtresse baissa la tête, confuse. « L'heure est pour moi venue d'accomplir mon travail, réfléchis bien à ce que je t'ai dit. Qu'as tu fais de ta foi ? La réponse est en toi. » Elle ouvrit la porte puis, semblant réfléchir, elle se retourna. De sa manche elle sortit un parchemin et le tendit à Tety. « Ah, j'oubliais, on a laissé ça pour toi ce matin. Un messager dont j'ai oublié le nom. Il semblerait que ce soit important. » L'autorité repartit et ferma la porte derrière elle dans un léger claquement.

Tety prit le parchemin et s'assit sur son lit. De ses mains tremblantes elle décacheta le document, aucun sceau, ni aucune signature. Elle sourit en lisant la missive. "J'espère que tes vacances se sont bien passées. Je te rappelle que tu as des devoirs, aussi. Nous ne pouvons nous permettre de nous passer de toi plus avant. Sois ce soir à Rune, aiguise ta lame..."

Elle laissa tomber le parchemin, chercha des yeux son armure et ne la trouva pas. Elle ouvrit la porte de sa cellule et trouva Alyenor, assise sur une chaise, en train de lire. "Mon armure, mon arme, on s'en va." La jeune humaine hocha la tête une fois, signifiant que l'ordre serait exécuté, partit en courant et revint avec le lourd matériel de Tety. En silence, l'elfe et l'humaine ajustèrent l'armure noire aux ailes d'ange puis Tety sorti l'épée de son enveloppe de coton pour inspecter son état. "Parfait" Dit-elle avant de s'engouffrer dans le couloir pour rejoindre les terres elmoréennes.

Ce n'est qu'une fois arrivée sur place que Tety se rendit compte qu'Alyenor la suivait, imperturbable et constante. Elle examina la jeune femme, sourit. "Je pense ne pas avoir la possibilité de te garder près de moi. Va te rendre utile chez POS un temps, je te rappellerai. La jeune fille ne bougea pas, haussant un sourcil de défi. "Allons, obéis, jeune fille. Va !" Ajouta t elle d'un ton plus autoritaire. Admets que parfois il y a des choses que tu n'es pas en mesure de faire à mes côtés."

Elle regarda la prophète partir, résignée et soupira. Le sourire et la joie avaient disparu et c'est le coeur rongé de violente colère et de tristesse qu'elle chercha son clan des yeux. Encore une mission pour le clan, encore une chasse durant laquelle le fantôme de son ange poserait un voile de douleur. Dans les yeux de tous, elle voyait en permanence l'éclat vifs des yeux d'Alasturiel qui l'avait à jamais laissée derrière lui.

Elle les aperçu, se composa un visage gai et reposé et murmura "624 jours plus un, si les dieux me prêtent vie". Elle posa l'épée sur son épaule et approcha du groupe, espérant survivre mais souhaitant mourir.

D'un coup de sifflet elle appela Inidil qui n'était jamais très loin d'elle. Celle ci arriva en courant et derapa un peu sur la pierre du pont où il attendaient. D'un coup de rein et dans un bruit de métal grinçant, Inidil se rétablit et s'ébroua pour aérer sa fourrure et compenser sa petite taille comparée aux males qui paradaient dans la ville en faisant gonfler son poil. Tety prit une lente inspiration et se prépara au combat qui aller suivre. Elle imagina, comme a son habitude, qu'elle s'enfermait dans une sorte de cage de métal dur, sorte de cage bouclier qui lui laissait l'impression que son côté guerrier et son âme de femme elfe étaient dissociés et ne pouvaient pas se rencontrer. Quand elle rouvrit les yeux, une lueur étrange les habitait. Elle était prête à en découdre face aux monstres qu'ils allaient combattre. Le prix de leur butin était le sang versé. Celui de leurs opposants autant que celui des membres du groupe. Elle entendit son nom et répondit d'un hochement de tête. C'était l'heure. Ils passèrent le portail magique et elle regarda autour d'elle. Elle entonna un chant de guerre pour ses camarades et envoya Inidil à la charge. Juste avant de lever son épée pour porter le premier coup, elle frôla des lèvres le ruban de lin. Jusqu'à la fin de leur mission, elle chanta et chargea sans relâche.

*****

"On rentre"

Tety se mordit la langue une fois de plus pour s'empêcher de répondre « Oui Madame ». Non seulement Lhanna détesterait s'entendre appeler Madame, mais de plus elle ne comprendrait pas ce qui pouvait bien venir à l'esprit de l'elfe pour mettre tant de distance entre elle et le clan. D'un regard rapide elle embrassa l'assemblée. Ils étaient tous épuisés. Le combat avait été acharné ; mais ils étaient venus à bout de leur mission et repartaient les mains chargées. Comme toujours, Lhanna gardait son ton autoritaire et froid de commandeur tandis que l'adrénaline glissait hors de chacun d'eux par tous les pores de la peau. Certains tremblaient, d'autres transpiraient à grosses gouttes. Dans un coin, Aghen observait tout le monde dans son silence obstiné. Et entre eux tous, Lhanna, leur chef, semblait n'avoir vécu qu'une promenade. Parfois, Tety s'interrogeait sur les raisons d'un coeur aussi glacial que celui de l'elfe noire, mais elle ne souhaitait pas obtenir de réponses. En tant que qu'ancien chef, elle admirait ce que Lhanna était et ce qu'elle-même n'avait jamais su être. En qualité d'être vivant, cette froideur, qu'elle espérait apparente, la terrifiait. Elle hocha la tête une fois, empoigna le collier d'Inidil d'un geste ferme et décacheta son parchemin d'un coup sec de son pouce de l'autre main.

Une odeur rance régnait dans le hall d'accueil de la maison de clan. Cette odeur fauve caractéristique des fins de combat. Un peu de sang et de chair, la transpiration et les animaux de combat mêlaient leurs odeurs à celle des mages, dont l'élément dominant traînait à leur suite et imprégnait jusqu'à leur peau et leurs cheveux. Tety chercha celle de l'eau mais ne la trouva pas. Au moins cette fois ci elle ne croiserait pas son frère. Elle quitta le hall d'un pas vif et emmena Inidil au chenil. Le spécialiste garda l'animal avec force de réticences, Inidil était trop incontrôlable pour que la garder soit aisé, voire confortable. Tety ne prit même pas la peine de soulager les peurs du Maître Animalier.

« Vous la gardez, c'est pour ça que je vous paie. Outrageusement cher, qui plus est. S'il lui arrive quoi que ce soit, vous en répondrez. »

Elle caressa la garde de son épée, ce disant, puis fit volte face pour repartir vers la maison de clan quand elle fut certaine d'être comprise et obéie. Les dernières protestations du gardien du chenil reçurent un geste las de la main pour toute réponse. Elle traversa les couloirs menant à sa chambre en ignorant tout ou partie de ceux qui arpentaient les mêmes allées de pierre sombre. Ils ne pouvaient de toutes façons ni répondre à ses question ni soulager sa douleur. A quoi bon partager ses peines ? Elle ouvrit la porte de sa chambre sous l'œil d'un des servant qui passait les bras chargé de plateaux et de vaisselle sale. Il haussa les épaules, semblant la questionner ; elle le gratifia d'un hochement de tête approbatif.

Une fois la porte refermée, elle regarda sa chambre. Un lit simple aux draps propres, une table de travail et une autre plus petite près du lit, une armoire qui fermait mal. Et, au fond de la pièce, cachés derrière un paravent rafistolé, un cabinet de toilette et un baquet. Tety n'était amoureuse du luxe, mais ses bains rituels ou ses toilettes quotidiennes relevaient de l'intime et elle préférait de loin les prendre seule. Alors, elle avait trouvé de vieux éléments, les avaient achetés pour une somme exhorbitante au paysan qui s'en défaisait, puis elle réparés du mieux qu'elle le pouvait avec l'aide d'Hermirynia. Les seuls objets neufs qui trônaient là, sur la console, étaient une grande cuvette de porcelaine blanche et un broc de taille honorable en étain.

Elle ôta les parties de son armure dont elle pouvait se défaire seule et les posa sur la table de travail, augmentant ainsi le bric à brac qu'elle avait éparpillé. Elle posa son épée au sol et la cala entre le mur et la table, pour ne pas qu'elle tombe. Elle la nettoya sommairement à l'aide d'un chiffon imbibé d'huile. Une lame performante ne se lave jamais à grande eau. Sur la table elle ajouta encore des morceaux d'arme, divers ingrédients des listes et des recettes. Ensuite elle défit les lacets et les boucles qui retenaient son armure en elle-même. Un coup bref l'informa qu'on entrait pour l'aider. Elle se retourna vers la porte et vit un homme et une femme entrer, l'un charge de deux sceaux d'eau chaude, l'autre d'un plateau contenant un gobelet de terre cuite. Un thé vert agrémenté de vin elfique, si l'odeur disait vrai. L'homme vida ses sceaux et sortit sans un mot. La servante, dont Tety ne parvenait jamais à se rappeler le nom, posa le gobelet sur la table de lit, fourra son petit plateau dans un des sceaux de son compagnon et avança pour défaire les restes d'armure. Une fois fini, Tety la congédia d'un sourire poli. Pas une parole n'avait été échangée.

Enfin seule, Tety se débarassa de la tunique de coton fin qui la protégeait de l'armure et se dirigea vers le baquet qui l'attendait, fumant. Après s'être débarrassée des taches de sang, de poussière et de sueur qui zébraient sa peau elle plongea dans son bain, une serviette roulée sous la nuque pour lui servir d'oreiller. Près d'elle sur la console, un triptyque ouvert semblait l'attendre. Deux elfes sombres et un elfe de lumière, dessinés de sa main, l'observaient d'un air grave. Tety avait perdu son aptitude à dessiner des sourires. La chaleur de l'eau aidant, les images devinrent troubles et Tety finit par s'endormir, la partie d'elfe en elle qui ne dormait jamais pleurait les mêmes larmes que ses yeux.