Auteur : Kristen Hudson

Titre original : Slave Child

Traductrice : Dyneen

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.

Genre : Relation père/enfant SR/HP

Rating : T

Remarque de Kristen : « Cette histoire traite de sujets sensibles tels que l'esclavage et le suicide. Je vais faire de mon mieux pour en parler avec respect. »

Nous sommes au dernier soir de la cinquième année de Harry…


L'Enfant esclave

Chapitre 1


Le banquet de fin d'année était généralement un heureux événement à Poudlard. Les étudiants et le personnel célébraient la fin d'une autre année scolaire et le début de l'été. Pendant les deux dernières années, cependant, ce repas avait été plutôt morose.

Celui de l'année dernière avait été morose tandis que Poudlard pleurait la perte de l'étudiant Cédric Diggory tout en craignant les rumeurs annonçant le retour du Seigneur des Ténèbres. Et cette année ces rumeurs avaient été confirmées et bien qu'il y ait quelques conversations et rires, l'humeur globale était tendue alors que tout le monde se demandait ce que les mois prochains apporteraient.

Plusieurs étudiants semblaient particulièrement sombres : une jeune fille avec de longs cheveux bruns et touffus ; un garçon dégingandé avec des tâches de rousseur et des cheveux roux ; une seconde fille ressemblant à ce dernier si l'on exceptait le fait que ses cheveux étaient d'un roux plus foncé et que les quelques tâches de rousseur qu'elle avait se limitaient à son nez ; et un garçon plutôt ordinaire avec des cheveux courts et un visage rond et triste.

« Nous aurions du le forcer à venir, » murmura la fille à l'épaisse chevelure sans s'adresser à une personne en particulier comme elle utilisait distraitement sa fourchette pour jouer avec la nourriture de son assiette.

« Il voulait être un peu seul, » répondit le plus grand des garçons d'une voix terne. « Il va venir dans quelques minutes, Hermione. »

« Non, il ne le fera pas, » soupira Hermione. « Nous ferions mieux de lui rapporter de la nourriture, sinon il ne mangera rien. Harry n'a pas suffisamment mangé pour maintenir un hibou vivant depuis… et bien, vous savez. » Elle ignora le fait qu'elle n'avait elle-même pris seulement que quelques morceaux de son repas.

« J'aimerai qu'il y ait quelque chose que nous puissions faire pour l'aider, » indiqua doucement Ginny.

« Si seulement Dumbledore laissait Harry venir chez nous durant l'été, » s'exclama Ron, son ton habituellement amical semblant presque agressif. « Je sais que nous pourrions l'aider. Nous serions surement mieux que ces horribles Dursleys. Harry n'a pas besoin de retourner chez eux maintenant. Ils sont la dernière chose qu'il a besoin. »

« Pourquoi est-ce qu'il ne peut pas rester chez vous ? » demanda Neville Longdubat. « Qu'est-ce que Dumbledore a à voir avec ça ? »

« Je ne suis pas vraiment sûr, » admit Ron. « Mais Maman et Papa ont voulu que Harry reste avec nous l'été dernier, vous savez, après le Tournoi des Trois Sorciers. Mais ils ont parlé de ça devant Dumbledore et il a dit que Harry devait rester avec sa tante et son oncle. Maman était vraiment furieuse contre lui au départ, mais ensuite Dumbledore les a pris à part et leur a parlé pendant quelques minutes et quand ils sont revenus, Maman et Papa ont dit que Harry allait venir pour la Coupe du Monde de Quidditch, mais qu'il ne pourrait pas venir pour tout l'été. »

« Il doit y avoir quelque chose que quelqu'un peut faire, » insista Hermione après une minute. « Ron a raison. Harry déteste les Dursleys et il va devoir aller chez eux maintenant, comme toutes les fois… Ce sera horrible pour lui. Il doit être avec nous. »

« Et bien, Maman et Papa veulent que Harry vienne dès que possible, Maman a dit à minuit le 1er août, donc c'est toujours mieux que rien, » Ginny essayait d'être encourageante, mais elle réussit seulement à parler d'une voix malheureuse.

Les quatre amis se regardèrent fixement les uns les autres avec une même douleur désespérée avant de ramener leur attention sur leurs assiettes. Personne ne parla durant le reste du repas.

Harry ne les rejoignit jamais.


Il l'avait presque fait.

Harry ne savait pas combien de temps il s'était attardé dans le hall d'entrée, en se demandant s'il devait aller retrouver ses amis au repas, s'il devait trouver Luna et l'aider dans sa recherche pour retrouver ses affaires, ou s'il devait rentrer à la tour des Gryffondor et se vautrer dans son lit.

Ou peut-être pouvait-il trouver un endroit isolé dans le château, se rouler en boule, et attendre la mort.

Cette idée avait ses mérites. Harry était étonné du nombre de fois où il avait pensé à la mort ces derniers jours ; à se demander comme cela serait, à s'imaginer ses retrouvailles avec Sirius et ses parents, sans plus jamais devoir s'inquiéter de Voldemort et de ses Mangemorts…

Mais il ne pouvait pas mourir pour le moment. Il devait d'abord tuer Voldemort, parce qu'il était la seule personne qui le pouvait, selon Dumbledore. Harry ferma fortement les yeux, souhaitant qu'il y ait une façon de s'échapper aux souvenirs qui tournaient constamment dans son esprit depuis la semaine passée. Quand il ne voyait pas Sirius tomber à travers le voile au Département des Mystères, un accident du à l'ignorance de Harry, alors il revoyait le visage douloureux de Dumbledore et entendait sa voix calme lui expliquant la prophétie.

La maudite prophétie qui avait coûté la vie à Sirius, et avait volé la seule chance de Harry d'avoir un parent et une vraie famille, la prophétie qui avait marqué Harry en tant que victime ou meurtrier.

Et tandis que la vie semblait terne et sombre en ce moment… tandis que Harry n'avait jamais voulu tuer n'importe qui ou même blesser vraiment une personne, il savait qu'il ne pouvait pas laisser la victoire à Voldemort. Il s'avança vers la porte en arche menant à la Grande Salle et observa l'intérieur.

La Salle était éclairée de centaines de bougies qui étincelaient, suspendues entre le ciel et la terre, haut au-dessus des têtes des étudiants. Le plafond enchanté était sombre puisqu'il faisait nuit maintenant, mais il y avait une lune de trois quarts rougeoyante et des étoiles scintillantes et il y avait des torches flamboyantes apposées aux murs en pierre entre les hautes fenêtres de plomb.

Les quatre longues tables des Maisons étaient remplies d'étudiants, chacun portant leur longue robe noire par-dessus leurs uniformes scolaires alors qu'ils mangeaient une quantité importante d'une nourriture délicieuse placée sur des plateaux argentés. Les voix remplissaient la pièce, ainsi que des rires occasionnels, mais en même temps, l'humeur semblait légèrement sinistre.

Les professeurs étaient assis à leur table au fond de la Grande Salle, et bon nombre d'entre eux semblaient inquiets. Dumbledore, avec sa robe écarlate brodée de paillettes dorées et ses longs cheveux neigeux assortis à sa barbe, était une tâche lumineuse parmi le corps enseignant, puisque la plupart portait du noir ou parfois du brun comme le professeur McGonagall qui avec drapé un châle en tartan sur ses épaules. En dépit de ses vêtements lumineux, Dumbledore semblait sombre et il ne mangeait pas du tout, mais parlait tranquillement avec le professeur McGonagall qui écoutait attentivement.

Au moins Ombrage n'était pas là, pensa Harry avec une délectation inhabituelle. Mais après tout, Madame le Crapaud l'avait tourmentée toute l'année dernière, se dit Harry pour se justifier en sentant une grande satisfaction due à sa défaite.

Rogue n'était pas là non plus, et Harry se demanda momentanément si le maître des potions n'avait pas été appelé à son devoir en tant qu'espion contre Voldemort. Se rappelant comment Rogue s'était moqué de lui quand Harry avait essayé de lui dire au sujet de sa vision de Sirius, comme toutes les autres cruautés que le professeur lui avait déjà infligées, Harry décida qu'il n'avait pas vraiment à s'inquiéter du bien-être de Rogue.

Écartant ses pensées sur son détesté professeur, Harry observa les visages à la table des Gryffondors jusqu'à ce qu'il trouve ses plus proches amis. Sa vie n'était pas complètement sans intérêt, se rappela-t-il. Il avait toujours Hermione et Ron, et Ginny et les autres Weasleys, aussi. Il avait d'autres amis, comme Neville et Luna, qui avaient risqué leur propre vie pour l'aider. Un doux sentiment s'empara de lui pendant qu'il les observait. Ses amis, la seule famille qu'il lui restait maintenant.

Il commença à aller vers eux, mais se ravisa quand il pensa à la façon dont ce serait… Hermione remplirait son assiette de nourriture et lui parlerait de son manque de sommeil et de nourriture, Ron et Ginny diraient qu'il leur manquait et qu'ils souhaitaient vraiment qu'il vienne au Terrier avec eux, comme s'ils avaient le choix en la matière. Cela l'inciterait à penser aux Dursleys et au long et laborieux été qu'il avait devant lui, et auquel Harry essayait de ne pas penser. Ils essaieraient tous trop maladroitement de lui changer les idées, en parlant de Quidditch ou des ragots inoffensif de l'école, et Harry devrait essayait de sembler intéressé parce qu'il ne voulait pas les blesser.

Soudainement, cela lui sembla impossible de rassembler suffisamment d'énergie pour faire cela.

Harry se rentourna et se dirigea vers les escaliers. Il retournerait à la tour et irait au lit. S'il était chanceux, peut-être qu'il pourrait dormir ce soir… d'un sommeil profond et sans rêve qui durerait l'été entier, de préférence.

Il était presque aux escaliers quand il entendit un léger bruit derrière lui et quelque chose l'incita à se retourner. Apparemment Luna et lui n'étaient pas les seuls étudiants qui avaient décidé de sauter le banquet. Un grand garçon blond aux yeux gris venait de sortir du couloir menant aux cachots, et s'avançait dans le hall d'entrée.

« Potter ! » siffla-t-il. « Je suis étonné de te voir sans tes gardes du corps. »

« C'est drôle Malefoy, venant de toi. Où sont ces gros crétins que tu appelles tes amis ? » Répondit Harry. Avant que Drago ne puisse répondre, il continua, « Oh, je sais. Ils ont senti la nourriture et le pois-chiche qui leur sert de cerveaux ne pouvait penser à rien d'autre. »

« J'attends ce moment depuis longtemps. Juste toi et moi. C'est de ta faute si mon père est à Azkaban, et tu vas le payer ! » Les yeux de Drago étincelèrent d'une fureur contenue pendant qu'il faisait un geste de sa baguette magique et la pointait en direction de Harry.

Harry ne reconnut pas l'incantation que l'autre garçon cria, mais il réagit instantanément, en jetant un Charme de Bouclier avant d'envoyer rapidement un sort de Bloque-Jambes à son adversaire.

Les jambes de Drago commencèrent immédiatement à se contracter mais il les ignora, lançant déjà un autre sortilège, quant une troisième personne les rejoint. L'homme, qui sortit d'une sombre alcôve proche des escaliers était maigre, avec la peau pâle et les cheveux noirs comme les ailes d'un corbeau. Il portait une longue robe noire avec un insigne vert et argent, et ses bottes noires glissaient silencieusement sur le sol de pierre alors qu'il approchait des garçons. Il était difficile de deviner son âge. Il se déplaçait avec la grâce d'un jeune homme, mais son visage reflétait d'amères expériences.

La vie n'avait jamais été aimable avec Severus Rogue.

« En train de lancer un sort à un autre étudiant, Potter ? » Sa voix était fraîche, mais ses yeux d'obsidienne brûlaient. « C'est clairement contraire aux règles de Poudlard. Dix points en moins pour Gryffondor. Si vous ne partiez pas demain, je vous aurai également donné une retenue. Mais il reste toujours l'année prochaine. M. Malefoy, rappelez-moi que Potter me doit une retenue quand nous nous reverrons cet automne. » Il fit un mouvement de sa baguette magique en direction de Drago et le garçon blond fut libéré du sort de Bloque-Jambes.

Harry leur lança un regard furieux, mais il ne prit pas la peine de discuter. Cela ne changerait rien. Rogue n'écoutait jamais sa version. De toute façon, il ne pensait jamais qu'il avait la vraie version. Même en voyant Drago lui lancer un sortilège, il serait encore capable de trouver une façon de le rendre fautif.

Sans mot, Harry tourna le dos à Rogue et à Malefoy et commença à monter les escaliers. Rogue l'observa partir, une lueur triomphante dans les yeux. Ni l'un ni l'autre ne notèrent que Drago pointait de nouveau sa baguette magique en murmurant une incantation.

Le sort frappa Harry en plein milieu du dos. Il perdit conscience, et s'effondra en arrière. Il aurait sûrement fait une mauvaise chute si Rogue n'avait pas bondi en avant et ne l'avait pas rattrapé.

Le professeur regarda fixement Harry pendant une seconde, complètement stupéfait, comme si il ne pouvait pas croire qu'il tenait Harry Potter dans ses bras. Puis il leva les yeux sur Drago. Sa voix était froide comme de la glace.

« Par Merlin, qu'as-tu fait Drago ? Quel était ce sort ? »

A SUIVRE

Petit mot de la traductrice :

Je remercie toutes les lectrices et lecteurs pour leurs reviews sur le dernier chapitre de WhelpII et de Radix Acclaro !

Me voici de retour avec une nouvelle et looongue traduction qui, je l'espère, vous plaira.

A bientôt,

D