Bonjour, voilà une petit fiction tout droit sortie de mon imagination. En ésperant que vous l'aimerez.


Aube.

Première partie : Ethan

La peur. L'effroi. La tristesse. La colère. Ce fut autant de sentiments qui me traversèrent à ce moment. A cet instant précis. Celui de ma mort. « Ma mort ? », me suis- je dis. Qui aurait pu prévoir cela. Sûrement personne, c'est certain. Moi, Ava Bergson, 17 ans, j'allais commettre l'acte le plus fou de ma vie. Sur le coup je n'ai pas trop réfléchis. Je crois même que j'ai été idiote quelque part. Mais j'aurais tout fait pour lui. Au fond, tout est de sa faute…

Ma vie n'était pas comme ça avant qu'il ne débarque. Et rien ne supposait que j'en arriverais là. Les jours se ressemblaient, se succédaient, et je m'enfonçais, au fil des jours, dans la solitude la plus noire. Ma mère était morte, mon père alcoolique. On peut dire que son arrivée m'a sauvé, et m'a aussi tué.


-Ava, grouilles-toi ! Tu vas être encore à la bourre !

-C'est bon ! T'énerves pas, j'arrive !

C'était tous les jours de la semaine la même chose. Mon père avait la gueule de bois, et il gueulait, comme d'habitude.

-Bon, moi j'y vais ! Tant pis pour toi si t'es virée !

-C'est ça, ai-je murmuré.

Etre virée, tu parles d'une blague ! « Si seulement ça pouvait m'arriver », pensai-je. Mais non, j'étais condamnée à finir ma scolarité dans ce lycée pourri, celui de Rosa Park, à Oklahoma City. Lentement, je descendis les escaliers et sortit de chez moi. « Encore une journée de merde ». Le lycée n'était pas loin, à peine à trois rues d'ici. Tandis que je marchais, je réfléchissais aux options qui s'offraient à moi. Premièrement, je rendais les profs fous pour qu'ils se décident à me virer, mais ça ne ressemblait pas à mon image. Deuxièmement, je pouvais fuguer. Ça ne ferait pas un grand vide, mais je n'avais nulle part où aller. Et enfin la dernière option, rester dans cette ville à me morfondre pour le restant de mes jours. J'aperçus le lycée et soupirai, choisissant malgré moi la dernière option. Comme d'habitude, je fus en retard, ce qui ne m'empêcha pas de prendre mon temps. Je franchis les grilles, et me dirigeais vers ma salle de cours. Enfin devant ma salle, je frappai la porte et entra, prête à affronter une nouvelle journée de calvaire.

-Encore en retard, Mlle Bergson, me dit sèchement Mr Schere, le prof de maths.

-S'cusez moi, msieur.

-Prenez le sujet, et dépêchez-vous de vous y mettre.

Je me tournai vers les autres, déjà plongés dans leurs copies. Personne ne semblait avoir remarqué mon entrée. C'était toujours comme ça, je ne faisais pas attention aux autres, et de même pour eux. Je m'assis et regardai mon devoir. Les fonctions exponentielles. « Super ! pensai-je ironiquement. J'aurais mieux fait de rester à la maison. »

-Ava !Attends-moi !

Je me tournai doucement, et vis Savannah courir vers moi.

-T'as réussi ? J'ai trouvé ça trop facile ! me lança t-elle.

Je souris faiblement et lui répondis que non. Même si parfois je ne la comprenais pas, elle était ma seule amie ici. On se connaissait depuis le collège, et je dois avouer que sans elle j'aurais eu du mal à surmonter la tragédie.

-Tu es au courant ? Il y a un nouveau dans le lycée, il paraît qu'il est trop beau !

-Encore un bellâtre avec beaucoup de muscles et peu de cervelle, j'imagine.

-Haha ! En tout cas, j'espère qu'il est sympa, on est avec lui en sport cet aprem'.

-Ah !

Le sport, ma matière la plus redoutée. Je détestais ça. Je me demandais même pourquoi j'y allais encore. Sûrement pour ne pas laisser Savannah seule. Alors qu'on marchait pour se diriger vers le gymnase, nous débattîmes pour savoir à quoi ressemblerait le nouvel élève. Nous nous changeâmes en vitesse, et allâmes vers le gymnase. Savannah était toute excitée de le voir. Le prof de sport fit l'appel, puis appela son nom. Je dis « son » parce que ce fut comme un choc électrique.

-Zara ?, appela la prof.

-Présent.

Cette voix, je ne l'oublierais jamais. Ce fut un déclic, comme un frisson sur ma peau. Tout le monde, y compris moi, tourna la tête vers lui. J'en eus le souffle coupé. Grand et mince, athlétique. Des lèvres fines, un nez droit parfait. Des cheveux châtains clairs. Et des yeux… Bleus-gris, un mélange si parfait. C'était un regard froid et chaud, glacial et joueur qui nous balaya. J'étais littéralement hypnotisée. Un bref instant, nos regards se croisèrent. Je crus me noyer dans ses yeux. J'entendais à peine ce que Savannah me chuchotait.

-Hé Ava, tu m'écoutes ou quoi ?

-Euh…

-Tu as vu ça ? Un mec aussi beau dans notre lycée… C'est le paradis non ?

-Oui, sans doute…

C'était plutôt l'enfer, oui ! Le cours est passé rapidement, je ne me rappelles même pas si j'ai mal joué ce jour-là. La journée s'est terminée, et je suis rentrée. Je revoyais cette scène dans ma tête, celle où il était apparu. « Ressaisis-toi Ava, un type aussi beau ne peut pas être aussi bien que ça !C'est sûrement un bellâtre sans cervelle» pensai-je. Je n'avais pas remarqué qu'il y avait quelqu'un sur le trottoir d'en face. Lorsque je fus arrivée devant chez moi, je jetais un coup d'œil derrière et faillis avoir une attaque. Il était là, de l'autre côté de la rue. Pire, je le vis franchir le portail de la maison juste en face de la mienne. Bon sang ! Je n'avais même pas remarqué qu'elle n'était plus à vendre. Nous étions voisins. Ce soir-là, je me couchais alors que je n'avais rien avalé. J'étais bien trop nerveuse. J'observais le plafond un long moment, avant de sombrer dans le sommeil. Je ne connaissais même pas son prénom…


Tout en contemplant le vide sous mes pieds, je sentis la brise légère du vent fouetter mon visage. S'il venait, il comprendrait que je n'avais pas choisi cet endroit par hasard. S'il venait. Rien n'était moins sûr. Déjà, j'entendis les cris des personnes en bas, et aperçus les visages de ceux que je verrais pour la dernière fois dans ma vie. Mais parmi eux, je ne parvenais pas à distinguer son visage. Il ne viendrait pas, c'est certain. Tant mieux pour lui, tant pis pour moi.


J'eus du mal à me réveiller ce matin-là. Je m'étais certes couchée tôt, mais je n'avais pas fermé l'œil de la nuit. En descendant les marches, je me rendis compte que mon père n'était pas rentré. Soit il avait fini dans un bar, soit il avait été retenu à l'hôpital. C'était ainsi, quand on était chirurgien. Je n'avais peut-être pas dormi, mais je n'étais pas en retard. Bizarre venant de ma part. Je pris mon petit déjeuner en vitesse et quitta la maison. Miraculeusement, il sortit de chez lui, lui aussi. Instinctivement, je mis ma musique à fond dans mes oreilles, pour ne pas entendre le moindre de ses pas. Peu à peu, je me détendis. Ecouter du Metallica me faisait toujours cet effet-là. A ma grande surprise, je fus soulagée d'apercevoir les grilles du bahut… et aussi surprise de voir qu'une foule de filles attendaient devant le portail. Parmi elles, Savannah bien sûr ! J'eus un petit rire. Elles avaient toutes de beaux vêtements, étaient bien coiffées et maquillées. Elles avaient l'air si niaises ! A côté, je passais pour un manche à balai ! Savannah me fit un petit signe, et je la rejoignis très vte, me frayant un chemin parmi les furies.

-Ava ! Je t'attendais figure-toi !

-Hum ! J'ai du mal à croire que c'est moi que tu attendais !

Savannah rougit, et j'eus un petit sourire narquois. Et, alors que nous nous rendions en cours, je perçus un petit rire léger, qui j'en était certaine, ne pouvait provenir que de lui.

Une autre surprise arriva à moi ce jour-là. Notre prof de sport, Mme Brownie, nous informa que nous allions partir camper deux jours dans la montagne de Southern Trees, à trente kilomètres de la ville. Ce n'était pas des jours de repos, c'était avant tout un exercice qui serait noté. Génial ! Il ne manquait plus que ça ! Et pour couronner le tout, il serait de la partie. Savannah ne se sentait plus. Quand à moi, je me gardais bien de dire le plaisir que je ressentais. Je n'avais aucune intention de lui parler, j'en étais bien incapable. Mais l'idée de passer deux jours avec lui me semblait irréelle. Nous partirions le lendemain même. Je rentrais le cœur léger ce soir-là. Mais ma joie fut de courte durée. Mon père était déjà à la maison, et loin d'être sobre. A table, l'ambiance fut tendue.

-Demain je pars en sortie scolaire pour deux jours.

-Ah.

-Va falloir te débrouiller sans moi. Tu crois que tu tiendras le coup ?

-Ne me parles pas sur ce ton là Ava ! Ton insolence commence sérieusement à m'énerver !

-Ben voyons ! Et moi, c'est ton ivresse qui m'énerve de plus en plus !

-Je ne te permets pas de me parler comme ça ! Bon sang, qu'est ce-que j'ai fait pour mériter ça !

-A ton avis ? C'est toi qui a tout fichu en l'air, et tu sais très bien ce que je veux dire !

Il me regardait, silencieux. Je sentais le rouge sur mes joues, la colère m'aveuglait.

-Tu me tiens toujours pour responsable de la mort de ta mère ?

-Exactement ! Whaou tu comprends enfin !

-Ava, tu sais très bien combien je l'aimais. Je souffres réellement en ce moment depuis qu'elle est partie…

-Tu souffres ? Ne me fais pas rire ! Tu rentres bourré tous les soirs et tu me cries dessus tous les matins ! Elle est où ta souffrance là-dedans ?

-Ava…

-Non, je ne veux plus t'écouter. Tu aurais pu, non tu aurais dû la sauver. Et tu ne l'a pas fais. Et maintenant je suis seule.

Puis, après avoir lâché ces mots, je courus vers la porte. Je sentais les larmes qui roulaient sur mes joues. Une fois dehors, je pleurai librement. Je me fichais totalement de savoir si les voisins me regardaient ou non. Je ne pouvais plus m'arrêter. Lui avoir dit ces paroles m'avait brisé. Je me mis à marcher, comme ça simplement, je voulais m'éloigner de la maison. Pour évacuer ma peine et ma colère. Et là, je le croisai. Je n'eus même pas le courage de lever les yeux pour le contempler. Mais je sentis son regard de glace sur moi, juste quelques secondes. Puis je continuai mon chemin. Je sentais encore ses yeux dans mon dos. Je devais avoir une tête horrible pour qu'il me fixe ainsi. Je ne rentrai qu'une heure plus tard. J'étais fatiguée, je n'avais qu'une envie, me coucher. Et je m'endormis, me préparant mentalement à affronter les deux jours à venir.


Alors que j'allais mourir, je ne pus m'empêcher de me souvenir de ce jour. Celui où nous nous sommes parlés pour la première fois. Celui où je connus enfin son prénom. Cela restera à jamais gravé dans ma mémoire.


Un bruit strident à cinq heures. Rien qu'entendre la sonnerie du réveil me mis de mauvaise humeur. Et en plus, les nuages gris pointaient déjà. La journée commençait bien. Je me levai et m'habillai rapidement. Je voulais quitter la maison le plus vite possible, pour ne pas voir mon père. Je fourrais des vêtements dans un sac, en faisant le moins de bruit possible. Puis je sortis de chez moi. Il y avait du vent et mes cheveux me balayaient le visage. Arrivée devant le lycée, je vis que Savannah n'était pas encore arrivée, elle était toujours en retard. Cette fois, c'était sûrement pour se pomponner pour lui. Comme si c'était utile, avant de passer deux jours dans une forêt hostile ! Elle finit par arriver, juste avant que le bus ne parte. Quelle tête en l'air elle faisait des fois ! Le trajet ne fut pas long. J'apercevais déjà la cime des arbres de la forêt dans laquelle j'allais bientôt vivre l'enfer. Nous arrivâmes et descendîmes du bus. Puis la prof nous chargea de monter les tentes. Tandis que j'aidais Savannah, je ne pus m'empêcher de repenser à la dispute de la veille. Avant, je m'étais toujours retenu de lui dire ce que je ressentais. Mais là, ma haine avait repris le dessus, et je n'avais pas pu me contrôler. Ou plutôt, je n'avais pas voulu. Et maintenant j'avais mal. Je ne l'aurais jamais imaginé mais la douleur me déchirait à présent. Maintenant, je me rendais compte que je n'aurais pas dû m'emporter ainsi. Je lui en voulais certes, mais c'était quand même mon père. Néanmoins, la douleur ne s'apaiserait pas aussi facilement. Je n'eus pas le temps d'y songer plus, car la prof nous appela tous ; nous devions nous mettre par groupe de deux, et prendre chacun une boussole et une carte. L'exercice était simple : ne pas se perdre, savoir s'orienter, trouver les balises, et surtout garder son sang froid. Facile à dire quand on était avec Savannah ! Elle était encore plus froussarde que moi. Il était dix heures, et nous devions être de retour au camp à dix-sept heures. Il fallait se dépêcher car les journées se finissaient tôt par ici, et la nuit était noire, même à dix-neuf heures. Nous prîmes nos sacs de randonnée et partîmes tous chacun de notre côté. Evidemment, il prit le même chemin que nous. Il était accompagné par John Kant, un abruti complètement fini qui avait toujours le mot pour rire.

-Alors les filles ? Prêtes à vivre la plus grande expérience de votre vie ?

-Pff, tu parles, répondit Savannah. Tout ça, ça me déprime. Pas toi Ava ?

-Hum…

-Mais non, Ava n'a peur de rien, souffla John. Elle est plus forte qu'il n'y paraît. J'en suis sûr.

-C'est que tu ne la connais pas, mon pauvre ! Elle est encore moins motivée que moi.

-Ah bon ? J'aurais pourtant juré le contraire, ajouta-t-il en me fixant.

Je tournai vivement la tête. Ah oui ! J'avais oublié qu'il voulait sortir avec moi, quelques mois de cela. J'avais refusé net, mais je ne lui avais jamais donné de réponse. Peut-être se faisait-il de faux espoirs encore. Après plus personne ne parla. Curieusement, j'avais l'impression que lui me regardait. Je ne laissai rien paraître, et me mis à regarder le sol fixement, jusqu'à ce que nous nous séparâmes.

-Bon, à plus tard. Bon courage à vous, lança John. Prêt mec ?

-Totalement, répondit l'autre parfaitement décontracté.

Puis ils partirent d'un côté, tandis que Savannah et moi nous enfonçâmes dans la forêt, le bruit de la pluie qui commençait à tomber nous accompagnant.


-Bon sang, je suis à bout !! cria Savannah.

Nous nous arrêtâmes, exténuées. Cela faisait des heures que nous errions, seules à travers les arbres et la mousse. J'avais les mollets griffés de partout, mais je n'avais plus mal à force d'être griffée par les ronces constamment. Le soleil commençait à se coucher et le délai était bientôt écoulé. Et nous étions perdues. Je détestais de plus en plus cette journée. En plus, Savannah n'arrêtait pas de se plaindre, ce qui ne faisait que m'exaspérer.

-Ecoute, Savannah, je suis fatigué aussi. Mais s'il te plaît, arrête de crier.

-Oh ça va, je ne suis pas aussi résistante que toi, moi ! Si seulement il pouvait venir…

-Qui ça ?

-Bah à ton avis, le nouveau ! J'espère toujours qu'il va venir à mon secours.

Je soupirais. Décidément, j'étais mal tombée.

-On dirait qu'il ne t'intéresse pas. T'es vraiment bizarre !

-Moi, je ne comprends pas pourquoi tu continues d'espérer. Il se contrefiche de toi. Ouvre un peu les yeux, une fois dans ta vie.

Elle me regarda, incrédule. Puis son regard changea, passant à la colère.

-Qu'est ce-qui te prends de me dire ça ?! Tu te prends pour qui ?

-Mais Savannah…

-Quoi ?! C'est plutôt toi qui devrais arrêter de te voiler la face, tu ne crois pas ?

-Qu'est ce-que tu veux dire par là ?

-Que t'es trop naïve Ava ! Franchement je n'arrives pas à te cerner. T'es trop lunatique !

Une bouffée de haine m'envahit. J'allais exploser pour la deuxième fois en deux jours.

-Moi lunatique ? Et toi alors, qu'est ce-que je devrais dire ? Savannah regarde-toi, tu es vraiment trop superficielle.

-Ah ouais ? Et ben tu sais quoi ? Je vais te laisser tranquille, pour que tu ne sois pas contaminée ! Quoique ,ce serait vraiment un miracle. L'atmosphère serait moins lugubre !

Puis elle tourna les talons, et disparut dans les buissons. Je ne pus rien dire, tellement j'étais abasourdie. Ce qu'elle m'avait dit, c'était ce que je m'étais toujours cachée au fond de moi. Je savais que je n'étais pas agréable à vivre, mais pas à ce point ! C'était une claque que je venais de me prendre. J'étais énervée et épuisée, aussi bien physiquement que mentalement. Ma montre sonna. Dix-sept heures. Et j'étais perdue dans la forêt. Seule et désespérée. Je me mis à marcher, sans trop savoir où aller. C'était Savannah qui avait la boussole. Je continuai tout droit, cherchant des repères, mais en vain. Les minutes passèrent, des heures bientôt. Il faisait nuit noire. Je marchai à l'aveuglette, me cognant contre les rochers, me prenant les branches dans la figure. J'étais anéantie par la fatigue. Mes jambes ne me soutenaient plus. Soudain, le sol se déroba sous mes pieds et je sentis le vide. A cause de la fatigue, je ne réagis pas assez vite.

-AAAHH !

Mon cri retentit dans toute la forêt, s'éleva au-dessus des arbres. Je glissais, sans pouvoir arrêter ma chute. J'étais secouée de partout, les pierres me meurtrissant tout le corps. Puis ma course s'arrêta soudain, et ma tête cogna brutalement sur le sol, ainsi que ma cheville, qui craqua sinistrement.

-Aiie, la vache quelle chute !

J'étais totalement sonnée, engourdie de partout. Je levai une main tremblante vers ma jambe, et la déplaçai délicatement pour libérer ma cheville de la douleur. J'avais mal, très mal même. Ma respiration était saccadée. Je sentis un liquide chaud couler sur ma tempe, le long de mes joues. Je plaquai doucement une main sur le haut de mon front, et l'examina ensuite. Du sang. Je jetai un coup d'œil autour de moi. Tout était sombre, froid. J'avais dû tomber dans une sorte de trou, une crevasse peut-être. Péniblement, je parvins à me relever et à m'appuyer contre la paroi. En me levant ce matin, je n'avais jamais imaginé que ma journée se passerait ainsi. C'était clair, j'étais vraiment de mauvaise humeur. Je ne m'en rendis pas compte au début, mais des larmes coulaient sur mon visage. La douleur était assourdissante certes, mais ce qui me faisait le plus mal était le sentiment profond de tristesse, enfoui au fond de mon être. Ce souvenir douloureux m'assaillait, au point qu'il me fit encore plus mal que la douleur que m'infligeait ma blessure. Seule au fond de ce trou, je laissai libre cours à mes souvenirs, à mes pensées, à cette tragédie qui m'avait brisée. A sa mort, celle de ma mère. A ce jour qui n'aurait jamais dû arriver. A ce qu'il n'avait pas fait. Et c'est prisonnière de mes tourments, réveillés par la douleur qui me déchirait, que je me plongeai dans mon passé.


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