Titre Anglais: Burden of a Destiny

Titre Français : Le fardeau du destin

Auteur : ksomm814

Bêta Traductrice et Correctrice: Love Gaara Of The Sand

Genre : Neutre

Chapitre traduit par : Yotma

Rating : k+

État de la fic en anglais : 29 chap Fini : 2 autres fics suivent : Power of Hogwarts : 26 chap FINI ; et Rise of the Protector : 22 chap Fini

État de la fic en français : 1; Traduit : 6,8,10, 11 ; En cours : 7,9,12

Disclamer : Cette histoire est basée sur l'Ordre du Phoenix qui ne nous appartient pas. Cette histoire est aussi une suite du « Gardien de Minuit » et « Les peines d'un champion ». Lire ces histoires en premier vous aidera probablement à comprendre celle-ci. La traductrice de ces deux tomes, est Thamril vous trouverez rapidement en allant sur les Fics favorites du groupe.

&

Nous avons l'accord de Yotma (l'ancienne traductrice)

Ainsi que l'accord de l'auteur pour traduire cette saga

&

&

Eni et moi espérons que cette nouvelle histoire vous plaira,

Bonne lecture et à dans 1 mois pour le prochain chapitre !!!!

Désolé ce chap vous auriez dû l'avoir hier, mais Fanfiction ne voulais pas!

Eni et Onarluca

&

Chapitre 1 La Noble et Très Ancienne Maison des Black

Sirius Black et Remus Lupin aidaient à apporter la malle de l'école et les autres bagages des nouveaux arrivants. Ils avaient essayé d'être les plus silencieux possible mais c'était très difficile en étant si lourdement chargés. Sirius et Remus redoutaient un peu ce changement. Bien que la compagnie puisse faire quelque bien, ils étaient hésitants quant au stress que cela ferait ressentir à leur charge.

Harry Potter, aussi connu comme le Garçon-qui-a-survécu, récupérait encore de son duel avec Lord Voldemort qui avait eu lieu moins d'un mois auparavant. Personne d'autre que Sirius, Remus, le Professeur Albus Dumbledore (le Directeur du Collège Poudlard, école de Sorcellerie) et Madame Pomfresh (l'infirmière de l'école) ne savait à quel point le rétablissement de Harry était lent. Personne à part eux quatre ne se rendait compte qu'il était difficile d'avoir une seule nuit complète pour celui-qui-allait-bientôt-avoir-quinze-ans.

Cela avait pris beaucoup de temps à Sirius et à Remus pour aider Harry avec la mort de Cédric Diggory, la première victime de la seconde guerre. Harry s'était senti terriblement coupable de son rôle dans la mort de Cédric, bien qu'il ait été prêt à sacrifier sa propre vie pour le protéger. L'adolescent avait finalement accepté qu'il ait fait tout son possible pour sauver leur vie, à lui et Cédric, mais cela n'avait pas empêché les cauchemars de venir, et avec eux, venaient les épisodes.

Cela avait failli donner un choc à Sirius et à Remus quand, au milieu d'un violent cauchemar, Harry avait cessé de respirer. Ils avaient entendu un hurlement de terreur et s'étaient précipités dans sa chambre pour le voir se débattre dans son lit. Sirius avait bondi sur le lit et avait tenu les épaules du garçon en place pendant que Remus avait saisi les jambes. Ils avaient essayé de le réveiller, mais rien n'avait fonctionné jusqu'à ce qu'Harry arrête soudainement de bouger... et de respirer.

Remus avait couru hors de la pièce pour appeler de l'aide alors que Sirius tentait de réanimer Harry. Après presque cinq minutes, Sirius n'avait toujours pas de réponse. Ses plaintes étaient devenues de plus en plus désespérées à chaque tentative. Le professeur Dumbledore était arrivé avec Madame Pomfresh, qui s'était mise au travail sur l'adolescent immobile, tandis que Dumbledore et Remus emmenaient Sirius dehors. Durant un quart d'heure, les trois sorciers attendirent à l'extérieur de la pièce, priant et espérant, jusqu'à ce que Madame Pomfresh sorte, paraissant complètement épuisée.

Le diagnostic n'était pas bon.

Depuis la troisième année d'Harry, sa magie avait commencé à mûrir plus rapidement que la normale. L'année dernière, elle avait été hors de contrôle, forçant le brun à porter un collier qui supprimait les crises qui venaient sans avertissement. Lorsqu'Harry était retenu captif du Seigneur des Ténèbres, le collier lui avait été retiré. Harry avait dû se débrouiller tout seul avec ses éclats, chose qu'il n'avait jamais appris à faire. Un éclat était une force qu'il ne fallait pas sous-estimer mais Harry en avait vécu trois en quelques minutes. En conséquence de quoi, le corps d'Harry avait éprouvé un épuisement physique et magique tel qu'aucun corps ne devrait jamais devoir supporter. Ses poumons s'étaient effondrés, son cœur s'était presque arrêté et se rétablissait encore.

Évidemment pas aussi vite que ne l'auraient cru les quatre personnes.

Pour aider à son rétablissement, Harry devait maintenant prendre une simple potion une fois par jour afin aider son cœur. Il était aussi surveillé durant la nuit pour s'assurer que quelque chose comme cela ne se reproduise pas. Des sorts avaient été jetés dans la pièce et étaient à l'écoute pour alerter tout le monde dans la maison s'il avait le moindre malaise. Son cœur était surveillé par magie tout comme il l'avait été à l'infirmerie de Poudlard avant qu'il ne parte pour les vacances d'été.

Il avait fallu un peu de temps pour s'y habituer, mais le cœur d'Harry ne s'était pas arrêté depuis que les mesures avaient été mises en place ; ainsi Sirius et Remus sentaient que cela en valait la peine. Il y avait eu plusieurs cauchemars qui avaient stressé le cœur de Harry mais, avec les précautions mises en place, Sirius et Remus avaient été capable de le réveiller avant qu'il ne soit en réel danger.

Le son de la malle heurtant le sol sortit les Maraudeurs de leurs pensées. Se tournant rapidement vers le remue-ménage, Sirius et Remus virent les visages souriants des jumeaux Weasley, Fred et Georges. Un regard de Sirius effaça les sourires de leurs visages. Sirius pouvait être un enfant avec le meilleur d'entre eux, mais quand il était question d'Harry, l'ancien détenu d'Azkaban pouvait devenir assez sévère. La résurrection de Voldemort avait fait surmultiplier la nature protectrice des Maraudeurs. Dans des lettres, Harry avait appris que les adolescents de dix-sept ans venaient juste de recevoir leur permis de Transplanage qui les autorisait à disparaître d'un endroit pour apparaître à un autre. Sirius et Remus avaient été prévenus qu'actuellement les jumeaux étaient extrêmement impatients d'utiliser leur magie maintenant qu'ils avaient l'âge, chose que redoutaient les adultes de la Maison Black.

Le suivant à entrer fut le meilleur ami d'Harry, Ron Weasley. Le grand adolescent de quinze ans regarda autour de lui avec une crainte mêlée de respect, avant de regarder directement et Sirius et Remus avec un air légèrement confus sur le visage.

« Où est Harry ? », demanda-t-il immédiatement.

Sirius et Remus se regardèrent avant que Sirius ne réponde fermement. « Il est en train de dormir. S'il vous plaît, essayez de ne pas faire de bruit. »

Ginny Weasley, la plus jeune de la fratrie Weasley et la seule fille, avait suivi Ron. « Il va bien ? » demanda-t-elle. « Il n'a rien dit dans ses lettres à la famille. Il est arrivé quelque chose ? »

« Harry va bien, » dit Remus sur un ton rassurant. « Il a juste besoin de repos. Il est encore un peu fatigué après tout ce qu'il s'est passé avec Voldemort. »

Les enfants Weasley tressaillirent à l'entente du nom de Voldemort. Madame Weasley entra dans la maison, suivie de peu par son époux. On avait averti les parents que tout n'était pas aussi joyeux et gai que l'avait écrit Harry dans ses lettres. Sirius et Remus savaient que si quelqu'un pouvait les aider pour améliorer l'état de Harry, ce seraient bien Arthur et Molly. Le couple adorait Harry comme s'il était l'un de leurs enfants.

« Molly, Arthur, » dit Remus avec un signe de tête. « Si vous voulez aller dans la cuisine, la réunion est sur le point de commencer. » Monsieur Weasley partit vers la cuisine, mais son épouse ne bougea pas. Remus se tourna alors vers les quatre enfants Weasley. « Vous quatre, vous pouvez aller dans les étages. Vous trouverez vos noms sur les portes de vos chambres. »

« Nous nous attendons à ce que vous alliez directement au lit, » ajouta Sirius alors que Remus partait vers la cuisine. «Demain, c'est l'anniversaire de Harry et nous voulons faire quelque chose de spécial. » Sirius allait suivre Remus, quand il s'arrêta et se tourna de nouveau vers les adolescents. « En outre, ne cherchez pas Harry, » dit-il d'une voix égale. « Laissez-le dormir. Vous pourrez lui parler demain matin. »

Les quatre Weasley acquiescèrent d'un signe de tête mais il était visible qu'ils étaient déçus. « Vous avez entendu Sirius, les enfants, » dit madame Weasley. « Maintenant tous au lit ! »

Sous le regard vigilant de leur mère, Fred, George, Ron et Ginny grimpèrent les escaliers pour aller dans les chambres. Madame Weasley avait déjà enchanté les malles pour qu'elles soient légères comme des plumes et que les adolescents n'aient ainsi aucun problème à les monter dans les escaliers. Ils avaient trouvé, inscrit sur la troisième porte à gauche « Fred et George », sur la quatrième porte à gauche « Ron » et sur la quatrième porte à droite « Hermione et Ginny ». Chaque Weasley entra dans la chambre qui lui avait été allouée et ils laissèrent tomber leur malle. Ils eurent toutefois du mal à rester en place. Où était Harry ? Pourquoi Sirius était-il si insistant sur le fait de laisser Harry se reposer ?

Fred et George quittèrent leur chambre et se tinrent dans l'embrasure de la chambre de Ron. « Nous allons faire quelques inoffensives explorations, Ronnikins, », dit George. « Tu veux nous rejoindre ? »

« Je viens avec vous», leur dit Ginny, arrivant derrière eux.

« Parfait ! », dit Fred.

« Si quelqu'un nous le demande, nous recherchons les toilettes », dit Ron en suivant ses frères et sa sœur.

Ils durent dépasser quatre autres chambres avant d'atteindre la fin du couloir, ce qui les poussa à tourner à droite. Ils entrèrent dans un autre couloir avec d'étranges noms sur les portes des chambres. Sur la première porte à gauche était écrit « Moony » tandis que sur la première porte à droite était écrit « Patmol ». Fred et George se regardèrent l'un l'autre avec incrédulité. Ce n'était pas possible. Les infâmes Maraudeurs vivaient ici ?

La porte suivante était entre-ouverte avec « Pronglet » écrit dessus. Alors qu'ils se rapprochaient, ils purent entendre un son doux et étrangement bipant venant de la pièce. Il y avait un dessein particulier à cela, résonnant comme quelque chose qu'ils avaient entendu dans l'aile d'hôpital quand Harry était inconscient. La curiosité l'emportant sur eux, les jumeaux jetèrent un coup d'œil dans la pièce et ne purent croire ce qu'ils avaient devant eux.

Dormant dans un lit large pour quatre personnes se trouvait la personne en question qu'on leur avait interdit de rechercher. C'était Harry. Il dormait sur le dos, la tête tourné dans la direction opposée à la porte. La couette recouvrait la moitié de son torse, ce qui permit aux jumeaux de voir que la chemise qu'il portait était ajustée à son corps, révélant les muscles qu'Harry avait pris le mois dernier et la poussée de croissance au milieu de laquelle il était. Tout bien considéré, Harry avait l'air en forme excepté que sa respiration semblait quelque peu inégale.

« Alors ? » demanda Ron avec impatience.

Fred et George se regardèrent avant de faire demi-tour et de fermer complètement la porte. La dernière chose qu'ils voulaient était la colère de Sirius leur première nuit ici. « Bon, Harry est en train de dormir là, » dit enfin Fred. « Rappelez-vous ce que Sirius a dit alors... je pense que nous devrions retourner dans nos chambres. »

Ron et Ginny se regardèrent avec confusion. C'était un événement rare pour Fred et George d'avoir peur d'un adulte. « Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Ron avec méfiance. Ne recevant aucune réponse, Ron poussa ses frères, ouvrit la porte et faufila sa tête par l'ouverture. Tous purent entendre son soupir de soulagement quand il vit Harry. Refermant la porte, Ron se tourna vers ses frères et les regarda fixement avec un regard étréci.

« Il va bien, » dit-il calmement. « Pourquoi avez-vous agi comme s'il était sur son lit de mort ? »

« Nous ne le faisions pas, » répondit George tout aussi calmement. « Nous ne voulions tout simplement pas que tu le réveilles. Venez, nous allons pouvoir faire une partie de bataille explosive dans notre chambre jusqu'à ce que la réunion soit terminée. » Sans un autre mot, Fred et George retournèrent dans leur chambre, laissant un Ron et une Ginny très confus. Les deux plus jeunes Weasley avaient remarqué que les jumeaux avaient agi extrêmement bizarrement depuis le mois dernier. Ils n'étaient plus aussi sociables que d'habitude, passant la majorité de leur temps dans leur chambre à faire de nouvelles inventions pour leur magasin de farces et attrapes. La seule fois où Fred et George redevenaient eux-mêmes était quand une lettre d'Harry arrivait. C'était vraiment étrange.

Harry se réveilla dans le noir comme il le faisait chaque matin. S'extrayant de son lit tout en chassant la fatigue de ses yeux, le garçon dont c'était l'anniversaire s'était mentalement préparé pour une journée extrêmement longue. Durant la semaine dernière, Sirius et Remus avaient harcelé Harry à propos de son anniversaire tout comme ils l'avaient fait l'année précédente. Ils voulaient savoir ce que le brun désirait faire, ce qu'il voulait manger, quels cadeaux il voulait avoir... il y en avait assez pour faire tourner la tête à n'importe qui. Sincèrement, Harry ne voulait rien. Sirius et Remus lui avaient donné tout ce qui était possible d'avoir avant même la fin de la première semaine de vacances d'été.

Il avait fallu un long moment à Harry pour convaincre ses tuteurs qu'il n'était pas fait en verre. Après l'épisode de son arrêt du cœur, Sirius et Remus l'avaient forcé à se reposer au lit. Il avait d'abord protesté mais les deux maraudeurs n'avaient rien voulu entendre. Par conséquent, Harry avait terminé tous ses devoirs scolaires en un temps record mais c'était terriblement ennuyeux. Tout ce qu'il pouvait faire était dormir.

Notant que cette méthode ne fonctionnait pas, Sirius et Remus avaient acheté à Harry des livres sur une variété de sujets qui pourraient l'aider avec ses crises. Madame Pomfresh avait été son héroïne quand elle avait ordonné à Remus et Sirius de pousser Potter à faire une activité physique mineure pour retrouver des forces. Ce n'était pas bon signe lorsque ce dernier s'évanouissait presque à chaque fois qu'il quittait son lit pour utiliser sa salle de bain.

Sirius avait bondi sur cette opportunité. Il continua à apprendre à Harry les bases du taekwondo qu'ils avaient commencé l'année précédente et commença à lui apprendre le taïchi. Il n'y avait pas encore d'entraînement, puisque Sirius sentait que le cœur d'Harry ne pourrait pas le supporter mais les parties des arts qu'il pourrait apprendre apportaient à l'adolescent un changement incroyable. En un mois de temps, Harry arrivait à contrôler certaines de ses plus petites crises avec les techniques de relaxation du taïchi. Il n'avait pas encore eu l'expérience de plus grosses crises, mais c'était mieux que rien.

Après avoir pris une douche, changé ses vêtements et pris sa potion, Harry quitta sa chambre aussi doucement que possible tout en prenant ses lunettes en sortant. Malgré les plaintes de Remus quant au fait que Sirius ronflait, l'homme semblait toujours se réveiller au moment où Harry quittait sa chambre. Progressant dans le couloir faiblement éclairé, Harry passa sur la pointe des pieds devant les portes fermées, puis descendit les escaliers comme il avait l'habitude de le faire chaque matin. Le silence dans la maison avait un côté inquiétant, considérant le nombre habituel de personnes qui passaient la nuit dans le grand Manoir. Ce n'était pas rare pour les membres de l'Ordre de passer une nuit dans une des chambres d'invités, spécialement quand les réunions duraient longtemps. Cela était égal à Harry, il les connaissait tous par leurs prénoms de toute façon.

L'Ordre du Phoenix était une société secrète créée par le Professeur Dumbledore. Elle était constituée de personnes qui croyaient que Voldemort était en fait de retour et s'étaient préparées pour le combattre indépendamment du ministère qui niait son retour. Sirius et Remus avaient déjà fait partie de l'Ordre en même temps que les parents de Harry ; ainsi ils avaient pu lui donner une bonne image de ce qu'était l'Ordre. La Noble Maison des Black avait été désignée comme quartier général de l'Ordre depuis qu'elle était incartable. La Famille Black avait utilisé chaque sortilège du livre pour cacher le numéro 12, Grimmauld Place et avec le Fidelitas, ainsi personne ne pourrait trouver l'endroit sauf si le gardien du secret le révélait, ce que Dumbledore n'avait pas l'intention de faire.

Vivre au quartier général était à la fois perturbant et frustrant pour Harry. Il rencontrait un bon nombre de personnes qui avaient connu ses parents et pouvait en apprendre plus sur eux qu'il avait jamais rêvé mais il y avait eu toutes les fois où il avait été renvoyé de la pièce parce que ce dont on parlait n'était que pour « les membres seulement ». Harry ne disait jamais rien, mais Remus et Sirius devaient noter qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, car le matin suivant, les deux Maraudeurs tirèrent Harry près d'eux pour une de leurs discussions.

Ils avaient expliqué que beaucoup de choses dont discutaient l'Ordre n'étaient pas forcément plaisantes et n'étaient pas des choses qu'un adolescent pouvait entendre. Voyant qu'Harry n'avait pas compris, Remus avait dit la seule chose qui mettrait Harry d'accord avec n'importe quoi. « Nous ne voulons pas te blesser, petit. Tu as déjà trop perdu depuis ton enfance. Nous voulons juste que tu essaies d'apprécier le peu que tu as gardé. Si nous apprenons quelque chose et que nous pensons que tu as besoin de le savoir, alors nous te le dirons. C'est une promesse. »

Harry accepta cela. Après ça, il fit simplement ce qu'on lui disait de faire sans poser de questions. Il n'en voulait à pas Sirius et Remus de vouloir qu'il apprécie ce qui lui était resté de son enfance. Ils avaient raison. Il n'avait pas eu beaucoup profité de sa jeunesse en vivant avec les Dursley. Il s'était passé deux années depuis qu'il avait été sauvé d'eux et de leurs abus, mais les souvenirs étaient toujours là. Chaque fois que Sirius et Remus attrapaient Harry en train de faire le ménage, ils les maudissaient silencieusement avant de demander à Harry d'arrêter. Pour la cuisine, ils avaient renoncé à arrêter Harry de la faire, puisqu'il était le meilleur cuisinier des trois.

Entrant dans la cuisine, Harry alluma les lumières, remonta ses manches et se mit à préparer le petit-déjeuner. Il se rendait compte qu'il y avait plusieurs Weasley de plus sous leur toit et qu'il devrait en faire plus que d'habitude. Il commença avec les muffins et pendant qu'ils cuisaient dans le four, il passa aux œufs et au bacon. Harry décida qu'il ferait dans la facilité et qu'il confectionnerait aujourd'hui des œufs brouillés. Une fois les muffins cuits, Harry commença à préparer le café et le thé. Avant qu'il n'ait commencé à faire les toasts, la porte de la cuisine s'ouvrit et deux hommes à moitié endormis entrèrent.

« Bonjour Pronglet, » dit Sirius alors qu'il se dirigeait vers la table de la cuisine et qu'il s'asseyait comme Harry et Remus s'attendaient à ce qu'il le fasse. Sirius Black était totalement inutile dans une cuisine. « Joyeux anniversaire. »

Harry le remercia d'un signe de tête tandis qu'il plaçait une tasse devant Sirius qui la remplirait de café au moment où il serait prêt, puis retourna vers le bacon et les œufs. Remus saisit une corbeille et le remplit de muffins tout en tentant de rester éveillé. « Longue réunion, hier soir ? » demanda Harry avec curiosité.

« Tu n'as pas idée, » murmura Remus en posant le panier de muffins sur la table et en prenant les toasts. « Severus était là cette nuit, ainsi nous avons tous dû entendre à quel point sa position était dangereuse. »

Sirius laissa échapper un reniflement méprisant à cette remarque. Le Professeur Severus Rogue travaillait actuellement sous couverture en tant que Mangemort. Ce fut Severus qui avait révélé que Voldemort, comme Harry, n'avait pas quitté le cimetière sans dommages. Selon le professeur Rogue, le Seigneur des Ténèbres était emprisonné dans une sorte de coma, mais on le changeait souvent de place afin que personne ne sache où il se trouvait sauf ceux de son cercle intime, chose que le professeur Rogue n'avait pas encore réussi à faire.

« Désolé, j'ai oublié ça, » dit Harry en prenant la cafetière et en remplissant la tasse de Sirius. Ensuite, il sortit la crème du réfrigérateur et la posa devant Sirius. Il savait que son parrain préférait avoir beaucoup de crème dans son café. « Alors comment s'est passé le déménagement cette nuit ? »

La tête de Sirius se redressa immédiatement. « Est-ce qu'ils t'ont réveillé ? », demanda-t-il rapidement.

« Je n'ai rien entendu, » répondit honnêtement Harry tout en posant le bacon sur une assiette qui était enchantée pour garder les aliments au chaud alors qu'il apportait un grand bol pour les œufs. « Je me suis simplement rappelé mes premiers jours ici et connaissant les Weasley, j'ai supposé qu'ils seraient curieux à propos de l'Ordre.

« Je pense qu'ils seront beaucoup plus curieux à propos de toi, petit, » dit Remus en posant deux assiettes sur la table. « Sois prêt pour beaucoup de question aujourd'hui. Ils voudront savoir tout sur l'Ordre... »

« ... Mais je ne sais rien, » l'interrompit Harry alors qu'il plaçait un bol sur la table pour les œufs. Le bol avait aussi été ensorcelé pour garder la nourriture au chaud. C'était la seule manière de faire des repas pour autant de personnes sous le même toit.

« Mais ils ne savent pas ça », dit calmement Remus en allant vers le frigo et en y prenant un pichet de jus de fruit qu'il posa sur la table. « Je suis sûr que Molly et Arthur ont dit à leurs enfants moins que ce que nous t'avons dit. Tu ne peux pas les blâmer d'être curieux. Tu l'étais jusqu'à ce que nous en parlions. »

« Un point pour toi, » dit Harry alors qu'il remplissait une bouilloire avec de l'eau pour le thé et la plaça sur le fourneau. En se retournant, Harry remarqua que Remus avait déjà commencé à préparer le porridge. Le loup avait l'habitude d'aider Harry à faire chaque repas tandis que Sirius « supervisait ». C'était d'habitude à cette heure que la plupart de leurs discussions avaient lieu puisque personne d'autre n'était là. Ils avaient eu beaucoup de discussions sur les évènements après la troisième tache dans cette pièce. « Alors qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ? »

« Dis-leur la vérité, » dis Sirius d'un haussement d'épaule, puis il prit une gorgée de café. « Tu ne sais de l'Ordre rien d'autre que son histoire. Si tu es honnête avec eux, ils ne te harcèleront pas à ce sujet... enfin espérons qu'ils ne le fassent pas. »

Le son de la porte qui s'ouvrait arrêta rapidement leur conversation. Comme sur un signal, tous les trois regardèrent vers la porte pour voir madame Weasley se tenir sur le seuil, la surprise se lisant sur son visage. Harry devint soudainement nerveux. Comptait-elle faire le petit déjeuner maintenant qu'elle vivait ici ? « Qu'est-ce que tout ceci ? » demanda madame Weasley alors qu'elle regardait Harry. « Je pensais que tu étais supposé rester tranquille, Harry chéri. »

« Harry a l'habitude de faire le repas avec nous, Molly, » dit Remus nonchalamment. « Il aime se sentir utile, alors il aide l'Ordre. C'est un juste milieu pour toutes les parties. Ne craignez rien. La cuisine d'Harry est certainement plus comestible que ce que Sirius ne pourra jamais faire. »

Chacun jeta un coup d'œil vers Sirius, attendant une répartie, mais rien ne vint. Notant le silence, Sirius les regarda par-dessus sa tasse de café avec un sourcil haussé. « Quoi ? » demanda-t-il. « Je ne vais pas discuter la vérité. Ma cuisine a l'habitude de devenir comme mon nom : Black. » Remus et Harry sourirent ensemble à la remarque parce qu'ils savaient que c'était la vérité. « Honnêtement Molly, Harry va bien. Remus et moi ne le laisserions jamais cuisiner sans quelqu'un présent juste au cas où. »

Madame Weasley semblait réticente à croire les tuteurs de Harry mais acquiesça quand même d'un signe de tête et s'assit en face de Sirius. Le sifflement perçant de la bouilloire fit sursauter le plus jeune. Éteignant le feu, Harry saisit la bouilloire et prépara deux tasses de thé: une pour Remus et une pour lui. Posant les deux tasses sur la table, Harry se tourna vers madame Weasley. « Café, thé ou jus de fruits ? », demanda-t-il.

« Du thé serait formidable, mon chéri, » dit gentiment madame Weasley.

Harry prépara le thé pour elle alors que Remus terminait le porridge. Une fois chacun assis, ils mangèrent en silence jusqu'à ce que la porte s'ouvre de nouveau. Une femme avec des cheveux violets courts et en épis entra dans la cuisine et s'assit à côté de Harry, ébouriffant ses courts cheveux en désordre comme elle le faisait toujours (cette femme lui avait donné une nouvelle coupe quelques semaines auparavant). Son nom était Nymphadora Tonks mais elle préférait être appelée simplement Tonks. Elle était métamorphomage, c'est-à-dire quelqu'un qui était capable de changer son apparence à volonté. Elle était aussi la cousine de Sirius, ce qui dans son esprit lui avait donné le droit de traiter Harry comme un parent puisque Sirius l'avait adopté.

« Salut tout le monde, » dit Tonks alors qu'elle se versait une tasse de café. « Alors qu'est-ce qu'il y a au menu aujourd'hui, Harry ? » Elle regarda la nourriture et secoua lentement la tête. « Personne de ton âge ne devrait autant aimer faire la cuisine, gamin. » Elle se pencha vers la droite et par espièglerie donna un coup de coude à Harry, gagnant un coup de coude en retour. Tonks pouvait rivaliser avec Sirius quand il fallait agir comme un enfant. Tous les deux semblaient s'être trouvé un but dans la vie, faire rire Harry et lui apporter une partie de la joie que seule une famille pouvait faire. La guerre des blagues entre eux durait depuis quelques semaines et était juste l'un des nombreux exemples pour qu'Harry et Remus sentent qu'il était mieux d'éviter la famille Black. Elle avait commencé à devenir un peu plus brutale dans les derniers rounds. Il n'était pas inhabituel de voir Sirius avec des cheveux multicolores un jour et Tonks changer pour une peau colorée le lendemain.

« Bien, quelqu'un dans cette famille doit être capable de faire un repas sans incendier l'endroit ou casser chaque plat qu'il touche », répliqua Harry avec un sourire tout en mettant des œufs et du bacon dans son assiette. Chacun dans l'Ordre se rendait compte de la maladresse de Tonks et arrivait en fait à garder tout ce qui était cassable hors de ses mains.

Sirius renifla dans sa tasse de café tandis que Remus tentait de retenir un gloussement. « Il nous a eu là, Tonks, » dit Sirius, « et nous sommes des parias dans la bien-aimée famille. Ça ne dit rien de bon pour les Blacks, une bande de sangs-purs hypocrites... »

Tonks hocha la tête et roula des yeux pendant qu'elle saisissait un muffin et qu'elle se levait. « Je m'en vais pour travailler, » dit-elle avec regret. « Joyeux anniversaire Harry. Je veux tout entendre sur ce que ces deux gaffeurs te feront quand je reviendrai afin que je puisse planifier ma revanche.

« Hey ! » dirent Sirius et Remus en même temps.

Tonks sourit. « Qu'est-ce que je peux dire ? » demanda-t-elle innocemment. « J'ai un faible pour le petit. » Elle fit un clin d'œil à Harry avant de quitter la cuisine.

Bill Weasley, le plus vieux de la fratrie Weasley entra quelques secondes plus tard. Il couvrit sa bouche pour étouffer un bâillement pendant qu'il s'asseyait près de madame Weasley.
« Bonjour Sirius, Remus, maman et joyeux anniversaire Harry », dit-il alors qu'il se versait une tasse de thé. Bill travaillait pour la Banque de Gringotts en Égypte et maintenant, il opérait pour celle à Londres. Des rumeurs disaient aussi qu'il était maintenant fiancé à Fleur Delacour, une des championne du Tournois des Trois Sorciers et qui maintenant travaillait avec lui à Gringotts. C'était une rumeur parce qu'Harry l'avait seulement entendu dire par Ron. Bill n'avait pas dit un mot sur sa vie privée.

« Alors Harry, te sens-tu prêt pour un petit entraînement ce matin ? » demanda Sirius alors qu'il prenait un muffin.

Harry retint une répartie sarcastique. Il semblait que beaucoup de personnes pensaient qu'il était fait en verre.

« Je vais bien, Sirius » dit-il. « Je vais bien depuis plusieurs semaines maintenant. Juste parce que j'ai eu un cauchemar... »

« ...qui a bien failli te tuer, »murmura Sirius.

« Mais cela ne l'a pas fait, » protesta Harry. Il commençait vraiment à être malade de cette discussion. « Je ne sais pas comment je dois tous vous convaincre que je vais bien maintenant. Je suis désolé si je vous ai fait peur... heu... cette nuit là et je suis désolé si je vous fais peur quand je fais un cauchemar. Ce n'était pas comme si j'avais volontairement tenté de me tuer ou quelque chose dans le genre. » Voyant que tout le monde le regardait fixement, Harry réalisa que ce n'était probablement pas la chose la plus futée à dire. « Ecoutez, je ne dis pas que je suis prêt à lui faire face de nouveau, mais je ne vais pas m'effondrer après avoir fait quelques pas. L'école recommence dans un mois. Je devrais réussir à tenir pendant un jour entier de cours sans repos. Je dois commencer à me préparer pour ça. »

« Harry marque un point, » dit Remus qui remarqua que Sirius allait objecter. « Il doit être prêt pour les jours de classes, Sirius. Si Dumbledore veut garder son état secret, nous devons faire tout ce qui est possible afin que personne ne le sache. Si n'importe qui loyal à Voldemort... » Remus jeta un coup d'œil vers madame Weasley et Bill qui avaient tressailli à la mention du nom du seigneur des Ténèbres, avant de continuer, « ... découvre que Harry a aussi souffert du duel, il pourrait devenir une cible. Bon, pour le moment ils sont focalisés sur leur maître. Que se passera-t-il quand il se réveillera ? Il poursuivra Harry pour une revanche. »

Sirius regarda fixement Remus pendant un moment avant de poser son regard sur Harry. « Va à la salle d'entraînement quand tu auras terminé de manger, » dit-il doucement. « Je vais aller me changer. » Sans un autre mot, Sirius se leva et quitta la pièce, prenant un muffin avec lui. Ce n'était peut-être pas une bonne chose de dire ça à un parrain surprotecteur.

Madame Weasley poussa un soupir et secoua la tête, n'approuvant clairement pas ce qui avait été dit, mais elle savait que ce n'était pas un endroit pour dire n'importe quoi. « Fais attention, mon chéri, » dit-elle à Harry. « Je sais que tu penses pouvoir tout gérer mais ce n'est pas une mauvaise chose de prendre son temps. D'après ce que m'ont dit Sirius et Remus, tu as déjà fait d'excellent progrès.

Harry laissa échapper un soupir alors qu'il reposait ses coudes sur la table et qu'il tenait sa tête dans ses mains. Madame Weasley avait raison mais Harry était trop fatigué d'attendre. Il n'avait fait que ça tout l'été. « C'était mauvais à ce point ? » demanda-t-il à Remus.

Remus prit une gorgée de thé. « Honnêtement ? » demanda-t-il en reposant sa tasse de thé. « Je n'ai jamais été aussi effrayé de toute ma vie... qu'à ces deux occasions. Sirius paraît dur de l'extérieur, parce qu'il le doit. Il est Sirius Black, le seul homme à s'être échappé d'Azkaban et ton parrain. Il ne fait vraiment plus confiance aux gens et il fait encore moins confiance à ceux qui s'approchent de toi. Donne-lui du temps. Tôt ou tard, il réalisera que tu n'es pas aussi fragile qu'il le pense. »

À suivre