Résumé global : Après sa 5ème année et la mort de son parrain, Harry revient chez les Dursley dans un état psychologique au plus bas, et le traitement de ses relatifs n'arrange rien. Enfermé, affamé et régulièrement insulté et battu, l'Elu s'enfonce de plus en plus dans la déprime, alors qu'il na aucunes nouvelles de ses amis et du monde sorcier en général.
Le jour de son anniversaire, et après une visite de Dumbledore accompagné d'un arrêt à Gringotts où il apprend qu'il est le seul héritier de Sirius et de quelques courses au Chemin de Traverse, Harry rentre chez lui et se voit battre pratiquement à mort par son oncle.
Un objet mystérieux qu'il tient à se moment là s'active et il disparaît alors pour ne se réveiller que plusieurs semaines plus tard en Russie et en Janvier 1976.
Harry est recueilli par Boris, un ancien espion russe et Vladimir, son meilleur ami vampire. Intrigués et intéressés par son histoire, ils décident de l'entraîner de façon à se qu'il ne se fasse plus manipuler/battre/attaquer aussi facilement.
Ils découvrent que l'objet tenu est une sorte de Retourneur de temps amélioré et qu'il va falloir qu'Harry aille à Poudlard pour le recharger en magie et ensuite retourner à son époque.
6 mois passent pendant lesquels le jeune sorcier apprend à se battre, se soigner et à devenir animagus.
C'est sous l'identité du neveu mort de Boris que Harry intègre Poudlard. Il réalise rapidement que ses parents et son parrain sont aussi au château, qui plus est dans la même année que lui. Indécis sur la façon dont il doit réagir, il intègre Serpentard en forçant plus ou moins la main au choixpeau. Sa première journée de cours passe tant bien que mal et c'est avec stupeur qu'il voit un visage bien connu à la table des professeurs.

Chapitre 10 :

Se reprenant, Harry se dit que les vapeurs des potions de ce matin avaient dû lui donner des hallucinations visuelles et auditives. Ça n'aurait pas été la première fois qu'un accident en potion aurait eu des effets secondaires inquiétants -et avec Neville, Malfoy et lui, ainsi que les Serpentards dans la même classe, les accidents de potions avaient été plus que fréquents ces 5 dernières années-.

Discrètement, il versa donc dans son verre le contenu de l'une des petites fioles d'antidote « universel » qu'il avait appris à toujours avoir sur lui. Celui-ci ne pouvait pas évidemment contrer les effets de toutes les potions, mais d'une grande partie d'entre elles, ce qui était normalement amplement suffisant.

Après l'avoir avalé, il attendit environ trente secondes que la potion fasse effet et dissipe ses hallucinations. Mais à sa grande incompréhension, il voyait toujours Draco Malfoy assit à la table des professeurs, et entendait encore les élèves autour de lui en parler.

Il s'apprêtait à demander au préfet en chef assit à côté si lui aussi voyait le blond quand Dumbledore se leva, attirant l'attention de tous sur lui et instaurant par ce geste le silence dans toute la salle.

« Mes chers élèves, il est inhabituel pour moi de refaire une annonce aussi tôt après la rentrée, mais comme beaucoup l'on sûrement remarqué, l'occupant de l'une de nos chaises vides est arrivé. Certain des plus vieux d'entre vous auront certainement reconnu l'un de nos anciens élèves.

Monsieur Malfoy a été envoyé ici sous la supervision du conseil d'administration de l'école afin d'évaluer notre nouveau cour et de décider si celui-ci continuera à être enseigné pour les années à venir. »

Dès la fin du petit laïus de Dumbledore, le blond adressa à la salle un simple mouvement de tête hautain en guise de salut. Hochement plutôt dirigé vers les Verts et Argents d'ailleurs.

Du côté des élèves, à part aux tables des Serpentards et des Serdaigles d'où s'élevaient quelques applaudissements respectueux ou polis, le reste des jeunes sorciers arboraient différents degrés d'émotions tels que la peur, l'appréhension, la méfiance et la colère.

Les deux premières surtout visibles sur les visages des Jaunes et Noirs, et les deux dernières sur ceux des Gryffondors.

Les Maraudeurs, qui jusque-là étaient toujours hilares à propos de leur petite blague en cour de potion, n'affichaient plus que des airs dégoûtés face au nouvel arrivé.

Les Serpentards néanmoins, semblaient passablement excités. Enfin, autant excités qu'ils puissent se permettre de l'être, c'est à dire qu'ils parlaient juste un peu plus que d'habitude.

Harry, lui, était toujours figé. Cependant ce n'était plus à cause de la stupeur.

Quand le blond avait légèrement tourné la tête vers la table de son ancienne maison pour son salut, le jeune russe avait pu, l'espace d'un instant, croiser les prunelles de l'autre. Et même s'il était loin, il n'avait pu que réaliser son erreur. La personne devant lui n'était pas « son » Malfoy.

La couleur des yeux de l'individu ne correspondait pas. Même s'ils étaient aussi d'un genre de gris, ce n'était pas les même.

Maintenant que son cerveau s'était remis en marche, Harry ne pouvait que constater que ce n'était pas la seule différence notable. Les traits du visage du blond en face de lui étaient plus durs, son menton et son nez moins pointus.

Aux vues de l'époque et du physique de l'autre, le russe ne put qu'en déduire que s'était Malfoy Père, et ce même si chacune de leurs rencontres ne lui avait pas vraiment permis de prendre le temps de le détailler.

Maintenant qu'il y réfléchissait, Harry ne pouvait que se traiter d'idiot et se fustiger mentalement d'avoir pu penser même un instant à avoir Draco Malfoy en face de lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi Malfoy Père était à Poudlard, qui plus est assis à la table des professeurs, mais s'était loin de le réjouir.

Ce n'est pas comme si il n'avait déjà pas assez de Mangemort tout autour de lui. Peu enclin à demander une explication à quelqu'un d'autre, quelqu'un ayant écouté et comprit le petit discours de Dumbledore de préférence, Harry décida d'envoyer dans la soirée une lettre à Boris pour lui demander quelques explications.

D'abord au sujet de la présence de ces parents à cette époque sans qu'il ne soit prévenu, ensuite sur le pourquoi de l'arrivée de Malfoy Senior à Poudlard.

Grâce à son réseau d'informateurs, Harry était certain que l'espion était tout à fait à même d'être au courant de plus de chose que n'importe laquelle des personnes ici, et ce, même à l'autre bout du monde.

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Le brun poussa un long soupir désabusé. L'année avait à peine commencé que les ennuis continuaient à se multiplier.

Se résignant à étendre le champ d'action de ses « œillères intérieur », il essaya de se remettre à son repas, celui-ci lui semblant beaucoup moins alléchant que quelques minutes plus tôt.

Pendant tout le reste du déjeuner, Harry se concentra sur le futur contenu de sa lettre pour le russe, essayant de pré-écrire le parchemin dans sa tête.

Harry finit son repas puis quitta la Grande Salle plongé dans ses pensées, essayant de regrouper mentalement toutes les questions qu'il n'allait pas manquer de poser à l'espion dans la lettre qu'il lui enverrait le soir même.

Quand il arriva à la salle de métamorphose qui, heureusement pour lui se déroulait dans la même salle que 20 ans plus tard, il essaya de se reconcentrer sur ce qui se passait autour de lui.

Résolution qu'il ne garda cependant pas bien longtemps. En effet, le long monologue plein de mots techniques du professeur McGonagall -il semblait que la leçon du jour n'allait porter que sur le programme de l'année à venir, ce qui ne lui donnait pas vraiment d'espoir pour la suite de l'année- ainsi que la présence dérangeante de plusieurs indésirables et plus particulièrement d'un certain rat, le firent se déconnecter de la réalité et se replonger dans ses pensées, ne laissant qu'une petite part de son esprit en éveil et attentive au monde extérieur. C'est donc très lentement que se déroula les deux heures de métamorphose.

Plusieurs fois, en le voyant les yeux « légèrement » vitreux et ne prenant aucunes notes, le professeur fronça les sourcils mais, à chaque fois, elle se contenta de pincer les lèvres sans rien dire.

En effet, tout autour du jeune russe, la plupart des élèves prenaient des notes, ou tout du moins faisaient très bien semblant.

Les seuls qui ne prenaient même pas la peine de donner le change étaient les deux Maraudeurs les plus turbulents. Assis l'un à côté de l'autre, ils semblaient parler avec animation, s'interrompant seulement de temps en temps après une remise à l'ordre du plus sage d'entre eux ou face au regard incendiaire de McGonagall.

Finalement excédée, celle-ci les sépara à peine trente minutes après le début du cours. Initiative qui sembla parfaitement fonctionner puisque les deux se mirent à leur tour à écrire avec ferveur.

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À la fin de la journée de cours, Harry retourna dans les cachots d'un pas pressé. S'il se dépêchait, il aurait peut-être le temps d'écrire et d'envoyer la lettre aux russes avant le dîner.

Il était malheureux qu'il doive faire semblant de ne pas connaître le château, et donc de ne pas savoir où étaient les cuisines et comment y accéder, sinon il n'aurait pas pris la peine d'aller manger dans la Grande Salle et cela pour deux raisons.

La première, c'est que même si s'était le premier jour de cours, les professeurs qu'il avait eu dans l'après-midi leurs avaient donné tellement de devoirs que ça allait lui prendre des heures pour ne serait-ce que de s'avancer un peu. Et le fait qu'il allait tout devoir traduire en russe puis de nouveau en anglais n'arrangerait rien.

La seconde, c'est que cela faisait maintenant trois repas, presque un jour entier, que personne n'était venu le harceler de questions en tout genre sur lui, et il hésitait énormément à tenter la chance encore une fois. Oh bien sûr, il savait que ça allait inévitablement arriver. Ils étaient quand même à Poudlard, et il était étonnant qu'il n'ait pas encore entendu de rumeurs à son sujet.

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Finalement arrivé dans le dortoir, il s'empressa de poser ses affaires sur son lit et de sortir de quoi écrire de son sac.

Pendant qu'il rédigeait son message, les autres Serpentards de son année arrivèrent les uns après les autres dans le dortoir, rendant celui-ci des plus bruyant, en particulier à l'entrée des deux « plaisantins » de la veille.

Sans leur prêter attention, Harry continua à écrire sa lettre puis, une fois celle-ci terminée et cachetée, quitta l'antre des Serpentard le plus rapidement possible.

Malheureusement pour lui, la présence des nombreux élèves dans les couloirs ainsi que les tableaux bien réveillés qui l'empêchaient de prendre n'importe lequel des raccourcis qu'il connaissait et dont était remplit le vieux château, l'empêchèrent d'aller aussi vite qu'il l'aurait souhaité.

Arrivé à la volière, son premier réflexe fut de chercher des yeux le plumage d'un blanc éclatant de sa plus fidèle compagne avant de se rappeler avec une pointe de tristesse que celle-ci n'avait pas été du voyage. Autant il avait réussis à ne pas trop y penser pendant les six derniers mois, autant de revoir ces lieux familiers lui faisait se rappeler de l'absence de sa plus vieille amie...ainsi que de celle de plusieurs autres personnes comme Ron et Hermione, avec qui il aurait pu partager cette nouvelle aventure, ou encore le Dumbledore de son époque qui, malgré sa forte tendance à la manipulation, était quand même là pour lui et dont il n'avait pas à se méfier comme la peste par peur que le secret de son identité actuelle ne soit dévoilée puisqu'il aurait été dans la confidence.

Parfois, pas souvent, mais parfois, sa naïveté et son ignorance passées lui manquait. Il n'avait aucune idée de comment allait se dérouler son séjour ici, ni de quand il pourrait repartir à son époque -ou dans sa réalité, ce fait n'était toujours pas clair-, mais parfois, toutes ces révélations, ces nouveaux événements, lui pesaient. Il ne regrettait pas sa rencontre avec les deux Russes, ni tout ce qu'il avait vécu avec eux, mais sans qu'il ne le cherche où le veuille, il lui était arrivé de se sentir nostalgique, et ce sentiment avait eu l'air de se renforcer depuis la veille. C'était peut-être parce qu'il était entouré de futurs Mangemorts, de futurs morts ou de proches à qui il n'avait pas le « droit » de parler, mais les faits étaient là.

Se reprenant, Harry se résigna à prendre l'un des hiboux de l'école, puis lui confia sa lettre non sans avoir bardé cette dernière de tous les sortilèges de sécurité et de confidentialité que lui avaient appris les deux russes. À l'exception d'Hedwige et de l'aigle de Boris, il n'avait confiance en aucun messager volant, encore moins ceux de Poudlard, et ne souhaitait pas que son courrier soit intercepté par qui que ce soit.

Le jeune sorcier ne prit pas le temps de regarder le hibou s'éloigner avant de s'éloigner, déjà en retard pour le repas.

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Heureusement pour lui, il n'était pas le seul élève à avoir pris du retard et il put donc pénétrer dans la salle et s'installer sans que son arrivée ne soit trop remarquée.

Comme le midi, le Préfet en Chef -dont il avait oublié de redemander le nom- lui avait gardé une place près de lui. Il s'assit donc sensiblement à la même place qu'au précédant repas, et avait donc toujours une vue d'ensemble de la Grande Salle.

Peu enclin à de nouvelles surprises, il balaya rapidement et sommairement la salle du regard tout en se servant, remarquant distraitement que les deux dernières places vides à la table des professeurs n'avaient toujours pas d'occupant. Il ne voulut cependant pas s'y attarder, peu désireux d'avoir Malfoy Père dans son champ de vision.

Il allait se mettre à manger quand l'impression diffuse d'avoir loupé quelque chose lui fit redresser la tête. Il observa de nouveau la pièce, y portant à peine plus d'attention que la première fois.

Harry venait de finir sa seconde inspection éclair de la table des professeurs quand ses yeux refirent soudain le chemin inverse.

Là, juste dans son champ de vision, il pouvait voir le sourire et les yeux moqueurs d'un vampire bien connu fixés sur lui.

De nouveau figé par la surprise ainsi que par une dérangeante impression de déjà vue, le jeune sorcier ne put que fixer son vis à vis pendant que le sourire de ce dernier s'agrandissait encore un peu plus.

L'immortel, qui était apparu soudainement à l'une des deux places inoccupées, sembla décidé à sortir son protégé de sa stupeur en lui accordant un salut lointain digne d'Hagrid. Les bras grand ouverts au-dessus de sa tête, il bougeait ceux-ci dans un salut des plus expansifs, offrant en prime à sa pauvre cible deux/trois bisous soufflés.

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Harry, qui s'était repris mais se demandait toujours comment le vampire avait bien pu arriver si vite alors qu'il venait à peine d'envoyer la lettre aux russes, essaya vainement d'ignorer l'énergumène à l'autre bout de la salle et de faire comme si les signaux ne lui étaient pas le moins du monde destiné.

Le jeune sorcier se demandait cependant ce qu'il avait écrit qui avait bien pu alerter les russes au point que l'un d'eux ne s'invite au château.

Le plus étrange était que personne ne semblait faire attention au vampire qui pourtant ne faisait rien pour être discret, bien au contraire.

Les élèves continuaient à parler entre eux et à manger, et même les professeurs avaient l'air de ne rien remarquer. C'était comme si le russe n'était même pas dans la pièce pour quelqu'un d'autre que le jeune sorcier.

Enfin presque.

Les professeurs placés de chaque côtés de l'immortel se lançaient mutuellement des regards noirs, l'un après s'être reçu plusieurs coups malencontreux à cause des gestes expansifs du vampire, l'autre parce qu'il voyait ses morceaux de viandes disparaître mystérieusement de son assiette à chaque fois qu'il tournait la tête pour répondre à son autre voisin. Les deux certains de la culpabilité de l'autre.

Voyant Harry tenter de l'ignorer, sans beaucoup de succès, il fallait l'avouer, le russe haussa nonchalamment les épaules avant de se remettre à chaparder de la nourriture dans l'assiette de l'un de ses voisins.

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Tout en picorant dans son assiette, Harry finit par jeter de nombreux coups d'œil rapides en direction du meilleur ami de l'espion, espérant que celui-ci lui ferait comprendre par un moyen ou un autre la raison de sa présence ici.

Harry ne s'inquiétait pas beaucoup de pourquoi le plus vieux semblait invisible aux yeux de toute la salle à part lui, se doutant que ça avait un rapport avec quelques magies vampiriques ou quelques techniques d'espionnages, mais la raison de sa présence, elle, lui semblait en revanche particulièrement nébuleuse.

Malheureusement pour lui, ses espoirs furent vites déçus puisque le plus vieux n'avait pas l'air de vouloir lui offrir autre chose qu'un sourire amusé à chaque coup d'œil.

Au moins, l'un des deux s'amusait de la situation.

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À la fin du repas, alors que tous les élèves étaient prêts à retourner dans leurs dortoirs respectifs, et que les professeurs de part et d'autre de l'immortel avaient respectivement ensorcelé les couverts du supposé baffeur pour qu'ils attaquent leur possesseur, et totalement annihilé le sens du goût du « voleur de viande », le professeur Dumbledore se racla bruyamment la gorge, réclamant implicitement le silence dans la salle et faisait se rasseoir les élèves qui avaient déjà commencé à se lever.

Au bruit, le jeune sorcier fit rapidement glisser son regard du vampire au vieux sorcier, se demandant si ce dernier était au courant de la présence du premier.

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Les quelques millisecondes que dura ce coup d'œil suffirent pour qu'une autre personne apparaisse silencieusement à la table des professeurs.

En effet, à côté de l'immortel se trouvait maintenant son meilleur ami, aussi à l'aise que s'il avait été assis là depuis le début du repas. Ce qui, connaissant l'espion, pouvait parfaitement être le cas.

Face au haussement de sourcils interrogatif du jeune sorcier, le blond ne lui offrit qu'un signe de tête en direction du directeur de l'école.

Devinant que ce dernier allait révéler la présence des russes ainsi que la raison de celle-ci aux élèves, Harry concentra toute son attention sur le barbu.

Quelques minutes plus tard, c'est dubitatifs qu'il fixa les deux russes, attendant un signe qui pourrait affirmer ou infirmer ce qu'il était pratiquement certain d'avoir compris.

Effectivement, les mots « nouveau professeur » et « Russie » étaient on ne peut plus clair, même pour son niveau médiocre d'anglais.

Le hochement de tête de Boris ainsi que le sourire sadique du vampire ne firent que lui donner raison. Le « plus tard » qu'il put lire sur les lèvres de l'espion l'assurèrent quant au fait qu'il aurait les réponses à ses questions.

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Dans la salle, l'incompréhension avait frappé élèves comme professeurs, tout le monde se demandant si Dumbledore n'avait pas finalement complètement perdu la tête.

Ce dernier venait de refaire un petit discours pour annoncer l'arrivée du professeur de duel et de son assistant, jusque-là rien d'alarmant, ceux-ci pouvant être n'importe où dans le château, mais le geste du bras en direction des deux chaises vides ainsi que sa demande pour que tout le monde les accueils comme il se doit, avaient fini de convaincre une bonne partie des personnes présentes dans la salle que la visite de Dumbledore au service psychiatrique de Ste Mangouste allait devoir se faire urgente.

Les applaudissements solitaires du vieux sorcier résonnaient bizarrement dans l'immense salle face au silence consterné des Serdaigles -ils savaient que ça arriverait tôt ou tard-, effarés des Poufsouffles -pauvre Dumbledore, il avait été un si grand sorcier-, les ricanements des Serpentards -le vieux avait finalement grillé son dernier neurone- et les Gryffondors hésitants -Devaient ils applaudir des gens qui n'existaient pas ? Il fallait peut être qu'ils soutiennent le professeur Dumbledore dans ce dur moment-.

Les deux russes, que la situation amusait particulièrement, permirent finalement au reste de la salle de les voir.

Cette apparition soudaine fit bondir de surprise les deux professeurs les plus proches et cesser les quelques bruits de chuchotement qu'on pouvait entendre dans la pièce.

Dans la salle à manger, la plupart des jeunes sorciers étaient bouches bées. Certains à cause de l'apparition soudaine des deux hommes, les autres à cause de la première impression particulière que ces derniers donnaient.

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Aucun des deux n'avait pris la peine de se vêtir de robe de sorcier, et l'un comme l'autre avaient gardés leurs vêtements habituels. Un ensemble moldu à la fois élégant, confortable et passe partout pour l'espion et une sorte de combinaison en cuir à l'allure recherchée pour le compagnon d'aventure de celui-ci. Vlad avait avoué à Harry que la plupart des vampires avaient commencés à mettre des habits sexy en cuir et autres matières similaires suite aux livres moldus comme sorciers qui étaient sortis sur leur race, et que c'était l'un des clichés sur les vampires qu'ils appréciaient le plus.

Et tandis que le regard du blond faisait trembler les plus observateurs, une bonne partie des adolescents sentaient leurs hormones s'affoler face à l'immortel.

Semblant ne pas se rendre compte de la tension dans l'air, les deux nouveaux arrivant se levèrent et saluèrent les élèves chacun à leur façon.

Le blond en offrant à ses futurs élèves un léger signe de tête ainsi que l'un de ses rares sourires, le brun en faisant une sorte de révérence accompagnée par un sourire avenant, et plutôt carnassier. Il ne faisait aucun doute que d'avoir à sa disposition tellement de futures cibles d'amusement potentiel le plongeait dans un grand contentement.

Ce n'est que quand ils se rassirent que les jeunes sorciers se réveillèrent et que quelques applaudissements timides commencèrent à se faire entendre. Applaudissements qui se firent de plus en plus nombreux et enthousiastes au fur et à mesure que les élèves se reprenaient, et ce jusqu'à atteindre un niveau sonore rarement atteint pour l'arrivée d'un nouveau professeur.

Apparemment, et une fois le choc passé, l'ensemble des élèves n'avaient pu s'empêcher d'être impressionnés par le petit tour des russes.

Et ils ne semblaient d'ailleurs pas les seuls aux vues de certains coups d'œil lancés pas quelques-uns des sorciers assis à la table des professeurs.

Une fois que la salle fut redevenue aussi silencieuse que possible avec quelques 300 adolescents en train de chuchoter activement, Dumbledore repris la parole.

« Bien, mes chers élèves, je suis ravi de votre accueil si chaleureux pour vos nouveaux professeurs. J'espère de tout cœur que chacun d'entre vous prendra plaisir à participer à ce nouveau cours, et je tiens à vous rappeler que celui-ci étant à l'essai, toutes vos suggestions et idées à ce sujet sont les bienvenues. Il vous suffira d'aller voir vos professeurs principaux et de leur exposer vos idées. »

Apparemment cette idée venait de Dumbledore et vue les grimaces plus ou moins prononcée qui s'affichèrent sur les visages des quatre directeurs de maison, elle n'enchantait que lui.

Le directeur finit son discours sur un simple « bonne nuit » enjoué qui fit se lever et se diriger vers la sortie la plus proche toutes les personnes présentes dans la salle du repas.

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Tous les élèves parlaient avec animation de l'arrivée surprenante des nouveaux professeurs, et tout le monde y allait des hypothèses les plus folles pour expliquer le fait que personne n'avait pu les voir ni même se douter de leur présence avant qu'ils ne le décident.

Contrairement au flot de jeunes sorciers qui sortaient de la Grande Salle et se dirigeaient vers leurs différents dortoirs, Harry traînait les pieds et sortait presque à reculons, espérant que l'un des russes lui fasse discrètement comprendre où il devait se rendre.

Il était pratiquement arrivé hors de la Grande Salle quand il sentit un souffle furtif sur sa nuque et entendit quelques mots à peines murmurés près de son oreille. Sans même se retourner ni même sembler avoir remarqué ce qui s'était passé, le brun continua son chemin tout en continuant à se laisser distancer par les autres.

Après quelques mètres il bifurqua dans un couloir secondaire alors que le reste des élèves continuaient tout droit. Il n'eut qu'à attendre quelques secondes avant que deux bras ne l'encerclent par derrière et que le vampire ne le fasse disparaître avec lui dans un coin d'ombre.

Plus ou moins habitué à ce mode de transport dont Vlad se servait à foison pour ses plaisanteries, Harry n'eut qu'une légère grimace quand il recouvrit ses sens après être sorti de leur coin d'ombre d'arrivée.

Contrairement aux différents moyens de transport sorciers qui donnaient envie de vomir ou donnaient l'impression d'être passé à la machine à laver, cette façon de se déplacer toute vampirique qui vous faisait voyager grâce au néant vous enlevait tous vos sens pendant le trajet. Et l'arrivée, même quelques millisecondes après, était toujours assez déstabilisante.

Une fois toutes ses facultés revenue à la normale, Harry vit qu'ils se trouvaient dans l'un des couloirs du deuxième étage, en face d'une peinture représentant une forêt luxuriante.

Encore un peu retourné, le jeune sorcier ne fit pas vraiment attention à ce que murmura le plus vieux, tandis qu'à l'intérieur du tableau, un léger mouvement eu lieu avant que deux yeux jaunes n'apparaissent furtivement et qu'une porte ne soit dévoilée derrière la peinture.

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Les appartements de fonction des deux hommes étaient assez simples. Un salon, une petite cuisine reliée à celui-ci par une sorte de petite arche ouverte, et trois portes fermées qui devaient donner sur la chambre, un bureau et la salle de bain.

À l'arrivée d'Harry et de Vladimir, Boris se releva du canapé où il était assis pour saluer son neveu.

Dès que la porte fut refermée, Harry commença à poser ses questions.

« Pourquoi êtes-vous là ? Et en tant que professeurs en plus. Vous m'aviez dit que vous aviez une mission, non ? »

À la demande, un sourire refit son apparition sur les lèvres du vampire.

« C'est une bonne surprise hein ! J'étais sûr que ça te ferais plaisir ! Et en plus...commença t'il avant de se faire couper par le blond.

-Il nous a semblé que tu pourrais avoir besoin d'un peu d'aide. Nous devons en plus collecter quelques informations sur ce qui se passe en ce moment dans le monde magique de Grande Bretagne.

-D'ailleurs surveiller les actes de Lucius Malfoy et de Dumbledore en fait partit, repris l'immortel en secouant une lettre qu'Harry reconnu être celle qu'il avait envoyé avant le repas. Il semblerait qu'il soit plus là pour le compte de Voldemort que pour évaluer les cours de duels.

-C'était donc prévu depuis longtemps » En conclu le jeune brun.

Puis se rappelant des questions qu'il voulait poser aux deux adultes à la vue de l'enveloppe, il reprit.

« Et pourquoi vous ne m'avez rien dit sur mes parents et Sirius ? Pourquoi vous ne m'avez pas dit qu'ils seraient à Poudlard ? »

La question fit vaciller le sourire de l'immortel tandis que le visage de l'espion prenait un air à la fois grave et sérieux.

Ce fut ce dernier qui prit la parole.

« Nous avons pensé qu'il serait préférable que tu ne le sache pas à l'avance, tu avais déjà énormément de choses auxquelles penser durant les six derniers mois, puis tu as ensuite dû te préparer pour ton arrivée à Poudlard et le fait de devoir cacher ton identité à tous ici, et en particulier à Dumbledore. »

À la réponse, Harry resta muet un instant puis haussa les épaules et lâcha un simple « Je comprends ».

Puis sans sembler remarquer les regards surpris de ses mentors à son manque de réaction, il continua.

« Je vais devoir retourner aux cachots maintenant, j'ai encore plein de choses à faire pour demain. »

Sur ces paroles, il se retourna et franchit la porte, non sans avoir d'abord souhaité une bonne nuit aux deux russes.

Et comme annoncé, Harry s'attela à ses devoirs jusqu'à tard le soir sur son lit à baldaquin, rideaux fermés et sorts d'intimité en place, faisant fi des sentiments qui bouillonnaient en lui, les cloisonnant le plus possible à l'intérieur de lui-même.

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Le lendemain matin, c'est à la même heure que la veille qu'il se réveilla. Sans même y réfléchir à deux fois, il alla de nouveau courir à l'extérieur puis revint à temps pour prendre une douche et partir pour la grande Salle avant que les autres élèves du dortoir ne se lèvent.

La journée ne fut pas vraiment différente de celle de la veille, bien qu'indubitablement plus calme.

Il assista aux cours mais ne put pas vraiment participer, faute de vraiment comprendre ce qui avait été dit et il ne s'intéressa pas non plus beaucoup aux professeurs qui lui faisaient cours pour la première fois, comme le professeur de DCFM, dont il n'avait même pas pris la peine de retenir le nom. Il passait donc ses heures de libre à la bibliothèque, à essayer de rattraper ce qu'il n'avait pas compris, ou à lire ses livres d'apprentissages de la langue anglaise dans son nouveau dortoir.

Et le reste de la semaine se passa exactement de la même façon. Le brun se levait tôt puis partait courir. Il ne participait vraiment en cours que pendant la pratique où il n'avait généralement qu'à recopier les gestes effectués et les formules prononcées, et son temps libre était divisé entre la bibliothèque et le dortoir des Serpentards où il travaillait à la fois sur ses cours, ses devoirs, et à améliorer son anglais.

Les seuls moments où il ne travaillait pas étaient lorsqu'il se devait de faire acte de présence dans la Grande Salle pour les repas. Il ne parlait à pratiquement personne -seulement aux professeurs quand ils l'interrogeaient, mais ça n'avait dû arriver que deux ou trois fois dans la semaine- et ne semblait pas se préoccuper des gens autour de lui, en particulier ses parents et Sirius, qu'il avait commencé à fuir pendant les premiers jours, puis finit par complètement ignorer.

La petite pointe de curiosité qu'il avait brièvement ressentit à l'encontre de son futur professeur de potion avait, elle aussi, bien vite disparue.

En parallèle, des cernes toujours plus prononcées entouraient ses yeux, et tous les signes de fatigue nerveuse et physique avaient fait leur apparition sans qu'il ne semble s'en soucier plus que ça, tout cela sous le regard de plus en plus inquiet de ses mentors.

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Finalement excédés, ces derniers décidèrent de prendre les choses en main et de réveiller le plus jeune.

C'est donc sans vraiment comprendre pourquoi, et sans vraiment chercher à savoir à vrai dire, qu'Harry se retrouva de nouveau dans les quartiers des deux autres.

Au bout de 10 minutes, où Boris n'avait fait que détailler le plus jeune avec insistance d'un regard de plus en plus concerné, et où ce dernier était resté à l'endroit où le vampire l'avait déposé sans faire un geste, attendant simplement, Vlad décida de briser le silence en indiquant bien fort qu'il allait dans la cuisine.

Il y eut de nouveau quelques longues secondes de silence avant qu'Harry ne réalise que le blond ne prendrait pas la parole le premier.

« Tu avais quelque chose à me dire ? Commença-t-il, puis avisant le regard de son vis à vis, il reprit. Il y a un problème ? Dumbledore se doute de quelque chose ? »

Décidant de parler puisque le plus jeune avait fait le premier pas, l'ancien espion pris une petite inspiration avant de commencer cette discussion qui allait être éprouvante et difficile pour les deux parties.

« Eh bien à vrai dire, oui, nous avons un problème, et non, Dumbledore ne se doute de rien, même si cela ne devra pas tarder si jamais notre problème persiste. Puis après une petite pause, il continua d'un ton appuyé. Aurais-tu, par le plus grand des hasards, une idée de ce qui nous ennuie ? »

Pas vraiment plus éveillé que la semaine passée, et le cerveau de toute façon trop fatigué pour réfléchir correctement, la réponse de brun fut juste un « Malfoy ? » à peine interrogatif.

« Non, pas Malfoy. J'aimerais que tu comprennes Harry que le problème qui nous préoccupe n'est autre que ton comportement particulièrement inquiétant. »

Le seul signe pouvant indiquer qu'Harry avait entendu la phrase du blond fut le bref et léger froncement de sourcil qu'il eut.

Conscient qu'il allait devoir y aller bien plus fort pour tirer une réelle réaction au jeune sorcier, l'ancien espion continua, d'une voix toujours grave et posée.

« Consciemment ou non, tu as fait en sorte de totalement bloquer tes émotions. Tu as tellement étendu tes « œillères » comme tu les appelles, que tu ne vois ou n'entend plus personne. Tu n'es même plus conscient de ce qui se passe autour de toi.

C'est un moyen d'auto-préservation naturel, que tu utilises maintenant depuis des années sans même t'en rendre compte, mais ton apprentissage récent de l'occlumencie et le rôle que tu as à jouer ici t'ont fait franchir une limite dangereuse. Depuis ton arrivée à Poudlard, tu t'es de plus en plus renfermé sur toi même, refrénant de plus en plus tes sentiments et te transformant en robot. Malheureusement, les êtres humains ne peuvent longtemps survivre dans cette état, finissant le plus souvent dans un état très semblable à celui résultant du baisé du Détraqueur »

Voyant que le jeune sorcier avait ouvert la bouche, sûrement pour réfuter, le blond le coupa avant même qu'il ne puisse parler.

« Ne nie pas ! Tu ne t'en es peut être pas rendu compte avant mais tu as toujours refréné tes sentiments. Ne me coupe pas ! Répéta-t-il en voyant le brun rouvrir la bouche.

Je ne dis pas que tu ne ressentais aucun sentiments, comme l'amitié, la compassion, la joie, mais il semble que tu as toujours essayé d'enfouir tes ressentis négatifs tel que la frustration, le ressentiment, ou la colère, et que ton retour ici n'est fait que tout empirer.

- Tout va bien chez moi. Et j'éprouvais de la colère. Réussit cette fois à dire Harry de façon très calme. Si ce n'avait pas été le cas, j'aurais juste ignoré Snape et Malefoy au lieu de m'emporter contre eux.

-Et c'est heureux qu'ils aient été là. Il est absolument certain que sans eux, tu aurais eu bien plus d' « accidents » à Poudlard en vues des événements riches en émotion qui s'y sont passé pendant toutes tes années de scolarité. »

Devant le léger froncement de sourcil d'incompréhension du plus jeune à sa phrase, Boris expliqua.

« Réprimer ses sentiments n'est bon, ni pour la santé mentale, ni pour la stabilité du noyau magique. Le fait de continuellement essayer de les enfouir au lieu de les exprimer rend ton équilibre émotionnel instable et par conséquent influe sur ton contrôle de la magie, les deux étant étroitement liés.
Et les conséquences peuvent être désastreuses, surtout pour les jeunes sorciers, puisque leur noyau magique est toujours en pleine croissance. Et tu as toi-même du te rendre compte que ta magie, contrairement à celle des autres sorciers de ton âge, a tendance à déborder lorsque tu n'arrives plus à étouffer certaines émotions fortes.

Normalement, les choses comme faire gonfler sa tante, faire léviter des choses ou détruire un bureau bardé de sortilèges de protection ne sont pas des actes censés être possibles pour un sorcier de ton âge, encore moins sans baguette. Et contrairement à tout ce qu'on a pu te dire, ça n'a rien à voir avec un potentiel niveau de magie extraordinaire ou avec une cicatrice et un sois disant lien un peu spécial avec un mage noir. »

À ce moment, Harry porta un regard vide sur le russe. Celui-ci ne fronça même pas les sourcils au manque de réaction du jeune sorcier, mais pris une voix plus dure.

« Tu recommence. Tu viens d'étouffer le peu de colère et d'indignation que tu avais commencé à ressentir. Il faut que tu arrêtes ça maintenant, car en plus de t'autodétruire, tu vas aussi blesser les gens qui t'entourent. À moins que ce ne soit ce que tu veux.

Après tout, ton parrain est mort à cause de toi et de l'une de tes soudaines explosions émotionnelles impossibles à refréner et qui relèguent tes capacités de réflexion déjà peu brillantes à quelques notions inexistantes. Et en y pensant, c'est la même chose pour cet autre étudient de Poudlard qui a participé au tournoi à tes côtés.

Comment il s'appelait déjà ? Enrique ? Eric ? »

« Cédric. Il s'appelait Cédric. »

« Peu importe, continua le blond en balayant l'interruption du jeune sorcier d'un vague geste de la main. Si tes éternels bon sentiments, les seuls que tu t'es toujours autorisé à ressentir, ne t'avaient pas fait ressentir l'obligation de partager la coupe et la gloire, il serait sûrement toujours vivant et en bon santé. Riant avec ses amis et sa famille.

Mais c'est peut-être ce que tu voulais au fond de toi, qu'il disparaisse. Il était beau, intelligent, populaire pour autre chose qu'une vague cicatrice, il avait aussi une famille aimante et des amis loyaux, en bref, tout ce que n'es et ce que tu n'auras jamais »continua durement Boris tout en avançant et en enfonçant son index dans la poitrine du jeune sorcier à chaque nouvelle accusation.

La muraille intérieure soigneusement travaillée du brun, qui avait eu une légère secousse à l'évocation de Sirius puis commencé à vibrer doucement à l'évocation de Cédric, se mit à trembler de plus en plus fort et à se fissurer lentement sous la vague émotionnelle emprisonnée derrière le mur qui se fit de plus en plus violente et agitée à la suite du petit discours de blond.

Voyant son vis à vis commencer à trembler légèrement, ce dernier eut un sourire sardonique, et reprit.

« En fait, j'ai eu tort. Réprimer totalement tes sentiments n'est pas une si mauvaise chose. Comme ça à ta prochaine grosse contrariété, tu pourras finir le travail et tuer le reste des gens assez fou ou intéressés pour encore graviter autour de toi. Comme ce Ronald, qui n'éprouve que jalousie envers toi mais reste dans ton sillage en quête de miettes de gloires, ou encore cette Miss-Je-Sais-Tout qui ne reste près de toi que parce qu'elle a l'air bien plus intelligente entourée de deux imbéciles, ou Dumbledore qui ne voit en toi qu'un pion manipulable et une arme contre Voldemort.

Ah, et il y a aussi ce loup-garou, qui ne prend la peine de te contacter de temps en temps que par culpabilité envers ses amis mort et par pitié envers leur fils orphelin. Quoique maintenant que son dernier ami est mort par ta faute, il sera peut-être assez intelligent pour prendre ses distances. »

À ces derniers mots, Harry sentit quelque chose se fêler en lui. Les fissures se firent de plus en plus nombreuses et profondes, et de la rage et de la colère commença à filtrer à travers celles-ci.

« C'est faux. Tout ça est faux. Ils ne sont pas comme ça. Ils m'aiment pour ce que je suis ils aiment Harry, pas le Survivant ou quoi que ce soit d'autre. » Murmura-t-il furieusement entre ses dents.

L'espion n'eut qu'un reniflement méprisant.

« C'est ce dont tu aimerais te convaincre, mais sois réaliste. Pourquoi resteraient-ils près de toi sinon, alors que tout le monde sais que tu n'apportes que la mort à ceux qui t'approchent. Même tes parents n'ont pas survécu à ta présence beaucoup plus d'un an. D'ailleurs ton parrain a bien tenu deux ans, c'est ça ? Quoi qu'il est mort après seulement quelques semaines de cohabitation avec toi. Ça aurait sûrement été pire si tu avais habité chez lui 24h/24.

Ils sont morts par ta faute et tu le sais. Et c'est d'ailleurs pour ça que tu les ignores tous ici alors que tu as l'occasion de les connaître vraiment ici : tes parents et ton parrain que tu as si peu connu. Tu sais parfaitement que tu les as tués, et tu culpabilise. À moins que tu ne veuille pas prendre le risque d'aussi tuer leur version jeune avant qu'ils n'aient rempli leur rôle en te donnant naissance. »

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Le ruissellement de colère qui avait commencé à parcourir les veines du jeune sorcier se muât soudainement en vagues gigantesques aux paroles accusatrices et méprisantes de celui qu'il pensait être l'un de ses seuls alliés dans ce monde. Lorsque le tsunami d'émotion s'abattit sur le mur intérieur déjà fragilisé, ce dernier ne put résister plus longtemps à ce déchaînement, et fut totalement annihilé, laissant le jeune sorcier être submergé par toutes les émotions qu'il avait soigneusement réprimé toutes ces années.

La vague de colère, maintenant aussi chargée d'une bonne dose de jalousie, de ressentiment, de sentiment de trahison, mais aussi de peur et de tristesse, continua sa route à travers le centre émotionnel du sorcier. Quand elle parcourue le brun, il fut un instant tellement submergé par toutes ses émotions qu'il fut de nouveau déconnecté de la réalité, son cerveau incapable de faire la part des choses et de savoir ce qu'il était censé donner comme information.

Puis la colère se transforma en rage et repris le dessus. Elle éclata de nouveau dans un bruit de dévastation pure. En effet, comme à chaque fois qu'il était submergé par ces émotions qui étaient généralement cloisonnées loin de lui, le noyau magique avait réagi violemment en envoyant une onde d'énergie faire écho à la vague de rage qui l'avait atteint, et avait dévasté tous se qui s'était trouvé près de son possesseur.

Le salon, qui avait pourtant été bardé de sortilèges de protection en prévision de cette discussion, semblait avoir été la cible d'une explosion localisée et sur un rayon de plusieurs mètres, tous avait été soufflé par la vague de magie brute qui avait traversé la pièce.

Même Boris, qui était pourtant protégé par plusieurs sortilèges posés par Vladimir, avait été heurté par la magie du jeune sorcier et avait violemment été projeté à travers la pièce avant d'être brutalement arrêté par l'un des murs, au pied duquel il s'était lentement affaissé, écrasé par la pression qu'exerçait la magie sur son corps.

Le sang qui lui coulait dans la nuque et la douleur cuisante qui lui vrillait le crâne ne lui laissait que peu de doute la présence d'une plaie ouverte. Il pouvait aussi sentir sa peau et ses vêtements être coupés par les nombreux morceaux de verre, de porcelaine et de bois brisés qui tournoyaient dans la pièce et la douleur qui avait explosé dans son torse ne pouvant provenir que d'une ou plusieurs côtes cassées, mais il n'y prêtait aucune attention, les yeux fixés sur le jeune homme irradiant de colère qui se trouvait maintenant dans l'œil d'un mini-cyclone provoqué par sa magie devenue incontrôlable.

Des larmes de rage ruisselaient sur les joues du jeune sorcier sans qu'il ne cherche à les retenir ni même qu'il ne semble se rendre compte de sa perte de contrôle sur sa magie et ses émotions.

Pendant un instant, il ne sembla pas savoir comment réagir, noyé et immobilisé par l'intensité rare de ce qu'il ressentait, mais ce blocage disparu à l'instant où il croisa le regard du russe. Avec un cri de rage pure, il se jeta sur lui et se mit lui marteler le haut du corps avec force.

« Tu mens ! Tu mens ! Tu mens ! Je ne les ai pas tués, aucuns d'entre eux ! C'est eux qui m'ont abandonnés, ils m'ont laissés tout seul, je les déteste. Et lui, il les a tué de la même façon dont on se débarrasse d'un déchet, je le hais. Et Dumbledore n'a rien fait, il n'a jamais rien fait pour les sauver, pour me sauver, des Dursley, de Voldemort, des Mangemorts. Et les autres ne comprennent rien, ils pensent qu'être « le Garçon-qui-a-survécu » est un rêve. Même Ron et Hermione, ils ne comprennent pas à quel point c'est dur et effrayant je les déteste. Et toi ! Toi qui penses tout savoir, qui m'accuse de toutes ces choses horribles. Toi qui as fait semblant d'être de mon côté pour me poignarder dans le dos comme les autres, je te déteste !

Je ne peux pas leur montrer ce que je ressens, ils vont tous s'en servir contre moi, s'ils savent que des fois je suis jaloux, triste ou en colère, ils auront de bonnes raisons pour me frapper, m'enfermer dans mon placard, me tourner le dos et m'abandonner eux aussi. Ils verront que je ne suis pas si bien, que leur « Survivant » ne vaut rien, et ils partiront. Ils me laisseront tout seul ! »

Le discours décousu et embrouillé du brun était entrecoupé de lourds sanglots, et les larmes de rages qui coulaient s'étaient peu à peu transformées en larmes de désespoir tandis que les coups qu'il portait toujours au blond avaient considérablement faibli. Il semblait qu'Harry était enfin prêt et capable d'extérioriser ses rancœurs et ses non-dits, et que ces derniers se bousculaient pour s'échapper de sa bouche, sans vraiment de suite logique ou de cohérence, pressés vers la sortie maintenant qu'ils n'étaient plus réprimés.

Boris se laissait frapper sans résistance, acceptant de servir de défouloir au plus jeune, tout en ayant tout doucement réussit à encercler les épaules du brun, l'emprisonnant lentement dans une étreinte de plus en plus étroite. Toujours submergé par toutes ses émotions qui se succédaient les unes après les autres à l'intérieur de lui, Harry continuait à se décharger de tout ce qu'il avait sur le cœur pour la première fois de son existence.

Il raconta l'amour que son oncle et sa tante portaient à son cousin et dont il n'avait jamais réussi à recevoir ne serait-ce que quelques miettes, malgré tous ses efforts désespérés pour se faire aimer. Cet espoir qu'il avait ensuite inconsciemment reporté sur Dumbledore puis sur Sirius, sans vraiment plus de résultat puisque le premier ne pensait qu'à la meilleure façon dont il pourrait être manipulé, et que le second avait peu à peu était rattrapé par la folie due à ses longues années passées à Azkaban, et que malgré quelques rares moments où il avait vraiment semblé se rendre compte de qui était réellement à ses côtés, il ne l'avait souvent perçu qu'à travers les souvenirs qu'il avait de son meilleur ami, ne le voyant que comme un double ou les confondants même parfois au sein de son esprit dérangé.

Il raconta la jalousie, celle qu'il éprouvait envers Ron qui ne faisait que critiquer sa famille qu'il trouvait trop nombreuse, trop pauvre, sa mère qu'il trouvait trop collante, sans même se rendre compte de la chance qu'il avait de les avoir, et sans penser un instant à ce que pouvait ressentir son meilleur ami quand il s'en plaignait à lui, alors que ce dernier aurait sans hésité donné tout ce qu'il avait pour avoir la même chose, ainsi que celle qu'il ressentait envers Draco Malfoy qui, malgré le fait qu'il était fils de Mangemort, était indubitablement aimé et protégé par ses parents. Il était injuste que Malfoy y ai droit et pas lui.

Il raconta aussi l'amour inconditionnel qu'il éprouvait, envers et contre tout, pour ses premiers et meilleurs amis, qui, à leur échelle et à leur façon, étaient toujours à ses côtés pour le soutenir, l'aimant et le protégeant de leur mieux. La haine que lui faisait ressentir son professeur de potion en n'ayant même pas pris la peine de connaitre le vrai lui avant de le haïr et de le mépriser pour la simple raison qu'il était le fils de son père, ne lui permettant pas d'oublier que sa vie était un enfer. La colère qu'il ressentait envers Cédric et Sirius pour être mort, envers lui-même pour n'avoir rien pu faire pour empêcher ces morts, envers l'ensemble du monde sorcier pour ne pas le laisser oublier qu'il était le Survivant, le congratulant puis le méprisant la seconde d'après, ne lui laissant avoir aucun semblant de vie privée.

Tous ce qu'il avait pu ressentir depuis si longtemps sans avoir l'occasion de l'extérioriser. Toutes les peines et les rancœurs, la colère et la déception, la tristesse et la solitude, il s'en libéra, crevant finalement l'abcès.

Même après avoir déversé tout ce qu'il avait sur le cœur, Harry continua un long moment à pleurer, le corps secoué de lourds sanglots trop longtemps réprimés. Entouré des bras protecteurs du russe, et submergé par la présence chaleureuse et le calme qui venaient de lui, il finit par s'endormir, épuisé par ce déluge incontrôlable d'émotion et de magie.

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Faisant fi de ses blessures et du sang continuant à couler de celles-ci, Boris resta encore un moment dans cette position, berçant doucement le jeune homme endormit encore hoquetant de pleurs. Sentant que la tempête était passée, Vladimir passa prudemment la tête dans le salon. Avisant le jeune sorcier presque entièrement caché par l'étreinte de son meilleur ami, il se rapprocha prudemment d'eux, enjambant le plus silencieusement possible les débris jonchant la pièce.

Arrivé près de son ami, il lui posa doucement la main sur l'épaule, lui faisant rouvrir les yeux qu'il avait fini par fermer d'épuisement.

« Il s'est endormi » chuchota celui-ci avec fatigue, un léger sourire sur ses lèvres perlées de sang.

« Donnes le moi » lui répondit le vampire tout aussi silencieusement en se baissant pour prendre le plus jeune.

L'espion fit le transfert avec soin, ne voulant pas réveiller Harry et risquer d'aggraver les blessures du blond.

Ils se figèrent tous les deux quand le plus jeune remua, craignant que celui-ci ne sorte du sommeil, puis sans même ouvrir les yeux, ce dernier se bouina plus confortablement dans les bras du vampire et sa respiration se refit lente et profonde.

Maintenant qu'il en avait la possibilité, l'espion se releva avec quelques difficultés, gêné par ses nombreuses coupures et contusions. Il précéda tout de même son meilleur ami jusqu'à la chambre à coucher pour qu'il puisse y allonger leur protégé. Lui ouvrant la porte puis découvrant le lit de ses couvertures, il aida le vampire à étendre le plus jeune tout en douceur. Ils lui firent quitter ses chaussures et mirent sa baguette sur la table de chevet puis, après l'avoir bordé, Vladimir lui embrassa délicatement le front tandis que Boris lui passait tendrement la main dans les cheveux.

Ils quittèrent la chambre puis, après avoir refermé la porte, poussèrent un soupir commun.

« Eh bien, » commença le vampire. « Ça c'est plutôt bien passé. »

Devant eux, le salon ravagé semblait illustrer ses propos.

« Ça aurait pu être pire. » concéda Boris, un bras entourant ses côtes malmenées.

Alors que Vladimir commençait à remettre le salon en état, l'espion se dirigea vers l'armoire à potions grâce auxquelles il commença à se rafistoler.

Sans qu'aucun mots n'aient eu besoin d'être prononcé, ils travaillèrent chacun de leur côté puis le vampire vint aider son meilleur ami à extraire les bouts de verre, échardes et autre morceaux de meubles et porcelaines incrustés dans la chair de l'espion, ainsi qu'à enduire ses plaies et contusions de baume cicatrisant pour que le plus gros des dégâts extérieurs aient disparus le lendemain.

Au cours de toutes ses missions, l'espion avait pu compter sur le vampire pour l'aider avec ses différentes blessures dont certaines lui aurait été mortelles sans l'aide de son ami. Au cours des années c'était devenu une mécanique bien rôdée entre eux.

« Merci » fit le blond après que la dernière couche de baume ai été mise tout en finissant de quitter les derniers lambeaux de vêtements qui l'habillaient.

A ces mots, le vampire ne put s'empêcher de perdre l'air sérieux qu'il avait depuis qu'il avait quitté la cuisine.

« De rien. Après tout, nous savons tous les deux que tu ne pourrais rien faire sans moi » dit-il avec un clin d'œil joueur.

« C'est certainement pour cette raison que tu es allé te cacher dans la cuisine avant même le début de la conversation » railla l'espion tout en entrant dans la douche pour se débarrasser du sang qui avait abondamment coulé de sa blessure à la tête et des différentes plaies qu'il avait reçu.

Près à partir de la salle de bain, le vampire ne put s'empêcher de répondre à la pique du blond.

« Ceci, mon ami, s'appelle l'instinct de survie. Il aurait été particulièrement déshonorant de mourir empalé accidentellement par un pied de chaise ou un morceau d'assiette. »

Le rire bas du blond s'éleva doucement dans la salle d'eau avant qu'il ne soit étouffé par la porte que le vampire venait de refermer avec un sourire.

Pendant que son ami prenait sa douche, il demanda au château de leur fournir une autre chambre, la leur étant occupée par leur protégé. Peu de temps après, Boris se coucha avec un simple bonne nuit au vampire tandis que, assis en tailleur de l'autre côté du lit, celui-ci fermait simplement ses yeux, mettant ainsi son esprit en veille en ce qui se rapprochait le plus du sommeil pour ceux de sa race.


Petit mot de l'auteur: Et voilà, ce chapitre est enfin fini et publié. Je tenais à m'excuser pour le temps qu'il a mit à arriver, et voulais remercier du fond du coeur tous les lecteurs qui m'on laissé un petit mot (en review ou mp) pour s'assurer de la continuité de la fic. C'est en pensant à vous que je n'ai pas voulu plus tard cette publication.

Ma vie IRL est énormément chargé depuis 2 ans, et ça ne vas pas s'arranger. Je continuerais tout de même à écrire et publier, même si les délais risques de rester très longs.

J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre et en suis très déçue, il était tellement mieux quand je l'avais écrit dans ma tête, mais j'ai quand même réussi à y mettre ce que je voulais, même si Vlad et Boris on quand même finit par en faire qu'à leur tête ^^

J'espère en tout cas qu'il vous aura plus et que certains ne serons pas déçu de ne pas voir arriver Draco Malfoy

PS: Suite à plusieurs remarques tout à fait vrai sur certains éléments de l'histoires, je modifie (très peu) les chapitres précédents pour en rendre la lecture plus agréable.