J'ai eu cette idée qui m'est passée par la tête, un beau jour, et je l'ai trouvée vraiment marante. J'espère que vous l'apprécierez tout autant!

Pour vous situer dans le temps, ça a lieu quand Carlisle et Edward étaient encore juste tous les deux, avant qu'Esmée n'entre dans le décor.


Déboires d'un télépathe

PdV Carlisle

Ce jour-là, Edward m'avait rejoint à l'hôpital. Au début, il m'inquiétait un peu lorsqu'il faisait cela. Il était encore très jeune, et un accident était vite arrivé. Mais j'avais fini par admettre qu'il avait un très bon contrôle. Vraiment, je pouvais être fier de lui. J'étais vraiment heureux de l'avoir désormais à mes côtés.

Il était donc installé dans un coin éloigné de la salle d'examen, plongé dans un livre, attendant que je finisse mes consultations. Il ne me restait plus qu'une patiente. Une vieille dame à moitié sourde, si j'en croyais ses difficultés à me comprendre. Elle semblait avoir une grosse grippe, et une grosse extinction de voix nuisait énormément à sa parole. La communication n'allait pas être facile…

Quoique… Edward pourrait peut-être se rendre utile et me traduire ses pensées… Je lui jetai un regard pour savoir ce qu'il en pensait. Il dévisageait ma patiente en fronçant les sourcils.

Cette réaction m'inquiéta, dans un premier temps. J'avais rarement vu Edward si concentré sur quelqu'un, surtout une simple vieille humaine. Il semblait en contrôle, cependant. Il n'avait pas l'air de combattre une soit irrépressible. Je reportai donc mon attention sur la vieille qui me regardait candidement. Elle n'avait rien de bien particulier…

À quoi pense-t-elle? pensai-je à l'intention d'Edward.

Peut-être était-elle du genre superstitieux et avait compris ce que nous étions? C'était possible… mais elle n'aurait pas souri ainsi si elle avait soupçonné son médecin d'être un vampire.

Pour toute réponse, j'eus droit à un grognement agacé de la part d'Edward. Je jetai un coup d'œil intrigué à mon jeune compagnon. Il regardait toujours la vieille dame, d'un air de plus en plus énervé. Elle n'avait tout de même pas réellement deviné notre nature?

Edward secoua négativement la tête pour me rassurer. Puis, il sembla se forcer à retourner à son roman en gromelant.

Je revins donc à ma patiente qui à présent regardait Edward, ayant sûrement suivi mon regard, et lui souriait avec ce même air candide qu'elle arborait depuis qu'elle était entrée. Bien qu'un peu surpris par le comportement étrange de mon ami, je commençai à examiner la vieille dame. La pauvre n'arrivait presque plus à parler. Une fois ou deux, je quêtai mentalement l'aide d'Edward, mais comme il ne faisait que s'énerver davantage à chaque fois, j'abandonnai l'idée. Je m'arrangeai donc par moi-même pour comprendre le discours discontinu de ma patiente, m'interrogeant sur ce qui agaçait tant Edward chez elle. Je sentais que de temps en temps, celui-ci laissais glisser son regard sur la vieille à nouveau, mais il retournait rapidement à son livre en grognant. Pourtant, la dame n'avait pas l'air particulièrement hypocrite ou méchante…

Ou alors, peut-être fantasmait-elle sur lui et ça l'énervait? J'eus un sourire à cette pensée. Ça ne serait pas la première fois…

- C'est pas ça! marmonna Edward, de son coin, suffisamment bas pour que je sois le seul à l'entendre.

C'est quoi alors? m'enquis-je mentalement tout en poursuivant l'examen.

Il poussa un grognement frustré.

- C'est rien, oublie! répondit-il sèchement.

Je terminai finalement l'auscultation de la vieille et lui prescrivit un traitement. Sitôt que je fus prêt à partir, Edward se leva et m'ouvrit le chemin, toujours de mauvaise humeur et apparemment pressé de partir.

- Mais qu'est-ce que tu as? m'inquiétai-je.

Il me regarda une seconde, souffla d'exaspération, puis me lança un sourire crispé.

- Vraiment rien, répondit-il, C'est pas du tout important.

Alors pourquoi était-il si énervé?

- Pour rien, grogna-t-il en perdant son semblant de sourire.

Je n'insistai pas plus. Il ne se calma pas de tout le trajet du retour, grommelant dans sa barbe, comme n'importe quel adolescent au cœur de sa crise. Une fois enfin rendus à la maison, il courut jusqu'à la bibliothèque de mon bureau, et je l'entendis prendre une bonne dizaine de livres. Désarçonné par son comportement, je l'y suivis.

- Mais qu'est-ce que tu fais? lui demandai-je à nouveau.

Pas que le voir lire soit surprenant en soi, mais je m'étais plutôt attendu à le voir aller se défouler sur son piano.

- J'apprends l'allemand! rétorqua-t-il sèchement.


(N'hésitez pas à me le faire savoir, si vous avez apprécié...)

Merci à tous pour m'avoir lue!