Bonjour tout le monde, enfin s'il reste encore du monde par ici.

Les miracles existent, ce chapitre en est la preuve. Je vous avais dit que je n'abandonnerai pas. Ca prend du temps mais je bouclerai cette histoire quoi qu'il arrive. Il faut juste s'armer de patience…

Je vous remercie pour vos reviews toujours aussi magiques malgré mes absences à répétition. Merci infiniment pour votre fidélité envers cette histoire et pour votre engouement. Sans vous, j'aurais arrêté depuis longtemps.

Je tenais à précisé toutefois quelques petits détails J'ai commencé à poster des fics sur ce site il y a plus de trois ans et depuis beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Tout d'abord au boulot, je n'ai plus le même travail et celui-ci me laisse beaucoup moins de temps libre que le précédent. Ensuite, dans ma vie personnelle. Il y a trois ans, mon mari vivait à 800 bornes de chez nous 5 jours sur 7. Ce n'est plus le cas à présent (dieu merci !). Sans compter quelques soucis d'ordre médicaux… Bref, tout ça pour dire que je ne veux pas excuser mon absence de plus de 6 mois mais que, parfois, la vie nous dépasse et que l'envie d'écrire n'est simplement plus là. Je voulais faire cette petite mise au point pour répondre à quelques reviews anonymes reçues ces derniers mois.

Ceci dit, sachez que je suis sur Facebook et que si vous voulez papoter avec moi vous me trouverez sous le pseudo « Drinou Fics ».

Je tiens à remercier comme il se doit celles sans qui ce chapitre serait sans doute encore à l'état de brouillon à peine entamé. Merci Cha, Lu, Val (ma nouvelle pro du dico, merci pour ta correction miss) , Jen et une mention spéciale pour Auré qui m'a débloquée à bon nombre de reprises sur ce chapitre. Merci les filles ! Et une petite pensée pour So qui vie des moments difficiles.

Sur ce, trêve de blabla. Je vous souhaite une bonne lecture et croise les doigts pour que ce chapitre tant attendu vous plaise.


Chapitre 23 : A demi-mots

Il se pencha en avant et déposa un léger baiser sur ma joue.

- Désolé de t'avoir blessé, murmura-t-il dans mon oreille avant de s'éloigner. Passe une bonne journée, Isabella.

Le temps que je reprenne mes esprits, la porte de mon appartement se refermait derrière lui.

Merde, c'était quoi ça ?

- X -

Trois mois plus tard.

Plongée dans mes pensées, j'observais distraitement les flocons tomber par la fenêtre de mon bureau. L'hiver était vraiment rude cette année. Il s'éternisait, couvrant depuis plusieurs longues semaines de son manteau blanc les avenues survoltées de Manhattan.

Et quelles semaines…

Tout s'était enchaîné si vite depuis ce petit « incident » alcoolisé. J'avais profité d'un break pour me ressourcer un peu chez moi, à Forks, rendant mon père fou de joie par la même occasion. Puis j'avais débuté un stage en entreprise ici, chez 5W, une société de relation publique ayant le vent en poupe.

Cela faisait maintenant presque deux mois que je travaillais chez eux. Même si, au départ, mes missions n'étaient guère glorieuses, l'arrivée d'un gros projet, aussi urgent qu'inattendu, avait sollicité toute la main d'œuvre disponible, et mon presque diplôme de communication m'avait permis de participer d'une manière plus active au sein de 5W. Les piles de dossiers s'entassant sur mon bureau tendaient un peu trop à le prouver, malheureusement.

Mais l'aboutissement, demain soir, de ce fameux projet, marquerait également la fin de ce stage. Mes huit semaines d'immersion parmi publicistes et chargés de communication touchaient presque à leur terme. Il ne me restait plus qu'à marquer l'essai qui pourrait valoriser mon CV et l'aider à se propulser un peu plus haut sur la pile de mes possibles futurs employeurs.

Après tout, dans quatre mois j'aurai, si tout allait bien, mon diplôme en poche. Alors pourquoi ne pas anticiper un peu, non ?

En attendant, malheureusement, il m'avait tout de même fallu conserver mon petit job d'appoint en tant que serveuse. Mon stage était vraiment fantastique en tous points, excepté pour le côté financier. Et pour joindre les deux bouts, j'avais du cumuler les heures ici en journée et enfiler mon tablier vert une fois la nuit tombée. Autant dire que ma vie sociale avait une existence proche du néant.

Métro, stage, boulot et, si j'en avais le temps, dodo.

Que du bonheur !

Il me tardait enfin de pouvoir retrouver Alice ailleurs qu'entre deux cappuccinos. On pourrait peut-être même se faire une soirée. Le rêve ! Surtout qu'elle m'avait venté les mérites d'un nouveau bar à cocktails clandestin sur le thème de la prohibition américaine.

Mojitos !

En y repensant, ma dernière soirée remontait à loin maintenant. Et elle avait totalement viré au fiasco. Trois mois après je n'avais toujours pas compris la tournure étrange qu'avait prise la discussion houleuse entre Edward et moi. Et pour être franche, je n'avais pas du tout tenté de reprendre contact avec lui pour qu'il s'explique. « Sois sans crainte, je ne t'importunerai plus… » Avait-il dit et, pour une fois, il avait tenu parole. Même si la petite curieuse en moi aurait bien aimé – Juste aimé ? – Ok, aurait adoré connaître le vrai sens de ses paroles, j'étais bien trop lasse de cette relation éternellement conflictuelle pour tenter une quelconque approche. C'était un combat perdu d'avance, je l'avais appris à mes dépends. Alors autant ne pas ramener sur le tapis les paroles qu'il avait eu quand il s'était pointé chez moi, en pleine nuit, aussi alcoolisé qu'un fut de bière.

Rabat joie !

- Swan, je veux un rapport complet sur les résultats du dernier mailing pour la réunion de 18h ! Beugla Carl, le chargé de communication, et accessoirement mon patron, qui gérait le lancement de Black Empire, le nouveau parfum de G&G, la marque tendance du moment.

- Le bouclage de la partie tout public n'est prévu qu'à 9h00 demain matin et les statistiques ne sont même pas encore sorties. Comment…

- Pré-bouclage ! Me coupa-t-il. Ce lancement de produit est le Saint-Graal Swan, le coup marketing que 5W attendait depuis longtemps pour faire exploser son image de marque et ses parts de marché. Il ne faut absolument rien laisser au hasard, c'est compris ? Pré-bouclage dans 40 min ! Les stats seront dans ta boite d'ici là.

- Ok, chef ! Je m'y mets tout de suite.

Je jetai un coup d'œil à l'horloge en bas de mon écran. 17h20. Ca allait encore être une longue, très longue soirée.

Un café bien serré, voilà ce qu'il me fallait. Un très grand café, très très serré…

- X -

Les portes du grand hall du Roosevelt Hotel étaient ouvertes depuis plusieurs heures. Les invités voguaient stratégiquement entre buffets et stands, profitant des diverses animations proposées ce soir-là. Le stress, à son paroxysme encore quelques heures plus tôt, semblait commencer à redescendre doucement au sein de l'équipe organisatrice. Tout était sous contrôle et, mieux encore, tout semblait se dérouler à merveille.

- Swan, prête à conclure en beauté ta présence parmi nous ? M'interpella Carl.

- Bien sûr chef, besoin d'un nouveau litre de café ? D'un point sur les entrées ? Ou d'un rapport d'activité ? Énumérai-je prête à satisfaire sa demande rapidement.

- Rien de tout ça. Kevin vient de nous informer qu'il manque de démonstratrices en zone 3.

Je le fixai dubitativement sans bien comprendre sa requête.

- Peux-tu te charger d'émoustiller ces messieurs-dames avec le produit ? Précisa-t-il.

- Vous voulez que je parfume les invités ?

Il opina.

- Je sais que ça ne fait pas partie de tes missions transverses mais si tu nous rends ce petit service, je peux te promettre que tu auras une lettre de recommandation en béton pour tes futurs entretiens d'embauche.

Oooh !

- Comment refuser une offre pareille !

- Parfait. Trouve Kevin, il t'équipera.

Super...

En y repensant, les directives de Carl n'étaient peut-être pas un excès de zèle. « Tenues de soirée exigées pour tous ! » avait-il imposé « Même pour l'équipe en coulisse ». Je comprenais mieux pourquoi à présent. Je le soupçonnais même d'avoir prémédité son coup. Ou alors, il peut remercier sa prudence parce que mon jean et mes basket auraient vraiment fait tâche au milieu de ces splendides tenues. Au lieu de ça, ma petite robe fuseau noire, rehaussée de cristaux dans le creux de mon décolleté, se fondait à merveille dans le décor.

Armée de mon petit flacon noir et or, je zigzaguais au milieu des invités sélectionnés avec soin, issus pour la plupart du milieu de la mode New Yorkaise.

- Monsieur, souhaitez vous découvrir Black Empire, la nouvelle fragrance de G&G.

D'une légère pression, je vaporisai un léger nuage de parfum sur un homme d'âge moyen. Puis, je continuai ma balade et parfumai d'autres invités en souriant.

Tu l'auras méritée ta recommandation !

- Une note de Black Empire pour vous ? Proposai-je encore.

- Isabella ?

Seigneur.

Je me retournai vers cette voix si particulièrement envoûtante que je reconnus en moins d'un millième de seconde. Il était soudain devant moi, son regard irradiant de surprise.

Ca pour une surprise…

- Edward ? M'étonnai-je. Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

- Moi aussi, je suis ravie de te voir Isabella, répondit-il, un léger rire moqueur dans la voix. Tu as repris du service chez NYE ?

- Quoi ?

Il désigna le flacon noir et or dans mes mains.

- Oh ! Euh, non. Je travaille pour 5W. Enfin, je suis stagiaire chez eux et je leur rends un petit service pour palier à un manque de personnel, débitai-je.

Wow, du calme Swan. Ne lui raconte pas ta vie non plus !

Il opina, ses yeux verts me scrutant.

Oh punaise…

- Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ? Repris-je.

- Curieuse ? Sourit-il, marquant le coin de ses yeux de petites ridules J'ai été invité. Ou plutôt ma cavalière l'a été.

Oh…

Je vis alors le corps d'une magnifique blonde, moulé dans une longue robe rouge rubis, se frayer un chemin jusqu'à nous, une coupe de champagne à la main.

- Edward, que fais-tu ? S'enquit-elle en agrippant son bras.

Son visage ne m'était pas inconnu. Je devais l'avoir déjà vue, sans pour autant arriver à la resituer. Elle devait elle aussi s'interroger à mon sujet car elle me dévisageait sans vergogne.

- Votre visage m'est familier… Ah oui, je me souviens… N'était-ce pas elle qui avait tenté d'embrasser le tapis dans ton hall ? Demanda-t-elle à Edward.

Soudain les images de cet instant hautement honteux me revinrent en mémoire apportant avec elles l'identité de cette greluche. Une irrépressible envie de lui vider le flacon d'eau de toilette dans les yeux me submergea. Non mais quelle…. Ahhhhh !

Pétasse ! Tu peux le dire.

- Isabella était une de nos hôtesses d'accueil, en effet.

- Je vois que votre carrière à pris son envol...Vous pouvez désormais tenir sur vos deux pieds ?

Il y a des claques qui se perdent là… Mets-lui en une, bon sang !

Je la fusillai du regard, prête à me lancer dans une vendetta personnelle, ultra-violente et qui serait, de toute évidence, fatale à sa manucure. Edward observait la scène avec délectation, et j'étais à peu près certaine qu'un petit combat de boue entre elle et moi ne lui aurait pas déplu.

Je décidai de la prendre à son propre jeu.

- Edward, je ne peux pas croire que cette délicieuse potiche, accessoirement impolie, et de toute évidence botoxée, te serve de cavalière ! M'étonnai-je faussement.

- Isabella, gronda-t-il en fronçant les sourcils.

- Vraiment ? Donc vous êtes tous les deux…, commençai-je en les pointant alternativement du doigt.

- Ensemble, finit-elle pour moi, un sourire victorieux sur les lèvres.

Elle s'accrocha un peu plus au bras de son cavalier, me faisant bouillir d'autant plus. Edward porta son attention loin derrière moi, espérant sûrement en finir au plus vite.

- Quel couple charmant, ironisai-je. C'est récent ?

- Isabella, ce n'est ni le moment…

- Edward et moi sommes très heureux, le coupa-t-elle. Nous vivons une histoire merveilleuse.

- Bah voyons ! Souris-je avec amertume. J'imagine en effet qu'il doit être agréable d'être avec un homme comme lui. Un homme loyal, attentif et si prévenant.

- Seriez-vous jalouse ? Pouffa cette quiche.

- Je dois l'admettre, oui. Un peu. Passer après toutes ces femmes qui ont eu l'honneur de ses faveurs… Ca doit être vraiment gratifiant.

Un sourire s'étira sur mes lèvres. Je sentais le regard inquisiteur d'Edward sur moi, mais l'ignorai afin de porter le bouquet final à mon attaque. Un serveur passa à mes côtés, et je l'arrêtai pour récupérer une de ses coupes de champagne. La blonde peroxydée se décrocha d'Edward, me lançant un regard furibond, prête à m'étriper.

- Je pense qu'on devrait fêter ça, me réjouis-je dans un sourire. Au tapis du hall de Cullen Corp… La seule chose que je regrette vraiment dans mon ancien travail !

Je fis mine de trébucher sur mes pieds, et le contenu de ma coupe s'étala sur la robe ajustée de cette pimbêche.

Dans les dents, Barbie !

La vengeance est douce finalement. Et si délectable.

- Oh, je suis désolée, m'excusai-je faussement. Quelle maladroite ! Les toilettes sont juste par là. Edward devrait vous y accompagner, c'est un endroit qu'il apprécie tout particulièrement.

A mes côtés, j'entendis Edward étouffer un rire, pendant que je m'essuyais les mains.

- Je vous souhaite une bonne fin de soirée. Edward, au plaisir de te revoir. Quant à vous...

Je laissai ma phrase en suspens, la dédaignant du regard.

Là-dessus, un sourire heureux aux lèvres, je les abandonnai pour reprendre ma mission parfum, tout en entendant derrière moi les piaillements rageurs de poupée Barbie.

Hummmm… Quel moment jouissif !

Qui aurait dit qu'un si malheureux hasard pourrait si bien amener les choses ?

- X -

Rabattre le caquet de cette pimbêche m'avait tellement mis de baume au cœur que j'avais fini mon petit tour de salle le sourire aux lèvres. J'avais, cependant, bien soigneusement évité la zone à risque, histoire de ne pas retomber sur elle, ni sur son cavalier. Garder la tête haute une fois, ok, mais autant de pas jouer le deuxième round tout de suite.

Il devait être quelque chose comme trois heures du matin quand les derniers invités eurent quitté la grande salle du Roosevelt Hotel. Le service de nettoyage s'y affairait encore quand toute l'équipe de 5W le traversa, s'apprêtant à aller fêter la réussite de la soirée aux Mad46, le bar lounge situé au 19ème étage de l'immeuble. Les remerciements bourrus de mon boss encore en tête, je leur emboitai le pas et entrai dans l'ascenseur, prête à siroter un bon cocktail en leur compagnie.

Une fois passée la première salle encore bondée à cette heure tardive, nous accédâmes à la terrasse et pénétrâmes dans une bulle chauffée ouvrant sur les toits de Midtown. Je restai sans voix.

Waouh !

La décoration trendy et l'ambiance chaleureuse et feutrée apportait par les braséros enflammés, coupait totalement avec la jungle urbaine et enneigée qui l'entourait. Une opposition radicale à couper le souffle.

J'avais déjà entendu parler de ces toits-terrasses aménagés en bar ou restaurant, mais le prix souvent exorbitant des consommations m'avait convaincue de passer mon chemin. Et quel dommage ! La vision de ces buildings illuminés était vraiment impressionnante du haut de ces 19 étages.

Toute l'équipe « de terrain » de 5W réunie autour d'une table, nous trinquâmes dignement au succès du lancement de Black Empire, coupe de champagne en main. Toutefois, la chaleur qui régnait dans ce petit cocon protecteur cumulée à la fatigue engendrée ces derniers jours firent gripper les petites bulles alcoolisées de ma boisson direct dans ma tête. Pfiou ! Je préférai aller prendre un peu l'air avant d'être totalement pompette et profitai de l'occasion pour découvrir ce demi-étage à la vue époustouflante dont une serveuse venait de me vanter les louanges.

Je m'éclipsai donc discrètement, mon manteau dans une main et ma coupe de champagne dans l'autre, et quittai la douce tiédeur pour rejoindre le froid piquant des nuits hivernales New-Yorkaises.

La serveuse n'avait pas exagéré, la vue était magique ici. Je fermai les yeux et laissai le vent glacial glisser sur mon visage et porter à mes oreilles le bourdonnement continu des rues New-Yorkaises, entrecoupé de sirènes étouffées. La ville qui ne dort jamais portait définitivement bien son surnom. Je resserrai mes bras autour de mon manteau, cherchant un peu de chaleur, tout en écoutant cette étrange mélodie urbaine qu'on ne pouvait apprécier qu'ici.

- Me suivrais-tu, Isabella ?

J'étouffais un hurlement avec mon poing.

Edward, caché dans l'ombre de l'immeuble, se dévoila à quelques pas de moi.

- Nom de Dieu, Edward ! Blasphémai-je. Tu m'as fichu une peur bleue !

Il sourit, apparemment fier de la frayeur qu'il venait de m'infliger.

- Je n'ai pu résister à la tentation, admit-il, un sourire carnassier aux lèvres alors que mon cœur battait toujours la chamade.

Et une crise cardiaque, une !

- Qu'est-ce que tu fais là ? L'attaquai-je, la voix encore étrangement montée dans les aigus.

- Je prends l'air. Comme toi, j'imagine.

Je repris peu à peu une posture plus assurée, me redressant pour lui faire totalement face. Sous l'effet de la surprise, j'avais arborée une allure mi-défensive mi-sauve-qui-peu assez douteuse.

- Tu as perdu ta moitié ? M'enquis-je, scrutant l'obscurité derrière lui.

- Ma quoi ?

- Moitié. Tu sais, la grande blonde qui était pendue à ton bras tout à l'heure ?

- Tu veux dire celle que tu as « malencontreusement » éclaboussée de champagne ? Moitié n'est pas vraiment le terme adéquat mais elle doit être encore en train de pester contre toi, quelque part dans Manhattan, je suppose.

Si tu le dis, Cullen.

Je préférai ne pas relever. Après tout, sa vie privée ne me regardait pas. Alors autant rester sur un ton léger et pour ça, je pouvais dire merci à l'alcool.

- Tu me connais, je suis si maladroite ! Exagérai-je faussement.

Il rit.

- Oui, je crois savoir de quoi tu parles. D'ailleurs, après la démonstration dont j'ai été témoin tout à l'heure, je devrais peut-être me méfier, se moqua-t-il.

Edward Cullen d'humeur légère, voilà quelque chose de peu courant, songeai-je.

J'aurai plutôt pensé qu'il m'en voudrait pour mes paroles peu flatteuses envers sa cavalière. Mais non, il semblait juste amusé. Cet homme était définitivement indéchiffrable et totalement imprévisible.

Toujours un peu pompette, je décidai de profiter de son apparente bonne humeur. Je levai mon verre dans sa direction, un air défiant sur le visage.

- Surtout que je suis armée, bravai-je en faisant tinter ma coupe de champagne du bout de mon ongle.

- En effet ! Constata-t-il. Que dirais-tu de hisser le drapeau blanc ? Il serait dommage de gaspiller un si bon champagne.

Ben ça alors…

J'arquais un sourcil, suspicieuse.

- Une trêve, vraiment ?

- Juste le temps d'épargner mon manteau.

- Je me disais aussi… Cela dit, j'imagine que je m'en suis déjà assez prise à ta garde robe, souris-je.

Sourire qu'il me rendit.

Oh punaise !

- Et puis ma foi, il est vrai que ce champagne est délicieux, confirmai-je, appuyant mes dires d'une grosse gorgée du liquide pétillant tout en m'adossant à la rambarde. Il serait effectivement dommage de le gâcher.

- Sage décision !

Il vint alors s'appuyer à son tour sur la balustrade, contemplant le paysage, silencieux.

Etrange sensation que de me retrouver ainsi, isolée sur ce petit belvédère aménagé, en compagnie d'un Edward Cullen souriant et aimable. Aucune attaque, aucun coup bas, du moins pour l'instant. C'était agréable et vraiment déroutant.

Je me tournai à mon tour, pivotant sur moi-même pour me retrouver face aux immenses immeubles illuminés, Edward à mes côtés. Le bruit de quelques rires en provenance de l'espace chauffé en contre bas nous parvenait de temps à autres, portés par le vent, et, allié aux sons étouffés de la lointaine circulation, j'avais vraiment l'impression que nous étions seuls au monde, à l'abri sur cette petite terrasse isolée.

- La vue est magnifique ici, soufflai-je.

Je vis Edward hausser les épaules du coin de l'œil.

- Elle est semblable à beaucoup d'autres dans cette ville.

- Je ne suis pas ici depuis assez longtemps pour être blasée par ce qui m'entoure. Parfois, j'ai encore l'impression de n'être qu'une touriste, avouai-je. J'oublie que je vis ici à présent.

- Et d'où viens-tu, Isabella ? S'enquit-il, quittant des yeux le paysage urbain pour les poser sur moi.

Je rougis. Jamais nous n'avions échangé sur nos vies. Du moins pas aussi librement que ce soir.

- Je viens d'une toute petite ville pittoresque perdue dans les immenses forêts de l'extrême nord ouest du pays. Tout le contraire d'ici.

- L'état de Washington ?

J'opinai.

- Effectivement, ça doit être bien différent d'ici. J'avoue ne pas trop connaitre la région.

- Et bien, la péninsule d'Olympic est le coin le plus pluvieux du pays. Autant dire qu'on n'y voit pas souvent le soleil, expliquai-je. Rien que pour ça j'ai nettement préféré l'Arizona. Là-bas au moins il ne pleut pas 360 jours par an.

- L'Arizona ? Il semble que tu aies beaucoup voyagé, Isabella.

- Je n'appellerais pas vraiment ça « voyager » mais j'ai aimé vivre quelques années là-bas. Et toi, où as-tu grandi ?

Je vis son visage, à peine éclairé par la faible lumière ambiante, se tendre imperceptiblement.

Bien joué, idiote !

Je devrais pourtant savoir depuis le temps que poser des questions personnelles à Monsieur Mystère n'était généralement pas une idée très judicieuse. C'était le meilleur moyen de faire apparaitre le sale con méprisant qu'il pouvait être…

- Enfant j'ai vécu à Chicago puis j'ai atterri ici, énuméra-t-il calmement alors que je pensais qu'il s'emporterait, les traits de son visage pourtant tirés.

Je l'étudiai un instant, perdu dans ses pensées, le regard vague fixant un point devant lui. L'espace d'une seconde je crus encore voir ce petit garçon perdu, bien loin de l'homme arrogant qu'il servait aux gens.

- Edward, est-ce que je peux te poser une question ? Soufflai-je.

Il quitta silencieusement l'horizon des yeux pour les porter sur moi, me donnant son accord d'un hochement de tête à peine perceptible.

- Pourquoi… Pourquoi sembles-tu toujours si… si triste quand tu évoques ton passé ? Osai-je.

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui ne refléta aucune joie.

- J'imagine qu'on a tous notre lot de regrets.

Ses mots vibrèrent d'une certaine émotion, tout en retenue, comme étouffés. Ses yeux, eux, me détaillaient, scrutant ma réaction.

- Tu devrais aller au chaud.

- Quoi ? M'étonnai-je.

- Tu frissonnes.

- Oh...

Je n'avais même pas senti le froid engourdir mes membres au point de grelotter. Je resserrai mes bras autour de mon corps pour calmer son tremblement et trouver un peu de chaleur.

- C'est vrai, constatais-je tout en me frictionnant.

- Me laisserais-tu t'offrir un dernier verre au bar ?

Je restais coite. Je m'attendais à tout de sa part sauf à une invitation. La surprise dut se lire sur mon visage car je vis le sien se rembrunir.

- Euh… C'est qu'il se fait tard et je suis débout depuis quelque chose comme quarante heures…

Accepte, bon sang. Tu te reposeras quand tu seras morte.

- … mais ma coupe est vide et je reconnais que je ne serais pas contre un autre verre alors pourquoi-pas, concédai-je, m'avouant vaincue par ce regard sombre et totalement envoûtant.

Il sourit. Juste un léger étirement des lèvres mais qui en disait long sur son humeur. Pourtant il m'étudia un instant en silence, comme hésitant.

- Quoi ? M'enquis-je, soudain sur la défensive.

- Puis-je également te poser une question, Isabella ?

- Oui, bien sûr.

- Comment se fait-il que tu soies encore là ?

Je fronçais les sourcils, pas du tout certaine du sens de sa question.

- Comment ça ?

Mon inquiétude s'accentua de plus belle quand il me quitta des yeux pour me répondre, préférant regarder quelque part à côté de moi et ne pas affronter mon regard.

- Et bien… Je n'ai pas été des plus respectueux envers toi, pourtant tu es encore là ce soir, prête à boire un verre en ma compagnie ?

Oh…

Je restais un moment sans voix. Comment répondre à ça alors que je n'avais pas moi-même d'explication. Peut-être étais-je un tantinet maso pour accepter tout ça ? Allez savoir.

Juste un tantinet ?

- Et bien à vrai dire, je ne sais pas…, hésitai-je, vouant une soudaine admiration pour les chaussures de mon interlocuteur.

Je pus sentir le feu rougir mes joues malgré le froid glacial et je regrettai de ne pas avoir lâché mes cheveux pour pouvoir m'y cacher. Heureusement, la faible clarté ambiante ne permettait pas vraiment de percevoir ce genre de détails.

Mais après tout pourquoi aurais-je honte ? Je n'étais pas allée le chercher, et nous étions retrouver ici, ensemble sur ce toit, par le pur fruit du hasard. Autant lui avouer la vérité, du moins la part que j'étais capable de cerner.

- Une part de moi me dicte de fuir très loin et de rester à bonne distance de toi, repris-je, plus assurée, alors que l'autre, plus curieuse et insensée, ne peut s'empêcher de rester.

Son regard refléta une certaine incompréhension.

- Pourquoi vouloir rester dans ce cas ?

- Il faut savoir vivre dangereusement, alors pourquoi pas.

Il plissa les yeux comme pour tenter de cerner mes propos.

- Tu es si énigmatique, Isabella.

- Moi, énigmatique ? Je te retourne le compliment, m'offusquai-je en lui offrant un petit sourire tremblotant de froid.

- Ne restons pas là, tu es frigorifiée. Tiens, prends mon manteau.

- Non, c'est bon, je vais me réchauffer.

- J'insiste.

Il ne me laissa pas le temps de protester d'avantage. Il ôta son long manteau noir et le passa autour de mes épaules. Le temps de quelques secondes nos corps ne furent plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et j'eus l'impression que l'air se chargeait soudain d'électricité.

Waouh.

Je fermai les yeux, appréciant l'exquise chaleur que me procurait sa veste.

- Merci, soufflai-je, engouffrant la moitié de mon visage dans le col de son manteau.

J'y collai discrètement mon nez pour savourer la fragrance légèrement citronnée qui s'en dégageait.

Edward passa son bras dans mon dos et d'une légère pression m'incita à avancer. Nous rejoignîmes en silence la partie chauffée en contrebas, puis, traversant la salle, Edward me guida jusqu'au bar.

Mes collègues de 5W étaient toujours rassemblaient autour d'une table pour fêter leurs succès. L'une d'entre eux me repéra et me fit un clin d'œil assorti de deux pouces levés en me voyant accompagnée. Je ris intérieurement en pensant à ce qu'elle devait imaginer. Si elle savait…

- Préfères-tu t'installer à une table ou rester au bar ?

J'hésitai quelques secondes mais, tout bien considéré, je préférai que l'on reste en zone « neutre » près du bar plutôt que l'on s'isole à l'une des tables de la salle.

- Ici ça ira très bien, l'informai-je en désignant les deux tabourets libres au comptoir.

Je m'y installai tranquillement, ôtant le manteau qu'Edward avait déposé sur mes épaules. Je le remerciai d'un sourire et le lui rendis. La chaleur presque estivale de la pièce m'avait permis de me réchauffer rapidement. D'ailleurs, mon manteau aussi fut vite superflu. Je l'ôtai et le déposai sur mes genoux quand le barman vint à notre niveau.

- Bonsoir, que puis-je vous servir ?

- Champagne ? Me proposa Edward.

Je fis une petite moue. Les bulles de ma dernière coupe dansaient encore dans ma tête.

- Euh, non merci. Je prendrais plutôt un mojito.

- Si je puis me permettre, je vous conseillerai un Mad Mojito, mademoiselle. C'est une spécialité de la maison à base de rhum, citron, soda, menthe et copeaux de noix de coco, le tout servi avec un bâtonnet en chocolat.

- Euh… Et bien pourquoi pas, un Mad Mojito alors. Soyons fou ! Plaisantai-je.

- Et un Lagavulin, commanda Edward.

- Nous avons un 16 ans d'âge, monsieur.

- Ca ira, valida Edward.

Je l'observais discrètement, assis sur son tabouret, lorsqu'il se tourna vers moi. Il m'étudia longuement, comme s'il me détaillait de la tête au pied. Une douce chaleur envahit mes joues sous ce regard inquisiteur.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demandai-je, gênée.

- Je me disais juste que c'était une agréable coïncidence, me sourit-il tout en continuant son « évaluation ».

- Quoi donc ?

- Toi, ici, ce soir.

- Oh ! Euh… C'est vrai. Enfin, que toi tu sois là. J'ai du éplucher la liste des invités une bonne centaine de fois pour divers mailings, alors te trouver ici n'était pas vraiment prévu.

- Cela t'ennui-t-il ?

- Que tu sois là ?

Il opina, ses yeux ancrés aux miens.

- Non. Enfin… Je me serai passée du petite accrochage avec ta petite copine mais…

- Tanya n'est pas ma petite amie, contrat-il comme un reproche, son regard soudain plus dur.

- Pourtant elle semblait convaincue du contraire tout à l'heure, soufflai-je.

- C'est compliqué.

- Peu importe, tranchai-je, ne préférant pas entrer dans les détails de sa pseudo relation avec la dite Tanya. Ta présence à ce lancement ne m'a pas dérangée, ça m'a juste surprise.

- Moi aussi, admit-t-il tout en me souriant de nouveau. Une charmante surprise.

Etrangement, mon épiderme choisit pile ce moment pour se teinter d'un rose assez vif au niveau des joues.

Euh… Il a bien dit ce que je crois qu'il a dit ?

Sans aucun doute.

- Tu es ravissante ce soir, surenchéri-t-il, son sourire toujours fièrement installé sur ses lèvres et dans lequel je ne dénotais aucun signe d'arrogance ou de mépris.

Juste un sourire naturel et absolument… – Euh… Liquéfiant ? – … Envoûtant.

MAYDAY… On vient de perdre Bella !

- Oh… Euh… Merci, balbutiai-je les joues rougies quand le serveur nous apporta nos verres.

Il tombe à pic celui là !

Je me jetai sur mon cocktail comme pour m'y cacher, tentant tant bien que mal de dissimuler ma gêne dans mon verre. Pourquoi avais-je toujours cette tendance à perdre le contrôle de mon propre corps en sa présence ? Un compliment de sa part et voilà que je fondais sur place les joues en feux. Pathétique !

Je bus une petite gorgée de mon cocktail afin de m'offrir une minute de répit et grimaçai. Ce truc avait vraiment un goût bizarre.

- Un problème ? S'enquit Edward alors qu'il sirotait nonchalamment son whisky.

- C'est… étrange, déclarai-je à défaut d'une meilleure qualification pour mon cocktail tout en zieutant les petits copeaux blancs qui flottaient à la surface d'un œil mauvais.

- A vrai dire, je ne faisais pas allusion à ta boisson.

- Oh… Et à quoi faisais-tu référence dans ce cas ? Demandai-je, inquiète.

Il posa son verre sur le comptoir et me fit face.

- Je voulais parler de ta réaction, Isabella. Pourquoi es-tu soudain si… troublée ?

Oh Seigneur… Etions-nous vraiment de retour en plein quart d'heure de vérité ? Moi qui croyais cela réservé à l'isolement du toit terrasse… Loupé.

Je me mis à triturer nerveusement ma robe de ma main libre tout en resserrant mon emprise sur ce fichu cocktail.

- Isabella ? S'enquit-il, sa voix marquant une légère inflexion que je cernais comme de l'inquiétude.

Je relevai la tête et croisai son regard. Nul doute, il semblait étrangement soucieux face à mon silence.

- Troisième round de la minute confession ? Lançais-je dans l'espoir d'alléger l'atmosphère et mes pulsations cardiaques.

- Ca y ressemble, en effet.

- Très bien, soufflais-je. Dans ce cas, jouons franc jeu. Disons qu'en ta compagnie j'ai toujours tendance à chercher… Comment dire ? … A chercher le moment où… Seigneur ! M'exclamai-je, gênée.

- Où ? Insista-t-il.

Euh… A l'aide ?

- Où tu vas te transformer en sale con arrogant, lâchai-je de but en blanc.

Ca c'est fait… On peut y aller maintenant ?

Ce n'était pas l'envie de quitter ce lieu en courant, sans me retourner, qui me manquait. Bien au contraire.

- Oh !

Je hochai la tête, légèrement dépitée, devant son visage à la fois surpris et contrit.

- Oui… Oh ! Confirmai-je, avalant une nouvelle gorgée de mon cocktail au goût douteux. Je ne sais jamais sur quel pied danser avec toi. Tu peux être si imprévisible…

- Donc tu aimes vivre dangereusement, mais tout en restant sur tes gardes.

- Euh, oui, c'est à peu près ça.

- Ce n'était qu'un compliment, Isabella. Rien de plus.

- Peut-être mais comment savoir avec toi.

Il reporta son attention sur son verre de Whisky et, mâchoires crispées, le vida d'une traite. D'un petit signe en direction du barman, il en commanda un autre.

- Désires-tu autre chose ? Me coupa-t-il un peu sèchement.

Euh… Toi, tout nu, allongé sur le bar, du sel sur les abdos, de la tequila dans le nombril et un quartier de citron plus au sud, c'est possible ?

Je m'infligeai, pour la première fois depuis ce qui me semblait une éternité, une bonne gifle mentale. Ce n'était clairement pas le moment de divaguer.

- Non, merci. Ca ira.

Je déposai mon verre encore plein sur le comptoir, ne gardant dans mes mains que le petit bâtonnet chocolaté que je fis tournoyer nerveusement entre mes doigts.

- Bella ! Me héla une voix féminine dans mon dos.

Je me retournais et vis Sacha, ma collègue aux pouces levés de tout à l'heure, me faire signe en s'avançant vers nous.

- Bonsoir, lança-t-elle à Edward une fois à notre niveau.

Puis elle se tourna vers moi et reprit :

- On est une bonne partie de l'équipe à rentrer et comme tu es venue avec moi, je voulais savoir si… Je te raccompagnais ou… Si tu…

Elle décocha un coup de tête peu discret en direction d'Edward.

Parfait !

- Je la raccompagnerai, affirma Edward sans même me consulter.

- Edward…, tentai-je de protester avant que ma collègue de m'interrompe.

- Attends une minute, Edward… Cet Edward ? Chuchota Sacha, aussi discrète que le serait un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Je blêmis sur mon tabouret, hochant furtivement la tête pour lui confirmer l'identité de l'homme à côté de moi, tout en priant intérieurement pour qu'elle se taise.

- Enchantée, moi c'est Sacha, se présenta-t-elle. Ravie de faire votre connaissance.

Edward toisa la main qu'elle lui tendait d'un regard peu amène, puis détourna les yeux vers son verre que le barman venait de lui déposer et en but une gorgée, l'ignorant prodigieusement.

- Ok… Je vois que tu ne m'as pas menti à son sujet. Je te ramène ?

- Ton appartement est sur mon chemin, je te déposerai, la coupa Edward en plantant son regard dans le mien.

- Mais…

- Bonne soirée, Sacha, la congédia-t-il sèchement.

- A vrai dire, ça m'arrange, surenchérit Sacha. Je crois bien que j'ai un ticket avec Kevin. Je te laisse avec ce cher Edward, bonne soirée à vous deux !

Et elle fila comme si de rien n'était.

Lâcheuse !

- Tu n'étais pas obligé d'être aussi impoli, tu sais, l'accusai-je.

- Je n'aime pas qu'on m'importune. Alors comme ça tu as parlé de moi à ta collègue ?

Merde !

- Une fois ou deux, à l'occasion, éludai-je.

- Et quelle occasion, Isabella ? S'enquit-il, un petit sourire sur les lèvres alors qu'il approchait son visage du mien.

Cette attitude, aussi familière fut-elle de sa part, me mit instinctivement sur mes gardes.

- Aucune en particulier. J'ai parlé de toi, point. Il n'y a rien de plus à dire.

- Relax, Isabella. Tu es si… tendue. Je suis flatté.

- De quoi ?

- Que tu aies parlé de moi, même si cela ne devait pas être très élogieux.

Je haussai un sourcil. Il m'avait prise en flag de médisance et il était flatté. J'avais du louper un épisode.

- Cela veut dire que tu as pensé à moi, m'éclaira-t-il, même qu'un peu, pendant ces quelques mois.

Il me sourit franchement, ses yeux ancrés aux miens.

- Et j'aime beaucoup cette idée.

Il s'inclina un peu plus sur son tabouret, jusqu'à avoir son visage à côté du mien, sa bouche au niveau de mon oreille.

- Beaucoup, souffla-t-il.

Je fermais les yeux lorsque son souffle chaud caressa la fine peau de mon cou alors qu'une alarme interne se mit à hurler dans ma tête.

A quoi jouait-il encore ? Je ne savais dire s'il s'agissait de la reprise des hostilités entre nous ou s'il se voulait simplement charmeur. Tout ce qu'il avait réussi à faire c'était de me mettre mal à l'aise.

- Arrête.

- Quoi ?

- De faire ça.

- De faire quoi ?

Je soupirai. « D'être toi » me semblait une si bonne réponse.

- De jouer. Je ne suis plus de la partie Edward, alors arrête.

- Qui t'a dit que je jouais ?

- Ce verre était une mauvaise idée, me braquai-je. Je ferais mieux d'y aller.

Je posai mon verre et me levai. Edward me tint par le bras

- Attends, ne pars pas.

Je me figeai, statique, l'interrogeant du regard.

- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, avoua-t-il, semblant soudain gêné à son tour. Je voulais seulement… Merde ! A croire que je ne sais vraiment pas m'y prendre avec toi. Je suis désolé, s'il te plait, reste.

Nous nous toisâmes un moment, silencieux, pendant lequel j'étudiai ses traits. Il semblait soudain plus soucieux que joueur. Ma présence à ses côtés lui était-elle si importante ? Cet homme arrivait à m'embrouiller l'esprit en un simple regard.

- « Désolé » et « s'il te plait » ? Tout ça pour ma petite personne, et dans une seule phrase. Waouh ! Plaisantai-je, misant volontairement sur un ton léger.

Le petit sourire qui se dessina sur ses lèvres me conforta dans ma stratégie.

- Tu les mérites.

- A bon ? Et pas Sacha ? La pauvre.

- Je ne connais pas Sacha. Toi, je te connais. Et oui, tu les mérites.

- Tu ne me connais pas vraiment Edward. Pas plus que je ne te connais.

- Pourtant je t'ai avoué plus de choses à mon sujet que je n'en ai dites à mon entourage ces dix dernières années.

Qu-Quoi ?

- Comment ça ? M'enquis-je en retournant m'assoir sur le tabouret.

Edward avala une gorgée de son whisky et, le temps de quelques secondes, sembla perdue dans ses pensées.

- Je te connais, lâcha-t-il soudain, évitant prodigieusement ma question.

- Non, tu ne me connais pas. Ce que tu sais de moi, ce n'est pas ce que je suis.

- Je sais déjà que tu aimes les défis, sinon tu ne serais pas là.

- Les défis ? Ris-je. Tu n'es pas un défi, Edward.

- Et je suis quoi dans ce cas ?

Bonne question. Un ami ? Non, pas vraiment. Un amant ? Cela avait peut-être été le cas un quart de seconde dans ce foutu canapé de son bureau. Une simple connaissance ? Même ça, ce n'était pas le bon qualificatif.

- Je ne sais pas, avouai-je. Tu es trop complexe à définir pour rentrer dans une seule case.

- Toujours le sale con arrogant, c'est ça ? Rit-il à son tour.

- T'as tout compris, souris-je en retour.

Je tentai une nouvelle aspiration de mon cocktail trafiqué pendant qu'Edward se perdait dans la contemplation de son verre presque vide.

- Je ne connais que ça, murmura-t-il, l'air grave.

- Quoi donc ?

- Ca, répéta-t-il en faisant des allers-retours entre nous deux de sa main tout en me fixant intensément. Mes règles du jeu, Isabella. Ce sont les seules que je connaisse.

- Oh…

- C'est tout ce que je suis.

Je me refusais à y croire. J'avais déjà vu tellement plus en lui. Ses paroles et son attitude de ce soir prouvaient qu'il était beaucoup plus que ça. Caché quelque part derrière ce masque de contrôle et d'arrogance, il y avait quelqu'un d'autre, j'en étais certaine.

- Ce n'est pas vrai, décrétai-je.

- Quelle prise de position. Pourtant tu en es la preuve, Isabella.

- Justement, je suis la preuve qu'ici et ce soir, tu n'es pas un sale con arrogant.

Un sourire timide, presque gêné, s'afficha sur ses lèvres. Suivi d'un court silence pendant lequel nous nos yeux restèrent connectés.

- M'apprendrais-tu tes règles du jeu, Bella ?


Voilà, c'est fini pour aujourd'hui. Je ne vous promets pas la suite pour tout de suite, ce serait vous mentir, mais je vous promets de tout faire pour vous la poster plus rapidement.

Une chose est sûre, je trépigne d'impatience de connaitre votre avis sur ce chapitre. Alors si vous avez 2 min devant vous, je ne serais pas contre une petite review.

Je vous souhaite à toutes de très bonnes vacances, profitez bien du soleil si vous en avez et on se donne rendez vous, si tout va bien, à la rentrée.

Biz

Dri