Bonjour tout le monde! Cette ff est écrite par ForksVampireGirl et j'ai sa permission pour en faire la traduction. J'espère que ce petit bijou vous plaira autant qu'à moi.

Comme vous l'aurez compris, c'est la suite de Midnight Sun de Stephenie Meyer.

Tous les personnages appartiennent à SM.


SUITE DU CHAPITRE 11 – COMPLICATIONS

Je sentais la chaleur de Bella dans la voiture bien que j'étais en train de mettre plusieurs miles entre nous. Je conduisais rapidement vers la maison tout en sachant que je la quitterai assez tôt pour la seule consolation de voir Bella dormir. Bien qu'une part de moi se sente comme un voyeur, le confortable silence que j'avais trouvé en la regardant dormir, l'entendre soupirer mon nom, n'était pas quelque chose que je pouvais abandonner facilement.

Dès que j'eus entré dans la maison, j'entendis des vibrations dans le salon. Ma famille était en train de discuter, et bien évidemment j'étais encore le centre de leur attention. Bien sûr qu'ils étaient au courant de mes plans; passer la journée de samedi avec Bella. Ils se disputaient. Devraient-il ou non laisser une telle chose arriver?

Laisser? Comme si j'étais un enfant et que j'avais besoin de leur permission. Je roulai les yeux quand la conversion devint tendue et j'entrai dans la pièce.

« Non, s'il vous plaît continuez », dis-je sarcastiquement. « Ça semblait devenir intéressant. »

« Edward, nous sommes simplement en train de discuter de la situation et ce que ça signifierait pour notre famille », me dit calmement Carlisle. « Tes décisions nous affecte tous maintenant et nous voulons seulement être sûr que tu prends toutes les précaution nécessaire. Personne ne t'accuse de quoi que ce soit. »

« Je leurs ai déjà dit qu'ils n'avaient aucune raison de s'inquiéter », ajouta Alice avec une large grimace sur le visage. « Tu es amoureux. Tu ne la blesseras pas. »

« Vrai », marmonnai-je. « Merci. »

J'aurais voulu être aussi confiant qu'Alice l'était envers moi, mais avec le souvenir de l'odeur de Bella qui brûlait encore dans ma gorge et mon sens de la raison qui laissait à désirer, il m'était difficile de voir les choses aussi clairement qu'elle.

« Regarde, il ne se fait même pas confiance lui-même », dit fortement Rosalie. « Pourquoi nous lui ferions confiance, nous? »

« Rosalie », gronda Esmé avec sa voix maternelle.

« Ok, laissez-moi juste savoir quand je dois commencer à faire mes valises », dit Rosalie en quittant rapidement la pièce. Un grondement m'échappa, mais je m'arrêtai quand je vis le regard d'Emmett.

« Relax, elle est juste énervée, tu n'as pas besoin d'en rajouter. À ce propos, es-tu sûr que ce petit rendez-vous, seul avec Bella, soit une si bonne idée? Pourquoi tu te mets dans cette position? Je veux dire, est-ce que ça en vaut vraiment la peine? »

Je hochai la tête en regardant Alice de façon significative. Elle sourit et laissa son esprit vagabonder sur une douzaine d'images de Bella et moi ensemble. Puis de Bella seule, en sécurité. Je me concentrai sur chacune d'elle, essayant de me convaincre que j'étais assez fort pour faire de ses images la réalité.

Peu importe, pensa Emmett en grimaçant légèrement avant de quitter la pièce lui aussi, mais ne viens pas dire que je ne t'avais pas averti.

« Ne t'inquiète pas Edward », dit gentiment Alice en remarquant le regard inquiet sur mon visage. « Tout sera parfait. »

« Je souhaite seulement pouvoir être sûr. »

« Et bien je suis sûre », dit-elle un peu taquine, « N'est-ce pas suffisant? »

Ayant besoin de recentrer mes pensées, je décidai de passer le reste de la soirée au piano, au grand plaisir d'Esmé. Je jouai toutes ses pièces préférées, ainsi que le morceau que Bella m'avait inspiré. Je laissai la musique autour de moi m'envelopper jusqu'à ce que le dernier de mes soucis s'envole. Dès qu'il fut assez tard, je partis dans la nuit avec une nouvelle confiance. Je me demandais comment était-il possible que chaque soir, quand je quittais ma famille et tout ce qui m'était familier pour me diriger vers la maison de Bella, à chaque pas que je faisais vers elle, je me sentais plus près de chez moi? Je me précipitai à sans fenêtre, sans bruit, et regardai avec émerveillement la beauté de Bella endormie.

Il y avait quelque chose de différent chez elle cette nuit, et encore une fois je me mis à souhaiter – en vain – pouvoir avoir un aperçu de ses pensées. Son visage était calme, en paix, sans aucune trace d'inquiétude, mais pourtant elle était manifestement agitée. Elle tournait et retournait, et plusieurs fois, elle se réveilla, quoique ses yeux ne s'ouvrirent jamais assez longtemps pour se concentrer sur les choses autour d'elle. Dans le calme parfait, je restai à bonne distance jusqu'à ce qu'elle tombe dans un profond sommeil. Elle ne parla pas aussi souvent que d'habitude, mais je fus heureux d'entendre mon nom lui échapper plus d'une fois.

« Edward… », dit-elle doucement, et instinctivement, je luttai entre mon corps et ma raison. Cela m'était douloureux de rester éloigné, et je fus incapable d'arrêter l'attraction que je ressentis pour elle quand elle prononça mon nom. Je savais que je ne devais pas la toucher, ma main glacée la réveillerait sûrement, mais à chaque seconde qui passait, l'attraction devenait de plus en plus forte. Comme une force gravitationnelle.

« Edward, reste », murmura-t-elle en se tournant sur le côté pour me faire face. « Plus longtemps… ».

Sa demande inconsciente fut assez pour briser la dernière de mes résolutions. Comme un fou et sans aucun contrôle de moi-même, je tendis la main et lentement, je repoussai une mèche de ses cheveux de son visage en faisant attention de ne pas toucher sa peau. Sa tête s'inclina vers ma main, comme si elle savait que j'étais là, et aspirait à se rapprocher de moi. L'esquisse d'un sourire se forma sur le coin de ma bouche.

« Mmmm », soupira-t-elle. Je reçus son souffle chaud directement sur mon visage et je sentis la brûlure familière de ma gorge s'intensifier, mais miraculeusement, elle fut éclipsée par le courant électrique qui semblait passer entre Bella et moi. Cherchant désespérément une distraction, je permis à un de mes doigts de glisser lentement sur sa pommette, sentant passionnément la chaleur de sa peau contre la mienne.

Effrayé qu'elle puisse se réveiller à mon contact froid, je retins ma respiration en écoutant son cœur attentivement, essayant de trouver une indication selon laquelle ses battements changeaient Aussi stable que sa respiration, son cœur continua dans un rythme parfait, et je laissai échapper un soupir de soulagement Quand elle commença à se détendre contre mon touché, je commençai à fredonner tout doucement, en espérant que les rêves qui emplissaient son esprit soient agréables.

La nuit passa très vite, et trop tôt, je pus voir la lueur du soleil passer à travers la fenêtre. Lorsque Charlie commença à bouger, je savais qu'il était temps de la quitter, mais heureusement, je savais aussi que le temps serait encore moins long que d'habitude avant que je la revois.

Être dans l'espace clos de la voiture avec Bella, n'était pas l'option la plus confortable pour moi, mais je n'étais pas prêt d'abandonner un temps précieux avec elle sous prétexte que ça me causait des douleurs physique. Surtout qu'aujourd'hui c'était mon jour pour poser des questions.

Je courus rapidement vers la maison et montai dans ma voiture, retournant chez Bella sans m'arrêter chez moi. Je ne me sentais pas d'humeur à entendre davantage de critiques venant de Rosalie, et je n'avais définitivement pas le temps de me calmer avec la musique si je voulais revenir à temps pour Bella.

Au moment où j'arrivai, Charlie quittait la maison et j'attendis qu'il soit hors de vue pour me stationner à sa place. Je vis Bella jeter un coup d'œil pas sa fenêtre et ris de la façon dont elle eut l'air surprise de voir que j'étais déjà là. N'avait-elle pas compris que j'étais incapable de me tenir loin d'elle? Je pensai frapper à sa porte pour pouvoir l'escorter convenablement vers ma voiture, mais je ne voulais pas la bousculer. Après tout, elle était toujours dans son lit peu de temps auparavant.

Avant que j'aie le temps de me demander ce que l'étiquette appropriée de notre nouvelle situation me permettait de faire, Bella avait fermé la porte et se dirigeait vers ma voiture. Je pris une grande inspiration avant qu'elle n'ouvre la porte pour laisser son odeur s'abattre sur moi. J'étais déterminé à ne rien laisser paraître sur mon visage. Si elle voulait s'ouvrir à moi aujourd'hui, il fallait qu'elle soit complètement à l'aise en ma présence.

« Bonjour », dis-je doucement en souriant quand elle prit place. Elle me regarda avec des yeux remplis d'étonnement, comme si elle attendait toujours que je disparaisse. Ensuite, je remarquai qu'elle semblait légèrement plus pâle que d'habitude et que ses yeux étaient un peu plus rouges. « Comment vas-tu aujourd'hui? »

« Bien, merci », répondit-elle avec désinvolture, mais je pouvais voir qu'il y avait quelque chose qui bouillait sous la surface. Son regard était toujours aussi brillant, mais elle était cernée. Je savais qu'elle avait remué pendant une partie de la nuit, mais j'avais espéré qu'elle ait quand même eu un sommeil réparateur.

« Tu as l'air fatigué », dis-je de plus en plus préoccupé. Je commençai à faire le décompte du nombre d'heure où elle avait eu un sommeil paisible. Le temps que je passais avec elle était toujours flou et il m'était difficile de me rappeler le nombre d'heure exact. Deux heures, peut-être trois? Pas assez pour se sentir bien et réveillé.

« Je n'ai pas dormi », admit-elle.

« Moi non plus », lui dis-je, incapable de résister. Aussi étrange que cela puisse paraître, Bella ne semblait pas dérangée par la réalité de ma vie. En vérité, c'était agréable de pouvoir être honnête avec elle.

« Je suppose que c'est vrai », dit-elle en riant. « Je suppose que j'ai dormi un peu plus que toi. »

« On pari là-dessus? »

« Alors, qu'as-tu fais la nuit dernière? », me demanda-t-elle. Je sentis poindre un petit pincement de culpabilité, et une partie de moi voulait lui avouer que je passais mes nuits à la regarder, à l'adorer. Pourtant, je ne voulais pas qu'elle en ait conscience. En quelque sorte, ça me semblait un peu trop tôt pour lui dévoiler tous mes secrets. Elle en savait déjà beaucoup plus que ce que j'aurais eu l'intention de lui dire, et aujourd'hui, c'était mon tour.

« Aucune chance » lui dis-je avec un petit sourire. « Aujourd'hui, c'est mon tour de poser des questions. »

« Oh, c'est vrai », dit-elle d'un ton qui me fit penser qu'elle souhaitait que j'aie oublié. « Que veux-tu savoir? »

Qu'est-ce que je voulais savoir? Elle était un tel mystère pour moi, et je n'étais pas encore entièrement habitué de ne pas être capable de lire dans ses pensées pour la découvrir par moi-même. Je devais en apprendre plus à propos d'elle en regardant ses magnifiques expressions à chaque instant, mais il y avait des choses sur sa vie que je ne pouvais pas apprendre en la regardant.

Je voulais en apprendre davantage sur son passé ainsi que sur son présent, mais je savais qu'il lui faudrait un certain temps pour se sentir à l'aise de répondre à mes questions, alors je décidai de commencer par quelque chose de facile.

« Quelle est ta couleur préférée? », demandai-je en étant vraiment intéressé, même si elle roulait des yeux.

« Ça change de jour en jour. »

« Quelle est ta couleur préféré aujourd'hui? »

« Le marron sans doute », répondit-elle en jetant un regard vers son pull. Durant un instant, je pensai que les humains préféraient les couleurs vibrantes pour essayer de se faire remarquer. Il était logique que Bella choisisse plutôt des couleurs neutres pour sa garde-robe. Il me parut bizarre qu'elle choisisse cette couleur comme étant sa préférée.

« Marron? », demandai-je incrédule, me demandant si elle venait de dire la première chose qui lui était venue à l'esprit.

« Oui. C'est une couleur chaude. Le brun me manque. Tout ce qui est sensé être brun ici, le tronc des arbres, les rochers, la boue, est couvert d'une mousse verte. » Son visage se transforma en une grimace, ce qui me fit sourire. J'avais oublié que Forks n'était pas exactement son environnement idéal, qu'elle vivait ici seulement par désir désintéressé de laisser sa mère vivre sa vie.

Je regardai ses yeux de plus près et remarquai la façon dont son pull brun foncé les faisait paraître encore plus profond. Ils étaient parfaitement en harmonie avec la couleur de ses cheveux, et j'eus soudain l'envie d'y passer mes doigts. Elle me sourit et je fus frappé par la façon dont tout en elle était chaud, et à cet instant, je compris sa réponse.

« Tu as raison, brun est une couleur chaude », dis-je en attrapant une mèche de ses cheveux pour lui passer derrière l'épaule. C'était comme de la soie dans ma main.

Nous arrivâmes au lycée et je souhaitai immédiatement avoir conduit plus lentement. Je n'étais pas prêt à la laisser s'éloigner de moi.

« Quel est la musique que tu as présentement dans ton lecteur cd? », demandai-je en pensant que si sa couleur préférée changeait à tous les jours, il n'y avait pas beaucoup d'intérêts à lui demander quel était sa chanson favorite. Peut-être était-ce bien que Bella ne soit jamais exactement la même personne de jour en jour? Vivre une existence immuable; j'aimais l'idée que je devrais faire attention à chaque moment où j'étais avec elle pour savoir exactement comment elle se sentait et ce qu'elle souhaitait à ce moment là.

« Linkin Park », dit-elle en riant d'une manière qui me disait qu'il devait y avoir une histoire derrière ça. Je lui souris en retour tout en ouvrant le compartiment à cd. J'en sortis ma propre copie pour lui montrer. C'était toujours plaisant d'apprendre que nous avions quelque chose d'autre en commun.

« Tu préfères ça à Debussy? », demandai-je avec un certain scepticisme en espérant qu'elle allait expliquer ce qu'elle avait voulu dire avec son regard. Au lieu de cela, elle regarda simplement le cd en haussant les épaules.

En sentant qu'elle n'était toujours pas à l'aise de parler d'elle avec moi, je sortis de la voiture, en fit le tour et lui ouvrit la porte. Peut-être que ça sera plus facile pour elle au lycée, autour d'autres personnes, où elle savait que je ne voudrais pas lui demander quoi que ce soit de trop personnel. Elle rayonna de chaleur sur moi quand je lui pris la main pour l'aider à sortir de la voiture, ce qui déclencha une autre question.

« Tu n'as pas l'habitude d'être traité comme une dame? » lui demandai-je en essayant de gardé un ton léger. Je dus admette que je me demandais si oui ou non elle avait eu une relation à Phœnix. Je ne voulais pas l'embarrasser en lui demandant simplement, alors je sous-entendis le sujet en espérant qu'elle me dise quelque chose.

« Tout simplement parce que tu suis les règles d'une autre génération pour être un gentleman », dit-elle légèrement taquine. Puis son expression changea de nouveau et elle me regarda de façon significative. « Tu ne m'as jamais dit quel âge tu as? »

« Non, aujourd'hui, c'est mon jour », dis-je, étonné qu'elle tente toujours de détourner la conversation vers moi. Je n'allais jamais arriver à poser mes questions à ce rythme. « Tu auras ton tour un autre jour », lui promis-je « Mais pour l'instant, je veux en apprendre plus sur toi. »

Elle rougit et me pinça le bras pendant que nous nous tournions pour nous diriger vers le lycée.

« Ok, donc aujourd'hui tu préfères le marron et tu peux aussi bien écouter Debussy que Linkin Park. Donc si je devais t'amener au cinéma, quel genre de film aimerais-tu regarder? »

« Honnêtement, je ne suis pas une grande fan de film, mais je peux regarder à peu près tout ce qui se fait. Je suppose que si je dois choisir, je préfère les comédies. Les films d'action sont corrects, mais pour moi les films d'horreur sont ridicule et n'ont aucun sens. »

« Oh non, tu préfères jouer avec les vrais monstres. »

Elle fronça les sourcils vers moi, alors je continuai rapidement avant qu'elle commence à me faire la leçon sur la façon dont je me considérais

« Ce que je veux dire, c'est que les films qui font mention de vampire, ne sont pas tous des films d'horreur. » Son visage se relaxa et cela me fit rire. Nous continuâmes lentement notre marche vers son premier cours.

« Si tu ne t'intéresses pas plus que ça aux films, quel est ton passe temps favoris? » Elle laissa tomber son regard vers le sol et ses joues prirent une teinte rosée. « Aller », dis-je vivement pour l'encourageant.

« Euh, à part passer du temps avec toi » murmura-t-elle plus pour elle-même. « J'aime vraiment lire. »

J'eus l'impression d'éclater de l'intérieur, mais je me forçai à continuer comme si elle n'avait rien dit. De toute évidence, elle était embarrassée et si elle avait la moindre idée d'à quel point j'aimais être avec elle, elle saurait qu'il n'y avait aucune raison d'avoir honte.

« Quel type de livre aimes-tu lire? »

« Pour la plupart, des classiques. C'est une réponse ennuyante, non? »

« Non pas du tout », la rassurai-je. « Le fait que tu apprécie les grands maîtres de la littérature du passé montre juste que tu as un goût très raffiné. »

Nous parlâmes de ses livres préférés jusqu'à ce que nous atteignîmes sa classe d'anglais et dans un moment d'égoïsme, je considérai l'envie de lui demander de sécher les cours pour passer la journée avec elle. Ses deux premières cours étaient l'une à côté de l'autre, donc il y aurait deux heures avant que je puisse être avec elle de nouveau, bien que j'allais passer chaque minute à la regarder par l'intermédiaire de son entourage.

« Je te vois bientôt », me forçai-je à dire au moment où elle me sourit en entrant dans sa classe. Au moins elle semblait excitée à l'idée que je puisse être impatient de la revoir.

Les cours de Bella se passèrent sans incident, et la plupart de ses amis gardèrent leurs pensées pour eux. Bien que l'esprit de Mike coursait avec des questions sur la relation que nous avions, il resta poli en parlant soit du cours, soit de la température. Je quittai ma propre classe au son de la cloche et je marchai à un rythme un peu plus rapide qu'un humain pour me trouver à la porte de la classe d'Espagnole de Bella pour l'attendre.

« Comment était les cours? », demandai-je en étouffant un petit rire à son expression confuse quand elle remarqua que je l'attendais.

« N'es-tu pas venu de l'autre bout du lycée? »

« Personne ne m'a vu », la rassurai-je. Elle laissa échapper un soupir en me regardant avec désapprobation pendant que nous commencions à marcher.

« Si tu pouvais vivre n'importe où dans le monde, où vivrais tu? », demandai-je, ne voulant pas perdre une minute du temps qu'il m'était accorder pour la connaître un peu plus. Je ne savais pas combien de fois elle serait prête à me laisser poser les questions.

« Honnêtement, à Phœnix. J'aime beaucoup cet endroit. Peut-être parce que c'est un endroit qui m'est familier, mais il m'est difficile d'imaginer vouloir vivre à un autre endroit. Non pas que j'ai vu beaucoup d'endroit. »

« Ainsi, tu n'as pas beaucoup voyagé? »

« Un peu quand j'étais plus jeune, mais ma mère n'a jamais voulu aller trop loin de chez eux. »

« Aimerais-tu voyager? »

« Bien sur, éventuellement. »

« Un endroit en particulier? » Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à tous les différents lieux où ma famille et moi avions vécu. Déménager toutes les quelques années était devenu banal, mais ça m'avait permis de faire l'expérience d'un nombre infini de nouvelles choses. Malheureusement nous étions limités dans nos choix de destination en supposant que nous voulions passer du temps à l'extérieur durant la journée. Le Nord-Ouest était bien pour nous et je me surpris soudainement à espérer que Bella soit heureuse ici.

« Aux États-Unis, j'aimerais voir quelques ville de la côte Est. J'ai seulement voyagé du côté Ouest. »

« Que penses-tu de l'International? »

« Est-ce que je peux dire partout? », dit-elle en riant.

« Ok partout », dis-je en souriant. Je n'avais jamais vu Bella avec un tel intérêt pour les voyages et mon esprit fut instantanément en train d'imaginer tous les endroits où je pourrais l'amener. « Où irais-tu en premier? »

« Définitivement en Europe. »

« Carlisle a passé beaucoup de temps en Europe. Vous devriez en parler ensemble une bonne fois. Il a une quantité incroyable de connaissances sur un nombre infini de sujets. »

« Ça semble merveilleux. Tu dois avoir beaucoup appris de lui au fil des ans. »

« Oui, il a été merveilleux pour moi. À bien des égards un père, souvent un enseignant, toujours un ami. »

Avec cette pensée, nous avions atteint son cours suivant, et je la laissai, à regret et une fois de plus, s'en aller.

« Je vais compter les minutes jusqu'au déjeuner. »

« Venant de quelqu'un qui ne mange pas, je prends ça comme un compliment », dit-elle avec un large sourire en se retournant vers sa classe.

Les minutes s'écroulèrent et quand le déjeuner finit par arriver, elle me salua avec un autre grand sourire. Nous nous assîmes à la même table que la veille, et encore, tous les yeux étaient rivés vers nous.

Qu'est-ce qu'il lui trouve?, pensa grossièrement Jessica.

Elle a juste besoin d'être elle-même pour que les gars veuillent un rendez-vous avec elle, pensa Mike avec colère.

Encore une fois la gentillesse d'Angela m'aida à bloquer les pensées de tous ses gens exaspérants et incapable de s'occuper de leurs propres affaires.

Ils ont vraiment l'air heureux. Il est gentil. Il a enfin quelqu'un, pensa-t-elle en souriant et en agitant la main à Bella sur son passage.

« Angela approuve que nous soyons ensemble », dis-je à Bella une fois que cette dernière soit hors de porté de voix.

« Et le reste d'entre eux? », demanda-t-elle en regardant nerveusement autour d'elle.

« Angela approuve », répétai-je. Le visage de Bella devint à chaque seconde un peu plus rouge. « Mais ne t'inquiète pas pour les autres, ok? Si tu laisses les pensées des autres t'atteindre, tu n'auras jamais la paix. Crois-moi, j'ai beaucoup d'expérience. »

« Oui, je suppose que tu as raison », dit-elle en ramenant son regard vers le mien. Son regard était triste et inquiet, et la dernière chose que je voulais, c'était qu'elle s'inquiète des particularités de ma vie auxquelles j'étais tellement habitué. La seule chose à laquelle je m'intéressais, c'était que Bella semble m'accepter entièrement et j'avais hâte de retrouver notre état d'esprit dans lequel nous nous trouvions plus tôt.

« Donc, Bella veut voyager à travers le monde et lire des classiques. Allons-nous continuer? »

« Si tu en as vraiment envie, mais je ne comprends toujours pas pourquoi tu me trouve intéressante. »

« Tu es un mystère pour moi Bella. Un mystère de plus en plus beau à chacune des pièces du puzzle que je déverrouille. »

Elle rougit profondément. Plus que ce que j'avais pu voir au cours de la matinée. Ses yeux fixèrent ses mains, et elle se mit à les trémousser sur la table.

« Si tu le dis », dit-elle avec une voix basse qui sonnait comme si elle doutait de mes paroles. En plus de son rougissement, elle sourirait maintenant jusqu'aux oreilles.

« Ok, je suppose que tu n'es pas particulièrement doué pour le sport? »

« Tu veux rire de moi? », demanda-t-elle ironiquement en rencontrant mes yeux.

« Oh, c'est juste une intuition. Je pari que ça brise le cœur de Charlie. »

« Je regarde le baseball avec lui parfois, et le football, si je m'ennuie vraiment, mais j'ai renoncé à comprendre les règles il y a quelques années. »

« À quelle activité t'es-tu intéressée quand tu étais jeune? »

« J'ai pris des cours de ballet un certain temps, mais je n'ai jamais été doué dans ce domaine. Je crois que ma mère espérait que ça puisse aider ma coordination, mais l'année où je me suis tordue une cheville lors du spectacle de fin d'année, elle a décidé que c'était peine perdu. »

« Autre chose? »

« J'ai essayé du patinage artistique une fois. »

« Et comment cela c'est-il passé? »

« Elle a envisagé que je retourne au ballet. »

J'éclatai de rire et fus heureux de voir qu'elle rit avec moi. À chaque question que je posais, elle devenait de plus en plus animée. Par moment elle semblait confuse par certaine chose que je voulais savoir, mais au final je crois qu'elle était flattée que je m'intéresse à elle. Ce qui m'encouragea à lui en demander encore plus.

De retour dans sa liste de questions favorites, je fis une petite et rapide enquête.

« Quel est ta saison préféré? »

« À Phœnix l'automne et à Forks l'été. »

« Ton type de plat préféré? »

« Les mets Italiens. »

« Boisson préféré ? »

« La limonade. »

« Crème glacé? »

« Chocolat et crème. »

« Ton animal préféré? »

« Les chiens. »

« Ta pierre précieuse préféré? »

« Topaze. »

J'étais sur le point de lui demander quelle était sa fleur favorite, quand je remarquai qu'elle avait commencé à rougir, et détournée les yeux.

« Il y a quelque chose qui te gêne? », lui demandai-je déconcerté.

« Non », dit-elle timidement, ne voulant toujours pas rencontrer mon regard.

« Qu'est-ce qui se passe? »

« Rien. Maintenant tu ne vas pas me demander quel est mon auteur préféré ou quelle est mon émission de télévision préférée? »

« Non, je veux savoir pourquoi tu rougis? »

« Sans aucune raison. Ça m'a fait pensé à quelque chose. Oublie ça, ce n'est pas une grosse affaire. »

« S'il te plait », demandai-je en essayant de la convaincre de me regarder de nouveau.

« Mon auteur préféré est Jane Austen. »

« Je veux savoir pourquoi ta pierre précieuse préférée est le topaze et pourquoi ça semble te bouleverser? »

« Je ne suis pas bouleversée », dit-elle, feignant la nonchalance en refusant toujours de lever la tête.

« Dit moi », suppliai-je en espérant l'éblouir.

Après quelques instants silencieux, elle poussa un soupir et murmura : « C'est la couleur de tes yeux aujourd'hui. » S'il m'était possible de rougir, j'aurais été aussi rouge qu'elle. Au lieu de cela, j'étais assis là, la regardant fixement, plus heureux que jamais au cour de cette journée. C'était une bêtise de l'être, mais il y avait quelque chose de sincère dans sa voix qui me rendait extatique. Elle n'avait toujours pas levé les yeux et, quand j'entendis son rythme cardiaque s'accélérer, je compris qu'il y avait plus.

« Je suppose que si tu me pose la même question dans deux semaine, je te répondrai onyx. » Je faillis rire en me rappelant à quel point elle me connaissait bien, jusqu'au changement de couleur de mes yeux. Je savourai ce moment, mais je continuai, dans l'espoir qu'elle me regarde à nouveau. Je m'ennuyais déjà de l'intensité de regarder dans ses beaux yeux bruns.

« Quel sorte de fleurs préfères-tu? », demandai-je, heureux qu'elle lève immédiatement la tête.

« Fleur de cactus », dit-elle avec un soupçon de son enthousiasme antérieur.

« Pourquoi ne suis-je pas surpris? », la taquinai-je en levant les yeux au ciel.

J'étais content d'avoir le prochain cours avec elle puisque j'étais loin d'être prêt à la laisser partir. Je continuai à lui poser des questions sur ce qu'elle faisait de son temps à Phœnix pendant que nous nous dirigeâmes vers notre classe de biologie et ne m'arrêtai pas avant que M. Banner arrive. Lorsque je réalisai qu'aujourd'hui allait être un autre jour du film, instinctivement, j'écartai légèrement mon tabouret du sien. Non pas que je pensais que ça allait m'être d'une grande utilité.

Comme je m'en doutais, à la seconde où les lumières s'éteignirent, le courant électrique qui semblait couler entre nous recommença, intensifié par l'obscurité. Je me rappelai à quel point ça avait été merveilleux d'avoir laissé glisser mes doigts sur sa joue la nuit dernière pendant qu'elle dormait ainsi que la texture soyeuse de ses cheveux contre ma main. Je voulais aller vers elle, lui tenir la main dans la classe obscure. Quand elle se pencha et posa son menton sur ses bras, je me battis contre l'envie de faire pareil. Il aurait été si facile de croiser mes bras à côté des siens, laissant notre peau se toucher pour ressentir le courant électrique. Facile, mais pas vraiment une bonne idée.

Je restai donc figé à ma place, regardant comment elle regardait droit devant, prétendant s'intéresser au film présenté. Lorsque les lumières se rallumèrent, elle me regarda et j'espérais ne rien laisser paraître de ma bataille intérieure sur mon visage.

Je ne pus me décider à recommencer à l'interroger sur le chemin vers sa classe de gym. J'étais encore trop perdu dans mon désir de la toucher. Juste avant qu'elle se retourne pour partir, j'effleurai son visage délicat du dos de la main. J'étais certain que peu importe le nombre de fois que je sentirais sa peau parfaite sous ma peau de granite, je ne me lasserai jamais du sentiment de paix que ça me procurait.

Je regardai par les yeux de ses camarades, la façon dont elle resta, fort heureusement, à l'écart tout au long du cours. Mike sembla particulièrement furieux, mais tant qu'il empêchait Bella de se blesser par inadvertance, il m'était difficile de le prendre en faute. Quand le cours se termina, je me dirigeai vers le gymnase et fut ravi de voir son sourire éclatant au moment où nos regards se croisèrent. Si tous les jours pouvaient être comme celui-ci, peut-être que répéter sans cesse le lycée serait moins ennuyant.

Sur le chemin du retour, je remarquai que les yeux de Bella semblaient mélancoliques pendant qu'elle regardait le ciel. Me souvenant de son enthousiasme quand elle parlait de Phœnix, je lui demandai ce qui lui manquait le plus là-bas. J'écoutai avec beaucoup d'attention la façon dont elle décrivait l'endroit, pouvant difficilement l'imaginer. Évidemment, je n'avais pas passé beaucoup de temps dans des endroits très ensoleillés, et je ne me souvenais plus de ce que cela faisait de sentir le soleil sur ma peau d'humain.

J'étais émerveillé en l'écoutant parler de la beauté du soleil qui tombait en cascade à travers les collines et les vallées du lieu qu'elle aimait profondément. À chaque instant qui passait, ses yeux s'éclairèrent de plus en plus et, même quand la pluie commença à tomber autour de nous, ses yeux restèrent remplis de lumière.

C'était cette étincelle, cette passion, qui me donna la confiance que je cherchais désespérément au moment où j'avais eu cette conversation avec ma famille d'emmener Bella dans mon endroit spécial samedi. Il n'y avait aucune douleur assez forte pour m'empêcher de voir son visage illuminé par le soleil.

En l'écoutant, je commençai à réaliser que l'une des choses qui me faisait sentir coupable, était que le simple fait qu'elle ait envie d'être avec moi l'éloignait du soleil. Bien que je craigne encore qu'elle soit repoussée par ma véritable apparence, elle avait clairement indiqué qu'elle voulait passer du temps avec moi, et je commençai tout juste à comprendre que le soleil lui manquerait. Je mis toutes mes craintes de côté, étant déterminé à lui donner au moins cette journée ensoleillée avec moi.

Quand elle eut finie de décrire en détail tous les paysages de l'Arizona, je lui posai des questions sur la maison où elle avait grandi. Elle rit en admettant qu'elle était un peu kitch, ce qui me paru étrange, car elle avait à peine décoré sa chambre ici. Puis, je réalisai que c'était probablement parce qu'elle n'était pas vraiment chez elle. J'avais envie de lui demander plus de précision sur ce qui l'avait amené ici, mais le soleil couchant me rappela que la soirée était proche. Bien que je n'aurais pas détesté être formellement présenté, je n'étais pas sûr qu'elle était prête à expliquer ma présence à Charlie pour le moment.

« As-tu terminé? », demanda t-elle quand elle s'aperçut que je ne la bombardais pas immédiatement par une autre série de questions.

« Loin de là, mais ton père va bientôt rentrer. »

« Charlie! » Elle en eut le souffle coupé, puis regarda autour d'elle un peu égarée, comme si elle avait oublié le reste du monde, excepté nous. Je savais exactement comment elle se sentait. « Est-il très tard? », demanda t-elle et je détestai admettre que notre journée touchait à sa fin.

« C'est le crépuscule », murmurai-je en me rendant compte que c'était le moment que préférais dans une journée. Cela signifiait que le soleil ne nous entraverait plus pour longtemps moi et ma famille et, avec le reste du monde qui se préparait à dormir, nous nous sentions plus libre en quelque sorte. Mais maintenant, avec Bella à mes côtés, j'aurais voulu que la journée se poursuive. Elle changeait la façon dont je voyais le monde. Quand je me tournai vers elle et que je vis sa curiosité, son désir ardent de connaître la part sombre de mon monde, je ressentis tout l'amour que j'avais pour elle se déverser en moi.

« C'est le moment de la journée le plus sûr pour nous. Le plus agréable, le plus triste aussi, en quelque sorte… la fin d'un autre jour, le retour de la nuit. L'obscurité est tellement prévisible, tu ne trouves pas? »

« J'aime la nuit. Sans elle, nous ne verrions pas les étoiles. Bien qu'ici ce ne soit guère facile », rajouta t-elle. Je ris de la manière enfantine à laquelle elle fit la moue. Je ne lui admettrai jamais, ne voulant pas qu'elle pense que je voulais la rabaisser, mais je ne pouvais pas m'empêcher de lui trouver une étrangeté attachante. Les choses les plus étranges semblaient l'irriter.

« Charlie sera là dans quelque minutes. Donc, à moins que tu ne tiennes à lui révéler que tu passeras ton samedi avec moi… » Une partie de moi souhaitait qu'elle lui dise la vérité.

« Non merci », dit-elle avec obstination en saisissant ses livres. « Demain c'est mon tour, hein? »

« Certainement pas! », dis-je avec une voix faussement outragée. « Je n'en ai pas terminé avec toi. »

« Qu'y a-t-il de plus à savoir? », dit-elle avec un soupçon de nervosité.

« Tu verras demain », dis-je en me penchant pour ouvrir la portière pour elle. Je commençai à peine à profiter de l'emballement de son rythme cardiaque à cause de ma proximité, quand quelque chose de complètement inopportun m'interrompit.

Cela dépasse les bornes, entendis-je venant d'une sombre pensée. Il n'a aucun droit d'être ici.

« Aie », dis-je tout bas en débattant pendant un moment à savoir si je devais emmener Bella loin d'ici pour qu'elle n'ait pas à faire face à ce qui allait sûrement arriver. Bien sur, je savais que cela ne ferait qu'empirer les choses.

« Que se passe-t-il », demanda-t-elle inquiète. Je la regardai en essayant de rester calme.

« Une autre complication », dis-je en essayant de contrôler le ton de ma voix.

D'un geste rapide, j'ouvris sa portière pour ensuite accoter mon dos contre mon siège, déterminé à avoir l'air sûr de moi devant Billy Black et son fils. Ce n'était pas le moment ni le lieu pour une confrontation.

« Charlie est au coin », dis-je à Bella. En toute honnêteté, j'essayai surtout de me le rappeler.

Bella sauta de la voiture et je détestai devoir la laisser là. Elle avait compris la nécessité que je doive partir, mais il n'était pas facile de conduire pour m'éloigner d'elle. En appuyant sur l'accélérateur, je m'appliquai à mettre autant de distance que possible entre moi et Billy. Une partie de moi voulait rester près de la maison pour m'assurer que Billy n'allait pas faire ou dire quelque chose qui pourrait la contrarier, mais je savais que rien de bon ne ressortirait si je restais pour écouter. Je faisais confiance à Bella et je savais qu'elle me le dirait s'il disait quoi que ce soit qui dépassait les règles.


Alors avez-vous envie que je continu la traduction?

Miss Lunatik