Bonjour tout le monde ! Et oui, j'ai enfin réussi à récrire le chapitre 13 que mon ordinateur avait effacé alors qu'il était presque terminé… grrrr ! Je dois avouer qu'après ça, j'étais furieuse et pas du tout motivée. Résultat : je vous ai laissé 3 mois sans chapitre sur cette fic et j'en suis désolée ! : ( Je vais essayer que ça ne se reproduise plus !

Pour celles qui auraient un trou de mémoire (bien compréhensible) je vais faire un top chrono des deux derniers chapitres : Edward, après s'être fait enlever par Alice et Emmet, se voit obligé de parler enfin avec Bella. Il décide de lui donner une chance et d'apprendre à la connaître. Le lendemain, il fait visiter le département de musique à Tanya qui sera assistante pour les spectacles avec Bella et sans le vouloir, il répond à son flirt. Bella, furieuse, l'ignore pendant le dîner. Il réussit à se faire pardonner en trouvant les bons mots et il l'invite même à un rendez-vous le soir même.

Et nous en sommes là, à ce fameux rendez-vous !

J'espère que vous aimerez et je vous souhaite une bonne lecture !

CHAPITRE 12-Atteindre la perfection... ou presque !

Assis sur mon lit, la tête entre les mains, j'attends tranquillement que la folie de ma sœur prenne fin. J'espère seulement que ça ne dura pas des heures parce que je n'aurai pas la patience de supporter ça plus longtemps. Mon rendez-vous avec Bella est dans un peu plus de deux heures et je suis légèrement à cran. Mais Alice étant ce qu'elle est, elle ne m'a pas écouté une seconde lorsque je lui ai dit que oui, je suis capable de m'habiller tout seul, comme un grand !

-Je n'arrive pas à y croire Edward ! Tout cet argent, et même pas capable d'avoir un vêtement décent dans ta garde-robe ! Non mais regarde-moi ça : c'est bon à jeter aux ordures !

Elle pousse un soupir théâtral.

-Une chance pour toi : ta grande sœur est là maintenant ! Je te laisserai plus dans une situation aussi désespérée !

-Heu… Alice, tu es ma petite sœur. Et mes vêtements sont très biens, merci beaucoup ! répliquai-je, agacé, sans pour autant relever la tête.

-Mes vêtements sont très biens, merci beaucoup ! répète Alice en imitant ma voix. Tu veux rire ? J'ai vu un SDF qui était mieux habillé que toi aujourd'hui !

Je l'entends marcher vers moi et quelques instants plus tard, elle tire violemment sur mes cheveux pour me faire relever la tête.

-C'est un cas désespéré : il faut que nous allions faire une tournée des boutiques d'urgence !

-Quoi ? NON.

Je la repousse doucement pour me lever et je lui jette mon regard le plus furieux.

-Tu te souviens de notre arrangement ? Je te donnais de l'argent pour acheter ta penderie et tu ne me demandais plus d'aller faire les boutiques avec toi !

Alice prend une moue suppliante, mais cette fois je suis bien décidé : je ne céderai pas !

-C'est différent : ce n'est pas pour moi ! Nous y allons pour toi ! Pour que tu sois présentable à ton rendez-vous de ce soir !

Je secoue la tête et Alice me sort ses yeux de chien battu.

-C'est une situation désespérée Edward.

Je retiens un soupir, ne voulant pas lui donner l'impression qu'elle a gagné. Parce que ce n'est pas le cas, mais… je sais qu'Alice ne lâchera pas le morceau tant que je n'aurai pas cédé. Elle est encore plus têtue que je ne le suis !

Mais j'ai soudain une idée…

-Je sais que je manque de vêtements et si tu veux, je te donnerai de l'argent pour que tu m'achètes quelques trucs cette semaine…

Son regard s'illumine. J'ai visé dans le mile !

-Vraiment ? Tu serais prêt à me laisser refaire ta garde-robe ?

Je grimace. Ouch ! Ça, ça fait mal ! J'ai dit « quelques trucs » pas toute ma garde-robe. Alice n'entend bien que ce qu'elle veut entendre, mais il faut bien faire des concessions pour avoir la paix.

-Ouais. À condition que tu n'achètes pas trop de choses, parce que je te rappelle que je n'ai plus de place pour ranger mes vêtements ! lançai-je en levant les yeux au ciel.

Alice a acheté sa penderie, comme c'était prévu, et elle a convaincu je ne sais comment un de mes colocataires de la laisser l'entreposer dans sa chambre ! Elle a dû se montrer très persuasive pour qu'Alec, qui a la plus grande chambre de nous quatre, accepte et j'aime mieux ne pas penser à ce qu'elle a fait pour y arriver !

Non, n'y pense surtout pas Cullen !

Mais malgré ça, ma sœur manque toujours d'espace pour ses vêtements et elle a donc gardé mon placard, laissant mes vêtements empilé sur mon bureau de travail.

Charmant, non ?

-Oh ! Je serai raisonnable, c'est promis ! Merci grand frère !

Puis elle se jette dans mes bras et me serre contre elle en riant. Je sais déjà que j'ai fait une erreur, raisonnable et Alice ne peuvent être placée dans la même phrase, mais je suis prêt à tout pour qu'elle me lâche un peu. Je suis suffisamment stressé comme ça sans qu'elle en rajoute.

Mais c'était trop beau pour être vrai. Trop facile aussi.

Alice se recule pour observer mon visage et elle me demande, faisant tomber tous mes espoirs :

-Et pour ce soir ? Que vas-tu mettre ?

Je pousse un gémissement, découragé. Pourquoi est-ce que je ne peux pas garder mon t-shirt et mon jean tout simplement ? Bella m'a vu comme ça ce matin et elle n'a pas semblé s'en plaindre ! Pourquoi les filles en général et ma sœur en particulier font-elles une telle obsession avec les vêtements ?

Sauf Bella. Bella est différente des autres filles.

-Ouch ! m'écriai-je soudain, en recevant un coup de poing sur l'épaule.

-Focus Edward ! Tu souriais comme un idiot ! s'exclame Alice, les mains sur les hanches. On a pas le temps de rêvasser : ton rendez-vous est dans moins de deux heures !

Moins de deux heures ? Déjà ?

Je passe une main nerveuse dans mes cheveux.

-J'en sais rien Alice. Je veux dire… je croyais que tu étais la meilleure ! Tu ne peux vraiment pas me trouver quelque chose de présentable à mettre ?

Le visage du lutin se crispe sous la réflexion, puis elle jette un coup d'œil à ma pile de vêtements et lorsqu'elle reporte son attention sur moi, elle semble déterminée.

-Tu as raison : je suis la meilleure. Je vais y arriver !

Je pousse un soupir de soulagement, ne me plaignant même pas lorsqu'elle me fait essayer quatre tenues différentes. Son choix s'arrête finalement sur un simple t-shirt noir moulant sur un pantalon noir, avec un chandail en laine beige par-dessus.

-Hum… il manque un petit quelque chose…

Je lève les yeux au ciel, me sentant arriver au bout de ma patience. J'adore ma sœur, mais là… elle exagère.

-C'est parfait Lice ! Ça ira comme ça…

Elle me lance un regard si féroce que je me tais aussitôt.

-Veux-tu conquérir Bella oui ou non ?

-Je ne veux pas la « conquérir ». Je n'en ai pas besoin.

-Ne sois pas si suffisant ! Tu…

-Ce n'est pas ça, la coupai-je en m'empourprant.

Je me frotte la nuque, mal à l'aise. Je n'aurais pas dû engager cette conversation : Alice va être intenable maintenant.

-Ah non ? Ça y ressemble pourtant, dit Alice avec humeur, mais je vois bien que j'ai piqué sa curiosité.

Idiot ! Idiot ! Idiot !

-Je… c'est Bella… elle… laisse tomber. Tu as raison : je suis trop arrogant !

Ma sœur pointe un doigt accusateur vers moi, ne se laissant pas duper.

-Pas question Edward Cullen ! Termine ce que tu as commencé à me dire !

Elle me fait encore une fois ses yeux irrésistibles et cette fois, je flanche. Je crois qu'au fond, j'ai envie de raconter ce que Bella m'a dit à quelqu'un.

-Hier, Bella m'a dit que… elle m'a dit qu'elle m'aime.

Alice ouvre la bouche de surprise, ce qui lui donne un air plutôt comique, puis elle pousse un cri à vous défoncer les tympans avant de se jeter sur moi.

-EDWARD ! ELLE T'A DIT QU'ELLE T'AIME ? C'EST SUPER ! ET TOI ? QU'EST-CE QUE TU AS DIT ? QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ?

Je détourne la tête, mal à l'aise et je peux presque sentir la bonne humeur de ma sœur retomber. Je sens que ça va barder…

Tous aux abris.

-Cullen, gronde-t-elle d'une voix noire. Ne me dit pas que tu n'as pas réagi ? La fille qui t'intéresse te dit qu'elle t'aime et toi, tu ne réponds pas ?

-Je lui ai proposé qu'on apprenne à se connaître…

-Je suis étonnée qu'elle ait accepté un rendez-vous avec toi après une idiotie pareille ! Vous êtes faits l'un pour l'autre, c'est évident !

Je hausse un sourcil, sceptique.

-Ah oui ? Et tu te bases sur votre rencontre de deux minutes pour me dire ça ?

-J'ai un don pour ces choses-là, et tu le sais !

Je pousse un soupir exaspéré, n'ayant aucune envie de m'aventurer sur un terrain dangereux avec ma redoutable sœur… pas juste avant mon rendez-vous avec Bella.

-Bon, j'ai peut-être été un peu idiot, mais je ne voulais aller trop vite, admis-je à contre-cœur. Au moins, j'ai réussi à rattraper le coup, non ?

-Mouais… mais tu as intérêt à assurer ce soir ! C'est ta dernière chance ! Si tu joues encore l'attardé, Bella va finir par se lasser !

Et bien, ça, ça m'aide à me détendre ! Vraiment. Merci petite sœur !

-Alors ta tenue est d'autant plus importante ! Il faut que tu l'éblouisses ! Comme ça, il y a moins de chance qu'elle le remarque si tu commets une bourde !

Je pousse un grognement, prenant ma tête entre mes mains. Alors on en revient à ça ? Encore ? Je jette un coup d'œil à l'horloge : 17h40. Je dois rejoindre Bella sur le campus à 19 heures et ensuite, je l'amène manger dans un petit restaurant italien de Manhattan. Je pensais partir de chez moi après m'être changé vers 17 heures, pour pouvoir m'entraîner un peu et rattraper les heures de cours que j'ai manqué aujourd'hui…

Mais il semble qu'Alice en a décidé autrement.

-Écoute Lice, il faut vraiment que j'y aille…

-Attends ! Laisse-moi encore cinq minutes ! Je suis certaine que je vais trouver !

Cette fois, je ne céderai pas. Non, je ne céderai pas…

-Tu as deux minutes pas plus.

Et voilà : j'ai encore cédé. Mais comment s'y prend-elle, ce lutin diabolique, pour me faire plier à chaque fois ? Sans même avoir besoin d'insister en plus !

-Deux minutes ? répète Alice. Alors je vais avoir besoin d'aide !

Elle s'élance littéralement vers la porte de ma chambre, l'ouvre à la volée et hurle à plein poumons :

-LEAH ! LEE ! J'AI BESOIN DE VOTRE AIDE !

Je lève les yeux au ciel, excédé. C'est pas vrai ! Elle fait venir la cavalerie en plus ! Comme si j'avais besoin de ça en ce moment…

Leah et Lee entrent dans la pièce, aux pas de course, et s'arrêtent devant Alice.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demande Eric en observant autour de lui. J'ai cru que quelqu'un essayait de te tuer !

-C'est presque ça : Edward a un rendez-vous ce soir ! lance-t-elle en me jetant un coup d'œil critique. Mais je n'arrive pas à le rendre présentable !

Et bien : c'est trop gentil. Que de compliments ce soir !

-Je ne suis pas spécialiste de la mode comme toi Alice, mais moi je le trouve plus que présentable ! lance Leah en me détaillant lentement. Après tout, les vêtements n'ont pas d'importance…

Le visage d'Alice se fige dans une expression choquée.

-Les vêtements n'ont pas d'importance ? s'exclame-t-elle en déposant une main sur son cœur. Tu es folle ? Le look est primordial, surtout pour un premier rendez-vous.

Leah pousse un soupir en secouant la tête, l'air de se dire que décidemment, Alice ne comprend rien. Puis elle me montre du doigt.

-Je sais que c'est ton frère, mais regarde-le objectivement : avec un sourire et des yeux comme les siens, une chevelure si sexy et des fesses parfaites… Edward n'a pas besoin d'avoir un look impeccable pour plaire aux filles !

Je détourne le regard, mal à l'aise. Même si j'ai toujours eu du succès auprès des filles, je n'ai pas l'habitude d'entendre de telles choses sur moi.

-Je sais qu'Edward est beau ! protesta aussitôt Alice. Toutes mes amies ont été amoureuses de lui à un moment ou à un autre de ma vie… mais il doit quand même porter une attention particulière à ce qu'il porte ! Peu importe à quel point les filles le trouvent sexy, s'il ressemble à un clochard, personne ne voudra de lui !

-Bien sûr que si ! Je paris même que cette fille avec qui il sort ce soir n'a jamais remarqué la façon dont il est vêtu… je suis certaine qu'elle était trop concentrée sur son visage pour regarder ailleurs…

-TOUTES les filles remarquent la façon dont les mecs s'habillent…

-Non ! Pas moi !

-Tu es un garçon manqué, ce n'est pas la même chose !

-Heu… les filles ? interviens-je, plutôt timidement. Pourrait-on revenir à ce que je vais mettre ce soir ?

Bien sûr, elles ne me répondent pas. À croire que je suis devenu transparent pour elle. Je lance un regard suppliant à Lee qui se contente d'hausser les épaules.

-C'est pour ça que je préfère les mecs, dit-il en souriant. Les femmes sont trop compliquées !

Là-dessus, je ne peux pas le contredire !

-Et moi je te trouve bien comme tu es. Tu as bien choisi.

Je me jette un coup d'œil dans la glace et approuve d'un signe de tête. Il a raison : Alice a bien choisi. Je ne suis pas aussi doué qu'elle avec les vêtements, mais moi je ne vois rien qui cloche ou qui manque… et en plus, ses deux minutes sont écoulées.

Ce qui signifie que je suis libre de partir.

-Merci Lee. Je crois que je vais y aller maintenant…

J'observe Leah et Alice qui se disputent encore, le ton montant de plus en plus et je décide de m'éclipser en douce. Ma sœur est trop occupée pour penser à me retenir, alors autant en profiter non ?

-Vas-y, je te couvre, dit mon coloc avec un ton de conspirateur.

Je le remercie d'un signe de tête, puis je file hors de ma chambre, descendant les escaliers à toute vitesse pour enfin passer la porte extérieure.

Et voilà : évasion réussie.

Je pousse un soupir de soulagement, mais aussitôt, ma nervosité revient encore plus forte qu'avant. Dans moins de deux heures, je vais être assis à une table de restaurant avec Bella pour notre premier rendez-vous. Après tout ce qu'on a vécu ensemble, c'est un peu étrange de sortir avec elle. Comme si nous allions à reculons plutôt que d'avancer…

D'un autre côté, je sais que c'était la chose à faire. Un rendez-vous est exactement ce dont nous avons besoin. Cette soirée va déterminer la direction que va prendre notre relation. Je sais là où je veux aller : j'ai décidé de me jeter à l'eau, de plonger sans réfléchir et de voir ce qui va arriver.

Je sais aussi que Bella attend plus de notre relation et c'est ce que je veux aussi… mais je souhaite vraiment que nous y allions pas à pas. En commençant par un rendez-vous, un baiser. Un deuxième et un troisième rendez-vous… et après, si tout va bien, je lui demanderai peut-être d'être « officiellement » ma petite amie.

Si elle n'a pas changé d'avis d'ici-là…

Je grogne contre mes propres pensées. Je ne dois pas m'attarder là-dessus, je ne dois pas penser à ça. Tout ce que je veux, c'est passer une bonne soirée avec Bella. Et pour la suite, on avisera en temps et lieux.

Voilà tout.

Je marche vers le campus d'un pas lent, profitant de ce moment de solitude pour reprendre le contrôle de mes émotions et calmer mon appréhension lorsque mon portable vibre dans ma poche.

Aussitôt, une voix dans ma tête me crie : c'est Bella. Elle veut tout annuler.

Je sors donc mon téléphone en retenant mon souffle, mais le message n'est pas de Bella.

« Qu'est-ce que tu fais ce soir ? J'aimerais qu'on sorte. Tanya. »

Je me fige un instant sur le trottoir, me demandant quoi lui répondre. Puis je repense à ce matin, au malentendu que mon attitude avec elle à créer, à ce moment où j'ai cru que Bella ne me pardonnerait pas et je décide de lui dire la vérité.

« Désolé. J'ai un rendez-vous avec Bella ce soir. Edward. »

Je lui envois le message et attend anxieusement sa réponse. J'espère seulement ne pas l'avoir froissée ou pire, blessée. Tanya est vraiment une fille super, j'ai envie qu'elle reste mon amie… mais sans plus.

Elle n'est pas Bella.

N'obtenant aucune réponse, je me remets en marche, pestant contre moi-même. Pourquoi est-ce que j'ai répondu au flirt de Tanya ? Pourquoi est-ce que j'ai encouragé son béguin pour moi, sans même le vouloir ? Je suis un idiot !

Ce n'est qu'en entrant sur le campus que je reçois enfin une réponse.

« Pas grave. On se reprend un autre soir cette semaine ? Tanya. »

Je pousse un gémissement en lisant le message. De toute évidence, elle n'a pas compris ce que j'essayais de lui dire subtilement. Je vais devoir me montrer plus direct, même si je n'en ai aucune envie.

« Impossible : je vais être plutôt occupé cette semaine. Désolé. »

« Alors la suivante ? »

Tout ça est plus difficile que je ne le pensais. Décidemment, Tanya est bien décidée à sortir avec moi. Sauf que je n'en ai pas envie.

Bon, Cullen, fais un homme de toi et laisse le tact de côté. Sois bref et concis.

« Je sais que discuter de ça par sms n'est pas l'idéal, mais il faut que tu saches que je ne sortirai avec aucune autre fille que Bella. Navré si je t'ai laissé croire autre chose. Edward. »

Cette fois, je crois que j'ai été assez clair ! Elle ne peut pas ne pas comprendre… ou alors, elle est vraiment butée !

J'entre dans le bâtiment de l'école, me dirigeant aussitôt vers le département de musique et je me trouve rapidement une alcôve pour répéter. Je sors mes partitions, puis prend une grande inspiration pour faire le vide dans ma tête. Mes doigts se posent d'eux-mêmes sur le clavier et je commence mes exercices. Je me perds dans les notes, pratiquant encore et encore les mêmes enchaînements pour être parfait le lendemain pendant mon tutorat avec monsieur Petrelli. Jusqu'à ce que je sois interrompu au bout d'un moment par un nouveau message de Tanya.

« Je crois que tu fais une erreur. Comment peux-tu prendre une décision sans savoir comment ça serait avec moi ? Laisse-moi au moins une chance. Tanya. xxx»

D'accord, maintenant j'ai compris : cette fille est butée! Et qu'est-ce que je lui réponds maintenant ? Je ne peux quand même pas lui dire que je suis amoureux de Bella !

Je pousse un soupir, reposant mon téléphone sans répondre, et je reprends mes exercices. Mais je n'arrive pas à me concentrer. Je ne peux pas laisser Tanya comme ça. Je ne suis pas un lâche.

« Ce serait mieux d'en discuter en personne, tu ne crois pas. On pourrait peut-être manger ensemble un midi cette semaine ? »

La porte s'ouvre alors derrière moi.

-Ah ! Je te l'avais bien dit qu'il serait là ! dit la voix reconnaissable entre toutes d'Emmet.

Je me retourne, surpris, découvrant mon meilleur ami dont l'énorme silhouette cache presque complètement celle de Bella dissimulée derrière lui. Paniqué, je repose mon téléphone et je bondis de mon siège.

-Merde ! jurai-je en passant une main dans mes cheveux. J'ai perdu la notion du temps et je suis en retard, c'est ça ?

Bravo Cullen ! En retard pour votre premier rendez-vous… là, tu fais fort !

-Je suis vraiment désolé Bella…

Emmet éclate de rire, mettant fin à mes excuses, puis il m'envoie une tape amicale sur l'épaule.

-Calme-toi vieux : tu n'es pas en retard. Mais on a fini à l'avance et comme j'étais certain de te trouver ici, j'ai amené Bella.

Je pousse un soupir de soulagement : catastrophe évitée. Je porte alors mon regard sur Bella qui me fait un sourire timide. Je sens plus que je ne le vois Emmet gigoter à côté de moi.

-Bon, hum… je crois que je vais vous laisser. De toute évidence, vous n'avez plus besoin de moi, dit-il d'un ton qui ne lui ressemble pas. Bonne soirée !

Emmet nous fait un sourire qui me semble crispé, puis il sort de la minuscule pièce, refermant la porte derrière lui. Je m'avance aussitôt vers Bella, n'écoutant que mon instinct, et je la prends dans mes bras. Celle-ci se laisse aller dans mon étreinte, passant ses petites mains autour de mon cou pour me serrer un peu plus contre elle.

-Je croyais que 19 heures n'arriveraient jamais, murmure-t-elle dans mon cou.

Je souris béatement : j'étais exactement dans la même disposition d'esprit.

-La journée m'a semblé interminable, approuvai-je en déposant un baiser sur ses cheveux.

Bella relève la tête vers moi, un sourire magnifique étirant ses lèvres. Je plonge mon regard dans le sien et le temps semble s'arrêter autour de nous. Peut-on donner un baiser à une fille avant même que le rendez-vous ait commencée ? Après tout, ce n'était pas comme si nous n'en avions jamais échangé ! Un de plus ou un de moins…

Mais je me suis promis de faire les choses correctement cette fois et je veux m'y tenir. Je me penche donc vers elle pour déposer tendrement mes lèvres sur sa joue.

Lorsque je me redresse, Bella me fait une moue déçue.

-C'est tout ? demande-t-elle, adorable.

Je caresse son visage du bout des doigts.

-Pour l'instant, oui.

-D'accord. Pour l'instant, je peux m'en contenter. Alors, qu'as-tu prévu pour ce soir ?

Je me détourne d'elle pour ramasser mes effets, puis je me dirige vers la porte que je lui ouvre, lui faisant signe de passer.

-J'espère que tu aimes l'italien…

-J'adore !

-Parfait ! Et… ça ne te dérange pas de marcher ? J'ai pensé qu'on pourrait se promener un peu à à Times Squares après le repas. J'adore New-York le soir !

Nous marchons vers la sortie et ma main se glisse naturellement dans celle de Bella. Ses doigts se resserrent aussitôt sur les miens. Je souris : j'aime ce que je ressens à cet instant. Cette nervosité mélangée à un bonheur presque trop intense me rendent presque euphorique. Je ne peux m'empêcher de sourire comme un idiot depuis que Bella ait apparue dans mon champ de vision.

-Je n'ai pas encore visité la ville de nuit.

-Vraiment ? m'étonnai-je.

Quiconque vit à New-York se doit de voir la ville qui ne dort jamais au milieu de la nuit. C'est un incontournable !

-Alors j'essaierai d'être le meilleur guide possible.

-Je sais que tu y arriveras : tu sembles être bon en tout !

La phrase de Bella me fait penser à ce que Tanya m'a dit ce midi même et je perds mon sourire. Elle n'a pas encore répondu à mon message, mais je suis certain qu'elle le fera à un moment ou à un autre. Et je n'ai pas envie que ces sms viennent me gâcher ma soirée avec Bella.

Je m'arrête donc de marcher, obligeant Bella à en faire de même, et je sors mon téléphone de ma poche.

-Qu'est-ce qu'il y a ? me demande Bella lorsque je le ferme.

Je lui fais un sourire rassurant.

-Rien du tout. Je n'ai pas envie d'être dérangé. Pas ce soir.

Ce soir, il n'y aura qu'elle et moi. Juste elle et moi.

-Tu as raison : je n'ai pas envie non plus de recevoir d'appel. Pas ce soir.

Elle m'imite donc et nous reprenons notre marche en silence, nos mains toujours liées. Ce n'est pas un silence mal à l'aise de gens qui n'ont rien à se dire… au contraire. C'est le silence de deux personnes qui n'ont pas besoin de parler pour se sentir bien. C'est étrange. Perturbant même. Comme si je la connaissais depuis toujours. Et soudain, je réalise que je me suis fait du souci pour rien, que je n'ai aucune raison d'être nerveux.

Tout va bien aller. C'est une évidence.

-Parle-moi un peu de tes cours, dis-je à voix basse pour ne pas briser la quiétude de ce moment. Est-ce que tu aimes ça ? Est-ce que c'est à la hauteur de tes attentes ?

-C'est difficile, exigeant, mais j'adore ça ! Je me suis découvert un certain talent pour la création littéraire alors que j'avais toujours été persuadé que je n'avais aucune imagination ! Et le cours sur les mouvements littéraires est aussi passionnant. Je crois que si ça n'avait pas été le cas, je n'aurais pas tenu le coup et je serais retournée en pleurant en Forks. Ma vie était tellement misérable en arrivant ici… mais c'était avant que je te revois.

-Toi ? Misérable ? J'ai du mal à le croire ! protestai-je aussitôt en secouant la tête.

-C'est la vérité. Je te l'ai dit : je n'avais pas d'amis, pas de travail, pas d'occupation, aucune relation avec qui que ce soit en-dehors des cours…

-Bella… ça, c'est seulement parce que tu es timide. Ça te prend un peu de temps avant de t'ouvrir aux autres. Mais même si je n'étais pas ici, si j'étudiais dans une autre université ou même sur un autre campus de l'Université de New-York, ta vie ne serait plus misérable maintenant. Tu aurais Jasper, Emmet et Tanya. Tu ne serais plus seule.

-Peu importe. Je suis heureuse que tu sois ici.

Ses joues deviennent rouges et je souris, portant sa main à mes lèvres pour y déposer un baiser.

-Moi aussi je suis heureux. Je ne voudrais être nulle part ailleurs.

Bella s'arrête brusquement, son regard intense me brûlant. Elle se mord la lèvre nerveusement sa cesser de me fixer et j'hausse un sourcil en signe d'interrogation, me demandant ce qui lui prend.

-Tu es certain qu'on ne peut pas échanger juste un baiser ? murmure-t-elle, en baissant la tête vers le sol, intimidée. Est-ce qu'il y a une règle qui interdit de s'embrasser pendant un rendez-vous ?

-Sûr et certain. Il faut attendre la fin de la soirée, lorsque je te raccompagnerai chez toi.

Bella pousse un gémissement. Je souris, amusé. Mais je dois avouer que c'est pénible pour moi aussi d'attendre tout ce temps. Ce serait tellement facile de me pencher vers elle pour cueillir ses lèvres… de la ramener tout de suite chez elle où je pourrais l'entraîner vers sa chambre…. dans son lit…

Je secoue la tête pour m'enlever ses idées de la tête.

-La fin de la soirée ? J'ignore si je vais tenir jusque là, se plaint Bella avec une moue craquante.

Je me penche et dépose un bisou sur son nez.

-L'attente n'en vaut-elle pas la peine ? soufflai-je, à quelques centimètres de son visage. Imagine à quel point ça va être bon après avoir attendu tout ce temps !

Bella pousse un nouveau gémissement, complètement différent du premier. Un gémissement de plaisir qui réveille une partie de mon corps que j'aurais préféré voir endormi.

Je passe mon bras autour de sa taille pour l'amener contre moi et j'enfouis mon nez dans ses cheveux.

-Si tu refais ça, je ne réponds plus de rien.

Et bien sûr, elle le refait aussitôt, me mettant à l'épreuve je suppose.

-Bella, grondai-je.

-Edward, c'est toi qui tiens à être raisonnable. Si ça ne tenait qu'à moi…

Je dépose mon doigt sur ses lèvres pour la faire taire. Je ne vais pas tenir si je la laisse me dire ce dont elle a envie en ce moment même. Et peu importe mon envie d'elle, je ne laisserai pas le sexe tout gâcher entre nous. Pas encore une fois.

-Chut… tu es tellement impatiente ! On a toute la soirée et toutes les suivantes devant nous. Alors profitons de ce temps que nous pouvons passer seuls tous les deux, d'accord ?

Bella hoche la tête, son regard rivé au mien, semblant complètement hypnotisée. Je relâche mon étreinte et cette fois, c'est elle qui prend ma main dans la sienne.

-À ton tour maintenant de me parler de tes cours. Tu ne regrettes pas médecine ?

-Aucune chance. J'ai enfin suivi la voie évidente pour moi… toutes ces années à avoir peur pour rien ! C'est ça que je veux faire de ma vie Bella ! Quand je suis derrière un piano, seul avec mes partitions, c'est comme si le reste du monde n'existait plus. Il n'y a plus que tous ses sentiments que je veux faire sortir de moi-même, cette partie de moi que je veux léguer aux autres, qui compte. Et même si quelques cours sont un peu trop rigoureux et ennuyant à mon goût, le tutorat avec monsieur Petrelli à lui seul en vaut le coup. Je n'avais jamais autant appris en si peu de temps !

Bella me fixait, les yeux exorbités, et je me passai la main dans les cheveux, conscient de m'être laissé emporter.

-Hum… désolé.

Belle éclate de rire, de ce rire si doux qu'il m'a fait tomber amoureux d'elle, et je souris.

-Ne le soit pas, dit-elle, hilare. C'est seulement que… wow ! Je ne t'avais jamais entendu parler aussi longtemps sans reprendre ton souffle !

-Ah ! Oui… ce doit être Alice qui m'a appris ! répondis-je avec une grimace désolée.

-Ta sœur semble être un sacré numéro !

-C'en est un… je me demande de qui elle tient ça d'ailleurs parce que mes parents sont plutôt de nature calme et posée. Elle doit compenser pour le reste de la famille j'imagine !

-Elle serait parfaite pour Emmet, tu ne crois pas ? propose Bella en riant et je prends une mine horrifiée.

Mon Dieu ! Non ! Tout mais pas ça !

-Tu veux ma mort Bella ? Alice et Emmet ? Ensemble ? New-York serait détruit en quelques heures ! Pire que ça : ce serait la fin du monde ! L'apocalypse !

–Tu n'exagères pas un peu ? se moque Bella.

-Imagine Bella : Emmet, sortant avec un lutin plus fou que lui, totalement despotique et autoritaire, et qui en plus est capable d'obtenir tout ce qu'elle veut de n'importe qui d'un seul regard…

Bella prend à son tour une mine horrifiée.

-Oh mon Dieu ! s'écrie-t-elle, dramatique. Tu crois qu'on devrait se planquer tout de suite ?

Je passe un bras autour de sa taille en riant, la rapprochant de moi par la même occasion.

-Pas besoin. Il n'y a aucune chance que ça arrive ! Emmet est…

Je me tais avant d'en dire trop.

« Emmet est déjà intéressé par quelqu'un d'autre. Toi en l'occurrence. »

Je ne peux pas vraiment lui dire ça. Peut-être qu'elle le sait ou peut-être pas. D'une façon ou d'une autre, ce n'est pas à moi de lui en parler. À la vérité, je préférerais que cette histoire tombe aux oubliettes. Comme Emmet a abdiqué devant moi avant même d'avoir essayé de sortir avec Bella, il n'y a aucune raison d'en parler non ? Ou même d'y penser…

Sauf qu'il est trop tard maintenant : je ne peux m'empêcher de me demander comment se sent Emmet en cet instant. Je revois son visage juste avant qu'il ne nous laisse Bella et moi. J'entends de nouveau son ton de voix terne, sans vie lorsqu'il nous a souhaité bonne soirée… Est-il triste de me savoir en compagnie de Bella ? A-t-il l'impression de perdre la boule à force de se demander ce qui va se passer entre nous ce soir, comme moi je le ferais si j'étais à sa place ? Une bouffée de culpabilité m'envahit à l'idée de ce que je fais subir à mon meilleur ami en ce moment même. Égoïste comme je suis, je n'ai même pas pris le temps de me préoccuper de lui. Oui, il m'a poussé dans les bras de Bella… mais ça ne veut pas dire que ça ne le fait pas souffrir. C'est seulement maintenant que j'en prends conscience.

-Edward ? Edward ? Emmet est quoi ?

-Hein ?

Je tourne mon visage vers Bella, tentant de sortir de mes pensées pour me concentrer sur elle et je vois ses sourcils se froncer.

-Ça ne va pas ? Qu'est-ce qu'il y a ? me demande-t-elle, soucieuse.

Je me secoue pour reprendre mes esprits, puis je tente un sourire rassurant, sentant mon estomac se tordre dans mes entrailles. Il faut que je sache comment va Emmet. Le plus tôt possible.

-Ça va. On est plus très loin du restaurant et je meurs de faim; dépêchons-nous !

Je relâche mon étreinte pour accélérer le pas, l'entraînant vers la rue plus animée où se trouve le bistro italien. En entrant dans le restaurant, je vais prétexter un besoin urgent pour m'éclipser aux toilettes où je vais téléphoner à Rosalie. Elle acceptera sûrement de rendre visite, ou au moins d'appeler Emmet, pour savoir comment il se porte.

Parce que je ne me vois pas vraiment lui téléphoner personnellement comme je devrais le faire.

« Hey Emmet ! Je suis à mon rendez-vous avec Bella, mais j'ai soudainement retrouvé ma conscience et je voulais savoir comment tu allais ! Alors ? Tu tiens le coup ? Ça ne te dérange pas si on échange un baiser ou deux ce soir ? »

Disons que ça le fait plus ou moins.

-Edward ! Attends ! Tu vas trop vite !

Le cri de Bella me tire encore une fois de mes pensées et je réalise qu'elle peine à suivre mon rythme. Je m'arrête aussitôt, me traitant de tous les noms. Avec mon accès de culpabilité, je suis en train de gâcher ce qui s'annonçait comme une soirée parfaite !

Bella me rejoint, son visage crispé dans un air furieux.

T'es qu'un crétin Cullen ! me souffle la voix de ma conscience. Et elle a parfaitement raison.

-Je suis désolé Bella, dis-je en vrillant mon regard au sien, tentant de prendre ma voix la plus persuasive pour qu'elle me pardonne.

Elle croise ses bras sur sa poitrine, me lançant un regard peu amène. Ça va mal pour moi…

-Qu'est-ce que tu as ? Tout était parfait et tout d'un coup, tu deviens distant et…

Elle se mord la lèvre avec force, puis baisse la tête au sol, semblant honteuse. Alors qu'elle n'a rien à se reprocher.

-Est-ce que j'ai fait ou dit quelque chose qui t'a déplu ? demande-t-elle dans un murmure.

Je mets quelques secondes à réagir tant il me paraît impossible qu'elle puisse penser ça… puis je réalise qu'elle croit vraiment avoir fait un faux pas avec moi alors je l'attrape par la taille pour l'attirer dans mes bras.

Un crétin fini oui !

-Bella, tu n'as rien à te reprocher. C'est moi et mon caractère de merde le problème ! J'ai pensé à… une situation que je dois régler et je n'arrive plus à penser à autre chose. Mais je te promets que je vais faire un effort.

Je sens ces petites mains qui s'accrochent à mon chandail et je ressers ma prise autour de sa taille, enfouissant mon nez dans ses cheveux.

-Je suis désolé, répétai-je.

Bella se défait alors de mon étreinte et elle relève la tête en prenant une grande inspiration. Elle semble si vulnérable en cet instant que mon cœur se serre et je me dis que décidemment, j'aime cette femme.

Je l'aime.

Apprendre à la connaître n'y changera rien. Le temps n'y changera rien non plus. Pas plus que tous les rendez-vous que nous pourrions avoir.

Je suis amoureux. C'est définitif et irrévocable.

Je fais un pas vers elle et prends son visage en coupe.

Allez. Dis-lui : je t'aime Bella… c'est pas si compliqué.

Je me penche plutôt vers elle pour déposer un léger aussi baiser qu'une plume sur ses lèvres, résistant à la délicieuse tentation d'approfondir cet échange.

-Je suis désolé, dis-je pour la troisième fois. Je ne recommencerai plus.

Je dépose encore une fois mes lèvres sur les siennes et lorsque je me recule, Bella me fait un sourire lumineux.

-Tu utilises des arguments très… convaincants.

-Cela veut-il dire que je suis pardonné ?

-Hum… non. Pas encore.

Je souris à mon tour avant d'effleurer ses douces lèvres un peu plus longtemps cette fois. Les bras de Bella se joignent derrière ma nuque, me gardant prisonnier à quelques millimètres de son visage.

Comme si je pouvais avoir envie de m'éloigner…

-Et là ?

-Toujours pas.

Je m'empare de sa bouche à nouveau, venant la taquiner quelques secondes avec ma langue avant de me séparer de nouveau d'elle.

-Pas encore, souffle-t-elle, haletante, avant que j'ai pu dire quoi que ce soit.

-Je vais devoir sortir le grand jeu alors…

Je l'attrape fermement par la taille pour la rapprocher de moi et cette fois, je prends ses lèvres dans une étreinte exigeante et passionnée. Nos langues se rejoignent presque aussitôt, dansant ensemble, alors que tous mes sens s'enflamment.

Pourquoi donc voulais-je me passer de ça, même le temps de quelques heures ?

Ah oui ! Parce que je suis un idiot dès qu'il s'agit de Bella !

J'aurais pu continuer à l'embrasser jusqu'au lever du jour, debout dans cette rue, sans jamais m'arrêter… malheureusement, mon désir d'elle s'éveille rapidement et je me vois obliger de rompre notre baiser. Ce serait plutôt embarrassant d'entrer dans le restaurant avec une bosse dans mon pantalon !

Je dépose mon front contre le sien, le souffle court, les yeux fermés.

-Pardonné, dit-elle alors et je peux sentir le sourire dans sa voix.

-Merci.

Et je lui suis véritablement reconnaissant.

-Je croyais que tu ne devais pas m'embrasser avant de me raccompagner chez moi ? demande-t-elle d'un ton taquin.

J'ouvre les yeux pour plonger dans son regard chaleureux et je lui sors mon plus beau sourire.

-C'est ce que j'avais prévu… mais j'ai quelques difficultés à tenir mes résolutions lorsque tu es près de moi.

-Hum… intéressant. Je vais m'en rappeler.

-Et t'en servir contre moi ?

-Oui, pourquoi pas ?

J'hausse les épaules. Cette option me plaît bien en réalité.

-Je serai une victime consentante.

-Encore plus intéressant, ajoute Bella dont le regard descend de mon visage à mon torse, dans une lenteur délibérée.

Je ferme les yeux un instant, tentant de résister à cet élan qui me pousse à l'embrasser de nouveau. Je suis un gentleman, je dois quand même garder un certain contrôle ! Je veux lui prouver que je sais me tenir, contrairement à ce que je lui ai montré de moi jusque là.

-Allons-y, soufflai-je en me détournant, prenant sa main au passage pour qu'elle ne croie pas que je lui en veux, une fois encore.

Après un instant de silence tendu, non pas à cause d'un quelconque malaise mais plutôt de cette attirance irrésistible qui nous pousse l'un vers l'autre et qui me ferait commettre des actes de grossière indécence, je lui dis :

-Alors, c'est mon tour de poser une question je crois… non ?

Bella prend un air étonné.

-Tu as passé des heures à me poser des questions hier ! N'as-tu pas appris tout ce que tu voulais savoir ?

-Rêve !

Je réfléchis un instant, cherchant par quoi commencer. Il y avait encore tant de choses que je voulais connaître d'elle !

-De quel côté du lit dors-tu ?

Les joues de Bella prennent une appétissante teinte rouge, sans que je ne sache pourquoi. À moins que comme moi, elle nous imagine tous deux dans un lit, enlacés…

-En fait, j'ai tendance à prendre toute la place dans le lit… mais c'est sûrement parce que je dors toujours seule. Est-ce que cette question était purement innocente ou si tu as une idée derrière la tête ?

-Ça n'avait rien d'innocent, bien sûr ! lui répondis-je avec un clin d'œil.

Son visage devient encore plus rouge, se rapprochant dangereusement de la couleur d'une tomate et ça me fait rire. Définitivement, elle est adorable. À croquer même…

-As-tu besoin d'une tasse de café pour être de bonne humeur le matin ?

-Hey ! proteste-t-elle en me jetant un regard faussement furieux. C'est mon tour de poser une question !

-Non : tu l'as déjà posé ! Tu m'as demandé si ma question était innocente…

Elle ouvre la bouche pour répliquer, mais la referme presque aussitôt, réalisant que j'ai raison. Ses lèvres prennent une moue boudeuse et je ne peux résister, je me penche pour les cueillir dans un tendre baiser.

-Alors ? soufflai-je lorsque je me recule. Café ou non ?

-Sauf exception… non. Ça m'empêche de dormir et ça me rend nerveuse toute la journée ! Et maintenant, c'est mon tour !

Elle pointe un doigt menaçant vers moi et je lève les mains pour lui montrer que je me rends. Mais à ce moment, nous arrivons devant le restaurant et je lui fais signe d'attendre. Je lui ouvre la porte et je lui suis à l'intérieur, ma main reposant dans le bas de son dos. Une hôtesse nous assigne notre place et ce n'est que lorsque nous sommes bien assis, nos mains se rejoignant sur la table, nos yeux rivés l'un à l'autre, que la bombe tomba sur moi…

-Alors, je disais donc que c'est mon tour de poser une question…

Elle fait mine de réfléchir, mais je devine à son air qu'elle a déjà une question toute prête et qu'elle essaie seulement de trouver le courage de la poser. Je commence une caresse que je veux apaisante sur sa main avec mon pouce, me rapprochant d'elle par-dessus la table.

-Tu sais que tu peux tout me dire Bella… tu peux me demander tout ce qui se passe dans ta tête…

Elle hésite encore.

-Allez, je veux savoir. Je suis curieux maintenant. Qu'est-ce qui te rend aussi mal à l'aise ?

-Je… heu… avant notre nuit au club, quelle est la dernière fille avec qui tu as couché ? demande-t-elle dans un murmure, mais je ne l'entends qu'à moitié.

-C'est pas vrai, grognai en me cachant le visage entre les mains. Mais c'est pas vrai !

Je croise le regard de la fille assise à quelques tables de nous et elle me fait un sourire, m'envoyant un signe de la main…

Visiblement, elle est heureuse de me voir ! Ce qui n'est pas mon cas ! Loin de là…

Mon rendez-vous avec Bella vient de littéralement tomber à l'eau !

Bon, ce n'était pas prévu que j'arrête ici… mais comme j'ai vu que je n'arriverais pas à détailler tout le rendez-vous dans un seul chapitre je me suis dit : autant garder un peu de suspens, non? Alors, votre verdict pour ce début de premier rendez-vous ? Et vos pronostics pour la suite ? Vos envies aussi, parce que j'ai encore quelques hésitations sur la fin : lemon ou pas ? Romantique ou pas ? Drôle ou non ? De quoi avez-vous envie pour nos deux tourtereaux ?

Merci d'avoir lu jusqu'ici, merci d'être toujours là malgré mes retards qui risquent de ne pas s'arranger vu le peu de temps que j'ai maintenant pour écrire ! Mais pour cette fic, comme le début du prochain chapitre est écrit, je devrais m'en sortir en deux semaines !

Pour la vie des gens riches et célèbres, suite cette semaine, vendredi.

Pour Peu importe où tu iras… aucune idée quand je pourrai bosser sur la suite. Désolée. : (

Je vous dis donc à bientôt, même très bientôt pour ceux qui lisent mon autre fic !