Coucou ! Encore moi, ben oui désolé, lol ! Que dire ? Cette histoire voilà un bon moment que je voulais l'écrire, un petit bonheur que je me suis accordée pour mon plaisir personnel et ensuite pour vous. J'espère que vous passerez un bon moment et je vous souhaite une bonne lecture. S.N

Je ne vous oublie pas caro06 ! Merci.

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Le début d'une nouvelle vie.

Le ciel gris allait parfaitement bien avec l'humeur d'Harry Potter aujourd'hui, un ciel plombé et lourd où des volutes de nuages noirs planaient au dessus du quatre Privet Drive.

Le jeune homme se leva fatigué d'avance des réflexions qu'il n'allait pas manquer d'entendre à son encontre. Bon il en avait l'habitude depuis le temps qu'il habitait chez les Dursley. Mais il faut dire qu'en ce moment c'était vraiment plus qu'il ne pouvait en supporter, la coupe en était tellement pleine quelle débordait depuis des jours et des jours.

Pourtant il n'avait pas vraiment le choix, le square Grimaurd avait brûlé et il n'avait pas d'argent pour se trouver, ou louer, un appartement qui serait bien à lui pour y vivre enfin tranquille et surtout seul.

De temps en temps quand il avait un petit moment de libre il épluchait les petites annonces dans la gazette du sorcier. Il espérait voir si par hasard il ne trouverait pas un travail supplémentaire bien à lui et dont le fruit de son labeur irait dans sa poche et qui lui proposerait un logement par la même occasion. Mais rien, après la bataille les prix de toutes choses avaient flambé à une vitesse hallucinante et là il commençait à perdre espoir.

Harry travaillait pas très loin d'ici, c'était son oncle qui lui avait trouvé cet emploi. Il aurait pu mettre de l'argent de côté diriez-vous ! Mais non, ces braves Dursley le lui faisaient remettre pour, soi-disant, payer la nourriture qu'il ne mangeait même pas. Nourritures qui leur revenaient très chères et que Dudley s'empressait d'avaler d'ailleurs.

Son travail était épuisant, le matin de bonne heure, dès cinq heures en faite, il devait décharger des camions de marchandises qu'on lui faisait ranger au fond d'un hangar immense. Le patron était intolérant et exigeait que le travail soit fini avant qu'il ne parte. La journée terminée le jeune homme rentrait chez les Dursley, prenait une douche rapide et parfois avant de s'endormir quand personne ne traînait dans la cuisine il parvenait à chiper un morceau de pain qu'il mangeait couché sur son lit.

Aujourd'hui c'était dimanche pourtant il n'était pas question pour lui de paresser. Il avait des corvées à faire comme préparer le petit-déjeuner, arroser les foutues plantes de la tante pétunia, vider les poubelles que le gros porc de Dudley jetait par terre pour les lui faire ramasser. Enfin bref ! Il en avait jusqu'à midi et encore s'ils ne trouvaient pas autre chose à lui faire faire comme c'était souvent le cas.

Ce matin-là quand les Dursley furent attablés et que Harry les servit il sentit un silence pesant, le calme avant la tempête, pensa-t-il. Le jeune sorcier ne se trompa pas, l'homme rubicond qui lui servait d'oncle explosa de rage quand il le vit prendre un morceau de pain en retournant dans la cuisine et le mettre dans sa poche.

-Repose ça garçon ! Lui cria Vernon Dursley. Est-ce qu'on ne te donne pas assez à manger dans cette maison que tu nous voles ?

-Non, murmura Harry tout bas en reposant le morceau de pain d'un air résigné.

-Répète voir le monstre, je n'ai pas très bien entendu !

-J'ai dit non ! Répéta Harry en se redressant du haut de son mètre soixante-dix.

-Tu oses me soutenir qu'on ne te nourrit pas !

-C'est-ce que j'ai dit oui, redit Harry qui n'en pouvait plus de cette vie de misère qu'on lui faisait mener.

-Si tu n'es pas content de ton sort tu peux toujours partir on ne te retient pas, répliqua la tante avec son air pincé. Nous n'avons jamais demandé à nous occuper de toi, tu nous as été imposé et je trouve que nous avons été plus que patient.

-Ouais ! Tu peux dégager, Potter, ricana Dudley en s'empiffrant de lard frit. On en a marre de ta sale gueule d'anormale.

-Toi on t'a pas causé la baleine ! S'exclama le Gryffondor en sortant de la cuisine sous les hurlements horrifiés de la tante et les postillons de son mari qui vociférait en essayant de calmer la mère du cétacé.

Le jeune Harry Potter au corps mince, aux cheveux toujours indisciplinés, aux lunettes rondes et qui accusait un poids de cinquante kilos monta les marches qui menaient à sa chambre d'un pas décidé. Parvenu dans la pièce qui ne lui rappelait que des mauvais souvenirs il emballa ses maigres affaires qui restaient en sa possession, c'est-à-dire pas grand-chose, puis son regard tomba sur la cage vide de sa chouette qui était morte dans l'année.

Il n'avait pas voulu la remplacer, il ne voulait pas qu'un autre animal prenne sa place.

Le garçon ne s'attarda pas, il prit son sac, dévala les escaliers et sortit en claquant violemment la porte. C'était puéril mais ça avait le mérite de le soulager un peu.

Le survivant se mit en route pour Pré-au-lard, il voulait revenir dans le monde sorcier, finalement peut-être aura-t-il plus de chance là-bas. Pour revenir à son travail ici aucun problème il pouvait toujours transplaner, même sans baguette et sans sa magie qui avait disparue depuis que Voldemort était trépassé il pouvait le faire.

Harry transplana sans perdre plus de temps.

Sans un sou en poche, seulement vêtu de son jean usé qui retombait sur ses hanches et d'un vieux pull de Dudley et d'une cape légère, Harry arpenta les rues du village sorcier pour trouver du travail à faire le soir. Il se disait qu'avec deux emplois il remonterait ses finances au plus vite et ainsi il pourrait louer une chambre chez madame Rosmerta ou se trouver un petit appartement et recommencer une nouvelle vie.

Quelles belles illusions !

Le jeune homme admira le reste des décorations d'halloween qui parsemaient les rues animées, des citrouilles posées sur le rebord des fenêtres finissaient de s'éteindre. Des lanternes représentant des sorcières vêtues de noir chevauchant des balais disparaissaient les unes après les autres, en attendant elles seraient rangées dans une pièce enfermées dans de grands cartons oubliées de tous jusqu'à l'année prochaine pour la plus grande joie des enfants.

Les gens avaient l'air joyeux et discutaient gaiement entre eux, quelques enfants gambadaient et bavaient devant les vitrines de certains magasins qui proposaient des bonbons. Harry se rappela soudain que demain était la rentrée à Poudlard et que les parents étaient là pour acheter les fournitures manquantes ou à renouveler pour les élèves un peu moins soucieux de leurs affaires.

Le plus ennuyeux était que le mois de novembre était déjà là et que les nuits étaient déjà très fraîches. Allait-il tenir le coup s'il devait dormir dehors ? Et puis comment allait-il se nourrir ?

Harry pensa qu'il aurait pu demander à Albus Dumbledore de l'aider mais il voulait s'en sortir par lui-même. Jusqu'à ses dix-sept ans on l'avait presque obligé à faire des horreurs qu'il se refusait de commettre mais on ne lui en avait pas laissé le choix. Aujourd'hui il voulait prendre sa vie en main et même si elle n'était pas reluisante c'était la sienne, et à partir de maintenant il allait tout faire pour s'en sortir pour peu qu'il ait de la chance.

Amère désillusion !

Harry, du haut de ses dix-neuf ans, chercha dans le village un travail qu'il ne trouva pas, il fit toutes les boutiques mais évita sciemment celle des frères Weasley. Personne ne reconnut dans ce mince jeune homme presque maigre aux longs cheveux noirs qui cachaient sa cicatrice le survivant, personne ne reconnut les yeux verts émeraude dans ce regard triste et terne.

Le garçon se mit en route pour la sortie de Pré-au-lard, la nuit n'allait pas tarder à tomber et ses jambes le tenaient à peine. Il voulait trouver un coin pour dormir loin du village, pas la peine qu'on le prenne en plus pour un vagabond. Harry trouva une futaie aux abords d'un champ éloignée de la route et s'y installa bien à l'abri du vent qui c'était mis à souffler sournoisement.

Il s'emmitoufla dans sa cape et s'allongea sur le sol froid avec en guise d'oreiller son sac à dos. Il garda longtemps les yeux ouverts avant de s'endormir dans son petit coin de verdure.

Le jeune homme frissonna dans son sommeil, ses genoux remontèrent contre son torse pour se parer du froid mordant. Finalement, pensa Harry. Il ne manquait à personne, même Remus était parti vivre au loin, il ne supportait plus le regard des autres sur lui alors un matin il était parti sans regret et sans lui. Les choses étaient ainsi faites, on n'avait pas toujours des décisions faciles à prendre, il le savait pertinemment.

La nuit fut longue et glaciale. Sur le petit matin alors qu'il ne faisait pas encore jour Harry sentit la gelée qui recouvrait les environs et qui n'augurait rien de bon se répandre et glacer son corps. Le jeune homme se tassa un peu plus sous sa cape et enserra ses genoux de ses bras mais ses dents qui s'entrechoquaient lui rappelaient que malheureusement aujourd'hui le temps ne se réchauffera pas.

Frissonnant il se leva et souffla dans ses mains en faisait partir un nuage de vapeur blanche dans les airs, éreinté il ramassa son sac y rangea sa cape et après l'avoir mis sur son épaule il repartit à Londres. En passant près de la mairie du quartier moldu l'horloge sonna cinq heures.

-Flûte ! Soupira-t-il agacé. Il était en retard.

Harry pressa l'allure, par chance il ne se trouvait pas très loin de son lieu de travail. Il espérait tenir le coup toute la journée parce que là vraiment il avait faim et son ventre le lui rappelait bruyamment et douloureusement. Au loin le Gryffondor aperçut son patron sur le seuil de l'entreprise et celui-ci avait son air des mauvais jours, allons bon ! Que ce passait-il encore ?

-Potter ! L'apostropha l'homme en descendant les deux marches du petit perron. Pas la peine de rentrer il n'y a pas de travail pour toi aujourd'hui.

-Demain alors ? Demanda le sorcier en enfilant ses mains dans les poches de son pantalon qui descendit encore plus bas sur ses hanches.

-Demain non plus, ajouta son patron imperturbable. Et les jours suivant pas plus ! Je ne veux plus te voir par ici, ton oncle m'a averti tu sais ! Et ici on n'aime pas les voleurs.

-Je n'ai rien volé ! Se défendit Harry.

-Ca ce n'est pas ce qu'il dit ! Aller fous le camp, Potter, avant que je ne jette mes gars contre toi, le menaça le moldu en remontant le perron et en claquant la porte derrière lui.

Harry fit demi-tour anéanti, comment allait-il faire pour vivre maintenant qu'il venait de perdre son gagne pain ? Il venait de perdre la seule chose qui aurait pu le sauver de sa misérable existence, un travail qui aurait pu lui permettre de recommencer à construire quelque chose de plus glorieux pour lui et non cette vie d'elfe de maison qu'on lui avait fait mener jusque là. Il en avait marre, marre de tout !

Jusqu'au bout il aura fallu que les Dursley lui pourrissent la vie, si Hermione et Ron avaient été là ils l'auraient aidé eux ! Mais ils n'étaient plus là, ses amis n'étaient plus. Ron et Hermione étaient morts et il en souffrait toujours, il n'arrivait pas à se pardonner, il se disait que s'il avait tué Voldemort plus vite tout ça ne serait pas survenu et ils seraient encore là avec lui.

Le sorcier retransplana et arriva à la sortie de Pré-au-lard dans un crac électrisant légèrement l'air de sa magie. Malheureux, des larmes coulant de ses beaux yeux verts, il regagna son campement de fortune et tomba sur le sol désappointé et désabusé.

Une semaine passa ainsi entre recherche de travail et recherche de nourriture, il arpentait les rues de Londres et du monde sorcier sans aucun espoir. Il se disait qu'il devait partir, quitter l'Angleterre, mais il ne parvenait pas à s'y résigner.

Le matin suivant il alla au village et fut pris de tremblements et de vertiges, il revint là où il dormait le soir, ses jambes ne le portaient plus, son ventre lui faisait mal et la faim, terrible faim, le rendait fou. Le survivant s'assit le dos vouté enroulé dans sa cape noire. La boule qu'il avait au fond de la gorge enfla, il n'en pouvait plus. D'une main fébrile et impatiente il attrapa le petit poignard qui se trouvait dans son sac et qui ne le quittait jamais.

Avant il résistait à ça, mais un jour en rentrant dans sa chambre chez les Dursley il s'était aperçu qu'ils avaient mis le feu à toutes ses affaires, sa baguette y compris ainsi qu'à son éclair de feu. Il ne lui restait plus rien de ses années de bonheur à Poudlard car il pouvait dire ce qu'il voulait c'est quand même là qu'il avait été le plus heureux.

Malgré le froid Harry releva sa manche bien haut et posa sur son bras la lame froide sur les multiples entailles déjà présentes. Il frémit impatient puis il coupa profondément et lentement pour que la douleur imprègne bien son corps. Pour que le mal soit à la hauteur de la punition qu'il méritait. S'il avait débarrassé le monde de Voldemort plus tôt il aurait épargné beaucoup de vie et probablement qu'il n'en serait pas là aujourd'hui.

-Tu n'es qu'un incapable, s'admonestait-il en tailladant son bras. Un misérable imbécile juste bon à ramper devant les autres, même pas foutu de prendre sa vie en main.

Le sang coula inexorablement, le rouge de la délivrance, un sillon de douleur qui s'enfuyait et qui reviendrait plus fort dans quelques jours. Une suite sans fin jusqu'à que l'oubli arrive, s'il arrivait un jour. Mais Harry savait qu'un jour il irait trop loin, il savait que sa vie finirait seule dans un coin comme un misérable et personne ne serait là pour le voir mourir.

Le sorcier reposa le couteau et fixa son bras, des larmes coulaient toujours sur ses joues comme le sang coulait de ses blessures. Quatre profondes entailles cette fois, quatre cicatrices de plus qui viendraient s'ajouter aux autres et qui lui rappelleraient que ce jour a été néfaste pour lui. Les pleurs silencieux se tarirent, la douleur s'évacua même si au fond de son cœur la tristesse était toujours là. Il savait qu'il devait être plus fort mais c'était au dessus de ses capacités.

Harry rangea son poignard dans son sac, il n'en aura plus besoin aujourd'hui. Il rabaissa sa manche sans s'occuper de soigner les plaies, il se revêtit de sa cape encore une fois et se roula en boule à l'abri des bosquets. Demain ça ira mieux, pensa-t-il sans y croire vraiment.