Je suis vraiment, vraiment désolée d'avoir mis autant de temps avant de poster ce chapitre mais les études, le BAC, et certaines complications familiales ont fait que… J'avoue aussi que l'envie d'écrire n'était plus guère présente.

Beaucoup de personnes m'ont demandé si elles pouvaient placer ma fic dans leur répertoire. Je suis tout à fait d'accord et je vous remercie.

Et ouais, choquant le Jacob ! Mais on va rattraper ça ! Maintenant les réponses à vos reviews qui me font toujours plaisir :

Supermarina : bon je vais pas répondre à tes 8 reviews mais le cœur y est^^ ! Et oui Bella is in the shitt !

Vivibatta : team Edward à fond même si c'est un rabat joie dans les livres ! (ce n'est que mon avis, même pas foutu de dégommer Jacob... En même temps Bella aurait ENCORE fait sa chieuse.)

Ankaa : effectivement les critères cités dans le chapitre deux n'étaient pas à la mode à l'époque mais je ne voulais pas que Bella soit comme les courtisanes et je voulais rester un tant soit peu fidèle au personnage de Stephenie Meyer.

VirginieTN : mais non, mais non. Je teste juste ta patience (bon ok, là c'est plus que tester sorry^^).

Marion26 : non je n'ai pas arrêté ma fiction mais j'avais besoin d'un gros (bon d'accord, très gros) break. L'envie d'écrire n'était plus là alors au lieu de bâcler les chapitres, j'ai préféré faire une pause. Et en plus, je suis devenue fan de True Blood^^.

Twiiliight77 : (il faudra m'expliquer le pourquoi du double i dans ton pseudo^^). Tu peux bien évidemment mettre ma fic dans ton répertoire contre 5 euros plus les intérêts qui s'élèvent à un million lol. Mais nje suis pas cruelle et je te fais grâce des 5 euros^^.

Arabella Darcy : fais toi plaisir en ce qui concerne ton blog^^ ! Un peu de pub ne fait de mal à personne^^. Tu m'étonne qu'elle est rafraichissante mon histoire, va faire un tour dans La Manche comme Bella a du le faire dans je ne sais plus quel chapitre ! En plus, quand l'eau est froide, et bah elle est pas chaude mine de rien !^^

Oliveronica Cullen Massen : (tu sais que ton pseudo est un peu chiant à écrire ?^^) merci d'aimer ma fic, voilà la suite.

Sandy : je pompe les idées sur une autre saga vraiment géniale, Marianne de Juliette Benzoni. Une pure merveille !

Petit-scarabée : (j'adore ton surnom^^ moi c'est petit eucalyptus^^) Pour le style de la fic, j'essaye de faire du mieux que je peux. Je ne supporte pas de tomber sur une fiction ou le français n'est pas respecté, où on trouve des points à peu près n'importe où, où les phrases font 40 km de long... Quant à Jacob énerve toi autant que tu veux, il est pas là^^ !

Chat-de-nuit : yeah une passionnée d'histoire ! (de l'époque Napoléonienne au moins^^). J'aime j'aime j'aime !^^

Lovecullen : ahaha, peut être qu'on reverra Jacob... Mais pas tout de suite en tout cas^^

Mimie30 : je suis heureuse que tu aimes ma fiction^^. Mes chevilles enflent et bientôt je pourrai remplir mes bottes lol^^. Mais Jacob n'est pas du tout un goujat ! Il est même adorable ! Comment oses tu dire ça ?^^

Clara : merci pour ton approbation^^. Le retour d'Edward ? That is THE question. Ptêt bien dans ce chapitre ou ptêt bien que non... Mouahahahaha

Liiliize71 : la suite arrive ! Et oui, Jacob peut être un vrai salop^^ ! Quand à l'empereur, je vous laisse la surprise !

Nyah-Cullen : pourquoi tu déteste Jacob ? Il est très gentil moi je trouve !^^ Pour vomir, va falloir faire la queue, je me suis toujours pas remise de cette vision apocalyptique du Edward sur son cheval blanc entouré de petits oiseaux qui volent autour de lui en pépiant avec des fleurs qui tombent partout, dos au soleil couchant sans oublier le générique : Un jour mon prince viendra…. Beuark !

Gurly-fiction : je pense que je vais créer la ligue anti-Jacob ! J'aurais même l'insecticide spécial ! Quant à Edward, bientôt je le promets !

Paulipopo : je ne voie pas ce qui peut te faire dire que je n'aime pas Jacob^^ ? J'ai même beaucoup d'affection pour lui ! Simplement j'en ai fait un salop de base, c'est tout^^ !

Fraise : franchement, t'as déjà vu un mec qui était là quand on avait besoin de lui ? Et Edward est un mec, ne l'oublions pas. Hors un mec présent quand il faut, j'appelle ça une rumeur moi ^^.

NotreDernierEspoir : un peu extrémisme tes projets pour Jacob mais pas mauvais. En ce qui concerne l'arrestation de Bella, les soldats n'ont pas l'habitude de réfléchir et se moquent de la situation sociale de Jacob. Sans compter qu'il fait lui aussi partie de l'armée. En ce qui concerne le nombre de chapitres, j'en ai aucune idée^^ !

Kikinette11 : c'est clair qu'il est grave Jacob. Je ne sais pas ce qu'il prend mais c'est d'la bonne et j'en veux !^^

Caro30 : ouaip Aro est corse. Quand à savoir si il est mauvais ou gentil… Ca risque d'être un peu plus compliqué que ça. Et t'inquiètes pas, je pense à ressortir la guillotine du placard^^ !

Et maintenant, le chapitre 9 !

Chapitre 9 : Le nouveau départ

Durant tout le processus, la jeune anglaise n'avait eu de cesse d'appeler à grands cris le ministre de la police ou au moins la mère supérieure.

Sans répondre, les bonnes sœurs refermèrent la porte, plongeant ainsi Isabella dans le noir.

Bella avait passé une nuit atroce. Nombres de détenues avaient crié pendant la nuit et elle-même n'était pas en reste. En effet, elle avait passé une bonne partie de la nuit à réclamer un entretien avec un personnage éminent de la prison. Ce n'était qu'au beau milieu de la nuit qu'elle avait cessé de hurler, la gorge enrouée et emplie d'une profonde lassitude. Elle s'était allongée aussi confortablement que possible sur la planche de bois moulu et avait tenté de dormir. Toutefois, le sommeil la fuyait, trop désespérée qu'elle était pour tenter de freiner ses pensées. Sa situation n'était pas glorieuse et risquait de devenir catastrophique si elle n'arrivait pas à prouver son innocence.

Ce ne fût que quelques heures avant l'aube que la fatigue emporta Isabella dans un sommeil léger et agité. Quelques heures après qu'elle fût parvenue à trouver le sommeil, les deux bonnes sœurs qui l'avaient escorté dans sa cellule la veille la réveillèrent avec brutalité et la trainèrent en dehors de son cachot. Une fois dans le couloir sombre et balayé par des vents glaciaux, la jeune anglaise dut se mettre dans la file de prisonnières qui attendaient qu'on les mène à l'office du matin. C'était une coutume des prisons tenues par des religieux que de faire une messe chaque matin afin de sauver les âmes damnés de leurs détenus.

La cohorte de prisonnières se mit en route vers la chapelle. Il y avait là des femmes de tout âge et de tout physiques. Aucune ne paraissait sympathique à la demoiselle et elle était proie de nombreux regards noirs qu'elle ne comprenait pas.

La prisonnière derrière elle ne cessait de marcher sur les grossiers sabots de lady Selton, entaillant de ce fait la peau de la jeune fille. Avec une amabilité et une patience qu'elle était loin de ressentir, Bella demanda à la femme de faire attention en marchant. C'était une détenue de taille moyenne aux longs cheveux filasse et noirs de crasse. Elle avait un visage de fouine et des petits yeux gris cruels qui donnèrent des frissons à la jeune anglaise.

A peine deux minutes après l'avoir prié d'arrêter de marcher sur ses sabots, la détenue recommença en appuyant plus fort sur les chaussures de la lady. Une fois de plus, celle-ci lui demanda de cesser son manège, demande que la femme ignorât. Excédée par sa mauvaise nuit et le comportement de cette détenue, Isabella se retourna et gifla la femme. Toute la file se stoppa et des murmures parvinrent de la troupe : « Elle a giflé La Tricoteuse ! La nouvelle cherche les ennuis ! »

Bientôt, ce furent des exclamations qui s'élevèrent, encourageant la dénommée La Tricoteuse à attaquer la jeune anglaise. La nouvelle ennemie de Bella obéit à ces encouragements et tira un couteau de bois de sous sa robe qu'elle pointa vers la demoiselle. Celle-ci s'écarta précipitamment de son adversaire mais fût stoppée dans sa tentative de fuite. Grisées par l'exaltation d'un combat, toutes les prisonnières avaient formé un cercle autour des deux combattantes, interdisant toute retraite à Isabella. Des cris sortaient de la foule, tous en faveur de La Tricoteuse. La jeune anglaise ne disposait donc d'aucune alliée dans ce combat et ne possédait aucune arme. De plus la position de son adversaire lui laissait voir qu'elle était habituée au combat de rues et qu'elle savait manier son coutelas. La demoiselle n'avait que très peu de chance de s'en sortir indemne, aussi appela t'elle les bonnes sœurs à grands cris alors que La Tricoteuse se jetait sur elle. Lady Selton l'évita souplement tout en continuant d'appeler à l'aide. Derrière elle, des mains la poussèrent vers La Tricoteuse qui s'était retournée et revenait à la charge. Bella évitait le second coup alors que plusieurs bonnes sœurs intervenaient avec des gourdins.

Deux d'entre elles firent lâcher son arme à l'adversaire d'Isabella alors que les autres remettaient les prisonnières en rang. Une bonne sœur attrapa la jeune anglaise par le bras et, en serrant si fort son bras qu'elle en avait les larmes aux yeux, l'emmena à travers un dédale de couloir avant de s'arrêter devant une porte en fer à laquelle el frappa.

Une voix étouffée invita la gardienne et sa captive à entrer. Bella pénétra alors dans un bureau aux couleurs sombres et dont les fenêtres étaient masquées par de lourds rideaux mangés aux mites. Le mobilier était d'une extrême simplicité avec un bureau faisant face à deux chaises qui avaient connu des jours meilleurs.

Derrière le bureau était assise une femme d'âge mur arborant une expression de profonde lassitude. Ses cheveux gris étaient noués en un chignon sur sa nuque et son visage ridé trahissait une grande fatigue, impression renforcé par la tristesse de ses yeux bruns. Ses habits indiquaient à la jeune anglaise qu'elle était la mère supérieure du couvent. D'un geste, elle lui fit signe de s'asseoir sur une des chaises, injonction à laquelle Isabella s'empressa d'obéir.

« -Vous nous causez beaucoup de problèmes, mademoiselle, commença la femme.

-J'en suis navrée, répondit la demoiselle avec toute la politesse qu'on lui avait inculquée. Toutefois mon incarcération est basée sur des propos mensongers et je n'ai pas sciemment provoqué ce combat avec la détenue !

-La Tricoteuse nous as toujours donné du fil à retordre et vous n'êtes pas la première qu'elle agresse, il est vrai, concéda la vieille femme. En ce qui concerne votre incarcération, il y a ici un homme qui aimerait discuter des motifs qui ont suscités votre arrestation.

-Motifs inexistants ! Protesta Bella avec hargne.

-Ce n'est pas à moi d'en juger », répliqua la mère supérieure d'un ton glacial et sévère en se levant.

De toute évidence, pour elle toutes les femmes enfermées ici étaient coupables d'un crime et de ce fait, elle les haïssait toutes. Jolie mentalité pour quelqu'un dont le dieu prônait la miséricorde et le pardon envers son prochain. Bien qu'elle n'ait pas tort pour Isabella qui avait tout de même assassiné son mari.

La bonne sœur se dirigea vers une porte au fond du bureau qui était auparavant masqué par de lourdes tentures. Elle disparût derrière, laissant la jeune anglaise seule dans la pièce. Celle-ci se leva rapidement et écarta les rideaux masquant les fenêtres afin de juger de ses chances de s'échapper de cette prison. Malheureusement pour elle, les vitres étaient doublées d'épais barreaux en fer qui interdisaient toute évasion. La porte par laquelle elle était entrée dans le bureau devait certainement être gardée, aussi lady Selton se rassit elle sagement sur sa chaise pour attendre celui qui devait l'interroger. Elle n'eût pas à patienter longtemps.

Un homme de taille moyenne et au physique sec venait de pénétrer dans le bureau de la démarche assurée et autoritaire que possèdent ceux qui ont l'habitude d'être obéis au doigt et à l'œil. Il avait de courts cheveux bruns, un visage volontaire et des yeux gris aciers qui donnèrent l'impression à la jeune lady d'être transpercée. C'était comme si cet homme pouvait lire en elle, ce qui déplaisait souverainement à la jeune fille. Il s'assit en face d'elle et l'observa un long moment. Bella affronta son regard avec l'assurance que ses racines nobles lui conféraient. Ce fut l'inconnu qui rompit le premier le contact visuel ainsi que le silence pesant qui régnait dans la pièce.

« -Vous êtes bien silencieuse pour quelqu'un qui a passé la moitié de la nuit à m'appeler, d'après ce qu'on m'a dit. »

Isabella eut toutes les peines du monde à garder son masque d'impassibilité et de dédain en place. Cet homme était donc le ministre de la police française, le dénommé Aro Volturi. Il était à la hauteur de sa réputation : un homme froid, distant orgueilleux et qui vous donnait la chair de poule. Mais il était en mesure de l'aider, aussi lady Selton surmonta l'aversion injustifiée que lui suscitait cet homme et répondit aimablement :

« -En effet je voulais vous voir mais je doute fortement que l'on vous ait transmis la demande d'une pauvre détenue comme moi parmi des centaines d'autres. Donc je suppose que votre visite a un but précis et j'attends que vous m'en informiez.

-Votre intelligence est à la hauteur de votre beauté, mademoiselle Denali. Isabella avait emprunté leurs noms de famille aux époux Eléazar et Carmen. Si c'est votre vrai nom bien évidemment. Cela dit, je connais personnellement Eléazar et il ne vous a jamais mentionné auparavant…

-Je suis arrivée en France depuis peu,répliqua la jeune anglaise en conservant une impassibilité à toute épreuve.

-Humm… fit le ministre avec une visible expression de doute inscrit sur son visage. Quoiqu'il en soit, on ne peut guère affirmer que notre pays se soit montré très accueillant avec vous jusqu'ici. Surtout l'un de nos soldat si j'ai bien compris le baron Surcouf…

-Le baron Surcouf ? Demanda la demoiselle sans parvenir à masquer son incrédulité cette fois-ci.

-Lui-même, ma chère. Il attend d'ailleurs la fin de cet entretien de pied ferme derrière cette porte. Un aubergiste lui aurait rapporté qu'un des marins du baron vous aurait violenté hier au soir et que, comme vous lui auriez refusé vos… faveurs, il vous aurait menacé et serait venu vous faire arrêter pour se venger de l'affront que vous lui auriez fait subir. Ce témoignage serait-il véridique ?

-En effet, répondit Bella. J'ai repoussé Mr Black, ce qui ne lui a pas plut, et il m'a fait emprisonner en prétextant que j'étais une espionne anglaise. Ce que je ne suis pas.

-Espionne, peut être pas. Mais anglaise, ça ne fait aucun doute avec votre accent, bien qu'il soit presque imperceptible. Vous deviez avoir un excellent professeur, mademoiselle… Mademoiselle comment au fait ? Demanda Aro Volturi avec une lueur narquoise dans le regard.

-Mademoiselle Denali, répliqua Isabella avec aplomb.

-J'en doute fortement, fit le ministre. Maintenant, si vous voulez sortir de cette prison, vous allez me raconter d'où vous venez et ce que vous faites dans ce pays ! Continua t-il en élevant le ton et en injectant des accents cruels dans sa voix.

-Ou sinon ? Questionna la jeune anglaise avec froideur. Elle n'avait pas l'intention de se laisser intimider par ce français et son éducation de lady lui avait appris à garder une parfaite maîtrise d'elle-même en toutes circonstances.

-Ou sinon je m'assurerai personnellement que vous restiez dans cette prison et que l'on vous apportera une attention et des soins… particuliers… »

Lady Selton comprit immédiatement la menace à peine voilée que lui adressait Aro Volturi. Cet homme venait de passer du statut d'antipathique à celui de franchement détestable pour la demoiselle et pour cause : si elle se taisait, le ministre n'hésiterait pas à user de la torture contre elle comme il venait de le lui faire comprendre avec subtilité. Comme elle n'avait aucune envie de se faire torturer, la jeune fille opta pour la voix de la sagesse. Elle raconta une partie de son histoire, édulcorant la mort de James, les passages… sulfureux avec Edward Masen et Jacob Black. La voix de la sagesse n'était pas celle de la stupidité et Bella se doutait fort bien du personnage auquel elle avait affaire. Le genre d'homme pour qui la fin justifie les moyens et qui n'hésiterait pas à la faire chanter. Il était aussi capable de la torturer d'ailleurs. Après avoir conté son histoire, Isabella se rencogna dans sa chaise et continua de défier le ministre du regard.

« - Vous seriez donc la descendante du marquis d'Asselnat, commenta Aro Volturi d'un ton songeur. Il est vrai que vous présentez une certaine... ressemblance avec les membres de cette illustre famille...

-J'ignorais qu'il existait encore des personnes de cette famille, répondit lady Selton avec une certaine surprise dans la voix.

-Il vous reste une cousine, plutôt âgée et dont nous n'avons plus de nouvelles depuis fort longtemps d'ailleurs... Si vous êtes bien fille du marquis d'Asselnat bien sûr. »

Pour toute réponse, la jeune lady lui tendit le médaillon de feu sa mère qui était marqué aux armoiries des Selton sur l'envers et à celles des Asselnats sur le devant.

« -Votre histoire serait donc vraie, fit le ministre. Surprenant. J'avoue que j'avais quelques doutes à propos de votre sincérité... même si tout dans votre attitude, votre discours montre que vous avez reçu une solide éducation.

-Comme il convient à une personne noble de recevoir », insinua subtilement Bella. En effet, il était de notoriété publique qu'Aro Volturi n'avait aucune origine noble, qu'il avait acheté ses titres et qu'il n'avait donc pas reçu l'éducation dispensée aux enfants ayant du sang bleu dans les veines. La pique ne parut toutefois pas atteindre le ministre de la police qui continua la conversation sans se départir de son attitude hautaine.

« -Quoiqu'il en soit, vos origines me confessent le devoir de vous aider Milady, répondit le ministre de la police. Je pense avoir trouvé la solution idéale pour vous. La comtesse de Taylleirand a vu sa lectrice attitrée frappée par une mystérieuse maladie et elle a dû partir prendre les eaux. Etant donné votre illustre éducation, cette place devrait vous convenir bien qu'elle ne soit guère... gratifiante pour une personne d'aussi noble extraction. Bien sûr, le couvert et le logis vous seront assurés sur place

Bella resta silencieuse, réfléchissant à cette perspective d'avenir. Si elle était venue à Paris, c'était en premier lieu pour retrouver une hypothétique parente. Hors, celle-ci n'avait, selon les dires d'Aro Volturi, pas donné signe de vie depuis longtemps. Isabella aurait donc de fortes difficultés à la retrouver. Dans cette situation, pourquoi ne pas retourner au près d'Eléazar et de Carmen, dans le cottage de Bretagne où il faisait si bon vivre ? Toutefois, Paris exerçait une forte attraction sur la jeune lady et elle pourrait plus facilement faire valoir les droits que sa noblesse lui conférait. D'ailleurs, pourquoi ne pourrait-elle pas entrer en possession des derniers biens des Asselnats dès maintenant ? Ses parents possédaient plusieurs demeures avant de monter à l'échafaud, demeures qui lui revenaient de plein droit ainsi que tous les trésors qu'elles renfermaient. Quand elle fit part de ce détail à son interlocuteur, celui-ci s'empressa de tempérer ses espoirs :

« -Malheureusement lady Selton, les propriétés de vos parents avaient été réquisitionnées par le gouvernement usurpateur instauré après la Révolution et de ce fait, ont été mises à sac par les citoyens. Notre empereur, en l'absence d'héritier légitime, n'a pas jugé bon de les faire rénover et tous les biens de votre famille ont été dilapidés depuis longtemps. »

Ces quelques mots causèrent un grand choc à Isabella. En effet, elle ne s'imaginait pas que les demeures de ses parents aient été dépouillées des objets qu'elles renfermaient. Il était de coutume en Angleterre qu'en l'absence d'héritier, les propriétés de familles nobles soient conservées et entretenues par la royauté en attente d'éventuels acquéreurs. Feu sa tante lui avait enseigné que cet usage était ausssi honoré en France par l'empereur Bonaparte. Toutefois, elle ne lui avait pas dit que les assassins du roi et des parents n'avait pas perpétués cette tradition et honteusement saccagé ses biens ! Elle n'avait donc rien non plus de ce côté de la Manche, contrairement à ce qu'elle espérait. Si rien ne l'attendait à Paris, autant retourner vivre avec Black Fish et son épouse, sa nouvelle famille. Forte de cette résolution, la jeune lady s'apprêtait à refuser l'offre de son interlocuteur quand celui-ci reprit la parole :

« -De toute manière, je crains que vous n'ayez guère le choix, ma chère.

-Et je crains que nous ne nous connaissions pas assez pour que vous m'appeliez « ma chère », surtout au vu de vos origines et des miennes ! » Répliqua Bella, piquée au vif par les menaces sous entendues dans la phrase du ministre et par son autoritarisme.

La pique ne plut pas au ministre qui se redressa sèchement avec un éclat métallique dans les yeux.

« -En effet Milady, mais il n'en demeure pas moins que vous n'ayez d'autres alternative que d'accepter ma proposition !

-Et pour quelles raisons ? Questionna la demoiselle avec dédain.

-Et bien, peut être pour éviter un long séjour en prison... Où de... chaleureuses retrouvailles avec un marin de votre connaissance... Où simplement pour échapper à l'échafaud auquel le crime d'espionnage à la solde de la Couronne d'Angleterre vous condamnerait sans aucune autre échappatoire...

-Cette allégation est infondée et vous le savez parfaitement, répondit la jeune lady sans laisser transparaître la rage qui l'envahissait petit à petit. Ce... parvenu (* personne ayant acheté un titre de noblesse) osait la faire chanter !

-Moi, oui. Mais il arrive à tout le monde d'être victime de crise d'amnésie et une conversation est si simple à oublier... insinua Aro Volturi.

-L'âge, sans doute, se moqua Isabella. Vous feriez sans doute mieux de déléguer vos fonctions à une personne plus compétente qui ne risque pas d'induire la justice en erreur...

-Peut-être, acquiesça son interlocuteur. Néanmoins, je représente encore l'autorité ici et ma parole ne le cède que devant l'empereur en personne. Si je dis que vous êtes une espionne anglaise et bien c'est ce que vous serez dans ce pays et je m'assurerai que vous serez traitée comme telle et ce malgré le sang noble qui coule dans vos veines ! Aussi je vous suggère vivement d'accepter ma proposition.

-Qu'attendez vous de moi ? Je doute que la seule perspective de faire un beau geste en m'assurant le gite et le couvert soit votre seule motivation !

-Quelle clairvoyance, la flatta t-il. En effet, votre bien-être n'est pas ma seule préoccupation, bien qu'elle ne soit pas négligeable.

-Bien entendu, railla la jeune lady. Tant de personnages profiterait de la situation, quelle bénédiction que vous ne soyez pas un de ces mécréants !

-Vous avez de la chance, il est vrai, répliqua le ministre avec une lueur de moquerie dans les prunelles. Enfin, le comte de Taylleirand présente quelques activités… secrètes dirais-je et je veux savoir de quoi il retourne. Et c'est là que vous entrez en jeu, Milady.

- Et moi qui croyais que l'espionnage était un crime en France !

-Quand l'espion est à la solde de l'Angleterre et de toute autre nation ennemie, c'en est un, menaça l'homme. Acceptez-vous mon offre ?

-Il me semble que je n'ai guère le choix, accepta Bella.

-Fort bien, s'enthousiasma Aro Volturi. Je vais de suite prévenir la comtesse que je lui ai trouvé une nouvelle lectrice ! Vous pouvez garder votre identité d'Isabella Denali, Eléazar n'est guère connu ici. Je vais de ce pas annoncer votre libération à la mère supérieure », ajouta t-il en se levant avant de se diriger à grands pas vers la porte.

Isabella resta assise, songeuse. Elle venait encore de perdre face à un homme. Aro Volturi ne la considérait que comme un instrument dont il avait besoin pour surveiller un comte. Mais avait-elle le choix ? A moins qu'elle ne veuille prolonger son séjour en geôle (*prison), expérience qui ne l'avait guère emballée, Bella devait se soumettre aux lubies du ministre de la police. D'un autre côté, un poste de lectrice chez le comte de Taylleirand lui permettrai de côtoyer le tout Paris, à défaut de s'y intégrer. De toute manière entre un luxueux hôtel (* à cette époque, les maisons des nobles étaient appelées hôtels) parisien et une cellule moisie, il n'y avait guère à tergiverser...

Ses réflexions furent interrompues par Aro Volturi revenant dans le bureau.

«-Tout est arrangé très chère, vous êtes libre de partir dès lors, lui annonça le ministre.

-Fort bien. Répliqua lady Selton. Mais avant que nos chemins ne se séparent, ce qui m'attriste au plus haut point croyez-moi, ne devriez vous pas me m'informer des... modalités que j'aurai à remplir lors de mon séjour chez le comte ?

-Bien entendu. Vous devrez simplement remplir un rapport chaque lundi sur les actes et dires qu'aura eu le comte de Taylleirand pendant la semaine. Un de ses domestiques se chargera de me faire parvenir votre missive.

-La confiance est à l'honneur dans votre beau pays, railla la demoiselle. Plus rien ne me retient ici. Auriez-vous l'obligeance de m'accompagner à la sortie et de me présenter au comte à présent ?

-Ce ne sera pas moi qui vous introduirai auprès du comte, mais un de ces amis. Vous le connaissez d'ailleurs. Veuillez me suivre milady. »

Isabella emboîta le pas énergique du ministre alors que celui-ci lui ouvrait la porte par laquelle elle était entrée dans le bureau. Il la guida dans un dédale de couloirs jusqu'à déboucher dans la cour de l'édifice carcéral. Il commanda alors aux gardes d'ouvrir la lourde porte en fer qui séparait les détenues de leur liberté et du monde tourbillonnant de Paris. Devant cette porte, un homme faisait les cents pas, un homme que reconnu tout de suite la jeune anglaise avec le plus total ahurissement puisqu'il n'était autre que Marcus Surcouf.

Celui-ci se précipita vers eux dès que la porte fut ouverte et apostropha le ministre.

« -Il était temps ! Il vous aura fallu deux jours et une nuit pour lever le voile sur une telle erreur judiciaire ?

-La sécurité de l'empire ne permet aucune hésitation mon cher baron, riposta le ministre, aussi glacial qu'un iceberg. Je préfère écarter tout doute sur l'innocence d'une détenue avant de la relâcher dans la nature. De plus, je me suis permis d'offrir une compensation à mademoiselle pour réparer les préjudices commis lors de ce... séjour.

-Oui, Monsieur Volturi c'est montré d'une... exquise amabilité, rajouta Bella, donnant naissance à un sourire de la part de Marcus Surcouf qui ne semblait avoir aucun doute sur la prétendue amabilité du ministre. Tant de personnes auraient profité de ma situation pour me faire chanter par exemple. Quelle grandeur d'âme cet homme présente pour n'avoir songé à aucun instant à cette hypothèse!

-Hum, toussota t-il pour masquer sa gêne. Enfin bref, j'aurai besoin de vos services, baron. J'ai offert à mademoiselle Denali le poste de lectrice chez le comte Taylleirand. J'aurai besoin que vous l'accompagnez à l'hôtel de ce dernier et que vous lui faisiez part de ma décision, décision attestée par cette missive.

-Bien sûr, j'imagine que vous devez être submergé de travail avec toutes ces arrestations dont on ignore la véracité des accusations. Sans compter qu'il faut réparer les erreurs commises, présenter des excuses... Mais je ne m'imagine pas un homme comme vous agir autrement que de la sorte, fit le baron des mers avec moquerie, arrachant ainsi un petit rire à la jeune lady qui le masqua derrière un toussotement. Mais vous toussez ma chère ! S'exclama faussement Marcus Surcouf qui avait remarqué l'hilarité de la jeune femme. Il ne manquerait plus que vous ne soyez tombée malade malgré les bons soins de notre cher ministre ! Ne restons pas dans le froid, montez donc dans ma diligence. Monsieur Volturi, je vous souhaite une bonne fin de journée, ne vous tuez pas à la tâche tout de même ! Quelle perte ce serait que celle d'un galant homme comme vous !

-Au revoir baron, grommela Aro Volturi. Je vous réitère mes excuses mademoiselle et vous souhaite bonne chance pour la suite.

-J'accepte vos excuses monsieur », fit lady Selton en adoptant la mine hautaine et méprisante de ses ancêtres qu'elle maitrisait à la perfection grâce à de nombreuses années d'entrainement.

Elle lui tourna le dos et se dirigea vers la voiture (*voiture avec des chevaux, pas à moteur, nous sommes d'accord) que lui avait désignée le baron sans plus de formalités, ce qui lui attira un regard amusé et admiratif du baron des mers qui ne semblait guère porter le ministre de la police dans son estime.

Il la suivit et referma la portière derrière eux alors qu'Aro Volturi lançait un regard proprement indigné à Isabella et semblait fulminer. Avec un rire moqueur, Marcus Surcouf ferma le rideau avant d'ordonner au cocher de prendre la direction de l'auberge des Trois Cavaliers.

« -Nous allons d'abord récupérer vos affaires mademoiselle Denali. L'aubergiste les a mis de côté après m'avoir prévenu des menaces proférées de la part d'un de mes soldats et de l'arrestation qu'il a provoqué. Je crois bien que vous vous êtes fait là un ami. Quant à moi, je me suis précipité à la prison Sainte Anne dès que j'ai eu vent de l'affaire.

-Je vous en suis gréée, tout comme à cet aimable aubergiste, assura Bella. Et, sans vouloir vous offenser, qu'est-il advenu de Jacob ?

-Je ne m'en offense pas. Vous êtes même tout à fait en droit de connaître le sort de ce mécréant, répondit Marcus Surcouf avec, pour la première fois depuis que la jeune lady l'avait rencontré, une lueur de colère dans les yeux. Sachez que je l'ai fait radier de l'armée. De toute l'armée. Il ne pourra plus jamais combattre sous les drapeaux de notre empereur, quelque soit le régiment. Un tel comportement déshonore notre pays. »

Isabella ne répondit pas et se retrancha dans ses pensées sur tout le trajet qui la menait à l'auberge. Ainsi Jacob avait été renvoyé de tout poste militaire ? Quelle punition pour lui qui ne jurait que par les armes et la fierté de servir son pays. La jeune lady aurait presque pu être triste pour lui si son âme ne lui criait pas de retrouver Jacob et de l'assassiner dans les plus ardentes douleurs. Et lentement s'il vous plait. Très lentement...

En face d'elle, le baron semblait lui aussi plongé dans ses pensées. Lady Selton était assez tentée de l'apprécier. Son physique débonnaire, la prévenance qu'il avait eu en étant venu rétablir le vrai à son sujet; chose dont elle ne doutait pas puisqu'il avait attendu qu'on la délivre comme le prouvait son juste décompte des jours qu'elle avait passé enfermée; son hostilité face à ce serpent de Volturi... Autant d'éléments qui plaisaient à la demoiselle en surcroît de la remarquable intelligence dont il avait du faire preuve pour couler les navires de l'amiral Nelson lors de la défaite de Trafalgar. Elle lui faisait confiance autant que faire ce peu mais gardait une importante dose de méfiance, héritage de ces rencontres avec cette espèce rustre qu'était celle des hommes, Eléazar et son oncle l'abbé mis à part. Son père devait être digne de confiance lui-aussi mais elle ne connaitrait jamais la réponse à cette question...

Alors qu'elle remontait dans la calèche après avoir repris possession de ses bagages, chaleureusement remercié l'aubergiste qui avait paru ravi de la revoir en bonne santé et lui avoir promis de rester prudente à l'avenir, le baron Surcouf repris la parole :

« -Et comment va ce cher Eléazar ? Demanda t-il.

-Vous connaissez mon oncle ? S'exclama Bella avec surprise et sans prendre garde à l'attribut qu'elle avait utilisé pour nommer Black Fish. Il représentait tellement plus pour elle.

-C'est un excellent ami, un navigateur de génie. Et un fervent patriote pour ne rien gâcher. Son intelligence et sa bonté ne sont plus à prouver...

-Je ne peux qu'approuver, renchérit lady Selton. Il est exceptionnel. Il se porte bien, du moins il allait bien lorsque je les ai quitté, lui et sa femme. Cela fait une semaine environ.

-Ah Carmen, une femme extraordinaire, dit Marcus Surcouf avec une pointe de nostalgie dans la voix. Avait-il éprouvé de tendres sentiments pour la redoutable, mais si attachante, espagnole ? Ils forment le plus beau couple que j'ai pu voir. Quel dommage qu'Eléazar soit trop souvent en mission pour qu'il puisse se consacrer davantage à son foyer et à la fondation d'une famille. Il ne vous avait jamais mentionné avant, remarqua t-il.

-Je suis arrivée en France il y a peu, mentit la marquise d'Asselnat. Je ne l'avais guère rencontré qu'une ou deux fois auparavant, alors que j'étais en bas âge... Je ne me souvenais guère de lui et lui non plus. Il ne pouvait guère voyager avec ses... occupations. Mais je crois qu'il a décidé de stopper ces incessantes vadrouilles en mer et de rester avec sa femme.

-Il ferait mieux, les colères de Carmen résonnent jusqu'ici », rit le baron.

Isabella rit avec lui avant que la voiture ne passe une grille et que les sabots des chevaux résonnent sur une cour damée de pavés. Le rond qu'elle formait entourait une pelouse au-milieu de laquelle trônait une fontaine. Alors que la calèche faisait le tour de l'édifice aquatique, une importante bâtisse se profilait en face des grilles de l'hôtel. Des écuries se dessinaient de chaque côté de celui-ci, formant un U qui encadrait le bassin de jets d'eau. Un escalier de marbre menait à la demeure et était pour l'heure occupé par un majordome qui, après avoir appelé les garçons d'écuries pour qu'ils prennent en charge la voiture, demanda l'identité des visiteurs et le motif de leur visite.

Avant que le baron n'ait pu répondre, une silhouette se dessina dans le porche d'entrée. Grand, bien bâti, plutôt jeune, blond aux yeux bleus, très séduisant de par son visage aux traits prononcés et volontaires, le comte de Taylleirand faisait preuve d'un incroyable charisme.

«-Marcus Surcouf ! S'exclama t-il alors que le baron des mers descendait de la calèche et proposait galamment sa main à lady Selton pour qu'elle en fasse de même. Ta visite m'enchante. Cela faisait longtemps.

-Bien trop longtemps cher comte, bien trop longtemps.

-Et qui est donc cette charmante jeune personne qui t'accompagne ? Demanda le comte en s'inclinant galamment devant la jeune fille et en lui faisant le baisemain, ce qui la fit légèrement rougir. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus eu le droit à une telle marque de respect de la part d'un homme.

-Voici mademoiselle Isabella Denali, la nouvelle lectrice de ton épouse, mon ami. Du moins si vous le souhaitez tous les deux. Recommandé par notre ministre de la police et, plus personnellement, par moi-même.

-Enchanté jeune demoiselle. Je suis le comte Carlisle de Taylleirand, se présenta l'homme avec un sourire... appréciateur. Mais suivez-moi donc à l'intérieur, nous serons plus à l'aise pour discuter. Sam veuillez prendre toutes les dispositions nécessaires pour la voiture de mon ami, s'adressa t-il au majordome avant d'emmener les visiteurs à l'intérieur de sa demeure, refermant la porte sur l'extérieur ainsi que sur l'ancienne vie de Bella.

Oui oui je sais vous voulez Edward et j'ai la joie de vous annoncez qu'il revient dès le prochain chapitre ! Je tiens à préciser que Carlisle n'a pas plus que la trentaine dans cette histoire mais peut déjà vous annoncer (et rassurer certaines d'entre vous) qu'il n'y aura aucune relation sexuelle entre lui et Bella. Yerk, rien qu'à l'idée... Brrr.

Court aperçu des retrouvailles entre Edward et Bella pour me faire pardonner de l'intolérable attente que vous avez subi :

Isabella entra dans le petit salon pour se mélanger aux convives. Alors qu'elle allait rejoindre sa nouvelle amie, le comte l'apostropha :

« -Ah ma chère amie, vous voilà ! Cette jeune personne est la nouvelle lectrice de ma femme, annonça t-il aux individus qui l'accompagnaient. Il prit la jeune lady par le bras et l'entraîna un peu plus loin. J'ai beaucoup de personnes à vous présenter très chère, des personnes qui devraient pouvoir capter votre attention comme le médecin de l'empereur lui-même, la duchesse de Valmont... Nous avons même un corsaire, un bien agréable homme que ce Masen !

-Pardon ? Qu'avez-vous dit ? Demanda la marquise d'Asselnat alors que toute couleur quittait son visage.

-Un corsaire vous ais-je dis ! Mais ne vous inquiétez pas, il sait se tenir. Je vous le présenterai après le tour de chant qui devrait avoir lieu maintenant d'ailleurs ! Mesdames et messieurs, veuillez vous dirigez vers la porte que vous voyez au fond pour un petit interlude musical qui, je l'espère, devrait charmer vos oreilles tout comme il a charmé les miennes ! Annonça Carlisle de Taylleirand à la foule.

Tous les invités se dirigeaient vers le grand salon, attendant la cantatrice qui les régalerait de son talent. Tous sauf Bella qui resta paralysée, au comble de l'indécision. Puis, une bouffée de panique la submergea. Le corsaire Masen ? Edward ? Ici ? Diable non ! Il ne fallait en aucun cas qu'il la voit, qu'il l'approche ! Fuir, c'était sa seule alternative. Hors de question de le croiser et de perdre sa couverture ! Elle était heureuse ici et ne voulait pas partir, ce à quoi elle serait obligée si Edward la voyait et décidait de raconter la partie qu'il connaissait de son histoire. Elle n'avait aucun lien avec l'Angleterre ici, elle était aperçue comme une gentille petite française ! Si on apprenait ses origines, c'était tout son personnage qui était démasqué et, de ce fait, le rôle d'Aro Volturi qui le lui ferait payer au centuple !

La jeune femme se précipita vers la sortie alors que les derniers invités passaient la porte du grand salon. Elle avait presque atteint la porte quand une haute silhouette se dessina à travers du chambranle, lui interdisant toute sortie. Une silhouette qu'elle ne reconnut que trop bien, alors qu'elle se cognait à elle, emportée par son élan. La personne la maintînt par les épaules alors qu'elle vacillait en tentant de conserver son équilibre. Puis murmura :

« -Vous ne songiez tout de même pas à nous quitter si tôt ma chère », fit le ténor de velours avant de l'encercler de ses bras et de l'attirer contre son torse si musclé.

Un corps fort, chaud et rassurant. Une voix aussi douce que de la soie. Une odeur envoûtante. Des yeux époustouflants.

Un tout formant une étreinte qui la retenait prisonnière et faisait voler en éclats la vie qu'elle s'était peu à peu construite.

Mais qui, étrangement, lui laissait croire que tout irait bien.

Que rien ne pourrait l'atteindre.

Ni le fantôme de James qui hantait parfois ses nuits, ni Jacob dont les souvenirs peuplaient ses nombreux cauchemars, ni Aro Volturi qui l'effrayait de par ses sombres manigances et le contrôle qu'il avait sur elle.

Qu'elle était en sécurité tant qu'elle demeurait là où elle se trouvait.

Qu'il ne laisserait rien lui arriver.

Qu'il la protégerait. La garderait. La chérirait. L'aimerait ?

Une personne qui faisait naître en elle une foule de sentiments contradictoires. Des émotions, des souvenirs troublants. Bouleversants. Déchirants. Blessants. Tuants. Vivants.

Edward.

« -Enfin je te retrouve, petite marquise de mes envies, délicate lady de mes nuits... »

Hahaha ça donne envie pas vrai ? J'aime sa dernière phrase, c'est trop chaud^^ !