Hello tout le monde ! Me revoici ! J'aurais dû poster samedi matin mais il y a eu un voyage de dernière minute du coup… C'est aujourd'hui que je poste…

Je sais que je suis beaucoup plus absente ces derniers temps, comparé aux débuts de cette fiction. Je suis vraiment désolée pour ça, mais j'ai une baisse de motivation dans l'écriture en général… =/

Merci à mes revieweuses (et reviewer il me semble, non ?) ainsi qu'aux lecteurs ! Je vous souhaite une bonne lecture. Vous aurez enfin les raisons qui poussent Bella à quitter la villa des Cullen après ce dimanche fort en amour et tendresse…

X.O.X.O. Pomme Coquine

PS pour Leausy : Notre compromis fonctionne toujours ? *les yeux pleins d'étoiles et remplis d'espoir*


Chapitre 18

Cocu : un entier qui partage sa moitié avec un tiers. Après tout, il vaut mieux être plusieurs sur une bonne affaire que seul sur une mauvaise.

Point de vue de Bella

Je m'arrêtai au bout de quelques minutes de conduite. Mes yeux étaient trop embués pour que je puisse distinguer quoi que ce soit sur la route. J'arrivais déjà à peine à voir correctement mon volant alors la route… Je n'en parle même pas ! Je me garai sur le bas côté de la route près de la forêt. Je me détachai et repliai mes jambes près de mes cuisses. J'enroulai mes bras autour de mes tibias et laissai couler à grand flot mes larmes. Comment en l'espace de cinq jours mon existence s'était autant compliquée avec l'arrivée d'Edward ? Lorsque nous étions amoureux n'étions-nous pas censés être plus heureux que malheureux ?

Reprends-toi Bella ! Me dis-je à moi-même. Repense un peu au super moment passé dans son lit cette après-midi.

Cette partie de ma vie resterait gravée dans ma mémoire tant que je serais encore vivante avec toutes mes capacités mentales ! Ceci dit la suite des évènements n'était pas des plus réjouissantes… D'abord il y avait eu mon cauchemar avec ces deux hommes que je n'arrivais pas à très bien distinguer mais qui me droguaient avec du GHB pour me violer ensuite. Je m'effondrais au sol mais assistais toujours à la scène. L'homme le plus imposant retirait la ceinture de son pantalon et le baissait en même temps que son sous-vêtement. Il libérait son impressionnante érection et la frottait à l'entrée de mon intimité. Mon corps inactif ne pouvait pas crier, mais moi en tant que fantôme pouvait le faire. Bien sûr ils ne m'entendaient pas… L'homme commença à me pénétrer lorsque je m'étais réveillée dans les bras d'Edward.

Il avait été très doux avec moi tout le long de la journée.

Est-ce que nous allions nous revoir ? Sûrement ! Nous étions comme des aimants. L'attraction était telle, que même si nous désirions nous éloigner l'un de l'autre nous ne pourrions y arriver. Tôt ou tard on finirait par retomber dans les bras de l'autre à faire des choses pas très catholiques… C'était… inévitable !

Je soufflai. En pensant à ce genre de chose, je me remémorai le moment où Edward m'avait fait l'amour dans son lit. Parce que je n'avais pas du tout eu l'impression que cet épisode était uniquement du sexe. Ça avait été bien plus intense et exceptionnel… Bien sûr je n'allais pas révéler à Edward la vraie façon dont je percevais ce que nous avions fait plus tôt. À la place j'avais employé le terme de 'coucher' ensemble comme si ça n'avait aucune valeur à mes yeux… Sauf que c'était tout l'inverse… Mais j'avais peur qu'en révélant mes sentiments cela change les choses entre nous… Peur aussi que tous mes mensonges viennent me hanter et que des insupportables insomnies me narguent jusqu'à ce que je lui avoue qui j'étais en réalité.

Je n'avais jamais eu de première fois parfaite… Elle s'est faite avec un inconnu sur une coiffeuse ! Il y avait mieux comme situation pour perdre sa virginité… La deuxième fois avait été à même le sol dans un club de strip-tease. Là encore il y avait mieux. Et la troisième fois avait été contre un mur dans des vestiaires ! Grâce à cette après-midi j'avais enfin eu ma première fois parfaite même si ça ne l'était pas vraiment… Le garçon que j'aimais, une ambiance magique, un dieu du sexe, une manière douce et lente d'aborder les choses, des pseudo-déclarations d'amour et pour finir : un lit ! Comme je lui avais dit, je n'aurais pas pu rêver mieux…

Une fois mes larmes séchées, je me rendis compte que je ne savais même pas où Jacob habitait afin que nous parlions sérieusement. J'avais l'esprit embrouillé mais je savais à peu près ce que je voulais. Je voulais toujours faire croire à tout le monde -et surtout à Edward- que je sortais avec Jacob. Je suis certaine qu'une personne tiers à ma vie qui la regarderait d'un œil extérieur me traiterait de fille stupide et ne comprendrait pas ma décision. Pour ma part j'avais mes raisons. En faignant un couple avec Jacob, j'avais une excuse à servir à Edward pour tous les soirs où j'aurais été obligée de refuser ses avances. Environ cinq, voire six jours sur sept j'aurais des rendez-vous avec mon petit-ami… En réalité c'était parce que j'irais me rendre au boulot mais bon… Ça, il n'était pas censé le savoir. Ensuite je rendais également service à Jacob. Il pourrait sortir dans des bars gays ou ce genre de chose sans que tout le monde ne soupçonne quoi que ce soit. Et pour finir, j'avais peur de m'engager en quelque sorte avec Edward. Tanya m'avait montré une série télévisée mettant en scène des gosses de riches (pour la plupart vivant) à New York. L'un des 'couples' était formé par une sorte de petite peste et un coureur de jupons. Les deux s'aimaient et pourtant ils n'arrivaient pas à être ensemble ni à s'avouer leurs sentiments. Deux répliques m'avaient marquée : 'Trois mots, sept lettres… Dis-le et je suis à toi.' La seconde était : 'Si je te le dis ce ne sera pas le début de notre relation, mais la fin.' Enfin du moins quelque chose dans le genre… Je n'étais pas particulièrement douée pour retenir les choses lorsqu'elles ne m'intéressaient pas réellement… (N/A : Ai-je besoin de préciser que la série télévisée dont Bella fait référence est Gossip Girl avec le couple Blair-Chuck ?)

Voilà pourquoi j'avais si peur de m'engager dans une relation avec lui. Nous venions seulement de nous rencontrer, c'était donc les joies –si je puis dire- de la nouveauté que nous vivions en ce moment. De plus le fait de ne pas être ensemble devait moins l'effrayer par rapport aux engagements envers l'autre… Il me disait changer grâce à moi, mais qui me disait qu'il ne se lasserait pas de jouer au petit copain parfait si nous étions ensemble ?

Alors oui je voulais être avec lui mais non ce n'était pas faisable…

Je sortis mon portable de mon sac et appelai Jacob. Il répondit au bout de quelques tonalités.

« Je savais bien que tu ne pourrais pas te passer de moi bien longtemps ! » Plaisanta-t-il derrière le combiné. « Tout va bien ? »

« Hum… Ça peut aller… J'ai l'impression de ressembler à une fontaine à force de pleurer tout le temps, d'être une marmotte en ce jour du seigneur et d'être pire qu'un mec qui n'a pas mangé depuis une semaine. Et toi ? »

« Super ! Je me suis inscrit sur un site de rencontre pour gays. J'ai rencontré quelqu'un qui habite à Port Angeles… Mais bon… Je suppose que si tu m'appelles ce n'est pas pour savoir tout ça… »

« Bah c'est vrai que sur le principe je ne t'appelais pas pour ça mais ça ne me dérange pas d'en parler si tu veux. Je voudrais te demander… Est-ce qu'on pourrait se voir aujourd'hui ? J'ai besoin de te parler sérieusement. »

« Bien sûr ! Si tu es dispo maintenant je peux passer chez toi. »

« Non ! » M'empressai-je de répondre limite en criant. « Je préfère passer chez toi si ça ne te dérange pas… » Me calmai-je un peu.

« Comme tu veux… Tu as de quoi noter ? »

Je lui répondis affirmativement et cherchai dans mon sac de cours un bout de papier et un crayon.

« Vas-y je suis prête. »

Il m'indiqua l'adresse tout comme le chemin à prendre. Je raccrochai après lui avoir dit que je serai là dans dix minutes au maximum. Je balançai le téléphone cellulaire sur la banquette et partis en direction de chez lui. Quelques minutes plus tard je tombai dans un quartier aux maisons typiquement américaines, généralement pour les foyers aux revenus moyens. Les terrains étaient très grands. Chacune des maisons était à cinquante mètres parfois plus de la maison voisine la plus proche. Je continuai la rue jusqu'à tomber sur la maison au bois rouge qui se démarquait des autres. Je me garai devant celle-ci et descendis vite de ma voiture. Après l'avoir refermée je courus le plus vite possible jusqu'au porche pour éviter de me mouiller à cause de la pluie qui commençait à tomber.

Je n'eus pas besoin de sonner à la porte car Jacob vint directement m'ouvrir avec un sourire chaleureux. Sa bonne humeur me contamina instantanément et je le lui rendis en moins enthousiaste quand même… Il m'invita à rentrer. Aussitôt l'intérieur me sauta aux yeux. L'extérieur de la maison n'avait rien à voir avec l'intérieur ! La première pièce sur laquelle on tombait lorsque nous rentrions, était un salon très moderne mais en rien ostentatoire à sa richesse. Ce n'était pas vraiment comme chez les Cullen… Les murs étaient blancs et contrastaient avec le carrelage gris foncé. Il n'y avait pas beaucoup de meubles, mais ceux qui étaient présents étaient plutôt modernes… Un canapé d'angle en cuir noir, une table basse noire sur un tapis blanc en laine, une télé écran plat accrochée au mur. Il y avait un placard avec des miroirs juste dans l'entrée inclus dans le mur. Au fond il y avait un immense buffet noir avec des vitrines. De là où je me trouvais, je pouvais distinguer des trophées, des cadres, des livres ainsi que des DVD. Pour une pièce qui devait faire cinq-six fois mon appartement c'était vraiment très peu meublé !

« Je n'ai pas fini de faire toute la décoration. » S'expliqua Jacob. « J'ai emménagé il y a deux semaines et entre ma société et le lycée je n'ai pas encore eu trop le temps de meubler et de bien mettre toutes mes affaires. » Précisa-t-il. Sa voix résonnait dans la pièce et ça me faisait une sensation étrange aux oreilles. Il proposa d'aller dans la cuisine car la pièce était plus meublée et moins spacieuse ce qui réduirait l'écho.

C'était une cuisine américaine dénuée de couleur comme pour le salon. Il était clair que ça faisait moins personnel et plus masculin mais c'était assez triste… Il me dit de m'asseoir sur l'une des chaises hautes tandis qu'il allait nous chercher des boissons dans son frigo. Il revint vers moi avec deux verres et deux canettes de thé glacé à la pêche. Il prépara le tout comme un parfait gentleman… Je le remerciai avant d'aborder les choses sérieuses…

« J'aifaitl'amouravecEdwardcetteaprès-midi. » Avouai-je d'une seule traite tout en fixant mon verre. J'étais assez craintive sur le fait d'observer sa réaction et surtout par rapport au fait qu'il me demande de répéter plus lentement… Un silence s'installa durant quelques secondes qui me parurent des heures ! Il avait dû comprendre ce que je venais de dire.

« Pour tout te dire, je crois que je m'en doutais un peu… Il était plutôt évident qu'il n'allait pas te laisser aller dans mes bras sans se battre un minimum ! Surtout en voyant toutes les réactions qu'il a eues hier ! » Dit-il comme une évidence.

« La seule chose qu'il a fait hier c'est flirter avec Lauren et Jessica il me semble… »

« Mais pourquoi crois-tu qu'il l'ait fait ? Il s'est rapproché de ces filles pour la même raison que tu t'es rapprochée de moi ! Lorsque nous jouions au jeu d'Alice, j'ai pu remarquer à quel point il souffrait de notre rapprochement. Je sais ce que tu es en train de te dire ! Tu ne l'as pas remarqué parce que cette histoire te concerne. Les personnes tiers à une histoire ont toujours plus de facilité à voir les choses que les principaux concernés, tout comme une personne non impliquée dans une autre histoire aura plus de facilité à avoir un avis raisonnable et pensé que la personne dont l'histoire la concerne. Cette dernière aura d'ailleurs tendance à réagir stupidement et excessivement… C'est comme ça c'est tout… »

Je soufflai. Jacob avait peut-être bien raison.

« Alors tu crois qu'Edward m'aime ? » Lui demandai-je tout en espérant la réponse positive.

« Certainement… Je pencherais pour un oui même si j'aurais tendance à penser qu'il est un peu comme toi. Vous ne savez pas exactement ce que vous voulez. C'est pour ça que vous faîtes souvent des conneries. »

Je soufflai derechef. Encore une fois il avait raison.

« Tu devrais devenir psychologue ! Ou directeur d'une agence matrimoniale tant qu'à faire ! »

« J'ai déjà une marque de lingerie à gérer ! C'est pas mal de boulot tu sais ? »

« Je n'en doute pas… Au fait, tu n'es pas un peu trop jeune pour avoir un tel poste ? »

« Sûrement… La plupart de mes confrères et consœurs ne manquent jamais de me le faire remarquer. Sous prétexte que je suis jeune et débutant je ne peux pas correctement faire mon travail. Pourtant j'ai eu plus de recettes sur ma dernière collection que Victoria's Secret. Depuis soit ça m'attire les foudres de mes concurrents, soit leur admiration. Parfois il y a des nuances de gris parmi le blanc et le noir mais c'est très rare… »

« Tu as hérité de la boîte ? »

« Oui, à la mort de mon père. » Me répondit-il tristement en regardant son verre. Je voyais bien à quel point c'était difficile de parler… Je voulus lui dire qu'il n'était pas obligé de m'en parler mais il me devança en continuant de lui-même. « C'est ma grand-mère maternelle qui l'a créée. À l'époque ça ne fonctionnait pas vraiment… À sa mort c'est ma mère qui l'a récupérée. Elle a quelque peu changé le style et ça a eu un véritable succès, mais en France et non aux Etats-Unis. Ma mère est morte en couche lors de ma naissance. Mon père ne m'a jamais tenu comme responsable de sa mort contrairement à mes sœurs. C'est lui qui a repris le flambeau de la boîte sauf qu'il n'était là que pour superviser les choses et voir si tout se passait bien. Les ventes ont quelque peu chuté mais elles restaient acceptables. À mon arrivée, ça a fait scandale dans le milieu de la mode et surtout dans le monde de la lingerie de marque. Même si la marque Black underclothing n'était pas très réputée, les critiques ont eu tendance à dire qu'un gamin ne serait pas à la hauteur du prestige de la marque. »

« Heureusement qu'elles n'ont pas eu raison, n'est-ce pas ? »

« Oui… En développant le succès de ma boîte, j'essaye de faire plaisir à ma mère ainsi qu'à mon père… Je sais que ça peut paraître stupide puisqu'ils sont morts mais j'aime à penser que leur rend un peu hommage et qu'ils seront fiers de moi de là où ils sont… »

« Je pense qu'ils auront de quoi l'être. Tu fais du super travail ! »

« Merci, mais revenons à ce pourquoi tu es là. Je vois bien à ta façon de te comporter que tu ne lui as rien dit à propos de notre arrangement et que toutes les choses qu'on aurait pu faire ensemble étaient simulées. »

« Avant tout il y a une chose que tu ne sais pas… Mais promets-moi de ne pas me juger s'il te plaît… »

« Bien sûr Bella. Je te le jure ! »

« Je suis… » Je pris une grande inspiration pour me donner du courage. « Strip-teaseuse. » Finis-je par déclarer. J'attendis sa réaction mais il restait muet comme une carpe.

« Tu ne dis rien ? »

« Bah… Je suis en train de chercher le rapport entre ton métier et le fait que tu ne veuilles pas t'afficher comme un couple avec Edward… »

« Je travaille à port Angeles. Mardi, la veille de la rentrée, j'ai eu un show privé à réaliser pour trois hommes… Qui n'étaient autre que Jasper, Emmett et Edward… Sauf que sur le moment je ne le savais pas. Déjà ce jour-là, il y a eu quelque chose d'extrêmement fort qui est passé entre Edward et moi… Le truc c'est que j'ai eu le droit à des érections venant de chacun et maintenant que j'y pense c'est assez gênant pour ceux qui sont en couple… À la fin de ma danse et par la même occasion déshabillage, je suis partie me réfugier dans ma loge en laissant tous mes accessoires dans la salle. Edward en a profité pour venir me les rapporter. Je ne sais pas pourquoi je l'ai laissé faire mais de fil en aiguille on en est venus à baiser littéralement sur ma coiffeuse… C'était ma toute première fois… Ce n'était pas vraiment la meilleure des situations pour perdre ma virginité mais je ne peux pas revenir en arrière… Le lendemain, il est revenu au club et derechef nous avons fini par coucher ensemble. Cette fois-ci c'était à même le sol de la salle des privés… »

« Je ne comprends pas comment il n'a pas pu te reconnaître… »

« Lorsque je travaille je porte un masque dans un style vénitien mais avec beaucoup de variantes selon mes vêtements –si je puis dire- sur scène. Je porte également des lentilles vertes. »

Il fit mine de réfléchir avant de prendre la parole.

« Pourrais-je voir l'un de tes numéros ? Voir si c'est lui qui est complètement aveugle ou si tu es vraiment méconnaissable. »

« Bien sûr, tu as un bout de papier et un crayon que je puisse te noter l'adresse ? »

« Pourquoi ne pas m'y emmener avec toi ? Les videurs sauront certainement qui je suis. La lingerie ce n'est pas ce qui doit manquer dans un club de strip-tease… »

« Ok… Pas de problème… Je ne suis normalement pas censée travailler durant un petit moment… Vendredi il s'est passé un petit incident… » Déclarai-je avec un peu de mal en me remémorant ce qu'il avait failli se produire si Edward, Tanya et le psy n'étaient pas intervenu. « J'ai failli me faire violer… Mais rassures-toi ! Plus de peur que de mal comme on dit ! » Tentai-je vainement de détendre les choses… Il voulut rajouter quelque chose mais je ne le laissai pas faire. « Pourrais-tu m'indiquer où sont les toilettes s'il te plaît. Depuis que j'ai eu de la drogue dans l'organisme j'ai tout le temps envie d'y aller… »

« Bien sûr ! Ils sont au fond du couloir. »

« D'accord merci ! »

Je me rendis dans la pièce qui faisait aussi office de salle de bains. Il y avait une immense douche comme dans les spas, une baignoire à remous qui devait également faire de la lumière et encore d'autres meubles mais j'étais beaucoup plus pressée de soulager mon envie pressante que de faire l'inventaire de la pièce. Je me lavai rapidement les mains avant de rejoindre Jacob qui n'avait pas bougé de son siège. Il me sourit lorsque je m'assis.

« Alors où en étions-nous ? »

« Je passerai l'épisode de vendredi… Je ne veux pas revenir là-dessus. »

« Comme tu veux. »

« Samedi, lorsque j'étais dehors avec Edward près de la piscine. »

« Avant que tu ne le pousses dans la piscine ? » Demanda-t-il amusé.

« Exactement… Il m'a demandé si j'avais un quelconque rapport avec Coquette Pomme, le pseudonyme que j'utilise pour mon travail… Je lui ai dit que c'était ma sœur et que moi, j'étais une prostituée… »

« Ok… Il y a autre chose que je dois savoir de l'histoire ? »

« Coquette Pomme est censée être muette. »

« Hum… C'est bien compliqué tout ça… Je ne te comprends pas. Pourquoi ne lui dis-tu pas que tu es Coquette Pomme ? »

« J'en sais rien… J'ai peur… J'ai… Non, vraiment… Je n'en sais rien… » Éclatai-je en sanglot. Jacob vint rapidement entourer ses bras autour de moi et me chuchoter des paroles réconfortantes que je ne comprenais pas tant ma tristesse et ma confusion m'accaparaient… « Je ne veux pas qu'il sache que c'est moi… Je sens que ça va changer les choses entre nous… J'ai un mauvais pressentiment que je ne saurais expliquer… » Déclarai-je d'une traite sans reprendre ma respiration avant d'avoir un nouvel excès de pleurs…


Bip. Bip. Bip.

J'appuyai sur une touche de mon portable qui faisait office de réveil, ayant balancé l'ancien dans un mur je n'en avais plus… Sans grande énergie je descendis de mon lit et me déshabillai pour prendre une douche froide. Rectification : aujourd'hui j'avais de la chance puisqu'il y avait de l'eau tiède. Au moins, je ne serais pas de trop mauvaise humeur à cause d'un mauvais réveil…

Je sortis de ma baignoire-douche et m'enroulai vite dans une serviette. Je fis un peu de chocolat au lait maintenant que l'électricité était revenue tout en me séchant et m'habillant. J'étendis la serviette sur un barreau de mon lit et me servis une tasse de boisson chaude. Je mangeai quelques madeleines avec ça. Une fois mon petit-déj express ingurgité, je pris mon sac de cours préparé la vieille et sortis de mon appartement. Je verrouillai la porte et descendis rapidement les escaliers et pris ma voiture pour aller au lycée.

J'arrivai dix minutes plus tard sur le parking du lycée où il n'y avait presque personne. Quelques voitures étaient garées mais leurs propriétaires devaient certainement rester dedans à cause de l'averse… Pourtant un téméraire s'approcha de ma voiture et monta à l'intérieur de celle-ci.

« Pourquoi ça me semblait évident que ce soit toi ? » Demandai-je à l'Apollon assis à mes côtés.

« Merci… Toi aussi tu m'as manquée… »

Je soufflai et finis par le regarder dans les yeux. Je cherchais à savoir si oui ou non il plaisantait à propos de sa dernière phrase. C'était pour cela que je ne voulais pas espérer de trop, car lui m'avait manqué…

« Tu as pu discuter avec Jacob ? » Me demanda-t-il assez gêné.

« Oui… » Lui répondis-je en me remémorant ce qui c'était passé après ma crise lacrymale… « Il est au courant de ce que nous avons fait ensemble. Nous avons parlé et décidé que nous serions un couple libre. Officiellement pour les autres nous sommes ensemble, mais entre nous, nous savons que nous pouvons aller voir ailleurs sans que l'autre nous le reproche. Mais je doute fort que Jacob en profite pour aller voir d'autres filles du lycée. »

« Ah oui et pourquoi cela ? »

« Parce que je suis trop exceptionnelle pour qu'il fasse une telle chose, d'après ses propres mots. »

Je jetai un regard en sa direction. Il semblait soulagé mais aussi… énervé ? Je remarquai qu'il avait une sale tête. Certainement que moi aussi, mais lui… C'était assez inhabituel… Ses cheveux dégoulinant d'eau sur ses vêtements y étaient peut-être pour quelque chose…

« Tu vas bien ? » M'enquis-je auprès de lui. Il se tourna vers moi et sembla étonné.

« Ça peut aller… Et toi ? Tu as les yeux tout gonflés… »

« Je fais aller… Disons qu'en plus d'aller souvent aux toilettes, j'ai besoin d'évacuer le plus d'eau possible par une autre voie… » Plaisantai-je -pour expliquer l'état de mes yeux- en faisant un petit sourire qu'il me rendit. Ensuite, un silence tendu s'installa dans l'habitacle. Je fus tentée de le rompre à plusieurs reprises mais les sujets que j'avais me semblaient totalement idiots… Je m'abstins donc de dire une ânerie…

« On a encore des cours en commun ? » Finit-il par demander.

« Aucune idée… Nous n'avons qu'à comparer nos emplois du temps… »

Nous les sortîmes respectivement et les mîmes côte à côte. Ils étaient identiques sur tous les points si ce n'est le nom à qui ils appartenaient. Nous voilà bien avancés… J'étais certaine qu'il voudrait se mettre à la même table que moi dans chaque cours. Devais-je le laisser faire ?

La sonnerie déclara le début des cours et rapidement nous remîmes les feuilles dans nos sacs et courûmes jusqu'à notre salle de cours. Nous avions Anglais, puis Français, puis Mathématiques que je ratais grâce à mon rendez-vous chez le psy, puis nous terminions les cours matinaux avec un cours d'Espagnol…

La prof nous fit rentrer et je m'installai au fond de la classe. Comme je l'avais deviné Edward se plaça à mes côtés. Les personnes de notre classe nous regardaient étrangement. C'est sûr qu'à leurs yeux la situation devait leur paraître bizarre. Mercredi nous nous insultions et nous faisions mal, vendredi je mangeais en tête-à-tête avec Jacob et samedi je le jetais dans la piscine lors de la soirée organisée par sa sœur. Soit les gens pensaient qu'il était masochiste, soit c'était moi ! Je ne voyais pas d'autres solutions…

Le cours débuta et l'enseignante nous fit remplir les sempiternelles fiches de présentation. Comme d'habitude je barrai les demandes de renseignements concernant mes parents et les frères et sœurs. En parlant de famille, les services sociaux ne devraient pas tarder à débarquer chez moi… Dans six jours j'obtenais la majorité, ils ne pourraient donc plus rien faire pour moi. Cependant, Démétri semblait avoir d'importantes relations et je suis certaine qu'il serait capable de faire bouger les choses très rapidement. Trop rapidement…

Une fois remplie nous donnâmes nos fiches et débutâmes le cours. Enfin… si on pouvait appeler ça comme ça. La prof nous expliqua ce que nous allions faire durant l'année, ses méthodes de travail, ce qu'elle attendait que nous fassions… Bref le truc bien chiant à écouter et à supporter durant un premier cours. Heureusement que j'adorais cette matière et que même si la prof avait l'air un peu rasoir, elle semblait assez sympathique…

La cloche annonça la fin du cours ennuyeux pour laisser place à un autre cours tout autant barbant que le premier. Le professeur était très sexy, un bon point pour être fascinée par la matière. Il nous expliqua en Français qu'il avait toujours vécu là-bas et qu'il ferait de son mieux pour nous transmettre la beauté de la langue. Contrairement aux autres profs, il ne nous fit pas remplir une feuille de renseignements mais nous demanda de passer chacun à notre tour au tableau afin de se présenter au reste de la classe, en Français évidemment !

Nous n'étions pas beaucoup d'élèves en option avancée et le niveau était très haut placé… Quelques élèves passèrent avant que ce ne soit le tour d'Edward. Il avança au tableau et d'un air très décontracté il se présenta.

« Bonjour à tous, je suis Edward Cullen mais la plupart me connaisse déjà. Je fais parti de l'équipe de football du lycée. J'aime les femmes, les vraies mais je ne suis jamais contre une petite partie de plaisir. » Il lança un coup d'œil en ma direction avant que le prof ne l'interrompe et lui ordonne gentiment de se rasseoir. La plupart des élèves qui avaient compris ce qu'il racontait éclatèrent de rire tandis que je me renfrognais. Je ne savais plus trop ce que je devais croire dans ce qu'il me racontait. Était-il sérieux ou non ?

Je fus interrompue dans mes pensées par le professeur. C'était à mon tour d'y passer… J'avançai prudemment jusqu'au tableau pour éviter de me prendre les pieds dans un sac. Je me retournai face aux seize regards tous braqués sur moi. Quelques rougeurs mirent le feu à mes joues.

« Je m'appelle Isabella Swan, mais tout le monde m'appelle Bella. Heu… » Je lançai un regard au prof ne sachant plus quoi dire à mon propos.

« Alors Bella, tu as perdu ta langue ? Pourquoi ne pas nous parler de ta famille ou de tes origines. »

« Je suis orpheline depuis mon plus jeune âge. Et à ce que je sache je n'ai aucun frère et sœur. J'ai toujours vécu à Port Angeles avant de m'installer ici. J'étais au lycée de la Push il y a encore peu. »

« Pourquoi avoir choisi d'étudier le Français ? »

Pourquoi Edward avait pu repartir à sa place seulement après trente secondes alors que moi je devais rester ici à subir un interrogatoire ? Le prof me lança un drôle de regard… Un peu du genre je-suis-intéressé-mais-sexuellement-parlant…

« Grâce à un compositeur de classique, Claude Debussy. J'écoutais souvent ses compositions pour me détendre et ne pas craquer lorsqu'il y avait trop d'agitation dans les familles d'accueil. »

« Une élève cultivée qui s'intéresse au classique Français. Excellent ! Je te remercie Bella, tu peux retourner à ta place. »

D'un hochement de tête, je regagnai mon siège. Edward me souriait jusqu'aux oreilles.

« Quoi ? » Lui demandai-je un petit trop sèchement car il se renfrogna et parut énervé alors que le prof passait à côté de nous. Edward le regarda d'un mauvais œil. Jaloux peut-être ?

Après que tous les élèves furent passés au tableau, le prof commença son cours qui se finit très rapidement. Je regroupai mes affaires et les mis dans mon sac. Au moment de sortir, le prof m'interpella. Je me retournai et croisai le regard noir d'Edward. Le mien longea le long de son corps jusqu'à constater qu'il serrait les poings. Il sortit comme tout le monde tandis que je m'approchais du professeur.

« Je suis désolé de te retenir ainsi Bella. » S'exprima-t-il en Anglais avec un accent français. « Je voulais simplement te demander une chose. J'ai pensé que vu que tu aimais la musique classique tu pourrais aussi apprécier les classiques de la littérature française. Est-ce que ça t'intéresserais que je te prête des exemplaires ? J'en ai toute une bibliothèque. »

« J'adore lire effectivement et je serais ravie de pouvoir découvrir de nouvelles expériences. Littéraires. » Rajoutai-je en voyant son air pervers. « Je suis désolée mais je dois y aller. J'ai rendez-vous. Au revoir ! » Lançai en sortant de la salle sans attendre de réponse. Je savais que je devais paraître impolie mais tant pis… Ce prof avait peut-être un super physique, ce n'est pas pour autant que je n'en avais pas peur…

Tous les élèves de la classe étaient partis pour le prochain cours sauf un, confortablement adossé au mur.

« Tu renies l'existence de ta sœur devant tous les élèves ou l'aurais-tu oublié ? » Me demanda suspicieusement Edward.

Mince ! J'avais complètement oublié ce détail !

T'es foutue. FOU-TUE ! Me cria ma conscience.

Il fallait absolument que je trouve un moyen de me rattraper sur ce coup…

« C'est si inhumain que ça de ne pas vouloir tacher la réputation de sa sœur ? »

« Tu aurais pu simplement dire que tu en avais une, pas la peine de préciser ce qu'elle faisait. » Continua-t-il sur le même ton que précédemment.

« Et si on me pose plus de questions à son sujet je fais quoi ? Je mens à tout le monde ? »

« C'est une possibilité… Tu pourrais aussi ramener l'attention à toi avec une phrase du type 'on parle de moi ou de ma sœur ?' »

« C'est trop nombriliste ! »

« Il te reste l'existence du mensonge alors. À moins qu'il n'y ait jamais eu de sœur strip-teaseuse… » Sous-entendit-il certaines choses.

« Qui est strip-teaseuse ? » Nous demanda le psy alors que nous passions devant la porte. Inconsciemment, nos pas nous avaient menés jusqu'à son bureau.

« Sa sœur. » Répondit Edward comme s'il voulait voir la réaction de l'adulte. Celui-ci me regarda et me scruta profondément.

« Ta sœur ? » Répéta-t-il en fronçant les sourcils.

« Edward ? » Me retournai-je vers lui. « Tu devrais déjà être en cours de maths à l'heure qu'il est, non ? » Lui fis-je comprendre qu'il était temps qu'il s'en aille.

« J'ai un rendez-vous avec notre cher psychologue de ce lycée… » Répondit-il avec un air décidé à rester.

« Impossible, j'ai rendez-vous avec lui à cette heure-ci ! »

Nous nous tournâmes comme un seul homme vers Démétri.

« Séance collective ! » Fit-il enjoué.

Je soufflai peu rassurée par cette prochaine heure tandis qu'Edward se tendit et parut se figer… Que pouvait-il craindre ? Il n'avait rien à cacher, lui… Par courtoisie, Edward me laissa entrer dans le bureau où le psy nous fit asseoir sur le canapé. Un silence de mort régna dans la pièce. Je m'affalai sur le canapé, bras croisés sur ma poitrine.

« Si nous parlions des évènements de vendredi ? »

« Je n'ai à dire à ce propos devant Edward. D'ailleurs vous pouvez me dire ce que vous faisiez dans un club de strip-tease et pourquoi vous êtes arrivé pile au moment où j'ai failli me faire violer ? » Je commençais à crier ayant trop refouler toutes ma haine envers les deux hommes de cette nuit-là et mes émotions du week-end. « D'ailleurs c'est bien vous qui avez dit à Tanya que les deux hommes ne m'avait rien fait ! Comment avez-vous pu savoir alors que vous êtes arrivé par derrière en passant par une porte verrouillée. Pas la peine de faire votre visage 'je ne suis au courant de rien' parce que Tanya m'a tout raconté au téléphone ! Et puis comme par hasard, juste avant que tous ces évènements ne se produisent vous me donnez un message d'avertissement ! Répondez-moi franchement vous avez un rapport avec tout ça ? » Criai-je en m'étant relevée.

« Tu as subi un choc Bella. » Dit-il calmement.

« Ne vous foutez pas de moi et vous n'avez pas répondu à ma question ! » Hurlai-je.

Il souffla et se résigna à me répondre face à ma réaction excessive. Je n'allais pas le laisser sans avoir obtenu une réponse !

« J'étais derrière le club quand je les ai vu sortir et partir dans une voiture. »

« La plaque d'immatriculation ? »

« Il faisait trop noir pour ça. Mais c'était une limousine noire. »

« Leur description ? »

« C'était la nuit… »

« Ça n'explique pas en quoi ils ne m'ont rien fait ! »

« J'ai remarqué que l'un des hommes remettait son pantalon et il avait encore une érection. »

« Ça prouve seulement qu'il n'a pas éjaculé ou qu'il n'est pas impuissant ! Et qui vous dit que l'autre n'en n'avait pas terminé avec moi ? » Ma colère s'accompagna de larmes. De rage comme de tristesse. Je souhaitais tellement revenir en arrière et que tout redevienne comme avant.

« Bella calme-toi… » Me dit tendrement Edward. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase et je craquai, éclatant en sanglots. Ne voulant pas montrer à quel point cela me touchait, je sortis de la pièce et courus là où mes jambes voulurent bien me porter. Je me retrouvai bêtement en face du bâtiment où il y avait écrit ACCUEIL sur une pancarte accrochée. Après avoir essuyé mes larmes, je rentrai dans la pièce surchauffée…


Point de vue d'Edward

Je voulus la rattraper mais le psy me prit par le bras et m'ordonna de me rasseoir. Il se contenta de fermer la porte rapidement avant d'en revenir à moi.

« Je veux l'aider. » Déclarai-je sans qu'il me le demande. « Je veux vraiment l'aider. Je fais tout mon possible mais elle me rejette à chaque fois. Elle dit qu'elle n'a pas besoin d'aide et à chaque fois que je lui en propose, elle le prend mal. Je ne sais plus quoi faire… Je… Elle n'a pas de sœur pas vrai ? » Changeai-je de sujet brusquement. Il fallait que je sache ce qu'elle me cachait et pourquoi.

Je le regardai brièvement. Il se contenta de hausser les épaules. J'étais certain qu'il savait.

« Elle me dit qu'elle a une sœur strip-teaseuse qui travaille sous le nom de Coquette Pomme puis l'instant d'après en cours, elle dit qu'elle n'en a pas… Elle me dit qu'elle travaille comme prostituée mais sa voisine Tanya a dit il n'y a pas très longtemps qu'elle avait enfin perdu sa virginité et qu'elle rentrait dans le rang des femmes. D'un autre côté, il y a vous qui dîtes qu'elle a commencé quelque chose à quinze ans et qui n'est pas très glorifiant pour elle… Je suis censé penser quoi moi ? Je veux juste l'aider mais si elle me ment constamment je ne pourrais rien faire ! Si seulement elle m'expliquait pourquoi il ne faut pas que je sache certaines choses, je lâcherais l'affaire. J'ai fait comme si je la croyais dimanche et nous nous sommes rapprochés jusqu'au point que je lui fasse l'amour de la façon la plus tendre et amoureuse. J'ai eu l'impression d'avancer de trois pas avec ça et que nous pourrions sortir comme un couple et à la place, elle part de la villa et me dit que nous avons 'coucher' ensemble ! » J'eus un rire nerveux. « Je lui avais clairement fait passé le message que je l'aimais et qu'elle était plus qu'une fille qui passait dans mon lit ! »

Je m'assis lourdement, totalement démoralisé. Je plongeai mon visage dans mes mains.

« Je lui ai proposé qu'elle arrête de travailler et qu'elle vienne s'installer chez moi. Elle n'aurait rien à se soucier de plus que sa scolarité mais elle a refusé ne voulant pas être soumise à moi ou avoir une dette envers moi. Toute personne censée aurait accepté. Elle parait honteuse de ce qu'elle fait mais ne cherche pas à faire ce qu'il faut pour s'en débarrasser ! Elle doit être masochiste ce n'est pas possible autrement ! À moins qu'elle aime secrètement son travail mais n'ose pas l'avouer ! »

Je relevai mon visage vers le psy.

« Qu'est-ce qu'elle a bon sang ? » Lui demandai-je. Et pourquoi il ne voulait rien dire ?

« Elle doit être un peu perdue par tous les évènements. Sans parler qu'elle doit être effrayée. Depuis son enfance elle a l'habitude d'être seule. J'ai discuté avec Tanya et elle m'a avoué que depuis qu'elle était présente pour elle, Bella allait mieux et qu'avant c'était vraiment une petite fille seule et en manque d'affection. Elle n'a pas été habituée à être aimer et recevoir de l'affection. Sa tenue vestimentaire et son apparence est un masque pour tromper les gens autour d'elle. La plupart des ados fonctionnent en jugeant le physique. Tu étais l'un d'eux il y a encore très peu de temps. Bref… C'est sa manière à elle de dire aux gens 'Ne vous approchez pas de moi. Je veux rester seule.' Elle pense qu'elle n'a besoin de personne mais c'est faux. Elle a juste besoin de temps avant d'accepter l'idée de se faire aimer amoureusement parlant et de laisser une personne entrer dans son cœur. Je pense que quelqu'un antérieur à tout ça y est déjà rentré mais qu'elle en garde un mauvais souvenir. Tout comme toi, elle doit avoir sa blessure qui l'empêche d'avancer. Il me semble que durant ton week-end tu as essayé d'avancer et de vivre malgré ton expérience douloureuse. Tu n'en as peut-être pas conscience, mais ça se voit. Aussi bien sur ton visage que quand tu regardes Bella. Tu peux m'en parler si tu t'en sens capable. C'est une des dernières étapes pour aller mieux et obtenir ta guérison presque totale. Le résultat ressemblera plus à une cicatrice qu'à une entaille… Elle reste présente mais quand on la regarde on a beau se souvenir de tout, c'en est plus vraiment douloureux… Sauf si on cherche à se rappeler à quel point la douleur a été terrible… Malheureusement, il n'existe ni pommade cicatrisante, ni point de suture pour réparer ce genre de dégât intérieur… »

« Et dans le cas où ça ne guérit pas ? Que se passera-t-il ? »

« Tout dépend d'elle… Les gens qui ont la volonté de guérir y parviennent souvent. Le mental est plus fort qu'on ne le pense et peut accomplir des miracles. »

« J'aimerais tellement l'aider… » Soufflai-je la gorge serrée.

« Nous ferons tout ce qui est en notre possible pour le faire. Je suppose que c'est tout pour aujourd'hui. Je te ferais passer le message pour te donner l'horaire de notre prochain rendez-vous. Tu peux retourner en cours. Et si tu vois Jacob Black, je te prierais de bien vouloir me l'envoyer. »

« Je ne vous l'ai pas dit non plus ? Elle sort avec lui tout en ayant une relation avec moi. Ils sont d'après Bella, en couple libre… Ça signifie quoi d'après vous ? »

Le psy sembla méditer sur ces paroles en fronçant les sourcils.

« Un moyen pour moins s'impliquer dans une relation. Encore sa peur qui refait surface. » Dit-il d'une voix étrange. Je le soupçonnai de m'avoir menti mais fis comme si de rien n'était. Je le saluai et sortis de son bureau. La sonnerie retentit dans l'ensemble du lycée et je rejoignis le dernier cours de cette matinée où mes pensées furent consacrées à ce que Bella pouvait bien faire en ce moment et où elle se trouvait… J'avais également prévenu Jacob en début de cours qu'il était attendu au bureau du psychologue…